Lire Sciasciaest un plaisir rare. A la veille de notre départ pour Palerme, encore plus précieux!
Je me délecte de l’ironie et de l’érudition de l’auteur. Surtout ne pas s’arrêter à la longue citation de DENYS L’AEROPAGITE qui laisserait penser qu’il s’agit d’un livre savant ou ennuyeux, au contraire, c’est un livre léger (159p) qui se lit avec le sourire.
Le narrateur, un peintre connu, arrive par hasard à l’ermitage de Zafer, ermitage ou hôtel? Un peu des deux : le gratin, ministres, ecclésiastiques, avocats ou hommes d’affaires s’y rencontrent chaque année pour des exercices spirituels sous la direction de Don Gaetano, un prêtre de caractère et de grande culture qui peut citer aussi bien Boccace que Mallarmé ou La Rochefoucault que les pères de l’Eglise.
Guttuso : crucifixion
Ces citations ne sont jamais fortuites, elles lancent de pistes que je me suis fait un plaisir de suivre (merci Wikipedia sur le smartphone!). Lecture lente donc, que j’ai savourée avec des interruptions pour retrouver un auteur, ou un peintre. Le narrateur étant peintre, il est question de peinture. J’ai eu la surprise de retrouver Guttuso (que j’avais rencontré à Ravenne) – j’ai bien l’intention de visiter son musée à Bagheria!
Christ de Redon
Rencontré un dessinateur Steinberg que je ne connaissais pas… Je pourrais aussi citer les Christ de Rouault ou de Redon.
Les rencontres littéraires sont encore plus nombreuses : Pirandello, bien sûr… mais aussi Pascal…Voltaire qui recommande aux artistes de peindre les « pieds chauds ». Un ministre très imbus de sa personne confond un aphorisme de La Rochefoucault avec les écritures à l’envers des emballages des crottes de chocolat. Confusion qui me fait rire aux éclats….
Au mitan du livre, au cours de la récitation du Rosaire, une célébrité est tuée d’un coup de revolver. Le livre prend une autre tournure et nous voici en pleine énigme policière. L’enquête occupe la seconde moitié du livre, toujours ironique mais très pessimiste. L’auteur dénonce la corruption au sein de la Démocratie Chrétienne qui aboutira vingt ans plus tard à l’opération Mani pulite.
1508 – 1512 , Michel Ange a peint le plafond de la chapelle Sixtine en 4 ans.
L’histoire est racontée par Aurelio, un jeune paysan de Forli, ébloui, enfant par l’Ange de Bologne de Michel-Ange. Il vient à Rome apprendre la sculpture auprès du maestro. Ce procédé met en scène un peintre célèbre du point de vue d’un apprenti, rappelle Les doutes de Salaï de Rita Monaldi racontant le séjour de Léonard de Vinci à Rome. Ce n’est pas le premier roman illustrant la vie de Michel- Ange que je lis : Parle leur de batailles de rois et d’éléphants de Mathias Enard et Pietra Viva de Leonor de Recondo tous les deux très littéraires m’avaient plongé dans l’univers de Michel-Ange.
Moins littéraire, mais plus historique, Le Ciel de la Chapelle Sixtine replace l’oeuvre dans le contexte des luttes du Pape terrible, Jules II, contre Venise, d’abord puis contre les Français qui guerroient en Emilie-Romagne. Il donne une description pittoresque de Rome où, selon les paroles de Michel-Ange à son frère venu chercher une sinécure, il n’y a que des prêtres, des pèlerins et des courtisanes.
« Derrière les murs du Vatican régnait une guerre entre les artistes dans laquelle aucun des combattants ne connaissait les armes de son concurrent… »
Intrigues de Bramante et de Raphaël auprès de Jules II pendant la construction de Saint Pierre. Michel-Ange, sculpteur et non fresquiste, est mis au défit de peindre ce plafond si difficile…chacun attend qu’il trébuche….
