De Galeria à Porto – installation à marina Livia

CARNET CORSE

Galeria

Baignade sur la plage de Galeria

Nous nous détournons de la route d’Ajaccio pour aller me baigner sur la belle et grande plage de Galeria. Nous pique-niquons sur un banc sous un beau pin, d’un avocat, de deux œufs durs et de taboulé. Je suis la rangée de bouées jaunes qui délimitent la zone de baignade de la marina. De nombreuses bouées blanches offrent, en saison, des anneaux de mouillage pour les plaisanciers. Déjà en septembre il y en a fort peu.

La D81 vers Porto tortille dans le maquis sur une dizaine de km loin de la côte. Au Col de Palmarella nous retrouvons la mer et découvrons le golfe de Girolata avec sa tour génoise ; le ciel est devenu laiteux. Les photos seront ternes : les rochers orange ou rouges apparaissent grisâtres, la mer est grises ; je n’ai même pas envie de photographier.

scandola dans la brume

A Osani, au Col de la Croix, la vue est encore plus spectaculaire. Un café est installé au départ du sentier de Gui le facteur (45 minutes pour la plage de Tuara – 1h15 pour Girolata). Pour les photos, toujours cette vilaine lumière qui ne m’inspire pas !

Le GPS nous conduit directement à Marina Livia à Serriera, sauf que le bourg est perché dans la montagne et que Marina Livia est sur la plage de Bussaghia.

marina livia notre balcon dans les arbousiers

L’accueil est chaleureux mais le confort spartiate. Notre chalet en bois est perché, le balcon dans la cime des arbousiers au-dessus d’un laurier-tin. Un peu plus bas, il y a des oliviers. Le chalet est revêtu à l’intérieur de lambris en bois foncé. Il est meublé de deux lits de fer et d’une table. La hauteur de plafond est surprenante. Kitchenette vieillotte (les plaques n’ont même pas de témoin lumineux). La salle d’eau, revanche est toute neuve avec une belle cabine de douche en verre.

Le charme, et l’inconvénient de notre bungalow, c’est qu’il est en hauteur ; derrière, il y a bien un chemin plein d’ornières et de rochers. La Smart se fraye un chemin en marche avant. On dé charge les valises. La descente en marche arrière s’avère très pénible. On ne renouvellera pas l’expérience.

 Courses à Porto :

 

Station balnéaire très bien équipée SPA, Carrefour-Contact bio et local. Comme son nom l’indique, Porto est un port, pas un port de marchandise, ni de passagers, ni même de pêche ; c’est le départ des excursions à la Réserve de Scandola et aux Calanche de Piana. Le long des quais il y a des comptoirs pour les billets et les réservations d’excursions ou pour la location de bateaux avec ou sans permis. Une haute passerelle en arceau enjambe l’estuaire. En face c’est pareil. Tout est calibré : les prix et les destinations sont tous les mêmes. Zodiacs 12 personnes et gros bateaux, tous font le même circuit. 30€ pour les Calanche, 45 € Scandola , 60 l’ensemble. A l’Office de Tourisme, une jeune blonde décolorée récite son boniment. Les excursions ne sont pas de sa compétence. Pour les promenades à pied, elle distribue une photocopie gratuite mais illisible de parcours dans les calanche de Piana et vend 3€ le topoguide des autres randonnées. Pour les concerts, reportez-vous aux affiches ! Porto est donc touristique, très touristique. Un tourisme très encadré. Il s’agit de faire rapporter le tourisme sans toucher à la Réserve, bien entendu !

Nous dînons tôt sur la terrasse. Les journées raccourcissent ? A 8h du soir, il fait nuit. Ici non plus, il n’y a pas de moustiques, seulement des papillons gris qui volettent autour de la lampe extérieure.

 

 

 

La vallée du Fango

CARNET CORSE

Le petit fleuve Fango

Nos guides qualifient la visite de la vallée du Fango d’ »incontournable ». Nous empruntons donc la petite route de Mansu et nous arrêtons sur le parking en face du Ponte-Vecchiu, petit pont génois à une seule arche qui enjambe le fleuve. Le Fango s’insinue dans des roches rouges, creusant des vasques près desquelles des touristes ont déjà étalé leurs serviettes.

Le Fango est un petit fleuve côtier au débit torrentiel réputé pour sa transparence de l’eau. Il ne charrie pas de particules en suspension du fait de la résistance à l’érosion des rhyolites qu’il traverse dans un bassin versant entouré de reliefs imposant lui garantissant son isolement. Du fait de l’absence de nutriments dissous – très faible minéralisation, la pauvreté en azote et en phosphore – il n’y a pas (ou très peu) d’algues qui lui donneraient une couleur verte. Les ¾ des éléments dissous sont d’origine atmosphérique. Le Fango est donc très sensible à la pollution de l’air et des eaux de pluie. On a constaté, cependant, un doublement des nitrates en 20 ans.

le pont génois sur le fleuve Fango

Je m’engage sur le sentier mare e monti qui rejoint le vieux pont gênois à Tuarelli (2h30)  en longeant la rivière. Je fais demi-tour au bout d’une demi-heure regrettant de disposer de si peu de temps.

