Le Typographe de Whitechapel – Rosie Pinhas Delpuech – Actes Sud

LIRE POUR ISRAEL

« Il s’appelle Yossef Hayim Brenner. Il est né en 1881 à Novy Mlini, à la frontière entre la Russie et la Biélorussie.
Il est avec H. N. Bialik et S. Y. Agnon l’un des trois grands écrivains fondateurs de l’hébreu contemporain, et sans doute le plus audacieux. Sa vie est brève, il meurt assassiné lors d’émeutes arabes à Jaffa en 1921. »

Rosie Pinhas Delpuech raconte la vie de Brenner mais cette biographie, trame du livre, est entrelacée par une réflexion sur la langue hébraïque. L’auteure, traductrice de l’hébreu, s’implique personnellement dans la narration ;  elle  nous fait entendre l’hébreu actuel, le Brouhaha d’un autobus déchiffrant les accents, les langues qui se mêlent. 

« Dans mon métier – je suis transporteuse de langues –, les vacances sont rares, nous mettons longtemps à
transporter notre cargaison de mots d’une rive à une autre,

[…]
Pourquoi cette langue, l’hébreu, pourquoi ça ne me lâche pas, pourquoi ce livre sur un écrivain que je ne parviens même pas à lire, ni à traduire, mais autour duquel je tourne depuis des années ? »

Avant d’être la langue de la vie de tous les jours en Israël, l’hébreu était la langue de la religion et le retour à la Bible est une évidence. Les références anciennes, au personnage de Moïse, le bègue traversent le récit.

L’auteure situe le personnage de Brenner dans son contexte, écrivain juif russe, exilé à Londres arrivant à Whitechapel. Brenner écrit en hébreu, ce n’est pas une évidence à l’époque, le yiddish est beaucoup plus pratiqué alors, en hébreu manquent encore des vocables de la vie quotidienne, cependant. D’autres alternatives existent comme l’Espéranto  ou lz langue du pays de résidence, allemand, russe, anglais….

« Comme si, à l’orée du XXe siècle, le peuple juif laborieux, ouvrier, se découvrait non seulement sans terre et sans
abri, mais dans une détresse linguistique semblable à une détresse respiratoire. »

Whitechapel est le quartier des pauvres. Brenner s’installe en même temps que Jack London. De quelques semaines d’expérience, London rapporte Le Peuple de l’Abîme.  Brenner s’installera le 2 avril 1904 parmi les juifs démunis travaillant dans les sweatshops pour des salaires dérisoires provoquant le rejet et l’antisémitisme des ouvriers locaux qui voient en eux des immigrés gâchant les conditions de travail.

 

Même si les conditions de vie sont misérables, des journaux circulent parmi les juifs. Dès 1976, Aaron Liberman fonde avec dix ouvriers dont quatre imprimeurs l’Union des Socialistes hébraïques, en 1884 un journal rédigé en yiddish est destiné au public ouvrier; en 1885, paraît  l’Arbeter Fraynt de tendance anarchiste et yiddishisant . On croise un personnage singulier Rudolf Rocker, catholique allemand qui épouse le destin des anarchistes juifs et devient directeur de l‘Arbeter Fraynt. Brenner s’installe au dessus du local de l’imprimeur Narodiski et apprend le métier de typographe. Brenner raconte ce monde des petits journaux dans son roman Dans la détresse . Il crée une revue littéraire en hébreu qui a des abonnés en Europe et en Amérique. Malgré l’aspect artisanal de sa fabrication Brenner est célèbre. Lorsque Freud est de passage à Londres, ils se donnent rendez-vous devant les dessins de Rembrandt. Et encore, en filigrane, apparaît le personnage de Moïse

Rembrandt : le festin de Balthazar

« Dieu écrit directement avec son doigt, comme un artisan, et rien ne m’intrigue autant depuis mon enfance que ce doigt de Dieu qui montre une direction, qui écrit. Rembrandt le peint dans Le Festin de Balthazar, »

J’ai adoré cet entrelac d’histoire et d’exégèse de la Bible alors que justement la renaissance de l’Hébreu se veut laïque

Faire renaître un hébreu simple, encore gauche, détaché de son contexte religieux, ancré dans la réalité prosaïque
de l’humain. La langue, toute langue, ne peut qu’être humaine, ramassée dans la poussière et la sueur de la rue. 

Brenner quitte Londres en 1908, passe à Lemberg une année, hésite entre Ellis Island et la Palestine. Il accoste en février 1909 à Haïfa. 

Commence alors une nouvelle histoire, celle de la Seconde Aliya, celle des coopératives  agricoles, des communautés ouvrières. L’hébreu est alors la langue quotidienne, de Hedera au Lac de Tibériade, il n’existe pas toujours de mots pour désigner les choses. l’hébreu est façonné par des eshkenazes, L’écrivaine note

Il faudra aussi l’éclatement de l’utopie cinq ans plus tard, en 1967, pour que l’espace se fissure et que par
l’interstice s’engouffre l’arabe palestinien

Cette irruption de l’arabe remet en circulation l’ « l’arabe honteux des juifs orientaux » La traductrice ne se lasse pas d’interroger l’évolution de la langue, et j’apprécie ses digressions 

Brenner aboutit dans une cité-jardin Ein Ganim et vit dans une communauté laïque

Il se lie d’amitié avec deux grandes figures fondatrices du sionisme socialiste : A. D. Gordon et Berl Katznelson.

