Retour à Selinunte et retour des panneaux

CARNET SICILIEN 2016

Temple E avec les chapiteau du temple G
Temple E avec les chapiteau du temple G

Arrivée tardive, 10h,  l’heure des cars de scolaires et de touristes, ciel voilé. Une visite de trop ?

J’étais revenue pour dessiner.

Surprise ! Sur les supports vides mardi, on a installé de magnifiques panneaux en couleur – avec QR-codes –  mais aussi des explications. Cela change tout !

Temple F

temple F
temple F

J’étais passée devant le Temple F sans le voir –  en l’absence de colonnade remontée. Il a suffi d’un panneau bien placé pour que je devine l’édifice, les gradins et la base des colonnes. Temple archaïque 6×14 colonnes. Etait-il consacré à Athéna, Hercule ou Dionysos ? On ne le sait pas ; Gravissant les marches, je reconnais encore Pronaos, Naos et Cella avec ici un élément original : un mur entre les colonnes sans doute pour préserver le secret du culte.

Temple G

Les grosses colonnes du Temple G
Les grosses colonnes du Temple G

La dimension du diamètre des colonnes est impressionnante. La gravure de JP Houel (1782) présente six colonnes encore debout. En cherchant bien dans le chaos des blocs je découvre d’autres colonnes à moitié effondrées mais bien en place sur le côté nord. Mon imagination stimulée, j’imagine le temple.

Acropole

Sur l'Acropole le temple D
Sur l’Acropole le temple C

Le miracle des panneaux est encore plus flagrant. Mardi, j’avais fait une promenade distraite ne prêtant attention qu’à la colonnade du temple C remontée en 1925. Je n’avais même pas soupçonné l’existence du Temple A – temple d’Apollon, milieu du 6ème siècle. De dimension modeste, il était, parait-il décoré de marbres précieux et recelait le premier escalier à spirale, raconte le panneau. Le temple B (300 av. JC) ne possédait que 4 colonnes sous le fronton, il était associé au culte de Déméter que vénéraient aussi bien les Grecs que les Carthaginois. Une autre hypothèse en ferait le heroon d’Empédocle. Je n’aurais pas vu le temple D dans lequel un petit figuier pousse, les figues sont déjà bien développées.

mes rues de la ville antique
mes rues de la ville antique

Dans le quadrillage de rues, de maisons de la cité antique située derrière les temples, l’isolaFII a été restaurée en 2014-2015 : une passerelle métallique offre une « vue-de-dessus »des pièces d’une maison où le sol est revêtu de mosaïques (très simples). Suivant la rue principale, j’arrive à la Porte Nord où l’on observe les fortifications de la ville. Selon les nouveaux panneaux quatre phases ont été distinguées dans la défense de Sélinunte  où les murs de 4.5m flanqués de tours sont encore bien visibles:

  • après 409 av JC support des terrasses
  • 4ème siècle : renforcement du mur nord
  • Fin 4ème: un nouveau système de défence est mis en place avec une grande galerie abritant des machines de guerre
  • 3ème siècle : époque punique

On voit bien la galerie ronde haute de plusieurs étages servant aussi de casernement pour des sorties en masse.

Je rentre en longeant le mur Ouest, entre mur et une haie de lentisques touffus. C’est une belle promenade.

Au restaurant, La Pineta, on nous reconnait « Ah oui, les sardines ! ». Les brochettes de sardines nous attendent ? Ce sera Risotto du pêcheur avec moules, vongole, crevettes petites et grosses pour Dominique et spaghetti ale sarde pour moi. Pour nous faire patienter on nous apporte une corbeille de pain, délicieux et je commets l’erreur d’en manger trois tranches. Quand les spaghetti arrivent je n’ai déjà plus faim. Dommage ! Ils sont vraiment extra : sardines fraîches, tomates-cerises cuites, pignons de pin, basilic, ail. Je suis incapable de terminer mon assiette.

la Pineta et la plage
la Pineta et la plage

Avant le café, je fais  une promenade digestive, que je continuerai après le café jusqu’au fleuve Belice (pas si petit que cela, nous l’avons vu sur la route de Corléone). A notre premier passage, une promenade naturaliste dans le marais et la dune, m’avait laissé un bon souvenir, je m’étais promise de la refaire. Hélas les barrières de bois sont en ruine et les chemins vers les plages privatisées par Look Voyage et Marmara, sont les seuls itinéraires possibles. Promenade décevante. Il fait beaucoup moins chaud que mardi, je tente une baignade plus courte aussi parce qu’il n’y a pas de vagues. Pour finir nous nous installons sur les lettini pour lire les guides : demain Palerme !

Corleone – Sambuca di Sicilia

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Corleone vue d'en haut
Corleone vue d’en haut

Corleone est célèbre pour avoir été le décor du Parrain. Archétype d’une certaine Sicile mafieuse. Je n’ai pas vu le film,  mais j’ai envie de découvrir cette ambiance.

