De chair et d’os – Dolores Redondo

POLAR BASQUE

J’avais envie de rester dans les montagnes basques, rien de mieux qu’un polar bien épais (608 p.) pour me scotcher et m’emmener dans la vallée du Baztàn, à Elizondo (tout près d’Aldudes où nous avons piqueniqué) et me raconter  les secrets cachés dans ces Pyrénées navarraises.

la vallée de Baztán on a envoyé au bûcher des douzaines de femmes accusées de sorcellerie, dénoncées bien souvent par leurs propres voisins, et elles étaient de la vallée depuis toujours. Tout comportement un peu « anormal » était soupçonné d’avoir quelque chose à voir avec le diable,

Ces  villages enclavés recèlent des traditions de sorcellerie, de monstres des forêts  en plus des ours et des secrets familiaux que tout le monde connaît.

Le Tarttalo, connu également comme le Tártaro et comme le Torto, est une figure de la mythologie basco-navarraise, un cyclope de taille gigantesque, extraordinairement fort et agressif, qui se nourrit de brebis, de jeunes filles et de bergers.

Histoires aussi des cagots, qui remontent aux temps médiévaux ayant souffert de discrimination pendant des générations qui ne sont pas oubliés.

Vous êtes de la vallée, vous avez forcément entendu parler des cagots. — Les cagots ? Tu veux dire ceux qui vivaient à Bozate ?

Les historiens ne sont pas d’accord sur l’origine des cagots. Ils estiment qu’ils sont arrivés en Navarre par les Pyrénées, fuyant les guerres, la faim, la peste et les persécutions religieuses au cours du Moyen Âge. La théorie la plus répandue c’est que c’étaient des cathares, membres d’un groupe religieux persécuté par le Saint-Office ; d’autres pensent que c’étaient des soldats goths déserteurs, réfugiés dans des léproseries du sud de la France, où ils ont contracté la lèpre, une des raisons pour lesquelles on avait peur d’eux ; selon une autre hypothèse, ce serait un mélange de proscrits et de parias amenés ici pour servir le seigneur féodal de la région, qui était alors
Pedro de Ursúa, dont il reste un palais fortifié à Arizkun.

Attends, si je comprends bien ce que tu me dis, la ségrégation envers un groupe racial au Moyen Âge est la
raison historique à laquelle faisait référence le père Sarasola pour expliquer les dernières profanations dans
l’église d’Arizkun

Influence de l’Eglise et surtout de l’Opus Dei, puissance occulte. Un étrange prêtre en Armani.  Dépaysement garanti!

L’inspectrice de police est une jeune femme, nouvellement mère, native de la vallée. Policière brillante, très bien notée :  on fait appel à ses services dans les affaires délicates comme la profanation de l’église d’Arizkun. Elle est aussi très impliquée dans des cas de féminicides et de violences conjugales (malheureusement bien fréquents dans ces régions qu’on imaginerait tranquilles).

Un gros pavé, thriller plein de rebondissements et de pistes, de personnages bien campés et pittoresques dans un décor magique, entre pluies, brumes, routes givrées, torrents et barrages. Belles maisons basques anciennes qui sentent bon la cire d’encaustique.

Un bon moment de lecture malgré de petits bémols : l’allaitement et les biberons du nouveau-né occupent une place non négligeable dans le roman.  Certes, la maternité et les bébés font partie de l’intrigue policière mais les nuances de piaillement des bébés ne me passionnent pas. La question de l’instinct maternel est intéressante.

Je ne suis pas une bonne cliente pour le surnaturel et le paranormal. Que l’on fasse appel aux traditions locales anciennes de sorcellerie m’intéresse. En revanche les phénomènes de transmission de pensée (avec l’agent du FBI américain) parasitent le récit le rendant peu crédible. Les références au « diable » ou au « mal » me sont complètement étrangères.

Du sang, c’est le genre qui veut cela dans un polar, mais point trop n’en faut…c’est un peu Grand Guignol.

Malgré ces réserves (qui me sont personnelles) je reviendrai lire les deux autres opus de la trilogie quand j’aurai envie de retourner dans les Pyrénées. A mettre dans la valise pour les journées pluvieuses!

Le Pas de Roland et le mont Artzamendi

CARNET BASQUE 2021

Le Pas de Roland

Le pas de Roland

Nous quittons la D.918 qui longe la Nive à Itxassou pour une petite route qui   s’engage (comme le train) dans une gorge . Goudronnée la semaine dernière, la route est en excellent état mais elle est très étroite. Un panneau nous enjoint d’utiliser les passages aménagés pour se croiser. Impossible de faire des arrêts-photos, il vaut mieux marcher le long du parapet pour voir l’eau bouillonner. Dans le rocher, une petite arche naturelle : Roland qui aurait fendu la roche avec son épée Durandal dans la retraite de l’armée de Charlemagne. Nous aurions aimé prendre la Chanson de Roland pour guide et visiter Roncevaux. Mais Roncevaux est en Espagne. Avecle Covid la frontière nous est fermée (sauf test PCR de moins de 72h). Nous n’allons pas nous faire tester pour aller voir un col de montagne probablement désert et un monastère . L’opérateur téléphonique nous a repéré en haut du Mont Artzamendi et souhaité bonne arrivée en Espagne.

A 100 m du Pas de Roland,l’auberge est fermée pour cause de Covid. La route tourne dans le village de Laxia et grimpe vers le Mont Artzamendi.

