Le Lac de Lesina – dîner gastronomique

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Selon un article de  Géo,on pourrait observer des oiseaux sur le lac de Lésina et les pêcheurs pourraient nous emmener en barque, plan alléchant!

Nous n’avons aucune idée de la distance,  négligeant la voie rapide, nous prenons des petites routes qui tortillent. Le lac de Varano est visible de loin. C’est une belle étendue d’eau fermée par un cordon littoral l’ isola occupé par une forêt et de nombreux campings. Le lac de Lesina est beaucoup moins grand, on le devine à peine dans le paysage.  La campagne est surtout cultivée de légumes : tomates, pommes de terre, aubergines. La terre est noire. Il se dégage une impression d’abandon. Les belles masserie tombent en ruine. Nous traversons des hameaux fantômes des baraques de ciment qu’on pourrait croire bombardées. Les petits aqueducs en ciment sont aussi à moitié écroulés. En revanche, dans les villages, les immeubles poussent comme des champignons. Nous avons parcouru plus de 70 km quand nous arrivons à Lesina, gros bourg. Les hommes sont assis au café, jouant aux cartes ou, assis sur leur chaise face à la rue. Pas une femme, on se croirait en Grèce. Nous cherchons le lac. Impossible de l’approcher. Nous arrivons dans un quartier tranquille, vieilles maisons, rues dallées de pierres blanches, les gens ont sorti leurs fauteuils dans la rue « Il faut retourner en arrière »

Puisque le lac est inaccessible à Lesina nous suivons les panneaux Marina di Lesina dans une circulation très dense de dimanche à la mer. Immeubles blancs, supermarchés, toboggans aquatiques, villages de vacance, lido de truc, lido de machin, plages payantes, parkings payants…et toujours la foule. Nous avons fait 75km sans voir la mer.

Au retour, nous montons sur la voie rapide que nous ne quittons que pour emprunter la voie littorale sur le cordon dunaire de l’ »isola ».

Enfin la plage ! Tous les baigneurs du dimanche sont partis. La plage est à moi pour ma promenade le long de l’eau et une baignade en eau tiède dans de jolies vagues.

Dîner gastronomique à la masseria

Antipasti de poisson : tronçons de poulpes avec carottes et pommes de terre au vinaigre. Les poulpes sont très tendres.

Bruschetta de tomates délicieuses fermes et sucrées à côté de la petite friture.

Primi :orecchiette, petites oreilles épaisses et fermes faites maison, avec de la sauce tomate et parmesan.

En secundi, poissons décorés d’olives dont on donne de généreux cadeaux aux chats qui nous entourent.

fruits : pastèque et des figues de la Masseria. Je n’en ai jamais mangées de pareilles : robe jaune, intérieur brun, elles ont le goût des figues sèches, très parfumées.

Aigrettes à Foce di Varano, figues et escargots…

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les figues de la masseria giordano

 

Ce matin, il pleut .

Nous faisons nos courses à Foce di Varano et cherchons le sentier qui longe le lac pour l’observation des oiseaux. Nous interrogeons les gens en leur montrant le joli dépliant du Parc avec les photos des spatules et des canards. Personne n’en a entendu parler.

Belle promenade le long du canal à l’affût d’une jolie photo : des filets ou des nasses sont accrochés à des rangées de piquets. J’essaie différents cadrages sans être convaincue. Peut être sous un autre éclairage ? A l’aide de la carte du dépliant, nous trouvons la petite route qui se transforme en piste blanche sur le bord du lac. Les hirondelles sont nombreuses, banals les mouettes et les goélands. Soudain, s’envole une aigrette. Nous avons fixé comme terme à notre promenade un îlot vert. Si nous devons observer des oiseaux, ce sera sur cet îlot.

En effet, quatre aigrettes marchent lentement. Un cormoran est à ajouter à notre tableau de chasse. Sans compter les innombrables libellules grises, jaunes ou rouges, les lézards. Le ciel est dégagé sur la mer, les nuages restent solidement accrochés à la montagne.

Le beau terrain  de la Masseria boisé de chênes imposants est planté d’oliviers, de figuiers et d’autres fruitiers.

Les figuiers ont un tronc épais ils paraissent vieux. Ils ont été taillés pour la cueillette des fruits. Au lieu d’avoir un épais feuillage comme les figuiers sauvages, les feuilles sont disposées en bouquets aérés. Les figues sont jaunes, énormes, très nombreuses avec la peau fine, la chair blanche et souples, les grains dorés, les pépins sont tellement  fins qu’on ne les sent même pas. Des pots contenant des plantes vertes sont suspendus dans l’arbre.

Trois petits noyers sont alignés en face des chambres. Dans l’herbe on a installé les géraniums en pleine terre ainsi que deux aralias et deux cycas. Un peu plus loin, sous un chêne, deux tables où nous avions dîné.

Les trois dames ramassent des escargots sortis après la pluie.Pour leur parler, je leur montre mon dessin et fait une photo- souvenir puis les invite à venir sur notre terrasse regarder les photos de Naples. On presse des oranges et restons un bon moment à bavarder. La dame est très ouverte, elle commente les photos de Naples qu’elle connaît. Nous parlons de la Masseria. Cette année la saison est très calme. Avant le passage à l’Euro, les Allemands venaient nombreux à cause du change avantageux ? Maintenant, la clientèle allemande a fondu. La dame est tout à fait anti-européenne. Je lui parle des subventions : seuls en profitent les gros. Ses enfants ont bien cherché à obtenir des aides de l’Europe, rien ! Toute l’année la Masseria accueille des clients : l’hiver ce sont les chasseurs

Corniche jusqu’à Vieste – incident à la pompe!

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Les animaux de la ferme m’ont tirée du lit : le coq, les paons font du raffut. Il pleuviote,  le ciel est chargé de nuages.