La petite route passe par la forêt. Arrêt sur l’aire de Treccia dans la Yeuseraie(forêt de chênes verts) très vieux, très imposants. Selon un panneau, une Université anglaise y mène des recherches sur la mésange bleue.

le Fango vers l’amont

Mansu est un village étagé flanc de la montagne. On s’approche ensuite des hautes montagnes dénudées aux crêtes déchiquetées. Il me semble distinguer un névé. Est-ce possible ? les sommets dépassent 2500 m. Devant la petite église de Bardiana le mystère du « névé » est résolu. Il n’y a pas de neige, mais le vide sous une arche rocheuse (Tafonato). L’arche est si lointaine que je ne fixe rien sur la photo.

Avez vous trouvé l’arche?

Balade vers Marne-la-Vallée du château de Rentilly aux vallées de la Gondoire et de la Brosse

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Grilles du Château de Rentilly

8 km – facile – 2 heures sans se presser

Le car a quitté la Francilienne (A104) à Collégien et s’est garé sur le parking devant les grilles du Château de Rentilly. Nous avons fait un tour pour profiter des arbres magnifiques, des bassins et d’un curieux bâtiment contemporain qui reflète dans ses miroirs le vert du parc et des pelouses en les déformant. Le Château de Rentilly date du 17ème siècle mais il fut reconstruit au début du 19ème siècle, il appartint à une famille de négociants hollandais avant de passer à la Famille Menier de la chocolaterie Noisiel qui continua à l’aménager. Il est maintenant la propriété de la  Communauté de communes de Marne et Gondoire et un centre d’art contemporain l’occupe : le Frac qui organise des expositions.

Sortant du parc nous empruntons une longue avenue bordée de marronniers qui passe entre des lotissements de maisons plutôt grandes et classieuses à Saint Thibaud-les Vignes.

On arrive dans la campagne, champs de maïs déjà récoltés. Des piquets marrons très discrets balisent des itinéraires piétons, cyclistes et cavaliers dans la vallée de la Gondoire

Après avoir traversé la D35 qui va au Château de Guermantes un nouvel itinéraire suit un autre ruisseau : la Bosse avec deux parcours possibles : un chemin dur dans les champs avec des noyers de temps en temps et des bancs ou un sentier qui suit le cours d’eau que nous avons pris au retour pour passer le long de l’étang de Loye

l’étang d la Loye

e n’ai pas l’habitude de raconter chacune de mes promenades, mais celle-ci je compte bien la refaire et je ne veux pas l’oublier! 21

Le Sermon sur la Chute de Rome – Jérôme Ferrari

LIRE POUR LA CORSE

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J’avais commencé après le Goncourt Le Sermon sur la chute de Rome et j’avais renoncé. Rebutée par le style, les phrases interminables et interloquée par le sujet : quel rapport avec Rome? m’étais-je demandée. On n’est pas forcé de lire les Goncourt!

De retour de Corse, après avoir lu A son image, et l’avoir aimé, j’ai fait une nouvelle tentative. Et je me suis laissé séduire. Il faut du souffle pour apprécier le style de Ferrari, et de la persévérance. Mais quand on se laisse emporter, le charme opère.

Comme A son image qui illustre les parties d’un Requiem, le plan du Le Sermon sur la Chute de Rome est construit à partir des phrases-clé du sermon de Saint Augustin. Construction intelligente. Quel rapport entre la Chute de Rome assiégée en 410 par les troupes de Genséric et l’échec du bistro d’un village corse?

Le Sermon sur la Chute de Rome peut aussi être envisagée comme une saga familiale dont l’origine est une photo prise en 1918 de la mère de Marcel Antonetti, de ses sœurs et de son frère, et dont la conclusion serait la mort de Marcel, le grand père, comme une défaite.

« Nous ne savons pas, en vérité, ce que sont les mondes. Mais nous pouvons guetter les signes de leur fin. Le déclenchement d’un obturateur dans la lumière de l’été, la main fine d’une jeune fille fatiguée posée sur celle de son grand-père, ou la voile carrée d’un navire qui entre dans le port d’Hippone, portant avec lui, depuis l’Italie, la nouvelle inconcevable que Rome est tombée »

Si le centre de l’histoire est la tentative de Mathieu et de son ami Libero de faire revivre le bistro du village de montagne corse. Histoire d’amitié depuis l’enfance de deux garçons. Histoire de l’attachement au village corse de leur enfance.

Et Saint Augustin, là de-dans?

« Libero croyait que son honorabilité était inscrite au fronton d’un ciel haut et pur dont importait peu que personne n’en connu l’existence. Il fallait se détourner des questions morales et politiques, gangrénées par le poison de l’actualité et se réfugier dans les déserts métaphysiques de la métaphysique. »

Libero décide de faire son mémoire de master de philosophie sur Augustin.

Aurélie, la sœur de Mathieu, archéologue part en Algérie chercher les vestiges de la cathédrale d’Hippone.

Les deux étudiants en philosophie abandonnent leurs études et se lancent dans l’aventure au village. Le succès de leur entreprise est fulgurant. Tragique est la chute.

L’art de Ferrari est de faire vivre tout un monde, au village, mais aussi à Paris et dans les colonies. Les personnages secondaires ne sont pas esquissés, chacun est  le personnage principal de son épisode dans l’histoire.