Corleone est situé à mi-chemin entre Sciacca et Palermo, 24km à l’écart de la route 624 reliant ces deux villes. Le GPS annonce 1h30 de route et 75km. Nous avons déjà parcouru le tronçon de la grande route en arrivant dans la région. Ce n’est pas la partie la plus amusante du trajet.

 

Dès que nous la quittons le paysage devient grandiose, de montagne avec des pics déchiquetés et des pentes vertes très raides. Encore une fois, nous nous félicitons d’avoir choisi de venir fin avril. Les luzernes forment des nappes rouges incarnat, elles s’étalent même sous les oliviers. Le petit lac de barrage Garcia brille dans un creux. La route tortille. La chaussée est en mauvais état, de temps en temps l’asphalte a disparu et la Fiat roule sur des pierres blanches. Ce ne snt plus des nids de poules mais des tranches de route qui manquent.

le lac de Garcia
le lac de Garcia

Corleone s’annonce avec des quartiers de hauts immeubles. Ce n’est pas le petit village pittoresque et photogénique que nous attendions mais une ville austère accrochée à la pente sous des rochers verticaux surmontés de tours rondes féodales. Nous garons la voiture sur la place principale (zone bleue) devant la Mairie ornée de grandes plaques commémoratives à Garibaldi et à l’Unité Italienne. La grande église (fermée) a de belles portes de bronze (récentes). La place est animée avec ses boutiques vieillottes et son  Bar Central  décoré sur le thème du Parrain. Un jeune homme traverse la place pour nous proposer une animation.

 

Des panneaux touristiques indiquent deux châteaux, deux sites panoramiques et d’innombrables églises, une cascade et trois musées. Le musée le plus important raconte la Mafia et surtout la lutte Anti-mafia , c’est un sujet intéressant mais je crains que mon niveau d’italien et ma grande ignorance en la matière ne me permettent pas de profiter de la visite. Le Musée ethnographique est fermé.

Nous parcourons des ruelles tranquilles très étroites et pittoresques bordées de palais décrépits. L’Office de Tourisme a prévu un parcours fléché architectural que nous suivons et un parcours sacerdotal que nous négligeons. Sur les panneaux émaillés,  il y a des QR codes ce qui me met en colère. On n’a pas pensé à ceux qui n’ont pas accès à la 3G, il faudrait que toute la ville soit Wifi (et que chacun possède un smartphone). C’est quand même plus facile de lire les explications sur le panneau !

Seules quelques rues sont utilisables pour la circulation automobile, il en résulte un trafic intense dans ces artères. Pour gravir la pente raide les voitures prennent leur élan. Et tant pis pour le piéton qui essaie de cadrer sa photo de l’église vermoulue aux moulures qui s’effritent mais qui ont de l’allure sous la végétation buissonnante.

le "château d'en haut"
le « château d’en haut »

A la recherche du « château du haut » nous lançons la Fiat500 sur une rampe vraiment très inclinée. Mal nous en a pris. Premier arrêt à mi-pente, un pépère dans une vieille Panda cabossée nous barre la route, il attend qu’une dame en 4×4 blanc sorte de son garage. La Fiat a perdu son élan et cale. Départ en côte ! Deuxième montée encore plus raide. A 1m de l’arrivée un jeune téléphone collé à l’oreille, l’autre main sur le volant déboule sans même nous calculer. On n’a pas d’autre choix que de reculer pour le laisser passer. Re-départ en côte. Le frein à main ne freine pas assez. La voiture descend. A gauche c’est le précipice. Et on ne repart pas. Je suis morte de trouille.  Je descends.  La Fiat 500 consent à démarrer (65kg cela compte pour une si petite voiture). Nous nous hissons sur un plateau dominé par un gros rocher sur lequel on a bâti une tour ronde : le château. En haut on trouve l’héliport et une petite route « itinéraire de Rosalia » (c’est une sorte de mini-pèlerinage d’un ermitage de Rosalia à un autre, randonnée pédestre) mais route en fort mauvais état pour une voiture. Ce serait un endroit merveilleux pour pique-niquer si c’était l’heure ! pause-apéro avec de grosses olives vertes très parfumées au persil frais et céleri.

Nous quittons Corleone – mal visitée – habituellement je suis plus consciencieuse dans mes visites.

Nous suivons les panneaux Sciacca- Ribeira pour varier l’itinéraire.

village perché
village perché

Déjeuner dans la montagne au dessus d’un troupeau de vaches dont nous entendons les clarines. Au loin Campofiorito est accroché à son rocher. Nous entrons dans Bisacquino dans la torpeur de la sieste. En dehors des trois employés municipaux assis sur un banc, il n’y a pas un chat dehors. Tous els rideaux de fer sont baissés, volets fermés. Calme plat. Pour le café, vous repasserez. Nous arrêtons la voiture devant une église dédiée à la Vierge. Edifice monumental, colonnes torses, moulures. L’église est ouverte : des doreurs rénovent une chaire. Intérieur blanc et doré mais parfaitement ennuyeux en dehors des lustres de Murano il n’y a rien d’intéressant. Curieux assemblage de tuiles rondes  sur une maison: un pigeonnier ?

