Thermes de Dioclétien Expo Henry Moore

CARNET ROMAIN

Thermes de Dioclétien
Thermes de Dioclétien

Autobus 280 jusqu’à Giacchino Belli, tram8 jusqu’à Piazza Venezia, 60 jusqu’à Termini.

Santa-Maria-degli-Angeli

Les thermes de Dioclétien sont gigantesques ; la voirie les a découpés, une rue passe par la salle octogonale, Michel-Ange a construit dans le frigidarium la grande église Santa-Maria-degli-Angeli, énorme elle aussi. Lorsque nous y entrons, la Messe est dite en anglais, il est donc impossible de la visiter e entier ou de prendre des photos. Le narthex – Tépidarium, est coiffé d’une coupole assez grande pour abriter une grande église – ce n’est que l’entrée ! Marbres, anges et belles fresques, nous ne verrons cela que de loin.

Piazza della Reppublica
Piazza della Reppublica

Il faut faire le tour pour trouvera l’entrée des Thermes. Coup d’œil à la Piazza della Reppublica : encore une fontaine en chantier : tas de pavés et grillages. Encore une qu’on ne photographiera pas ! Rome rénove toutes ses fontaines cette année.

la verte fontaine des Thermes de Dioclétien
la verte fontaine des Thermes de Dioclétien

Le long de la grande salle est planté un jardin.  A l’ombre de grands cyprès, murmure une fontaine : l’eau sort d’une urne moussue garnie de fougères et de légères verdures. La vasque d’eau tares claire est composée de 4 lobes. Autour des carrés de pelouse encadrés par des buis taillés. Une rangée de lavande longe la grille. Des colonnes, de grosses poteries et des stèles gravées meublent le jardin. Des statues de marbre se trouvent dans les niches du grand bâtiment de briques  où l’on voit encore les traces des frises de marbre disparues.

La grande salle haute comme un immeuble d’au moins quatre étages contient de nombreuses statues. EXPOSITION HENRY MOORE

Exposition Henry Moore
Exposition Henry Moore

Les sculptures d’Henry Moore sont mises en valeur dans la salle antique. Elles font bon ménage avec les antiques. Dans l’espace ouvert près de la piscine (Natatio)  les murs gardent des parements de marbre autour des portes, des fenêtres ou des niches.

Le Guerrier blessé
Le Guerrier blessé

Le Guerrier Blessé (il n’a plus qu’un bras et une jambe sans pied) brandit son bouclier pour protéger sa tête. Les bronzes sont soit polis soit rugueux, certains présentent des valûmes lisses, arrondis brillants, difficilement identifiables, d’autres sont plus figuratifs comme ces groupes familiaux, mères et enfants ou ces femmes à moitié couchées. La plus connue est celle qu’il a élaborée pour le siège de l’UNESCO (1957-1961). Les grandes sculptures sont accompagnées d’esquisses, de dessins, d’études préalables.

Hommage à Picasso
Hommage à Picasso

On devine la statue en train de s’élaborer, se simplifier, se concentrer. Certaines gravures n’ont pas de relation directe avec les statues comme ces gravures Hommage à Picasso  ou des abris dans le métro (1941) Tube shelter perspective que j’avais déjà vu au Musée Rodin il y a quelques années.

Thomas Moore (1898- 1986) fur blessé en 1917. Il était antimilitariste  mais aussi convaincu de la nécessité de combattre le fascisme et le nazisme. Influencé par ses contemporains Brancusi, Modigliani ou Picasso il avait aussi étudié les sculptures antiques, sumériennes ou assyriennes ou exotiques. A chaque exposition de ce sculpteur je suis encore plus impressionnée par les facettes de l’artiste que je découvre.

tombe peinte
tombe peinte

Le vaste hall (Aula X) Palestre ou vestiaire ? abrite aussi des tombes de la nécropole de la via Portuense Tomba dei Platorini , Tomba dipinta et Tomba dei stucchi. L’une d’elles ( 2ème siècle après JC )est peinte d’oiseaux de corbeilles et sur le mur du fond 13 personnages jouent, certains au ballon, d’autres à des jeux mal définis.

Les cloîtres

Cloitre de Michel Ange
Cloitre de Michel Ange

Michel Ange aurait aussi dessiné un cloître et une chartreuse. On reconnaît de la rue Parigi les cellules des Chartreux avec  les petites cours plantées d’oranger avec une fontaine ou un puits. Le « cloître de Michel-Ange » (nommé ainsi quoiqu’il ne l’ait pas réalisé, sa construction est posthume après sa mort en 1564) . C’est un des plus grands cloîtres d’Italie (10.000m2 100 colonnes monolithiques) En son centre la fontaine est entourée de très hauts cyprès. Les têtes de 4 paires d’animaux émergent des haies de lauriers : 2 chevaux, 2 bovidés, un bélier et un chameaux antiques auxquels on a adjoint un éléphant à la trompe sinueuse et un rhinocéros (celui des 10.000guitares ?). Autour du cloitre sont alignées statues et stèles, certaines très belles. Sur un sarcophage, deux époux latins sont accordés comme les deux étrusques de la Villa Giulia, moins beaux – le mari est vraiment âgé, moins souriants.