Route en corniche sous la pluie

9 heures, la pluie tombe plus sérieusement, le ciel est noir d’orage. Rodi Garganico sous une grosse pluie. La longue plage, à moitié aménagée, à moitié libre, paraît plaisante. Si nous voulions louer un parasol ce devrait être ici.

A l’entrée de Peschici la côte est très jolie : des petites criques des falaises blanches, des tours carrées, de jolies oliveraies, des bois de pins. La grande route évite Peschici et coupe par l’intérieur des terres dans les oliviers.

Vieste est  très décriée par le Guide du Routard et Géo. Je m’attendais à des quartiers d’immeubles. Les villages de vacances et  les campings sont plutôt discrets cachés dans les arbres.

On gare la Panda sur le port à l’embarcadère des barques pour la visite des grottes. Nous visitons chaque ruelle en pente avec ses boutiques de souvenirs, de fringues ou de bijoux, ses restaurants.

les ruelles

La ville est construite sur un éperon rocheux, falaise de craie blanche, s’avançant dans la mer entre de jolies plages de sable .Au sommet, le château de Frédéric II, zone militaire. Juste en dessous, la cathédrale qui nous ferme ses porte  : il est midi.

La « pierre amère » rappelle le sac de la ville par le corsaire turc Dragut qui massacra là tous les habitants de Vieste inaptes à être vendus comme esclaves en 1554.

La ville est charmante avec ses escaliers, ses ruelles. Elle est un peu touristique, peut être, mais pas envahie en ce début de Juillet. Hélas le rivage est inaccessible : les villages de vacances en interdisent l’accès. Seuls quelques lidi privés avec restaurants, parasols… sont ouverts moyennant finances. Jusqu’à Peschici, toute cette belle côte convoitée de loin est lotie en plages privées. Encore une fois, je me félicite de l’existence de la loi littorale en France qui bannit ces excès.

 

L’automate de la station service

A Rodi Garganico, il pleut autant que ce matin. De plus, tout est fermé, même la station AGIP, sauf les pompes automatiques. Déjà, l’an dernier, à Volterra, nous avions eu des déboires avec une telle machine. Oublieuse de cette expérience, j’essaie de faire le plein. Il y a bien un vieux gardien assis sur une chaise qui me hèle sans daigner se lever de son siège. Sans méfiance, j’introduis la carte VISA 1er – toute neuve- qui reste coincée. Tout le monde s’en mêle : trois jeunes conseillent de faire le code ce qui fera peut être ressortir la carte. Un monsieur moins jeune suggère « une pinzetta à dépiler les cils ».On  s’énerve et dit que les Italiens sont des cons. Le vieux qui s’est approché a compris, il traduit aux jeunes : elle les a traites de stronzo. On frôle l’incident diplomatique. Les jeunes sont sympas, ils ne se fâchent pas mais persistent dans leur idée. Le vieux se drape dans sa dignité, va s’asseoir sur son siège. Il faut attendre 4 h que le propriétaire de la station service arrive. Je fais le guet devant l’automate pour qu’il n’arrive rien à la carte. Chaque fois qu’une voiture s’approche je fais fuir les clients « la machina è guasta ! » et je raconte l’histoire de la carta blocata. Un monsieur, très comme il faut, parlant très bien français, essaie de nous aider. Lui aussi tient pour la pincette à dépiler. Ce qui est étrange c’est que tous les témoins de l’incident (sauf les trois jeunes) restent à attendre le pompiste. Comme si leur présence était nécessaire. Peut être s’ennuient ils pendant la sieste, nous leur avons fourni un peu de distraction ou alors attendent ils simplement la fin de la pluie ? Enfin le patron arrive, ouvre la machine avec sa clé. Mais la carte ne réapparaît pas. L’intérieur de la machine est plein de rouleaux de papier déroulés, de fils déconnectés. Il semble que personne ne se soit servi de carburant en payant par carte Bleue. D’ailleurs, j’ai eu le loisir d’observer que les italiens introduisaient des billets de 5€ ou  rarement de 10€, jamais de 20 en tout cas ! On finit par retrouver la carte noyée dans la graisse qu’il faudra dissoudre avec de l’essence. Après avoir récupéré la carte on retire 20€ au bancomat pour vérifier que le nettoyage au pétrole ne l’a pas démagnétisée. L’incident est clos, tout du moins, je l’espère !

De retour à la Masseria Giordano, l’appartement s’est libéré. Il est prêt pour nous. Il ne reste plus qu’à déménager et à faire les courses. Nous retournons donc à Foce da Varano pour me baigner et trouvons tout ce qu’il nous faut dans un grand supermarché.

Monte Sant Angelo

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Saint Michel, l'Ange

L’histoire de l’Ange

L’Ange,  Saint Michel,   est apparu trois fois au cours de l’époque byzantine.

Au cours des guerres entre Byzance et les Lombards,  à l’évêque de Siponto, apparenté au Basileus de Byzance, il a promis de l’aider à la quatrième heure au cours de la bataille contre les Lombards. A l’heure dite,la terre trembla.

Une autre apparition concerna un taureau qui aimait paître seul. Son maître ne le retrouvant plus, organisa une battue à sa recherche, avec ses gens et ses serfs. Ayant trouvé l’animal, le maître, irrité, lui décocha une flèche. Celle-ci fut déviée par la main de l’Ange et retournée contre le méchant homme.

Toute la petite ville est donc vouée à l’Ange qui veille sur de nombreuses portes, au dessus des églises et des belles demeures. Monte Sant Angelo est un lieu de pèlerinage très fréquenté depuis l’époque byzantine ainsi qu’une étape sur la route des Croisades.