Madame GPS joue les aventurières ? Pour nous faire éviter la traversée d’un village perché elle nous conseille un chemin blanc carrossable suivi d’une allée dallée, genre via romaine qui s’enfonce dans une forêt de chênes et maintenant recouverte de galets « c’est le paléolithique ! » s’exclame la conductrice, pour se terminer dans les nids de poule. Je descends encore pour soulager la Fiat500. Heureusement un panneau de signalisation routière indique Stop à 150m dans ce parcours risqué.

Sambuca di Sicilia

Encore un  « village perché ». Sambuca est une petite ville construite toute en longueur sur une arête rocheuse. Nous remontons le magnifique Corso Umberto I jusqu’à un grand carrefour où se trouve l’ancien hôpital, un collège et une très grande église ouverte pour cause d’enterrement imminent. Encre cette sorte de très grande église classique 17ème ou 18ème blanche avec des dorures et des peintures noircies, parfaitement ennuyeuse encore ;

Sur le Corso quelques cafés sont ouverts. Clientèle exclusivement masculine : dans le premier des adolescents dans l’autre des vieux messieurs. J’ai toujours très envie d’un café mais ici je serais vraiment déplacée. Je préfère y renoncer plutôt que d’être la cible des regards. Ce n’est pas ici que je vais trouver de la WIFI pour consulter mes mails.

Après avoir passé une belle arche je trouve une rue plus moderne, sous une autre arche, une impasse (lige qui sèche). Les maisons sont peintes en blanc portes et fenêtres soulignées de jaune. On se croirait en Andalousie. Les petites venelles s’appellent Viccolo Saraceni  I, viccolo saraceniII ou III. Est-ce une kasbah, ancienne ou moderne ? Pour souligner l’illusion le panneau indicateur de la rue est aussi écrit en arabe. Le restaurant s’appelle Le Saracenu,  l’enseigne est  une tête de maure enturbannée. Une très belle église de pierre qui s’effrite a son porche vitré : à l’intérieur des merveilles tombent en ruine.

Plus haut se trouve le belvédère à l’extrémité de l’arête rocheuse qui se termine de manière théâtrale avec  une petite colonnade et un banc qui fait le tour de la petite esplanade.

Retour facile. Menfi est bien indiqué. De là, nous allons à la mer à Porto Palo, petit port avec une tour carrée d’où part une promenade de planches sur la végétation. Plus loin la côte est occupée par des villas et lotissements interdisant l’accès à la plage par les portails métalliques et les cadenas dont les siciliens ont le secret. Nous nous aventurons néanmoins sur une route privée (entrée interdite mais ni chaîne ni barrière) pour aboutir sur une belle plage sauvage coupée en deux par un ruisseau facilement franchissable. Je me promène avec de l’eau à mi-mollets. Le thermomètre de la voiture indique 23° à l’ombre mais au soleil il fait nettement plus chaud.

Marinella di Selinunte – plage de la Réserve naturelle de Foce del fiume Belice

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la plage de Marinella di Selnunte  au pied de l'Acropole
la plage de Marinella di Selnunte au pied de l’Acropole

Les restaurants sur le front de mer de Marinella sont installés côte à côte. Le premier que nous visitons a une belle terrasse sur la plage mais pas d’ombre. Une cafétéria est bien ombragée mais son menu est sommaire. Nous choisissons donc Pierrot qui a un balcon avec quatre tables avec vue sur la mer, tables carrées, nappes jaunes chaises de bois et paille. Il y a aussi une grande salle à l’étage, très chic.  La serveuse est charmante et j’arrive à capter la wifi. Comme toujours on s’arrête aux primi piatti : tagliatelle à la boutargue, à l’ail et aux amandes,  parfaites on a râpé la boutargue de thon et les éclats d’amandes sont nombreux, et spaghetti aux vongole. Les petites palourdes sont fraîches dans leurs coquilles mais de nombreuses coques sont vides. Vraiment trop petites pour être savoureuses. Le café arrive accompagné d’un délicieux petit fur aux amandes. D a pris un gâteau au citron meringué. Promenade sur la plage au pied de l’acropole.

La pineta plage de la Reserve naturelle de Fce del fiume Belice
La pineta plage de la Reserve naturelle de Fce del fiume Belice

Réserve Naturelle foce del fiume Belice

Le restaurant La Pineta a déjà installé lettini et ombrelone comme en été. Deux autres plages privées sont un peu plus loin Look Voyage et Marmara, on y parle français exclusivemet. Marmara a même hissé le pavillon vert de la baignade. Au loin le grand Hôtel Paradise Resort borne la plage (mais c’est de l’autre côté du fleuve). Je marche jusqu’à l’embouchure de la rivière qui dessine une très jolie courbe sur la plage avant de se mêler à l’eau salée. Il fait très bon. Je relève les jambes de moon pantacourt et réussis encore à le tremper. Dominqiue a trouvé une table sur la terrasse de la Pineta, elle m’indique la douche où je peux me mettre en maillot de bain pour une première baignade sicilienne. L’eau est presque tiède. Je laisse les vagues mouiller mon maillot sans me jeter à l’eau. Plus loin des gens jouent à la balle dans l’eau et un monsieur fait la planche. Je me contente de jouer avec les vagues et reprends la marche sur le sable pour me sécher.