Je ne regrette donc pas d’avoir recommencé cette lecture. Je devrais rééditer l’expérience. Chaque livre attend son heure

 

La Forêt de Bonifatu et le Jardin de Saleccia

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la forêt de Bonifatu

Pour arriver à la Forêt de Bonifatu, nous reprenons la route de Galeria par l’aéroport puis suivons la rivière Figarella, franchissant de mignons ponts de pierre et s’enfonçant dans la forêt. Le parking et la fin de la route se trouvent sous l’Auberge de la Forêt.

carnets de voyages, lectures
Foret de Bonifatu : boucle de Ficaghjola – passerelle

Je choisis la balade de la boucle de Ficaghjola (4km – 2h – 225 m de dénivelé positif) qui commence à la passerelle qui se trouve sous le parking : deux filins tiennent des plaques métalliques. Un écriteau prévient : « 2 personnes à la fois seulement ». . Le sentier monte en lacets serrés dans une forêt de feuillus : hêtres, yeuses, bruyères arborescentes, bien touffue et bien sombre. Le sentier est bien tracé, bien balisé. A chaque épingle à cheveux, je regarde le cirque de Bonifatu bordé par de hautes aiguilles rouges de rhyolite, déchiquetées et verticales, culminant autour de 2000 m. Au-dessus des feuillus, je découvre une plante qui ressemble à du thym dont le parfum très fort n’est pas celui du thym quand j’en froisse quelques branches.

Foret de Bonifatu : les pins sur le versant ensoleillé

Je franchis un épaulement pour me retrouver sur le versant ensoleillé planté de grands pins Laricio. Le sentier est plus doux, plus facile, en pente plus régulière, il descend jusqu’au ruisseau qui coule avec un bruit rafraîchissant.

boucle de Ficaghjola : ruisseau rafraîchissant

Je remonte un peu pour emprunter le GR20 que je descends sur une rampe cimentée le long d’une paroi rocheuse. A la montée, je croise un couple de randonneurs lourdement chargés qui monte avec entrain. . En face, la roche est ravinée par des gouttières bizarres. Les pins qui s’accrochent font penser à des estampes chinoises. Après avoir franchi la rivière, le parcours se termine sur une piste forestière large ; j’ai marché 1h15 au leu de 2h. Quand je marche seule, à la fraîche, tôt le matin je grimpe plutôt vite.

Baignade à la plage de Calvi

Plage de Calvi

Nous retournons à la gare U Pinetu. La plage est presque vide ce matin, l’eau limpide. La citadelle comme décor, la pinède comme horizon. Je devais être drôlement de mauvaise humeur pour dénigrer la plage de Calvi.

Jardin de Saleccia

Jardin de Saleccia

Le Jardin de Saleccia se trouve 4 km après l’Île-Rousse. Entrée 9€. Ce jardin est très vaste. Il a été réalisé avec les plantes du maquis. Pistachiers lentisques, myrte ou laurier sont taillés en grosses boules à la topiaire tandis que laurier-sauce et cyprès à la silhouette élancées et au feuillage sombre se détachent sur le feuillage léger et gris-argenté des oliviers. La promenade est très instructive : de nombreux panneaux explicatifs racontent l’histoire de l’exploitation agricole puis la création du jardin. D’autres décrivent les espèces les plus emblématiques du maquis : oliviers, amandiers, cyprès pistachiers lentisques.

Je recopie mes notes :

Le nom de Saleccia combinerait la déformation de « cale à bateaux » et de leccia – le chêne-vert.

On a trouvé des vestiges romans, des amphores à huiles. Vers le 13ème siècle Gènes a construit des tours à signaux pour prévenir des invasions barbaresques, la dernière eut lieu sur Monticello en 1805. Au 18ème siècle Saleccia appartenait à la famille Leonetti, le terrain se transmettait de femmes en femmes. A cette époque, les terrains en bord de mer ne valaient rien et étaient donnés en héritage aux femmes. Ironie du sort, dans les années 60 avec l’essor du tourisme la valeur de ces terrains a explosé !

Histoire du domaine agricole :

1840-1875 culture des céréales, des oliviers, élevage des brebis vaches, également une magnanerie et des agrumes. Le domaine fut exploité jusqu’en 1914. La propriété fut laissée à l’abandon, et un incendie le dévasta en 1974.

 

Le Mûrier blanc originaire de Chine est passé en Corse via la Turquie et l’Albanie.  En Corse, on pratiquait au 19ème siècle, l’élevage du ver à soie et des mûriers furent plantés. Ils ont résisté aux feux successifs

 

 

Olivier : la culture remonte en Corse au 6ème siècle av JC, en 1820 on dénombrait douze millions d’oliviers ; actuellement, seulement 180 000.

jardin de Saleccia : olivier

C’est un arbre de valeur et un symbole. On pouvait le céder pour payer ses dettes (même de jeu) sans même qu’il soit déplacé de l’endroit où il était planté. Il était courant qu’une personne soit propriétaire d’un seul olivier sans être propriétaire du terrain.

Les fruits sont récoltés sur l’arbre : on pose des filets et les olives tombent. Traditionnellement la cueillette était faite par les femmes, les hommes les piétinaient dans une auge. Les olives détritées étaient placées dans un sac en poil de chèvre et le broyage se faisait dans une cuve au pressoir.

