Guernica (sans Guernica) au Musée Picasso

exposition temporaire jusqu’au 29 juillet 2018

Le monumental tableau est resté à Madrid, il fallait un certain culot pour faire une exposition Guernica sans le montrer.

Guernica est sans doute le tableau le plus étudié du 20ème siècle, il me rappelle des sessions de Brevet des collèges en Histoire des Arts, régulièrement présenté. Je me souviens aussi d’une exposition à Ravenne qui y faisait ouvertement référence en montrant des tableaux italiens s’en étant inspiré.

  1. L’exposition actuelle, en six salles, commence par une analyse des symboles représentés dans le tableau : le cheval, le taureau, le soldat, le héros antique découpé à terre, la lampe électrique…. Différents critiques sont cités avec de longues citations, les hypothèses sont diverses. Tantôt on voit dans le cheval, le nationalisme espagnol, tantôt on en fait le symbole du peuple. De même le taureau serait la figuration du peuple selon certains, ou de la brutalité…L’oiseau est-il comme la colombe l’espoir de la paix? La lampe électrique, dans la bombe peut être interprétée comme « une invention bienfaisante qui se transforme en force destructrice »? Cette présentation, même si elle montre des arguments contradictoires a au moins le mérite de faire observer le tableau.
    la guerre civile

  2. Les débuts de la Guerre Civile (17 juillet 1936- printemps 1937) est un rappel historique qui replace Picasso dans le contexte espagnol. De Janvier à Avril 1936, l’exposition Picasso circulait en Espagne pour soutenir le Front Populaire. Picasso fut même nommé par le gouvernement républicain directeur du Musée du Prado. Le 8 et 9 janvier Picasso réalisa une gravure : Songe et Mensonge de Franco

    Songes et mensonges de Franco
  3. les sources de Guernica présentent aussi bien les sources anciennes comme les Désastres de la Guerre de Goya que les œuvres de Picasso comme les tauromachies, minotauromachies et même une crucifixion

    Crucifixion
  4. la commande et les premières esquisses : pour le Pavillon espagnol de  l’Exposition internationale des Arts et Techniques 1937. La peinture devait occuper un mur entier. L’idée initiale était d’exploiter le thème du peintre et de son modèle. Nature morte à la lampe et les études au dessin pour cette peinture montrent des éléments utilisés dans Guernica 
  5. La transformation du projet : à la suite du bombardement de Guernica le 26 avril 1937. Au mur, les unes de l’Humanité du 28 et du 29 avril 37, montrent la désolation, voisinent avec des photographies des ruines. Picasso dès le 1er mai et les jours qui suivent commence les études préparatoires, certaines au crayon, en noir et blanc, d’autres en couleur. Le noir et blanc ne s’est pas imposé encore.

    Le portrait de Dora Maar
  6. Guernica dans l’œil de Dora Maar . je connaissais Dora Maar par le portrait que Picasso a fait d’elle. je ne savais pas qu’elle était une photographe d’origine croate, que Picasso a rencontré par l’intermédiaire d’ Eluard. Dora Maar reçut en commande le travail de photographier Picasso en train de réaliser le tableau. 8 photographies sont projetées sur un grand écran et nous pouvons ainsi suivre l’oeuvre qui se transforme : on voit apparaître le cheval puis disparaître le bras au poing levé serrant un bouquet avec un soleil ; la bombe remplace le soleil avec l’ampoule, le triangle lumineux se matérialise de plus en plus clairement, le cheval semble se lever.Je termine donc la visite de l’exposition comme je l’avis commencée par un examen attentif de chacun des éléments composant le tableau.

Ensuite je me suis promenée dans les étages pour retrouver les Picasso que j’aime et en croiser d’autres qui n’étaient pas là à ma dernière visite.

Et dans une petite pièce j’ai croisé ceci:

 

Nymphéas – L’abstraction américaine et le dernier Monet

Exposition temporaire à l’Orangerie jusqu’au 20 Août 2018 

Monet : pont japonais

Monet est-il un peintre abstrait?

Monet : Saule pleureur (1920-1922)

Cette exposition célèbre le centenaire de la décision de Monet d’offrir les nymphéas à l’Etat français, elle met en évidence la postérité de Monet dans l’art américain. En 1955 le MoMA acquiert un Monet et les tableaux de l’exposition sont souvent introduits par le Critique Greenberg qui publia en 1955 un grand essai sur la peinture américaine faisant de Clyfford Still, Barnett Newman, Pollock ou Tobey des héritiers de Monet.

