la Galerie des Carrache – Histoire et Restauration – Ed. Faton

CARNET ROMAIN

carraches couverture

Quel beau cadeau les Editions Faton et Babélio, dans le cadre de la Masse Critique m’ont fait! Je tenais tout d’abord à les en remercier!

C’est tout d’abord un très beau livre, illustré de très grandes photographies, que j’ai feuilleté avec plaisir. Grand format, belle qualité photographique et surtout grande variété: détail des fresques, comme je m’y attendais mais aussi gravures anciennes du Palais Farnèse, photos de statues provenant des collections Farnèse de Naples, du British Museum… Les dessins préparatoires  d’Annibale sont tout à fait extraordinaires, ils sont maintenant dispersés dans les Musées de toute l’Europe, au Louvre, à Turin, en Angleterre ou à Vienne. La richesse et la qualité des reproductions m’ont bluffée.

carrache

Ce n’est pas un livre d’images! Il faut prendre son temps pour lire les chapitres rédigés par les meilleurs spécialistes dans des articles passionnants.

Les préfaces, remerciements aux mécènes, sont attendus, exercice obligé. La suite est une magistrale leçon d’histoire : histoire de la famille Farnese, construction du palais…et glorification de la Famille Farnèse, de sa généalogie supposée antique, de sa puissance aussi bien politique que culturelle. Rien n’est laissé au hasard dans la décoration du Palais, écrin pour la collection de statues, allégories des fresques, armoiries..

De l’Histoire on passe à l’Histoire de l’Art : les Carrache ont su tirer profit des inspirations antérieures, des fresques de Raphaël de la Farnésina, de Michel Ange et des ignudis mais aussi des influences lombardes, de Corrège , de Titien aussi … les deux frères Carrache n’ont d’ailleurs pas été les seuls exécutants des fresques de la Galerie, d’autres noms apparaissent Dominiquin, Badalocchio…

 

Des chapitres plus techniques expliquent comment on réalisait une fresque, les dessins préparatoires, les cartons, les enduits, les giornate. J‘apprends beaucoup.

La fin du volume est consacrée à la Restauration qui vient de s’achever en 2015. Inventaire des restaurations antérieures, problèmes techniques, nouveaux outils pour scanner les fresques, mais aussi parti-pris, nettoyages et restauration. C’est très technique pour la lectrice profane que je suis, mais bien intéressant.

Un regret : je reviens de Rome sans avoir vu – en vrai – la Galerie. J’aurais dû réserver ma visite au moins une semaine à l’avance. J’ai maintenant l‘adresse. Il fallait réserver tant de visites, à La Galerie Borghèse, au Vatican…Je n’ai plus qu’une envie : Retourner à Rome!

 

Les doutes de Salaï – Monaldi & Sorti

CARNET ROMAIN

doutes de Salaï

Salaï est le protégé de Léonard de Vinci qu’il appelle son parrain. Page chapardeur, menteur, séducteur, dégourdi. Espion de Léonard, il adresse une correspondance à un mystérieux Monseigneur florentin où il raconte tous les faits et gestes de son  père dans une langue amusante truffée de fautes d’orthographes et de barbarismes.

Lionardo et Salaï arrivent à Rome en 1500 sous le prétexte d’études de sculptures et d’architecture antique. Le pape est alors Alexandre VI Borgia. Léonard ne se préoccupe guère d’Antiquités et se met au service de César Borgia – le Valentinois – qui mène campagne non loin de Rome. Léonard espère tirer profit de ses talents d’ingénieur, de ses dessins de machines de guerre. Tout d’abord il est chargé d’enquêter sur les rumeurs malveillantes courant sur le Pape Borgia. Léonard, par ailleurs voudrait aussi vendre au sultan Bayazid un pont sur le Bosphore….Cette histoire m’intéresse beaucoup au retour de Rome et je me suis lancée confiante dans la lecture de ce gros livre de 500 pages.

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Roman historique ou  plaisanteries grivoises?

