Quelle découverte! Comment ai-je pu passer à côté d’une telle œuvre?
La rétrospective au Centre Pompidou nous fait découvrir un e sculptrice majeure, reconnue et son œuvre variée et originale.
Loretto (1934)
Germaine Richier (1902-1959) a étudié à Montpellier chez Guigues, ancien élève de Rodin. A Paris elle intègre l’atelier de Bourdelle, expose dès 1928
Ces oeuvres de jeunesse montrent une grande maîtrise de la sculpture et sont très harmonieuses
Escrimeuses, l’une est nue et visage découvert, l’autre est masquée
Elle va cultiver un style personnel, avec des personnages robustes à la surface rugueuse, loin des critères de la beauté classique comme Pomone ou l’Orage homme terrifiant et sa version féminine l’Ouragane
l’OrageL’Ouragane
Son homme qui marchen’est pas assuré comme l’homme qui marche de Rodin, ni longiligne comme celui de Giacomettiil a les pieds englué dans la terre, ahuri il symbolise une humanité blessée, menaçante à la sortie de la guerre.
Nature et Hybridation
Cigale
Fascinée par la nature et les insectes, elle va collectionner dans son atelier (présenté dans l’exposition) des carapaces d’insectes, des os, un squelette de chauve-souris, des coquillages, des outils…tout un bric à brac qu’on va retrouver dans ses sculptures hybrides. J’ai été bluffée par ces inventions, ces chimères.
le crapaud
Certains hybridations sont à la limite : le Crapaud n’a rien d’animal à part sa posture, tandis que la Cigale n‘a rien d’humain. Chimère cette Mante, la Sauterelle est anthropomorphe. l‘Araignée est aussi très humaine sauf les fils…
la Mante
Le Griffu et son ombre m’ont beaucoup plu, sculpture à fil comme l‘Araignée
j’ai aussi aimé le cheval à 6 têtes en bronze doré, l’Homme de la Nuit qui étend ses ailes de chauve-souris avec sa tête qui ressemble à celle d’un oiseau
HOmme de la Nuit
L’impressionnant Christ D’Assy semble avoir fusionné avec la croix, les veines du bois se devinent dans le bronze de ses bras. Il a fait scandale et a même été retiré par l’évêque d’Annecy.
Plomb et verre bleu
La fin de l’exposition devient plus colorée, Germaine Richier explore d’autres techniques comme celle de graver des os de seiche avant de les métalliser, on devine la matière initiale sous la pellicule dorée. Elle utilise le plomb et y mêle du verre transparent, s’apparentant aux techniques du vitrail ; à la différence qu’il y a plus de plomb que de verre. Une croix est ainsi traversée de lumière.
L’échelle avec Zao wou Kila Ville avec Vieira da Silva
Elle ose la peinture, s’associe avec d’autres plasticiens qui mettent en scène les sculptures dans un cadre de tableau (ou l’inverse). L’exposition se termine avec un Jeu d’échec de taille XXL avec des pièces colorées.
J’ai découvert la peinture de Philippe Cognée au Château de Chaumont ICI
Ses paysages floutés par la technique de la peinture à l’encaustique me semblaient vus d’un train roulant à pleine vitesse. J’ai retrouvé avec grand plaisir ses œuvres qui supportent hardiment le voisinage avec les prestigieux nymphéas et les Matisse.
ph Cognée à l’Orangerie
L’exposition au Musée Bourdelle apporte des aspects très différents
Triptyque supermarché (2003-2004)
Ce Supermarché est une introduction du trivial , mais aussi de la saturation marchande ou de la prolifération thèmes que nous allons retrouver parmi la série de photographies d’objets usuels : congélateurs, sièges en plastique blanc… recouvertes de peinture à l’huile et exposés en nombre sans autre explication; « degré zéro de la peinture » peut-on lire sur le livret du Musée.