En Corse :

L’huile d’olive en plus de ses usages habituels était utilisée dans le rituel permettant de révéler le mauvais œil. Le dimanche des Rameaux, on utilisait des rameaux d’oliviers ce qui a donné le nom de Dimanche des oliviers.

Amandier les amandes sont très utilisées en pâtisserie pour faire des macarons (amaretti) du nougat, des croquants, de l’orgeat

Le cyprès ne pousse pas à l’état sauvage en Corse. Il est planté fréquemment à côté des sites funéraires . sa forme particulière aiderait les morts à monter au ciel.

« Celui-ci sent le cyprès » dit-on d’une personne sur le point de décéder.

Les plantes du maquis : d’une hauteur de 0.5 m à 6 m . Cette hauteur m’a vraiment frappée, je ne m’attendais pas à ce que le maquis soit une véritable forêt. Cette hauteur dépend des incendies qui conduisent à la désertification. Heureusement certaines plantes ont un grand pouvoir de régénération : les arbousiers, bruyères, le myrte, le chêne-vert et l’olivier. A l’origine la forêt naturelle était formée de chêne-vert, de chênes lièges et d’oléastres (oliviers sauvages) .

Pistachier lentisque

En Corse on l’utilise pour désinfecter les tonneaux et éloigner les parasites des animaux (colliers pour chiens) ainsi que pour l’hygiène dentaire. En décoction et en fumigation il guérit de l’asthme et de la sinusite. De ses branches souples, on peut également faire des paniers.

 

 

 

 

 

Arbousier peut pousser jusqu’à 1000 m d’altitude et atteindre 12 m. Chez les anciens, l’arbousier était lié à la mort et à l’immortalité. Ses fruits contiennent de la pectine. Il est considéré comme dépuratif. On fait de l’eau de vie d’arbouse, de la confiture.

hélychrisum- italicum

Immortelle d’Italie : elle repart toujours plus vigoureuse à la suite d’une taille rase ou d’un incendie. Ses fleurs séchées sont d’une durée exceptionnelle. Elle est utilisée comme encens pour parfumer les maisons mais l’été en devenant très sèche, elle contribue à alimenter les incendies par l’émission d’essences volatiles.  C’est le parfum dominant du maquis ; Les bergers pour protéger le fromage et soigner les fractures des bêtes ; brûler les soies des porcs…

 

 

 

Euphorbe : est une plante persistante sauf E. arborescente relique du temps où le climat méditerranéen était subtropical. Toutes les euphorbes sont toxiques.  Le nom vient d’Euphorbus, médecin du roi Juba de Mauritanie.

 

 

 

Les Frères Corses – Alexandre Dumas

LIRE POUR LA CORSE

« Vers le commencement du mois de mars de l’année 1841, je voyageais en Corse. 

Rien de plus pittoresque et de plus commode qu’un voyage en Corse : on s’embarque à Toulon : en vingt heures on est à Ajaccio, ou,en vingt-quatre heures à Bastia.

Là on achète un cheval![….]de temps en temps on s’arrête pour visiter un vieux château bâti par quelque seigneur, héros et chef d’une tradition féodale, pour dessiner une vieille tour élevée par les Génois[…] Quant au logement de chaque nuit, c’est bien plus simple encore : le voyageur arrive dans un  village, traverse la rue principale dans toute sa longueur, choisit la maison et frappe à la porte.[…]

Allez sans crainte à Ajaccio, à Bastia, une bourse pleine d’or pendue à l’arçon de votre selle, et vous aurez traversé toute l’île sans avoir couru l’ombre d’un danger : mais n’allez pas d’Occana à Levaco, si vous avez un ennemi qui vous ait déclaré la vendetta, car je ne répondrais pas de vous pendant ce trajet de deux lieux... »

Alexandre Dumas se met en scène avec vivacité et nous le suivons bien volontiers.

Ce n’est pas un récit de voyage comme l’incipit pourrait le faire croire.

Court roman de 110 pages:  vous y rencontrerez des caractères bien trempés.  Vous assisterez à une ou plutôt deux vendette, un ou plutôt deux duels… parce que les frères corses sont deux, et jumeaux. Aussi ressemblants physiquement qu’opposés de caractère. L’un étudie le Droit à Paris, cultivé, moderne. L’autre – dit Dumas – est corse! Avec le « corse« , vous verrez des poignards historiques,  vous irez dans le maquis, rencontrerez un bandit…A Paris, vous irez à l’opéra, souper dans la haute société…

Et vous passerez une bonne soirée de lecture!

 

Au sud de Calvi jusqu’à Galeria

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La belle plage de galets roses

Le soleil s’est levé dans des nuages roses bien jolis puis le ciel s’et voilé dans une lumière presque automnale. La route qui grimpe à Notre Dame de la Serra traverse un chaos granitique. Un énorme bloc ovoïde est évidé, un autre, pointe vers le ciel. Un vaste enclos est prévu pour les pèlerins. Justement le pèlerinage a lieu hier (premier dimanche de septembre, anniversaire de Marie). Il reste dans le grand frigidaire un gâteau au chocolat. Des palmes et des branches de cyprès entourent le porche de la chapelle qui est grand ouverte.