« Bramante et Jules étaient possédés par la même folie des grandeurs. Jules volait donner à la ville une dimension divine. »
Michel-ange avait quitté florence pour sculpter dans du marbre le amusée de Jules mais
« Bramante persuada Jules que cela lui porterait malheur de construire un mausolée de son vivant. Ce fut la fin du projet. Michel-Ange avait perdu son emploi. »
C’est avec grand plaisir que j’ai fait des promenades entre le Château Saint Ange, le Trastevere et le Pont Sisto, la villa Chigi (Farnesina)où visités il y a quelques semaines, entre le Corso et la Via Giulia…
C’est aussi avec grand intérêt que j’ai suivi les travaux des fresquistes de la bottega, le giornate, journées de travail, la préparation des enduits, les préparatifs sur cartons perforés, les couleurs, l’épisode des moisissures qui attaquèrent les premières scènes….
Aurelio n’apprendra pas la sculpture. Plutôt modèle qu’apprenti, c’est lui qui inspire Adam de la Création de l’homme. Parce que ce roman historique est aussi un roman d’amour. Michel-Ange aime Aurelio, qui aime Aphrodite, la courtisane cachée du pape, qui,elle aime Michel-Ange et lui commande la sculpture qui la rendra éternelle dans le marbre… mais ces amours sont contrariés. Celui qui prononce le nom d’Aphrodite en ville, a sa langue coupée…De son côté, Michel-Ange qui se peint en Jérémie « c’est notre sort de supporter la souffrance » va chercher uniquement sa jouissance dans son art.
Quand je retournerai à Rome pour revoir la Chapelle Sixtine, il faudra que je relise ce livre pour comprendre la signification de chacune des scènes, des personnages, prophètes, sybilles ou ignudi…
exposition temporaire du 9 mars 2016 – au 30 mai renseignements pratiques : (ICI)
Hubert Robert arrive à Rome en 1754, il y restera 10 ans et sa peinture restera marquée par ce séjour.
L’exposition du Louvre commence par ces années romaines et par une série de dessins à la sanguine éblouissants. On se promène dans Rome, Tivoli ou au Vatican. L’étude des monument est précise, étude de l »architecture et aussi de la vie quotidienne. Jamais, il ne néglige le détail qui donnera vie à l’étude de l’antique : le chien endormi dans le coin droit des Dessinateurs du Palatin, ou à droite, ailleurs…. je me suis amusée à chercher les chiens. On étend le linge dans les ruines ou les villas (villa Madama) Dans l’atelier des restaurateurs d’antiquité un amoureux apporte un bouquet à une servante.
Villa Madama
Etudes de dessins sanguines, parfois lavis et aquarelle prépareront de charmants tableaux dans les teintes chaudes de la pierre, les tons plus pastels d’une campagne romaine imaginaire…
Quand le peintre rentre à Paris, il continue à peindre des ruines antiques. C’est la mode. Il expose un curieux Port de Rome où les bateaux sont à qui devant le Panthéon. Des vomitoires du Colisée on voit la statue équestre de Marc Aurèle….Hubert Robert prend des libertés avec la topographie et livre des compositions rassemblant tout ce qu’on voudrait voir à Rome. Les cascades coulent à flot à Tivoli et même dans un bassin de la Villa Giulia!
A mesure qu’on avance dans l’exposition et dans la chronologie, les tableaux deviennent de plus en plus grands, colorés et fantastiques. Que dire de cet incendie de Rome? On voudrait y placer Néron mais les personnages sont vêtus comme ses contemporains du 18ème siècle! Hubert robert réinvente Rome, mais pas seulement l’Egypte aussi, des danseuses font une ronde autour de l’obélisque détruit devant un arrière plan de pyramides, le sphinx lui même est fendu, allusions aux conquêtes napoléoniennes(?)
l’incendie de l’opéra (chercher les pompiers avec leurs lances)
En plus de cette antiquité rêvé des anticomanes qui lui passent commande, il peint aussi Paris toujours avec son goût des ruines : l’incendie de l’opéra le lendemain, quand les pompiers arrosent encore les braises et que on transporte un blessé sur sa civière est presque un reportage de fait divers. Et cette Bastille qu’on a pris la veille et qu’on commence à démolir? Il peint aussi la démolition des maisons encombrant les ponts de Paris et comme il aime toujours la lessive, il place au premier plan des bateaux-lavoirs d’une précision méticuleuse….
Dans la veine du reporter, ses dessins et peintures effectuées en prison quand la Révolution l’y enferma..
Robert comme concepteur de jardins, on aimerait voir ce qui reste de Méréville.
Dernier volet de l’exposition, Hubert Robert comme conservateur de musée quand le Louvre devient le Louvre.