Les lettres de Salaï me plongent dans le doute. Dans un indescriptible fatras de cochonneries, gloutonneries et beuveries Salaï fait des rencontres intéressantes : Copernic et un autre polonais, Burkhardt, le biographe du Pape Alexandre VI, et nombreux Antiquistes (humanistes ou antéchrists?) . Il raconte les faits et gestes de son maître Lionardo avec nombreuses allusions intéressantes à ses œuvres qui  sont parvenues jusqu’à nous. La vie à Rome, dans les boutiques et auberges autour du Campo de’Fiori est reconstituée de façon vivante.

Quel crédit dois-je accorder du point de vue de la vérité historique?

Souvent, trop souvent, interviennent des diableries invraisemblables. Le nom-même de Salaï évoque le malin, et que dire ce ce Töfel, et de Diebold? Quand on raconte qu’une des bouches de l’Enfer serait sous la Cathédrale de Strasbourg, on est encore en pleine diablerie fantastique.

Agent double, agent triple, Salaï met au jour une sorte de conjuration contre le Pape Borgia, mettant en cause Tudesques, Alamans et Alsaziens  qui sont nombreux à Rome. Seraient-ils les coupables dans les rumeurs qui courraient sur le Pape, le prétendant père du Valentinois et de Lucrèce. Népotisme, simonie, inceste, mœurs dissolues. Burkhardt en serait il le propagateur? Il est beaucoup question de la Germanie de Tacite, de Boccace aussi … on devine poindre la Réforme en Allemagne.

Tout cela serait passionnant si Salaï ne passait pas tant de temps à raconter ses fredaines, les tétons comme des melons des Romaines, et le charme de son oiseau dont il se van . Un peu ce serait amusant, mais trop c’est trop. Bien sûr, ce sont ces rencontres sur l’oreiller et les indiscrétions des servantes qui met Salaï sur les pistes  et qui font avancer l’enquête… je m’ennuie un peu et j’ai du mal à prendre son histoire au sérieux.

Et j’ai bien tort!

Le dossier très fouillé dans les 100 dernières pages du livre me montre que la vérité dépasse la fiction. Faux, usage de faux, médisances ont persisté pendant des siècles faisant du pape Borgia un personnage décrié. J’ai eu tort de me méfier. Oui, Salaï a bien existé, on a bien fait circuler des rumeurs sur le pape pas seulement pendant le règne des Borgia, jusqu’à nos jours. Les auteurs ont fait oeuvre d’historiens et livrent une abondante et sérieuse bibliographie!

L’ombre d’Hannibal – Paolo Rumiz

VOYAGER POUR LIRE? LIRE POUR VOYAGER?

Hannibal au Musée du Capitole
Hannibal au Musée du Capitole

Rumiz s’attache aux pas d’Hannibal pour un voyage qui commence aux cols des Alpes, au passage des fameux éléphants, en introduction. De Sardaigne à Sant’Antioco, cité punique, à Carthage, bien sûr, à Carthagène, logiquement, il traverse l’Espagne, les Pyrénées, le Rhône, il hésite (Durance ou Savoie?), Piémont (où il hésite encore devant la Trébie). Il trouve à Bologne « l’homme qui se prenait pour Hannibal » avec qui il cheminera jusqu’aux champs de bataille célèbres du Lac Trasimène, à Cannes, goûtera au délices de Capoue….Campanie, Sicile, et retour en Tunisie, pour suivre Hannibal en exil jusqu’en Arménie et en Turquie.

Voyage dans l’espace et aussi dans le temps. Hannibal n’a laissé que peu de traces tangibles, et pourtant la toponymie garde son souvenir, Rumiz cherche donc les « ponts d’Hannibal« , les « fontaines d’Hannibal », ou les noms « barca » dérivés du nom du conquérant.

« tu crois qu’on est fou? [….]Si l’on poursuit un mythe, c’est normal de s’égarer » [….] »mais aujourd’hui, le mythe n’existe plus. Personne ne le cherche.Et, lui La mort du mythe est le phénomène le plus obscène des temps modernes. C’est la fin de l’enchantement  de l’imagination, du désir »

Ils partent à l’aventure avec Polybe et Tite-Live en guise de guides touristiques – heureux érudits qui peuvent les lire dans le texte – et que la lecture des anciens transporte en l’absence de toute évidence du passage d’Hannibal.