Bovins antiques du Cloître de Michel Ange
Bovins antiques du Cloître de Michel Ange

A côté du « cloître de Michel-Ange », un petit cloître était réservé aux moines. On y voit les bustes des empereurs : Néron, Marc-Aurèle, Dioclétien, Caracalla…des femmes aussi, Faustine, des enfants. De longues listes, des dalles gravées font le régal des latinistes (mon latin du lycée est trop loin !)sans compter les abréviations que seuls savent déchiffrer les épigraphistes. Des litanies s’échappent de micros cachés, prières à chacune des divinités.

Le musée

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Un musée très moderne est logé dans le cloître sur trois niveaux. Salles claires, panneaux bien lisibles, illustrés et de grande taille. Objets rangés par thèmes pour guider le visiteur. Le premier thème traité est l’écriture : toutes sortes de messages, de textes sont écrits sur des supports variés comme la pierre, le métal, l’argile, le cuir. On a utilisé des burins, des stylets.

La salle suivante contient des vestiges retrouvés dans le forum et spécialement dans l’Aire Sacrée : petits récipients, offrandes, ex-votos.

Trois statues de terre cuite à taille humaine, sont confortablement installées dans des fauteuils. Qui sont-elles donc ?

La visite virtuelle de la Maison de Livie est pour moi un échec (comme l’audio-guide-tablette du forum). Un grand écran, notre corps sert de souris. J’accède au menu, entre virtuellement dans une pièce, puis cela se fige. Cela m’énerve, j’abandonne.

Vie quotidienne

 

A l’étage, une longue vitrine en plexiglas expose des balances et des masses. Parmi les  balances romaines, l’une d’elle est fort jolie avec la tête féminine qui se déplace sur le curseur il y a aussi des balances à plateau. En face d’est une série de lampes à huiles, tuyaux en céramique ou en plomb, gouttières…

Un sarcophage est décoré de délicates scènes champêtres avec des animaux et du bétail. Un riche propriétaire terrien ? Non pas, c’est le tombeau de Iulius Achilleus, superintendant des baraques des gladiateurs.

Pour qui prend le temps de lire les inscriptions, tout est personnalisé avec le nom, l’âge, l’occupation, le grade militaire du défunt. Parfois il s’agit d’esclaves.

Au deuxième étage, on traite de religions et de croyances : je photographie  les symboles paléochrétiens pour illustrer va visite aux Catacombes. L’extrémité du palier est occupée par le Culte de Mithra dont je ne connaissais rien avant la visite samedi dernier à Saint Clément. Mithra est représenté portant un couteau et une arme dans chaque main. Deux bas-reliefs montrent Mithra avec ses attributs : chien, serpent, scorpion. L’un d’eux est même peint et doré.

Préhistoire des peuplades du Latium,

Un étage entier d’une aile du cloitre est consacré à la Préhistoire. Je retrouve les urnes en forme de maison comme au Musée Etrusque.

Je suis allée au bout de ma concentration, nous sommes aux thermes de Dioclétien depuis plus de trois heures. Le billet donne droit à l’entrée dans musées de la ville de Rome, et ce, pur une semaine. Nous avions prévu de visiter dans la foulée le Palazzo Massimo qui se trouve tout à côté. Mais c’est un musée encore plus important que ce que nous venons de voir. Nous renonçons malgré les chaudes recommandations du Guide Bleu, du guide Gallimard et du Routard !

L’Avventura – Michelangelo Antonioni (DVD)

CINÉ-CLUB ITALIEN

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Un mythe célébré à la Galerie Nationale d’Art Moderne une exposition des photographies des films les plus connus d’Antonioni

Avec les photos de Monica Vitti dans l’exposition  1400 scati di Enrico Appetito . 

A sa sortie, en 1960, je n’avais pas l’âge de ce cinéma-là et si certains plans m’étaient familiers je ne l’avais jamais vu.

Fulgurance des photos, d’une beauté sidérante.

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Décalage, en revanche des mœurs : le latin lover n’est plus de mise. Ce Sandro m’est apparu bien fade et inintéressant, pas digne en tout cas de Lea Masari ou de Monica Vitti.

Beauté des décors, aussi bien cette île volcanique et déserte que le palais sicilien. Présence extraordinaire des figurants :  cette foule masculine qui entoure la star peu vêtue, personnalité marquante du pêcheur unique habitant de l’île.

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Avec le DVD, un petit livret raconte le tournage. Aussi aventureux que l’Avventura elle même. Passionnant.

 

 

Galerie d’Art Moderne

CARNET ROMAIN

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La Galerie d’Art Moderne se trouve à quelques pas de la Villa Giulia. Elle occupe un vaste bâtiment de l’Exposition Universelle de 1911 qui me fait penser – de loin – aux Petit et Grand Palais parisiens. Précédé de 4 double-colonnes soutenant un fronton orné de guirlandes.