Notre Dame de la Serra

La route de Galeria en corniche suit le rivage très découpé. Certains à-pics sont impressionnants. Les rochers sont découpés. A peine quelques rochers plus bas pour envisager une baignade, venu par mer, bien entendu. Un cap est occupé par l’armée « champ de tir le lundi » prévient un panneau. Un restaurant s’est installé dans le seul creux avec un accès à une plage. Joli restaurant, prix raisonnable, mais ce n’est pas l’heure !

Chaos granitique

La route tortille entre les arbousiers hauts comme des arbres. Dans un tournant on voit une construction basse – première depuis la sortie de Calvi, plus loin, un grand troupeau. Puis une ruine, très grande bâtisse avec une sorte de tour. A sa base, on a planté récemment des vignes, les ceps sont jeunes et rien ne vante le vin produit ici ! On a aussi planté des oliviers.

Dans la Baie de Crovani se trouvent les ruines d’une ancienne exploitation minière de plomb argentifère à l’Argentella abandonnée.

Le Delta du Fango

A l’entrée de Galeria la très grande plage de Riciniccia est large, rose et…vide. Pourquoi ? Les petits fleuves Fango et Marsolimo ont sans doute apporté tous ces galets. La route contourne le delta du Fango pour traverser le lit très large mais complètement à sec. On ne remonte donc pas loin le Fango en canoë ! Nous garons la voiture sur un très grand parking en terrasse. A quelques pas se trouve une tour génoise bien abimée précédée d’un élégant bâtiment de pierre. Un fléchage indique d’un côté « canoë-kayak sur le Fango » de l’autre « la plage ». un petit pont de ciment franchit le « fleuve » qui est un ruisseau. Sur un plan d’eau on peut en effet canoter (le panneau promet des tortues et des oiseaux aquatiques). Je préfère la mer ! Le ciel est nuageux. Les petits galets ont une teinte pourpre, l’eau est agitée d’un petit clapotis pas effrayant du tout mais pourtant personne ne se baigne. J’interroge les gens : « pourquoi n’y a-t-il personne ? » Il me faut convoquer mon allemand. Une dame d’âge mûr émet l’hypothèse « peut être à cause des vagues ? »- « quelles vagues ? il n’y en a pas ! » »pas de soleil » me répond un autre. Deux Italiens se sont baignés « c’est juste un peu dur de sortir avec les galets » . Etrange ! je tente. C’est un peu effrayant d’être seule dans l’eau qui bouge ; sans soleil, elle n’est pas turquoise mais bleue très foncé, presque noire. La plage est longue, j’en parcours à la nage la moitié. Pendant que je nage, un petit zodiac quitte le voilier à l’ancre ; ses occupants sortent des sacs et montent l’aile d’un kite-surf. Je comprends que les couples sur la plage ne sont pas venus nager mais pour le bronzage intégral. Comme il ne fait pas chaud, l’un d’eaux porte un T-shirt noir, des espadrilles mais pas de slip.

Le Guide vert recommande l’Artigiana dans la catégorie « restauration premier prix ». Au tournant de la route, il y a une boutique de produits corses, des tables rustiques avec des bancs, des petites tables basses et même hamac et fauteuil suspendus. A la carte : des salades ; assiettes de charcuterie ou de fromages, et des beignets. Je choisis un duo de beignets de courgettes et fromage. Les beignets de courgettes sont de petites galettes parfumées (courgettes râpées et herbes) les fromages de chèvre est fondu. Les beignets sont accompagnés de tomates-cerises ; de rondelles de radis et de betteraves crue ainsi que de salade. Très copieux. Tout est parfait : l’accueil, la vue et les beignets.

Nous rentrons à Calvi par la route des terres (26 km) qui suit le petit fleuve Marsolino (invisible de la route) et passons par une large vallée où l’on arrose les prés pour faire du foin les balles de foin sont sous plastique). Il y a des vaches. La verdure contraste avec l’aridité des montagnes où la roche est à nu. La route s’élève vers un petit col Bocca di Marsolinu (443 m) puis nous descendons le long de l’aéroport Ste Catalina.

Le soleil s’est enfin décidé à disperser les nuages. Je passe la fin de l’après-midi ensoleillée à la piscine à faire des bassins. J’ai fini Ferrari A son image et je viens de commencer Murtoriu de Marc Biancarelli

La vendetta – Balzac

LIRE POUR LA CORSE?

La vendetta de Balzac est peut être une histoire corse, mais elle se déroule à Paris. En 1800, arrivent à Paris un « étranger, suivi d’une femme et d’une petite fille« – étranger? corse, plutôt! « je vais voir si les Bonaparte se souviennent de nous. » Il viennent demander asile et protection après avoir « tué tous les Porta« .

 

Quinze ans plus tard, Ginevra prend des leçons de peinture chez Servin qui était le maître reconnu pour la « peinture féminine » c’est une élève douée mais rejetée par les filles de la plus haute aristocratie. Occasion de décrire les caractères de ces jeunes filles qui »appartenaient à un monde où la politesse façonne de bonne heure les caractères, où l’abus des jouissances sociales tue les sentiments et développe l’égoïsme ». Les pages décrivant l’atelier, les cabales et mesquineries des jeunes filles sont un pur bonheur de lecture. 