Confrontation  entre le monde moderne où ils circulent (en voiture, pas d’éléphant) et le monde antique. Voyage à la limite des souvenirs des anciens qui s’estompent dans la modernité du 21ème siècle, plutôt qu’une carte ou un GPS, il interroge les paysans.

« vingt deux siècle, ce n’est qu’un souffle dans l’histoire humaine. Je repense à ce que me racontaient mes grands-parents et je m’aperçois qu’il existe encore un fil rouge qui me relie à l’Antiquité. Je ne sais pas si mes fils pourront en dire autant, dans cette société qui tue le temps avec l’hypervélocité télématique ».

Interrogation sur le temps qui passe,  interrogation aussi sur l’irrésistible conquête du monde méditerranéen par Rome, qu’il compare aux Américains. Comment Rome, battue par le grand chef de guerre, non seulement n’a pas reconnu sa défaite et s’est retrouvée vainqueur?

Rumiz, L’écrivain voyageur que j’avais découvert dans son voyage Aux frontières de l’Europe nous offre encore un voyage passionnant.

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Le Chandelier enterré – Stefan Zweig

CARNET ROMAIN

Triomphe de Titus
Triomphe de Titus

Incipit :

« C’était par une belle journée de juin 455 ; le combat venait d’opposer, au Circus Maximus de Rome, deux gigantesques Hérules à une meute de sangliers hyrcaniens… »

« ….Rome, le coeur palpitant, veillait et attendait les Barbares comme le condamné qui, la tête posée sur le billot s’apprête à recevoir le coup inévitable… »

Bluffée par les algorithmes de Babélio ou d’Amazon!

Qui m’a suggéré la lecture du Chandelier enterré? Je croyais l’avoir téléchargé dans la liseuse à la suite de Magellan , lu en rentrant de Lisbonne. Zweig est une valeur sûre et j’y reviens périodiquement. Je croyais lire une légende juive qui me changerait de l’Italie…

Rome : Arc de triomphe d'Hadrien
Rome : Arc de triomphe de Constantin

Et me revoici à Rome, au Trastevere que nous venons de quitter, en face de l’île Tibérine, et de ce qui deviendra plus tard le Ghetto. Nouvel épisode d’histoire romaine : le sac de Rome par les Vandales. Hyrcanos ben Hillel, trésorier juif des deniers impériaux, le seul Juif qui eût accès au Palais vient apporter la nouvelle : les Vandales vont emporter le Chandelier de Moïse, le candélabre de la maison de Shelomo, la ménorah. Celle qui figure sur l’Arc de Triomphe de Titus.

« les objets sacrés n’étaient plus en notre possession, mais nous les savions en lieu sûr et bien cachés. Et voilà qu’aujourd’hui le chandelier sacré va se remettre en route »

Les plus vieux Juifs tiennent à l’accompagner jusqu’au port d’où il s’embarquera pour Carthage. Un jeune garçon viendra avec eux pour témoigner, plus tard quand ils auront disparu.

« Nous suivons aujourd’hui la menorah qui est emportée au loin comme on accompagne dans son dernier voyage la dépouille d’un être cher…. »

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Theodora et Justinien Ravenne

Quatre vingt ans plus tard, l’enfant vit toujours. Justinien a envoyé Bélisaire contre Carthage et Bélisaire transporte le chandelier avec le reste du butin à Byzance.

« – Hélas! A Byzance!…il va à nouveau voyager! retraverser la mer! Ils recommenceront à le traîner en triomphe comme l’a fait Titus le maudit! »

Je ne vous raconterai pas la suite de la légende, il faut la lire….

L’amie prodigieuse – Elena Ferrante

LIRE POUR L’ITALIE (NAPLES)

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C’est l’histoire d’une amitié entre deux fillettes, scellée dramatiquement en jetant mutuellement la poupée chérie dans le soupirail de la cave.

