La Nature exposée – Erri de Luca

IL VIAGGIO

 

J’achète les livres de mes auteurs préférés   sans chercher à connaître le sujet, sans lire la présentation ni le 4ème de couverture.  Je fais confiance à l’auteur. Si j’avais su que, chez les paysans de montagne, « la nature » désignait le sexe, j’aurais peut être hésité. Un livre sur le dévoilement du pénis du Christ! pas franchement ma tasse de thé. Et j’aurais eu bien tort. Parce que c’est un livre délicat, poétique et profond. Impudique? pas vraiment.

 

 

Le narrateur est un montagnard, ancien mineur, passeur d’occasion de ces voyageurs (il ne dit pas réfugié) sur les chemins des contrebandiers, sculpteur amateur, artisan capable de réparer un nez, un doigt, une main cassée dans la pierre.

A la suite d’une dispute avec le forgeron son ami, le narrateur descend de la montagne vers la mer et trouve par hasard, dans une église, une statue qui avait besoin de restauration. C’est une merveilleuse statue de marbre, un Christ en croix qu’on a affublé d’un drapé de granite pour cacher les parties honteuses. Au restaurateur, la tâche d’enlever le drapé et de réparer les dégâts au marbre.

Le héros se passionne pour ce travail. Il se documente sur la statue, le sculpteur, relit les évangiles, et même prend conseil chez un rabbin. Il ira jusqu’à Naples étudier les nus antiques.

Je retrouve Erri de Luca avec ses lectures laïques et érudites des textes sacrés. Son rapport au sacré me convient, respectueux aussi bien de la foi du curé et de l’évêque qui lui ont confié la restauration que des avis du rabbin et des commentaires de l’ouvrier algérien avec qui il dîne dans le petit restaurant populaire. Le sacré dépouillé de toute bigoterie, la tolérance prend toute sa transcendance.

« en quelques mois, j’ai fréquenté un curé, un ouvrier musulman, un rabbin. Aucun contact avant, et puis les trois  la fois, ils m’ont permis de me mettre à leurs balcons, où j’ai éprouvé des vertiges qui me sont inconnus lorsque j’escalade des précipices… »

Simplicité du montagnard qui a un rapport charnel à la pierre, à l’eau glacée du torrent, au sable de la plage, qui « engueule la neige » et délicatesse de son toucher quand il s’agit de la statue de marbre. C’est en la caressant qui’l découvrira ses secrets, ses messages cachés…

Générosité de l’homme simple qui est touché par la parole d’un enfant, un seul mot « Düsseldorf », qui rend l’argent des voyageurs une fois le passage de la frontière effectué.

Erri de Luca nous ramène à Naples :

« Un homme qui vient des bois et d’un village se retrouve à Naples, sorti du train au milieu de la place de la gare. Il doit étudier la situation. La difficulté immédiate, c’est la traversée[…]il ne faut pas croire que la mer Rouge s’ouvre en deux pour eux, c’est une mer rouge locale… »

Naples c’est aussi le Vésuve :

« Raimondo associe le sentiment religieux de la ville aux éruptions. « la miraculeuse liquéfaction du sang de la relique de Saint Janvier reproduit sous le verre la fusion volcanique. le sang est l’exorciste du Vésuve, sa statue est portée e, procession contre l’avancée du feu. A Naples le sentiment religieux ne vient pas du haut des cieux, mais des entrailles de la terre…. »

Un beau livre sur la beauté des choses, des sculptures…de la montagne, des textes sacrés.

 

La Mer, le matin – Margaret MAZZANTINI

IL VIAGGIO

Merci aux copines de la page FB du mois Italien/il viaggio, , Martine, Mireille et Paolina qui me l’ont recommandé. C’est une belle lecture! 

Cette lecture s’inscrit dans le Mois italien mais aussi dans une suite de romans qui a commencé par La terre qui les sépare d‘Hisham Matar qui raconte la quête d’un fils cherchant son père dans les geôles de Khadafi, puis par Looping d’Alexia Stresi qui se déroule en partie en Libye et traite de la colonisation mussolinienne de la Lybie (entre autres), enfin la vie ne danse qu’un instant de Theresa Revay se déroulant dans l’Italie de Mussolini et commençant par la conquête de l’Ethiopie.

Italie/Lybie; colonisation/décolonisation mais aussi Exil/ émigration sont les thèmes de La mer, le matin. 

