Islomania – d’Amorgos à Naxos, le jeu des différences

CARNET DES CYCLADES

Mikri Vigla au lever du jour

Lever du soleil derrière la colline à 6h30. L’eau tranquille, encore noire, s’est éclaircie de reflets dorés. De petites bandes nuageuses décorent le ciel.

Dix jours pour explorer Naxos. « Islomania », ce vocable vient de Durrell (Prospero’s cell), il correspond à notre état d’esprit. Chaque île est un terrain d’aventure qu’on peut imaginer conquérir, la saisir en entier. Chaque île grecque possède son identité propre. Amorgos, la rocheuse, la sèche, la sauvage, ne ressemble pas aux îles que nous avons visitées auparavant. Naxos semblait s’approcher d’Aegiali au coucher du soleil, si proche, est un monde différent. Le port est beaucoup plus actif, deux ferries sont arrivés en même temps. La foule devait être contenue par une grille à la gare maritime. Puis nous avons découvert une croisette chic, une vieille ville tandis que les villages d’Amorgos ne méritaient pas le nom de ville. Innombrables stations-services…Naxos semble avoir une urbanisation dispersée bien différente des villages perchés avec les petites maisons blotties les unes contre les autres ? Sur le littoral, partout des constructions diffuses, certaines regroupées en résidences hôtelières fermées, d’autres individuelles. La bétonisation n’est pas encore gênante mais le tourisme sauvage s’installe. On construit partout pour les touristes sans se soucier de viabilisation, des pistes de terre relient les groupes de maisons sans plan logique. Pas d’adresse définie, une armoire postale au coin de la rue, qui reçoit du courrier ? Les touristes ne reçoivent pas de lettres à l’heure d’Internet. Ici ou là, une grosse poubelle (mais pas de tri sélectif dans notre quartier). Je crains le pire pour l’assainissement et respecte scrupuleusement la consigne de mettre le PQ à la poubelle et non pas dans la cuvette.

En revanche, l’hospitalité traditionnelle grecque est toujours de mise. Le « globish » n’est pas encore la langue courante. On parle Grec aux touristes. Je retrouve les mots enfouis dans la mémoire. « Ya sas ! »  en place de « Hi ! ou Hello ! » c’est quand même plus sympathique. La vieille dame ne parle que Grec. Elle nous a apporté des olives « fraîches » quand elle a appris que je ne voulais pas de celles emballées dans du plastique au supermarché, elle a aussi ajouté des petites courgettes. C’est la Grèce que nous avons connue autrefois.

Qui peut déterminer ce buisson rose : fleurs ressemblant au liseron

Ile verdoyante : la campagne est fleurie. Fleurs modestes, moutarde sauvage jaunes liserons roses au bord des chemins et un buisson rose dont je n’ai toujours pas trouvé le nom.

Il nous faudra nous adapter, trouver la logique d’une géographie plus compliquée (à Amorgos il n’y avait qu’une seule route), changer nos habitudes. Ces adaptations sont le jeu des îles.

Installation à Naxos

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Naxos : la Portara

Sur le pont du Blue Paros, nous trouvons une table et des chaises à l’arrière du bar et regardons Amorgos s’éloigner : longue bande aux cimes pointues et ses falaises impressionnantes au Nord Est, tandis que la ligne s’abaisse tout doucement vers le sud.

Escale à Donoussa : port minuscule, une douzaine de barques de pêche, 4 tavernes.

Naxos s’approche avec un relief complexe. Des sortes de pyramides sont à l’avant d’un niveau plus tendre cultivé de terrasses. Une fine ligne rose souligne le creux d’un vallon : lauriers rose ? Le bateau contourne l’île ronde avec toujours ces triangles de roche aride penchées vers la mer et des habitations perchées. Enfin quelques habitations regroupées, des éoliennes et dans le creux suivant les cubes blancs de la ville de Naxos.

J’ai réservé la voiture pour 11h30, il faut donc patienter un peu. Je fais un tour au portique sur l’Ile Palatia, La Portara,  le monument emblématique de l’île que l’on voit du bateau et que j’avais remarqué sur le ferry de Paros à Santorin. C’est le portique du Temple d’Apollon, construit sur un îlot relié aujourd’hui à Naxos par une digue qui passe entre deux plages où se baignent des femmes grecques d’un certain âge.

Construit en 530 av. JC par Lygdamis, le Tyran de Naxos, le temple ne fut jamais achevé. Il ressemble à son jumeau de Milet. La Portara regarde en direction de Délos et semble être consacré à Apollon délien. On dit aussi que Dionysos était vénéré et que Naxos était le lieu de naissance de ce dieu. 3 colonnes accompagnent la Portara, cadre de marbre massif géant par lequel la ville de Naxos apparaît. Belle introduction !

Araine Endormie

J’avais très envie de découvrir Naxos, entrevue de Paros pour Ariane à Naxos (Haydn et Strauss) et pour le Duc de Naxos le narrateur de La Senora  de Catherine Clément, livre que j’ai lu deux fois et beaucoup aimé. Sans parler des sculptures d’Ariane endormie.

Le Duc de Naxos, Joseph Nassi (Lisbonne 1524-1554) s’installe dans l’empire ottoman en 1554. Il soutient Selim II et amène la Sublime Porte à déclarer la guerre à Venise (1570-1571). La défaite vénitienne donne Chypre aux Ottomans . Joseph Nassi est fait Duc de Naxos et seigneur d’Andros.

Sur le voucher de Rental Car, aucune adresse de l’agence de location. Au débarcadère, il y a plusieurs officines, mais aucune au nom de Caldeira. J’entre dans la première qui m’annonce que Caldeira n’est pas à Naxos mais à Santorin. Comment est-ce possible ?Avec les locations sur Internet, une erreur est vite commise, je me suis déjà trompée sur les dates mais là, carrément d’île ? ja jeune fille me conseille d’aller voir son collègue de l’agence d’en face qui corrigera peut être cette bêtise. Il est occupé, une longue file de client attend. Troisième agence, une dame d’âge mûr me rassure. Caldeira travaille avec l’agence Fun, elle trace au Stabilo l’itinéraire pour rallier Fun en centre-ville, à pied ou en taxi. Comme nous sommes en avance ce sera à pied (Naxos n’est pas très étendue). Chez Fun, la dame est perplexe : sur le voucher figure un numéro de téléphone, mais ce n’est pas le sien mais celui des voisins.