Catalogue de Bâle : détail
Cette technique a été utilisée dans le Catalogue de Bâle œuvre comprenant un millier de « repeintures » alignées comme sur les linéaires d’un supermarché. Cognée a arraché les reproductions du Catalogue de l’Exposition Art Basel les a collées sur un support repeint en blanc et a repeint grossièrement les photographies , œuvres de Picasso, Giacometti, Baselitz, pour les plus connus. Ces tableautins couvrent les murs de plusieurs pièces dans lesquels le visiteur se promène un peu éberlué. Les connaisseurs reconnaissent peut-être les originaux : Koons et Giacometti, facilement mais les autres? Ce genre d’installation me met en colère. Est-ce qu’on se moque du spectateur lambda, de bonne volonté transformé en gogo prêt à gober n’importe quoi? J’aurai des éléments de réponse dans la vidéo fort intéressante où Cognée commente et explique son travail. Il voit dans l’Exposition de Bâle un énorme supermarché de l’art moderne, où l’art est exposé mais aussi vendu. Présenté de cette manière le projet démesuré fait sens.
Saint Barthélémy d’après Rubens
Heureusement en bonus de ce Catalogue, j’ai trouvé mon bonheur avec de la « belle » peinture. Cognée revient aux maîtres : Rubens et Ingres à qui il inflige sa technique de cire et de fer à repasser avec beaucoup de bonheur.
Madame Marcotte d’après Ingres
L’émerveillement est le dialogue entre le masque de Beethoven de Bourdelle et une série de grands tableaux de fleurs fanées Pivoineset Amaryllis. Contraste entre la finesse de la chair fragile des pétales et la puissance du bronze ! La surprise est que cela fonctionne parfaitement.
Possible dialogue entre Beethoven et les amaryllis
Souleymane Bachir Diagne est né à Saint Louis du Sénégal en 1955 , ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, philosophe et mathématicien, professeur à Columbia. A l’occasion de la Masse Critique de Babelio j’avais lu Le Fagot de ma Mémoireessai autobiographique que j’avais apprécié. CLIC
A la suite de l’Exposition Senghor au Quai Branly CLIC
Et de ma visite au Mémorial Acte de Pointe-à-Pitrej’ai eu envie de revenir à Senghor et à Césaire avec le concept de négritude par ailleurs décrié. il n’est pas indifférent que la citation de Wolé Soyinka figure en première place dans les deux expositions et dans le livre de Diagne:
Ainsi lorsque l’écrivain nigérian Wole Soyinka s’est gaussé de l’affirmation de soi qu’est la négritude en déclarant que le tigre ne se pavanait pas en proclamant sa tigritude mais manifestait celle-ci en sautant sur sa proie, il a eu, bien évidemment, les rieurs de son côté. Le bon sens philosophique, quant à lui, était dans la réponse que lui fit Senghor : le tigre est une bête.
Cette lecture L’Art Africain comme philosophie de Diagne m’est devenue évidente. Problème : Diagneest philosophe et quand il écrit de la philosophie il est extrêmement pointu, et la philo pour moi se résume à mon année de Terminale (1967-68), souvenir extrêmement lointain. J’ai donc fait une lecture superficielle de cet essai en sautant délibérément les notes de fin de chapitre, incapable de saisir les finesses concernant Bergson, Lévy-Bruhl, Teilhard de Chardin ou les différences entre les idées de jeunesse et de maturité de Marx .
« Cette intuition première que l’art africain est une philosophie et une philosophie humaniste, Senghor n’a jamais cessé de l’exprimer toute sa vie dans ses textes théoriques. »
L’Art Africain comme philosophie, l’Art comme instrument politique de gouvernement.
« Pour Senghor, certainement, la preuve de la négritude c’est l’art nègre. »
Chronologiquement il faudrait commencer par la visite au musée du Trocadéro en 1907 de Picasso, celle d’Apollinaireet les écrits de Paul-Guilllaume et de Malraux. Sortir les masques africain des collections d’ethnologie, leur accorder une place dans les grands musées comme le Louvre.
