L’automne du commissaire Ricciardi – Maurizio deGiovanni

LIRE POUR L’ITALIE/ IL VIAGGIO (le retour)

l'automne du commissaireRicciardi

Terminé un jour trop tard pour LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE, livre de saison puisque’il se déroule entre le 23 octobre et le jour de la Toussaint.

Maurizio de Giovanni nous transporte à Naples en 1931 dans l’Italie de Mussolini, justement le duce annonce sa venue prochaine, ce qui met le commissaire divisionnaire dans tous ses états. 

Publié dans la collection Rivages/Noir on ne peut pas imaginer de collection plus appropriée, pour la géographie mais surtout pour la noirceur de ce roman policier. Nous n’irons pas à Mergellina, ni à Capri, ni même au San Carlo…n’entendrons pas de chansons napolitaines…très loin de la cité ensoleillée que j’ai découverte comme touriste. A Capodimonte, quand même, puisque c’est là qu’on a trouvé le petit garçon sans vie. sous une pluie incessante qui confère au roman une atmosphère encore plus triste.

Le Commissaire Ricciardi ému par la fragilité et l’abandon du petit cadavre, contre l’avis de tous veut élucider le mystère du décès de l’enfant. Qui se soucie d’un enfant des rues, maigrichon, tellement mal en point que sa mort paraît à tous,naturelle?

Enfant des rues, il y en a tant à Naples, les scugnazzi, qui se soucie d’eux? On évolue dans une ambiance à la Dickens, frère de Gavroche, enfant des trottoirs de Bombay ou d’ailleurs.. Le commissaire découvre un orphelinat patronné par un curé peu charitable, un sacristain ivrogne, des riches et nobles dames patronnesses , des colporteurs voleurs, les habitants des bassi, un travesti un peu indic, des malfrats, un noble déclassé, des enfants cruels….tout un monde interlope. La personnalité de la petite victime se dessine au fil des pages. N’importe qui aurait pu être responsable de la mort de l’enfant. les hypothèses se succèdent.

Je n’en dis pas plus!

Les caractères sont un peu convenus. L’intrigue un peu lente. Mais c’est un bon polar distrayant.

logo eimelle, le mois italien

logochallenge italie

Et je t’emmène – Niccolo Ammaniti

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

ammaniti et je t'emmène

Avec ce challenge c’est toute l’Italie que nous avons parcouru! Niccolo Ammaniti nous emmène en Maremme, à Ischianno Scalo, petit bourg enclavé entre mer, marais et l’Aurelia – la route qui va de Rome à Gènes- village où tout le monde se connaît et où il ne se passe rien.
toscanamaremma

Le monde de Niccolo Ammaniti est moche et dégueulasse!

Mais le livre se lit bien, bon rythme, rebondissements inattendus, je tourne les pages….

Comme La Fête du siècle la construction s’organise en tissant deux histoires autour de deux personnages qui finiront par s’entremêler. Histoires de deux losers, Graziano, dealer minable, don juan des discothèques, champion de la drague, musicien de club de vacances…Pietro, 12 ans, fils d’un père alcolo d’une mère dépressive, dont le plus grand talent est de pédaler sur sa bicyclette, gamin rêveur, trop gentil, trop timide, harcelé au collège par les caïds de sa classe. 

Le personnages secondaires sont tout aussi minables et antipathiques, Italo, le surveillant du collège, violent, les deux policiers, qui surveillent la vitesse sur l’Aurélia et manquent de se tirer dessus, personnel enseignant autoritaires et faibles, les copains de Graziano. Aucun pour racheter les autres.

C’est un roman bien masculin, imprégné de testostérone et de sauce tomate. Parfois, cela me lasse. Les femmes ne sont pas beaucoup avenantes, mamas obsédées par la cuisine, bimbo sans cervelle, putain au grand cœur, mais sans papier, adolescentes boutonneuses, vieille fille…Une humanité peu avantagée.