Pollock : Untitled 1949

Intéressante confrontation de peintres de continents et d’époques éloignées.

Si la couleur « devient autonome » et primordiale, on saisit mieux la parenté entre les nymphéas et les toiles de Monet qui sont un feu d’artifice de couleurs.

Rothko et Clifford Still peignent selon le Colour field painting avec de grands champs de peinture

 

Clifford Still 1965

Les grandes taches ont des contours déchiquetés, la peinture au couteau donne un certain relief aux taches, on regarde le très grand tableau un peu comme un paysage

 

Pollock : the deep (1953)

Dans les tableaux de Rothko, rien pour raccrocher l’oeil à du figuratif : de grande taches colorés

Rothko

De Kooning dans sa Villa Borghèse, après avoir peint des paysages urbains retrace à New York des souvenirs, recollections de Rome

De Kooning villa Borghese

On peut aussi citer Morris Louis avec ses acryliques délavés qui font comme des bandes verticales (j’aime moins, donc pas de photo) ou Helen Frankenthaler également des acryliques

Helen Frankenthaler (non! ce n’est pas la photo qui est floue mais le tableau!)

j’ai beaucoup aimé le tableau de Guston « impressionisme abstrait » 

 

Guston détail du rouge au centre du tableau

 Riopelle, peintre canadien, établi en France expérimente une technique originale de « mosaïques »

Détail d’un tableau de Riopelle (bord du tableau)

Et je termine par un de mes préférés Round the world de Sam Francis (1958-1959)

Around the world

Bien sûr, on n’a qu’une envie : monter au rez de chausser dans les deux salles des Nymphéas. On aimerait les avoir pour soi et méditer devant mais gare aux groupes de Chinois ou Japonais!

 

Âmes sauvages : le symbolisme dans les pays baltes

Exposition temporaire au Musée d’Orsay jusqu’au 7 juillet 2018

jeune paysanne de Johann Walter

Je n’aurais pas manqué l’occasion de flâner encore à Tallinn, Riga, Vilnius ou Kaunas. histoire de raviver des souvenirs de notre voyage. Nous avions vu de beaux musées à Tallinn, Kaunas et Vilnius et j’avais adoré la maison de Curlionis 

Curlionis

L’exposition du Musée d’Orsay a choisi de présenter par thèmes sans séparer les peintres de chacun des pays baltes et sans souci de chronologie(certains tableaux datent de 1930 et son présentés avant d’autres des années 1910). Les trois thèmes abordés sont : 1 Mythes et Légendes , 2. l’Âme, 3. la nature. 

Mythe et Légendes s’ouvre sur des légendes estoniennes, Le Sacrifice de Kristjan Raud  illustre une légende ancienne païenne selon laquelle les larmes de trois veuves venues prier font jaillir une source.

Kallis : Linda portant un rocher ; Kalevipoeg

La légende estonienne de Kalevipoeg a inspiré Raud, Triik, ou Tuul : on voit des héros musclés ou au contraires décharnés très symbolistes. Ce n’est pas la peinture que je préfère, déjà les Symbolistes autour de Maurice Denis ne m’inspirent pas tellement. Dans la Bataille de Triik je crois reconnaître des vikings et un drakkar dans le tableau voisin, Lennuk, de Triik.

Lennuk de Triik

Je retrouve avec plaisir Curlionis dans une atmosphère fantastique, trois tableaux avec un enfant, un oiseau, une montagne et une reine suggèrent d’inventer un conte.

Curlionis : Princesse, oiseau

2.L’Âme

Konrad Mägi : Méditation

De nombreux portraits sont exposés, je n’aime pas du tout ceux qui sont torturés, décharnés, sombres et assez sinistres.