Enfin ! la voiture est une PANDA blanche, mais il faudra la rendre à 10h le 15 juin. Le loueur nous prévient que Mikri Vigla où nous logeons se trouve dans une région où nombreuses routes ne sont pas asphaltées, il faudra prendre soin de la Panda.

Comment sortir de la ville ? Les panneaux ne sont d’aucune aide. Nous suivons la direction de l’aéroport et finalement, assez vite nous trouvons Mikri Vigla. Il y a eux supermarchés, le second s’appelle Kolona comme les sudios. La caissière nous fait un plan pour arriver chez sa tante qui tient le restaurant Panaghia Parthena. Les studios sont dans une grosse maison à un étage, en revanche la taverne est très grande. Curieusement, elle n’a pas de terrasse sur la mer mais une estrade enfermée sous plastique transparent garnie de grande plantes vertes, un peu comme un jardin d’hiver. On nous a préparé un grand et beau studio à l’étage avec une belle terrasse ; Nous lui préférons le rez-de-chaussée qui a deux terrasses, l’une sur le parking devant et l’autre sur la mer, il suffit d’enjamber le muret et j’arrive sur la plage. C’est un vrai appartement de deux pièces, la cuisine s’ouvre devant et la chambre sur la mer. Murs blancs, meubles en bois foncé, un meuble pour ranger les valises, un petit secrétaire avec une glace, deux tables de nuit avec lampe de chevet, une penderie, et luxe du luxe : un ventilateur à grandes pales fixé au plafond, trois vitesses et une télécommande. Autant je déteste les climatiseurs, qui nous obligent à fermer les fenêtres, sont bruyants et malsains, autant j’aime le léger ronflement des pales qui brassent l’air tiède.

Micri Vigla – Studio Kolona

De la terrasse, on voit une sorte de cyprès bleu à forme biscornue et des rochers de granite, entre les rochers une eau turquoise. Sur le côté, la baie arrondie enserre comme un lagon serti de sable blanc. Sur le sable un seul groupe de parasols jaunes, un seul, tout le reste de la baie est au naturel.

Deux mauvaises surprises au supermarché : d’abord les prix ne sont pas étiquetés, ensuite les marchandises sont celles destinées aux touristes : huile d’olive dans de jolies fioles, miels fantaisie, ouzo au prix du champagne(17.5€ au lieu de 7.5€ à Athènes), pas d’olives en seau ni de feta à la coupe. Galère pour le déjeuner : nous avions imaginer manger sur la plage comme à Aegiali. Ici, il n’y a pas de taverne sur le sable, la saison touristique n’a pas commencé. C’est tendance « jeune » Kite-surf et glisse, bars jeunes et branchés plutôt que tavernes « typiques ».

Dépitées, nous rentrons au studio pour tremper dans une salade d’aubergine en boîte plastique, des bouchées de koulouri, avec des cerises délicieuses pour se consoler.

la plage de Mikri Vigla

Ce déjeuner rapide expédié, j’essaie la baignade : eau somptueuse transparente très fraîche. Je tente une expédition au long cours le long de la plage : je dépasse les parasols jaunes et arrive au supermarché. Cette baignade est un délice/ Dans cette eau tranquille et claire, je me sens serine. Il me semble que je pourrais parcourir des kilomètres sans me fatiguer. Au loin, les ferries croisent entre Naxos et Paros, je perçois les vibrations. Une curieuse colline en forme de cône domine la baie comme les volcans que dessinent les enfants. Près de nous, un chaos granitique. Le gros sable blanc provient de l’arène granitique.  Les blocs arrondis sont parfois évidés. Un port minuscule est aménagé entre les rochers ? Un îlot porte une église blanche : c’est l’île Panagia Parthéna qui donne son nom à la taverne, je m’étais demandée ce que signifiait ce redoublement de virginité.  L’eau doit sa transparence à la granulométrie des grains très blancs, ils sont si gros et il y a si peu d’agitation qu’il n’y a aucun sable en suspension. Les minuscules touffes de posidonies (quelques mètres seulement) ne suffisent pas à attirer une faune abondante. Dans mes traversées je n’ai jamais vu un seul poisson. Si ce sable grossier est garant de la limpidité de l’eau, il est aussi assez spécial quand je veux marcher dessus, sec je m’enfonce, normal, mouillé c’est pareil. Il n’y aura pas de longues marches quotidiennes malgré la proximité de la plage, plus de nage donc !

au coucher du soleil

L’après midi s’écoule tranquillement entre baignade, installation, lecture des guides – à l’intérieur du studio à cause de la chaleur.

Nous dînons dehors d’une chakchouka improvisée avec tomates courgettes et croûtons à l’ail.

Amorgos – Tholaria – Lagkada – Aghios Pavlos

CARNET DES CYCLADES – AMORGOS

lagkada

Tholaria – Lagkada

Tholaria et Lagkada sont deux villages perchés dans la montagne, souvenir du temps des pirates.

Le sentier de randonnée N°4 relie les deux par des chemins muletiers en très bon état, empierré, suivant les courbes de niveau, randonnée facile d’une petite heure. Sur la crête au-dessus de Lagkada une série de moulins en ruine.

Pour les fleurs, malheureusement, c’est terminé. Les sauges de Jérusalem (les jaunes) sont fanées, les asphodèles ont séché, seuls quelques chardons subsistent. Les terrasses sont encore bien visibles, il y a encore des oliviers, des cyprès et des citernes cimentées mais vides.

le vallon perché d’Astrakos

En arrivant à un petit col, je découvre l’église blanche du tout petit vallon perché verdoyant d’Astratos. A l’arrière de l’église, une vigne, deux chevaux (peut être des mulets). Le chemin tourne, passe près d’une arche à Stroubos , traverse une région boisée. Je marche presque à l’ombre : figuiers (sans figues) , amandiers, caroubiers (petits) pistachiers lentisques, oliviers des fleurs d’acanthe et des fenouils. Amorgos me paraissait rocailleuse et inhospitalière est beaucoup plus verte que je ne le croyais, il suffit d’un peu d’eau et pas trop de pente et la végétation s’épanouit.