Cherif Thiam – Baobab
Sartre a aussi joué un rôle important (quoique ambivalent) avec son Orphée noir, préface au Manifeste poético-politique de la Négritude. Dans la perspective de l’Existentialisme, en miroir avec ses écrits sur la condition juive. La stature de Sartre peut aussi faire de l’ombre aux causes qu’il soutient.
Nombreuses critiques viennent des communistes. Dès 1949, d’Arboussier dénonce la négritude comme « une dangereuse mystification« ,
« En réalité l’attaque vise l’existentialisme lui-même en ce qu’il semble engagé, avec Orphée noir et la négritude comme son avatar poétique, dans l’entreprise d’introduire le leurre et la confusion de la race dans l’arène de la lutte contre la domination capitaliste et impérialiste. »
Césaire, également fondateur du concept de Négritude :
Lettre à Maurice Thorez où, en 1956, Aimé Césaire fit de sa démission du Parti communiste français, outre une protestation contre l’alignement du pcf sur l’Union soviétique, le geste d’affirmer la réalité d’un particulier dont le destin n’est pas de se fondre dans l’universel
Il est dans ce livre beaucoup question de masques africains avec le questionnement de leur statut comme œuvre d’art à part entière. Il est aussi question de poésie. Senghor est avant tout un poète!
Masques et poésie sont porteurs de Rythmes. Rythme est le titre de tout un chapitre. Diagne s’attarde sur cette notion très originale de Rythme.
« Seul le rythme provoque le court-circuit poétique et transforme le cuivre en or, la parole en verbe ». Senghor
« Le rythme, c’est le choc vibratoire, la force qui, à travers les sens, nous saisit à la racine de l’être. Il s’exprime par les moyens les plus matériels, les plus sensuels : lignes, surfaces, couleurs, volumes en architecture, sculpture et peinture ; accents en poésie et musique ; mouvements dans la danse. Mais, ce faisant, il ordonne tout ce concret vers la lumière de l’Esprit.
En nos temps actuels de Cancel culture, de racialisation et autres recherches de particularismes, il est essentiel de noter que la Négritude comme la pensait Senghor est indissociable de Métissage et de Créolité, les différences ayant pour finalité l’humanisation
Faire « une terre totale » : cette magnifique expression pourrait servir de cri de ralliement à ceux qui œuvrent à
une autre mondialisation et elle donne contenu à ce qui a été appelé plus haut « mondialité Unesco ». Ces lignes
de Pierre Teilhard de Chardin, Léopold Sédar Senghor les a citées avec ferveur comme annonçant « la ‘véritable union’ qui ne confond pas, mais différencie en enrichissant mutuellement »
Cette « terre totale » s’opposant à la mondialisation comme circulation des biens et des marchandises. la « Mondialité UNESCO » opposée à OMC
Pour cette mondialisation-là, qui s’identifie au projet de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de faire marchandise de tout, il y a le produit culturel d’un côté, ses consommateurs potentiels de l’autre. Et il s’agit que la liberté, entendue comme le libre accès du produit au consommateur, ne soit empêchée par rien. Que sur ce marché ne se retrouvent guère les œuvres culturelles qui ne sont pas portées pas de solides puissances d’argent, cela est dans l’ordre naturel – autrement dit darwinien – des choses.
[…] Pour faire pièce au rouleau compresseur, il y a ce que l’on pourrait appeler, par contraste, la mondialité Unesco3.
Récemment j’ai écouté la voix de Souleymane Bachir Diagne sur le podcast de France Culture A Voix nue ICI
les exposer ensemble est presque une évidence: Manet (né en 1832) et Degas (1834) proviennent de familles de connaisseurs des arts. La légende raconte qu’ils se seraient rencontrés au Louvre devant l‘Infante Marguerite de Velazquez dont ils ont réalisé une eau-forte . les deux gravures sont présentées face à face. Tous les deux ont voyagé en Italie, se sont inspirés des grands maîtres qu’ils ont copiés dans leur formation : Lippi, Mantegna, Titien, Carrache et Rubens
Manet : copie de la Vierge au lapin
Admirateurs de la peinture espagnole Velázquez, Zurbaran et Goya
Ils exposent dans les Salons : Manet en 1861, Degas1865. Olympiafait scandale: c’est une prostituée dont le corps fait scandale, amplifié par la présence d’un chat symbole de lubricité. Degas peint une scène de guerre au Moyen âge,ManetUn Christ aux angeslargement inspiré des peintres espagnols.