Elle note que sur le sionisme ils sont lucides

Herzl s’est trompé, ce n’est pas une terre sans peuple pour un peuple sans terre. Il y a des habitants, ici, les Arabes, ils tiennent à cet endroit. 

Le 1er mai 1921, les ouvriers juifs défilent avec des drapeaux rouges, la population arabe réagit, c’est une journée sanglante

Brenner succombera, victime des journées d’émeutes.

Merci à Aifelle de m’avoir signalé ce livre qui traite de trois sujets que je poursuis : l’histoire du peuple juif, l’hébreu et le rapport de la traductrice à la langue.

Personnellement, j’aurais mis 5* sur Babélio mais peut être suis-je trop subjective!

 

 

 

 

 

 

La Treizième tribu : l’empire khazar et son héritage – Arthur Koestler

KHAZARIE

Récemment, j’ai lu La mort du Khazar Rouge de Shlomo Sands un polar où il est question de l’identité juive et des Khazars, j’ai voulu en savoir plus sur les Khazars. Emmanuel Ruben, Sur la route du Danube raconte qu’il a visité un cimetière khazar à Celarovo (Serbie), il cite Le Dictionnaire khazar de Milorad Pavic. J’ai téléchargé la Treizième Tribu de Koestler en anglais et j’ai beaucoup appris sur les Khazars.

 

La Treizième tribu, l’Empire Khazar et son Héritage est un livre de 181 pages, annexes comprises. Sa première publication date de 1976. Il est composé de deux parties : L’essor et la chute des Khazars et l’Héritage.

Khazarie et voisins trouvé sur wikipedia

Qui étaient les Khazars? C’est un peuple d’origine turque, semi-nomade,  venant de l’est, comme avant eux les Huns, Bulgares? Hongrois ou Pechnègues. Leur domaine s’est étendu entre la Mer Noire et la Caspienne, du Caucase à la Volga. Ils sont venus avec leurs yourtes, puis ont construit des palais. Leur capitale Itil se situait dans le delta de la Volga; pour contrer les incursions des Vikings (Rus) ils édifièrent la forteresse de Sarkel près de Tsimliansk (Rostov-sur-le-Don).  Après avoir combattu les Arabes au 7ème siècle, le Royaume Khazar  servait à l’équilibre géopolitique entre l’empire Byzantin chrétien et les califes musulmans. Situé au carrefour des routes commerciales (Est-Ouest sur la Route de la Soie) et nord Sud, par la Volga et le Don entre la Baltique et Constantinople, le royaume Khazar vivait du commerce en prélevant des taxes de passage sur les marchandises qui circulaient.

la conversion

Selon la légende, en 740, le Kagan Bulan, aurait vu un ange dans son sommeil lui enjoignant de se convertir ….mais quelle religion  choisir?  Il fait venir des représentants des trois grandes religions monothéistes pour une grande controverse. Le choix est peut être plus politique que philosophique, garantissant l’indépendance du royaume entre l’Islam et le christianisme byzantin. Le judaïsme était bien connu des Khazars : des Juifs de Bagdad fuyant des persécutions auraient rejoint la Khazarie.

Koestler se réfère aux textes connus, relation d’Ibn Fadlan, mais aussi correspondance entre un Juif de Cordoue, textes byzantins. C’est vraiment un essai historique loin du roman historique. un important corpus de notes et références dans les annexes montre le sérieux de cette étude. .

L’empire Khazar atteindra son apogée à la fin du VIIIème siècle, vers le milieu du IXème siècle le Kagan demanda l’aide des byzantin pour construire la forteresse de Sarkel destinée à contenir les incursions des Vikings ou Rus. Constantinople se servait du royaume Khazar comme bouclier protecteur contre les navires Vikings comme aux siècles précédents contre la bannière verte du Prophète. Une alliance entre les Khazar et les Magyars confortait la position du Kagan.

Toutefois, au tournant du millénaire , l’annexion en 862 de Kiev par les Rus, les guerres et les alliances entre Constantinople et les Vikings/Rus puis le baptême de la Princesse Olga de Kiev en 957 annoncent le rapprochement entre les deux puissances au détriment des Khazars. Vladimir occupa Cherson  en 987 sans même une protestation byzantine. La destruction de Sarkel en 985 marqua la fin de la puissance Khazar. Les hordes mongoles de Gengis Khan au début du XIIIème siècle puis la peste Noire 1347-8 signent la chute de l’empire Khazar.