Le sentier franchit un petit ravin : les gorges d’Arakou, il descend très raide puis contourne un éperon rocheux au milieu du vallon : un village s’y était installé, des ruines s’étagent au flanc du rocher coiffé d’une belle maison blanche avec une cheminée comme une tourelle.

Lakgada : kafeneio vert

Un large chemin et des marchent montent à Lakgada. Le village blanc est pimpant, ses rues décorées à la chaux. Deux jolis cafés se font face : un turquoise est abrité par un auvent à claire-voie qui projette des rayures sur le mur blanc. En face, des tables vertes, chaises jaunes, Dominique m’attendais à l’ombre d’une glycine fournie et fleurie. Le patron – tignasse grise en queue de cheval entre berger et pirate – apporte un café grec très parfumé que je prends le temps de savourer.

le kafénéio turquoise

Le sentier N°4 descend à Aegiali tout droit à travers le village puis par un chenin dallé dans une oliveraie. Mais le parcours est fantasque : au lieu de suivre l’allée, les balises montrent un petit sentier dans les broussailles qui remontent dans la colline jusqu’au village haut d’Aegiali. Le port et son village ne se sont développés qu’après 1830 avec la disparition des pirates et l’indépendance de la Grèce. Un âne me barre la route, je le contourne rapidement (il peut toujours ruer).

13h à la taverne Remezzo au bord de la plage. Après mes deux aller-retours nous déjeunons de boulettes de viandes et d’aubergines cuites au four recouvertes d’une couche d’oignons, tomates concassées et parsemée de petits cubes de feta et de rondelles d’olives violettes et de câpres. Délicieux !

petit âne

La plage d’Aghios Pavlos

Il fait presque frais à l’ombre des tamaris qui bordent la plage d’Aegiali. La langue de galets de la plage d’Aghios Pavlos est en plein soleil. J’ai sorti le masque de plongée pour observer les fonds. Avec ses aglets blancs, loin de toute civilisation, l’eau est d’une transparence exceptionnelle. Malheureusement, il n’y a rien à voir quelques touffes de posidonies, ni oursins(tant mieux !) ni éponges ni coraux, seulement deux petits poissons. La Mer Egée est si transparente qu’elle en est presque vide ; Je renonce au snorkelling pour nager dans cette presque-piscine abritée par l’île de Chalara, pas de vagues, même pas de risée. Je m’émerveille devant ces couleurs si rafraîchissantes.

Détour par Potamos pour le panorama sur Ormos Aegiali et ses plages isolées.

17h retour au studio, il faut déjà penser au départ demain matin.

Amorgos : Chora et les villages du sud

CARNET DES CYCLADES – AMORGOS

Chora, la capitale d’amorgos ses moulins et sa forteresse vénitienne

8h : cloches aigrelettes. Départ matinal dans le vent frais sous quelques nuages. Faux départ ! L’aiguille de la jauge à essence est à nouveau dans le rouge. Pourvu que la station Elin soit ouverte de bon matin ! Sur Amorgos il n’y a que deux stations, l’une à Katapola, l’autre à Aegiali. Dans les deux ports, logique.

Nous empruntons la même route qu’hier et rencontrons les mêmes chèvres. Le berger n’est pas dans sa voiture mais juché sur un rocher. L’arrivée sur Chora est spectaculaire. Nous recommençons les photos des moulins dans la lumière du matin. Avec le vent, la vision sur les autres îles est très nette. Je n’avais pas deviné la présence d’une grande île . Aujourd’hui, la mer Egée est parsemée d’îles et d’îlots.

monastère Aghios Giorgios Valsamites
Monastère Aghios Giorgios Valsamites

La route sut la côte Est au-dessus d’une pente très escarpée, elle conduit au monastère d’Aghios Giorgios Valsamites caché dans une petite vallée. L’église et le monastère chaulés de blanc tranchent sur la montagne fauve. Un mur soigneusement maçonné encercle un territoire autour du monastère. Les terrasses sont entretenues. Des arbres y poussent et même des fleurs. Des buissons de lauriers roses fleurissent dans les creux. Le monastère possède des sources qui (d’après le Petit Futé) permettraient des pratiques d’Hydromancie – divination d’après l’eau – héritées de l’Antiquité. Un sanctuaire dédié à Asklepios aurait existé autrefois. Le guide Vert raconte que cette source aurait guéri des lépreux arrivés avec un bateau de pirates. Comme pour la Panaghia Chrissoviotissa, une icône de saint Georges serait à l’origine de la fondation du monastère. Malheureusement le dimanche matin le monastère n’est pas ouvert à la visite.

Makriani

Les ruines d’une installation préhistoriques sont signalées à Makriani : une flèche et un sentier y conduisent. Le sentier arrive au bord de la pente. Il y a de gros rochers comme un chaos. Peut-être les ruines ? Dans ce genre de site, il faut des explications, sinon on ne voit rien. Je rebrousse chemin sans avoir aucune certitude.

En revanche, ce qui change ici, ce sont les cultures. Au nord de l’île, à part les chèvres et de rares jardins autour des maisons il ne semble pas que l’agriculture soit développée. Quelques terrasses ont été exploitées autrefois, mais abandonnées il y a bien longtemps. Ici, autour du site de Makriani, des champs de blés ont déjà été moissonnés. Il reste des chaumes et des bottes de paille à l’ancienne.

plage de Mouras cachée

A l’entrée du village de Kamari, l’église est un curieux bâtiment formé de 3 ou 4 nefs hémicylindriques qui me rappellent les menzels de Tunisie. Juste derrière, le départ du sentier n°3. Une petite route descend à la plage de Mouras sur la côte orientale. La Fiat descend hardiment les épingles à cheveux, sera-t-elle capable de les remonter ? Un parking, un café, des marches. La plage est invisible de la route. On voit bien l’eau turquoise ou bleu nuit selon la profondeur. La plage n’apparait qu’au dernier moment derrière des rochers étranges. Très jolie plage de galets, sauvage, sans ombre. Une plage déserte vaut bien quelques efforts.