Je marche, téléphone à la main.  Il sert de GPS et d’appareil photo. Dominique, dans la voiture, continue tout droit sur le petit pont sur le ruisseau Laxia juste avant le confluent sur la Nive. Le GPS en main m’ordonne de tourner, je grimpe d’abord dans le village et arrive dans une très belle forêt. Au bout de quelques temps, ne voyant pas la 108, j’essaie de téléphoner mais il n’y a pas de réseau. Je marche 25 minutes d’un bon pas en montée, espérant que Dominique trouvera la bonne route. Juste avant la sortie de la forêt elle me dépasse. Nous n’avions pas imaginé que la route serait compliquée. Je suis admirative de la technique du GPS, il n’y a pas de réseau téléphonique, pas de 4G non plus et pourtant le smartphone continue à nous guider : il y a beaucoup plus de chemins et de maisons qu’on ne l’imaginait. La route est toujours aussi étroite et elle est tellement raide qu’au sommet d’une côte on ne sait pas bien vers où se dirige la route. Il reste encore 6 km jusqu’au sommet et le chemin parait interminable. Plusieurs fois il enjambe le ruisseau, quitte la forêt pour la prairie rase. Le paysage  est celui de moyenne montagne alors que l’altitude est moins de 700 m . Un parking est installé à un col. La 108 n’ira pas plus loin sur la pente raide !

Col de Méhatché (719 m)

Potok

L’arrêt était obligatoire pour laisser refroidir la voiture.  La vue est très étendue jusqu’à la mer. Le sommet de la Rhune est reconnaissable et les crêtes bleues se succèdent à 360°. Je suis fascinée par les Pottoks, poneys basques, chevaux sauvages qui ne sont pas farouches et qui paissent au col et plus haut. Certains sont équipés de cloches comme les vaches. Ils ont une épaisse toison, une crinière longue, des poils jusque sur les sabots. Un panneau signale les Betizu – des vaches sauvages qui ne vivent que dans deux massifs des Pyrénées dont le Massif de Mondarrain . Ces vaches vivent en pleine liberté. Il est conseillé de ne pas chercher à les approcher même pour les photographier. Les vaches qui protègent les veaux peuvent être agressives. Mais elles ne se trouvent pas au col et je n’aurai pas le plaisir de les voir de loin.

Site archéologique : cromlech reconstitué

Ce col est un aussi un site archéologique : la Nécropole de Meatse d’Itxassou Cromlechs et DolmenTerre de Bergers – lieu sacré de mémoire de plus de 5000 ans. Le site fut découvert par J M de Barandiaran et compte 19 monuments, sépultures majoritairement du rite de crémation. Tous les monuments laissés à l’air libre ont subi des dégradations du fait de l’érosion. Avec l’accord de la DRAC d’Aquitaine il a été décidé de les recouvrir pour les protéger.

Sont visibles deux cromlechs tangents mais d’âges différents (1041-605 av JC) et (1313-1004 av JC). On voit aussi les restes d’un coffre dolménique (3000-2000 av JC) mis au jour lors de la construction de la route comprenant deux dalles verticales et la Chambre orientée à l’Est.

Un cromlech a été reproduit pour l’observation : un cercle de pierres couchées et des dalles verticales forment le péristalithe ; au centre se trouve le « ciste » coffre de pierre. Parfois les dalles sont disposées en « pelure d’oignon ».

Je continue à pied sur la route vers le sommet où est installée une station de télécommunication : des antennes et un petit dôme à côté d’un affreux bâtiment. Il reste une belle grimpette. J’ai toujours la compagnie des pottoks. Un grand vautour plane au-dessus de moi. Impossible de le photographier, il disparaît dès que je règle le zoom. J’arrive sous les barres rocheuses du sommet mais la route fait encore un coude et continue sous la ligne de crête. Je me lasse un peu inquiète de voir le ciel se voiler. Il faut redescendre et dans le brouillard ce serait un cauchemar.

En descendant, je croise des cyclistes, un groupe, probablement un club et seul, un monsieur plus très jeune, qui transporte sa tente et son matériel pour camper sur un lourd VTT. Respect ! Monter de telles charges !

Au col la brume monte.  Une drôle d’odeur arrive à nous. Ce n’est pas de la brume mais de la fumée. Un peu plus bas une affiche jaune plastifiée se balance : FEUX PASTORAUX EN COURS. Il y a quelques semaines un feu d’écobuage a entraîné un incendie étendu et des randonneurs ont été surpris par le feu.

Pour descendre nous nous séparons à nouveau et je descends à pied avec grand plaisir : sur les bords de la route je regarde les fleurs : une très bizarre cloche jaune qu’il faudra identifier, des tapis de violettes en sous-bois, des pâquerettes dans les prés, des fleurs blanches un peu mauves genre de moutarde sauvage, et des nappes de primevères jaunes.

Nous pique-niquons à un tournant où l’on peut se garer au soleil.

Très belle journée un peu aventureuse !

Saint Jean de Luz – Ciboure

CARNET BASQUE 2021 

Le port de Saint Jean de Luz

Enfin le soleil brille et une belle journée s’annonce, une journée de plage !

Saint Jean de Luz est équipée de nombreux parkings mais la circulation automobile y est très compliquée. Pas évident pour les handicapés.

maison Louis XIV

La Maison Louis XIV:

Bâtie en 1645 par l’armateur Lohobiague, elle accueillit  le jeune roi  avant son mariage en juin 1660. Actuellement, elle est occupée par une brasserie et un magasin de très belles céramiques, des jarres vernissées très grand format avec de belles couleurs éclatantes. Le musée Place Louis XIV est  fermé. L’épisode du mariage royal avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse est attaché à Saint Jean de Luz. Mais les façades ne sont pas bavardes. Celle de la Maison de l’Infante, beau palais rose sur les quais, en racontera encore moins.