L’héritage

Avec la destruction de leur état, plusieurs tribus Khazar se joignirent aux magyiars en Hongrie, certains ont combattu en Dalmatie en 1154 dans l’armée hongroise. La diaspora khazar suivit la migration vers l’Ouest des Magyars, Bulgares de la Volga,  Kumans, etc…La formation du Royaume de Pologne se fit au moment du déclin de l’empire Khazar 965. les immigrants khazar furent les bienvenus en Pologne et en Lituanie, de même que les Allemands qui apportèrent leur savoir-faire. parmi ces population s’installèrent aussi les Karaïtes, une secte juive fondamentaliste emmenés comme  prisonniers de guerre en 1388. Koestler montre l’apport démographique  considérable formant d’après lui le noyau de la communauté juive eshkenaze. Tandis que le féodalisme polonais a graduellement transformé les paysans polonais en serfs la communauté khazare surtout urbaine a formé un réseau d’artisans, marchands de bestiaux, cochers, tailleurs, bouchers… caractéristiques du Shtetl. Selon Koestler, la construction de charrettes, la profession de cocher spécifique des communautés juives aurait une origine khazar rappelant les peuplades semi-nomades qui utilisaient des chariots tiré par des bœufs ou des chevaux.

L’usage du yiddisch proche de l’Allemand conduit à penser que les juifs polonais ou russes seraient venus de Rhénanie et d’Allemagne. Après une grande digression sur l’historique des communautés juives d’Europe de l’Ouest Koestler soutient que ces migrations à la suite des persécutions pendant les Croisades et après la Grande Peste ne marquent  pas de déplacement en masse et que l’usage du yiddisch pourrait avoir une autre origine, linga franca dans tout ce domaine parce que les Allemands formaient une population éduquée qui influençait les juifs du shtetl.

S’en suit ensuite une longue étude pour prouver qu’il n’existe pas de fondement scientifique à l’existence d’une race juive. Etude fastidieuse des caractères comme la forme du nez, la taille, ou les groupes sanguins. Comme, depuis longtemps, le concept de race n’est plus scientifiquement fondé, je ne m’attarde pas sur cette partie du livre.

Cette idée que les Juifs Ashkénaze auraient des origines turques et  asiatiques complètement distinctes des origines de la Diaspora venant de Palestine après la Destruction du Temple perturbe certaines traditions et certaines notions comme celle de « Peuple élu » et se trouve à la base du roman de Sand La mort du Khazar Rouge. 

Je serais curieuse de lire ce que Marek Halter a écrit

Dans mes recherches sur Internet j’ai eu la très désagréable surprise de trouver que les Khazars avaient inspiré antisémites et conspirationnistes qui ont imaginé des conspirations khazares impliquant Rothschild ou même Soros. Evidemment j’ai prudemment refusé d’aller plus loin et de cliquer sur les vidéos ou les liens de peur d’importer de très nauséabonds cookies.

Juifs d’Orient – une histoire plurimillénaire à l’Institut du Monde Arabe

Exposition temporaire jusqu’au 13 mars 2022

L‘IMA poursuit avec Les Juifs d’Orient la série : Hajj pèlerinage à la Mecque et Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire avec la même ambition et la même approche chronologique dans un Orient qui s’étend de l’Atlantique à la Perse et à l’Arabie. Coexistence millénaire des Juifs et des Musulmans .

brique funéraire – Espagne IV -VI ème siècle

La chronologie remonte à la destruction du premier temple (586 av JC) et l’exil à Babylone, puis à la destruction du second temple (70)et l’interdiction  aux Juifs de vivre à Jérusalem qui devient Aelia Capitolina (130)

Des papyrus trouvés dans l’Île Eléphantine sont datés 449 – 427 – 402 av JC

Des objets illustrent l’époque romaine : lampes portant la ménorah en décor,(Egypte, Tunisie, Maroc) des ossuaires de marbre, mosaïques de la synagogue de Hammam Lif (Tunisie)  avec des inscriptions en latin. magnifique vase de Cana en albâtre.

Doura Europos traversée de la Mer rouge

La synagogue de Doura Europos (Syrie 244 -245) fut entièrement peinte à fresques sur des thèmes bibliques. On entre dans une petite salle où les photographies des fresques ont un aspect saisissant. On s’y croirait. C’est une surprise totale. Je n’imaginais pas de telles peintures figuratives. 

Doura Europos scène du Livre d’Esther

Un dessin animé montre la rencontre du prophète Mohamet avec les tribus juives de Médine qui se soldera mal.

En parallèle une peinture de J Atlan  rappelle la figure de la Kahena (reine berbère, peut être juive qui mourut en 703 dans les Aurès combattant les invasions arabes;

Dans une petite salle un documentaire nous montre la Gueniza du Caire et les  autographes de Maïmonide. C’est très émouvant de voir ces documents : en plus des écrits religieux on découvre même la punition d’un écolier qui a fait des lignes, répétant 500 fois que « le silence est d’or » on imagine le garçonnet turbulent! Dans une vitrine sont exposés des manuscrits et même celui de la main de Maïmonide (la photo était floue à travers le verre) .

Une salle reproduit la synagogue de Tolède je remarque le sceau personnel de Todros Halevi fils de Don Samuel halevi Aboulafia de Tolède. 