Vroutsi

le sentier n°3 à Vroutsi  vers les ruines

Le sentier n°3 est bien fléché, départ derrière la grande église. Kastri 25 minutes. Une large allée dallée descend quelques marches vers une église blanche à coupole bleue au sommet d’une butte. Eglise sans grand intérêt, moderne, elle ressemble à toutes les autres églises mais sa situation, les grands arbres qui l’accompagnent lui donnent du charme. Jusqu’à l’église, le chemin est très bon. Ensuite il faut refermer une barrière et descendre un raidillon caillouteux entre deux grands murs. De loin, se profile une grande butte creusée de trous. En s’approchant je vois que le rocher est construit, il reste des murs, des fondations et même des constructions circulaires. Ce sont les ruines d’Arkezini  (Kastri) « ancienne cité fondée au 4ème siècle avant JC habitée jusqu’à l’occupation vénitienne et sans doute détruite par un raid de pirates ».

sentier n+3 ruines d’Arkezini

Rachidi

Un petit détour pour voir la vieille Tour Aghia Triada d’époque hellénistique 4èmes. Av. JC. Le site est fermé, il est assez vaste. On voit des murs de très grosses pierres grises taillées. Aucun panneau ni explication disponible. Nos guides signalent une citerne et un système de drainage des eaux.

La campagne est beaucoup plus agricole, les pentes plus douces. Nous voyons des vaches ce qui change des chèvres, des champs de belle taille, ds maisons dispersées de construction moins « cycladique », moins touristiques, plus grecques. Aux cheminées, vélos sur les terrasses, géraniums buissonnants, on devine une occupation permanente et non pas touristique. Abricotiers et figuiers portent des fruits.

Cherchant une « taverne à la mer » nous aboutissons à Paradise Bay à une minuscule plage pas très avenante peu protégée des vents du large avec des vagues qui me dissuadent ? Aucune trace de la basilique paléochrétienne qui figure sur notre carte.

Kolofana terrasse fleurie

La taverne de Kolofana « t’apanemomo tou Petrou » est très fleurie avec des géraniums florissants et une tonnelle de bougainvillées éclatants nous séduit. « Avez-vous de la moussaka ? » – « excellente ! » répond l’aubergiste qui prend pour preuve son livre d’or. L’agneau d’Amorgos cuit dans le vin blanc et les herbes de la montagne il est parsemé d’aneth, accompagné de frites maison (rien à voir avec les surgelées). La chair se détache seule. Ce sera le meilleur souvenir gastronomique de ces vacances. La moussaka est servie en un gros pavé saupoudré de chapelure, peu de béchamel, peu de pommes de terre mais des aubergines délicieuses. Cela me réconcilie avec ce plat servi aux touristes peu exigent souvent ramolli, avec des aubergines bouillies et beaucoup de pommes de terre. L’addition – logariazmo, cela me fait rire en pensant aux logarithmes si pénibles – 26€ avec vin et café est très raisonnable. Le cadre est si joli que je m’attarde pour dessiner.

39 km vers le nord pour rentrer à Aegiali. Je suis plus attentive aux paysages : les cultures s’arrêtent entre Kamari et Stavros puis les coussins épineux où se promènent les chèvres recouvrent les flancs rocailleux de la montagne allongée qui s’étire. Ces coussins ont tous la forme d’une boule mais ils sont composés d’espèces diverse. En marchant j’ai reconnu des genêts encore en fleurs – fleurs minuscules et très serrées  – des chênes verts rabougris (l’expression vient du Quebec) presque des bonzaïs, les boules de thym mauves sont très colorées.

 

Ce maquis, cette garrigue, exhale une senteur merveilleuse.

Après la baignade retour au studio pour se « mettre à jour » lessive, compte rendu pour le blog, tri des photos à l’intérieur au frais avant de ressortir sur la terrasse pour une salade grecque de ma façon devant le coucher du soleil.

Amorgos : Chora et Katapola

CARNET DES CYCLADES – AMORGOS

Chora, la capitale d’amorgos ses moulins et sa forteresse vénitienne

Chora

3 km au-dessus, se trouve la capitale d’Amorgos : Chora. Très petite capitale qui possède néanmoins une forteresse vénitienne perchée sur un piton rocheux. De la forteresse il reste peu de chose. Une église blanche occupe le sommet et quelques maisons blanches se pressent contre les murailles. Il faut laisser la voiture au parking sous la Platéia – vaste place bordée de cafés et boutiques, puis se perdre dans les ruelles d’un blanc éclatant.

Chora

Les restaurant ont soigné les enseignes peintes, ont sorti les tables et les chaises colorées. Des pot fleuris bordent les rues. Dans cette toute petite ville le nombre d’églises est impressionnant. J’aurais dû les compter. Certaines sont doubles, orthodoxes et catholiques. Le catholicisme vient de Venise ? j’ai déjà vu cette configuration à Kotor (Monténégro) qui était vénitienne. Jolies boutiques également.  Un artisan peint n’importe quel support : fontaines en fer blanc, pots de fleurs. C’est trop joli, un peu artificiel l’authenticité est limite.

Chora est coiffée d’une série de moulins à vents alignés sur une arête rocheuse. L’un d’entre eux possède encore ses ailes, plusieurs ont gardé le toit rouge pointu.

Katapola

katapola

Katapola, sur la côte ouest est le port principal d’Amorgos et aussi sa plus grande ville. Comme à Aegiali, le port est situé au fond d’une longue baie étroite. Les quais sont animés par de nombreuses terrasses de cafés et restaurants, boutiques de souvenirs et agences de voyages qui vendent les billets de ferry. Une librairie vend tout le matériel pour peindre et encadrer les tableaux. De nombreux livres en français sont exposés : des best-sellers (Levy ou Musso) mais pas que. Il y a aussi des traductions de littérature grecque et de poésie.  J’ai failli craquer pour un volume d’Elytis mais ma valise affiche complet. J’ai été très étonnée de trouver une autre librairie tout aussi bien fournie en textes littéraires et traductions en français. Il faut croire que les touristes francophones qui arrivent à Amorgos sont plus lettrés que ceux qui visitent les autres îles. On ne vend pas non plus les opuscules vulgaires et les jeux de carte exhibant des phallus comme à Santorin ou Mykonos.