Le microbus 125(fréquence toutes les 30 minutes) s’arrête non loin de la Farnesina et fait un circuit dans le Trastevère, se faufile entre les tables des restaurants de la Via della Scala, débouche sur le Lungotevere coupe le gros Viale Trasteverepour abordeder des quartiers moins touristiques et moins clinquants, port et industrie. Au retour, il frôle le Janicule. Des dames avec leur cabas du marché nous expliquent où descendre pour emprunter un autre microbus, le 115 qui monte à la promenade du Janicule.
Trouver d’abord un restaurant agréable pour notre dernier jour à Rome. Premier essai devant l’Eglise della Scala, une table au soleil, mais c’est un fast-food, on peut composer à sa guise sn sandwich ou sa salade. Nous aimerions un peu de gastronomie romaine. On dit que dans le Trastevere on cuisine bien les abats…Après avoir étudié le menu, nous prenons la fuite. Deuxième essai, un peu plus loin. Des tables plus chic. A la carte pas de secundi, seulement des hamburgers. Les primi ont l’air appétissants. J’hésite entre une Salade Fellini, une salade Pasolini ou Antonioni, je change d’avis pur des tonnarelli à la sauce tomate-basilic.
La serveuse est sympathique et énergique. Google-maps donne les horaires du microbus 115 (ce serait beaucoup plus court d’y monter à pied !)
église della Scala modeste de l’extérieure toute dorée de l’intérieur
Avant le repas je visite les deux églises de la rue Della Scala : la première della Scala modeste à l’extérieur luxueusement parée de marbres colorés de lustres dorés, les tableaux sont mal éclairés.
Santa Maria in Trastevere est très ancienne, elle a gardé sa façade brune et ses mosaïques. Dans le narthex, on a incorporé des marbres antiques, certains sont gravés de symboles paléochrétiens. La crèche de Noël est sympathique : à côté de la Nativité on voit un repas villageois sous un auvent de paille, sauf que les invités sont pour la plupart africains, une crèche pour les migrants ? A l’intérieur de très belles mosaïques.
Nous attendons les 115 devant une belle fontaine. Un SDF très propre sur lui, look randonneur fait sa lessive lave chaussettes et slip, rince, essore et les étend sur un banc au soleil.
Le 115 grimpe par des épingles à cheveux et passe devant la Fontaine Paola que j’avais ratée en montant à pied au Janicule et un monument moderne de l’Unité Italienne. Il semble que toute la colline soit une commémoration des combats de Garibaldi en 1949. Nous descendons du bus sur la terrasse devant la statue équestre de Garibaldi ? Ce genre de monument n’est vraiment pas ma tasse de thé, j’y avais jeté un coup d’œil distrait. J’ai lu qu’Anita Garibaldi y était représentée. Le personnage m’intéresse, ce n’est pas l’épouse du héros mais une combattante à qui Garibaldi rend hommage à chaque action.
Je parcours la passeggiata jusqu’au Chêne du Tasse, bien mort amis soutenu par un pilier en brique. Je passe devant le Phare offert par les Italiens d’Argentine, incongru, nous sommes loin du rivage !
Au retour le 115 ne marque pas l’arrêt à la fontaine et nous nous retrouvons sur le Viale Trastevere ce qui est plus pratique parce que le tramway 8 se succède à bonne fréquence.
San Francesco in Ripa :
Je m’étais promise d’aller admirer la Bienheureuse Ludovica du Bernin allongée sr l’autel en extase. Volupté céleste ou amoureuse ? Le marbre rouge se déploie en plis élégants et compliqués. Un autel ?
Passant devant Santa Maria in Trastevere, j’entre au hasard. Bonne pioche ! le chœur est éclairé et je peux admirer les mosaïques.
Dernières pizzas pour diner chez Boccaccia , je choisis un assortiment à taglio, radiccio et coppa, artichaut-mozzarella ,.
Nous regretterons notre quartier si vivant et coloré décorée par le linge qui sèche d’une fenêtre à l’autre, moins l’appartement avec sa cuisine à la cave.