Rozentals : Princesse avec un singe

D’autres sont très colorés. j’ai beaucoup aimé la Méditation de Konrad Mägi, la Princesse au singe de Rozentals et la Jeune Paysanne de Johann Walter

3. la nature

Paysage norvégien

C’est la salle qui m’a vraiment plu. Nature ensoleillée des paysages norvégiens de Triik et Mägi ou les forêts, la neige et les reflets sur l’eau de Purvitis

Purvitis

Encore une fois Curlionis est mon préféré avec son cycle de la Création en 13 tableaux, Création différente de la Genèse, incluant une certaine idée de cosmologie, big bang ?,

Curlionis : Genèse
Curlionis : Genèse
curlinonis : Genèse

avec l’apparition de la lumière vers le 4ème tableau, passant du bleu sombre vers le blanc et le rose quand apparaît la vie(de beaux coquelicots rouge) puis on imagine le déclin du soleil avec des teintes orangées. Aimé aussi ses vagues dont un tableau ressemble à celui d’Hokusai.

Exposition solaire avec trois tableaux de Kallis.

 

 

Les hollandais à Paris (1789-1914) au Petit Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE

Affiche de l’!exposition Van Gogh : vue de l’appartement de Théo

 

Cette exposition couvre la période qui va de la fin du XVIIIème (avant même la Révolution) jusqu’au cubisme, Mondrian, et Van Dongen qui sont des peintres du XXème siècle.

Elle est organisée autour de quelques grands noms de la peinture, des Hollandais ayant travaillé à Paris confrontés à des artistes français qui leur correspondent.

Van Spaendonck (1746_1822) – Natures mortes florales

 

Van Dael

est le chef de file d’une école de peintres de la nature peintre de grands tableaux de bouquets de fleurs. on entre de plain pied dans l’atelier des peintres.L’atelier de Van Spaendonck était au Jardin du Roi (jardin des Plantes) dans la Maison de Buffon peinte par Knip. Bonaparte transforma la Sorbonne en créant un atelier. On voit les élèves, des jeunes filles de bonnes familles peignant des fleurs.

Des planches botaniques d’un élève de Van Spaendonck, sont de toute beauté. Avec JJ Rousseau l’intérêt pour la nature était répandu.

Ary Scheffer – Artiste officiel et engagé

Ary scheffer : femmes souliotes

Arrive à Paris en 1811. Il accueille rue Chaptal, dans son atelier Chopin, Liszt, George Sand, Lamartine. Il a étudié avec le même professeur que Géricault ou Delacroix. Une petite étude pour les Femmes souliotes m’a bien plu. les tableaux ultérieurs de thème religieux avec des femmes blafardes aux yeux révulsés, en revanche, n’ont pas retenu mon attention.

Ici aussi, on a un tableau qui montre l’atelier du maître rue Chaptal et ses  tableaux religieux à fond bleu.

Jongkind – Vie de Bohème et circuits alternatifs

Notre Dame vue du quai de la Tournelle

Arrive à Paris en 1846. les circuits alternatifs sont les galeries et les cafés, alternative aux plus officiels salons. Jongkind côtoie l’Ecole de Barbizon. Le très beau tableau de la marée basse à la plage d’Etaples de Boudin avec un ciel nuageux qui occupe les deux tiers du tableau tandis que pêcheurs à pied et bateauxsont alignés dur une ligne horizontale donne le ton à toute la salle. Jongking prête la même attentions aux ciels dans ses marines comme dans ses vues de Paris.

Dans la salle consacrée à Jongkind on trouve aussi Sisley et Corot ainsi que Maris (1839-1917) et Daubigny.

Kaemmerer (1839-1902) -L’enfant chéri du marché de l’art

Un baptême sous le  Directoire

était pour moi un inconnu. Il a apporté un soin particulier aux textures des costumes, des dentelles et des chapeaux. Il a peint surtout des tableaux de genre qui avaient un grand succès : élégantes à la plages, cavaliers….

Breitner (1867-1923)

Breitner : A bord

Breitner est une découverte. Ses grands tableaux sombres sont impressionnants, les chevaux à Montmartre ou une soirée sur le dam d’Amsterdam m’a beaucoup plu. A bord m’a amusée. On devine une parenté avec Degas et avec Van Gogh. 

 

Une soirée sur le Dam à Amsterdam

Vincent Van Gogh  arrive à Paris en   1886 meurt en 1890

jardins potagers à Montmartre

la salle ne contient pas les tableaux les plus connus d’Arles ou d’Auvers. Ceux qui sont accrochés sont ceux qu’il a fait à Paris. Ils ont des teintes plus fraîches.J’ai beaucoup aimé les jardins et potagers, les moulins de Montmartre

Van Dongen arrive à Paris en 1897 et revient en 1905

Van Dongen – Moulin de la Galette

Il est fasciné par la vie de café. il fréquente Picasso et Vlaminck. Sa série sur le Moulin de la Galette est un véritable feu d’artifice des couleurs. Ce n’est qu’après que je remarque que les fleurs sont celles des chapeaux des élégantes, et les yeux très fardés.