Une église « française »

A l’entrée de l’église San Michele, un homme nous aborde en Anglais puis en Allemand, il nous regarde mieux « Vous êtes italiennes ? »- coup d’œil à notre Guide Bleu – « françaises ». Il a habité à Paris. Il est ravi de nous expliquer en français que c’est une église angevine, donc française, avec ses arcs gothiques. La pierre très blanche est sculptée de bas reliefs très fins.

Crypte

Ce n’est pas une église, seulement une façade d’église : on descend 86 marches pour arriver à la crypte, dans la grotte où se déroule la messe. Nous essayons discrètement d’observer les portes de bronze faites à Constantinople en 1076 et la statue de l’Ange de Sanseverino toute dorée.

Un couloir nous conduit à une deuxième grotte. Sur les murs, des panneaux racontent l’histoire de MonteSantAngelo ainsi que la vie de Jean Paul II.

Nous remontons à la lumière pour photographier le beau campanile octogonal rappelant le château de Castel del Monte de Frédéric II . Justement, ce matin, j’ai lu le texte sur Castel del Monte dans le Voyage en Italie de D Fernandez.

La ville blanche

Nous nous promenons au hasard dans le village, ne manquant pas de visiter San Pietro et Santa Maria Maggiore, deux églises romanes tout à fait originales avec une décoration extérieure en losange et des fresques « de facture » byzantines.

La ville est toute blanche, tout en escaliers aussi ! Des enfants jouent au ballon sur une placette. Les escaliers ont l’avantage d’interdire la ville aux voitures garantissant le calme. Certains quartiers comportent de beaux palais du 17ème et du 18è.D’autres sont construits de plusieurs rangées de maisons identiques et mitoyennes coiffées de toits à double pente couverts de tuiles romaines.

Château

chateau normand - souabe - angevin

Nous terminons la visite par celle du château normand souabe angevin Le grand Frédéric II y installa ses quatre épouses. Manfred, Constance et Violante, ses enfants y naquirent ? C’est de Manfred que Manfredonia tire son nom. Le château devint une prison où furent enfermées Filippa d’Antioche et ses enfants puis Giovanna d’Anjou. Sous la domination aragonaise le château prit l’aspect qu’il a encore maintenant. De 1552 à 1802 il appartint aux Grimaldi. Toute cette série de personnage m’enchante. J’aimerais en apprendre plus surtout sur Frédéric II dont j’ai croisé les pas en Sicile et rencontré fortuitement en lisant Baudolino d’U. Eco, il y a quelques années, il faudrait le relire.

Le château a encore une très belle tour ronde aux murs très épais, un chemin de ronde et les murs d’un donjon rectangulaire. Le noyau le plus antique, la Tour des Géants pentagonale est moins reconnaissable  .La feuille commentant la visite en français parle de domination durazzese – qui sont ils ? Düres, en Albanie est juste en face mais rien de sérieux n’étaye cette hypothèse.

les Daunes

Dans une belle salle décorée d’oriflammes on a installé des vitrines contenant des témoignages archéologiques des premiers habitants du Gargano : les Daunes : poteries, outils et lances de bronze. Ces trouvailles ne sont pas spectaculaires à l’exception d’un très joli cheval en terracotta. Les Daunes élevaient des chevaux. Ici intervient un personnage homérique : Diomède qui est associé, je ne sais comment, aux chevaux. je devrais relire l’Iliade et l’Odyssée. Comme Ulysse, à son retour de Troie, échoue dans la région et mourut aux îles Tremiti où ses compagnons furent transformés en oiseaux ressemblant aux cormorans : les oiseau de Diomède.

De l’Ange Michel aux oiseaux de Diomède, mythe et histoire s’entrelacent et ce village blanc perché sur son arête est baigné de poésie

La corniche autour du Gargano – piquenique dans la colline

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L’épicier de Monte San Angelo

Chez l’épicier qui nous avait si bien guidées, nous sommes prêtes à acheter toute la boutique : du saucisson pour midi, des tomates séchées, des biscuits et le quart d’un casciocavalle, fromage dont le nom prononcé « cachcavalle » m’avait toujours paru mystérieux et exotique. Je situais sa provenance au Moyen Orient et l’imaginais fromage de cheval. C’est un souvenir qui remonte loin dans mon enfance. Il aurait suffi, logiquement que je me souvienne que l’épicier en bas de chez nous Raggi était italien et qu’il était donc normal qu’il vende provolone et casciocavalle. D’ailleurs, longtemps dans notre vocabulaire familial « aller chez l’italien » signifiait aller à l’épicerie où il fallait bien recompter la monnaie- chose que je ne fais pas ici.  Je devrais peut être ? L’épicier de MonteSantAngelo est ravi que son plan nous ait bien dépannées.« Attends je vais te chercher un guide ». Autre coutume sympathique, il arrondit 15€8O à 15€5O quand je cherche la monnaie.

Pique-nique dans la colline


Le coin pique nique est extra : à mi-chemin sur la route qui descend à Mattinata, un chemin de terre mène  à une maison abandonnée. Nous grimpons la colline jusqu’à un trullo à moitié écroulé. La vue est magnifique sur la mer, le port de Manfredonia vers le sud, Mattinata et un petit port vers l’est. Sur des terrasses soignées  poussent des oliviers et des amandiers. Dans le creux de Mattinata un épais tapis d’oliviers très fournis. La colline embaume la menthe, l’origan et le serpolet. Les odeurs sont très prégnantes. Ils est si facile de contempler des images à la télé sur les beaux documentaires de la chaîne Voyage, la cuisine se mondialise…les odeurs sont gage d’authenticité. Rien ne remplacera le parfum tenace des figuiers ou celui, plus rare, du jasmin, des orangers au printemps.