La maison de l’Infante (palais rose) et le port

Entre les deux la Place Louis XIV est très séduisante bordée de bâtiments élégants, Mairie et maisons basques. Un kiosque meuble la place. Les platanes fraîchement élagués se détachent sur le ciel bleu.

La rue Gambetta est bordée de magasins chics, produits basques alimentaires et tissage, cuirs cloutés. Promenade lèche-vitrines. Je reviens en passant par les Halles où on vend des produits de luxe. et du poisson local.

Feu amont et port

Sur le  port, les filets entassés ont de belles couleurs, du pourpre au violet et bleu vif peu communs. Les bateaux de pêche sont verts blancs rouge – couleurs basques. Ciboure – en face est photogénique à l’arrière des mâts. Deux tours m’intriguent,  blanches l’une est soulignée de vert, l’autre de rouge ;  ces Feux de Saint Jean de Luz (1937) sont l’œuvre d’un architecte : André Pavlovsky qui a construit d’autres bâtiments dans la ville.

la plage et le front de mer

Promenade sur la digue au-dessus de la plage qui protège les belles maisons du front de mer des coups de mer, des inondations et des dégâts des tempêtes. Elles sont construites en contrebas  reliées par des passerelles qui enjambent la rue.  Je passe devant la Pergola de Mallet Stevens, hôtel-casino. Malgré la notoriété de l’architecte, je ne suis pas séduite par son style moderniste et maritime. Le bâtiment a mal vieilli.

les belles maisons devant la digue

Un panneau raconte l’histoire des Kaskerots, les descendants des cagots. Hier, j’avais découvert ces réprouvés qui devaient assister à la messe sous l’auvent sans entrer dans l’église Saint Joseph de Guéthary ou qui avaient un bénitier à part à l’extérieur à Arbonne.

Ces cagots « fils des goths », établis dans la région autour de l’an mil, arabes errants. Exclus au Moyen Âge, ils étaient accusés de transmettre la lèpre et étaient repoussés à l’extérieur des villages, interdits de boire l’eau des fontaines ou de s’approcher des aliments. En 1320, le roi Philippe le Long les accusa d’empoisonner les puits et ordonna qu’on les massacre.

Le bois n’étant pas réputé transmettre les maladies ils devinrent bûcherons, tonneliers ou charpentiers de marine. Les femmes cartomanciennes, guérisseuses furent accusées de sorcellerie.

En 1684, Louis XIV leva les interdits les concernant contre paiement de l’impôt dont ils étaient dispensés auparavant.

Leur communauté s’installa dans les maisons dévastées par les inondations. Les hommes souvent partis à la guerre ou à la pêche. Les femmes se consacrèrent aux travaux les plus durs. Elles se chargeaient de vendre les sardines pieds nus. Les sardines étaient déchargées sur la plage les pêcheurs de morue interdisant le port aux sardiniers.

Un autre panneau explique les ouvrages de protection de la plage et du port : digues devant les maisons et digue à l’avant du port.

La promenade sur la digue me conduit jusqu’à la pointe Sainte Barbe très verte, jardin public avec des bancs sur l’herbe rase. Un cheminement monte en haut des falaises.

Nous déjeunons de crevettes et d’avocats en face du club nautique. Les évolutions des surfeurs nous amusent : les jeunes sont regroupés par 5 ou 6 planches, allongés ou à genoux ils avancent très vite en moulinant et battant des bras et des jambes en formation groupée ou organisant des courses.

Des femmes en combinaison font du longe-côte, d’autres en maillots se baignent comme si nous étions en été. Il ne fait que 15° mais elles bavardent dans l’eau tranquillement.

Il fait si beau qu’il y a foule, tout le monde est masqué sur la digue, démasqué sur le sable. Tous les bancs sont occupés. Le soleil tape et je regrette de ne pas m’être tartinée de crème.

Ciboure vue de Saint Jean de Luz

Nous reprenons la voiture pour aller à Ciboure. Passons sans nous arrêter devant la maison où est né Ravel. Puis continuons jusqu’à la plage de Socoa. Le fort de Socoa fut construit au 17ème siècle pour protéger la baie de Saint Jean de Luz et le petit port de Socoa. Une longue digue s’avance en mer terminée par un édifice peint en blanc et vert. Une autre digue est une île artificielle. Au bord du petit port les terrasses des restaurants sont désertes mais paraissent bien sympathiques.

le fort de Socoa

Guéthary – Bidart – Arbonne – Arcangues – Espelette

CARNET BASQUE 2021

Le port minuscule de Guéthary

Le port de Guéthary est vraiment minuscule.  Après la voie ferrée, la route est  si étroite et si raide que la circulation est alternée. Quelques barques sur une chaussée pavée, un hôtel Art Déco et un autre plus petit. C’est tout !

Guéthary Hôtel Guétharia Art Déco

Nous garons la voiture sur un parking pour les surfeurs et trouvons la promenade piétonne. Nous avons de la chance : il fait soleil. La mer est verte, opalescente, agitée de belles vagues sur lesquelles glissent les surfeurs.