Avant la visite nous déjeunons au Caffe delle Arti. Sur la grande terrasse au soleil, des tables sont dressées séparées par de petites haies vives, nappes et serviettes en tissu, beaux couverts. Les garçons sont très stylés, costume noir, cravate noire, tablier boutonner sur le devant. La carte est très complète : viandes et poissons, antipasti variés. Nous nous arrêtons aux primi (13/14€) segundi( hors de prix)choisissons ravioli- ricotta-épinards avec une sauce de tomates fraîches, un brin de basilic et parmesan à volonté. Pur mi des pâtes bizarres à section ronde mais tortueuses, avec des lamelles de courgettes, roquette, gamberi(mi-crevette mi-langoustine), la sauce jaune est un délice. La qualité de la cuisiine est à la hauteur du cadre et du décor.

De Chirico
De Chirico

Tris expositions temporaires à la galerie ? L’une autour du cercle en céramique, une autre célébrant Antonioni : 1400 scati di Enrico Appetito. On voit des images du Désert rouge, de l’Avventura, des dizaines de portraits de Monica Vitti, une interview de Roland Barthes, des séquences de ses films sur des écrans. Retour aux années 60. J’ai envie de revoir ces films de la meilleure époque.

La troisième exposition temporaire « contropittura de Pablo Echaurren » s’appelle aussi Le Questione Murales . Dans ces œuvre de 1977, pas de Street Art ni de fresques murales encore moins de tags, il s’agit de grands tableaux très peints, très colorés. Si l’auteur se définit « parmi les Indiens métropolitains » sa peinture reste sagement sur les toiles.

Giacometti
Giacometti

Dans les salles avoisina les expositions sont exposés des tableaux de la fin du XXème siècle qui occupent de vastes espaces. Beaucoup de monochromes : quel ennui ! De grands tableaux avec de grands motifs répétitifs, c’est à peine mieux. Quelques œuvres sortent du lot des faucilles et marteau d’Andy Warhol, le pont sur le Tibre emballé par Christo, je reconnais les rayures de Buren. Peu d’américains, surtout des Italiens, Grecs, roumains, Bulgare, et pas mal de Français. Mention spéciale à Gastone Novelli pour ses grandes toiles blanches parsemées de petits graffitis poétiques Pour la recherche d’un nouveau langage. Deux silhouettes longilignes devant une longue toile sont signées Giacometti. Un couloir sombre consacré au thème Lumière et Mouvement, réunit des œuvres des années 60 presque toutes sur le même principe de fines rayures verticales. Ce couloir conduit à la salle Duchamp/Man Ray, le célèbre urinoir, le portoir de bouteilles.

Les salles voisines renferment des collections antérieures. Le guide bleu m’avait appâtée avec un Klimt, des Courbet, Monet, divisionnisme et futurisme. Elles sont désespérément bouclées. Pourquoi ? Je ne le saurai pas.

Nous rentrons par le tram19 et le 23. Vers 15h30, nous sommes de retours à la Piazza Trilussa. Il me reste une bonne heure pour traîner autour du Campo de’Fiori, Piazza Navona. Je prends la Via Giulia, un peu le Corso. La piazza Navona est toujours aussi bondée, je découvre le Cloître de Bramante, je rentre en découvrant ici, une colonne antique, là une façade peinte. Je goûte cette flânerie. Bientôt je pourrai me repérer sans carte. J’ai mes jalons.12

Une journée particulière – Ettore Scola

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En hommage à Ettore Scola,  Arte a programmé dernièrement Une Journée Particulière que j’ai revu avec grand plaisir.

Contrairement à certains films-cultes des années 60 ou 70 dont j’avais gardé un excellent souvenir et qui ont mal supporté le temps qui passe, Une Journée particulière n’a pris aucune ride. Au contraire! A l’époque, j’avais fait beaucoup moins attention à la bande-son qui accompagnait de loin l’histoire. la grande Histoire est  encore plus présente que dans mon souvenir. Ou peut-être suis-je plus réceptive maintenant? La bande annonce italienne me paraît encore plus pertinente.

Admiration pour les deux immenses acteurs, d’une classe inouïe. Et grand bonheur de retrouver dans les archives cet interview de Sophia Loren:

 

 

Villa Giulia : musée étrusque

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Villa Giulia
Villa Giulia

Par un beau soleil nous traversons le Tibre  au pont Sisto pour trouver le 23 vers Risorgimento. Il vient de passer. Le 280 nous lâche Via Delle Milizie où passe le tram 19. La Villa Giulia se trouve à l’extrémité de la Villa Borghèse, en bas, proche du Tibre. Le Pape Jules III qui l’a fait bâtir en 1551 dans de beaux jardin pouvait y accéder en barque.

On entre par un portique en hémicycle qui relie les deux ailes ù sont exposées les collections étrusques. Une tonnelle en trompe-l’œil où s’ébattent des amours, des oiseaux et des papillons coiffe les murs peints de grottesques et de fresque en petits tableaux sur fond rouge ou jaunes à la mode antique.