Après le second retour des Bourbons en juillet 1815, les bonapartistes sont pourchassés. Ginevra découvre qu’un proscrit corse se cache dans l’atelier de Servin. Coup de foudre, les deux jeunes corses vont se marier. Tout serait pour le mieux si on ne découvrait pas que Luigi est un survivant de la vendetta qui a chassé les parents de Genivra de Corse. Roméo et Juliette à Paris!

 

Ginevra tient tête à son père, elle épouse Luigi sans son consentement. La vengeance opérera cependant…..

Qui mieux que Balzac décortique les rapports familiaux ou sociaux? Les mesquineries des aristocrates dans l’atelier du peintre sont distillées avec un art consommé. De même les rapports père-fille, l’abus de pouvoir du père. Refuse-t-il le mariage à cause de la vendetta ou par peur de perdre sa fille?

Court roman ou longue nouvelle qui mérite un moment de lecture!

 

 

Occi, Sant Ambrogio, tour des villages, Bodri

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Lumio et le Golfe de Calvi

Le village de Lumio est encore endormi à 9h. Le sentier d’Occi part à l’arrière de l’Hôtel Charles, sur la route T30. Bien chaussée, mais en short (malgré les avertissements) je grimpe allègrement le chemin muletier, revêtu de grosses dalles de granite formant des marches. Tôt le matin, il est bien à l’ombre et la montée est plaisante, avec des vues magnifiques sur la citadelle de Calvi qui se reflète dans le miroir de sa baie. Vers le nord on voit la petite vallée de Spano et la marina de Sant Ambrogio. Selon les guides, 1h de montée, en une demi-heure j’arrive aux ruines. (la promenade est plus longue, les groupés cornaqués par un guide continuent dans le maquis). Jusqu’à l’arrivée au village d’Occi j’ai l’impression d’être seule dans la colline. Je passe dans les ruines et découvre l’église restaurée après être passée sous une arche à moitié cachée par un figuier qui fait un rideau. Deux hommes descendent de la montagne et me saluent. Malheureusement l’endroit sera vite envahi par les touristes. Pas moins de 4 groupes sans compter les individuels.

les ruines d’Occi

Occi, dont le nom signifie, œil, était situé sur un promontoire et servait de guet du temps des pirates.  Village du 12ème siècle, il fut progressivement abandonné à partir du 16ème siècle, ses habitants l’ont quitté en 1860. Le dernier – Felix Giudicelli – dit « Fra Felice » est mort en 1918. Berger, personnage fantasque, se prétendait Comte d’Occi. Il naquit à Lumio en 1830, fit des études en Italie, se disait affilié aux carbonari de Garibaldi et compagnon du futur Napoléon III, de la main duquel il tenait un sauf-conduit. Homme du 19ème siècle, portant redingote et haut de forme s’exprimant en Italien.

la petite église d’Occi restaurée

Les groupes de touristes n’ont pas que des inconvénient, il arrive que je glane des informations intéressantes. Un guide herborise et montre une menthe très parfumée aux très petites feuille la Nepita qui peut parfumer le Bruccio. l’Immortelle d’Italie (Helichrysum italicum) a un parfum très fort; « l’odeur de la Corses » selon Napoléon Bonaparte. On la distille pour faire de l’huile essentielle.

Je rejoins Dominique à 10h30, pressée de me rafraîchir par une baignade. La marina de Sant Ambrogio est tout près. Sous une belle pinède, la station balnéaire est construite de petits bungalows de ciment blancs à toiture voûtée et de mini-villas aux toits de tuile. Tout le front de mer est urbanisé. Certes, les constructions sont discrètes, sans étages, masquées par des jardins. Mais bâti quand même ! Les parkings des résidents sont à l’arrière, le long de la route principale, sous les pins. Les touristes doivent se contenter du parking municipal, au-dessus de la marina, loin de la plage (1 km) et au soleil. La maréchaussée patrouille et photographie les plaques des voitures garées le long de la rue. On squatte une place dans un parking résidentiel privé pour se garer entre une Porsche Cayenne et une Audi immatriculée en Suisse. Une petite allée conduit à la plage, naturelle, sans installation ni paillote. Le sable est très blanc. Il y a quelques rochers. Chacun apporte son parasol et sa serviette. J’aime bien ce désordre coloré. L’eau est cristalline. Nombreux sont ceux qui font du snorkelling. Roches et posidonies assurent le spectacle. J’ai oublié mon masque, dommage ! Selon mon habitude, je nage d’un bout à l’autre de la plage en étant attentive aux rochers qui affleurent vers le milieu. Baignade merveilleuse !

 

Dominique a téléphone à une dame de Calenzana qui « vend des articles de GR20 » qui ne sont ni des tentes ni des duvets mais des plats préparés à emporter. Nous filons à la Rôtisserie Pinellicciu – 1 rue Napoléon – une excellente adresse.

  • » Reste-t-il des beignets de courgette ?»
  • « Non mais la pâte est prête ! L’huile est chaude»

La dame en cuit 6 devant moi (une portion) et je complète le pique-nique par un chausson aux poivrons.

les oliviers de Sainte Restitude
les oliviers de Sainte Restitude

L’enclos de la Chapelle Sainte Restitude nous procure le meilleur emplacement : de l’ombre, des banquettes de pierre, un petit vent rafraîchissant. Nous dégustons beignets, feuilleté et cuggiullele, biscuits à l’anis achetés de la biscuiterie Guerini (il y en avait aussi au vin, aux amandes…). Pique-nique gastronomique !