Souvenir de pèlerinage à Jérusalem (affiche)

Le Temps des Séfarades raconte la vie des Juifs à Istanbul avec des photos anciennes et d’amusants souvenirs de pèlerinages à Jérusalem

Istanbul, les trois religions

Le temps de l’Europe avec un grand tableau de Crémieux, des photos de classe de l’Alliance Israélite évoque l’Algérie et la colonisation française. En face des dessins et aquarelles de Delacroix, Chasseriau montre l’intérêt pour l’orientalisme. 

tikim pour la Torah

La vie des communautés juives au tournant du XXème siècle 

montre des objets venant du Maroc (vêtements, bijoux, objets)

bijouxMaroc

 

bijoux et photos du Yémen . Un film m’a étonnée : un pèlerinage  à la Ghriba de Djerba, ces Juifs semblent sortis de la haute Antiquité alors qu’il a été filmé en 1952. La Ghriba était bien vide lors de nos passages il y a 3 ans. 

Ctouba : contrat de mariage

Dans une salle, des photos de familles marocaines, algériennes et tunisiennes montrent l’exil vers la France ou le départ en Israël. Un monde disparu.

La fin de l’exposition montre la création de l’Etat hébreu et ses conséquences : départ des juifs marocains (Aliya spirituelle pour ces populations très religieuses, mais aussi émigration économique de villageois très pauvres), l’arrivée des Juifs Irakiens, accueillis au DDT alors qu’ils avaient revêtu leurs plus beaux habits. Déchirements de ces Irakiens établis depuis l’Exil à Babylone bien avant l’arrivée des Arabes.

Une vidéo très joyeuse de Yemennight 2020, Talia Collis jeunes yéménites rappeuses préparant la mariée avec le maquillage au henné, danses et musique aux paroles ironiques sur le pays où coule le miel, le lait, les dattes….j’aimerais retrouver sur Internet cette vidéo.

Cette exposition est très ambitieuse, peut être trop. Très riche en documents, peut être trop. Qui trop embrasse, mal étreint. Je me suis sentie un peu perdue dans tous ces témoignages très touchants mais pas toujours bien mis en évidence. Il y avait matière à plusieurs expositions.

 

 

Fouché – Stefan Zweig

FEUILLES ALLEMANDES 

J’ai rejoins avec curiosité l’aventure de Les feuilles allemandes alors que je suis bien ignorante de la littérature allemande contemporaine. Comme je ne suis jamais déçue par Stefan Zweig et que son œuvre est inépuisable j’ai choisi la biographie de Fouché après la lecture de celle de Balzac, Magellan, Marie Stuart….Et bien sûr, ce fut un bonheur de lecture! 

Traître né, misérable intrigant, nature de reptile, transfuge professionnel, âme basse de policier, pitoyable
immoraliste, aucune injure ne lui a été épargnée

Fouché a traversé la Révolution, le Directoire, l’Empire, la Restauration toujours au premier plan de l’action politique. Mitrailleur de Lyon, régicide, ministre de la Police de Napoléon, artisan du retour de Louis XVIII. Arriviste, sans scrupule, mais gros travailleur, traître, joueur presque plaisantin selon Zweig. L’analyse psychologique de ce personnage complexe est très bien conduite. Zweig est un maître de la biographie!

Charles Thevenin (1764-1838). « La Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars » (1795). Paris, musée Carnavalet.

Leçon d’histoire Zweig nous fait partager tous les épisodes de la Révolution. La visite récente au Musée Carnavalet fournit les illustrations! Une galerie de personnages, de Couthon à Robespierre en passant par Marat et Chalier que je ne connaissais pas, pendant la Terreur.

Une révolution, il le sait, dans son expérience précoce, n’appartient jamais au premier qui la déclenche, mais
toujours au dernier qui la termine, et qui la tire à lui, – comme un butin.

Ami de Barras qu’il trahit au 18 Brumaire. Bonaparte puis Napoléon se méfie de Fouché mais reconnaît la compétence de son ministre de la Police.

Cette puissance de Fouché sur Napoléon, qui était une énigme pour tous les contemporains, ne doit rien à la magie ou à l’hypnotisme. C’est une puissance acquise avec science et assurée par le travail, l’habileté et l’observation systématique.

Le duo Fouché-Talleyrand est décrit avec finesse. Quand Fouché prend trop d’initiatives Napoléon cherche à l’éloigner, le couvre de richesses et d’honneur : Fouché devient Duc d’Otrante.

La Malmaison : Chambre de Joséphine

Fin analyste politique, Fouché se rangera toujours du côté du pouvoir, aussi bien pendant les Cent Jours qu’à la Restauration, négocie un ministère avec Louis XVIII. Quand l’Ancien Régime se trouve restauré, le sang du régicide qui a voté la mort de Louis XVI lui vaudra sa disgrâce et l’exil.

 

Tadjikistan – Au pays des Fleuves d’Or au Musée Guimet

Exposition temporaire jusqu’au 10 janvier 2022

L’Oxus (Amou-Darya) et le Zeravchan ( le « Semeur d’Or » en Persan) sont des rivières aurifères. Depuis la Préhistoire, au Chalcolithique les ressources minérales (or, cuivre, plomb, lapis-lazuli, cornaline et rubis) furent exploitées.