J’ai beaucoup aimé aussi les danseurs et danseuses.

Mondrian(1872 -1944)

mondrian : arbres

En clôture de l’exposition et en compagnie de Braque et de Picasso illustre le cubisme.

Corot, le peintre et ses modèles – à Marmottan

Exposition temporaire du 8 février au 6 juillet 2018

liseuse

 

Je ne connaissais que les paysages de Corot. Cette exposition est dédiée aux personnages.

 

liseuse

Personnages  qui animent ses paysages d’Italie ou mythologiques.

 

Portraits de famille, ayant pour but la ressemblance, pas toujours flatteurs.

Mais aussi séries de portraits réalisés avec un modèle, des costumes d’italiennes, de Grecque, d’Espagnoles….Série de jeunes filles à la fontaine, à la mandoline, de liseuses….Toutes charmantes.

Quelques hommes, parmi lesquels des moines lisant.

Mohamed Bourouissa : Urban Riders au Musée d’Art Moderne

Exposition temporaire 26 janvier – 22 avril 2018 au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Urban riders

Plasticien franco-algérien, né à Blida (1978), nous offre une exposition composite (photos, vidéos, objets, dessins) autour du thème Urban Riders.

A l’occasion de l’organisation du Horse Day, événement destiné à revitaliser un quartier nord de Philadelphie en 2014, Mohamed Bourouissa s’est installé 9 mois autour des écuries pour la réalisation d’un film et d’une sculpture monumentale. L’exposition Urban Rider réunit donc, la grande sculpture The Ride,  les costumes portés par les cavaliers, colorés, délirants, les dessins du storyboard préparant le film, diverses vidéos et le film.

story board

Cet événement joue avec l’univers fantasmé du western mais aussi avec la réalité urbaine. Le cheval est caparaçonné de CD qui brillent, une vidéo projetée sur le capot d’une de ces grosses voitures américaines qui sont aussi des monuments de la culture populaire américaine.

sur un capot de voiture

Cette exposition a été réalisée en 2017 pour la Fondation Barnes de Philadelphie. Sa présentation évoque Fanon et les Damnés de la Terre. Dans le film, Bourouissa joue avec les contrastes Noir et Blanc, cavalier noir sur cheval blanc. Cheval blanc à tête noire. Un dialogue intrigue il s’agit de John Wayne, les palefreniers parlent-ils de l’acteur ou est-ce le nom du cheval, un petit poney à magnifique crinière blanche. Sur un cheval noir passe un  cavalier vêtu de blanc….

caparaçon brillant!

J’ai été très intéressée par ce métissage des cultures :  culture banlieue « Gang style », culture western, et cela filmé traduit en image par un algéro-français…..

De retour de l’expo je me suis documentée sur Internet au sujet de Mohamed Bourouissa. Et j’ai trouvé tout un travail sur les banlieues (Bourouissa est de Courbevoie). Dans le Monde 2, un porte-folio où ses photographies sont comparées à des Caravage. Ailleurs j’ai trouvé des vidéos captées au téléphone portables en prison, échangées avec un ami emprisonnés, aussi une vidéo en caméra cachée sur les revendeurs de cigarettes à Barbès. Regard politique sur les damnés de la terre. Dans un interview on lui demande s’il n’a pas eu envie de faire le même travail « chez les riches« . La réponse m’a étonnée « c’est compliquer de filmer chez les riches! »  , il y avait bien pensé, au Brésil.

 

Avec l’art contemporain, j’ai parfois du mal. Mais je fais des efforts!

 

Etre moderne – le MoMA à Paris à la Fondation Vuitton

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 5 mars 2018

 

Picasso : meneur de cheval

Qu’est-ce que la modernité?

