De retour de Cefalù, j’ai emprunté le DVD à la médiathèque pour retrouver le décor du film. J’ai reconnu le port, dans une merveilleuse scène de cinéma de plein air avec des spectateurs dans les barques des pêcheurs. J’ai reconnu le château de Castelbuono, pas Lascari où l’on a aussi tourné.
J’ai surtout vu un très beau film d’apprentissage où Toto, enfant orphelin et pauvre trouve le rêve dans la cabine d’Alfredo le projectionniste, l’amitié et l’affection et un métier.
Un grand film d’amour pour le Cinéma! Malheureusement je ne suis pas assez cinéphile pour reconnaître les séquences des classiques du cinéma, ni les répliques célèbres, ni les baisers que le curé voulait tant censurer.
Ces souvenirs d’enfance rédigés des décennies plus tard par Fulco Di Verdura – célèbrejoaillier qui a travailla pour Chanel raconte les souvenir d’un enfant dans une famille d’aristocrates palermitains de 1904 à 1913. Strict contemporain de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, l’auteur du Guépard dont je viens de lire le récit autobiographique Les lieux de ma première enfance dans le Professeur et la Sirène, je pourrais reprendre en copié/collé sa phrase introductive :
« que le lecteur s’attende donc à une promenade dans un Paradis terrestre et perdu »
Lire ces deux ouvrages traitant de sujets si similaires pourrait paraître redondant. Et pourtant je ne me suis pas ennuyée du tout! Même s’ils se déroulent dans des décors analogues, même si le cérémonial de la sonnette était le même….
Lampedusa a écrit un bref récit tandis que Fulco s’applique à faire revivre les moindres détails de son existence et de celle de ses proches. Le goût du pittoresque se manifeste dès la description des essences du jardin. Quelle saveur que ce dangereux « pampaleone » – lion du désert – acide à grincer les dents, qui s’avère être un simple pamplemousse! Quelle attention pour décrire les animaux familiers, chiens, chevaux babouins, et même un bélier vindicatif et un âne tirant un charreton!
L’enfant a grandi sous les fresques, les portraits des rois de Sicile, normands, angevins aragon, ou espagnols bourbons ou Savoie. Ses décors étaient ceux des chevaliers normands de l’Opera dei Puppi, ou des charrettes siciliennes:
« depuis que les chevaliers normands avaient conquis la Sicile et initié ses habitants aux beautés de la chanson de geste, cela faisait près de neuf siècles qu’ils refusaient toute autre forme de poésie.
Si son éducation était plus que fantaisiste et erratique, il a acquis le goût du beau à l’opéra où la représentation d‘Aïda à 7 ans lui a fait complètement perdre la tête. A l’occasion, Fulco démonte toutes les conventions sociales régissant les places du téatro Massimo .
Attentif aussi à tous ceux qui l’entouraient : domestiques, cuisiniers ou gouvernantes il les décrit avec bonheur. Attentif aux coutumes, aux fêtes et aux cérémonies religieuses ce livre est un véritable document sur la vie de cette époque. Le chapitre Fêtes et Morts témoigne de coutumes purement siciliennes.
On apprend beaucoup à la lecture sur l’histoire de la Sicile, sa famille a fréquenté Garibaldi et tout est prétexte pour donner une leçon d’histoire, médiévale ou moderne.
C’est une Sicile un peu étrange qu’il nous dévoile avec ses personnage mythiques, la vieille fille à marier, le prêtre ietatore , la vieille dame morte d’avoir ingéré la pasta con le sarde introduite clandestinement….
N’imaginez pas cependant que ces nobles vivaient hors du tmps, ils avaient le téléphone, les enfants des gouvernantes anglaises, étaient abonnés au meilleures revues de Paris et chaque année faisaient un tour d’Europe…A la fin, la grand-mère fait l’acquisition d’une automobile, que nous ne verrons pas rouler!
Dans la postface Edmonde Charles-Roux fait une biographie rapide de Fulco di Verdura et de sa carrière. Elle montre aussi les correspondances entre les usages à Palerme au début du 20ème siècle et ceux à la cour des Bourbons à Caserte au 19ème siècle.
Seul bémol : la présentation de la couverture par Grasset qui introduit une confusion dans le rôle d’Edmonde Charles-Roux. D’ailleurs, Babélio s’est trompé attribuant à cette dernière le nom d’auteure;
Un grand merci d’abord à Mireille qui m’a fait la surprise de l’envoyer! L’ambiance de la page Facebook « Il Viaggio » d‘Eimelle est plus que chaleureuse, il y règne gentillesse, solidarité, et émulation!