Ammaniti  excelle dans le burlesque, certaines scènes m’ont fait rire aux éclats.  

logo eimelle, le mois italien

La mer couleur de vin – Leonardo Sciascia

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

la mer couleur de vin

Recueil de 13 nouvelles très différentes les unes des autres, se déroulant toutes en Sicile à différentes époques. La première Réversibilité met en scène Le roi Ferdinand du Royaume des deux Siciles et Mussolini, tandis que Giufà remonte au temps des Arabes en Sicile. Les autres sont plus contemporaines.

La nouvelle qui a donné le titre au recueil La mer couleur de vin, raconte un voyage en train Rome -Agrigente par Reggio de Calabre.

« Le fait est, pensa l’ingénieur, qu’un voyage est comme une représentation de l’existence, par synthèse par contraction de l’espace et du temps ; un peu comme le théâtre, en somme ; il s’y recréent intensément, sur un fond inconscient de fiction, les éléments les raisons et les rapports de notre vie »

La couleur de vin de la mer est une référence à Homère. la Sicile est diverse, Grecque, « voilà la Grèce  la Sicile ; la question peut être là !A propos de tout, il faut que nous nous référions à la Grèce »Arabe, aussi comme Giufà nous le rappelle. Hilarante leçon d’étymologie du mot Mafia dans Philologie. La mafia, la grande affaire sicilienne : comme le raconte le Western en Sicile , Sciascia y fait allusion dans nombreux textes.

Le Long voyage est une histoire d’émigration, histoire d’autrefois, du temps que les Siciliens poussés par la pauvreté émigraient aux Etats Unis. C’est aussi une histoire actuelle. Les Siciliens qui voient les migrants arriver aujourd’hui s’en souviennent-ils encore?

Histoires ironiques, même drôles parfois, comme Affaires des Saints, en miroir on enlève la statue de l’autel de Sainte Filomena, la sainte locale  et la dépouille de Staline est retirée du mausolée….

Moi qui lis très peu de nouvelles, j’ai beaucoup aimé ce roman, d’écriture limpide, racontant diverses facettes de la Sicile.

logo eimelle, le mois italien

La Fête du siècle – Niccolo Ammaniti

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

la fête du siècle

 

 

Le Mois Italien d’Eimelle et les critiques des blogueurs(ses) m’ont incitée de lire  la Fête du siècle. 

 

Niccolo Ammaniti raconte une bouffonnerie : une fête donnée par un magnat du bâtiment, (mafieux?) dans la Villa Ada à Rome où toute la jet set, des journalistes aux footballeurs, est conviée pour de grotesques safaris et un concert de Larita, une chanteuse à la mode. Le thème de la fête a été monté par le cinéma italien, par Fellini ou Pasolini, et récemment par Sorrentino …Récemment, les funérailles kitsch de Casamonica en Août dernier à Rome s’apparente à cette culture de la fête.

funérailles rome

Je me suis bien ennuyée pendant la première partie Genèse , prologue à la fête. Fabrizio Ciba, l’écrivain à la mode,  a écrit un best-seller mais il semble plus préoccupé de sa tenue négligée, étudiée de ses vêtements de lin froissés, ne pense qu’à sauter toutes les femmes qui passent sur son chemin, bimbo ou intellectuelle, Saverio, minable vendeur de meuble est sataniste. Je ne ressens aucune sympathie pour ces deux héros, surtout aucun intérêt pour ces mondanités ou pour les sacrifices et les déguisements infantiles. l’action se traîne. Mortel ennui!

Dans la fête, on s’amuse plus, certaines scènes sont cocasses. J’ai bien ri quand les éléphants excités par la star du football sèment la panique.  La chanteuse Larita qui préfère aller vacciner les enfants africains à des vacances aux Maldives est bien gentille. L’intervention des troglodytes, la catastrophe finale,  sont réussies.