Nous rentrons par Menfi sur les routes sinueuses dans les vignes, les oliveraies et les champs de blé. Le viaduc de la SS se profile au nord. Ces viaducs me font penser aux aqueducs des anciens romains. Une tradition qui perdure ou un relief particulièrement accidenté ? Il me semble qu’il ne sit pas aussi courant chez nous de faire courir les routes sur de tels édifices. Menfi nous inspire. Peut être à cause de la chanson de la « route de Memphis » ? La ville a souffert d’un séisme récent. Les rues sont construites sur un plan à angle droit. Les maisons à un étage sont toutes identiques. Passant devant Conad nous y faisons les courses ; je m’étais pourtant promis  d’acheter dans les petits magasins plutôt que tourner dans les rayons avec un caddy. J’aurais mieux été inspirée d’aller chez un vrai boucher ; Les « hamburgers » du supermarché que je croyais du veau sentent la saucisse et le mousseux « conad » dans une bouteille opaque s’avère être du vin rouge. Les fraises n’ont aucun goût.

Le vent qui a fait tomber une grosse potiche et le filet vert qui protégeait les canisses. Nous aurons un beau coucher de soleil.

Selinunte – restauré?

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Sélinunte temple E derrière les anthémis
Sélinunte temple E derrière les anthémis

J’avais gardé un excellent souvenir de Selinunte où nous avions passé une semaine, du site antique fleuri où nous étions revenues à plusieurs reprises. Nous avions flâné des heures sur l’Acropole à chercher les maisons puniques et nous avions rencontré un berger et son troupeau sur le site romantique de Malophoros.

Depuis 2015, le site a été rénové. On a construit une clinquante billetterie. On est invité à télécharger l’audio-guide sur le smartphone (mais on n’a pas installé de wifi). On a organisé des navettes électriques (genre voiturettes de golf) et pour cela, tracé de grandes allées blanches en place des chemins dallés. Pour faire propre, on a tondu les grandes pelouses qui entourent le Temple E qui est entouré de barrières plastiques orange. Le site de ruines romantiques a perdu ses fleurs et une partie de son charme. Je suis très déçue !

La plus grande déception est à venir : tous les panneaux explicatifs ont été retirés. Je dois retourner au guichet acheter un plan cher et mal fichu.

Temple E
Temple E

En l’absence de commentaire j’essaie de glaner quelques renseignements en écoutant les conférenciers des groupes. L’un d’eux explique que le Temple E a été remonté dans les années 50 à grand renfort de ciment et de ferraille ce qui ôte beaucoup de magie au grand temple dont la colonnade est à peu près complète. Les métopes se trouvent à Palerme au Musée Archéologique Salinas.

Le petit temple F est bien  écroulé « un séisme » explique un guide. J’arrive à peine à imaginer un temple.

Le Temple F : un chas
Le Temple F : un chas

Le géant, le temple G aux colonnes énormes a encore une colonne debout qui fait penser à une cheminée d’usine pour la taille. Une autre a ses tambours mis bout à bout donne une idée de l’échelle.

La dénomination des temples avec des lettres est plus rigoureuse scientifiquement mais elle est aride pour la touriste que je suis. Point de mythologie, de citation ou d’histoire. Difficile de faire « parler les pierres ». Les seuls panneaux  encore en place donnent des données chiffrées, tant de colonnes, telles dimensions…J’apprends donc que les temples archaïques étaient plus longs que les temples classiques et qu’il y a aussi des différences dans la cella.

Un peu plus loin le très beau bâtiment Baglio Floro doit abriter un antiquarium, pas encore terminé, semble-t-il.

L'Acropole et la colonnade
L’Acropole et la colonnade

Au lin, une belle colonnade se détache sur l’Acropole. La promenade pour la rejoindre est agréable en descendant dans une vallée occupée par un petit bois de mimosas et lentisques, franchissant un ruisseau sur un pont de bois branlant, remontant la route qui domine la plage de Marinella de Selinunte. Encore une fois, l’absence d’explication appauvrit la visite qui devient une promenade dans une ville où les rues sont encore visibles. Les Carthaginois s’y étaient installés ;je me souviens des maisons puniques. En l’absence de données archéologiques je regarde les fleurs : les acanthes sont merveilleuses, les arbres de Judée apportent leur note rose. Pas de parcours précis donc, j’enjambe des blocs au hasard dans les hautes herbes. Les anthémis sont grosses et d’un jaune éclatant.

l'éphèbe de Selinunte
l’éphèbe de Selinunte

 

 

L’éphèbe de Selinunte, la fierté du musée vieillot de Castelvetrano,  j’avais beaucoup aimé cette visite. Dans une cage de plexiglas, dans une pièce ouverte à tous les vents, il n’est pas à son avantage.  . Je ne me souvenais pas qu’il était si petit. Ce petit bronze délicat est saisissant. Que fait-il ? Ses mains le suggèrent en raison ou en discussion. Il est curieusement cambré un peu comme une fille. Sa coiffure aussi est étrange, peut être est-ce une couronne ?