Guéthary : de belles vagues pour les surfeurs

Les rochers feuilletés sont pittoresques. Un panneau explique que le flysch sédimenté dans une fosse très profonde il y a 80 Millions d’années, a été pris en compression des plaques européenne et ibérique il y a 40 Millions d’années lors de la formation des Alpes et la surrection des Pyrénées. Les plaques de calcaire clair contiennent des couches de silex en sandwich. La surface des plaques présente des ripple-marks, plages ou haut fonds fossiles. Les algues rendent l’accès à la plage très glissant.

Sur le sentier côtier de Guéthary à Bidart : la plage de Bidart

De nombreux randonneurs empruntent le sentier littoral vers Saint Jean de Luz. Ils sont bien équipés avec de bonnes chaussures et des bâtons. Comme je suis en tennis, je ne les suis pas et me dirige sur le sentier dans l’autre direction vers Bidart. Je traverse la haute rampe pavée où l’on monte les barques à l’aide de filins métalliques. Cette rampe était autrefois utilisée pour découper les baleines franches noires pêchées dans le Golfe de Gascogne. Je longe les hôtels  puis la plage.

Guéthary chapelle saint Joseph

Le sentier grimpe ensuite sur la falaise, entre de belles maisons labourdines, je découvre la petite chapelle Saint Joseph avec son porche une grille de bois permettait aux cagots d’assister à la messe sans entrer. Le sentier quitte alors le bord de l’eau pour rejoindre Bidard entre de belles villas et une petite résidence d’immeubles bas décorés en style basque. Il domine la grande plage de l’Uhabia .

Après la promenade le long de la plage, nous montons sur la petite terrasse face à l’hôtel Guétaria  qui a de hautes verrières remarquables puis nous nous promenons en voiture dans les rues de Guéthary avant de retrouver la grande route pour rejoindre Bidart.

Le centre de Bidart est très pittoresque avec le fronton où deux jeunes hommes s’exercent en frappant vraiment très fort, la Mairie, les cafés (fermés) autour d’une grande place. A l’église il y a des funérailles, je ne m’approche pas.

Nous déjeunons sur la grande plage. En plus des surfeurs,  certain sont debout sur des paddles  paddles malgré les grosses vagues.

Pour rentrer,petit circuit par des villages de l’intérieur proposé par le Guide Vert.

Arbonne

Arbonne

L’église Saint Laurent (12ème siècle) est grande pour un petit village d’autant plus qu’il y a deux étages de galeries. Comme nombreuses églises basques, le plafond de bois est peint en bleu en ciel étoilé et le chœur est très richement décoré et doré. Ici aussi il y a un dispositif pour les cagots : un petit bénitier extérieur.

Benoiterie

Benoîterie : petite maison de la benoîte (la dernière 1908) qui était la femme qui s’occupait de l’entretien de l’église. Elle est mignonne, beaucoup plus petite que les grandes maisons de la place.

Arcangues

Le château  d’Arcangues se visite ( fermé avec la Covid) caché dans son parc, on ne l’apercevra même pas. Il y a aussi un golf et les résidences touristiques qui vont avec. Le village est touristique (peut-être un peu trop) la place est ravissante avec sa grande église (plafond étoilé, chœur doré, galeries) comme nombreuses églises basques. Sur la place, le grand fronton (comme sur les autres places). Il y a une grande auberge avec de grandes tables de pierre à l’extérieur, de la glycine grimpe sur la façade elle est prête à fleurir. Certains pans de bois sont bleus et non pas rouge comme dans les autres villages. C’est joli, léché, trop joli peut être. Les grands parkings à l’extérieurs sont prévus pour de nombreux touristes.

Espelette

Espelette : piment sur cordes

Espelette est le village du piment. Aussi très très touristique, très joli mais c’est un peu artificiel. De nombreuses boutiques proposent des produits gastronomiques les plus appétissants les uns que les autres : piments et épices, conserves de plats au piment d’Espelette mais pas seulement. Fromages. Chocolats. Charcuterie…Sans oublier les espadrilles et les tissages à rayures coloré. Les façades sont toutes ornées de piments « en corde ».

Les villages de la vallée du Laurhibar

CARNET BASQUE 2021

Les villages de la vallée du Laurhibar

(Circuits indiqués dans le Guide Vert et dans le Guide Gallimard)

Place de Saint Jean le Vieux, mairie, croix, fronton

Nous avons raté la première étape : la Madeleine, une chapelle sur la route de Saint Jean-le Vieux .  Les  petites routes  montent, descendent et passent par de petits villages. Nous découvrons une grosse ferme, avec un  pigeonnier perchée sur une colline, un vieux pont de pierre.

Revenons sur la D18 que nous suivrons par la suite.

Saint Jean le vieux bizarrespolyèdres à l’entrée de cette maison

Saint Jean-le-Vieux est un beau village de maisons basques blanches. La place du village est très agréable délimitée par le fronton de pelote basque, vu de derrière il est en grès rose, en face l’église au clocher pyramidal pointu recouvert d’ardoises, un auvent de tuile abrite le porche. Sur les côtés des maisons de ville massives et carrées sont blanches aux fenêtres rouges. Une maison bourgeoise précédée d’une grille encadrée par deux pierres grises sculptées en polyèdres ornés de rosaces. Sur la place il y a un sarcophage antique, peut être trouvé dans le site romain. Une jolie croix grise est « une croix de carrefour » petite croix de marbre gris sculptée d’un côté d’un crucifix de l’autre de la Vierge. En face de l’église, dans un petit musée sont conservées les antiquités trouvées sur un site romain dans les environs. Evidemment fermé. Les guides racontent qu’on y a trouvé des thermes bien conservés.