  A l‘Âge de Bronze, le site de Sarazm est un centre métallurgique important en relation avec l’Empire Perse comme le suggère la petite statue de pierre. 

Ibex

le Trésor de l’Oxus est composé de plaques, parures en or et argent destiné à une élite achéménide. La finesse de l’orfèvrerie est remarquable

Plaques décorative thèmes animaliers du Trésor de l’Oxus

métallurgie, orfèvrerie, aussi bien richesse des matières premières que finesse du travail.

la Bactriane sous les successeurs d’Alexandre

Des rois aux noms grecs comme Diodote 1er ou Démétrios on laissé leurs profils sur des monnaies. Sur une drachme à l’effigie d’Alexandre le Grand est gravé la silhouette d’Héraclès, sur une tétradrachme de Diodote à l’avers on reconnait Zeus. Deux poids pour une balance représentent Athéna Casquée et Mercure

Poids : Athéna et Mercure (1er siècle après JC)

On fait connaissance avec les Bactriens : dans le Temple de l’Oxus des têtes en terre crue ou en stucs les représentent

Bactriens en terre crue

En terre crue, une figure féminine est vêtue à la grecque avec chiton et himation. l’art des steppes hellénisé est d’un grand raffinement avec l’utilisation de l’ivoire

Fourreau en ivoire
ivoire

Du 1er au 4ème siècle de nouveaux nomades importent de nouvelles croyances : brahamique , bouddhiste, zoroastrien. On voit un art grécobouddhiste

Tête de Bouddha kouchan

Venus des steppes les marchands sogdiens sur les routes de la Soie. 

Turcs orientaux, ils utilisent le chameau de Bactriane

Chameau de Bactriane

l’exposition présente plusieurs chameaux, cavaliers et palefreniers sogdiens

palefrenier sogdien

Il y a aussi des représentations de Shiva (statue colossale) de divinités indienne à 4 bras.

Fresque du palais de Pendjikent

les Sogdiens ont aussi fondé Afrosiab (Samarcand) où l’on peut voir de magnifiques fresques. La fresque du palais de Pendjikent représente une bataille, une procession et un banquet.

la religion des Sogdien était le zoroastrisme, religion dualiste (Bien/Mal) honorant le feu et l’eau. On peut voir un temple du Feu avec un autel du feu

le dieu Mithra et ses attributs

Jusqu’à la conquête de l’Islam (8ème siècle) le Bouddhisme est répandu.  Les nomades turc avaient aussi d’autres croyance avec des tombes de pierre Balbal

Les Samanides (875 – 999)

aiguière et brûler d’encens samanides

les Samanides forment un émirat indépendant. la langue scientifique était l’arabe, celle de l’administration, le persan. les Samanides valorisaient l’identité iranienne.. 

 Cette exposition est splendide. Elle a bousculé mes a-priori concernant le Tadjikistan et la Route de la Soie. J’avais dans mon imagination des marchands arabes ou chinois marchant avec leurs chameaux de caravansérail en caravansérail, des Chinois aussi ou tout au moins des asiatiques, les chevaux de Gengis Khan ou de Tamerlan. Je n’imaginais pas trouver une civilisation si ancienne, une cité métallurgique de la Préhistoire, des villes anciennes, et surtout une telle richesse : or, ivoire, soie précieuse. Carrefour ou creuset de peuples si variés.

 

1889, L’Attraction Universelle – David Diop

LIRE POUR L’AFRIQUE

1889, C’est l‘Exposition Universelle de Paris, la Tour Eiffel !

Tout l’Empire Français est mis en scène pour faire briller la puissance française,  son économie et pour glorifier l’aventure coloniale. 

A Saint Louis du Sénégal, les notables noirs se jalousent pour avoir l’honneur de représenter le Sénégal à l’Exposition. Qui sera digne d’accompagner Lat Bassirou Ndiaye? 

Hélas! la délégation sénégalaise ne se doutait pas du rôle qui leur serait attribué : de la figuration au Village Sénégalais, ressemblant à un véritable zoo humain. Ils ne s’attendaient pas à être l’objet du mépris du public raciste.

« Des nègres avaient été chassés de l’Exposition universelle de Paris parce que deux d’entre eux avaient pris la
« poudre d’escampette » sans autorisation. »

(…)

Ils s’étaient mal comportés et on ne savait pas comment les punir ! Néanmoins ils pouvaient être utiles à
quelqu’un et le Député Dartiguelongue avait pensé à lui.

La punition est humiliante : ils se retrouvent à Bordeaux dans un cirque minable où l’on veut faire d’eux l’attraction nouvelle  en supplément de numéros avec des singes, des perroquets, une lionne.