 

 

Une grande allée blanche – trop large, trop neuve, trop lisse – va au Mélophoros. Je regrette la nature sauvage d’autrefois. Après avoir franchi un autre ruisseau, plus large que le précédent, je reconnais le site avec ses trois petits temples. Dans lequel se pratiquait-il le culte à Demeter Malophoros, la porteuse de grenade. Quelques coquelicots bien rouges donnent une touche de gaieté. Comme l’endroit est très en pente on n’a pas passé la tondeuse et le site est préservé. Au sol de petites véroniques bleues et un tapis de minuscules fleurettes orange. Des lézards détalent à mon approche. En haut, les grandes feuilles charnues et bleuissantes des agaves portent des hampes florales fanées.

Malophoros
Malophoros

Les sculptures de Salvatore Rizzuti au Musée Civique

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Au Musée Civique, j’ai fait une bien belle découverte : le sculpteur Salvatore Rizzuti, enfant du pays né en 1949. Il alla peu à l’école et devint berger encore enfant. En gardant ses bêtes, il sculptait le bois jusqu’à ce qu’on reconnut son talent et qu’on l’envoya étudier à Palerme en 1967. Rizzuti est un sculpteur reconnu. L’article que Sciascia lui consacra est exposé en bonne place dans le Musée. Le sculpteur a offert à sa ville natale 33 sculptures, bois d’olivier, terracotta et compositions originales. Les figures sont singulières, souvent chargées de symboles comme cet homme avec un verrou dans la poitrine, un crâne ouvert comme un coffre-fort ou cette femme à tête de poste de télévision. Ces sculptures sont intéressantes et expriment souvent une très grande souffrance.

Vêpres siciliennes
Vêpres siciliennes

La salle suivante est occupée par un groupe intitulé Vêpres siciliennes : 3 personnages, un roi un évêque et une femme couchée sur un bloc – un billot – Scène extrêmement violente où l’évêque tient le poignet de la femme menottée tandis que le roi menace la femme allongée, jambes écartées. Va-t-il la violer ? La tuer ? Le bras levé est inachevé.

Le chant des sirènes
Le chant des sirènes

Un autre groupe ,Le Chant des Sirènes, est composé de tris personnages debout, au milieu un homme, en retrait la mort, le troisième est-il la Sirène, menaçante ou séduisante ? Autre scène complexe : Crucifixion le christ est assez classique mais il a adjoint une femme debout contre un rectangle plein. Une petite composition dans un cadre carré comme une crucifixion en diagonale : Sarajevo 1992. Une autre salle est occupée au milieu par un couple allongé sur un disque: le Refus du Péché Originel, ils ne respirent pas la jouissance pour autant , expriment autant de tourment qu’Adam et Eve de Masaccio à la chapelle Brancacci de Florence.

Sur des bandeaux, au mur des citations des auteurs les plus variés qui ont écrit sur la ville de Pline l’ancien à Goethe en passant par Diodore de Sicile, Cicéron, Al Muqqadasi et même le Parsifal de Wagner.

Après un pique-nique très venteux nous allons voir une petite chapelle tout en haut du village. Rosalia, tout en noir sauf son tablier orange, guide la manœuvre de la Fiat. Elle ne chasse pas les touristes importuns qui font demi-tour devant sa porte mais les accueille comme des hôtes.

 

Caltabellotta – une ville d’histoire millénaire…

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l’histoire de Caltabellota.

Je suis stupéfaite d’apprendre que ce village perché possède une histoire millénaire remontant à l’âge de Bronze. La nécropoli sicane est formée de tombes de 3000ans Av JC. Au  10 et 11ème av. JC, on assista à d nouvelles vagues migratoires, Elimes, Phéniciens puis Epiei ( ?) venant de Troie. Triocala fut fondée par les Sicanes.

Triocala fut un haut-lieu des Guerres Serviles (134-110 av.JC).  Selon Diodore de Sicile, Trifone fut élevé sur le trône et éleva des fortifications, un palais royal et un forum. Pour réprimer la révolte servile, Lucullus se rendit à Triocala à la tête de 40.000 hommes pour assiéger la ville et le siège fut infructueux si bien que le consul fut condamné à l’exil.  Ce n’est qu’après la mort de Trifone que les Romains vinrent à bout de la révolte servile.