Manet : portrait de M. et Mme Manet
les deux peintres réalisent des portraits prenant pour modèle souvent leur famille et les proches comme les soeurs Morisot
Degas : portrait de Mme Gobillard née Morisot
Seul bémol pour l’exposition : Manetet Degassont chez eux à Orsayet les visiteurs parisiens connaissent de nombreux tableaux! les beaux portraits avec Berthe Morisot ou Olympia ou Lola de Valence ne sont pas vraiment une surprise. En revanche je découvre un Zola dans l’atelier de Manet tandis que Tissot est peint par Degas dans un décor analogue.
Manet : champ de course
Il est amusant de constater que les sujets traités sont analogues : le champ de course,la plage en Normandie. le visiteur va jouer au jeu des différences. les chevaux de Manet galopent tandis que Degas s’intéresse davantage aux spectateurs. Sur la plage, également Degas traite avec plus de soin les personnages du premier plan tandis que les couleurs se ressemblent ainsi que le traitement des bateaux au loin
Degasmanet
Tous deux peignentles Parisiennes, à la toilette au Tub, au café ou chez la modiste
A vous de deviner quel est l’auteur de chacun de ces tableaux.
Cependant, D’une guerre à l’autre les tableaux diffèrent. Si tous les deux ont été engagés dans la Garde Nationale pendant le siège de Paris par les Prussiens, Manet, républicain convaincu, prendra position en dessinant des barricades, ou la queue chez le boucher quand le peuple de Paris avait faim. Degas rendant visite à de la famille, découvre les plantations de coton et la société esclavagiste mais ne peint pas de noirs dans ses tableaux de la Nouvelle Orléans.
Degas et Manetvoient émerger le mouvement impressionniste et se tiennent un peu à la marge. Degas peut avoir la critique acerbe.
Amis, mais aussi rivaux : le tableau de la discorde est celui que Manet a découpé, jugeant que Degas avait enlaidi sa femme jouant au piano. Degas en a conçu de l’amertume.
Pour commencer ce mois d’Avril du printemps des Artistes :
Exposition temporaire jusqu’au 29 mai 2023
matisse : Odalisque au coffret rouge 1927
L’Orangerie présente les œuvres de Matisse « au tournant des années 30 » avec pour fil conducteur la revue LES CAHIERS DE L’ARTfondée en 1926 à laquelle Matisse et Picasso vont contribuer. C’est une période de doute pour Matisse qui va se consacrer au dessin, à la grande peinture décorative et va explorer de nouvelles techniques comme les papiers découpés de ses grandes compostions de La Danse.
Femme à la voilette (1926-1927)
C’est aussi en 1927 que les Cahiers d’Art publient L’Art Nègre avec la collection de Paul Guillaume – coïncidence, je viens de terminer l’étude de Diagne sur Senghor : l’Art Africain comme philosophie qui fait longuement référence aux écrits de Paul Guillaume –
Fenêtre à Tahiti – c’est un carton de tapisserie
Autour de 1930, Matisse fait un tour du monde, en Océanie sur les pas de Gauguin puis aux Etats Unis, Martinique et Guadeloupe. Sur un mur, présentation d’un film muet Tabou réalisé par Murnau et Flaherty – splendides images de cocotiers et de jeunes gens couronnés de tiaré.
la salle suivante est consacrée à la DANSE un film montre Matisse ajustant les papiers découpés avec une longue baguette et un escalier roulant.
Dans une grande salle grise les dessins de Matisseet ceux de Picasso sont encore présentés. une certains analogie dans l’inspiration : Picasso illustre les Métamorphoses d’Ovide, Matisse, l‘Ulysse de James Joyce. Les deux dessinent des nymphes et des satyres. Matisse illustre aussi les Poésies de Mallarmé.