Comme souvent, en Italie, j’ai pris Dominique Fernandez pour guide avec le Piétonde Romequi avait tracé un itinéraire Caravage de S Luigi dei Francesi à la Galleria Borghèse et au Musée du Capitoleet enfin au Palais Corsini le temps nous a manqué pour voir tous les le chef d’œuvres du maître, au Vatican ou au Palais Barberini. Cependant ma curiosité a été aiguisée. Je voulais en savoir plus sur le Caravage. Je serais bien inspirée de relire la biographie romancée de Fernandez la course à l’abime.
Caravage autoportrait à la Galerie Brghèse
Camilleri
Je viens de terminer la Révolution de la Lune , roman historique relatant un épisode de l’histoire sicilienne, où la veuve du vice-roi règne pendant 28 jours. Roman historique sur le mode burlesque qui m’a fait beaucoup rire. Je suis aussi fan de Montalbano. Camilleri, c’est beaucoup plus que l’auteur de Montalbano. Ce court roman, presque une nouvelle, est une commande à l’occasion d’une exposition Caravage en 2006 à Düsseldorf.
la couleur du soleil
Saint Jérôme (galerie Borghèse)
Par des circonstances aussi rocambolesques que mafieuses (on est en Sicile) Camilleri entre en possession de fragments du journal du Caravage et nous livre ceux qui concernent son séjour à Malte, son évasion et son passage en Sicile où il est recueilli par des amateurs de sa peinture qui le protègent pour qu’il peigne à Messine et à Palerme.
Le soleil est noir pour le peintre. Son goût du clair-obscur et les atmosphères sombres dans lesquels évoluent ses personnages ne seraient pas exactement un choix artistique mais plutôt une altération de la vision.
Les scènes violentes qu’il a peint correspondraient aussi à cette vie violente. Le Caravage, protégé des puissants comme Scipion Borghèse, qui admirent sa peinture est plutôt mauvais garçon, il a la lame facile et rapide et ses fréquentations sont peu recommandables….cela, je le savais déjà. Plus étonnantes sont ces hallucinations, ces rêves sanglants, ces draperies qu’ils voulaient blanches qui virent au rouge-sang….
Hallucinatoire ou réaliste, ce roman est original. Cependant, je préfère la tragi-comédie de ses autres romans historiques que j’ai lus, à ce roman très noir.
LePalais Corsini ,via Lunghara, parallèle au Tibre en face de la Farnesina est ouvert le lundi. La Galerie occupe le premier étage du grand palais. Des dizaines de tableaux de tous formats sont accumulés sur les hauts murs du piano nobile, tendus de soieries ou peints. Comme toujours il n’y a ni étiquette, ni explication pour ne pas déranger l’ordonnancement. Il faut se fier aux plans cartonnés et plastifiés pour les chercher, ce qui est finalement un jeu très amusant.
Une exposition temporaire : Mattia Preti un Giovane nella Roma dopo Caravaggio a lieu en ce moment ; occasion de faire connaissance avec ce peintre dont j’ignorais jusqu’au nom. Mattia Pretiest un peintre calabrais (1613-1699). Arrivé à Rome vers 1630, il subit l’influence caravagesque avec les clair-obscur, les éclairages violents sur le personnage principal, les sujets bibliques et les personnages du peuple (et leurs trognes) du maître qui a fait école ; L’exposition est conçue comme une confrontation des tableaux de Preti mis en évidence e par une présentation moderne et les tableaux de la collection du Palais Corsini : le San Giovanni Battista du Caravage, l’Hérodiade de Vouet, les œuvres du Guerchin ou de Joseph de Ribera.
C’est la découverte d’un style pur moi : j’ai découvert le Caravage grâce à Dominique Fernandez en lisant la biographie du peintre : La course à l’abîme lue il y a quelques années avant notre voyage à Naples, et toujours à son instigation j’ai suivi la piste du Caravage avec le Piéton de Rome, à la Villa Borghèse, à Saint Louis des Français, aux Musées Capitolins…
Découverte de Mattia Preti, peinture vigoureuse et intéressante. Le 17 ème siècle n’a jamais été ma période préférée en peinture. C’est l’occasion de m’y intéresser.
Au hasard de la visite, nous découvrons des peintres moins connus et d’autres très connus… Fra Angelico – j’adore ! Je suis passée à côté de Nicolas Poussin. J’ai cherché un Rubens, l’ai trouvée (le Saint Sébastien mais il ne m’a ait aucun effet. C’est la deuxième fois de la semaine que je zappe un Rubens. Je crois que je ne l’aime pas tant que cela.