Au bout du quai, le quartier des pêcheurs est sympathique avec ses maisons peintes de fresques naïves. Du linge noir pend sur les étendoirs et le tourisme n’a pas encore eu le loisir de bousculer la vie traditionnelle.

En face, de l’autre côté de la baie, une route conduit aux plages. Mince bande cimentée où l’on se faufile plutôt et qui ne va pas plus loin que le cimetière. Cimetière mari suspendu et bien fleuri sous ses noirs cyprès. Minuscule parking pour les plages. Il vaut mieux continuer à pied. Après avoir descendu un escalier, je marche sur le gravier le long de l’eau. Des couples ont étendu leurs serviettes sous un tamaris. Plus loin, la côte devient rocheuse ; L’eau est très transparente ? Au bout d’une petite pointe, une minuscule église avec sa coupole bleue.

Katapola plage

Le retour sera difficile. A l’endroit où la route est la plus étroite, entre deux maisons voilà qu’un petit camion blanc nous barre la route sasns intention de reculer ; Dominique recule jusqu’à une portion de rue plus large où deux voitures pourraient se croiser peut-être, mais un camion ! Après plusieurs essais avec ou sans rétroviseurs, le chauffeur du camion constate qu’il lui faut reculer.

Nous débouchons sur le quai et nous asseyons sur la première terrasse venue, très jolie avec des tables et des chaises vert amande. C’est très joli et le menu est alléchant. Nous commandons des légumes farcis : il n’y en a pas. La moussaka figure aussi au menu, mais pas en cuisine. Les poissons sont chers (y en a-t-il ?) . Finalement on mangera ce qu’il y a : des souvlakis de poulet au citron pour moi un beefsteak haché pour Dominique. Même les hamburgers manquent ! Arrivée de deux brochettes, au poulet délicieuse,  au porc immangeable mal cuite et élastique.

Retour par la même route, plage toujours avec le même plaisir.

 

 

 

 

randonnée au Monastère Chrissoviotissa

CARNET DES CYCLADES – AMORGOS

Amorgos : monastère Chrissoviotissa

Une seule route traverse Amorgos du nord au sud.  On ne risque pas de se tromper. Il faut être attentif aux départs des randonnées pédestres. Les sentiers sont bien balisés et fléchés mais pas forcément repérables de la voiture. Vers le sud, nous dépassons la plage d’Agios Pavlos très jolie baie arrondie fermée par l’île de Chalara. Une passe étroite sépare la petite île de la grande et une langue de galets (tombolo) pointe vers Chalara. L’eau au-dessus des galets est peu profonde et très transparente, d’une couleur merveilleuse. Un complexe hôtelier est construit à l’arrière de la plage, mais assez discret pour qu’on ne l’ait pas remarqué au premier passage. De la route on voit une église comme suspendue à mi-pente ; Un peu plus loin, un panneau signale une « ancienne tour » à mi-hauteur (aucune indication dans nos guides ni sur Internet). L’accès est barré par une grille mais j’apprendrai vite que ces barrières concernent le bétail et que les randonneurs peuvent ouvrir les portes à condition de les refermer derrière eux.

Chèvres

La route est occupée par un troupeau de chèvres confortablement installée. Le berger dans son pick- up tirant une citerne, klaxonne pour les faire avancer. Les chiens sont à l’ombre d’un rocher. Elles sont toutes petites, leur poil est très long et soyeux de toutes les teintes passant du noir au blond platiné uni ou tacheté.

Sentier N°1

Sentier n°1 en balcon

Après plusieurs virages le sentier N°1 emprunte une piste qui passe sous le sommet de l’île (Profitis Ilias 702m) et qui continue en balcon jusqu’à la caravane du berger. Ensuite il faut être attentive aux marques (points rouges) parce que le sentier n’est pas bien marqué et s’insinue entre les gros coussins épineux et les rochers qui affleurent. Je regrette mon bâton de randonnée et surtout les chaussures achetées exprès, je marche en sandales. Sur un épaulement, de gros rochers rectangulaires semblent posés comme des menhirs (ils sont probablement éboulés de la falaise située au- dessus). Des bergers (ou des gens de la Préhistoire) en ont empilé certains pour former un abri et un enclos.

Amorgos côte orientale

Le sentier descend raide, il est caillouteux ; j’avance avec précaution. Deux randonneurs surgissent, enturbannés comme des hommes du Sahara et me préviennent « il faut passer par un pierrier et à la fin c’est éboulé ». Voilà assez pour provoquer un peu d’adrénaline ! Le pierrier se passe très bien, même en sandales. Juste après le monastère se profile, blanc il se détache de la falaise orange.

Monastère Chrissoviotissa

la descente par les marches
au monastère

Pour visiter le monastère il faut une tenue « décente », pour les filles une jupe et les épaules couvertes, un pantalon long pour les hommes. Mon paréo ne suffit pas. J’enfile une vieille jupe en laine qui tombe quand je gravis les marches. Le monastère est plaqué à la roche sur plusieurs étages. Des trésors sont accumulés dans l’église est très petite. Dans le parloir, on nous offre un verre de raki parfumé au clou de girofle et à la cannelle, un verre d’eau et des loukoums. Aux murs, une galerie de portraits, photographies ou gravures de popes à la mine sévère. Les grands révolutionnaires du début du 19ème siècle sont à l’honneur. Un guide énumère le nom des héros devant son groupe de touristes. L’un d’entre eux lui demande s’il est historien « non je suis Grec ! » répond-il. Une vieille dame confirme « on nous a fait un tel lavage de cerveau ». Ce nationalisme grec est-il permanent ou correspond-il à la période des colonels ? (D’après l’âge de la dame)

La légende raconte qu’une icône de la Vierge peinte par Saint Luc a dérivé dans une barque jusqu’aux côtes d’Amorgos et que justement les outils pour construire un monastère étaient suspendus à l falaise, signe qu’il fallait en construire un pour abriter l’icône. J’ai déjà entendu cette histoire d’icône ailleurs, il semblerait que Luc ait eu une production industrielle de portraits de la Panaghia ! le guide ne croit guère à cette légende. Plus prosaïquement des moines auraient été chassés de Palestine et auraient retrouvé ici un environnement qui leur aurait rappelé leur monastère d’origine.