Deux histoires en parallèle :

Farid et la Gazelle raconte l’exil de la mère et de son fils fuyant la guerre civile en Libye qui a tué le père. Farid, enfant du désert n’avait jamais vu la mer. Il se retrouve sur un de ces bateaux pourris qui font naufrage en mer au large de l’Italie. L’innocence de l’enfant, qui apprivoise une gazelle innocente…

Couleur silence

Est aussi une histoire d’exil. c’est l’exil d’Angelina, la  mère de Vito, l’adolescent, puis le jeune homme sicilien, enfant de Tripolini – équivalent de nos pieds noirs – exilés de Libye. Enfants de ces colons que Mussolini a envoyé construire une campagne italienne de l’autre côté de la Méditerranée et que Khadafi a renvoyé ses eux en prenant le pouvoir.

Deux histoires en miroir. Farid qui quitte la Libye pour l’inconnu. Vito, de l’autre côté de la mer, qui a hérité de la nostalgie d’ Angelina, sa mère, de santa sa grand mère pour la Libye.

La mer,  le matin est la troisième partie du livre; celle qui fera peut être rencontrer les deux exils. On aimerait que Vito rencontre Farid, qu’il le sauve du naufrage…

Je ne vais pas raconter la fin. Il faut lire ce livre poétique, généreux qui soulève aussi un voile sur une histoire douloureuse.

La vie ne danse qu’un instant – Theresa Révay

Merci à Babélio et aux éditions Albin Michel de m’avoir offert ce livre !

Alice Clifford est correspondante de presse, intrépide reporter de guerre est  sur tous les fronts, de l’Abyssinie 1936, quand les troupes de Mussolini ont chassé le Négus, Madrid 1937,  à la Guerre d’Espagne, puis la Nuit de Cristal à Berlin novembre 1938, jusqu’à Monte Cassino aux côté des troupes américaines.

Fine journaliste, elle interviewe  Mussolini, fréquente un prince romain introduit au Vatican, publie des articles analysant les mécanismes du pouvoir fasciste. Dans les premières prévient des atrocités contre les Juifs dans les camps de concentration.

Entre ses reportages de guerre, Alice Clifford vit à Rome où elle a un appartement et un amant.Ou elle retourne se ressourcer à Alexandrie où vit son père et son ex-mari.

Ce roman historique, très bien documenté rappelle dix ans d’histoire européenne.Si je suis restée un peu sur ma faim pour ce qui concerne la Guerre d’Espagne, tout ce qui se déroule en Italie, aussi bien à Rome que dans les guerres de conquêtes mussoliniennes est très intéressant. Le rôle des papes Pie XI et Pie XII est intéressant.

Je me suis moins attachée au roman d’amour. La jeune femme si belle, si désirable, si intelligente….qui se veut libre et non-conformiste est comme on dirait « trop ». « Trop » beaux, séduisants, bien-nés, riches….ses amants. Quand à Fadil, l’ex-mari il est tout simplement parfait. Tant de perfection me lasse.

En bref, c’est un roman historique intéressant, mais c’est un roman historique, pas un témoignage direct ni une oeuvre littéraire qui vous emporte.

Même si Alice est américaine, nous baignons dans une atmosphère italienne tout au cours du roman.  Ce qui explique pourquoi je publie le billet dans le mois Italien.

L’image contient peut-être : ciel, plein air, eau et texte

Suburra – Carlo Bonini & Giancarlo De Cataldo

LIRE POUR L’ITALIE/ROMAN NOIR

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J’avais lu avec grand intérêt Rome Brûle (Suburra2) (2016) . J’avais regretté de lire la série à l’envers, j’ai donc acheté Suburra (2013) pour combler cette lacune. Et m’apercevoir ensuite que la série est beaucoup plus longue avec eux autres romans :  Romanzo criminale (2006) et Je suis le Libanais (2014). Ceci pour remettre de l’ordre au cas où les amateurs de romans policiers voudraient tout lire. Attention, ces livres sont des pavés et très violents! Je frôle l’overdose de règlements de comptes, vengeances, et coups tordus, je vais laisser reposer et je reprendrais ces ouvrages un peu plus tard.