C’est une relecture,(la troisième) Le Radeau de la Gorgone a accompagné chacun de mes voyages en Sicile, commele Piéton de Rome m’a permis de préparer mon dernier voyage à Rome et la Rhapsodie Roumaine notre tour de la Roumanie…
Dominique Fernandez est un merveilleux passeur. Sa grande culture, son style, les photographie de Ferrante Ferrandi, font de cet ouvrage un compagnon de voyage parfait. Sa sympathie qui n’exclue pas la critique envers les Siciliens d’aujourd’hui comme d’hier, est presque de la tendresse. Richesse aussi des informations, à la troisième lecture je fais des découvertes.
J’ai eu l’insigne plaisir de visiter Agrigentedans des circonstances ressemblant à son récit : douceurs du couvent et homme de peine avec son balai qui nous a ouvert l’église et commenté en sicilien et en bégayant – » trop baroque, certains aiment…. » Ses lignes m’ont accompagnées dans la découverte des stucs de Serpotta(j’ai même découvert par moi-même à Castelbuono une chapelle décorée par Serpotta dont il ne parle pas)…..
Sans parler de la Villa Palagonia « LA VILLA DES MONSTRES » à laquelle il consacre un chapitre entier très érudit.
Le Professeur et la Sirène est un recueil de trois nouvelles, et un texte autobiographique : Les Lieux de ma première enfance. Bassani présente ce livre dans une longue introduction.
L’auteur du Guépard raconte ses souvenirs d’enfant, le plus ancien de 1900 associé à l’assassinat du roi Humbert, puis 1908 avec le tremblement de terre de Messine, le passage de l’ex-impératrice Eugénie à Palerme, c’est un témoignage de la vie en Sicile au début du 20ème siècle dans l’aristocratie sicilienne.
« que le lecteur s’attende donc à une promenade dans un Paradis terrestre et perdu »
Il passe en revue les lieux de son enfance La Casa Lampedusa disparue dans les bombardements de 1943, palais immense dans une rue du vieux Palerme qui s’appelait Via Lampedusa. Le départ par le train à Santa Margherita – une des maisons de campagne dans la vallée du Belice – est décrit comme une véritable aventure en train, en voiture à cheval! La vie à la campagne, la demeure, mais aussi les parties de campagne, les traditions villageoises sont racontées avec brio. la famille possédait aussi un château où ils n’allaient jamais, et une villa à Bagheria.
La Matinée d’un métayer raconte l’ascension sociale de BaldassareIbba, roturier qui devient propriétaire terrien en grignotant les domaines des aristocrates qui les vendent pour soutenir leur mode de vie princier. La fin de l’Ancien Régime bourbonien..
Le bonheur et la Loi se déroule dans un milieu social beaucoup plus modeste. Il raconte le Noël d’un employé qui se fait une fête de rapporter à la maison un panettone.
J’ai beaucoup aimé Le Professeur et la Sirène, unelongue nouvelle mettant en scène deux Siciliens à Turin, en 1938, un jeune journaliste et un helléniste de grande renommée. Deux personnages que tout sépare et que la nostalgie de la Sicile réunit. Un jeune viveur, de bonne famille Corbera di Salina « le seul exemplaire survivant de la famille. tous les faites et péchés, toutes les redevances inexactes, les dettes impayées, toutes les Guéparderies, en somme étaient concentrées en moi seul » et un vieil érudit, intraitable sénateur, arrogant, misogyne. Une amitié se nouera cependant nourrie d’oursinades et de vin de Sicile. Grand style!
« J’ai quitté Paris et même la France, parce que la tour Eiffel finissait par m’ennuyer »
Ainsi commence ce récit de voyages qui conduiront Maupassant en Italie, en Sicile et en Afrique du nord (1890). Dans mes lectures siciliennes, je n’ai lu que le début du livre concernant plus la Sicile. Il existe aussi un livre dans les Editions GEO, En Sicile, qui reprend ce texte.
L’Exposition universelle « qui a montré au monde, juste au moment où il fallait le faire, la forde, la vitalité, l’activité et la richesse inépuisable de ce pays surprenant : la France » l’ennuie, la foule le fatigue.