Pour retrouver Dominique au parking, il faut encore descendre quelques centaines de marches. Le monastère est encore plus saisissant vu du bas, si étroit, si mince, tenu par deux contreforts en bois de cyprès.

Amorgos : Aghia Anna

En dessous, la crique d’Aghia Anna avec ses eaux aux couleurs changeant avec la profondeur serait le lieu de tournage du Grand Bleu. Le film est devenu une véritable attraction touristique sur Amorgos. On peut même le visionner tous les soirs dans un café des environs.

Amorgos : Aegiali

CARNET DES CYCLADES

Aegiali vu de l’Hôtel Aegiali, le port et la plage

Studio Aelia

Nous émergeons vers 9h de cette courte nuit. Le studio est au 1er étage d’une « construction cycladique » cube blanc adossé à une pente raide, volets bleus, petites terrasses abritées par un auvent de tasseaux de bois non jointifs (genre caillebotis). Le mobilier est sobre : le lit occupe la moitié de la chambre, une petite table carrée permettrait de déjeuner à l’intérieur. Les placards muraux sont un peu petits mais surtout ils sont destinés à des géants je laisserai tout dans la valise. draps blancs, coussins et rideaux à fleurs violettes assortis. Le coin cuisine est bien aménagé.

StudiosAelia vus de la plage

10h, les commerçants ouvrent boutique. On se lève tard à Aegiali ! La pâtisserie est luxueuse. L’épicerie, traditionnelle : feta à la coupe, olives dans un seau ; le marchand me tend la louche pour que je me serve moi-même ; olives violettes excellentes ; les œufs se vendent à l’unité avec des plumes collées.

Notre voiture est une FIA Panda grise toute simple dont le réservoir est vide. Notre première sortie sera donc à al pompe à essence. A la sortie d’Aegiali, juste après notre studio une petite route passe par le camping puis s’élève dans la colline jusqu’à un complexe hôtelier Aegialis adossé au rochers (5 niveaux) les chambres s’ouvrent avec des arcades discrètes si  ce n’est le blanc éclatant de toutes les constructions cycladiques. La route continue jusqu’à un vieux village perché Tholaria et s’arrête sur la place. Ensuite, les voitures n’ont plus droit de cité dans l’enchevêtrement des ruelles et des escaliers. L’heure n’est pas au tourisme, l jauge est au plus bas dans le rouge, la descente se fera à l’économie. La station-service est discrète et à l’écart, nous y sommes passées sans la voir.

Vite à la plage !

Le port d’Aegiali est au fond d’une baie étroite. Au fond, rectiligne, une belle plage de sable fin est bordée de tamaris très touffus qui fournissent une très belle ombre à la promenade cimentée équipée de nombreux bancs, de trois cabines pour se changer. Quelques tavernes ont installé leurs tables de part et d’autre de la promenade.

Première baignade dans une eau calme, limpide et propre. Je fais un aller-retour sur toute la longueur de la plage tandis que Dominique a réservé une table à la meilleure taverne Remezzo. Tables grises, nappes à carreaux bleu et blanc, chaises « metteur en scène ». Menu viande et menu poisson. Nous choisissons des petits poissons grillés (petites sardines) et calamar servi avec des tomates et de la salade. Le serveur est très aimable ; Nous resterons une bonne partie de l’après midi. Je retourne me baigner avant le café frappé.

Tholaria

escaliers et ruelles de Tholaria

Nous avons découvert le village de Tholaria ce matin. Seuls les piétons peuvent s’aventurer dans les ruelles entrecoupées de marches dont les rebords sont soulignés à la chaux. Des motifs décoratifs agrémentent le sol : fleurs, guirlandes et festons sur les côtés, papillons. Chacun a déployé sa fantaisie. Aux abords de l’églises des kafénéios ont sorti des tables rondes ou carrées. L’église est surdimensionnée avec deux clochers imposants peints de bleu et rose. Maisons blanches éblouissantes.  Bougainvillées roses, géraniums en pots font des taches colorées. Décor de carte postale. Je suis désorientée dans les ruelles, telles volées de marche aboutit dans une courette, brusquement je trouve une sortie. Sans m’en rendre compte j’aboutis au cimetière où deux églises à coupoles surmontées d’une croix et un portail peint se détachent sur le ciel, je découvre ensuite les tombes en dessous, 5 de chaque côté d’une allée de gravillons. Les plaques sont récentes.

Les chapelles du cimetière de Tholaria

Je remonte au village et trouve un chemin balisé rouge et blanc (comme les GR). Dépasse un âne aux longues oreilles, bien pacifique. Le chemin muletier est bien revêtu de cailloux ou de plaques calcaires qui affleurent lisses et luisantes. C’est le sentier n°4 qui conduit à Lagada de l’autre côté du vallon. Retournant sur mes pas, je remarque le panneau « panorama » et m’y dirige. Que vais-je découvrir ? panorama est le nom d’un restaurant !

Redescendant, je remarque tout un quartier de maisons neuves destinées aux touristes, bien cachées, elles ne gâchent pas le paysage.

StudiosAelia vus de la plage

Nous terminons la soirée sur la terrasse de notre studio qui fait face à la plage. A travers le feuillage des tamaris on voit l’eau. Ma salade grecque est réussie, les olives violettes excellentes. Le soleil se couche derrière la colline et on se couche tôt après la nuit dernière presque blanche .

En croisière, Ferry pour Amorgos

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le Pirée

A midi, nous devons libérer la chambre. Nous déjeunons rapidement sur la terrasse et à 14h nous cherchons sur Athinas le taxi  (avec compteur) qui nous emmènera au Pirée. Le chauffeur a l’air d’un plaisantin, il nous raconte qu’une grande manifestation bloque le port, puis fait semblant de regarder Facebook pour nous annoncer que c’est terminé. 14€ au compteur donneront 18€ avec les valises. Il nous largue à la mauvaise porte, aux quais d’où partent les ferries pour la Crète (Gate 3). Le Blue Star Paros part de la Gate 7 au moins à 1km de là. Mais nous avons tout notre temps : avec la grève, les bateaux ont du retard ; Le Blue Star paros n’appareillera qu’à 19h au lieu de 17h30.