Crêtes

Nous suivons l’itinéraire « les trésors de Balagne » du Guide Vert. C’est amusant comme un jeu de piste. Nous passons sans nous arrêter à Zilia, Cassano et Lunghigniano où nous sommes déjà passées pour faire une visite à Montemaggiore – village construit sur un promontoire dominant la vallée du Fiume Secco. Devant la grande église ; de la terrasse, le panorama s’étend au de-là de Calvi et de la Pointe de la Revellata. Anecdote amusante : Don Juan aurait séjourné dans la grande maison jouxtant la chapelle.

Chapelle st Ranieri

Chapelle Saint Ranieri  (https://eglisesetchapellesdecorse.jimdo.com/saint-rainier-janvier-2018/)

Edifice roman de style pisan avec des bandes de moellons foncés presque noirs contrastant avec la roche claire et formant des bandes horizontales. Seuls ornements : des masques sur le fronton de chaque côté d’une croix évidée.

La route D151 est très étroite, elle monte au col de Salvi (509 m) en corniche. Sur le Monte Grosso(1938 m) les nuages se sont amoncelés. La route se dirige ensuite vers Cateri qui est un carrefour. A l’entrée de Cateri, je descends à pied au Couvent de Marcasso. L’église est ouverte mais elle est bien sombre, je n’ai pas reconnu le tableau du Repas Pascal cité dans le Guide Vert.

Sant Antonino

St Antonino qui coiffe sa colline

Sant Antonino est un village perché qui coiffe une colline et se remarque de loin. Le tourisme est très bien développé ; On a transformé la place de l’église en parking obligatoire et payant. Les maisons de belles pierres du village ont été restaurées. La promenade dans les rues est très agréable mais un peu factice.  On ne rencontre pas de chat endormi (les touristes qui tirent un caniche ou un bichon maltais les ont fait fuir). Pas de lessive qui sèche non plus. Ni de dames âgées qui papotent. A la place du linge, des articles de mode. A la place des épiceries et bars des restaurants pour touristes. Des bijoux, des céramiques. J’ai l’impression d’être tombée dans un traquenard « attrape-touriste ». Réticente, j’ai été séduite par les petits passages secrets, les coins sombres et humides ou croissent fougères et hortensias.

St Antonino

Pigna

Pigna est encore un village touristique restauré avec goût, comme Sant Antonino, situé sur la « route des Artisans » et s’est fait une spécialité musicale avec un auditorium et un Musée de la Musique qui, malheureusement est fermé le week-end. Les concerts de Polyphonies corses commencent à 21h30, cela ne nous convient pas du tout en septembre où les journées raccourcissent. L’église donne sur une place ombragée de platanes. Elle est ouverte en grand : intérieur blanc. Le chemin de croix contemporain, fait avec des galets multicolores, est original. Le reste ne retient pas mon attention. Je me promène dans les ruelles. Les endroits les plus séduisants sont occupés par les tables d’un bar ou d’un restaurant. Prix raisonnables pour déjeuner ou dîner face à un beau panorama, ou attendre le concert….

Pigna : église

Les artisans travaillent réellement dans les ateliers doublés d’une galerie-boutique. « Défense de photographier » annonce un pictogramme. Du coup la passante s’abstiendra de visiter la boutique. Un peu plus loin, il y a une verrerie, et un artisan qui fabrique des bijoux. Sympathique, cette activité artisanale. Un peu standardisée, je n’ai rien remarqué d’original.

La route passe par Corbara où un énorme couvent se dresse à un carrefour. L’envie d’une autre baignade me tient et nous ne nous arrêtons pas. Nous retournons à Bodri, au moins nous connaissons le chemin. Malheureusement, une chaîne qui n’y était pas hier barre l’accès ; Dominique remonte et installe la Smart sur les quais du train. C’est encore une belle baignade la surface de l’eau est parfaitement lisse.

 

 

 

Un « Voyage » à Sevran au Vert Galant avec le Voyage Métropolitain

AVEC LE VOYAGE MÉTROPOLITAIN

Ici sera la plage!

Rendez-vous à la Gare du Nord sur le quai du RER B. Devant la Gare de Sevran-Beaudotte, sur 70 marcheurs, rares sont ceux qui « connaissent le territoire » . Sevran n’est pas une destination touristique pour les Parisiens. Sevran a fait les gros titres des Faits Divers, avec images de « violences en banlieue« . Par cette matinée ensoleillée, nous sommes tous curieux de ce que ce « voyage » va nous apporter.

Première étape : une rencontre avec le responsable d’une association de quartier. Sympathique, disert, il va nous raconter les vicissitudes et les rénovations du quartier Montceleux Pont-Blanc où nous nous trouvons. Deux grande tours de 17 étages, des « barres » au contour arrondi (je connais cette configuration, nous avons les mêmes à Créteil) . Il y avait une troisième tour, elle a été grignotée et rien ne laisse soupçonner son existence; les locataires ont été relogés ,on loin d’ici. Des grillages de chantier, on doit faire passer ici une route qui devrait « désenclaver » le quartier; Cette route relierait Villepinte toute proche. Les riverains ne sont pas enthousiastes de voir leur espace investi par des voitures. Le chantier est à l’arrêt.