Le ciel s’est couvert. Il tombe même quelques gouttes. Pour la baignade, j’hésite un peu. Non pas qu’il soit impossible de nager sous la pluie. Je n’ai rien contre les plages payantes complètement vides comme aujourd’hui mais il faut quand même y rester un certain temps pour que la dépense soit raisonnable. Avec ce temps incertain, je n’arrive pas à me décider.

corniche autour du Gargano


La route en corniche qui fait le tour du Gargano, monte sur des falaises blanches.  Une jolie plage de galets, toute blanche avec de l’eau transparente de rêve,  emporte toutes mes hésitations. Malgré les écriteaux « Lido azzuro » ou « spiaggia » qui ne disent rien de bon un chemin arrive à  un parking désert gardé par un gentil chien noir. Le tarif indiqué est de 3.5€ mais personne pour le percevoir. Le sentier pour la plage est malaisé mais praticable. Quelques familles sont installées sur des serviettes. Les parasols  sont repliés. C’est idéal. Je sors sandalettes et masque. Pas une vaguelette, eau transparente, je nage le long de la plage vers la falaise de craie blanche.Avec le masque, je nage sans effort. Je suis déçue de voir très peu de poissons. Cela fait une éternité que je n’ai pas eu l’occasion de nager avec un masque,

Le retour par la corniche est très long (78km) mais il est magnifique. Les hautes falaises blanches sont découpées d’aiguilles, de rochers, d’arches, d’îlots et de grottes marines. La forêt de pins très épaisse tapisse le paysage. Peu de construction à part deux hôtels de luxe et quelques pizzerias suspendues.
Nous terminons nos pellicules photos devant les grottes marines avec les grosses boules d’ail en fleur au premier plan.

 

Grottes marines aux environs de Vieste

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Les grottes vues du bateau

Un bon petit vent a chassé les nuages du matin. Enfin nous traversons Rodi Gargano sous le soleil ! Nous voyons la route de Rodi à Peschici sous une lumière favorable.

Mirador ( comme on le dirait en Espagne):  sur une pointe est installée une tour carrée ayant fait partie du dispositif de défense espagnol de Pedro de Toledo vers 1550 au moment où la flotte turque (voir l’histoire de la pierre amère de Vieste) (chercher également la date de la bataille de Lépante)

trabuccho

. Sur un promontoire, un trabbuccho, filets quadrangulaires suspendus à des tiges de bois comme les carrelets que l’on voit à Royan. Avec la falaise de craie, la ressemblance est frappante.

 

Peschici, comme Vieste, est un village blanc perché sur une arête rocheuse. Il n’a pas le blanc éclatant des maisons grecques passées au lait de chaux. Le blanc est un peu vieux, un peu sale, patiné de sel sur les maisons des pêcheurs ou sur les palazzi que l’on reconnaît en levant les yeux, à une porte plus finement sculptée, à un balcon reposant sur des volutes baroques

Ruelles en pente et escaliers, nous arrivons au château du IX ème siècle(tout au moins ses fondations) parce qu’il a été détruit par les Vénitiens appelés par le pape Pie IX  contre l’avis de Frédéric II (Encore lui !) Sous ses dehors de modeste village de pêcheurs, Peschici est de noble origine !

Au marché, l’un des marchands nous fait goûter une pêche délicieuse, mûre à point ; il en remplit un sac pour 3€ aux clients qui nous précèdent. Il me propose des figues, un prix dérisoire si j’emporte la cagette. Je plaisante avec  lui : j’en ai un arbre devant ma maison ! Ce qui est tout à fait vrai ! Je lui demande un demi kilo de haricots verts et un demi kilo de carottes. Il  ramasse tous les haricots qui restent sans les peser et rajoute un panier de champignons qui ne nous sera d’aucune utilité, comme cadeau. Les courses se déroulent dans le flou artistique ou l’arbitraire du commerçant. La transaction la plus simple se termine par un cadeau : un rabais inattendu, une mesure de plus. Le marchand veut faire plaisir au client même si, auparavant il l’a truandé sur le prix ou le poids. Et malheur à celui qui demande le scontrino ! Hier, achetant six cartes à 25 cent et 6 timbres à 60 centimes on nous réclame 6€95 au lieu de 5€10, je demande alors le reçu. Pas de problème le vendeur revient avec un ticket de 1€5o. De toutes les façons les achats de fruits et légumes sont à des prix dérisoires.

vieste

je m’inscrit à l’excursion en bateau dans les grottes en compagnie d’une soixantaine de touristes pendant trois heures dans l’après midi

L’attente à Vieste est agréable: on loue un parasol et des lits (ombrelone et lettini) pour attendre confortablement le  bateau.

La plage la plus proche du port  est presque entièrement vide. Nous choisissons un emplacement près de l’eau. Aucun plagiste ne vient réclamer la location.Pique-nique. Les derniers estivants rentrent déjeuner chez eux. Pourquoi ne paie -t – on pas ? Le plagiste est il en train de déjeuner lui aussi ? N’y a t il pas de plagiste en cette saison ? Sommes nous sur les emplacements d’un hôtel ?

J’embarque sur le Valentina, grosse barque à moteur équipée de nombreux bancs de bois. Arrivée dans les premiers j’ai le choix de la place. Je choisis bâbord. C’est une erreur : à l’aller la meilleure vue sur Vieste est à tribord, au retour je me ferai tremper.

Nous quittons Vieste à petite vitesse contournant le phare, le rocher portant le grand couvent, la ville. Après une belle plage, malheureusement très aménagée, nous retrouvons les falaises blanches. Les petits bancs calcaires sont soulignés de lits de silex le plus souvent continus qui marquent la stratification. Les couches sont généralement horizontales, hachées de failles décalant les bancs. Parfois une série de bancs est repliée en plis contournés. Sur une épaisseur de plusieurs mètres la stratification est disloquée, les silex dispersés, je crois voir des slumpings. Plus haut, la superposition des bancs horizontaux recommence. Dans quelle mer cette craie s’est elle formée ?