Prends garde à toi, Lat Bassirou, lui avait répondu Couly Coumba, tant que tu n’as pas traversé le fleuve,
n’insulte pas les crocodiles… »

L’Attraction universelle, comme  Frère d’âme et La Porte du Voyage sans retour sont des romans historiques qui se déroulent en Métropole et au Sénégal, marquant ainsi les liens que la Colonisation a noués, liens culturels et économiques. Critique de la colonisation et du racisme. Double regard de l’Africain qui parle Français, connait le colonisateur et qui possède sa culture propre, mépris du colon avec son complexe de supériorité. Belle reconstitution de la société française en 1889, reconstitution des décors de l’Exposition, du contexte politique aussi.  Il y a aussi une histoire touchante qui se déroule dans le cirque avec de nombreux personnages, des animaux…

pirogues

Sans la charge émotionnelle très forte de Frère d’âme que j’ai beaucoup aimé lire et écouter lu par Omar Sy, l’Attraction Universelle est un excellent roman !

Paris-Athènes (1675-1919) au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 7 février 2022

affiche

 

Quelques dates :  l’exposition célèbre à la fois le bicentenaire des guerres d’indépendance de la Grèce ayant commencé le 25 mars 1821 et l’entrée de la Vénus de Milo au Louvre en avril 1821. 1675 est la date de la visite de l’ambassadeur français de Nointel à Athènes et 1919 marque l’épisode de la Grande Idée – extension de la Grèce en Asie Mineure et la catastrophe qui la suivit(septembre 1922). 

Le marquis de Nointel se fait représenter devant le Parthénon

De Nointel rapporta des relevés de la frise du Parthénon : son album se « feuillette ». Il rapporta également des marbres.

D’autres diplomates comme Fauvel (1753-1858) également peintre et archéologue rapportèrent des représentations des antiquités grecques.

Philhellènes :

Theodoros Vryzakis (1861) Byron à Missolonghi.

Les massacres de Scio (1822) inspirent Delacroix . Le célèbre tableau est resté à sa place dans la Galerie du XIX ème siècle à l’étage, on ne le voit pas à l’exposition . Du même Delacroix : La Grèce pleure sur les ruines de Missolonghi accompagné d’un enregistrement sonore de Berlioz : Scène héroïque (1926)

 

la Grèce sur les ruines de Missolonghi
Ary Scheffer : les femmes souliotes
Horace Vernet : Incendie d’un navire turc.

On voit aussi une statue de David d’Angers : Jeune grecque sur le tombeau de Botzaris. 

Après la prise par les turcs de Missolonghi (1926)La France envoya une expédition militaire et scientifique de 15 000 hommes , sur le modèle de l’expédition de Bonaparte en Egypte, sous le commandement de Abel Blouet (1828-1833) qui rapporta une description de l’Expédition de Morée gros volumes  (CLIC)Patras, Milos, Délos ainsi que des statues et des objets. j’ai bien aimé la Fille de Niobé venant de Patras

Fille de Niobé

Après l’Indépendance de la Grèce, avec l’installation d’un roi bavarois Othon er sur le trône on procéda à la construction d’une Athènes nouvelle néo-classique inspirée de l’Antiquité et de Munich. l’exposition présente de nombreux plans d’architectes pour la construction de la Métropole, du Musée archéologique et du palais royal ainsi que de belles demeures cossues. entre autres architectes : Ernst Ziller (allemand) et Lysandros Kaftanzoglou (grec)

Costumes à la cour de la Reine Olga

Des peintres grecs ont été à l’Ecole de Munich, d’autres ont plutôt étudié à Paris. Un sculpteur a retenu mon attention :  Yanoulis Chalepas de Tinos.

Yanoulis Chalepas

L’Ecole Française d’Athènes fut fondée en 1846, dispensant des cours de Français à la jeunesse grecque, mais surtout entreprenant des fouilles archéologiques  : 1870 à Santorin, 1873 à Délos, 1892 à 1903 à Delphes….Ses travaux sont illustrés par une série de photographies anciennes : fouilles de Thasos, des carnets de terrain, des relevés et des reconstitutions à la plume et  l’aquarelle spectaculaires

REconstitution du temple d’Eleusis

La glyptothèque du Louvre et d’autres plâtres rendent accessibles divers chef d’œuvre de la statuaire grecque. J’ai plaisir à reconnaitre l’Aurige de Delphes, une coré parmi les autres plâtres exposés. 

Glyptothèque :

Une vidéo explique les recherches récentes autour de la colonne portant les danseuses de Delphes qui soutiendraient l‘Omphalos – le nombril du monde. Un puzzle virtuel est reconstitué sur un écran avec les explications intéressantes

Delphes : colonne portant les danseuses soutenant l’omphalos

parmi les nombreux thèmes traités ici, la couleur. Après les fouilles de Cnossos et de Mycènes, les archéologues ont réintroduit la couleur et essayé de montrer l’effet produit de ces statues et bâtiments polychromes.

le parthénon en couleurs!

L’exposition se termine par des œuvres modernes de peintres au tournant de 1900.

En conclusion : une exposition très variée par les thèmes abordés qu’il faut absolument voir!