« Cela prouve d’une façon définitive, le triomphe complet de la démocratie. Il n’y a plus de caste, de races, d’épidermes aristocrates. » .
Réactionnaire et snob, Maupassant? Il préfère l’Italie et les arts au triomphe de la science et du commerce.
A bord d’un yacht il longe les côtes italiennes. Son périple le conduit à Gênes, à Florence où il tombe amoureux d’une femme peinte par Titien.
Passons, pour arriver à Palerme.
« La Sicile a eu le bonheur d’être possédée, tour à tour, par des peuples féconds, venus tantôt du Nord, tantôt du Sud qui ont couvert son territoire d’oeuvres infiniment diverses où se mêlent d’une façon inattendue et charmante, les influences les plus contraires. De là est né un art spécial, inconnu où domine l’influence arabe, au milieu de souvenirs grecs et même égyptiens, où les sévérité du style gothique, apporté par les Normands, sont tempérés par la science admirable de l’ornementation et de la décoration byzantines. »
Monreale
Ébloui par la Chapelle Palatine, il en livre une description précise ainsi que plus loin de Monreale. Ses observations ne se limitent pas aux monuments anciens. Un souvenir curieux est celui du passage de Wagner qui a laissé un parfum de roses indélébile dans l’armoire de sa chambre d’hôtel. Récit halluciné du cimetière des Capucins qui n’était pas encore une attraction pour touriste mais où on venait encore visiter un parent ou un ami récemment décédé.
Il est question de brigands, ou plutôt de l’absence de ces derniers, tant redoutés des voyageurs. Une anecdote réjouissante concerne la disparition de cinquante Polyphylla inquiétant fort les autorités. Jusqu’à ce qu’on constate qu’il ne s’agissait que de coléoptères endémiques.
Evidemment, Maupassant visite les sites antiques, Ségeste, Selinonte, les temples d’Agrigente (Girgenti)et Taormine. Il en donne une description enthousiaste
« Quand on visite un pays que les grecs ont habité ou colonisé il suffit de chercher leurs théâtres pour trouver les plus beaux points de vue. »
Mais il remarque qu’« au bout de la colline des temples de Girgenti commence une surprenante contrée qui semble le royaume de Satan, car si on le croyait jadis le diable habite dans un vaste pays souterrain, plein de soufre en fusion, où il fait bouillir les damnés, c’est en Sicile qu’il a établi son mystérieux domicile. »
Le soufresera le sujet de nombreuses pages où il décrit l’exploitation des mines de soufre, le travail pénible des mineurs et surtout des enfants. L’esthète un peu snob que j’avais cru rencontrer dans les premières lignes, a un regard aigu, compatissant pour cet enfer.
Soufre et enfer aussi dans ses excursions volcaniques : il gravit l’Etna et visite les îles Lipari. A Volcanello, il retrouve l’exploitation du soufre. J’ai préféré ces récits aux descriptions des sites antiques.
« Des gens traversent des continents pour aller en pèlerinage à quelques statue miraculeuse – moi j’ai porté mes dévotions à la Vénus de Syracuse! »
Cependant une réflexion, quelques lignes plus loin m’agace :
« Elle n’a point de tête, un bras lui manque ; jamais la forme humaine ne m’est apparu plus admirable et plus troublante. Ce n’est point la femme poétisée, la femme idéalisée, la femme divine et majestueuse comme la Venus de Milo, c’est la femme telle qu’elle est, telle qu’on la désire, telle qu’on veut l’étreindre. «
Comme on préfère une femme sans tête!
Un court récit à lire avant, pendant ou après le voyage.
Tout enfant a entendu parler de la marionnette dont le nez s’allonge à chaque mensonge.
Mais ce n’est pas tout!
Les personnages sont nombreux dans ce conte. Féérie avec le Grillon-qui-parle qui le met en garde « les méchants garçons qui ne supportent pas d’être contrariés par qui en sait plus qu’eux ». On rencontreArlequin et Mangiafoco un marionnettiste , un Chat et un Renard qui sont des fieffées crapules, une fillette-aux-cheveux-bleu-nuit qui est une fée….un paysan, un requin grand comme un immeuble…..
Métamorphoses des enfant s désobéissants en ânes, animaux qui parlent… un monde enfantin mais aussi un discours moralisateur. Les enfants qui ne vont pas à l’école et qui n’écoutent pas leurs parents sont en grand danger. Discours pessimiste aussi : malgré les avertissements, malgré la bonne volonté, l’amour qu’il porte au bon Geppetto et à la fée, Pinocchio succombe aux tentations quand elles sont plus séduisantes que les devoirs d’écolier.