  1. 1929 -1939 : un nouveau musée : les origines de la modernité sont européennes, Cézanne le fondateur? Picasso, bien sûr, Brancusi, et Klimt, De Chirico, Dali, Matisse, Man Ray…
    Klimt : détail

    .voisinent avec des roulement à bille SKF et des pièces de plomberie brillantes. Un seul peintre américain : Hopper et Frieda Kalho. Je suis éblouie de tous ces chef d’oeuvres que je reconnais. Quelques surprises pour moi : un merveilleux Signac

     

    Signac : portrait de Fénéon

Je ne sais que choisir, je ne sais où donner de la tête : les cartels sont très complets. Chacun relate une anecdote, un détail sur lequel on s’arrête.

 

matisse : poissons rouge et palette

Chacun est un chef d’oeuvre, et ils ne re-voyageront sans doute pas de si tôt! pour les revoir il me faudra aller à New York! Je fais des découvertes Boccioni et Kirchner que je n’ai jamais vus. Kirchner éliminé comme art dégénéré de Berlin a trouvé sa place au MoMA en 1937.

Frieda Kalho : autoportrait aux cheveux coupés

Les images animées accompagnent la peinture : une longue séquence du Cuirassé Potemkine – la scène de l’escalier, bien sûr – un curieux film mettant en scène noirs et blancs qui a choqué en ce temps de ségrégation et qui ne doit sa conservation qu’aux collections du MoMA. Un des premiers Walt Disney. 

Afiches de la Guerre d’Espagne

Quand on avance dans les années 30, l’histoire s’invite avec les affiches soviétiques de Klutsis qui entrent dans les collections du MoMA en 1937. Des photomontages donnent des effets de perspectives . En parallèle, les affiches de la Guerre d’Espagne

 

Le Triptyque de Beckmann illustre « le voyage triomphant de l’esprit humain au delà de l’agonie di Monde Moderne »  qu’on peut aussi voir comme l’exil en réaction au nazisme

Triptyque de Beckmann

3. Abstractions américaines dans les années 1950, la vie artistique se recentre sur l’Amérique. Les artistes majeurs sont alors Pollock, Rothko et O’Keefe

Pollock she-wolf – la louve

 

Pollock

5. Amérique Pop 

Lichtenstein, Andy Warhol et les photos de Diane Airbus sont des oeuvres connues et attendues

 

Dans les années 60 à 75 les mouvements contestataires s’expriment dans l’Art en action plus difficile à aborder pour moi.puis

Jeffe Hall – Métaphore de la photographie

7. Images et identités (1975-2000)

Les objets présentés sont divers, aussi bien des photos, vidéogrammes, que le drapeau arc en ciel. Tous témoignent de reflexions, sur les identités des minorités, des études de genre. Nous avons eu la chance d’écouter un conférencier nous décrire cette magnifique photographie de Jeff Hall où de nombreux indices nous parlent de photographie, aussi bien les ampoules apportant la lumière, que l’ampoule rouge de la chambre noire où l’on va développer le cliché avec la vaisselle symbolisant les produits chimiques et les bacs où se développe la photo… tous ces détails qui m’avaient échappés.

drapeau afro-américain

j’ai aussi beaucoup aimé la grande toile « flottante » de Kerry James Marshall

L’exposition se prolonge dans les étages supérieurs, la peinture laisse place à des expériences visuelles et sonores passionnantes comme ce motet à 40 voix, 40 baffles sont disposés sur des supports autour de la salle. on peut soit s’asseoir au milieu pour écouter la polyphonie soit se promener dans la salle en écoutant les différentes « voix » du chœur.

Une autre expérience est visuelle : un film étrange Emissary in the squat of Gods de Ian Cheng. Comment qualifier ce film? Animation? On  croirait que les personnages – des hommes préhistoriques? _  sont en papier coupé et déchiré, mais ce que j’ai trouvé sur Internet me montre que Cheng travaille plutôt sur des figures numériques, algorithmes, et calculs divers. Le résultat est très planant surtout qu’aucune musique ne parasite le spectacle, seuls des bruits très doux comme les gouttes de pluie, le vent la respiration de la terre : une communauté très ancienne vit sur le flanc d’un volcan. le sol se met à trembler…. Si nous n’avions pas tellement passé de temps dans l’exposition je serais bien restée longtemps devant le film.

Encore une fois, une exposition si copieuse que je n’ai plus la force de consacrer toute la concentration nécessaire aux dernières salles.