Retour à Lemberg Philippe Sands

HOLOCAUSTE/PROCES DE NUREMBERG

Lemberg, capitale de la Galicie province autrichienne, Lwow polonaise après la Guerre de 1914-1918, Lviv ukranienne où se côtoyaient Polonais, Juifs, Ukrainiens. Philipp Sands mène l’enquête sur les traces de son grand- père Léon Buchholz, né en 1904 à Lemberg, discret tellement discret sur son passé.


Sands est avocat, juriste auprès de la Cour Internationale, spécialiste en Droit International. Retour à Lemberg revient sur le Procès de Nuremberg où les dignitaires nazis et bourreaux furent jugés : parmi eux, Hans Frank, avocat, conseiller du Führer et Gouverneur de Pologne occupée qui est passé par Lemberg en 1942. Sands fait la biographie de deux juristes qui  ont étudié à Lemberg et siégé au Tribunal de Nuremberg et apporté leur contribution au Droit International. Hersch Lauterpacht, professeur de Droit International, et Raphael Lemkin, procureur et avocat. Ces trois personnages ont échappé aux massacres en ayant émigré à temps mais ont perdu dans l’Holocauste pratiquement toute leur famille. Lauterpacht introduit dans le Droit International la notion de Crime contre l’Humanité, tandis qu Lemkin définit le concept de Génocide. Pour le lecteur moyen, ces deux concepts recouvrent à peu près la même chose, mais pas pour le juriste : Le Crime contre l’Humanité considère les individus et les responsabilités individuelles, principalement dans le cadre des crimes de guerre. le Génocide, en revanche considère des groupes persécutés en tant que groupes comme les Juifs par les nazis, ou les Tsiganes. Une grande partie du livre s’attache à ces deux concepts, leur acceptation ou leur refus par les puissances alliées à Nuremberg. Pour moi qui n’ai jamais étudié le Droit, cet aspect de l’essai de Sands est tout à fait nouveau et intéressant.  

Cette enquête, presque policière, méthodique, imaginative, s’appuyant sur de maigres preuves, parfois une signature, un graffiti,  à l’envers d’une photo, est tout à fait passionnante. Sands cherche des témoins, il est temps, les survivants sont bien vieux

J’ai pensé à deux lectures récentes : Les Disparus de Mendelsohn et Faux Poivre de Sznajder, enquêtes sur des parents morts  dans l’Holocauste. Les Disparus sont sans doute plus littéraires, mais l’aspect juridique du Retour à Lemberg m’a beaucoup intéressée. 

Carnavalet : collections permanentes Paris du 16ème au 18ème siècle

HISTOIRE DE PARIS

Le Pont Neuf et la Pompe de la Samaritaine sous Louis XVI

J’ai attendu avec impatience la réouverture du Musée Carnavalet. Et il semble que je n’étais pas toute seule : comme dans tous les musées, il faut réserver un créneau sur Internet, télécharger et imprimer le billet gratuit et se munir du Pass Sanitaire. L’entrée est gratuite (pas libre).  Pour l’Exposition Cartier Bresson, c’est un billet séparé. Sauf à y consacrer la journée entière et à faire preuve d’endurance, l’après-midi ne suffit pas pour épuiser les collections permanentes et voir une exposition dans la foulée. Avec l’impression de survoler le tout, et de me perdre dans l’ordre des salles je n’ai vu que celles du premier étage. Il me faudra revenir pour la Révolution et le Moyen Age.

Carnavalet occupe tout un bloc entre la Rue Sévigné, la Rue des Francs-Bourgeois, la rue Payenne. On entre par la Cour d’Honneur ou Cours Louis XIV mais je découvrirai qu’il y a 4 cours, une petite Cour Henri IV (avec un jardin des simples), la Cour des Drapiers. Madame de Sévigné a occupé un des hôtels particuliers mais peu de souvenirs ont été conservés. C’est un des plus anciens musées de Paris : il a ouvert en 1880. 

les enseignes

Une belle collection d’enseignes nous fait imaginer les rues de Paris avec les plaques de rues en calcaire gravé. L’étoile de David capte tout de suite mon attention : rien de juif, c’est le symbole des brasseurs, les deux triangles figurant les éléments composant la bière et les transformations. L’orme de Saint Gervais  est le souvenir d’un arbre de justice.

la devanture de l’apothicaire contient flacon et pots à onguents en porcelaine.

Au plafond sont pendus des lorgnons, des fourchettes, au mur un homard.

Plusieurs tableaux et réclames utilisent des stéréotypes racistes :  « A la Tête noire » pour un marchand de vin ou « au Nègre joyeux » dans un magasins de produits alimentaires venant des colonies.

Je monte au 1er étage en empruntant le monumental escalier de l’Hôtel de Luynes surmonté d’une galerie décorée en trompe-l’oeil.

Escalier de l’Hôtel de Luynes

Non seulement on a remonté des escaliers provenant d’hôtels qui ont été démolis mais on a reconstitué des appartements entiers avec boiseries, plafonds, tentures et mobilier.

Une série de salles fait revivre le Paris de l’Encyclopédie (1751 – 1788) d’Alembert nous accueille, et nous passons par les appartements de l‘Hôtel de Breteuil, entrée, salon et boudoir ovale. Le salon est meublé de tables à jeu (échiquier cachant un trictrac) table carrée pour jouer au pharaon, fauteuils divers, une harpe et même une niche capitonnée de bleu pour un chien minuscule. Un accompagnement sonore reconstitue l’ambiance du salon.