Guido Reni : Salomé et la tête de saint Jean Baptiste
Sur le même thème Herodiade et la tête de Saint Jean Baptiste de Vouet et Salomé et la tête de Saint Jean Baptiste de Guido Reni. Je préfère le dernier.
Un joli Murillo de caractère.
Le Palais Corsini a une longue histoire : dans la chambre jaune où Christine de Suède s’y est éteinte, on a exposé Pindare et Virgile . De délicieuses fresques avec des grotesques ornent le plafond.
Belle matinée peinture ! Belle matinée ensoleillée aussi !
Le Palis Corsini dispose d’un ascenseur ultra- moderne avec une cabine de verre panoramique d’où la vue est merveilleuse sur le Janicule, les grands arbres et les jardins qui appartenaient autrefois au Palais Corsini et qui sont le Jardin Botanique.
Santa Maria Maggiore vue de la place de l’Esquilin
Nous nous reposons au soleil dans le jardin près de la verte fontaine. Il est un peu tôt pour déjeuner. Pas une terrasse au soleil Piazza Repubblica ni près de la Gare Termini . Quelques snacks et cantines peu attirantes autour de la gare. Nous poursuivons vers l’Esquilin et Santa Maria Maggiore, curieusement là il y a plusieurs pubs irlandais. La terrasse que nous trouvons via S Prassede l’Old Marconi, à l’enseigne d’un vieux poste de radio a aussi un patron british. Mi-taverne à bière, mi trattoria de quartier italien, l’osmose passe bien. Le serveur a le type asiatique mais la carte est définitivement romaine. Je choisis des Tonnarelli pepe e cacia, pâtes maisons excellentes au pecorino. Dominique commande des dés de poulet à la sauce safran. .
Tonnarelli pepe e cacia
Santa Maria Maggiore
Santa Maria Maggiore est une très grande église avec un plafond à caisson de bois doré. De grosses colonnes partagent l’intérieur en trois nefs (une large et deux étroites. Les mosaïques sont vraiment merveilleuses ?
Mosaïques dorées de l’absides
Il aurait fallu apporter des jumelles pour en profiter. L’abside est toute dorée avec le Christ Pantocrator et Marie dans un cercle sur un fond doré orné de volutes. Autour de petites scènes sur des registres sont très colorées. Quelqu’un a éclairé quelques minutes, l’église s’est allumée a brillé puis s’est éteinte sans qu’on trouve le tronc pour la rallumer à nouveau. La crypte est revêtue de marbres précieux un prélat de marbre blanc est agenouillé.
Vaste nef très claire avec le plafond à caissons
Les deux chapelles de part et d’autre du transept sot couronnées de belles coupoles peintes à fresques revêtues de marbre de toutes nuances. Des angelots et putti flottent sur des nuages ou grimpent aux corniches. Photo et visites interdites, réservées à la prière. La Paulina est nommée d’après Pauline Borghèse (Bonaparte) la belle Pauline de Canova.
Chapelle Paulina
Santa Pudenziana
Sa Pudenziana
Elle est située en bas de la place de l’Esquilin à l’arrière de Santa Maria Maggiore, petite église au dehors modeste, en contrebas dans une cour ; Elle est fort ancienne, son campanile a été ajouté au 12ème siècle. La mosaïque de l’abside est de la fin du 4ème siècle, elle est très originale mais fort restaurée et j’ai eu du mal à imaginer qu’elle était si vieille.
Santa Prassede
J’ai dû patienter jusqu’à 16h pour y entrer. Nous avions déjeuné à deux pas. Cela valait vraiment la peine d’attendre ! L’église actuelle date de 817-824 , les mosaïques sont donc carolingiennes. Elles sont originales et très belles.
Retour dans les bus bondés
Le retour est encore une épopée qui a duré deux heures ; Le week end le trafic est dévié en raison de la fermeture des forums impériaux. Les autobus n’empruntent pas les itinéraires de la semaine. Personne n’est capable de nous dire si le bus va s’arrêter à l’arrêt où nous l’attendons. Après avoir vainement attendu le 75, nous nous traînons à la gare Termini. En attendant le bus nous sommes distraite par un vol d’étourneaux qui se posent sur un pin tout proche avec un vacarme infernal. Nous embarquons dans le 64 pris d’assaut par une cohue monstrueuse. Dans le Tram N°8 c’est encore pire. On se demande bien si on arrivera à descendre à Giacchino Belli !