Eole
Les sculptures des deux artistes se répondent : baigneuse de Picasso et deux Vénus à la Coquille de Matisse.
le Chant
Retour à Nice pour Matisse. La période de doute en peinture cède la place à une explosion de couleur dans Les Jardins d’hiver
odalisque à la robe persane jaune anémone
Après toutes ces études, la dernière salle est un feu d’artifice de couleurs vives, de motifs fleuris, fleurs, fruits, oranges citrons, anémones. Matisse peint son modèle au milieu de l’atelier et joue avec les motifs de sa robe rayée ou de la blouse roumaine.
Portrait de Senghor , Hostie Noires 2021 Roméo Mivekannin
Dans cette exposition Senghor et les Arts on apprend peu sur l’homme que fut Senghor, ses apprentissages, ses études ou sa famille. Senghor est présenté ici, comme président qui donna une importance capitale à la culture, l’inscrivant dans son gouvernement. Il était combattant de la négritude, concept inventé par AiméCésaire, courant vivant de métissage paritaire, civilisation de l’universel.
Modou Niang – Oiseau mystique – tapisserie de Thiès
L’exposition du Quai Branly fait m’inventaire des réalisations comme la Manufacture des tapisseries de Thiès, le théâtre national Daniel Sorano (1965), L’école de Dakar proposant des enseignements de théâtre et de danse, Ecole de danse Mudra-Afriqueen collaboration avec Béjart….
Hosties Noires – installation rendant hommage aux tirailleurs sénégalais à Châlons en Champagne
le Festival mondial des Arts Nègres de Dakar (1966) est un aboutissement « rendre visible l’homme noir dans sa diversité«
Diverses expositions d’artistes occidentaux se tinrent à au Musée dynamique de Dakar : Picasso, Soulage, Hundertwasser, Chagall.
Parallèlement une exposition au Grand Palais à Paris a mis à l’honneur les artistes sénégalais.
Cherif Thiam1973
Toutefois, Senghor fut contesté surtout dans la mouvance de 1968 en dénonçant les connivences avec la France et exigeant plus de visibilités pour les mouvements anticolonialistes.
Senghor poète
Balafons et koraillustré par Masson
Un autre aspect de l’exposition est l’édition des poèmes de Senghor illustrés par les artistes les plus renommés de l’époque , Chagall, Masson, Hartung, Soulage, Vieira da Silva, …
Poème illustré par Zao Wou Ki
j’ai beaucoup aimé cette reine de Saba de Etienne Hadju. je regrette que la photo ne soit entachée d’un reflet parasite
Reine de Saba – Etienne Hadju
j’ai aussi bien apprécié l’exemplaire de l’hebdomadaire le UN avec la participation de Mamadou Diouf, de Mohamed Mbougar Sarr entre autres.
Découverte d’une artiste afro-américaine puissante !
Parcourir l’exposition rétrospective Faith Ringgoldc’est découvrir une plasticienne marquante utilisant diverses techniques . C’est aussi parcourir 60 ans de l’histoire américaine, de 1963 où fut proclamée la fin des discriminations raciales et où Martin Luther King a prononcé son fameux discours « I Have a Dream«
Série Black light : invisible woman 1968
Black is beautiful : En 1968, Faith Ringgold peint sa série Black Light
Dans cette série, elle peint 6 portraits presque identiques sur une sorte de nuancier où le fond passe du brun foncé au beige
American peopleSerie US Postal Stamp commemorating the Advent of Black Power (1967)
les créations de Faith Ringgold illustrent les luttes de Black Power (1967)
En novembre 1970 : The People ‘s Flag show , expositionà Judson Memorial Church où le drapeau américain et la carte des Etats Unis furent détournées, les organisateurs, dont Faith Ringgold furent arrêtés pour profanation du drapeau national.
1971 AMERICA FREE ANGELA (papier découpé)
Angela Davis fut emprisonnée en 1970. Un autre collage est ouvertement féministe. les couleurs Rouge/Vert/Noir sont les couleurs panafricanistes.