« Ce fut même cette occasion qui me convainquit que rien ne pouvait l’arrêter, et que chancune de ses désobéissances débouchait sur des prodiges à couper le souffle. « 

Fillettes terribles et même méchantes! Dans un quartier pauvre de Naples des années 50 où règne la violence. Fillette qui se battent avec les garçons.

« Bien sûr, j’aurais aimé avoir les manières courtoises que prêchaient la maîtresse et le curé, mais je sentais qu’elles n’étaient pas adaptées à notre quartier, même pour les filles. »

« Les violences de père n’étaient que peu de chose par rapport à la violence diffuse dans notre quartier. Au bar Solara, quand il faisait chaud entre les pertes au jeu et les ivresses mauvaises, on arrivait souvent au des espoir(un mot qui, en dialecte, voulait dire avoir perdu tout espoir, amis aussi être sans le sou). »

Amitié de deux gamines qui lisent ensemble les Quatre filles du Docteur March et rêvent d’écrire un roman qui les rendra riches! Bonnes élèves à l’école, malgré l’insistance de leur institutrice, seule Elena ira au collège. Lila ne renonce pas pour autant au Latin et au Grec. Leur amitié est aussi la conquête de la réussite scolaire d’Elena.

Elena Ferrante fait surgir du passé un monde d’avant la voiture, d’avant la télé, d’avant la consommation. L’histoire des deux amies est aussi celle de la transformation de ce monde qui va de pair avec leur transformation à l’adolescence. Pour aller au collège puis au lycée, Elena découvrira la ville, puis plus tard les vacances à la mer tandis que Lila sera courtisée par tous les garçons du quartier.

Pasquale, l’ouvrier communiste  expliquera le monde d’avant et Lila enrichira ce savoir avec des livres empruntés à la bibliothèque

« ainsi donna-t-elle des motivations concrètes et des visages familiers au climat de tension abstraite que, depuis notre enfance, nous avions respiré dans notre quartier. Le fascisme, le nazisme, la guerre, les Alliés, la monarchie et la république, elle transforma tout en rues, immeubles et visages, don Achille et le marché noir, Peluso et le communisme, le grand-père Solara qui était camorriste, le père Silvio qui était un fasciste…. »

Les jeunes filles fréquentent. Le premier livre de la série se termine par le mariage de Lila…

Et je suis impatiente de lire la suite qui vient tout juste de sortir en français.

 

 

La Révolution de la Lune – Andrea Camilleri

LIRE POUR L’ITALIERévolution de la lune

La lune en vingt-huit jours

Fait le tour de la terre

Ce que savent depuis toujours,

Les femmes et les mers

Ton règne dura un cycle lunaire

et apporta le jour en pleine nuit,

Car tes lois contre la misère

Donnèrent de superbes fruits

Dans les chronologies des vices-rois d’Espagne en Sicile, en l’an 1677, meurt à Palerme Don Angel de Guzman qui désigne pour successeur sa veuve…

Camilleri se base sur ce fait historique pour raconter un épisode de l’histoire de la Sicile avec sa verve coutumière. C’est un très bon cru dans la liste de ses romans historiques, aussi drôle que le Roi Zozimo, celui qui m’a fait découvrir Camilleri et qui reste mon préféré.

L’Espagne gouvernait de loin la Sicile .Les nobles siciliens et les princes de l’église profitaient de chaque vacance du pouvoir pour mettre les richesses en coupe réglée. Le talent de Camilleri est de raconter cette histoire sur un ton burlesque. Son style inimitable s’enrichit d’un nouvel idiome : l’Espagnol. La noble marquise récemment débarquée de son Espagne natale s’exprime en Espagnol qui se mêle au sicilien, à l’Italien de façon tout à fait comique.

Impôts détournés et corruptions, mais aussi corruptions des mœurs, La Protection des vierges en danger, oeuvre de bienfaisance est une farce qui cache un bordel. Les manigances de l’évêque et ses inventions diaboliques n’en sont pas moins drôles..On rit beaucoup dans cette révolution!