Finalement, sans être un chef d’oeuvre, ce roman est divertissant, à condition de lire en diagonale la première partie.

logo eimelle, le mois italien

 

Eva dort – francesca Melandri

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

eva-dort

A peine ai-je fini Plus Haut que la mer , j’ai ouvert Eva dort . Ce n’est pas toujours un bon plan de lire plusieurs ouvrage d’un même auteur. Le suivant fait parfois rengaine quand la musique originale est déjà connue. J’ai fait cette expérience avec Milena Agus : le mal de pierre n’avait déjà pas soulevé mon enthousiasme, je me suis franchement ennuyée avec Quand le Requin dort, de même les Donna Leone perdent de leur saveur au fil des lectures. Rien de tout cela avec Francesca Melandri! Plus haut que la mer et Eva dort sont deux livres bien différents : dépaysement :  l’un est sur une île au bout de la Sardaigne, l’autre se situe le plus souvent en Haut Adige. Autre ton, autre style, autre époque.  Plus haut que la mer est une sorte de conte poétique, Eva dort, une saga. J’aime  les auteurs qui se renouvellent! Quelques points communs tout de fois : un intérêt pour le terrorisme et les poseurs de bombes qui questionnent la démocratie en Italie, l’attentat qui a coûté la vie à Aldo Moro est évoqué dans les deux opus. Un goût pour les voyages en train ou en bateau. Les héros parcourent l’Italie et nous convient au voyage….Une attention particulière pour l’histoire récente de l’Italie qui m’a bien intéressée. 

Eva dort débute en 1919 quand l’Empire autrichien fut dépecé et que le Tyrol du sud échut à l’Italie. Province germanophone aux traditions alpines d’autant plus ancrées qu’il s’agit de vallées enclavées renfermées sur elles-mêmes. Italiénisation du Haut Adige par Mussolini heurtant la population locale et séduction des nazis pour retrouver la patrie perdue. Les Huber prirent le train pour l’Autriche pour revenir dans leur vallée à la fin de la seconde guerre mondiale et se retrouvèrent en minorité sur leurs terres. Certains prirent les armes et firent sauter pylônes et installations italiennes.

Dans ce contexte de rivalités ethniques, se déroule l’histoire de Gerda, la très belle fille, séduite par un fils de famille, fille-mère mais cuisinière de talent qui a su faire sa place dans un grand hôtel de montagne. On assiste aussi au développement des sports d’hiver qui donnent une nouvelle vie à la vallée. Gerda place sa fille Eva chez des paysans et ne la voit qu’à l’intersaison.

Gerda est une très belle femme. Elle est remarquée par les militaires italiens et noue une relation avec un carabinier calabrais Vito prêt à adopter Eva. Hélas les préjugés contre les mères célibataires empêchent leur union.

Trente ans plus tard Vito mourant appelle Eva qui traverse l’Italie pour le rejoindre. C’est pendant ce voyage qu’elle évoque les épisode de sa vie et de celle de sa mère. Occasion aussi de décrire les paysages traversés pendant 1397 km, toute l’Italie!

J’ai beaucoup aimé ces deux femmes de caractère. Les personnages secondaires sont aussi bien développés aucun ne tombe dans la caricature (facile avec les préjugés de chacun sur les Allemands, les Italiens du sud, les carabiniers….).

Eva dort. Drôle de titre alors qu’Eva paraît plutôt insomniaque, qu’elle enchaîne un vol transatlantique et la traversée de toute la Péninsule sans fermer l’œil. Et pourtant, « Eva dort » revient à plusieurs reprises dans l’histoire. Quand le facteur apporte un paquet que sa mère refuse, quand sa mère reçoit un homme, quand Wesley la séduit avec le Paradis perdu de Milton :

« je sais pourquoi tu dors si peu, Eva, me dit-il. Tu ne veux pas rater les secrets que l’archange Michel confie à Adam ». 

logo eimelle, le mois italien

 

Plus haut que la mer – Francesca Melandri

LE MOIS ITALIEN

sardaigne mp 021 - Copie
L’Asinara

Une belle découverte : écriture limpide. Évocation solaire.