Je n’ai plus l’âge des contes pour enfants mais je me suis amusée!
P.S. pour illustrer j’avais fait une photo de marionnette à Cefalù mais je l’ai efacée, sans crainte, me disant que je trouverai bien sur Internet. Horreur! difficile d’échapper à Walt Disney!
Lire Sciasciaest un plaisir rare. A la veille de notre départ pour Palerme, encore plus précieux!
Je me délecte de l’ironie et de l’érudition de l’auteur. Surtout ne pas s’arrêter à la longue citation de DENYS L’AEROPAGITE qui laisserait penser qu’il s’agit d’un livre savant ou ennuyeux, au contraire, c’est un livre léger (159p) qui se lit avec le sourire.
Le narrateur, un peintre connu, arrive par hasard à l’ermitage de Zafer, ermitage ou hôtel? Un peu des deux : le gratin, ministres, ecclésiastiques, avocats ou hommes d’affaires s’y rencontrent chaque année pour des exercices spirituels sous la direction de Don Gaetano, un prêtre de caractère et de grande culture qui peut citer aussi bien Boccace que Mallarmé ou La Rochefoucault que les pères de l’Eglise.
Guttuso : crucifixion
Ces citations ne sont jamais fortuites, elles lancent de pistes que je me suis fait un plaisir de suivre (merci Wikipedia sur le smartphone!). Lecture lente donc, que j’ai savourée avec des interruptions pour retrouver un auteur, ou un peintre. Le narrateur étant peintre, il est question de peinture. J’ai eu la surprise de retrouver Guttuso (que j’avais rencontré à Ravenne) – j’ai bien l’intention de visiter son musée à Bagheria!
Christ de Redon
Rencontré un dessinateur Steinberg que je ne connaissais pas… Je pourrais aussi citer les Christ de Rouault ou de Redon.
Les rencontres littéraires sont encore plus nombreuses : Pirandello, bien sûr… mais aussi Pascal…Voltaire qui recommande aux artistes de peindre les « pieds chauds ». Un ministre très imbus de sa personne confond un aphorisme de La Rochefoucault avec les écritures à l’envers des emballages des crottes de chocolat. Confusion qui me fait rire aux éclats….
Au mitan du livre, au cours de la récitation du Rosaire, une célébrité est tuée d’un coup de revolver. Le livre prend une autre tournure et nous voici en pleine énigme policière. L’enquête occupe la seconde moitié du livre, toujours ironique mais très pessimiste. L’auteur dénonce la corruption au sein de la Démocratie Chrétienne qui aboutira vingt ans plus tard à l’opération Mani pulite.
1508 – 1512 , Michel Ange a peint le plafond de la chapelle Sixtine en 4 ans.
L’histoire est racontée par Aurelio, un jeune paysan de Forli, ébloui, enfant par l’Ange de Bologne de Michel-Ange. Il vient à Rome apprendre la sculpture auprès du maestro. Ce procédé met en scène un peintre célèbre du point de vue d’un apprenti, rappelle Les doutes de Salaï de Rita Monaldi racontant le séjour de Léonard de Vinci à Rome. Ce n’est pas le premier roman illustrant la vie de Michel- Ange que je lis : Parle leur de batailles de rois et d’éléphants de Mathias Enard et Pietra Viva de Leonor de Recondo tous les deux très littéraires m’avaient plongé dans l’univers de Michel-Ange.
Moins littéraire, mais plus historique, Le Ciel de la Chapelle Sixtine replace l’oeuvre dans le contexte des luttes du Pape terrible, Jules II, contre Venise, d’abord puis contre les Français qui guerroient en Emilie-Romagne. Il donne une description pittoresque de Rome où, selon les paroles de Michel-Ange à son frère venu chercher une sinécure, il n’y a que des prêtres, des pèlerins et des courtisanes.
« Derrière les murs du Vatican régnait une guerre entre les artistes dans laquelle aucun des combattants ne connaissait les armes de son concurrent… »
Intrigues de Bramante et de Raphaël auprès de Jules II pendant la construction de Saint Pierre. Michel-Ange, sculpteur et non fresquiste, est mis au défit de peindre ce plafond si difficile…chacun attend qu’il trébuche….