839 : les Sarrasins nommèrent la ville Qalat al-ballut (la roche du chêne).

Après la conquête normande les familles féodales dominèrent la ville.

1302 La Paix de Caltabellotta mit fin à la Guerre des Vêpres Siciliennes opposant Angevins et Aragon.

D’autres histoires ou légendes y sont attachées comme celle de la Reine Sibille veuve de Tancrède et d’Henri VI Hohenstaufen. Et plus loin, celle de Dédale qui se réfugia auprès du roi sicane Kokalos ce qui explique pourquoi on a vu la statue d’Icare à Agrigente…

Guerres serviles ou Vêpres siciliennes sont bien confuses dans mon esprit. Il faudra me documenter au retour. C’est fou comme la visite d’un village perché me donne tant de pistes à explorer.

La Cathédrale normande

La cathédrale normande
La cathédrale normande

La Cathédrale normande (fin 11ème  siècle) a été bâtie à l’écart de la ville, dominant une verte esplanade sous les rochers des crêtes. Elle est très massive, beaucoup plus large que haute et a gardé son aspect primitif malgré quelques aménagements 17ème dont il reste des stucs verts et blancs autour du chœur et 4 colonnes en (faux) marbre vert encadrant la Madone couronnée d’ampoules électriques. Seul décor : un chemin de croix céramique émaillée genre Della Robbia mais moderne. Nef large encadrée de deux déambulatoires étroits, les piliers en pierre calcaire sont trapus. L’un d’eux garde une fresque.  Chapiteaux très simples et ogives. Très beau plafond de bois. Le campanile est une tour carrée. Au dessus, creusé dans une arête rocheuse, le plus beau coin à pique-nique panoramique : une table, quatre sièges et un banc .

campanile
campanile

Un panneau m’apprend que la zone NE de la Cathédrale était byzantine (9ème siècle) comme l’ont attesté des poteries, on a aussi trouvé des poteries émaillées arabo-normandes et même des outils en silex préhistorique dans des habitations rupestres que nous n’avons pas trouvées (mais j’ai vu la photo sur un flyer au Musée municipal).

cherchez le chateau de Luna!
cherchez le chateau de Luna!

En face, le château de Luna (de la lune ou de la famille Luna ?) dresse une tour unique à base carrée, très haute et très fine, mais ne se visite pas. L’escalier du belvédère au sommet d’un piton rocheux est également inaccessible.

La chiesa S. Francesco a un joli portail 15ème muré.

Cpù^mexe S Pellegrino
Complexe S. Pellegrino

Au détour de cette église nous découvrons la Voie panoramique Via S Pellegrino qui tourne autour du piton et conduit au très grand couvent S. Pellegrino qui coiffe un des sommets. Abusée par la consonance, je prends ce couvent pour un hébergement de pèlerins. Lisant un des panneaux (gravés dans du verre très peu lisibles avec les reflets) je découvre que S. Pellegrino fut le premier évêque de Triocala au 1er siècle de notre ère. Envoyé en Sicile par Saint Pierre, la légende raconte qu’il aurait délivré la ville d’un dragon qui dévorait chaque mois un enfant. Il serait inhumé près de la Grotte du Dragon devenue auourd’hui le complexe S. Pellegrino. A la base de l’escalier la place a été équipée de banc pour profiter de la vue. Nous décidons de pique-nique là.

En route vers l’intérieur – vers Caltabellotta

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oliveraie et ferme
oliveraie et ferme

8h,  par de petites routes de campagne,  dans la belle lumière du matin à travers vallées et collines ; des parcelles triangulaires au flanc des collines d’oliveraies ou d’orangers photogéniques . Devant une  orangeraie, je  trouve une belle ferme au toit de tuiles coiffant la colline. En marchant je découvre de nouvelles fleurs : pois de senteur bicolores, pourpres et violets qui ressemblent aux ailes d’un papillon. Les grosses inflorescences rouges que j’avais prises pour de la luzerne ne sont-elles pas plutôt des lupins ? Sur le bord de la route, des glaïeuls roses comme ceux que j’ai vus en Grèce. Je filme les douces collines, les fleurs, les orangers…

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La route effleure Sciacca  puis s’élève vers la montagne. La route passe le long du gros rocher qui domine Sciacca, d’une ancienne carrière, puis  grimpe très raide. Les sommets sont formés de gros pitons déchiquetés et la ligne de crêtes est piqueté d’éoliennes qui tournent très fort .