« Car si on veut garder quelqu’un vraiment à l’écart du reste du monde, il n’y a pas de mur plus haut que la mer. »
Le sujet est sombre : la condition carcérale et le terrorisme des années de plomb. Dans cette prison de haute sécurité sont enfermés non seulement des terroristes mais aussi toutes catégories de condamnés violents. le jeune gardien de prison est contaminé par cette violence au point que sa femme ne le reconnait plus.

« Était-il possible que ls visiteurs d’une prison spéciale soient accueillis par la beauté dde la nature? »
Paolo et Luisa viennent visiter la prison, lui son fils, elle, son mari. Loyauté sans concession. Paolo conserve dans son portefeuille le portrait de la fille de la victime assassiné par son fils. Luisa ne regrette pas sa vie conjugale marquée de violence.
Prison sur une île, Alcatraz italien, j’ai reconnu l’Asinara . Parfums de la terre, mer changeante sous les vents violents.

Et en plus, un amour de haute mer éclôt :

« Un amour qui, tel un bateau de haute mer, est seulement entouré d’une étendue infinie de caps possibles que pourtant, on le sait déjà, ni les circonsgtances ni le temps ne permettront d’explorer »
Un livre que j’aurais dû emporter lors de notre voyage en Sardaigne…

logo eimelle, le mois italien

D’acier – Silvia Avallone

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

d'acier2

Ce challenge m’a donné l’occasion de découvrir  D’acier de Silvia Avallone  et de retourner virtuellement en Toscane , à Piombino plus exactement, en face de l‘Ile d’Elbe . Qui dit Toscane pense Florence ou Sienne, Renaissance italienne, peut être Chianti ou oliviers. On l’associe moins aux Monts Métallifères et à la sidérurgie. Nous avons visité les abords de Piombino, Populonia , ses tombes étrusques et le Parc archéo-minier de San Silvestro , depuis l’Antiquité, les Étrusques et les Romains on travaille les métaux dans la région.

Aciéries, face au paradis touristique qu’est l’île d’Elbe…. ce n’est pas le seul paradoxe de ce livre.

« la mer et le mur des barres d’immeubles, le soleil brûlant de juin, c’était comme la vie et la mort qui s’insultent. Pas de doute : vue de l’extérieur, pour ceux qui n’y habitaient pas, la via Stalingrado c’était une désolation. Pire : la misère »

« L’idée de la municipalité communiste, c’était que les métallos aussi avaient droit à un appartement avec vue »

Que puis-je ajouter aux 92 critiques, le plus souvent très élogieuses, publiées sur Babélio?

Les citations que j’ai soulignées sur ma liseuses, peut-être:

Le décor, est donc planté, la cité où vivent les familles d’Anna et de Francesca, leurs parents, Alessio et ses copains..

D’acier se joue aussi à la fonderie Lucchini

« Mais il y a encore trente ans, vingt mille personnes travaillaient là, le marché était en pleine expansion, l’Occident qi reproduit son monde et qui l’exporte Il n’étaient plus que deux mille aujourd’hui, sous traitants compris »

Récit de ces aciéries en crise, en sursis, attendant la délocalisation. Dans cette année 2001 quand le Parti Communiste a perdu ses troupes et ses mythes

« Son père avait le mythe d’Al Capone et du Parrain – celui de Coppola. Son frère avait sa carte au syndicat des métallos mais il votait Forza Italia. Parce que Berluscoi, lui, c’est sur que ce n’est pas un minable »

C’est l’histoire de l’amitié de deux filles de treize/quatorze ans qui brûlent leur adolescence, jouent comme des fillettes et découvrent la sexualité, l’amour, les garçons. Amitié-passion qui sera mise à mal quand les garçons interviendront…Ce roman se déroule à l’ombre du haut fourneau qui déverse ses coulées brûlantes, où des machines infernales se démènent au risque de broyer les hommes.