Nous continuons la D18 et tournons à droite pour visiter l’église dAincille – par chance ouverte – qui possède un chœur doré baroque et une jolie Vierge de bois sculpté. Le luxe du chœur est étonnant dans un si petit village qui paraît désert sous la pluie.

chapelle de Bascassan

Plus loin, après Mendive nous cherchons la petite église Saint André  de Bascassan perdue dans la campagne, de taille modeste, précédée par une maison carrée qui la cache presque, elle est très modeste mais on signale de beaux panneaux peints. Nous sommes accueillies par des aboiements et un petit cheval, ou plutôt un poney.  Malheureusement, avec la restauration des fresques, on a aussi mis une serrure toute neuve interdisant l’entrée. Je me console en photographiant de belle croix basques qui ressemble assez peu à des croix et sont très décorées.

Selon le guide Gallimard, la petite église Saint Sauveur d’Alciette serait la jumelle de la précédente : aussi bien d’architecture que de décoration, sœurs aussi de serrures. Je n’ai pu voir les panneaux ornant la voûte et le chœur que sur les photos du guide Gallimard.

Nous terminons le parcours au village perché de Béhorleguy dont les maisons sont perchées sur la colline, et l’église (fermée) accompagnée de belles stèles funéraires.

La pluie et la brume nous dissuadent d’aller jusqu’à la forêt dIraty voisine et nous rentrons par le chemin le plus court (après tous les détours pour trouver les églises).

Street Art à Vitry-sur-Seine

TOURISTE DANS LE RAYON DES 10 km

Robotique : en face de la gare de Vitry Panxo

Les contraintes du confinement sont stimulantes : dans le rayon de 10 km je trouve des itinéraires que je n’aurais sans doute pas explorés. Dans les années 80, j’ai travaillé à Vitry, il m’arrive également d’y faire des courses ou d’aller au MACVAL pour des expositions. J’avais envie de voir le nouveau tramway inauguré il y a quelques jours. Mais y faire une visite touristique! Et pas une seule mais deux! 

Vitry-sur-Seine 

Vitry est un centre pour l’Art contemporain avec Le MacVal et s’orne d’ une sculpture monumentale de Dubuffet symbolisant la volonté de la Ville à être pionnière dans l’Art contemporain. On dit parfois que Vitry est la capitale du Street-Art ceci résulte de la résidence de C215(Christian Guémy) – pochoiriste – et de la bienveillance de la municipalité de Vitry qui n’efface pas les fresques et au contraire les valorise. C215n’est pas le seul grapheur, il a invité de nombreux artistes de provenances diverses si bien que les œuvres sont  variées. Vitry est un centre pour l’Art contemporain avec Le MacVal et possède une sculpture monumentale de Dubuffet symbolisant la volonté de la Ville à être pionnière dans l’Art contemporain. 

Le département du Val-de-Marne, Visorando, Trompe-l’oeil et d’autres proposent des cartes et des itinéraires. J’ai donc imprimé le circuit de Visorando  : « les murs peints de Vitry-sur-Seine«  8.24 km, 2h25 de la Gare de Vitry (RER C) à la Gare des Ardoines . Le topo-guide est très bien fait, il suffit de le suivre pas à pas pour découvrir les œuvres les plus marquantes que le rédacteur a sélectionnées. Bien sûr, il y a d’autres graphs non répertoriés, certains ont été endommagés par des tagueurs sauvages mais c’est la règle du jeu…

Marie Curie

La promenade de Visorando ressemble à un jeu de piste, il s’agit de trouver les fresques qui sont parfois monumentales, parfois minuscules, parfois très discrètes, tantôt figuratives, tantôt des motifs géométriques. Les grands guerriers debout occupent toute une face d’une tour d’une vingtaine d’étages. Boîtes à lettres et compteurs électriques servent de support

Boîte à lettres

Certains portraits sont ceux d’anonymes, d’autres non mais je ne reconnais que Marie Curie.

Qui est ce séduisant jeune homme?
Et ce vieil homme là?

Enfants, animaux surgissent à l’improviste. Un chat est spectaculaire. Le panda (renard) semble faire les poubelles

panda ou renard furetant dans les poubelles

De belles femmes occupent des places de choix comme la femme aux papillons constellée de taches de lumière.

Femme aux papillons

des geishas s’entourent d’oiseaux, les oiseaux se posent sur les têtes, parfois gracieux, parfois inquiétants

libérant la cage aux oiseaux

 

La balade nous conduit dans les rues tranquilles bordées de pavillons nichés dans des jardins fleuris, soignés ou sauvages.

la jungle

Tantôt nous arpentons des rues commerçantes comme la Rue Vaillant-Couturier. Commerces exotiques de « traiteur chinoise » voisinant avec le « Hammam Dina »ou les grills turcs, restaurants libanais me font saliver : peine perdue, avec le confinement les restaurants sont fermés et avec le Ramadan la vente à emporter n’est pas encore à vendre. En revanche les étals de gâteaux au miel ont colonisé les trottoirs du centre avec les dattes. En traversant la Seine j’arrive très très loin ! Deux boutiques « non essentielles » ont prêté leurs vitrines à des artistes : l’un d’eux est sculpteur sur pommes de terre, son voisin a choisi de faire des têtes miniatures dans des noyaux d’olive(CLIC). Dépaysement encore!