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villa Giulia : tonnelle en trompe-l’oeil

Un magnifique nymphée haut de trois étages orné de sculptures dans des niches est construit dans un jardin de buis taillés de lauriers à l’ombre de pins très hauts qui étalent leurs parasols. Un petit temple reconstitué occupe un carré.

Le musée a été partiellement rénové. Dans l’aile refaite, les panneaux explicatifs sont nombreux, détaillés et illustrés, bilingues (italien/anglais). Dans l’hémicycle, les objets sont sagement rangés dans des vitrines comme à la fin du 19ème siècle, ce qui génère une certaine monotonie. Les collections sont impressionnantes par la quantité comme par la qualité. Le parti pris du rangement par provenance ou par collection est, certes parfait, pour les archéologues qui font un travail scientifique, mais il est déroutant pour les touristes. Je tente une approche chronologique, rapidement je me perds.

urnes
urnes

Les objets les plus anciens de l’âge de bronze sont des urnes assez rustiques.  Certaines en forme de vase à une seule anse avec un chapeau. D’autres imitent une cabane avec toit à deux pans, des chevrons pour tenir la toiture et une porte amovible. Les poteries sont décorées de motifs animaliers.

Dans une tombe avec tout son matériel guerrier on a pu reconstituer un petit char et des armes (680-670 av JC) .

Grec ou étrusque?
Grec ou étrusque?

La Nécropole dell’Osteria (640-630 av JC) a livré de nombreuses céramiques. La plupart sont grecques, venant de Corinthe. Des petits objets sont égyptiens. Il y a aussi de très jolis bijoux en or. Autour de 630av JC les céramiques étrusques atteignent presque la qualité des poteries grecques. On note l’extrême diversité des provenances et la permanence des échanges entre l’Etrurie et la Grèce. L’absence de lois somptuaire qui existaient alors en Grèce et à Rome explique le luxe des objets retrouvés. La plupart des vases sont corinthiens ou attiques. Les motifs sont le plus souvent mythologique. Ce musée étrusque pourrait être un musée des vases grecs !

 

Au sous-sol, deux tombes ont été reconstituées : celle de Banditaccia (Cerveteri) est la plus sobre : on entre dans un couloir entre deux banquettes puis dans une chambre où se trouvent également deux banquettes. De nombreux objets sont posés, surtout de la vaisselle.

La seconde de Tarquinia est peinte à fresques : autour du catafalque se déroule le banquet mortuaire, des cavalliers, des musiciens, des acrobates animent le banquet. Sur le registre inférieur sont peintes des vagues des poissons et des animaux marins.

Revenant au premier niveau, je suis très étonnée de trouver dans des vitrines des représentations d’organes humains reproduits à taille réelle, des seins, des utérus avec des « ovules », un abdomen avec les intestins etc…S’agit-il d’ex-voto ou de rituel de fertilité ?

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sarcophage des épou

La plus belle pièce est sans doute le sarcophage des époux allongés sur un lit comme pour un banquet, une terracotta très belle. Le mari et la femme sont complices. Elle verse du parfum sur les mains de son époux. De la tendresse se dégage dans les gestes et les regards. Ceci change bien du monde grec où hommes et femmes étaient séparés.

Après avoir vu les têtes des divinités étrusques Hercule, Menerva, Tums/Hermes, Rath/Apollon, la religion étrusque a assimilé les dieux des latins et des grecs ?

Corbeille en bronze finement ciselée
Corbeille en bronze finement ciselée

A l’étage supérieur, les bronzes sont très originaux : matériels de banquets, brûle-parfums, et surtout les « corbeilles » de bronze ciselées à couvercle portant des figurines. L’une d’elles le ciste de Ficoroni est gravée : elle raconte la victoire de Pollux sur le roi Amikos attaché à un poteau, près de lui, la déesse Athéna se tient debout. Qui est ce Pollux ? A-t-il un rapport avec les Dioscures ?

 

Haruspices
Haruspices

Les silhouettes d’haruspices ressemblent à des Giacometti. Non loin, un modèle de foie(foie de Piacenza) en céramique explique l’interprétation des viscères par les haruspices pour prédire l’avenir.

7 de Thèbes
7 de Thèbes

Le fronton du temple d’Apollon est remonté, les antéfixes sont en parfait état ainsi que les frises. Les figures des héros et des dieux sont colorés.

Nous passons ensuite, un peu blasées devant des centaines d’objets, vases ou bronzes très beaux : un  plat avec un éléphant évoque la bataille de Bénévent (275 avJC) cntre Pyrrhus qui perdit ses pachydermes.

plat éléphant
plat éléphant

D’autres frontons de sanctuaires possèdent de magnifiques antéfixes et des personnages dans l’un les Sept de Thèbes, Hercule,, Apollon et Latone.