Nous nous installons sous un parasol rouge de la petite cafeteria où nous avons attendu autrefois le bateau pour Paros.

A 19h05 le ferry accoste et se vide rapidement. Casiers séparés pour les valises selon les destinations. Aegiali est l’avant dernier arrêt. Nous nous installons à l’ombre sur le pont. Un petit pétrolier s’installe contre la coque du ferry qui fait le plein de carburant pendant une bonne demi-heure. Je ne suis toujours pas arrivée à joindre le logeur pour le prévenir de notre retard.

Blue Star Paros fait le plein!

Amorgos se mérite ! Le voyage est interminable. J’ai acheté des place numérotée en prévision de la nuit . Nous restons sur le pont  jusqu’au coucher du soleil. Nos compagnons sont deux jeunes suisses très sympathiques. Petite déception : le soleil se couche dans les nuages

Les « sièges-avion » sont confortables, au début je somnole malgré la lumière, la télévision bruyante et les téléphones portables qui n’arrêtent pas de sonner.

Minuit : Siros illuminée. Le bateau se vide mais les téléphones portables redoublent. Paros, Naxos dans la nuit. Nous avons du mal à nous rendormir. Le voyage est interminable. Nous avons pris en grippe ces Grecs pendus à leur téléphone mobiles, le programme télévision de téléréalité (genre loft) débile, et maintenant il fait froid.

4 Heures, encore une escale.

4h45, nous entendons enfin l’annonce « les passagers en direction d’Aegiali… ». Il faut faire vite à récupérer les valises et quitter le bateau qui part dès que nous posons pied à terre.

Malgré les 3 heures de retard, le logeur est là avec une camionnette. 26 marches. Nous découvrons le studio, fermons soigneusement les volets. Nous aimerions dormir !

Athènes : Lykaion et Musée Benaki

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Athènes néo-classique :le Musée Bénaki

20 minutes pour arriver au Musée Bénaki : par Syntagma puis Vassilis Sophias. Je passe devant l’Ambassade d’Egypte, l’Institut culturel français, italien…je me régale d’affiches, d’expositions et de concerts, Debussy… Le Musée Benaki est très bien logé dans un hôtel particulier le perron donne sur un jardin planté d’orangers avec une pergola de bougainvillées. Il n’ouvre qu’à 10h alors que mon téléphone magique avait annoncé 9h. Toujours sur Vassilis Sophias, le Musée Cycladique ouvre aussi à 10h.

Lykaion

De l’autre côté de l’avenue, le Lykaion est un site archéologique dans un jardin assez ombragé et agréable. Le site n’est pas spectaculaire : un quadrilatère en creux. Des vitres protègent les fouilles. De jeunes oliviers, des fenouils libèrent leur arôme. Le site fut découvert en 1996 lors de la construction d’un centre d’art contemporain (abandonné après identification du Lykaion).

Les panneaux explicatifs détaillés parlent à mon imagination :

Le premier gymnase date du 6ème siècle. Des terrains de sports étaient situés près de l’Ilyssos, non loin de l’Olympéion. Une photographie ancienne de 1910 des rives de l’Ilyssos montre un paysage bucolique. On retrouve des fossés de drainage et des canalisations antiques L’eau était indispensable pour les soins du corps partir de.  A partir du 5ème siècle il existait des bains publics, mais de dimensions restreintes Les bains ne devinrent populaires qu’à l’époque hellénistique.  Le plus grand bâtiment était la palestre, vaste cour presque carrée entourée de portiques, autour, des pièces fermées : éphebéion, Elasthesion ( ?) .

lykaion fleuri

C’est ici que fut lue l’œuvre de Protagoras comme Platon l’a rapporté. Le site était fréquenté par Socrate. Platon y a établi l’Académie, Aristote, le Lycée. D’après Aristophane et Xenophon, le terrain d’entrainement des hoplites. Un panneau dédié à Aristote nous apprend qu’il entra à l’école de Platon et y resta jusqu’à la mort de ce dernier en 347. Aristote marchait avec ses élèves (péripato). Après la mort d’Alexandre (323av JC) le climat d’Athènes lui devint hostile et Aristote retourna à son lieu de naissance en Chalcidie.

Il y avait également un sanctuaire d’Apollon : Apollo Lykieos.

Musée Benaki

Exposition Joan Fermor

Exposition temporaire The Photographs of Joan Leigh Fermor

Joan Leigh Fermor, née en 1912, photographe a rencontré Paddy Fermor au Caire en 1944 après des missions à Alger et à Madrid. Elle a cessé la photographie dans les années 60 sauf pour prendre en photo leur maison de Kardamyli ( Magne). En 1996, Joan et Paddy Fermor ont fait donation de la maison à la Fondation Benaki.

Cette visite est une promenade merveilleuse dans les paysages de la Grèce encore intacte des années 50. Elle livre aussi des photos de vacances. On croise Margot Fonteyn…

Le 3ème étage du Musée Benaki est dédié aux Guerres d’Indépendance de la Grèce au 19ème siècle

Exposition Guerres d’indépendance de la Grèce

Des tableaux montrent les massacres de Chios, l’évacuation de Parga (1819, CF Ali Pacha), Missolonghi où est mort Byron. Certains sont   peints par des artistes connus -Vernet ou Scheffer – ou inconnus (de moi,  par des artistes locaux et il y a  même des peintures populaires naïves. Grands  portraits d’hommes en costume oriental, fez rouge et turbans, fustanelles ou costumes européen. Batailles  navales qui me rappellent le musée de Kotor vu l’an dernier.

musée Bénaki : costumes

De grandes vitrines contiennent des mannequins présentant les costumes folkloriques parfois très variés de l’Epire, la Thrace, la Macédoine ou des îles. Les personnages sont mis en scène devant des paysages d’époque. Je suis émerveillée par la qualité des reconstitutions, l’abondance des collections. Je filme et oublie de prendre des notes. Comment décrire toute cette accumulation de meubles, gravures, panneaux peints, broderies, assiettes…Des salons entiers sont remontés avec meubles, boiseries et plafonds (un peu comme en Bulgarie), murs peints, cheminées ottomanes, tables basses, cuivres….

musée Bénaki

Une église entière a été remontée avec son iconostase. Aux murs, une collection d’icônes. Ma préférée est l’Adoration des Mages. L’Hymne acathiste ressemble à une bande dessinée rouge et dorée d’une infinie finesse.