Des îlets se détachent de la côte ; l’un d’eux fait penser à une tête, deux îles ressemblent à une tortue.

Le bateau entre dans de très grandes grottes où il peut manœuvrer. Malheureusement, les gens se lèvent, photographient au flash, la croisière perd un peu de sa magie. Le toit de la grotte est une voûte en cloche comme celle d’un fontis. Je pense à enlever les lunettes de soleil : la roche est bleutée reflétant le bleu de la mer sur la paroi.

La promenade le long de la côte est tranquille, je pense à notre croisière depuis Zadar jusqu’à l’île de Cres. Les pins s’accrochent à la haute falaise, ils ont parfois des airs chinois.

Les barques emportant des touristes se font la course entre elles. La Veronica est la plus grosse.


Arrivés à Mattinata, le marin en T-shirt bleu recommande de bien tenir son chapeau, cela va décoiffer. En fait de vent, c’est plutôt de l’écume. Le bateau est soulevé comme un hovercraft. Comme je suis au fond, je suis arrosée d’embruns. Je cache précipitamment l’appareil photo, essuie les lunettes de soleil, peine perdu. Le paysage est éclaboussé d’un jet d’écume.

Nous entrons dans une crique pour la baignade. J’ai cru un moment que la « douche » tenait lieu de bain de mer. Un autre bateau est déjà sur le gravier. La plage de gravillons est prise d’assaut. J’accroche mon t-shirt à mon sac à dos et me précipite à l’eau. Le vent qui agite la mer cause une certaine turbidité, l’eau est moins transparente que la dernière fois. D’ailleurs, j’ai oublié mon masque. En revanche, l’eau de la crique ne bouge pas, pas une vague. Je peux donc nager, faire des longueurs comme à la piscine. Je guette d’un œil mon sac de l’autre le bateau.

Le retour s’effectue dans les embruns, je suis mouillée, peu m’importe d’être douchée en plus !

Promenade derrière la masseria Giordano – plage privée à Rodi del Gargano

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Pour notre dernier jour, nous allons  nous promener dans les environs de notre beau domaine. Un écriteau de bois « La Valetta », sur notre petite route, nous avait intriguées. Le fléchage conduit à un pressoir moderne, sorte d’usine agro-alimentaire et ensuite, perdue dans la colline, à la plus jolie piscine qu’on puisse imaginer. Nous visitons, les chambres n’offre rien de spécial et le restaurant est moderne et sans charme. Le propriétaire entendant que nous logeons à la Masseria Giordano dit d’un air entendu « Ici c’est une autre chose ! ».

la Masseria Giodano d'Ischitella

A l’exception de la piscine, nous sommes bien mieux à la Masseria Giordano avec nos grands chênes et nos oliviers, les deux chiens Loulou et Rudy et la bonne dizaine de chats et chatons. Si  notre bâtiment est moderne et sans originalité avec l’enfilade des six portes et le carrelage moderne, la maison de maître, en revanche, est vraiment belle : crépie de jaune avec ses portes arrondies, sa bordure en triple rangée de tuiles.

 

Sur la pelouse,t on a planté une rangée de figuiers de barbarie, 3 noyers (ils feront de l’ombre, bientôt !)Deux vieux figuiers donnent des figues jaunes délicieuses. En observant bien, je trouve aussi un grenadier, un romarin, une rangée de pourpier et une autre de cucurbitacées.

Les herbes aromatiques, basilic et persil, poussent dans des pots. Tous les matins le monsieur vient jardiner avec sa bêche dégageant les trois petits orangers ou citronniers. Ce jardin hors norme m’enchante : pas de plates-bandes bien bêchées, pas de carrés, un mélange fantaisiste ou géraniums en pleine terre alternent avec la sauge et le romarin Dans un coin les agapanthes s’épanouissent en quatre grosses boules bleues.

Nous déjeunons le midi sur notre petite table de granite poli. J’ai mélangé haricots verts, tomates, olives roquette  et assaisonné la salade avec le mélange séché de MonteSantAngelo (piment, ail et herbes), j’ai ajouté du citron, du parmesan et de l’huile d’olive.

Nous passons l’après midi à la plage de Rodi del Gargano : un long ruban de sable de presque dix kilomètres de long au pied du village perché. Des plages privées alternent avec de grands espaces libres. Nous choisissons une petite plage privée à mi-chemin entre Rodi et San Menaio avec de jolis parasols bleus. Une jeune fille, la seule occupante des lieux nous explique que c’est la plage de l’hôtel situé de l’autre côté de la route. A la réception, un parasol coûte 10€ « mais je vous le fais 7€ » (encore ce système de rabais inattendus!). Le prix est tout à fait raisonnable pour une belle après midi au soleil.

Moins de vagues que ces derniers jours, très agréables, le genre de vagues qui donne envie de sauter et de jouer sans crainte.vert fluo. A contre-courant je n’avance pas. Même en marchant, il faut que je m’aide des bras pour fendre l’eau. Au retour, les vagues nous portent en cinq minutes à notre point de départ

Cette après midi tranquille de baignade termine bien  notre séjour dans le Gargano.

 

Je feuillette les guides pour préparer notre prochaine étape. Vers cinq heures, tous les parasols sont occupés par des gens bien tranquilles, des couples, très peu d’enfants. Pas de telefonino comme je le craignais – d’ailleurs il n’y a pas de réseau.

A ce propos, sur la plage : un spectacle réjouissant : un monsieur en maillot de bain, mobile à l’oreille, fait force gestes avec sa main libre. Téléphoner « avec les mains » à un interlocuteur invisible est très italien.

Castel del Monte – hymne au chiffre 8

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castel del Monte

Nous sortons de l’autoroute à Andria pour aller voir le Castel del Monte – château mythique raconté par Fernandez dans son Voyage en Italie.