Apollon
Apollon
Latone
Latone

la Dolce Vita – Federico Fellini

CINE-CLUB ROMAIN

Evidemment, je me souviens de cette scène !

Mais le reste du film était bien flou dans ma mémoire. De retour de Rome j’ai eu très envie de le revoir.

Le prologue avec la statue du Christ héliportée a un goût de déjà-vu, déjà-vu dans la vraie vie, à Carrare, il y a une trentaine d’années j’ai vu une telle statue transportée (mais pas en hélico), l’ai-je rêvée? Association d’idée, Lénine sur sa péniche dans le Regard d’Ulysse d’Angelopoulos?

Sublime Anouk Aimée, mystérieuse et blasée dans cet univers mondain de Dolce Vita où Marcello Mastroianni  et ses copains paparazzi tirent leur subsistance pour un journalisme mondain agressif .

Avec le temps, Mastroianni, latin lover, dilettante, homme de lettres ou parasite, a perdu beaucoup de son charme. Anita Ekberg aussi,  en charmante idiote, fantasme nordique et blond des italiens excités. Le monde a changé, les  sex-symboles n’y ont plus la même place.

Si le film a conservé sa magie, c’est à la ville qu’il la doit! A la Fontaine de Trevi, aux ruelles qui l’environnent, au mélange de cinéma et de vie populaire.

 

la Galerie des Carrache – Histoire et Restauration – Ed. Faton

CARNET ROMAIN

carraches couverture

Quel beau cadeau les Editions Faton et Babélio, dans le cadre de la Masse Critique m’ont fait! Je tenais tout d’abord à les en remercier!

C’est tout d’abord un très beau livre, illustré de très grandes photographies, que j’ai feuilleté avec plaisir. Grand format, belle qualité photographique et surtout grande variété: détail des fresques, comme je m’y attendais mais aussi gravures anciennes du Palais Farnèse, photos de statues provenant des collections Farnèse de Naples, du British Museum… Les dessins préparatoires  d’Annibale sont tout à fait extraordinaires, ils sont maintenant dispersés dans les Musées de toute l’Europe, au Louvre, à Turin, en Angleterre ou à Vienne. La richesse et la qualité des reproductions m’ont bluffée.

carrache

Ce n’est pas un livre d’images! Il faut prendre son temps pour lire les chapitres rédigés par les meilleurs spécialistes dans des articles passionnants.

Les préfaces, remerciements aux mécènes, sont attendus, exercice obligé. La suite est une magistrale leçon d’histoire : histoire de la famille Farnese, construction du palais…et glorification de la Famille Farnèse, de sa généalogie supposée antique, de sa puissance aussi bien politique que culturelle. Rien n’est laissé au hasard dans la décoration du Palais, écrin pour la collection de statues, allégories des fresques, armoiries..

De l’Histoire on passe à l’Histoire de l’Art : les Carrache ont su tirer profit des inspirations antérieures, des fresques de Raphaël de la Farnésina, de Michel Ange et des ignudis mais aussi des influences lombardes, de Corrège , de Titien aussi … les deux frères Carrache n’ont d’ailleurs pas été les seuls exécutants des fresques de la Galerie, d’autres noms apparaissent Dominiquin, Badalocchio…

 

Des chapitres plus techniques expliquent comment on réalisait une fresque, les dessins préparatoires, les cartons, les enduits, les giornate. J‘apprends beaucoup.

La fin du volume est consacrée à la Restauration qui vient de s’achever en 2015. Inventaire des restaurations antérieures, problèmes techniques, nouveaux outils pour scanner les fresques, mais aussi parti-pris, nettoyages et restauration. C’est très technique pour la lectrice profane que je suis, mais bien intéressant.

Un regret : je reviens de Rome sans avoir vu – en vrai – la Galerie. J’aurais dû réserver ma visite au moins une semaine à l’avance. J’ai maintenant l‘adresse. Il fallait réserver tant de visites, à La Galerie Borghèse, au Vatican…Je n’ai plus qu’une envie : Retourner à Rome!

 

Jour de Noël, à la poursuite des fontaines, 14 km à pied dans les rues de Rome…

CARNET ROMAIN

Fontaine de Trevi
Fontaine de Trevi

Nous n’avons pas envie de nous joindre à la foule des pèlerins devant Saint Pierre.

Que faire à Rome quand tous les musées et les sites sont fermés ? Il reste quand même les fontaines, les arcs de triomphe, les obélisques, les statues, les boutiques de luxe, les parcs….Les églises ne ferment pas non plus mais elles ne sont pas visitables pendant les offices.

Nous avons choisi les fontaines !

fontaine de Trevi
fontaine de Trevi

En se levant tôt, nous pensions trouver la Fontaine de Trevi pour nous seules (autobus 23 – tram n°8 – P Venezia bus 80 à). Erreur ! Les Chinois et Japonais s’y sont donné rendez-vous. La fontaine a été nettoyée il y a peu, elle est très blanche, l’eau est très bleue. Mais elle est dans l’ombre. Le must, c’est le selfie. On photographie ceux qui n’ont pas acheté la fameuse perche qui éborgne les autres. Le tourisme le plus hideux a envahi les petites rues des alentours. Un peu plus loin, c’est calme, il y a même un petit marché de légumes.