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L’Eneide – Virgile

Enée portant Anchise avec Astiannax - Bernin - Galerie Borghèse
Enée portant Anchise avec Astiannax – Bernin – Galerie Borghèse

LIRE POUR ROME!

« JE CHANTE les combats, et ce héros, qui, longtemps jouet du destin aborda le premier des champs de Troie aux plaines d’Italus, aux rivages de Lavinie. Objet de la rigueur du Ciel et de l’altière Junon, mille dangers l’assaillirent sur la terre et sur l’onde…. »

Ne jamais avoir peur de retourner aux textes antiques!S’ils ont traversé des millénaires c’est qu’ils en valent la peine!

Même si j’ai de cuisants souvenirs d’heures passées  sur une version latine au lieu de sortir…et plus cuisant encore, le retour de la copie corrigée et notée….

De retour de Rome, j’ai ressenti l’urgence de revenir à la Mythologie, à l’Histoire antique.Envie de légender les tableaux et les statues  ou d’illustrer le texte, ce qui revient au même. Visiter la Galerie Borghèse avec l’Enéide dans la tête…ou  même le Musée étrusque de la Villa Giulia, regarder les fresques aux plafonds des palais qui nous parlent des dieux et des héros.

L’Enéide est le récit fondateur de Rome, à la suite de la chute de Troie,c’est,  comme chez Homère, le combat des dieux. Venus chérit Enée, son fils, tandis que Junon le poursuit de sa vindicte. Jupiter et Neptune interviennent à leur tour, métamorphoses, nymphes et

Junon - Musée Etrusque - villa Giulia
Junon – Musée Etrusque – villa Giulia

dieux changent d’apparence . Avec l’Enéide,  c’est l’Iliade et l’Odyssée et en prime l’histoire de Rome racontée sous forme de prophéties. Commande d’Auguste, cette épopée romaine et troyenne contient en germe la grandeur de Rome et de  César, le nom Iule d’Ascagne y réfère.

« vous avez affronté la rage de Scylla, et ses gouffres mugissants ; vous avez vu sans pâlir l’antre affreux des Cyclopes : rappelez le courage et bannissez les sinistres terreurs…. »

L’Odyssée avant l’Iliade, Enée traverse la Méditerranée,contourne la Sicile pour éviter les pièges et les périls,  les allusions à l’Odyssée sont nombreuses et plaisantes. Tout un  périple dans les îles grecque de Mykonos à Délos et en Crète avant d’aborder la Libye et le royaume de Didon.

Enée sous la demande de Didon,  raconte la chute de Troie. Histoire d’amour inattendue.

« Te voilà donc, Enée bâtissant l’altière Carthage! Esclave d’une femme, tu décores pour elle une ville étrangère! Et ton empire et ta gloire, hélas! tu les oublies pour une femme! »

Pour Didon,  Enée oublierait-il la promesse d’un royaume en Italie?

« Le pieux fils d’Anchise s’avance vers la montagne où réside Apollon, et cherche le réduit solitaire de la redoutable Sybille : antre immense , où le dieu de Délos agite l’âme de sa prêtresse d’une sainte fureur et lui découvrit l’avenir. »

Sur les ordre de la Sybille, il va retrouver son père aux Enfers, dans ce lieu funeste l’Arvern..

le Tibre Musée Capitolin
le Tibre Musée Capitolin

Enfin, il aborde le Tibre

« je suis le Tibre, ce fleuve bienfaiteur que tu vois rouler à pleins bords les trésors de son onde, et porter l’abondance aux fertiles contrées qu’il arrose : le Tibre aux flots d’azur, aux rives aimées des cieux. Ici Rome cité pompeuse naîtra pour embellir mes plages et commander au monde. « 

La conquête de son nouveau royaume ne sera pas aisée. De nouvelles épreuves l’attendent. les derniers livres, surtout X et XI, combats des Troyens, des Étrusques et des latins m’ont plutôt ennuyée. Difficile de se retrouver dans les innombrables guerriers. Une reine amazone se distingue ainsi que Turne, la sœur de Turnus, guerrière ou nymphe?