Perché sur une colline dominant la plaine côtière, il se voit de loin.Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO , une gestion intelligente a éloigné les parkings de deux kilomètres. On y accède par une navette.

Mais il a l’air tout neuf, peut être un peu trop restauré. Conçu sans fortifications, jamais habité, c’est une construction énigmatique, un hymne au chiffre 8 : huit tours octogonales, sur une cour octogonale, huit pièces …Le portail et l’entourage des fenêtres sont sculptés dans une brèche rouge qui tranche sur la pierre calcaire blonde. A l’intérieur on a utilisé du marbre gris très fin pour les chapiteaux aux motifs végétaux. Aux arcs gothiques, on croit deviner une courbure en fer à cheval mauresque. Il faut imaginer les mosaïques et les décors en stucs arabes comme à Palerme.

Ce château « inutile » ne se visite pas comme n’importe quel château fort, il se rêve : rêve de Moyen Age baigné d’Orient de Palerme, de Jérusalem. Raffinement d’un souverain lettré. Dans les belles salles vides, une exposition de photos et des panneau racontant la vie de Frédéric II, l’enfant de Palerme, réussissant très jeune à se faire élire Empereur du saint Empire Romain Germanique, puis sa rivalité avec la Papauté son  excommunication par  Grégoire IX ainsi que ses femmes : Constance qui a régné à Palerme, deux autres dont Isabelle sont enterrées tout près à Andria. J’imagine les chevauchées entre la Souabe et la Sicile, la caravane traversant les Pouilles.

La suite du voyage, entre midi et deux, se fait sous la grosse chaleur : le pays est écrasé de soleil. Les oliviers s’en sortent bien, leur feuillage est juste un peu plus gris. Nous photographions des constructions rondes en pierre sèche, déjà des trulli ? Nous contournons Bari par des zones industrielles et des grandes surfaces, puis prenons l’autoroute Bari/Tarente, 80km, le plus vite possible, avec l’envie d’arriver.

Manduria : arrivée à la La Fortuna et baignade à san Pietro en Bevagna

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Tarente : raffineries, grues des docks, fumées. L’entrée de la ville est détestable. Nous laissons derrière nous la ville industrielle après avoir traversé un pont sur des bras de mer.
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15heures, après avoir demandé notre chemin dans deux gelaterie, les seuls commerces ouverts dans Manduria endormie, nous suivons les panneaux « Agriturismo La Fortuna » qui bordent une piste de graviers dans les vignes et les vergers. Presque deux kilomètres de piste, une entrée monumentale en forme de fer à cheval annonce un Ranch, un restaurant et un camping.

L’endroit est désert, seul un petit chien marron laisse penser qu’il est habité. Je cherche, en vain une sonnette. Pousse la porte de la Direzione, en me méfiant du chien, le bureau est vide. J’ouvre une grille pour faire le tour du bâtiment, je découvre la piscine et son kiosque ressemblant à La Menara de Marrakech. Pas de chaises longues, la piscine est vide. Seule lueur d’espoir : la peinture bleue semble fraîche, on vient de repeindre. Les emplacements du camping sont déserts, fermé, le restaurant.

Aucune trace d’activité.On dirait que l’établissement a fait faillite et que les propriétaires ne se sont même pas donné la peine de fermer les portes.

J’appelle le numéro de téléphone cellulaire .

– « Où êtes vous ?

Nous sommes arrivées, il y a trois chiens autour de nous.

Marrons ? J’arrive »

Où est le propriétaire ? Quand viendra – t il ? Vient il de Tarente comme Giordano venait de Bari ?

Sur Internet, après des échanges en anglais où  les prix changeaient tout le temps, j’avais envoyé un email en Italien très sec puis nous avions conclu l’affaire. On avait surnommé le propriétaire de « vieux filou ».

Arrive  une vieille break noire déglinguée avec quatre jeunes à bord. Notre « vieux filou » n’a pas trente ans!

Notre appartement est  au deuxième étage du grand bâtiment avec un escalier italien :plein de marches. Deux pièces très sombres, ici c’est une qualité, garantie de fraîcheur, mais nous ne sommes pas habituées. Pas de balcon, nous voilà enfermées en immeuble. L’appartement ne me plaît pas.  Le mobilier est sombre et déprimant. Sur le bois du lit « matrimonial » sont collés des bas reliefs métalliques La Vierge et Jésus. Nous avons payé 136€ de caution, on restera deux nuits pour ne pas perdre d’argent. Ce sera tout ! Sans parler de cette piscine vide.

J’insiste:

vous n’avez vraiment rien avec balcon ? »

Nous sommes les seules clientes et l’endroit est immense.

Nous traversons le camping très bien aménagé de luxueux emplacements ombragés avec des sanitaires privés. Nous montons un escalier de pierre et découvrons le plus joli appartement qui soit avec une cheminée ancienne si grande qu’on pourrait entrer dedans, des plafonds voûtés de pierre, une terrasse, la salle de bain décalée de quelques marches. Un très beau carrelage imite un dallage en pierre. La vaisselle rangée, dans un buffet moderne, est très jolie.

-: « c’est exactement ce que nous voulons ! »

L’appartement n’est pas prêt ; les garçons nous conseillent d’aller à la mer pour qu’ils aient le temps de tout préparer. Ils nous prêtent même un parasol que nous garderons toute la semaine.

Les jeunes se mettent au travail. Quand nous reviendrons nous serons émerveillées : nos draps sont brodés cousus de dentelle, trois serviettes blanches moelleuses chacune, sont artistiquement pliées comme dans les grands hôtels. Dans le frigo ils ont mis du lait, dans des pots : du café, du sucre et même des biscuits pour le petit déjeuner ! La cour a été balayée et passée au jet. Les deux ventilateurs à grandes pales tournent : il fait bon.