« Bramante et Jules étaient possédés par la même folie des grandeurs. Jules volait donner à la ville une dimension divine. »
Michel-ange avait quitté florence pour sculpter dans du marbre le amusée de Jules mais
« Bramante persuada Jules que cela lui porterait malheur de construire un mausolée de son vivant. Ce fut la fin du projet. Michel-Ange avait perdu son emploi. »
C’est avec grand plaisir que j’ai fait des promenades entre le Château Saint Ange, le Trastevere et le Pont Sisto, la villa Chigi (Farnesina)où visités il y a quelques semaines, entre le Corso et la Via Giulia…
C’est aussi avec grand intérêt que j’ai suivi les travaux des fresquistes de la bottega, le giornate, journées de travail, la préparation des enduits, les préparatifs sur cartons perforés, les couleurs, l’épisode des moisissures qui attaquèrent les premières scènes….
Aurelio n’apprendra pas la sculpture. Plutôt modèle qu’apprenti, c’est lui qui inspire Adam de la Création de l’homme. Parce que ce roman historique est aussi un roman d’amour. Michel-Ange aime Aurelio, qui aime Aphrodite, la courtisane cachée du pape, qui,elle aime Michel-Ange et lui commande la sculpture qui la rendra éternelle dans le marbre… mais ces amours sont contrariés. Celui qui prononce le nom d’Aphrodite en ville, a sa langue coupée…De son côté, Michel-Ange qui se peint en Jérémie « c’est notre sort de supporter la souffrance » va chercher uniquement sa jouissance dans son art.
Quand je retournerai à Rome pour revoir la Chapelle Sixtine, il faudra que je relise ce livre pour comprendre la signification de chacune des scènes, des personnages, prophètes, sybilles ou ignudi…
exposition temporaire du 9 mars 2016 – au 30 mai renseignements pratiques : (ICI)
Hubert Robert arrive à Rome en 1754, il y restera 10 ans et sa peinture restera marquée par ce séjour.
L’exposition du Louvre commence par ces années romaines et par une série de dessins à la sanguine éblouissants. On se promène dans Rome, Tivoli ou au Vatican. L’étude des monument est précise, étude de l »architecture et aussi de la vie quotidienne. Jamais, il ne néglige le détail qui donnera vie à l’étude de l’antique : le chien endormi dans le coin droit des Dessinateurs du Palatin, ou à droite, ailleurs…. je me suis amusée à chercher les chiens. On étend le linge dans les ruines ou les villas (villa Madama) Dans l’atelier des restaurateurs d’antiquité un amoureux apporte un bouquet à une servante.
Villa Madama
Etudes de dessins sanguines, parfois lavis et aquarelle prépareront de charmants tableaux dans les teintes chaudes de la pierre, les tons plus pastels d’une campagne romaine imaginaire…
Quand le peintre rentre à Paris, il continue à peindre des ruines antiques. C’est la mode. Il expose un curieux Port de Rome où les bateaux sont à qui devant le Panthéon. Des vomitoires du Colisée on voit la statue équestre de Marc Aurèle….Hubert Robert prend des libertés avec la topographie et livre des compositions rassemblant tout ce qu’on voudrait voir à Rome. Les cascades coulent à flot à Tivoli et même dans un bassin de la Villa Giulia!
A mesure qu’on avance dans l’exposition et dans la chronologie, les tableaux deviennent de plus en plus grands, colorés et fantastiques. Que dire de cet incendie de Rome? On voudrait y placer Néron mais les personnages sont vêtus comme ses contemporains du 18ème siècle! Hubert robert réinvente Rome, mais pas seulement l’Egypte aussi, des danseuses font une ronde autour de l’obélisque détruit devant un arrière plan de pyramides, le sphinx lui même est fendu, allusions aux conquêtes napoléoniennes(?)
l’incendie de l’opéra (chercher les pompiers avec leurs lances)
En plus de cette antiquité rêvé des anticomanes qui lui passent commande, il peint aussi Paris toujours avec son goût des ruines : l’incendie de l’opéra le lendemain, quand les pompiers arrosent encore les braises et que on transporte un blessé sur sa civière est presque un reportage de fait divers. Et cette Bastille qu’on a pris la veille et qu’on commence à démolir? Il peint aussi la démolition des maisons encombrant les ponts de Paris et comme il aime toujours la lessive, il place au premier plan des bateaux-lavoirs d’une précision méticuleuse….