Court prologue 1993, la suite se déroule à la fin de l’ère berlusconienne (2011), il y a même une scène somptueuse de la retransmission de la démission de Berlusconi (12 novembre 2011) traité de « mafieux » et de « bouffon » par la foule, dans une réunion mondaine de politiciens….mais le Premier Ministre n’est pas en cause dans ce roman. En revanche, la corruption dans Rome est le sujet de l’intrigue. Corruption, cocaine, prostitution et affairisme sont les ressorts de l’action qui mêle allègrement la pègre et le personnel politique, ainsi que certains fonctionnaires et même dignitaires ecclésiastiques.

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Plusieurs familles se partagent les affaires, « ceux de la Romanina » les Gitans, « Ceux d’Ostie », des Calabrais, des Napolitains, et même une filière géorgienne. Nous assistons le long des 515 pages à la guerre des clans pour les territoires, le  trafic de la cocaïne, et simplement pour les luttes de pouvoir. Le Samouraï, la personnalité la plus marquante, un bandit très classieux règne. Il faudra donc assister à de fastidieuses et interminables exécutions. Tout aussi répétitives, les préparations des innombrables rails de cocaïne et descriptions des effets de la-dite substance. Vulgarité du sexe tarifé…. J’ai trouvé  des longueurs.

Ce bémol  – violence et sexe sont des composantes obligées de la littérature du genre – ne retire rien à l’intérêt de l’analyse du fonctionnement des mafias. L’un des auteurs est journaliste, l’autre magistrat, leur récit est donc tout à fait crédible (malheureusement). Le contexte politique est aussi essentiel. Evidemment la promenade dans Rome est plaisante. J’avais été très scotchée par cet aspect dans Rome brûle presque un témoignage. Le thème principal : la spéculation immobilière est aussi très intéressant.

J’avais été un peu perdue dans la foule des personnages de Rome Brûle, ils sont aussi nombreux dans Suburra, heureusement certains se retrouvent dans les deux romans. la psychologie des personnages est très fouillée : certains ne sont que des voyous primaires et brutaux mais d’autres ont des personnalités plus complexes et plus consistants. Le samouraï est particulièrement intéressant, alors que dans l’opus suivant, incarcéré, il tire les ficelles sans vraiment apparaître.

Une série passionnante (mais à consommer avec modération).

Rome brûle – C. Bonini -G.de Cataldo

LIRE POUR L’ITALIE

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Roman noir!

Prologue : Rome brûle comme au temps de Néron?

C’est  un livre d’actualité. Il se déroule du 12 mars 2015 au 23 mai.

Politique fiction? En effet, c’est presque une enquête journalistique  même si le nom du maire de Rome et de certains acteurs ont été modifiés. Ignazio Marino maire de 2013 à 2015, est sorti indemne du scandale de la Mafia Capitale (lire ICI l’article du courrier International) mais tombe quelques mois plus tard dans le scandale du dinergate à deux mois de l’inauguration de l’Année Sainte proclamée par le Pape François (les auteurs l’ont présenté en vedette américaine). La victoire du Mouvement cinq étoiles (20/06/2016) est prévisible, quoique absente du livre puisque il se déroule l’année précédente.

Et même si le roman n’avait rien à voir avec la réalité ce serait un excellent roman dénonçant la corruption et la mafia, montrant comment les chantiers (principalement celui du métro) sont gangrenés par cette corruption. Comment les fascistes infiltrent les syndicats de la ville.

Et même si les auteurs avaient fait une pure fiction, ce serait un excellent roman(bis) avec un humour décapant(twitter pendant la messe à Saint Pierre) ou but religieux du tracé de la Ligne C du métro : du Vatican à saint Jean de Latran pour l’Année sainte (mais nous l’avons expérimenté le métro n’a pas été terminé. Si les religieux ne sont pas épargnés, les communistes non plus! On rappelle la dérive du PCI vers le PD avec toutes les étapes, sur le mode ironique.

Moins drôles mais toujours très noirs, les groupuscules fascistes, dont la bêtise et l’ignorance peut être exploitée  à tout et n’importe quoi…..

Un bémol vient du nombre des personnages que j’ai confondus pendant le quart du livre, difficile pour moi de les différencier, mais c’est un peu ma faute. Rome Brûle fait suite à Suburra que j’aurais dû lire avant. Et les Italiens ont dû retrouver dans ce roman à clé des personnages sans se perdre comme moi.