 

 

 

Quo Vadis – Henryk Sienkiewicz

CARNET ROMAIN

Via Appia
Via Appia

Quo Vadis est une de ces œuvres dont on a entendu parler, qu’on croit connaître sans l’avoir lu….

Quo Vadis est le nom d’une chapelle à l’entrée de la Via Appia

Quo Vadis Domine,serait aussi une parole que Pierre, fuyant Rome,  aurait adressé à Jésus  rencontré sur la Via Appia.  

Palatin
Palatin

Avant de partir pour Rome j’ai téléchargé Quo Vadis qui m’a accompagnée jusqu’aux dernières heures de 2015, j’ai commencé L’Enéide aux premières heures de 2016.

Roman historique :

Rome, sous le règne de Néron, ses excès, ses orgies. Vinicius est un chevalier revenant de l’Orient où il a combattu contre les Parthes en Arménie. Il tombe amoureux de Lygie, fille du roi de Lygie, otage dans une famille romaine. Pétrone, arbitre des élégances,  poète dandy à qui on attribue le Satyricon, est un des confidents de Néron, et l’ami de Vinicius.

Cela aurait pu être seulement une histoire d’amour compliquée par les jalousies de Poppée, la favorite du moment de Néron, les réticences de la jeune vierge aux mœurs dépravés de l’époque…..

Inscription funéraire chrétienne avec symboles musée des thermes de Dioclétien
Inscription funéraire chrétienne avec symboles musée des thermes de Dioclétien

 

 

 

 

Lygie est chrétienne, elle fuit le Palatin pour les quartiers pauvres du Trastevère où vivent Juifs et Premiers Chrétiens. Cérémonies secrètes aux Catacombes, solidarités des persécutés. On y rencontre Pierre et Paul de Tarse qui prêchent la nouvelle doctrine. 

 

 

 

 

Incendie de Rome : l’auteur en donne un saisissant récit, s’attardant sur le spectacle hors norme qu’a voulu mettre en scène Néron et son séide Tigellin . Après les destructions de la Ville Néron et ses conseillers rejettent la responsabilité de l’incendie sur les chrétiens. Ce qui a le double effet de dédouaner Néron de sa culpabilité et de pouvoir contenter le peuple romain en organisant des Jeux spectaculaires : chrétiens livrés aux bêtes fauves, chrétiens crucifiés, chrétiens transformés en torches vivantes. Le récit des persécutions est très impressionnant.

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Quo Vadis, a été porté plusieurs fois à l’écran : ici l’interprétation de Peter Ustinov  en Néron

Toutefois, comme documentaire, le livre est beaucoup plus riche qu’un péplum. même si l’historien qui a commenté la visite des Catacombes de Saint Sébastien a émis de nombreuse réserves sur l’aspect historiques du roman et toutes les idées fausses qu’il véhicule.

 

Goliarda Sapienza – L’ART DE LA JOIE

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Je ne suis pas mécontente d’être arrivée au bout de cet énorme pavé si pesant! (vive la lecture électronique quand les 500 pages sont dépassées). Pesant au sens propre et parfois figuré.

L’Art de la Joie raconte la vie de Modesta (quel prénom inapproprié pour une princesse tout sauf modeste). Née le 1er janvier 1900. Le livre se termine dans les années 60. Toute l’histoire de la Sicile défile, deux guerres mondiales, le fascisme, la libération de la Sicile, les compromis politiques après…Histoire des idées, Modesta est très cultivée et partage ses lectures avec ses amantes et ses enfants. Irruption de la psychanalyse.

l'artdela joieCet aspect historique est très intéressant.

Particularismes de la Sicile. Chaque fois Modesta se démarque du continent : coutumes, usages, cuisine… c’est donc exotique et dépaysant.