«  »C’était un peu comme être dans un aquarium. la coulée du haut-fourneau la-haut enflammait le ciel, infestait de nuées et de poisons, et tu sentais ton corps fondre. Tu transpirais le cour battant la chamade.  » […] on le sait bien qu’à l’intérieur de la Lucchini, dans ses viscères bougent des jambes, des bras, des têtes humaines, des êtres de chair. Mais personne , jamais, n’arrivera à prendre la mesure de ce labeur gigantesque… »

Pour survivre à ce monstre et – pire encore – à son extinction annoncée, les hommes sont violents comme le père de Francesca, ou ils se droguent avant, pendant et après le travail. Ils trafiquent ou s’abrutissent. .Sordides soirées dans les boites de nuit.Au bar d’Aldo,  ils assistent à la chute des Tours jumelles, incrédules.

« Anna, en regardant pour la énième fois tomber les géants de béton au cour de Manhattan sentit que l’Histoire existait, que l’Histoire, c’était cette chose immense et incompréhensible dont pourtant elle faisait  partie. Elle s’étonnait d’appartenir à l’Histoire, mais surtout elle se rendait compte que Francesca lui manquait… »

La grande force de ce livre est de raconter une histoire avec des personnages attachants et  divers mais aussi de l’inscrire dans le monde, dans l’histoire, et non pas de façon abstraite mais avec la chaleur brûlante de l’acier qui s’écoule, avec la brutalité des engins de chantier gigantesques.

logo eimelle, le mois italien

 

 

Deux veuves pour un testament – Donna Leon

MOIS ITALIEN 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Entre deux lectures sérieuses, après un roman difficile, un polar vénitien pour chanter?

Le mois italien m’a encouragé à sortir de la PAL un énième Donna Leon. Les promenades à pied ou en vaporetto avec Guido Brunetti sont toujours un plaisir, la cuisine parfumée de Paola aussi.

Une dame est trouvée morte par la voisine. Autopsie. Elle était visiteuse dans une maison de retraite. Brunetti y passe des heures ; ce n’est pas le décor le plus glamour, ni le rythme le plus haletant. L’intrigue, piano piano, ronronne. La dame était certainement une personne vertueuse, elle hébergeait  des femmes battues. Peut être l’une d’elles…. Peu d’action. Je poursuis ma lecture dans la même torpeur qui me cloue devant Louis La Brocante à la télé. Personnages sympathiques, j’ai envie de connaître la suite, d’ailleurs, il y a des tableaux  disparus….

Dans le dernier quart du récit, cela se précise. Visite chez un galeriste.  Venise, ville d’art, jolie description d’un tableau de Sainte Catherine. Les petits vieux de la maison de retraite prennent de la consistance. Il fallait juste être patiente!

Une balade agréable dans Venise mais pas un cru exceptionnel!

logo eimelle, le mois italien

 

Lettres d’Otrante – Geneviève Bergé

MOIS ITALIEN D’EIMELLE

 

L’arrivée d’un livre de La Masse Critique de Babélio est toujours une surprise.

babelio2

 

J’avais choisi le titre à cause d’Otrante . Il semblait entrer dans le cadre du Challenge initié par Eimelle. La présentation de l’éditeur parlait également de l’arrivée de clandestins,  ce qui est tout à fait d’actualité. Dernière raison de mon choix, l’envie de découvrir Otrante que nous n’avions pas atteinte dans notre tour des Pouilles.

Je remercie donc Babélio et les Editions Luce Wilquin  de ce cadeau. 

La Masse Critique c’est aussi un lecture « à l’aveugle » d’un livre qui vient de paraître et qui n’a pas encore été annoncé avec les tambours et trompettes de la renommée. Sauf si on a tiré un livre d’un auteur connu, on est dans les premiers à découvrir une pépite ou un pensum. C’est le charme de l’opération. 

mosaïque d'Otrante3

Le choix est donc important, et le résumé de l’éditeur primordial. Finissons en avec le sujet qui fâche! Ce n’est pas un livre sur l’arrivée des clandestins. Des clandestins, nous n’en rencontrerons que deux – une mère et sa fille érythréennes – bien intégrées semble-t-il, plus une ombre furtive avec une capuche orange. Bien sûr, il y a la rumeur qui meuble les conversations du bar de Fabio, pour les conversations du café du commerce point n’est besoin d’aller au bout de la botte italienne….