DSCN8585 - CopieEn s’approchant du col, Dominique entend le bruit de l’eau et les brebis. L’eau s’écoule sur le bord moussu d’un bel abreuvoir blanc. Dans le verger voisin, les moutons préfèrent se dresser pour dévorer les feuilles tendres d’un abricotier plutôt que l’herbe. Ils se font même la courte échelle ! Les rochers ont des formes étranges, quand les arbres s’y accrochent ils compliquent encore leur silhouette, donner un profil en bec de perroquet ou carrément en dévers…

DSCN6545 - Copie

Juste après le col,  la petite ville de Caltabellotta surgit accrochée à la montagne. Les  guides la désignaient comme un « village perché ». L’appellation « ville » convient mieux avec ses nombreuses églises, ses places, son histoire séculaire. A l’entrée, un quartier HLM miteux. Un panneau annonce « Caltabellotta, ville de la Paix ». Ignorante de l’histoire locale je crois d’abord à un vieux slogan PCI….

La vieille ville est tout en ruelles et en escaliers. Sur chaque toit, une parabole et une grosse citerne grise (pas le bidon cylindrique chauffe-eau commun dans tous les pays ensoleillé), une grosse citerne.

Les flèches « cathédrale » « centre historique »,mènent à une petite place. Etrangement les pépères à casquette et à canne  nous invitent à remonter en voiture. « la Cathédrale c’est très loin ! Allez-y en voiture ! »Et les deux vieux messieurs de se disputer si le meilleur itinéraire c’est tout droit ou par derrière.

Nous continuons à pied, admirant les décors des porches de maisons étroites avec un seul étage et aucun signe extérieur de richesse mais une entrée digne d’un palais encadrée de pierre ciselée avec des balcons en ferronnerie soignée reposant sur des appuis ouvragés. Témoignage d’un autre temps.

la côte près de Mazara, La Réserve de Lago Preola – Granitola

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Dans la campagne vignes et fleurs
Dans la campagne vignes et fleurs

Maintenant que nous avons une carte détaillée, nous décidons de suivre la côte pour profiter de la mer. La Promenade lungomare se poursuit jusqu’à une esplanade où se trouve la statue de l’évêque San Vito et une église très simple, presque un cube (plus haut que long ou large) avec une seule ouverture. Une belle porte de bronze est encadrée de marbre gris un peu à la manière espagnole. Sur la place, à l’arrière, un voilier de fer a ses voiles découpées de silhouettes d’oiseaux marins. On passe ensuite une passerelle moderne en suivant la direction de Granitola.

Réserve Naturelle Lago Preola &Gorghitondi

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Cinq bassins d’origine karstiques (dolines) provenant de la dissolution de la craie sur un substrat argileux. Les  cinq petits étangs hébergent une faune très riche, protégée. Un petit circuit de 300m est ouvert au public. Il conduit à un affût permettant d’observer les hérons, canards, foulques…quelques panneau présentent au public la fouine, les serpents et batraciens. Des promenades accompagnées sont aussi possibles.

Granitola

Une tour sarrasine, nous accueille,  à sa pointe un phare. Entre les deux une crique rocheuse où sont échouées sur les rochers deux groupes de 5 barques. La place est plantée de beaux platanes (élagués en ce moment) 4 ou 5 cafés, quelques maisons basses blanches, d’autres à étage, jaunes. Une plage minuscule, un club de plongée. Nous faisons une agréable pause au café au bord de l’eau.

L’itinéraire du retour, au jugé, est très agréable dans les vignes et les cultures. A Campobello 9di Mazara nous réussissons à éviter la grande route et serpentons vers Menfi.

Mazarra del Vallo cité multiculturelle

CARNET SICILIEN 2016

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Face au musée, le portail spectaculaire du collège de Jésuite est soutenu par 4 atlantes – télamones . Son cloître est classique, dépouillé. Les lycéens m’accompagnent dans une salle de conférence peinte à fresque et dans deux autres salles d’exposition de peintures, principalement des marines, que je regarde distraitement.

. Nous commençons par le Palais des Chevaliers de Malte et le petit théâtre Garibaldi, construit en 1848, appelé alors « théâtre du Peuple » .Construit en bois avec deux étages de loges abondamment décoré.

St Niccolo
St Niccolo

Tous les guides recommandent la visite de l’église Saint Nicolas, église des pêcheurs située sur une terrasse dominant le fleuve et le port de pêche, chef d’œuvre du style arabo-normand. Ne pas confondre avec Saint Nicolas de Bari au coin de la Via Marina et de la Via San Nicola. Les deux églises dont les noms se ressemblent sont très proches. Hélas, elles sont fermées toutes les deux. Nous ne verrons donc pas les mosaïques seulement les trois cylindres réunis en un volume étonnant.

La Kasbah

la kasbah
la kasbah

Souvenir du temps où Mazara était arabe avant Roger, elle abrite la communauté tunisienne de la ville. Tandis que j’admire une porte magnifique sur un édifice quasi en ruine, une musique orientale se fait entendre. Film en place de la photo. La musique sort d’une voiture. Le conducteur trouve une chanson grecque qui sied aussi bien à l’ambiance du lieu. Re-film des maisons à étages d’où pend la lessive. Street Art ?