74 803 jours – Hicham Berrada à l’Abbaye de Maubuisson

Exposition temporaire jusqu’au 22 avril 2018

Hicham berrada : l’artiste laborantin,

Dans le cadre prestigieux de l’Abbaye de Maubuisson le plasticien Hicham Berrada  présente une installation en 4 actes :

Le Jardin inaltérable 

jardin inalterrable

Dans une enceinte stérile, d’air contrôlé,  le visiteur est prié de revêtir charlotte, sur-chaussures, masque… pour pas introduire de micro-organisme, un olivier au tronc recouvert d’or (minéral inerte) seul grandit et vit? un algorithme est matérialisé par des pixels sur un écran. Sur notre groupe de 14, seules deux ont « pris le risque » d’entrer dans l’enceinte, interloquées, dépaysées. On ne voyait pas tellement mieux qu’à travers les panneaux qui faisaient comme une glace sans tain. Mais c’était une impression d’aventure. comme participer physiquement à une oeuvre d’art.

Reflets dorés

Le temps qui passe étant le thème principal de l’exposition, dans cette salle séculaire, dorée, le temps semblait arrêté dans cette atmosphère abiotique.

Masse et martyr

masse et martyr

74 803 jours est le temps qui’l faudra pour que  la pièce en bronze qui s’altère, que le plasticien a nommé martyr soit décomposée en milieu naturel. Hicham Berrada en procédant à une électrolyse va rendre sensible cette altération, des bulles s’échappent d’une électrode tandis que des produits solides faisant penser à des fumées vont se sédimenter lentement après des flottement en convection.
J’avais déjà vu une installation semblable à Versailles dans le Voyage d’Hiver. En plein  air cette installation m’avais paru hors saison tandis que dans l’abbaye, dans l’obscurité et le calme, une méditation sur le temps qui passe m’a beaucoup touchée.Il faut dire que cette fois-ci, une médiatrice, une vidéo avec le making-of de mieux appréhender le phénomène. 

Méditation x240

Sur des écrans représentant la salle de l’Abbaye, une tache de lumière se déplace à la vitesse accélérée 240 fois. Encore une représentation du temps qui passe. mais qui ne m’a pas convaincue.

Making-of du montage de l’exposition

Une vidéo d’une dizaine de minutes présente l’artiste, sa biographie, ses méthodes de travail,la philosophie de son installation. Si je n’avais pas visionné cette vidéo, je serais passée à côté de l’installation. C’est mon problème avec l’art contemporain, souvent très cérébral. Si on n’explique pas les intentions ces dernières restent souvent cachées à la béotienne que je suis. Quand on m’explique, tout s’éclaire.

Présage

est une vidéo réalisée dans un becher filmé. Différents produits chimiques précipitent, réagissent, cristallisent poussent, se métamorphosent…On a une impression de création du monde. d’un monde aquatique sous-marin. De paysages étranges, colorés. Limite entre chimie et vie. C’est très poétique et très joli.

 

Je suis sortie conquise. finalement l’art contemporain vaut la peine qu’on se donne un peu de mal pour l’aborder!

pour les vidéos, cliquer ICI  pour arriver sur mon blog blogspot qui permet de les intégrer!

Sophie Calle et son Invitée Serena Carone au Musée de la Chasse

PARIS EN EXPOS


Je ne serais jamais  allée au Musée de la Chasse (rue des Archives dans le Marais) devant lequel je suis passée maintes fois si Anne ne me l’avais pas proposé. Je n’aime pas la chasse, ni les armes. Les animaux empaillés me mettent mal à l’aise et les trophées de chasse encore plus. Je n’aurais pas été à une exposition de Sophie Calle, cela devient un refrain dans mon blog, j’ai du mal avec les installations surtout quand il s’agit de chasse au mec que je ne pratique pas du tout!





Réflexion sur la
 mort, la mort de son père, de sa mère et paradoxalement de son chat souris. A la mort de son père, Sophie Calle se trouve en panne d’idée. Son père était un amateur d’Art, créait-elle pour le séduire? Plus loin dans l’expo, encadrée par Serena Carone : une anecdote Sophie atterrit chez le psychanalyste : « vous faites tout ce que votre père demande? »

La mort de ses amis? »que faites vous de vos amis morts? » demande-t-elle? Etrangement cette question est illustrée par des animaux empaillés, chacun de ses animaux naturalisés porte le nom d’un de ses amis….