 

 

mosaÏque d'Otrante

La mosaïque de Pantaleone est la bonne surprise du livre.

 

J’aurais toutefois aimé en savoir plus .Comment on s’y prend pour la restaurer.Est-ce qu’on nettoie les tesselles? Est-ce qu’on les remplace. Quelles ont été les études préalables? Qui sont les restaurateurs, des mosaïstes, des archéologues? Aafke, l’épistolière, décrit les motifs qu’elle restaure, je pressens des merveilles cachées, des symboles bibliques, des allusions à la vie au Moyen Age, des légendes locales comme celle du tireur d’épine qui m’a charmée. Il y avait sans doute plus à raconter sur cette mosaïque qui est l’une des plus étendue d’Italie. J’ai passé 3 jours pleins à Ravenne sans me lasser, je suis absolument fan de mosaïque.

mosaïque d'Otrante2

 

 

Jolie évocation de la petite ville d’Otrante hors saison et des masserie dans la campagne environnante pour le challenge d’Eimelle!

 

 

 

 

Le véritable sujet des Lettres d’Otrante est beaucoup plus grave. Aafke raconte son quotidien, la mosaïque,son installation dans le studio de Simona, son chaton … à Peter. Qui est donc  ce Peter qui ne répond jamais, ou par un seul mot? Un ancien ami, un ancien amant? on ne le saura pas. Analyste ou analysant, quand elle fait allusion à Lacan. Ses réponses laconiques sont comme les petits mots par lesquelles l’analyste relance le discours de l’analysant. Le monologue d’Aafke y ressemble. Monologue mortifère qui commence par le massacre d’une portée de loirs, continue avec une naissance gémellaire qui s’est mal passée, arrivée de corps des migrants sur la plage, sans parler des ossements des martyrs du massacre des turcs en 1480….la mort est toujours présente. Et c’est plombant! J’ai failli refermer le livre avant la fin. Au fil des lettres on comprend mieux le sens de cette correspondance. (je ne veux pas spoiler). Il vaut mieux être prévenu, et je ne l’étais pas. 

logo eimelle, le mois italien

la Secte des Anges – Andrea Camilleri

LE MOIS ITALIEN

palermeputti0002 - Copie

 

Andrea Camilleri est le « père » de Montalbano dont je suis toujours avec grand plaisir les enquêtes, il a aussi écrit de romans historiques. J’avais adoré  le Roi Zozimo que j’avais  lu en riant aux éclats.
La Secte des Anges s’inspire d’une histoire vraie.
En 1901, A Palizzolo, une bourgade de Sicile, une étrange rumeur d’épidémie de choléra affole la population. Le prêtres partent en croisade contre la secte des angesl’avocat Teresi, défenseur des pauvres gens, et anticlérical notoire. Les autorités font appel aux carabiniers pour rétablir l’ordre….Pas de choléra mais plutôt une épidémie de grossesses chez les jeunes filles de bonne famille et dévotes.
Camilleri raconte avec humour et truculence sa Sicile. Aristocrates, mafia et clergé se liguent contre Teresi. Intimidation, violence, la justice a bien du mal à passer.
La narration est alerte, le rythme endiablé, avec tous les rebondissements de l’affaire. En revanche le style est alourdi par l’usage d’un « argot »(?) ou dialecte(?) étrange. Difficile de traduire les particularismes linguistiques de Camilleri! Le traducteur a fait appel à tout un corpus de mots inconnus qui entravent la compréhension. Il aurait fallu fournir le lexique. Un ou deux mots déformés ou inventés de temps en temps, passe encore, mais il y en trop!
Cela ralentit la lecture sans la gâter toutefois.
logo eimelle, le mois italien