 

 

 

 

 

 

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2014/12/09/mafia-capitale-l-enorme-scandale-qui-secoue-l-italie

Brunetti entre les lignes – Donna Leone

PROMENADE DANS VENISE

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Après une lecture difficile ou éprouvante (Les Elus de Sem-Sandberg) je retourne à la lecture légère. Une promenade dans Venise avec Brunetti est toujours la bienvenue. Depuis longtemps, je ne prête qu’une attention distraite à l’intrigue policière pour me délecter du décor de Venise, de la cuisine de Paola, de la compagnie d’un commissaire lettré.

C’est donc dans le royaume des lettres, du latin et du grec, des Pères de l’Eglise, des explorateurs vénitiens, des cartographies, des livres anciens de la Bibliothèque Merula. L’auteur cherche pour ses lecteurs, de nouvelles facettes de Venise et je la suis bien volontiers.

Celle qui fuit et celle qui reste – Elena Ferrante

APRES L’AMIE PRODIGIEUSE ET LE NOUVEAU NOM….

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J’ai attendu de long mois la parution en français du 3ème tome de la saga d’Elena Ferrante, je me suis attachée à ces deux amies. J’étais impatiente de savoir quelles sortes de femmes elles allaient devenir en mûrissant.

Le récit se déroule entre 1968 et 1976. Elena vient d’écrire un roman qui a été salué par la critique, elle est fiancée à Pietro, fils d’intellectuels milanais en vue, qui vient d’être nommé à Florence. Elena qui a étudié à Pise et qui s’installe avec son mari, est donc celle qui fuit. Lila a quitté son mari elle est ouvrière dans une usine de salaison, elle est celle qui reste. Doit-on fuir Naples et son quartier pauvre pour réussir? Les deux amies séparées resteront-elles dans leur relation fusionnelle comme dans les deux premiers tomes de la saga?

Elena participe aux débats des étudiants en 1968 et après. Sa belle-soeur Mariarosa  l’introduit dans le mouvement féministe qui se constitue. Le féminisme et les dérives des gauchistes sont au coeur du roman. Pendant que les étudiants parlent, les ouvriers agissent. Lila monte un syndicat dans l’usine de charcuterie. Le patron fait appel aux fascistes pour faire le coup de poing. La violence est extrême dans le Quartier tenu par la Camorra depuis des décennies, la famille Solara tient commerçants et chômeurs dans son influence. Les amis de Lina et d’Elena se radicalisent.

A côté du contexte politique très bien expliqué, nous assistons tout au cours du livre à la transformation par le mariage de l’écrivaine politisée courtisée par les journalistes en femme au foyer aliénée, mère de famille frustrée incapable de donner une suite à son roman à succès. Pietro, le gentil professeur d’Université est parfaitement ennuyeux et égoïste dans son ménage.

Bien sûr, il faut qu’il se passe quelque chose…..mais je ne vous le raconterai pas. Lisez le livre!

l’été du commissaire Ricciardi – Maurizio de Giovanni

POLAR NAPOLITAIN

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Août 1931, il n’a pas plu depuis deux mois sur Naples, la chaleur est suffocante. La Duchesse de Camparino est retrouvée assassinée chez elle. L’enquête est délicate. Nous sommes dans le beau monde. Les deux ducs de Camparino pourraient être suspects : la duchesse trompait le vieux duc, le jeune duc la déteste. La victime a été trouvée dans ses appartements, la chaîne fermant le palazzo, intacte. Le suspect désigné est l’amant, un journaliste connu : une violente dispute a eu lieu la veille au vu et au su de tous.

Le commissaire Ricciardi, taciturne et intègre,  a une faculté curieuse, il entend les dernières paroles des défunts. Et dans ce cas précis, la victime réclame ses bagues.

L’action traîne un peu, les indices ne sont pas toujours crédibles mais la promenade dans Naples est parfaite des boutiques de la Via Toledo au Gambrinus où le commissaire a ses habitudes, : café et sfogliatella. Cuisine napolitaine appétissante, non pas de pizze, mais des ragoûts odorants qui mettent à la torture le brigadier Maione au régime, des anchois frits….

1931, les squadriste fascistes font régner leur ordre et menacent Ricciardi qui ne se laisse pas intimider. « Guignols, brutes, fanatiques »…

Il est aussi beaucoup question d’amour, de passion, de jalousie….