Dans la veine du reporter, ses dessins et peintures effectuées en prison quand la Révolution l’y enferma..
Robert comme concepteur de jardins, on aimerait voir ce qui reste de Méréville.
Dernier volet de l’exposition, Hubert Robert comme conservateur de musée quand le Louvre devient le Louvre.
Le microbus 125(fréquence toutes les 30 minutes) s’arrête non loin de la Farnesina et fait un circuit dans le Trastevère, se faufile entre les tables des restaurants de la Via della Scala, débouche sur le Lungotevere coupe le gros Viale Trasteverepour abordeder des quartiers moins touristiques et moins clinquants, port et industrie. Au retour, il frôle le Janicule. Des dames avec leur cabas du marché nous expliquent où descendre pour emprunter un autre microbus, le 115 qui monte à la promenade du Janicule.
Trouver d’abord un restaurant agréable pour notre dernier jour à Rome. Premier essai devant l’Eglise della Scala, une table au soleil, mais c’est un fast-food, on peut composer à sa guise sn sandwich ou sa salade. Nous aimerions un peu de gastronomie romaine. On dit que dans le Trastevere on cuisine bien les abats…Après avoir étudié le menu, nous prenons la fuite. Deuxième essai, un peu plus loin. Des tables plus chic. A la carte pas de secundi, seulement des hamburgers. Les primi ont l’air appétissants. J’hésite entre une Salade Fellini, une salade Pasolini ou Antonioni, je change d’avis pur des tonnarelli à la sauce tomate-basilic.
La serveuse est sympathique et énergique. Google-maps donne les horaires du microbus 115 (ce serait beaucoup plus court d’y monter à pied !)
église della Scala modeste de l’extérieure toute dorée de l’intérieur
Avant le repas je visite les deux églises de la rue Della Scala : la première della Scala modeste à l’extérieur luxueusement parée de marbres colorés de lustres dorés, les tableaux sont mal éclairés.
Santa Maria in Trastevere est très ancienne, elle a gardé sa façade brune et ses mosaïques. Dans le narthex, on a incorporé des marbres antiques, certains sont gravés de symboles paléochrétiens. La crèche de Noël est sympathique : à côté de la Nativité on voit un repas villageois sous un auvent de paille, sauf que les invités sont pour la plupart africains, une crèche pour les migrants ? A l’intérieur de très belles mosaïques.
Nous attendons les 115 devant une belle fontaine. Un SDF très propre sur lui, look randonneur fait sa lessive lave chaussettes et slip, rince, essore et les étend sur un banc au soleil.
Le 115 grimpe par des épingles à cheveux et passe devant la Fontaine Paola que j’avais ratée en montant à pied au Janicule et un monument moderne de l’Unité Italienne. Il semble que toute la colline soit une commémoration des combats de Garibaldi en 1949. Nous descendons du bus sur la terrasse devant la statue équestre de Garibaldi ? Ce genre de monument n’est vraiment pas ma tasse de thé, j’y avais jeté un coup d’œil distrait. J’ai lu qu’Anita Garibaldi y était représentée. Le personnage m’intéresse, ce n’est pas l’épouse du héros mais une combattante à qui Garibaldi rend hommage à chaque action.
Je parcours la passeggiata jusqu’au Chêne du Tasse, bien mort amis soutenu par un pilier en brique. Je passe devant le Phare offert par les Italiens d’Argentine, incongru, nous sommes loin du rivage !
Au retour le 115 ne marque pas l’arrêt à la fontaine et nous nous retrouvons sur le Viale Trastevere ce qui est plus pratique parce que le tramway 8 se succède à bonne fréquence.
San Francesco in Ripa :
Je m’étais promise d’aller admirer la Bienheureuse Ludovica du Bernin allongée sr l’autel en extase. Volupté céleste ou amoureuse ? Le marbre rouge se déploie en plis élégants et compliqués. Un autel ?
Passant devant Santa Maria in Trastevere, j’entre au hasard. Bonne pioche ! le chœur est éclairé et je peux admirer les mosaïques.
Dernières pizzas pour diner chez Boccaccia , je choisis un assortiment à taglio, radiccio et coppa, artichaut-mozzarella ,.
Nous regretterons notre quartier si vivant et coloré décorée par le linge qui sèche d’une fenêtre à l’autre, moins l’appartement avec sa cuisine à la cave.