Les thermes de Dioclétien sont gigantesques ; la voirie les a découpés, une rue passe par la salle octogonale, Michel-Ange a construit dans le frigidarium la grande église Santa-Maria-degli-Angeli, énorme elle aussi. Lorsque nous y entrons, la Messe est dite en anglais, il est donc impossible de la visiter e entier ou de prendre des photos. Le narthex – Tépidarium, est coiffé d’une coupole assez grande pour abriter une grande église – ce n’est que l’entrée ! Marbres, anges et belles fresques, nous ne verrons cela que de loin.
Piazza della Reppublica
Il faut faire le tour pour trouvera l’entrée des Thermes. Coup d’œil à la Piazza della Reppublica : encore une fontaine en chantier : tas de pavés et grillages. Encore une qu’on ne photographiera pas ! Rome rénove toutes ses fontaines cette année.
la verte fontaine des Thermes de Dioclétien
Le long de la grande salle est planté un jardin. A l’ombre de grands cyprès, murmure une fontaine : l’eau sort d’une urne moussue garnie de fougères et de légères verdures. La vasque d’eau tares claire est composée de 4 lobes. Autour des carrés de pelouse encadrés par des buis taillés. Une rangée de lavande longe la grille. Des colonnes, de grosses poteries et des stèles gravées meublent le jardin. Des statues de marbre se trouvent dans les niches du grand bâtiment de briques où l’on voit encore les traces des frises de marbre disparues.
La grande salle haute comme un immeuble d’au moins quatre étages contient de nombreuses statues. EXPOSITION HENRY MOORE
Exposition Henry Moore
Les sculptures d’Henry Moore sont mises en valeur dans la salle antique. Elles font bon ménage avec les antiques. Dans l’espace ouvert près de la piscine(Natatio) les murs gardent des parements de marbre autour des portes, des fenêtres ou des niches.
Le Guerrier blessé
Le Guerrier Blessé (il n’a plus qu’un bras et une jambe sans pied) brandit son bouclier pour protéger sa tête. Les bronzes sont soit polis soit rugueux, certains présentent des valûmes lisses, arrondis brillants, difficilement identifiables, d’autres sont plus figuratifs comme ces groupes familiaux, mères et enfants ou ces femmes à moitié couchées. La plus connue est celle qu’il a élaborée pour le siège de l’UNESCO (1957-1961). Les grandes sculptures sont accompagnées d’esquisses, de dessins, d’études préalables.
Hommage à Picasso
On devine la statue en train de s’élaborer, se simplifier, se concentrer. Certaines gravures n’ont pas de relation directe avec les statues comme ces gravures Hommage à Picasso ou des abris dans le métro (1941) Tube shelter perspective que j’avais déjà vu au Musée Rodin il y a quelques années.
Thomas Moore (1898- 1986) fur blessé en 1917. Il était antimilitariste mais aussi convaincu de la nécessité de combattre le fascisme et le nazisme. Influencé par ses contemporains Brancusi, Modigliani ou Picasso il avait aussi étudié les sculptures antiques, sumériennes ou assyriennes ou exotiques. A chaque exposition de ce sculpteur je suis encore plus impressionnée par les facettes de l’artiste que je découvre.
tombe peinte
Le vaste hall (Aula X) Palestre ou vestiaire ? abrite aussi des tombes de la nécropole de la via Portuense Tomba dei Platorini , Tomba dipinta et Tomba dei stucchi. L’une d’elles ( 2ème siècle après JC )est peinte d’oiseaux de corbeilles et sur le mur du fond 13 personnages jouent, certains au ballon, d’autres à des jeux mal définis.