WOMAN FREEDOM NOW (1971)
Faith Ringgold découvre à Amsterdam les peintures sur tissu tibétaines et népalaises qui l’inspirent pour une série textile où elle peint Martin Luther King et abord la question de l’esclavage dans la série de TankasSlave Rape
1974 tanka Slave Rape
Elle utilise la tradition des Quilts (patchwork) que les femmes américaines réalisent en famille et coud des bordures autour des peintures sur tissu, autour des bordures un texte très dense raconte l’histoire de la peinture dans Bitter nest .
Quilt : french collection les demoiselles d’avignon
la French collection est aussi une série de Quilts dont celui des Demoiselles d’Avignon
Quilt french collection Café des artistes
Dans le café des artistes on peut reconnaître Toulouse Lautrec, Utrillo, Gauguin, Van Gogh en compagnie d’artistes américains et Faith Ringgold elle-même.
Gospel performance raconte la mort d’un couple d’Afro-américain, couple de mannequins et des endeuillés .
Gospel Performance : the flag is bleeding (1997)
Certaines œuvres sont très colorées comme les tournesols
Faith Ringgold est aussi impliquée dans le mouvement plus récent Black Lives Matter. Le combat pour les Droits Civiques n’a toujours pas abouti!
Exposition temporaire à l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 26 mars 2023
Grande frise 1949
Baya jeune paysanne kabyle qui travaillait dans une ferme horticole, a rencontré en 1942 un couple arrivé en Algérie, fuyant l’occupation allemande. Marguerite Caminat qui a reconnu ses dons lui donne ses chances en lui permettant de peindre, d’apprendre à lire.
illustration des contes
Elle illustre des contes qu’elle a entendu auprès des femmes kabyles. Si ses premiers dessins sont enfantins (elle a 14 ans) rapidement elle développe son style personnel qui séduira les personnalités reconnues comme André Breton, Dubuffet ou Picasso.
Baya 16ans
En novembre 1947 la Galerie Maeght lui offre une exposition, Baya a 16 ans.
Baya refuse de se laisser classer peintre surréaliste ou de l’Art Brut. Elle reste elle-même. En 1948, séjour à Vallauris, elle sculpte la terre
La fraîcheur des couleurs séduit
Elle peint le plus souvent des femmes, des animaux et des végétaux.
en 1953, elle se marie à un musicien, lui donne 6 enfants et cesse de peindre. mais après l’indépendance de l’Algérie, le Musée d’Alger expose ses tableaux ce qui la motive à recommencer .
Elle peint des paysages, des natures mortes avec des instruments de musique et toujours des oiseaux, des poissons et des femmes …
Le kimono est un des symboles de la culture japonaise.
Pendant l’ère Edo (1603-1868) , le kimono est associé au « monde flottant » avec divertissement et érotisme ; le kimono est un moyen d’afficher son statut social.
« monde flottant » divertissement sur l’eau
Les kimonos atteignent un tel degré de sophistication que des des lois somptuaires ont été édictées pour freiner les surenchères. Broderies, fils d’or, paysages illustrant des poèmes connus comme le « Temple d’Ishiyima »
Au temple d’Ishiyama La lune éclairant Le petit lac de Grèbe est aussi merveilleuse Qu’aux baies de Suma et Akashi
Les broderies ou les teintures sont variées. il existe des kimonos masculins et féminins, des kimonos d’été légers et des sur-kimonos.
Le Japon est fermé-théoriquement – au commerce, les échanges uniquement par l’intermédiaire des Néerlandais, pourtant certains tissus ont parcouru une longue distance de Coromandel (Indes), par la Thaïlande et même parfois d’Angleterre. Les kimonos sont présentés avec un luxe d’accessoires en laque ou écaille ou métaux travaillés : peignes, boites pour maquillage, peignes, aiguilles à chignon. Des estampes illustrent la toilette
une élégante à sa toilette
1859 : ouverture du Japon au commerce extérieur avec l’ère Meiji les hommes adoptent le costume occidental et le kimono devient un apanage des femmes gardiennes de la tradition. En même temps, le kimono devient à la mode en Europe et aux Amériques. Victoria et Albert firent l’acquisition d’un kimono en 1891, représentation de Madame Butterfly (1904) et déclinaison du kimono en toutes sortes de modèles pour l’exportation : robe de chambre pour l’Ecosse (bien chaude) robe imitant un kimono
Robe ou kimono?