C’est le deuxième livre de la série et je compte bien lire le Printemps et l’Hiver quand je passerai devant à la médiathèque.

 

Le Bâtard de Palerme – Luigi Natoli

LIRE POUR LA SICILE

 Palerme :Quattro Canti
Palerme :Quattro Canti

Jubilatoire! 

Un très gros roman de cape et d’épée se déroulant surtout à Palerme, mais aussi dans la campagne sicilienne, justement sur les lieux où nous avons passé les vacances de Pâques 2016!

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Palerme, en fête, regarde partir les Espagnols en 1698 et accueille le nouveau roi de Sicile, savoyard. La ville est parée de tribunes, d’arcs de triomphe, des tapisseries pendent du palais royal, le spectacle est solennel. On savait festoyer en ce temps-là!

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Juillet 1718, une armada espagnole est de retour. Le roi savoyard a déçu la noblesse sicilienne qui regrette le temps où les Espagnols « dont l’oeuvre en Sicile se résumait à une formule simple : « faire de l’argent, enrichir le clergé et la noblesse, pendre le plus de monde possible et ne se préoccuper de rien d’autre… » 

Blasco de Castiglione monté sur une sorte de rossinante arrive dépenaillé, provoque en duel le prince d’Iraci,  corrige les valets des grandes familles. Il vient à Palerme rechercher un religieux qui connaît le secret de ses origines….

Batailles, duels, fêtes,  secrets de famille. Mais aussi intrigues amoureuses, rapt d’une religieuse, scandales et sérénades tournant au charivari nocturne. Intervention d’une société secrète les Beati Paoli. On ne s’ennuie pas un instant dans ce très gros livre qui me fait penser aux Trois Mousquetaires que j’ai dévoré il y a bien longtemps.

J’ai adoré cette lecture et n’attendrai pas longtemps pour lire la suite : il reste encore deux gros volumes!

Le Jour de mon abandon – Elena Ferrante

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

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J’ai été scotchée par l’Amie Prodigieuse et sa suite Le Nouveau nom et j’attends la suite! Quand Eimelle a proposé le 25 Octobre comme jour dédié à Elena Ferrante j’ai téléchargé derechef Le Jour de mon abandon sans trop me préoccuper de cet abandon et du contenu mortifère possible. J’ai fait confiance au talent de l’auteur qui m’avait enchantée précédemment. Et puis, j’ai laissé filer le 25 Octobre, entre deux voyages, la Masse Critique, on oublie parfois les engagements aux Challenges….

Donc, le 25, j’ai démarré Le Jour de mon abandon en toute urgence et en toute confiance! Et je l’ai fini le 27 avec soulagement. Non que mon retard m’ait empêché de dormir, mais plutôt parce que cette lecture est une épreuve. Il relate la rupture du mariage d’Olga 38 ans,  et de Mario qui lui a annoncé sans aucun préambule qu’il la quittait.

Olga est d’abord incrédule, elle cherche les raison de cet abandon. Puis, comprenant que la situation est irrémédiable, elle sombre dans un naufrage pénible à suivre.

Elena Ferrante ne nous épargne aucun détail de la vie quotidienne d’Olga, ni la promenade du chien, qui était l’apanage du mari, ni la lessive qu’elle trie, les enfants à l’école….tout ce qui fait la vie d’une ménagère de bientôt 40 ans, qui a oublié ses rêves d’écriture, qui a laissé tombé un travail  dans une maison d’édition plutôt gratifiant, qui était soucieuse de son élégance pour plaire à Mario et qui se retrouve flouée de tout.

Olga n’est guère sympathique, je n’arrive pas à m’identifier à elle, ses réactions m’agacent.  Comme toujours, l’écriture d’Elena Ferrante déborde, l’analyse fouille dans la psychologie et dissèque les moindres réactions du personnage. Autant Lila et Elena sont pleines de vie, des battantes, complexes,étonnantes autant Olga est passive devant son destin de femme-mariée-mère-de-famille-abandonnée-par-un mari-atteint-du-démon-de midi.

Le talent de l’auteur n’est pas en défaut. Si le jour de son abandon est finalement assez terne, c’est plus tard que la tragédie va s’amplifier. Pendant un jour, un véritable enfer

Après cette légère déception, j’attends toujours avec impatience le tome3 de la série de l’amie Prodigieuse!