Entre pavillons dans les rues tranquilles et la monumentale avenue Gagarine avec la Mairie moderne, le théâtre et les grandes tours, Vitry offre un visage changeant à chaque coin de rue et toujours des graphs! Et j’ai oublié l’église du XIIème siècle au coin de l’immense place du Marché, oublié aussi le délicieux jardin derrière l’Explora-drôme, et les slogans féministes collées, lettre après lettre dans les rues…Il y aurait encore tant à dire et à montrer. Je reviendrai!

Saint Jean Pied-de-Port : le chemin de Compostelle

CARNET BASQUE 2021

Saint Jean Pied-de-Port

Sous un ciel bien gris, nous prenons la route de la montagne embrumée. elle  longe la Nive qui serpente tantôt dans une campagne de prairies très vertes constellées de brebis, tantôt dans une vallée étroite et sauvage boisée ou circule aussi le petit train sur une voie ferrée qui saute la rivière sur des ponts métalliques pour s’enfoncer dans des tunnels. Partout les fermes vendent  des fromages de brebis.

Lundi est jour de marché à Saint-Jean-Pied-de-Port. Sous la  halle moderne, les producteurs locaux proposent charcuterie, fromages et vins du pays.  Il y a aussi des parapluies bien utiles aujourd’hui,  aussi des pots de confiture de cerises,  du piment d’Espelette et des produits dérivés. A l’extérieur, des marchands plus classiques sont installés, fruits et légumes, boucherie, crémerie….et des fringues . Pour le pique-nique de midi, jambon serrano, chorizo, fromage d’Ossau-Iraty  et un gâteau basque fourré à la crème pâtissière.

A côté du marché, je trouve les remparts, pour visiter la ville close selon le circuit du Guide Vert, il suffit de trouver une porte.

Saint Jean Pied de Port : Rue d’Espagne

De la Porte d’Espagne, la Rue d’Espagne descend bordée de jolies boutiques, je m’arrête chez le potier qui propose toutes sortes d’articles en grés vernissé : pots, mugs, mazagrans utilitaires mais ce qui m’intéresse le plus ce sont des petites statues : figurines de pèlerin ou pèlerines de Saint Jacques de Compostelle, j’achète une tortue et un hérisson. Les maisons sont en grès rose, les linteaux sont gravés en belles lettres de style basque avec la date de construction, 1730, 1736…la rue passe sous une arche sous le clocher de l’église qui se dresse juste après le pont sur la Nive.

Saint Jean Pied de Port Notre Dame-au bout du pont

L’église Notre-Dame-du-bout-du-Pont est ouverte.  Fondée en 1212 par Sanche le Fort, elle a été restaurée au 14ème siècle de style gothique, en grès. A l’intérieur je découvre deux étages de galeries, un chœur baroque.

Pèlerin de saint Jacques

La Rue de la Citadelle me parle du pèlerinage de Saint Jacques, gites d’étapes.  La boutique de matériel de randonnée semble très bien fournie, sacs à dos, chaussures, bâtons, vêtements chauds…tout semble de très bonne facture (je suis bien tentée par l’achat de chaussures) .

Après être passée devant la Prison de l’Evêque, j’arrive à la Porte Saint Jacques au pied de la Citadelle d’où il y a une très belle vue. De la Citadelle, on peut prendre le Chemin de Ronde jusqu’à la Porte de Navarre ou descendre sous-bois jusqu’à la rivière et emprunter un autre pont. Le sentier en sous-bois me paraît glissant, et je préfère les dalles sèches du chemin de ronde dominant des jardins fleuris et de belles maisons.

Cambo-les-bains -Notre gîte à Halsou Villa Sabaloa

CARNET BASQUE 2021

Les thermes de Cambo vus du Parc

Notre cure thermale à Cambo-les-Bains devait commencer  le 16 mars 2020, le jour du 1er confinement. L’établissement thermal et le propriétaire de notre gîte nous proposent de remettre la cure à  mars 2021. Cette année encore, la Cure est fermée. Nous allons visiter Cambo distante de 4 km.

A l’entrée de la ville, l’ Arnaga, la belle propriété d’Edmond Rostand est fermée pour cause de Covid. Comme tous les musées!  J’espérais que le Parc que l’on le devine derrière un mur le long de la route,  serait accessible.

L’église de Cambo sur la terrrasse

L’église Saint Laurent (17ème siècle) est construite sur une terrasse dominant la Nive. Elle est entourée de son cimetière avec des stèles basques – différentes des croix qu’on a l’habitude de trouver – certaines stèles sont rondes, d’autres sont ornées de curieuses protubérances, toutes sont décorées de motifs géométriques, de symboles solaires, de cercles concentriques. L’église est ouverte. Aujourd’hui, dimanche,  c’est la messe, je passe juste la tête pour voir la galerie de bois sculpté, le chœur peint et doré. Par un escalier extérieur en pierre on peut accéder à la galerie.

Hôtels et Restaurants sur la Terrasse

De la terrasse à plus de 50 m au-dessus de la rivière, on a une jolie vue. La rue de la terrasse est bordée de restaurants, d’hôtels, de boutiques de bon goût. Tout est fermé, Covid encore. Les restaurants ont planté des ardoises pour les commandes à emporter. Au menu, il y a même une tranche de foie gras et des asperges blanches nouvelles.

Cambo : maisons dans les jardins fleuris

Dans les jardins entourant les maisons à l’arrière, des magnolias roses, un arbre de Judée, des pêchers en fleurs apportent de la couleur et de la  gaité malgré le ciel bien gris.