Marianna,  est colombienne. Elle est très accueillante et m’explique tous les secrets de la maison.

Nous les invitons, Marianna et Fortunato (qu’elle appelle  Mauro, je ne sais pourquoi) à boire de l’orgeat qu’on appelle ici mandorli. L’orgeat, très courant en Espagne, ne doit pas exister en Colombie quand je lui traduis en Espagnol cela n’évoque rien de spécial. La mauvaise impression à l’arrivée, toutes nos préventions, ont disparu. Demain la piscine sera remplie. Ils l’avaient vidée après un gros orage la semaine dernière,  paraît il.

Pendant que nos hôtes faisaient le ménage, nous avons été à la mer à San Pietro en Bevagna. Plage de sable à très gros grains dans lequel on s’enfonce et qui s’avérera très tenace et collant à la peau. La pente est très raide, en quelques mètres l’eau est profonde. Aucune vague, pas de turbidité, l’eau est limpide. Je nage donc avec le masque découvrant quelques poissons et des concombres de mer, bien laids, mais  ce sont des animaux ! Par endroits, les feuilles de posidonies se sont accumulées donnant une coloration bleu très foncé,à, l’eau. Sur les rochers et le sable très blancs l’eau est turquoise. La plage est très raisonnablement fréquentée. Nous sommes conquises par la Mer Ionienne et pour les courses il y a tout à San  Pietro.

Manduria et farniente à la piscine

CARNETS DES POUILLES


les animaux de la ferme au petit matin

J’aime profiter des heures fraîches du petit matin. A 6H30, il fait déjà chaud, je dois me cacher à l’ombre de la cheminée coiffée d’une pointe tant le soleil brûle. Les animaux sont actifs à l’aube.Je découvre les deux chevaux qui se promènent dans leur enclos. Ils sont rejoints par un couple de cochons, la truie plus grise avec de larges taches le mâle tout rose. Ils agacent les chevaux qui les poussent. Je vais chercher les jumelles pour mieux profiter du spectacle.

Fortunato vient de remplir la mangeoire des chevaux. Ces derniers font tomber des copeaux de nourriture que les porcs viennent glaner. Je descends les restes de la salade de pâtes que je répands par terre, je ne suis pas rassurée – les cochons peuvent être agressifs. Ils ont vite fait de faire disparaître la nourriture.

Du haut du balcon, j’élabore la théorie sur la disparition totale des ordures ménagères grâce aux cochons. Cette théorie sera infirmée sur l’heure : si Roméo et Juliette apprécient les pâtes, se régalent des carottes, ils dédaignent les pelures d’orange que je leur propose. Il me faudra ramasser. Les vaches israéliennes en étaient friandes.

visite de Manduria

zone archéologique : fontaine plinienne et murs messapiens

Manduria, le dimanche vers 9h est un désert. Seuls quelques cafés et les kiosques à journaux commencent à ouvrir leur porte ?

 

Nous  commençons par la vaste zone archéologique. Le Guide Bleu promet des murs messapiens (V à IIIème siècle av JC) d’ont l’un cyclopéen. Nous trouvons un enclos bien fermé, un panneau détaillant les sommes allouées par l’Union Européenne pour le développement du tourisme. Une passerelle a été construite d’où on a une vue panoramique. Quelques bannières rouges décorent un édifice- la billetterie ?- fermée. Un jeune promène son chien. « Quand est ce ouvert ? » il n’en sait rien « Des fois, cela ouvre… ». Nous suivons alors une flèche qui conduit à la Fontaine Plinienne (Pline l’Ancien) : un puits avec une jolie margelle. Deux colonnes antiques encadrent une porte. Le kiosque, en face, est ouvert. Pour 5 €, le patron ouvrira la porte. En  plaisantant, je demande si pour le prix la visite est guidée? »Les guides sont tous morts » répond le cafetier-« Il ne faut pas venir par une « . Le site fait 15ha=15OOOm2 «  précise – t-il. Il laissera la porte ouverte pour qu’on puisse sortir.

Nous descendons dans une sorte de caverne circulaire qui suinte l’humidité. Au centre, une grosse citerne cylindrique, au dessus un ouverture carrée, puits de lumière. Des canaux creusés dans la pierre et des canalisations de plomb conduisent l’eau jusqu’à une fontaine à trois marches. La fraîcheur est saisissante. On aimerait rester plus longtemps quoiqu’il y ait si peu à découvrir. Au dessus, un panneau délavé pratiquement illisible décrit les lieux et désigne un amandier,poussant là déjà au temps des Messapiens qui y auraient accroché une chaussure avant de partir à la guerre.

La piazza Garibaldi est barrée par un Palazzo immense : le palazzo Imperiali; tout à fait remarquable par sa taille tout à fait exagérée dans une aussi petite ville et par la splendeur de ses ferronneries : balcons aux rambardes arrondies pour les belles robes des dames comme nous l’avions vu en Sicile à Syracuse ou à Palerme. Comme un restaurant s’y est installé, on peut entrer sous l’arche très haute et admirer le double escalier de pierre magnifique et la loggia.

A l’ombre du palais, les vieux se réunissent. Ils sont venus à vélo. Certains se servent de la selle comme d’un siège. D’autres sont assis plus confortablement sur des bancs. Un vélo a son cadre renforcé par un tasseau de bois.

De l’autre côté de la rue un terre-plein planté d’arbres, plus loin une église à façade baroque. C’est la messe, les portes sont grandes ouvertes. On peut jeter un coup d’œil. Les grands tableaux noirâtres, râpés, même crevés sont peu attrayants. En revanche les moulures, draperies de stuc, angelots peints de jaune et de blanc font ressembler l’église à un boudoir. Au plafond, les fresques un peu effacées semblent jolies. Nous ne pouvons pas nous attarder en plein baptême. Il faudra revenir en semaine quand les boutiques sont ouvertes ou le soir pendant la passeggiatta pour avoir une impression plus animée de Manduria.