Les cloîtres
Cloitre de Michel Ange
Michel Ange aurait aussi dessiné un cloître et une chartreuse. On reconnaît de la rue Parigi les cellules des Chartreux avec les petites cours plantées d’oranger avec une fontaine ou un puits. Le « cloître de Michel-Ange » (nommé ainsi quoiqu’il ne l’ait pas réalisé, sa construction est posthume après sa mort en 1564) . C’est un des plus grands cloîtres d’Italie (10.000m2 100 colonnes monolithiques) En son centre la fontaine est entourée de très hauts cyprès. Les têtes de 4 paires d’animaux émergent des haies de lauriers : 2 chevaux, 2 bovidés, un bélier et un chameaux antiques auxquels on a adjoint un éléphant à la trompe sinueuse et un rhinocéros (celui des 10.000guitares ?). Autour du cloitre sont alignées statues et stèles, certaines très belles. Sur un sarcophage, deux époux latins sont accordés comme les deux étrusques de la Villa Giulia, moins beaux – le mari est vraiment âgé, moins souriants.
Bovins antiques du Cloître de Michel Ange
A côté du « cloître de Michel-Ange », un petit cloître était réservé aux moines. On y voit les bustes des empereurs : Néron, Marc-Aurèle, Dioclétien, Caracalla…des femmes aussi, Faustine, des enfants. De longues listes, des dalles gravées font le régal des latinistes (mon latin du lycée est trop loin !)sans compter les abréviations que seuls savent déchiffrer les épigraphistes. Des litanies s’échappent de micros cachés, prières à chacune des divinités.
Le musée
Un musée très moderne est logé dans le cloître sur trois niveaux. Salles claires, panneaux bien lisibles, illustrés et de grande taille. Objets rangés par thèmes pour guider le visiteur. Le premier thème traité est l’écriture : toutes sortes de messages, de textes sont écrits sur des supports variés comme la pierre, le métal, l’argile, le cuir. On a utilisé des burins, des stylets.
La salle suivante contient des vestiges retrouvés dans le forum et spécialement dans l’Aire Sacrée : petits récipients, offrandes, ex-votos.
Trois statues de terre cuite à taille humaine, sont confortablement installées dans des fauteuils. Qui sont-elles donc ?
La visite virtuelle de la Maison de Livie est pour moi un échec (comme l’audio-guide-tablette du forum). Un grand écran, notre corps sert de souris. J’accède au menu, entre virtuellement dans une pièce, puis cela se fige. Cela m’énerve, j’abandonne.
Vie quotidienne
A l’étage, une longue vitrine en plexiglas expose des balances et des masses. Parmi les balances romaines, l’une d’elle est fort jolie avec la tête féminine qui se déplace sur le curseur il y a aussi des balances à plateau. En face d’est une série de lampes à huiles, tuyaux en céramique ou en plomb, gouttières…
Un sarcophage est décoré de délicates scènes champêtres avec des animaux et du bétail. Un riche propriétaire terrien ? Non pas, c’est le tombeau de Iulius Achilleus, superintendant des baraques des gladiateurs.
Pour qui prend le temps de lire les inscriptions, tout est personnalisé avec le nom, l’âge, l’occupation, le grade militaire du défunt. Parfois il s’agit d’esclaves.
Au deuxième étage, on traite de religions et de croyances : je photographie les symboles paléochrétiens pour illustrer va visite aux Catacombes. L’extrémité du palier est occupée par le Culte de Mithra dont je ne connaissais rien avant la visite samedi dernier à Saint Clément. Mithra est représenté portant un couteau et une arme dans chaque main. Deux bas-reliefs montrent Mithra avec ses attributs : chien, serpent, scorpion. L’un d’eux est même peint et doré.
Préhistoire des peuplades du Latium,
Un étage entier d’une aile du cloitre est consacré à la Préhistoire. Je retrouve les urnes en forme de maison comme au Musée Etrusque.
Je suis allée au bout de ma concentration, nous sommes aux thermes de Dioclétien depuis plus de trois heures. Le billet donne droit à l’entrée dans musées de la ville de Rome, et ce, pur une semaine. Nous avions prévu de visiter dans la foulée le Palazzo Massimo qui se trouve tout à côté. Mais c’est un musée encore plus important que ce que nous venons de voir. Nous renonçons malgré les chaudes recommandations du Guide Bleu, du guide Gallimard et du Routard !
Un mythe célébré à la Galerie Nationale d’Art Moderne une exposition des photographies des films les plus connus d’Antonioni
Avec les photos de Monica Vitti dans l’exposition 1400 scati di Enrico Appetito .
A sa sortie, en 1960, je n’avais pas l’âge de ce cinéma-là et si certains plans m’étaient familiers je ne l’avais jamais vu.