Sa propre mort et son tombeau : Serena Carone a sculpté la gisante qui doit être le tombeau de Sophie Calle, entourée de ses animaux empaillés. 


Sophie Calle a mis en scène sa vie à travers les salles d’exposition permanente du musée. Cela rend la promenade très ludique et plaisante. Il s’agit d’une sorte de chasse au trésor parmi les tableaux, les collections d’armes, les trophées, pour trouver ce que Sophie Calle ou sa complice Serena Carone ont ajouté. Sculptures pour Séréna Carone parfois discrètes parfois monumentales, une très belle fontaine, femme qui pleure.

 . Textes encadrés racontant des épisodes pour le moins étranges dans la vie de Sophie Calle, parfois accompagnés d’objets lui appartenant comme sa literie qu’elle a fait parvenir à un américain souhaitant dormir dans son lit (elle y a invité des inconnus pour une oeuvre antérieure). On comprend que la chasse de Sophie Calle c’est la chasse à l’homme (dans le sens sexuel). Etrange série d’assiette le porc avec une résonance très actuelle; Sophie Calle est chasseuse et non pas gibier!



Au dernier étage trois  expositions de Chasse à l’Homme celle vénitienne de sa poursuite photographique d’un homme à travers les rues de Venise.  Une autre, très écrite avec la transcription de petites annonces matrimoniales du Chasseur Français (on est au Musée de la Chasse) puis beaucoup plus moderne drague géolocalisée sur téléphone mobile.  Enfin une série de photographie : Chasse à l’espère, chasse à l’affût, ou ele a photographié différents bancs, sièges, qui servent d’affût légendés avec des recherches de personnes rencontrées dans les trains, ou métros comme on les lisait (lit?) dans Libé. 

Je ne regrette pas cette visite. S’il y a une chasse que j’essaie de pratiquer c’est bien celle des préjugés. Et si l’art a un but (je n’en suis pas si sûre que cela) c’est bien de nous ouvrir l’esprit et de nous éclairer. Je suis sortie un peu moins bête du musée que quand j’y suis entrée. Et j’ai passé un bon moment en très bonne compagnie.

Etranger résident collection de Marin Karmitz à la Maison Rouge

PHOTOGRAPHIE NOIR ET BLANC

Exposition temporaire jusqu’au 21 janvier 2018

le mineur de Gotthard Schuh

Exposition temporaire jusqu’au 21 janvier 2018

Marin Karmitz (des cinémas MK2 et producteur de cinéma) a présenté ses collections en les scénarisant comme le film d’une vie. On découvre ainsi en regardant les collections de photographies et d’autres œuvres plastiques, la personnalité du collectionneur.

J’ai beaucoup aimé ces photographies argentiques en noir et blanc, plutôt noires que blancs où le grain, le flou, la lumière qui jaillit a le charme de l’ancien. On entre dans l’univers du photographe Michael Ackermann  installé à New York depuis 1974 reportage d’une banlieue populaire Cabbagetown.

Toute une salle évoque les communautés juives d’Europe de l’Est – Karmitz est originaire de Roumanie – série de clichés de Roman Vischniac missionné par le Joint, étonnant ensemble intitulé Kibboutz en Europe de l’Est de Moï Ver (Lituanie) . Non seulement le témoignage est capitale mais les photos sont d’une grande beauté. Dans les photos plus récente je note aussi les prises de vue d’Auschwitz d‘Antoine Agata son  Huis-clos raconte toutes les ambiguïtés et les violences d’une journée à Jérusalem,

Si la collection est essentiellement photographique, elle comporte aussi des dessins et des sculptures ainsi que de très belles sculptures mexicaines, des tableaux de Dubuffet, des installations d’Annette Messager et Boltanski…..

Impossible de faire le tour de toute cette exposition sans faire une énumération fastidieuse, incomplète…Chacun fera la visite en mettant l’accent sur une facette différente de l’ensemble.

Impossible pour moi d’illustrer ce billet : rien n’interdisait de faire des photos, mais photographier des photos de grands photographes, c’est leur faire injure, les piquer sur Internet frôle l’illégalité, je ne veux pas me préoccuper de copyright, cherchez les donc sur Google, et cliquez sur les liens intertextes.