Différents tableaux, aquarelles et gravures, restituent les Jardins de Paris, le Jardin des Plantes avec la figure de Buffon, Parc Monceau créé par Carmontelle, Jardin de Bagatelle, mais aussi des jardins oubliés comme ce Jardin des Marchands.

On célèbre le Spectacle des sciences avec le spectaculaire envol (et crash) des Montgolfières qui ont suscité des « objets dérivés » boutons, tabatières et éventails

J’ai découvert un peu plus loin (je me suis un peu perdue dans le dédale des salles) le fauteuil de Voltaire avec sa silhouette caractéristique équipé d’un écritoire et d’un pupitre. Nombreuses têtes, buste de Voltaire autour. Jean Jacques Rousseau en costume arménien fait le pendant au buste de Voltaire). un joli groupe en porcelaine blanche fait figurer Franklin. je suis contente de voir le palais que Beaumarchais s’était fait construire à proximité de la Bastille que décrit Orsenna dans sa biographie Beaumarchais : un aventurier de la liberté. 

maquette de la Madeleine (à l’arrière Saint Sulpice)

Louis XIV, Louis XV et Louis XVI ont embelli Paris de nombreux monuments et places comme la Place Louis XV (place de la Concorde) dessinée par Gabriel. On démolit les maisons construites sur les ponts au XVIIIème siècle. De nombreux tableau témoignent des transformations. Des maquettes des projets de l’église de la Madeleine, et de l’Eglise Sainte Geneviève ou de Saint Sulpice montrent les projets. L’église Sainte Geneviève est devenue plus tard le Panthéon et la Madeleine ne fut terminée qu’après la Révolution.

Une salle entière est consacrée à l’architecte Ledoux  qui dessina 47 barrières dans le mur des fermiers généraux (1762 -1795)

Les reconstitutions des appartements venus d’Hôtels particuliers sont spectaculaires mais mon parcours n’est pas toujours logique ou chronologique, c’est le seul défaut du musée.

je suis éblouie par le salon peint de fresques à grotesques de l‘Hôtel Colbert de Villacerf

Cabinet Colbert de Villacerf, grotesques et portrait de Mazarin

Impressionnants, solennels, ceux de l’Hôtel La Rivière (Place Royale) avec les décors de Charles Lebrun (too much!)

Décors Le Brun très chargés

Boiseries de l’Hôtel d’Uzès

Toujours dans mes errances chronologiques j’ai découvert le 16ème siècle, Catherine de Médicis, Henri III, Charles IX Le Duc de Guise. Impressionnante procession de la Ligue

Procession de la Ligue

Et pour contraster avec cette peinture belliqueuse une fête populaire

Fête populaire

 

et ces petits métiers

petits métiers 18ème siècle

je me rends compte que ce billet est bien désordonné, surtout du point de vue de la chronologie. Telle fut ma visite. Ce musée est si riche qu’on s’y perd et je me promets d’y retourner d’abord pour voir les souvenirs de la Révolution, les témoignages du Moyen Age puis ultérieurement me limiter à une courte période et lire avec soin les cartels.

Le Grand Erratum de jean-Baptiste Pérès suivi de Jette le masque Bonaparte! Leonardo Sciascia

FAKE NEWS

Tout à fait d’actualité ce petit livre de 65 pages!

Actualité cette année de commémoration 200 ans de la mort de Napoléon à Sainte Hélène. Difficile d’y échapper.

Actualité quand Fake news et conspirationnisme polluent la vie politique si ce n’est pas citoyenne tout simplement (avec refus des vaccins sous des prétextes parfois farfelus). 

Et voici comment on peut facilement démontrer que Napoléon n’a pas existé.

Trois parties à cet opuscule :

Arthur  Bernard : Le Grand Erratum de Jean-Baptiste Pérès ou l’histoire du dix-neuvième comme source d’un nombre infini d’errata

Comme quoi Napoléon n’a jamais existé ou grand erratum, source d’un nombre infini d’errata à noter dans l’histoire du XIXème par M. J.B.Pérès A.O.A.M, bibliothécaire de la ville d’Agen

Leonardo Sciascia : jette le masque Bonaparte! 

La première partie annonce le texte de Pérès, le complète, l’analyse.

La seconde prétend que Napoléon n’a pas existé, que c’est un personnage allégorique, le soleil personnifié (je serais tentée de faire une plus longue citation mais je préfère que vous le découvriez par vous-même)

La dernière partie met en scène une émission de télévision où sont invités Savinio, Napoléon lui-même, Chateaubriand, un jeune homme dans le rôle de candide. Ces dialogues sont très amusants se référant également à Gramsci, Stendhal ou Jean Jacques Rousseau. Des allusions au XXème siècle – Guerre des Malouines, Budapest ou Varsovie – ne sont pas fortuites.  Un régal, je suis fan absolue de Sciascia!