Sur le Corso Garibaldi, encore une église baroque avec un portail très espagnol. Le moine, dans sa niche a perdu sa tête. En quelle occasion ?

Sous un arc de triomphe, une plaque raconte l’histoire de la ville détruite vers l’an mil par les hordes de Goths et de Sarrasins, reconstruite sur l’ordre du roi Roger sous le nom ? Elle n’a repris son ancien nom de Manduria que sous les Bourbons. Les Italiens ne sont pas chiches de belles plaques commémoratives que je m’efforce de lire et de traduire. L’évènement gravé dans le marbre est souvent de peu d’importance mais cela rend vivante la visite autant que les anecdotes du guide Bleu.

Dans les ruelles, il faut lever les yeux pour apercevoir un balcon ancien, une porte ciselée, l’encadrement d’un portail à la pointe de diamant. Les vicoli sont si étroits qu’il fait bon circuler à l’ombre tandis que le thermomètre de la pharmacie annonce 32° à 10h3O . Mais dans les ruelles on n’a pas de recul. La surprise de découvrir un palais, un patio fleuri, des plantes vertes en pots… est un enchantement.

Le porche de la cathédrale est précédé de quelques marches et gardé par deux beaux lions de pierre. Malheureusement elle est fermée et le campanile roman est caché par des échafaudages. Nous faisons le tour du Duomo pour découvrir l’arche derrière laquelle s’ouvre une petite cour : le ghetto des Hébreux. Petites maisons aux façades aveugles. Peut être vivaient ils autour de patios comme à Fez ou en Andalousie ? Combien étaient ils ? Quand étaient ils établis ?

Il n’est pas midi ; nous faisons un crochet par San Pietro. L’animation d’un dimanche à la mer bat son plein : rues embouteillées, boutiques, pizzerias prises d’assaut. A la boulangerie, on enlève sous mes yeux tous les cornets feuilletés remplis de crème que je convoitais. A la place, je commande deux babas et deux canoli à la ricotta et aux fruits confits comme ceux que nous mangions en Sicile. Les abords de la plage sont inaccessibles : la plage grouille de monde.

Quand nous rentrons à La Fortuna, la piscine est aux trois quarts remplie. L’eau n’a pas eu le temps de se réchauffer. Elle est glaciale. Nous passons une après midi tranquille sur le bord de la piscine à l’ombre de grands arbres. Puisque nous n’avons pas la télé j’ai acheté le Corriere della Sera que je lis avec autant de plaisir que le Monde.

Après les attentats du 7 Juillet à Londres, le terrorisme est la préoccupation principale. Une femme kamikaze s’est faite exploser « en l’air » (c’est l’expression italienne) dans un car de touristes en Turquie. La mondialisation n’est pas uniquement celle du commerce et des marchandises. C’est aussi celle des conflits. Il ne suffit pas d’éviter le Moyen Orient. L’Italie se place au niveau 3 d’une échelle de risque de 5 degrés. Tout ce que trouve Sarkozy c’est de suspendre les accords de Schengen ! Cette fermeture de la France sur elle-même me désole/ d’abord, la mesure est absurde : les terroristes de Londres étaient sujets britanniques. Ensuite, elle est purement démagogique. Elle assure les partisans du NON du 29 mai de la bienveillance du gouvernement qui alors faisait campagne pour le OUI. Opportunisme étroit. Le NON « de gauche » bien aggloméré au NON de la Droite souverainiste !Aussi inquiétantes, les mesures préconisées en Italie de surveillance du courrier électronique et des conversations téléphoniques. Les vidéos des caméras de surveillance anglaises ont permis  de filmer les terroristes : preuve de leur utilité. Big Brother est déjà parmi nous.

Calme et sérénité à la piscine. Nous nous étonnons de tant de luxe juste pour nous. Géraniums et lauriers roses égaient les abords. L’impression d’abandon d’hier est oubliée. Et tout cela rien que pour nous ! Ou presque, Marianna et Fortunato sont rentrés de la mer. Marianna a mis la sono, musique gaie en Espagnol. Elle a déplié une chaise longue et apporté trois pliants de plage en plastique. Tous les deux plongent du plongeoir.

Marianna est très bavarde. Elle nous promet la Tivou pour ce soir. « La Tivou ? » Je mets un certain temps à comprendre qu’il s’agit de la télé.

La nuit tombe, cochons et chevaux se promènent. Je descends leur porter des épluchures des haricots verts et les photographier. Je suis un peu ridicule : deux chevaux et deux cochons qui me font un cortège sans parler des trois chiens qui nos ont adoptés. Deux d’entre eux boitent, ils se sont faits écraser par une voiture.

Après dîner, nous prenons le frais sous les étoiles. Je n’ai pas envie de me coucher. Il est près de dix heures quand Fortunato et Marianna débarquent sans la Tivou mais avec un grand piège lumineux violet et vert pour les moustiques.

On les invite pour la Mandorli ; ils ont apporté de la « tarte aux pommes » qu’a faite la mère de Fortunato. Nous leur montrons les photos de Naples et du Gargano. Marianna est intéressée. Fortunato ne réagit que devant les rues pauvres de Naples. Je ne suis pas sûre qu’ils apprécient que les touristes rapportent de tels souvenirs. Il n’aime pas les visites touristiques ni les châteaux ni les églises ou les musées. Sa passion c’est la pêche sous toutes ses formes.

Je fais des fautes en Italien qui les font éclater de rire. Je ne comprends pas bien ce qui est drôle mais je ris de bon cœur avec eux.