Quirinal : les Dioscures
Quirinal : les Dioscures

Par le vicolo Scanderbeg on monte au Quirinal. Le Palais est perché sur la colline, vide. La fontaine est en travaux  les Dioscures émergent des échafaudages sous l’Obélisque à contre-jour. La Via del Quirinale qui longe le Palais est borde de beaux jardins. Le premier est occupé par la statue équestre d’un roi Charles Albert de Savoie (ou de Sardaigne) 1798-1849 entouré de bas-reliefs de scènes de batailles. (Il faudrait que je me documente sur le 19ème siècle !). le second jardin, Giardini di Sant’Andrea al Quirinale,  est charmant avec des palmiers, des rocailles, des fougères. Une statue encore, un peu étrange de deux carabinieri enveloppés dans des capes, le visage cachés par leur couvre-chef. Une date 1814-2014, hommage aux carabinieri.

San Andrea
San Andrea

Sant’Andrea al Quirinal : est une œuvre du Bernin. Sa façade est plutôt simple pour une façade baroque, courbes et colonnes sans trop en faire. La coupole dorée est merveilleuse plan en ellipse, marbres colorés.

4fontaines : l'Arno
4fontaines : l’Arno
4 fontaines
4 fontaines

 

 

 

 

 

 

 

 

 

San Carlo alle Quattro Fontane : de Borromini qui a déployé des trésors d’ingéniosité pour concilier complexité du terrain, les moyens limités des commanditaires. Solution plan en ellipse de la coupole, caissons en stuc en forme d’octogones et de croix. Avec le stuc et le plâtre elle paraît plus modeste que sa voisine dorée aux marbres précieux. En revanche la façade est plus spectaculaire avec ses frontons tout en courbes, ses colonnes sur deux niveaux et ses facettes au croisement des 4 fontaines dont une occupe une niche dans un coin.

Quattro fontane

Au carrefour en haut de la colline, datant de l’urbanisme de Sixte V (1585-1590). Elles ne sont malheureusement pas très en valeur à ce carrefour étroit, coincées dans des bâtiments postérieurs qui les écrasent et dans la circulation automobile arrêtée au feu rouge. (Cauchemar de photographe, il y a toujours une voiture dans le champ). Les deux figures masculines personnifient des fleuves : leTibre avec le Loup, l’Arno et le Lion. Junon et l’oiseau, diane et le chien se trouvent dans une niche dans un décor végétal.

via Sistina
via Sistina

C’est tout droit pour aller à Trinita dei Monti sur la Via delle Quattro fontane qui se poursuit par la Via Sistina (encore Sixte V). la première descend nettement et passe devant le palais Barberini (fermé aujourd’hui, Noël) derrière des grilles qui enferment un  beau jardin. Puis la place Berberini avec la fontaine du  Triton( 1642) par Bernin.

Berberini : fontaine du Triton
Barberini : fontaine du Triton

Remontée raide par la Via Sistina. Trinita dei Monti : Déception ! Des palissades, des plastiques blancs, des échafaudages masquent le célèbre escalier emballé, cachent la vue sur la Piazza Spagna, des palissades partout. Dominique est épuisée, il ne reste plus qu’à s’arrêter. La Palazzetto (qui est un hôtel s’ouvrant sur la Piazza Spagna) a installé sa terrasse sur le toit. Ce n’est pas un restaurant mais on peut y manger des pizzas (chères et quelconques) et des « fritures » à manger avec les doigts. Cela compose un repas tout à fait suffisant (pas gastronomique) mais l’important c’est la vue ! Le soleil chauffe. La Villa Medicis se détache sur l’écrin des pins du Pincio, je sors le carnet moleskine pour dessiner. Ce sont les silhouettes des pins qui m’intéressent. La villa Médicis est massive entourée de tourelles carrées surmontées de pyramides de tuiles aplaties, très florentines.

Villa Médicis
Villa Médicis

La bouche du métro est fermée, l’escalier du métro aussi. Bizarrement l’autobus 117, dont l’arrêt est face à la terrasse, ne passe pas. Comment allons-nous rentrer ? En bas aussi pas de Metropolitana. Sur la Piazza Spagna infirme de son bel escalier, la foule est dense. Ce n’est pas une manifestation mais un regroupement d’Asiatiques (sans doute les mêmes qu’à la Fontaine de Trevi ?), des familles avec des poussettes, quelques touristes français ou espagnols plongés dans leurs plans et leurs guides. Sans compter les vendeurs d’étoles (justement j’ai oublié mon écharpe en cachemire au restaurant, mais je ne le sais pas) et vendeurs de perches à selfies, des vraies guêpes qui attaquent à l’improviste.