Promenade entre les immeubles, une butte végétalisée cache des parkings souterrains (comme chez moi) sauf que ces parkings sont en déshérence, personne ne vient y garer sa voiture, incivilités, inondations, dégradations…ils sont inutilisables.

L’association de quartier a fait édifier un centre sportif, des milliers d’€ investis, mais aussi à l’arrêt pour des histoires de raccordement au réseau de l’eau non conforme. Notre guide enrage, il a tant investi d’énergie( et de fonds) pour arriver à ce résultat. La bonne volonté se heurtent à l’institution « ils » bloquent tout. Qui « ils« ? la municipalité? le département? la région?

L’animateur nous conduit dans une résidence toute neuve avec de jolis petits immeubles revêtement bois, balcons alu, très contemporains dans un environnement naturel, de roseaux et plantes qui aiment l’eau autour d’un fossé à sec maintenant mais permettant de drainer, l’humidité. Tout est propre, entouré d’une grille, on entre avec un passe. Ces résidences fermées deviennent la règle des constructions neuves, cela me fait un peu flipper.  Quelle différence avec le logement dans la tour! En apparence, les appartements sont moins grands, et il y a des malfaçons, des infiltrations. C’est tout neuf, tout beau mais on a économisé sur la qualité de la construction.

Vagues de surf en 2024?

Une avenue piétonnière et cyclable bordée de buissons aux beaux feuillages d’automne conduit à un champ. Il faut imaginer ici la grande vague de Surf et les plages. Une base nautique est en projet. Le Surf sera-t-il discipline olympique, disputera-t-on les compétitions en 2024? A vue de pif, cela semble aberrant, au retour j’ai cherché sur Internet, peut être pas tant que cela?  A Sevran coule une rivière enterrée, et le terrain fut marécageux. D’après leur représentant qui conduit la promenade, les riverains préféreraient un projet plus proche de leurs préoccupations, une université serait idéale. Un peu plus loin, sous des serres, des cultures maraîchères seraient peut être plus appropriées?

Entre terrains de sports et pavillons nous arrivons au Parc de la Poudrerie. Excellente surprise! nous n’imaginions pas un espace vert si grand avec de si beaux arbres. Le Voyage Métropolitain, sous le soleil devient promenade merveilleuse.

promenade le long du canal de l’OUrq

Nous arrivons sur le Canal de l’Ourq que nous longeons pour arriver sur la friche Kodak. Dans les temps pas si lointains de la photographie argentique, j’ai envoyé des centaines de rouleaux de pellicules se faire développer en diapositive.  Le nom Sevran évoque pour moi Kodak! Et pas seulement les diapositives, on y développait aussi les microfilms qui étaient le moyen de stockage des données avant l’avènement du numérique.

Sevran – Kodak

Grand site industriel de 1925 à 1995. Les traitements chimiques ont pollué les sols et la nappe phréatique. Presque 20 ans ont été nécessaires pour décontaminer les sols (en enlevant la couche superficielle). Que faire d’une telle friche? Construire sur des sols polluer ou les cultiver n’ont pas semblé envisageable. On a donc décidé de laisser la nature reconquérir l’espace vide, Natura 2050. Ici aussi les organisateurs du Voyage Métropolitain on pris des contacts et nous sommes accueillis par deux animateurs qui nous promènent et racontent. Des peupliers subsistent du temps de Kodak, ils ont « essaimé », les bouleaux, essence pionnière, se développent; Les pyracanthas orange et rouges sont couverts de baies. Sur le sol sableux qui reste après dépollution des graminées forment un couvert épars. On intervient peu,  pour voir comment le couvert végétal va se reconstituer. Seule action : le fauchage des ronces qui ne peuvent pas tout envahir. Histoire à suivre….en 2050?

Friche Kodak

Retour au parc de la Poudrerie pour le pique-nique. Napoléon III décida la construction de la poudrerie qui fut en fonction de 1873 à 1973. Éloignée des habitations, dans un vaste terrain forestier, cette manufacture dangereuse a laissé un parc magnifique. Les merlons, des buttes artificielles complétaient les mesures de protections contre les explosions. Pendant la Seconde guerre mondiale, les Allemands l’ont occupée. Un musée raconte cette histoire mais nous ne l’avons pas visité.

La suite de la randonnée nous a conduits à Vaujours (ville du gypse et de l’usine Placoplâtre, pas vue). Nous avons grimpé au dessus du cimetière pour découvrir la vue très dégagée sur  les pistes et installations de Roissy et leur empreinte dans la paysage. Au sommet de la colline : nous avons fait une très jolie boucle dans les bois de Bernouille en suivant l’aqueduc enterré de la Dhuys. Au loin, les collines masquent la Marne. Fkinalement nous avons retraversé Vaujours pour reprendre le RER B au Vert Galant

Nous étions donc partis sur les pistes de la réhabilitation urbaine15 d’une banlieue à mauvaise réputation, avons découvert les projets du Grand Paris (RER) et base nautique, et avons eu l’occasion d’une balade très verte. J’y reviendrai pour une randonnée nature!