CARNET MALTAIS/LIRE POUR L’ITALIE

C’est avec un plaisir immense que j ‘ai relu cet ouvrage. Je relis les livres de Dominique Fernandez à l’occasion de mes voyages, en Sicile, à Rome. C’ est un passeur d’histoire merveilleux et un fin analyste.
A la première lecture, je ne connaissais pas le Caravage et c’était une découverte à la veille de notre voyage à Naples. De retour de Malte, j’ai repris ce livre. entre temps j’avais lu Le Piéton de Rome qui consacre de nombreuses pages à Michelangelo Merisi.

Plutôt qu’à la personnalité du peintre, je me suis intéressée aux analyses des tableaux que, maintenant, j’ai vus et aux thèmes récurrents, surtout le Saint Jean Baptiste qui m’a impressionnée à La Valette mais qu’il a peint à nombreuses reprises :
« Quand ils (les Français) représentent la tête de saint Jean-Baptiste sur le plateau de Salomé, on ne voit ni les veines qui pendent du cou ni les flots de sang qui dégoulinent. je veux moi, qu’on prenne cet épisode de la Bible pour ce qu’il est : un homicide répugnant. »
A plusieurs reprises dans le livre il revient sur ce thème :
A Malte : « pour le plus grand tableau qu’on m’eût jamais commandé j’étais invité à peindre un assassinat par décollation »
et cette scène inspire plusieurs interprétations:
« je m’identifiais à Jean, je rêvais au bonheur de mourir de la main d’un bourreau aussi beau et radieux que lui… »
ou la scène de l’assassinat de son père :
« meurtre, un meurtre qui s’était produit réellement, la mort de mon père poignardé par les tueurs dans une rue de Milan »
Toute une étude est réservée à la peinture de ce saint depuis Leonard de Vinci dont le portrait androgyne l’inspire.
Autre figure récurrente : le Bacchus , je me souviens du Bacchus malade de la galerie Borghese et le Jeune homme à la corbeille de fruits exposé juste à côté.
Autre lieu, autres scènes et tableaux qui m’ont impressionnée : les tableaux représentant Matthieu dans l’église de saint-Louis- des-Français. Le séjour du Caravage à Rome est raconté avec toutes les intrigues dont celle autour des peintures dans cette églises que j’ai visitée en suivant l’itinéraire de Dominique Fernandez dans le Piéton de Rome.

Lectures, visites, tableaux se répondent et je vais de l’un à l’autre sans me lasser.
C’est un roman noir italien, aucun rapport avec le Liban, si ce n’est le surnom que le héros du livre a pris, on ne sait pourquoi d’ailleurs.


J’achète les livres de mes auteurs préférés sans chercher à connaître le sujet, sans lire la présentation ni le 4ème de couverture. Je fais confiance à l’auteur. Si j’avais su que, chez les paysans de montagne, « la nature » désignait le sexe, j’aurais peut être hésité. Un livre sur le dévoilement du pénis du Christ! pas franchement ma tasse de thé. Et j’aurais eu bien tort. Parce que c’est un livre délicat, poétique et profond. Impudique? pas vraiment.


Merci à Babélio et aux éditions Albin Michel de m’avoir offert ce livre !