Modesta naît dans un milieu misérable, avec sa mère et une sœur mongolienne. Quand son père apparaît c’est pour consommer un inceste. La petite fille est confiée aux religieuses d’un couvent où elle va acquérir une excellente éducation : lectures, musique et même astronomie. La Mère supérieure la remarque et lui donne l’occasion de s’introduire dans sa famille noble comme préceptrice de la petite princesse. Modesta se fait apprécier et épousant le fils de famille mongolien devient princesse aussi?

Après l’épidémie de grippe espagnole, Modesta, maintenant chef de famille, quitte la campagne pour Catane. Elle met au monde un enfant, adopte celui que son mari a fait à son infirmière, fait venir une nourrice et son fils. La villa au bord de la mer se remplit d’enfants et d’invités. Nous suivrons maintenant les aventures de toute cette tribu et de ceux qui fréquentent la maisons, domestiques mais surtout amants, militants, amantes….

L’Art de la Joie est l’histoire d’une femme libre, féministe et très sensuelle. Grande amoureuse, Modesta a vite compris qu’il fallait vivre au bout de ses passions parce que l’amour finit par lasser et ne dure pas. Amoureuses et amants se succèdent. Pas de mari, elle ne veut pas de maître. Cet aspect  est parfois ennuyeux. Modesta est irrésistible, ni femme ni homme ne lui résiste. Séductrice, belle, sûre d’elle même. Et agaçante pour la lectrice qui la trouve bien imbue de sa personne. Et puis le sexe c’est excitant quand on le vit pas forcément quand on le lit.

Le livre est écrit essentiellement sous forme de dialogues souvent répétitifs. Combien de fois elle se serre contre sa partenaire, sent son sein chaud, la (le) couvre de baisers. Heureusement l’intendant lui apprend à monter à cheval, le médecin lui apprend à nager, Joyce la psychanalyse, Nina l’anarchie …

Livre féministe, dépeignant une femme très forte, très belle, très intelligente, n’en jetez plus! Certains aspects sont quand même très limite. Modesta a quand même tué deux femmes pour monter l’échelle sociale. Elle est toujours à la limite de l’inceste…

On se laisse immerger dans ce roman-fleuve qu’on rejette parfois pour le reprendre plus tard. Comme l’a très bien écrit Celine de Babelio, on ne sait pas vraiment si on a aimé!

Et je t’emmène – Niccolo Ammaniti

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

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Avec ce challenge c’est toute l’Italie que nous avons parcouru! Niccolo Ammaniti nous emmène en Maremme, à Ischianno Scalo, petit bourg enclavé entre mer, marais et l’Aurelia – la route qui va de Rome à Gènes- village où tout le monde se connaît et où il ne se passe rien.
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Le monde de Niccolo Ammaniti est moche et dégueulasse!

Mais le livre se lit bien, bon rythme, rebondissements inattendus, je tourne les pages….

Comme La Fête du siècle la construction s’organise en tissant deux histoires autour de deux personnages qui finiront par s’entremêler. Histoires de deux losers, Graziano, dealer minable, don juan des discothèques, champion de la drague, musicien de club de vacances…Pietro, 12 ans, fils d’un père alcolo d’une mère dépressive, dont le plus grand talent est de pédaler sur sa bicyclette, gamin rêveur, trop gentil, trop timide, harcelé au collège par les caïds de sa classe. 

Le personnages secondaires sont tout aussi minables et antipathiques, Italo, le surveillant du collège, violent, les deux policiers, qui surveillent la vitesse sur l’Aurélia et manquent de se tirer dessus, personnel enseignant autoritaires et faibles, les copains de Graziano. Aucun pour racheter les autres.

C’est un roman bien masculin, imprégné de testostérone et de sauce tomate. Parfois, cela me lasse. Les femmes ne sont pas beaucoup avenantes, mamas obsédées par la cuisine, bimbo sans cervelle, putain au grand cœur, mais sans papier, adolescentes boutonneuses, vieille fille…Une humanité peu avantagée.

Ammaniti  excelle dans le burlesque, certaines scènes m’ont fait rire aux éclats.  

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