Piazza Spagna : Barrcaccia
Piazza Spagna : Barrcaccia

La Fontaine de la Barcaccia en forme de barque porte les emblèmes des Barberini (abeilles). Selon le Guide Bleu elle commémore une crue du Tibre en 1598)

La Maison de Keats et de Shelley est fermée pour toute la durée des vacances, celle de Chirico également, j’ai renoncé à chercher celle de Goethe.

« Où sont les autobus ? » ai-je demandé aux gendarmes dans leur camion qui stationne sur la place. « Peut-être Piazza Venezia ? » répond le pandore qui n’est pas au courant des restrictions de circulation et qui nous conseille la metropolitana – fermée – « peut être sur le Corso ? » Hasarde-t-il ? C’est un comble, même les forces de l’ordre ne sont pas au courant des restrictions de circulation. Offrir aux Romains un centre historique débarrassé des voitures, du bruit, de la pollution est une excellente idée. Pousser une poussette et voir les enfants sur les trottinettes ou les vélos au milieu de la rue. C’est un cadeau ! Il faudrait quand même prévoir des autobus pour ceux qui habitent loin, pour les vieillards u les handicapés. Quelques taxis se faufilent. A quel prix ? En tout cas,  fermer le métro est une absurdité ! Il faudrait le rendre gratuit et, doubler, tripler les fréquences ! Et de toutes les façons faire des annonces compréhensibles pour tous. « Fréquence réduite entre 8h et 13h « était l’information sur les panneaux lumineux. Il aurait mieux fallu annoncer « pas de circulation du tout à partir de 13h ! »

Piazza del Poppolo
Piazza del Poppolo

Fais seule et à grands pas le détour par la Piazza del Popolo. J’arpente la Via del Babouino aux belles devantures des grands couturiers. Chaque vitrine est cernée d’une garniture de sapins, boules argentées ou noeuds rouges, paquets laqués blancs. Cela ressemble à l’avenue Montaigne, en piétonnier. Grand hôtels, une plaque signale le passage de Jérôme Bonaparte< ;

La Piazza del Popolo est aussi peuplée que la Piazza Spagna toujours piétonnière moins dense parce que beaucoup plus vaste, avec calèches, touristes, vendeurs….. Au centre, la fontaine : obélisque et sphinx sont encore derrière des palissades. Encore une fontaine que nous en verrons pas ! Heureusement que la Piazza del Popolo en possède deux autres et un arc de triomphe pour que je ne sois pas venue pour rien !

Retour, Condotti, Corso, toujours piétonniers. Il semble qu’on ait complètement banni les voitures. C’est une excellente initiative. La ville est propre, calme. L’air sent le buis aux abords des parcs, les feuilles mortes près du Tibre. Une véritable marée humaine marche au milieu de la rue. Cependant l’idée de bannir les transports est tout à fait contestable. Tout el monde n’est pas capable de marcher des heures ! C’est même contre-productif ! Moi, écolo aguerrie, même candidate EELV, me voici à me languir de la circulation. Arrivée au tibre près du Château saint Ange, nous voici épuisées. Les taxis sont pleins. La circulation est rétablie sur le Lungotevere mais de véritables grappes humaines les prennent d’assaut. Nous nous traînons lamentablement en comptant les ponts qui nous séparent du Pont Sisto.

Restaurant à Barberini, coucher de soleil sur le Janicule

CARNET ROMAIN

Les toits de Rome vus du Janicule : Panthéon
Les toits de Rome vus du Janicule : Panthéon

13h30, où déjeunerons-nous ?

Les alentours de la Piazza Venezia ne semblent guère accueillants, le Colisée trop touristique, nous embarquons dans le bus n°80 qui traverse des rues noires de monde. Les gens sont chargés de paquets de leurs achats de Noël. A Barberini deux terrasses couvertes et chauffées conviennent à ce jour frais et humide. Nous choisissons la belle pizzeria Bottega Italia, Via Veneto.

Je commande un risotto gingembre, citron, et coquilles Saint Jacques cuisine fine, excellente (rien à voir avec le risotto fruits de mer décevant pour touristes du Colisée) et Dominique a choisi végétarien avec des beignets de fleur de courgettes et un assortiment de légumes grillés, poivrons, courgettes, aubergine et même radicchio – a priori, bizarre de griller de la salade, mais moi j’aime. Bien sûr c’est un peu plus cher, mais tellement plus confortable avec une jolie table, un bouquet de petit hou, nappe et serviette en tissu et un bon radiateur rayonnant.

Promenade au Janicule

Rome vue du Janicule
Rome vue du Janicule

Veille de Noël, les musées ferment à 14h. Du  Trastevère je  monte au Janicule par la Via Garibaldi juste au bout du vicolo Moroni. Cela grimpe dur, surtout la Via Porta San Pancrazio qui se termine par un escalier. La Passeggiata del Gianicolo est une chaussée goudronnée entre deux rangées de platanes dominant de beaux jardins (Jardin Botanique fermé). Les stèles blanches des compagnons de Garibaldi bordent la route jusqu’à l’impressionnante monument de Garibaldi. Ici, ont eu lieu les combats qui m’ont tant ennuyée quand j’ai lu les mémoires de Garibaldi, eut être si j’avais lu sur place….Je cherche parmi les groupes de combattants Anita Garibaldi qui est un personnage intéressant.