Le Pavillon Bleu, restaurant des Thermes

Les thermes de Cambo se trouvent à l’extrémité de la ville, dans un creux. Le parking est tellement soigné et planté que nous ne comprenons  pas tout de suite que c’est un parking. Des haies fleuries, des arceaux de topiaires délimitent des parcelles. Un hôtel de très grande capacité s’adosse à la colline, ses balcons de bois peints en verts sont protégés par des petits toits à deux pans. Les Thermes sont logés dans un grand bâtiment clair Art Déco. Le restaurant, le Pavillon bleu, de style asiatique émerge de bosquets fleuris de camélias sous des palmiers. De l’autre côté des Thermes  un parc merveilleux sous une véritable palmeraie. Protégés par des voiles d’hivernage, les palmiers sont fantomatiques. Je me promène avec grand plaisir entre les camélias, les azalées et les rhododendrons déjà fleuris, avec les forsythias, les cerisiers …. Le soleil est sorti. Je profite du parc pour moi seule !

Thermes de Cambo : la Palmeraie

De l’autre côté de la Nive, le quartier du Bas Cambo servait d’étape fluviatile dès le Moyen Âge entre l’Espagne et la Navarre. Nous ne trouvons pas la maison médiévale citée par le plan de l’Office de Tourisme. En cherchant Une petite route  franchit sur des ponts surbaissés un ruisseau qui serpente dans une végétation luxuriante.

Halsou : Villa Sabaloa, notre gîte

halsou : la vue de la terrasse de la Villa Sabaloa

Nous déjeunons sur notre terrasse d’où la vue est très étendue sur les sommets pointus. Nous reconnaissons Cambo et son clocher, sur sa terrasse au-dessus de la rivière cachée par un rideau d’arbres. Le petit train qui ressemble à un mini-TGV, ou à un tramway aérodynamique passe sur la voie ferrée.

Je pars à l’exploration de notre village, Halsou. Tout d’abord, je continue le chemin bordé de grosses maisons basques. L’église blanche est précédée d’un fronton pointu aux pans incurvés et soulignés de trois boules de pierre au-dessus d’un porche roman à arche de pierre,  un autre fronton plus haut est décalé avec une ouverture ronde pour la cloche. Le chœur est baroque, très doré sur un fond bleu. Les deux galeries superposées sont en bois ciré.

Halsou : l’église

Un peu plus haut,  village est construit de grosses maisons basques blanches aux volets rouges et à pans de bois. La Mairie a des volets verts, en face se trouve le fronton. Hier, cinq filles jouaient à la pelote avec des raquettes de bois ressemblant à celles de jokari. Le GR passe par là, je suis les marques rouge et blanches le long de la petite route de Jatsou. Deux petits ruisseaux coulent de chaque côté de la route. Un petit panneau jaune indique Halsou 20 mn la petite promenade balisée de jaune coupe dans la forêt, passe un gué et s’élève dans une pente raide où les fougères et les roches donnent un goût d’aventure. Après une jolie grimpette j’arrive sur une petite route, le GPS me guide jusqu’à la Villa Sabaloa.

La terrasse du gîte

La villa Sabaloa est parfaite, tout le confort moderne. Sur deux niveaux, on entre à l’étage de la chambre, literie parfaite, rangements, calme la nuit. On descend 8 marches pour arriver dans la pièce à vivre avec cuisine américaine. Une porte-fenêtre s’ouvre sur la terrasse avec une vue merveilleuse sur les montagnes et Cambo. Un vol d’oiseaux blancs des aigrettes passe au dessus de la vallée. La Nive est cachée par un rideau d’arbres taillés têtards. 

Ramuntcho – Pierre Loti

CARNET BASQUE

Et ils ont traversé plusieurs villages aussi, – villages basques, groupés tous autour de ces deux choses qui en sont le cœur et qui en symbolisent la vie : l’église et le jeu de paume. Çà et là, ils ont frappé à des portes de maisons isolées, maisons hautes et grandes, soigneusement blanchies à la chaux, avec des auvents verts, et des balcons de bois où sèchent au dernier soleil
des chapelets de piments rouges….

Arrue

J’aurais dû lire Ramuntcho avant notre départ pour Cambo-les-Bains ou encore mieux sur place. Pierre Loti nous a souvent servi de guide : à Istanbul, Philae, au Maroc…et plus récemment en Islande. Nous aurions visité le pays Basque avec un autre regard, aurions imaginé Ramuntcho, Gracieuse et ses amis à l’église, sur la place jouant à la pelote. Nous aurions imaginé les contrebandiers traversant en silence de nuit la Bidassoa. Surtout nous aurions  visité son village Etchézar- Sare en réalité et la Rhune qu’il appelle Gizune.

Lire Ramuntcho au retour a été un plaisir de retrouver ce que nous avons découvert. Dans la première partie Loti décrit le pays basque sous un aspect idyllique : belles maisons basques pittoresques, presque trop à mon goût.

Contrebandier et joueur de pelote, deux choses d’ailleurs qui vont bien ensemble et qui sont basqueses sentiellement.

Ramuntcho, contrebandier et pelotari, est un tout jeune homme de 16 ans, amoureux et aimé de retour, tout lui sourit.   Je soupçonne  que le décor est trop beau pour être vrai, idéalisé, peut-être factice, tout au moins folklorique avec les poncifs qu’on réserve aux touristes. Une année enchantée passe où les adolescents se découvrent, se rencontrent, se fiancent…Occasion pour l’auteur de décrire les fleurs qui se succèdent, les douces chaleurs du printemps, les pluies nourricières. La vie du village, les fêtes, les tournois de pelote sont autant d’occasions joyeuses. 