DSCN8559 - CopieDe céramistes ont décoré de simples pavés à motifs contemporains ou de grands panneaux de majolique les murs aveugles du quartier arabe, balisant ainsi un parcours dans les vicoli de la kasbah. Nous tournons dans le labyrinthe d’impasses, de cours et de ruelles tortueuses, le regard tantôt attiré par les panneaux de céramique, tantôt par le spectacle de la vie dans les rues ou les cours. Une porte cloutée bleue s’ouvre sur un couloir blanc, on se croit à Djerba, une rouge sur un intérieur orange. Un peu gênée de mon regard voyeur je félicite les habitants d’avoir si bien décoré la maison ou la courette. Ils reçoivent les compliments avec le sourire ; Les panneaux racontent une histoire. L’un d’eux proclame « Mazara, cité multiculturelle » d’autres portent des poèmes, en sicilien que je ne comprends pas. Nous empruntons la Via Bagno, selon le Guide GEO, il y aurait un hammam, selon les panneaux émaillés ce serait plutôt un mikvé proche de la synagogue. Juifs et musulmans se côtoyaient, quand ? avant l’Inquisition !

par les vicoli
par les vicoli

J’atteins San Francesco que je néglige, je le regretterai.

13 heures, temps de chercher un restaurant. Nous choisissons La Locanda Di Don Martino une terrasse très chic : nappes en lin brun, photophore en cuir translucide à la marocaine, personnel stylé. Carte de la Mer/Carte de la Terre. On nous dissuade de nous attabler dehors, le vent souffle très fort. La salle est vaste et sombre, nous insistons.

Je commande un Risotto du Pêcheur, Dominique des calamars grillés avec des épinards. Le riz est rouge et pimenté, fondant, excellent,  les moules et les palourdes sont présentées dans leurs coquille, les nombreuses petites crevettes sans la carapace. Les calamars sont entiers, gonflés, tendres, leurs tentacules pourpres sont un peu caramélisés. Les épinards en revanche, manquent d’assaisonnement.

Retour à la voiture par les vicoli en passant devant de nombreuses églises en suivant toujours la piste des carreaux. Un tableau m’interpelle : » Au Haut Moyen Age, ici fut créé le plus ancien parlement d’Europe » pas assez de précision, j’aimerais en savoir plus. L’histoire de la Sicile est vraiment complexe !

Le Musée du Satyre dansant – Mazara del Vallo

CARNET SICILIEN 2016

Le satyre dansant de Mazara del Vallo
Le satyre dansant de Mazara del Vallo

Installé dans l’Eglise S Egidio (15ème s) surmontée de coupoles rondes rouge foncé évoquant plus une mosquée qu’une église avec sa façade très sobre et ses murs nus. J’ai gardé un souvenir très vif de ma première rencontre avec la satyre de bronze, éphèbe de toute beauté, sorti de la mer on loin de là. Mazara del vallo lui a offert un écrin, un musée à lui-seul. Aujourd’hui, je n’aurais pas de rencontre intime. Les élèves du lycée de Mazara, en costume de cérémonie, jouent les guides touristiques. Je suis escortée de deux garçons et de deux filles qui prennent très au sérieux leur nouveau métier. Ils me racontent l’histoire de la ville qui fut successivement phénicienne, grecque, romaine, arabe, normande, espagnole (et j’en passe). Nomme d’après le nom du fleuve Mazaro qui offre dans son estuaire, un havre, aussi bien aux pêcheurs qu’aux commerçants et aux bateaux de guerre. Le satyre est donc accompagné d’amphores antiques recouvertes parfois de coquillages et d’huitres et d’objets plus récents comme cette gourde de pèlerin aplatie ou deux braseros de terre cuite. Un étrange cylindre est présenté comme une « patte d’éléphant » punique. Il y a aussi une inscription phénicienne.

Le satyre fut découvert en deux temps : en 1997, une jambe et en 1998 le reste du corps. Sa datation reste mystérieuse : peut être 4ème ou 3ème siècle av. JC. On ne sait pas s’il s’agit d’une statue grecque ou d’une copie romaine.

On l’a nommé le satyre à cause de son regard perdu, les yeux un peu révulsés et la bouche ouverte. On a aussi pensé au dieu Eole avec sa coiffure emportée par le vent.

Appartenait-il à un groupe de statues ou était-ce la figure de proue d’un navire ? On pensait qu’il tenait un bâton d’une main et de l’autre une coupe de vin.

Dans la salle attenante, un audiovisuel raconte la découverte et la restauration du satyre. L’archéologue fait remarquer que le corps lisse aux muscles peu marqué est plus féminin que masculin. Pline aurait décrit un groupe sculpté par Praxitèle, représentant l’ivresse – Periboetos – très répandu dans le monde grec à opposer à une autre représentation de satyre assis .  L’archéologue cite aussi Platon qui aurait décrit une sorte d’orgasme quand on a crié très fort ceci expliquerait le relâchement de la musculature, la bouche ouverte et le regard perdu.

Place du Plebiscite et église S Ignazio le musée du Satyre
Place du Plebiscite et église S Ignazio le musée du Satyre