Le soleil baisse derrière les grands pins que nous avions remarqués du Capitole. En face du monument, de la terrasse panoramique la vue sur Rome est étendue sous une belle lumière. Les ruines du Palatin ressortent sur la verdure, le Dôme du Panthéon émerge de la mer des toits, impressionnant, le Monument Victor Emmanuele dépasse tous les autres. Je suius incapable d’identifier toutes les coupoles et les clochers. Sur le chemin du retour je fais presser une famille de touristes français « dépêchez-vous, le soleil se couche ! ».

Veille de Noël, le Trastevère est vide, bars à bière et « street-food » baissent leurs rideaux de fer. Heureusement la COOP de l’autre côté du pont Sisto est encore ouverte, les retardataires se pressent devant les rayons de fruits ou de vins. Je rentre avec deux grands sacs pleins, un panettone, du saumon fumé. Je décore la table de notre cuisine à la cave de clémentines avec leurs feuilles.

Les doutes de Salaï – Monaldi & Sorti

CARNET ROMAIN

doutes de Salaï

Salaï est le protégé de Léonard de Vinci qu’il appelle son parrain. Page chapardeur, menteur, séducteur, dégourdi. Espion de Léonard, il adresse une correspondance à un mystérieux Monseigneur florentin où il raconte tous les faits et gestes de son  père dans une langue amusante truffée de fautes d’orthographes et de barbarismes.

Lionardo et Salaï arrivent à Rome en 1500 sous le prétexte d’études de sculptures et d’architecture antique. Le pape est alors Alexandre VI Borgia. Léonard ne se préoccupe guère d’Antiquités et se met au service de César Borgia – le Valentinois – qui mène campagne non loin de Rome. Léonard espère tirer profit de ses talents d’ingénieur, de ses dessins de machines de guerre. Tout d’abord il est chargé d’enquêter sur les rumeurs malveillantes courant sur le Pape Borgia. Léonard, par ailleurs voudrait aussi vendre au sultan Bayazid un pont sur le Bosphore….Cette histoire m’intéresse beaucoup au retour de Rome et je me suis lancée confiante dans la lecture de ce gros livre de 500 pages.

Leonardo_self

Roman historique ou  plaisanteries grivoises?

Les lettres de Salaï me plongent dans le doute. Dans un indescriptible fatras de cochonneries, gloutonneries et beuveries Salaï fait des rencontres intéressantes : Copernic et un autre polonais, Burkhardt, le biographe du Pape Alexandre VI, et nombreux Antiquistes (humanistes ou antéchrists?) . Il raconte les faits et gestes de son maître Lionardo avec nombreuses allusions intéressantes à ses œuvres qui  sont parvenues jusqu’à nous. La vie à Rome, dans les boutiques et auberges autour du Campo de’Fiori est reconstituée de façon vivante.

Quel crédit dois-je accorder du point de vue de la vérité historique?

Souvent, trop souvent, interviennent des diableries invraisemblables. Le nom-même de Salaï évoque le malin, et que dire ce ce Töfel, et de Diebold? Quand on raconte qu’une des bouches de l’Enfer serait sous la Cathédrale de Strasbourg, on est encore en pleine diablerie fantastique.

Agent double, agent triple, Salaï met au jour une sorte de conjuration contre le Pape Borgia, mettant en cause Tudesques, Alamans et Alsaziens  qui sont nombreux à Rome. Seraient-ils les coupables dans les rumeurs qui courraient sur le Pape, le prétendant père du Valentinois et de Lucrèce. Népotisme, simonie, inceste, mœurs dissolues. Burkhardt en serait il le propagateur? Il est beaucoup question de la Germanie de Tacite, de Boccace aussi … on devine poindre la Réforme en Allemagne.

Tout cela serait passionnant si Salaï ne passait pas tant de temps à raconter ses fredaines, les tétons comme des melons des Romaines, et le charme de son oiseau dont il se van . Un peu ce serait amusant, mais trop c’est trop. Bien sûr, ce sont ces rencontres sur l’oreiller et les indiscrétions des servantes qui met Salaï sur les pistes  et qui font avancer l’enquête… je m’ennuie un peu et j’ai du mal à prendre son histoire au sérieux.

Et j’ai bien tort!

Le dossier très fouillé dans les 100 dernières pages du livre me montre que la vérité dépasse la fiction. Faux, usage de faux, médisances ont persisté pendant des siècles faisant du pape Borgia un personnage décrié. J’ai eu tort de me méfier. Oui, Salaï a bien existé, on a bien fait circuler des rumeurs sur le pape pas seulement pendant le règne des Borgia, jusqu’à nos jours. Les auteurs ont fait oeuvre d’historiens et livrent une abondante et sérieuse bibliographie!