Musée Bénaki : art populaire

Au rez-de-chaussée : Antiquité et période Byzantine

Après les visites dans les étages, ma concentration s’est émoussée. Je note les éléments les plus spectaculaires qui m’ont étonnée :

Un epitaphios, sorte de linceul pour le Vendredi Saint brodé de croix dorées et de fils d’argent est un véritable trésor.

Les portraits du Fayoum.

Je passe blasée devant la vaisselle antique peinte, j’ai eu mon content d’Antiquité sur l’Acropole hier !

Musée Bénaki : antiquité

Il faudrait revenir.Comment suis-je passée toutes ces années à Athènes sans visiter le Musée Benaki ?

Le Musée de l’Acropole

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Musée de l’Acropole

Ma première visite ne m’avait pas convaincue. Peut être à cause de l’interdiction de photographier, pour le blog, c’est frustrant ? Le vieux Musée Archéologique me plait davantage.

Les pentes de l’Acropole

Une salle sombre et en pente présente les objets retrouvés justement sur les pentes de l’Acropole. Dans les vitrines se trouve principalement de la vaisselle et divers objets de terre cuite, même des jeux, poupées et osselets.

Les sculptures et objets sont regroupés selon les différents sanctuaires aux abords de l’Acropole : la Maison de Proclos (437-485 après JC) était un temple miniature. On y pratiquait des sacrifices : on y a trouvé des ossements de porcs le couteau et la table sacrificielle (une sorte de cube creusé en sa face supérieure décoré de bas-reliefs.

Une colonne avec un serpent supportant un homme raconte le culte de Heroon Blauto .

La Boite à Trésor d’Aphrodite (pour les donations) est un cube creux en deux parties.

Les statues et bas-reliefs du sanctuaire d’Asklepios et ceux du Théâtre de Dionysos sont plus imposants : belles statues, grands masques. Dionysos porte un masque de théâtre.

Hekatompedon

Un escalier de verre très imposant conduit le visiteur au 1er étage devant le grand fronton de l’Hekatompedon – temple archaïque de l’Acropole, long de 100 pieds (d’où son nom), en calcaire, d’ordre dorique. On reconnait un taureau tué et dévoré par des lions, Typhon tué par Zeus. Typhon possédait trois corps entrelacés et enroulés avec  3 têtes symbole des   trois éléments. Malgré le combat, leurs visages aux barbes soignées étaient souriants « parce que les sculpteurs archaïques ne savaient pas représenter les visages autrement que souriants » explique un conférencier. De nombreux vestiges de ce temple sont réunis. Sur un « fronton rouge » on voit le combat entre Hérakles et Triton.

Les statues archaïques.

Les statues archaïques du 6ème siècle sont réunies dans un hall perpendiculaire au fronton/ Ces statues, toutes en finesse, sont délicatement décorées – cheveux et barbes bouclées, crinière des chevaux, plis des draperies. La polychromie était sophistiquée. Un guerrier perse à cheval avait ses cuises et jambes peintes de motifs en losanges multicolores, comme des pantalons ou des leggings. Une koré porte un habit drapé bordé d’une frise bleu-noir « à la grecque » épousant précisément les plissés du tissu.

Guerre des Perses

Un panneau raconte les guerres des Perses au début du 5ème siècle (Marathon 490 av. JC). Beaucoup de statues avec l’intrusion des Perses ont subi des dommages. L’Acropole fut réduite en cendres : les traces de l’incendie sont encore visibles sur certaines statues (bloc 38). Une autre conséquence de la guerre avec les Perses fut l’unification des Grecs dans la Ligue de Délos

Au 5ème siècle, les statues s’individualisent. On peut citer leurs auteurs comme la Niké de Kallinachos perchée sur une colonne. Un guide, en passant fait remarquer aux touristes que ces statues présentées dans le musée à la hauteur de nos yeux étaient toutes posées sur des colonnes.

Caryatides de l’Erechtéion

Après la déambulation parmi les statues nous arrivons au bout de la salle pour découvrir, de dos, les caryatides. Je n’aurais pas imaginé qu’elle seraient aussi grandes et aussi belles. De dos, leur chevelure est abondante, avec une coiffure compliquée, sorte de tresse très souple retenue par un ruban. Les boucles se répandent dans le dos. Leur vêtement est aussi très délié et très délicat. On suppose qu’elle venaient de l’atelier de Phidias. Le musée n’en possède que 5, dont une atteinte par un boulet turc. La 6ème se trouve au British Muséum.

De nombreuses victoires proviennent du Temple d’Athéna Niké (426-421) ce sont des statues féminines plus ou moins complètes.

Le joyau du Musée se trouve au 3ème niveau : c’est la frise du Parthénon que j’ai eu le loisir de détailler à une précédente visite. A mon prochain passage je monterai directement !

Retour à l’Hôtel

Dominique m’attendait au Kafenadaki où un café frappé est tout à fait bien venu. La circulation a repris dans le centre d’Athènes. Les taxis jaunes sillonnent les rues et les autobus urbains passent. Nous pouvons rentrer à l’Hôtel. Facile d’arrêter un taxi. Le chauffeur flaire les touristes naïves et propose de nous emmener pour 10 €. J’exige qu’il mette en route le compteur ; c’est non, nous descendons ! Même marché pour le taxi suivant. C’est à croire qu’il se sont donné le mot d’ordre. Même refus de notre part. La patronne du café est intriguée. « Vous auriez dû prendre leur numéro ! Ils n’ont pas le droit. D’ailleurs tous ces hommes autour sont des policiers ! « . Le policier arrête pour nous un taxi et lui impose le compteur « to metro ! ». Le retour sera court par Syntagma et Sofokleous : 4.7€.