Fulgurance des photos, d’une beauté sidérante.
Décalage, en revanche des mœurs : le latin lover n’est plus de mise. Ce Sandro m’est apparu bien fade et inintéressant, pas digne en tout cas de Lea Masari ou de Monica Vitti.
Beauté des décors, aussi bien cette île volcanique et déserte que le palais sicilien. Présence extraordinaire des figurants : cette foule masculine qui entoure la star peu vêtue, personnalité marquante du pêcheur unique habitant de l’île.
Avec le DVD, un petit livret raconte le tournage. Aussi aventureux que l’Avventura elle même. Passionnant.
La Galerie d’Art Moderne se trouve à quelques pas de la Villa Giulia. Elle occupe un vaste bâtiment de l’Exposition Universelle de 1911 qui me fait penser – de loin – aux Petit et Grand Palais parisiens. Précédé de 4 double-colonnes soutenant un fronton orné de guirlandes.
Avant la visite nous déjeunons au Caffe delle Arti. Sur la grande terrasse au soleil, des tables sont dressées séparées par de petites haies vives, nappes et serviettes en tissu, beaux couverts. Les garçons sont très stylés, costume noir, cravate noire, tablier boutonner sur le devant. La carte est très complète : viandes et poissons, antipasti variés. Nous nous arrêtons aux primi (13/14€) segundi( hors de prix)choisissons ravioli- ricotta-épinards avec une sauce de tomates fraîches, un brin de basilic et parmesan à volonté. Pur mi des pâtes bizarres à section ronde mais tortueuses, avec des lamelles de courgettes, roquette, gamberi(mi-crevette mi-langoustine), la sauce jaune est un délice. La qualité de la cuisiine est à la hauteur du cadre et du décor.
De Chirico
Tris expositions temporaires à la galerie ? L’une autour du cercle en céramique, une autre célébrant Antonioni : 1400 scati di Enrico Appetito. On voit des images du Désert rouge, de l’Avventura, des dizaines de portraits de Monica Vitti, une interview de Roland Barthes, des séquences de ses films sur des écrans. Retour aux années 60. J’ai envie de revoir ces films de la meilleure époque.
La troisième exposition temporaire « contropittura de Pablo Echaurren » s’appelle aussi Le Questione Murales . Dans ces œuvre de 1977, pas de Street Art ni de fresques murales encore moins de tags, il s’agit de grands tableaux très peints, très colorés. Si l’auteur se définit « parmi les Indiens métropolitains » sa peinture reste sagement sur les toiles.
Giacometti
Dans les salles avoisina les expositions sont exposés des tableaux de la fin du XXème siècle qui occupent de vastes espaces. Beaucoup de monochromes : quel ennui ! De grands tableaux avec de grands motifs répétitifs, c’est à peine mieux. Quelques œuvres sortent du lot des faucilles et marteau d’Andy Warhol, le pont sur le Tibre emballé par Christo, je reconnais les rayures de Buren. Peu d’américains, surtout des Italiens, Grecs, roumains, Bulgare, et pas mal de Français. Mention spéciale à Gastone Novelli pour ses grandes toiles blanches parsemées de petits graffitis poétiques Pour la recherche d’un nouveau langage. Deux silhouettes longilignes devant une longue toile sont signées Giacometti. Un couloir sombre consacré au thème Lumière et Mouvement, réunit des œuvres des années 60 presque toutes sur le même principe de fines rayures verticales. Ce couloir conduit à la salle Duchamp/Man Ray, le célèbre urinoir, le portoir de bouteilles.
Les salles voisines renferment des collections antérieures. Le guide bleu m’avait appâtée avec un Klimt, des Courbet, Monet, divisionnismeet futurisme. Elles sont désespérément bouclées. Pourquoi ? Je ne le saurai pas.
Nous rentrons par le tram19 et le 23. Vers 15h30, nous sommes de retours à la Piazza Trilussa. Il me reste une bonne heure pour traîner autour du Campo de’Fiori, Piazza Navona. Je prends la Via Giulia, un peu le Corso. La piazza Navona est toujours aussi bondée, je découvre le Cloître de Bramante, je rentre en découvrant ici, une colonne antique, là une façade peinte. Je goûte cette flânerie. Bientôt je pourrai me repérer sans carte. J’ai mes jalons.12