Les aventures des contrebandiers dans la nature ou sur la Bidassoa sont haletantes

Partis à pied, avec des précautions infinies de silence, par des ravins, par des bois, par de dangereux gués de
rivière, ils s’en revenaient comme des gens n’ayant jamais rien eu à cacher à personne, en traversant la Bidassoa,
au matin pur, dans une barque de Fontarabie louée sous la barbe des douaniers d’Espagne. Tout l’amas de
montagnes et de nuages,

Fontarrabie de l’autre côté de la Bidassoa et les rameurs

Deux fois par jour le flot marin revient emplir ce lit plat ; alors, entre la France et l’Espagne, on dirait un lac, une
charmante petite mer où courent de minuscules vagues bleues, et les barques flottent, les barques vont vite ; les
bateliers chantent leurs airs des vieux temps, qu’accompagnent le grincement et les heurts des avirons cadencés.

Ramuntcho part soldat pour trois ans, son retour sera tragique. La nature est toujours aussi belle mais moins riante. Le roman gagne en profondeur.

PS : en cherchant des illustrations pour le texte j’ai découvert le peintre Ramiro Arrue.

Escale à Royan – Ferry – traversée des Landes

18CARNET BASQUE 2021

5 mars : Royan

Pique-nique  sous un soleil radieux au port de Royan devant la capitainerie de la marina.  Vérifions les horaires du  bac que nous prendrons demain.

les carrelets de la falaise de Vallières (Saint Georges de Didonne)

Tout est fermé. Je longe la grande plage découverte à marée basse. Le sable est jonché de coquilles d’huitres tout en longueur par endroit. Après trois quarts d’heures de promenade j’arrive aux falaises de Vallières à Saint Georges de Didonne :  trois carrelets entre les piliers de pierre. Des rochers bas arrondis sont couverts d’algues. Les falaises sont pleines de fossiles, qu’ai-je donc fait de mon marteau de géologue ?

Le front de mer entre Saint Georges et Royan est bordé de très belles villas à tourelles pointue, façades chargées de stucs ou alternent briques et pierres. Mais impression d’hétérogénéité car des immeubles disgracieux alternent avec les villas. Il y a même une sorte de tour de plus de dix étages.

Plus loin autour de la grande église de béton, le front de mer est formé de barres horizontales arrondies homogène, ensemble harmonieux.

Notre hôtel est très calme, jolie maison blanche cubique construite dans les années 50, derrière une cour gravillonnée qui sert de parking.

Samedi 6 mars : de Royan à Halsou

Le bac pour le Verdon est à 10h15. Nous arrivons une heure trop tôt, sous un soleil radieux et un vent frisquet. Un ascenseur permet aux handicapés de se rendre sur le pontet de profiter d’une croisière sur la Gironde. L’eau a une teinte café au lait. Des vaguelettes agitent la surface. Le phare de Cordouan est visible de loin sur l’horizon. Un peu moins d’une demi-heure. Un prologue agréable à la deuxième partie du voyage.

Phare du Verdon à la Pointe de Graves

Arrêt au pied du phare du Verdon (musée fermé pour cause de Covid).

Le trajet : D. 1215 de Bordeaux, route des Lacs (D101)à travers la forêt des Landes, autoroute A63.

Nous traversons d’abord des zones humides très plates, prairies avec des vaches, fossés remplis d’eau, roseaux. A Soulac, nous entrons dans la forêt de pins. De temps en temps on observe des mimosas en fleurs magnifiques, non pas des arbustes mais de grands arbres.

Courses  à Hourtin sur une très grande place, immense pour un village. Au centre, une église de pierre gothique mais plutôt laide. De part et d’autre de beaux bâtiments de brique et pierre chargés de stucs. La mairie est très belle, surtout vue par derrière. Les commerces sont alignés autour de la place.

Nous continuons la Route des Lacs par Carcans et Lacanau par  des pinèdes avec des ajoncs jaunes entre les rangées de pins. Certaines parcelles ont été labourées, les souches sont entassées. D’autres sont plantées de très jeunes plants alignés. On pense plus à des champs de maïs qu’à une forêt. Le long de la route on observe des feuillus (défeuillés en cette saison), d’autres sont dispersés dans les « champs de pins ». Les maisons sont toutes basses dans des enclos très vastes. Ce n’est pas l’espace qui manque ! Mimosas, cognassiers du Japon, prunus roses et magnolias rose très soutenu, presque pourpres égaient les villages.

A l’entrée de Lacanau, nous quittons la route des Lacs pour rejoindre l’autoroute A63 que nous trouvons après Marcheprime.

Sur l’A63, file de camions, souvent espagnols ou portugais.  Ils circulent en caravanes, un véritable train continu occupant la file de droite et même sur celle du milieu. Les nuages sont arrivés. Le trajet est beaucoup moins agréable. Voyager sur autoroute me fait penser au voyage en avion, pratique pour aller d’un point A à un point B, entre les deux il faut deviner le paysage plutôt que de l’admirer.

A Bayonne on traverse deux rivières, lAdour très large, aux eaux grises et la Nive plus tranquille. Une grande route nous conduit à Cambo et Halsou où se trouve notre gîte.