Ces kimonos sont présentés avec un luxe d’explications techniques : matières, teintures, broderies (teinture à la pâte de riz, par ligature…) .
Surkimono rouge de la mariée brodé de grues
La dernière partie de l’exposition est résolument moderne. On y découvre l’usage actuel du kimono : essentiellement rituel : mariages, ou présentation d’enfants au temple shinto
kimonos d’enfant
A côté des kimonos dédiés à la tradition et aux cérémonies, toute une section de l’exposition montre l’inspiration très moderne dans le monde du spectacle et de la haute couture. Des stars comme David Bowie, Björk, Freddie Mercury ont porté des costumes de scène très japonisants. Sans parler de Starwars
le kimono au cinéma : Starwars et Kurosawa
Enfin nous assistons à un défilé Haute Couture avec Galliano (entre autres) et des créations modernisant le kimono pour en faire un article ultra-moderne comme un kimono « camouflage » ou l’obi est remplacé par une ceinture de cuir, ou une version costume et toutes sortes de variations
Tout à fait à sa place au Musée Marmottan qui conserve Impression, soleil levant, le tableau fondateur de l’Impressionnisme, misà l’honneur au milieu de l’exposition sur un panneau doré.
Le Soleil a été vénéré par les Egyptiens, dans l’entrée des scarabées solaires encadrent une jolie peinture ancienne. Le soleil perd sa position dominante ave le christianisme, créé le 4ème jour de la Genèse, il devient accessoire et périphérique. La lumière caravagesque de l‘Adoration des Bergers de Van Honthorst ou tombant sur l’Astronomede Giordano ne provient qu’indirectement. Le soleil a quand même été représenté dans la Vision de Saint Benoit de Del Biondo et sur les cartes du tarot d’Antonio Cigognara
Del Biondo : vision de Saint Benoit
Du Géocentrisme à l’héliocentrisme le soleil retrouve sa position centrale vers la Renaissance et Galilée. La mythologie fournit les mythes d’Icare et de Phaeton
Saraceni (1579-1620) Chute d’Icare
De merveilleux tableaux ensoleillés de Rubens, Le Lorrain et Vernet
Rubens : Paysage à l’oiseleurLe Lorrain : l’embarquement de Sainte Paule à Ostie
le Soleil, c’est aussi le Roi-Soleil, Louis XIV représenté en tenue d’Apollon en costume de ballet, ou sur le plafond de Versailles : Lever de soleil dit aussi Char d’Apollon
Turner est vraiment le maître de la lumière avec le Soleil couchant à travers la vapeur, illustrant la diffraction de la lumière étudiée en ce temps-là. J’ai bien aimé le tableau doré
Turner : Terrasse à Mortlake
Soleil romantique, soleil mystique de Caspar David Friedrich dans deux petits tableaux : La Croix dans le Bois ou Le Matin de Pâques
Caspar David Friedrich : Croix dans le bois
Impression au soleil levant, est accompagné d’un joli Boudin, de Signac, Pissaro plus attendus dans le Musée de Monet.
Signac : le port de Saint Tropez
j’ai beaucoup aimé les deux Vallotton : un Coucher de soleil orange sur Honfleur très spectaculaire et presque abstrait Le coucher de soleil à marée haute, gris bleu
Vallotton, Coucher de soleil marée haute gris-bleu
Moins apprécié le Maurice Denis : Saint François d’Assise et la Crucifixion de Van Sauck.
Otto Dix : Soleil levant (1913)
le Soleil levant de Dix , clin d’œil à Van Gogh ,semble prémonitoire : peint en 1913, il semble annoncer le carnage de 14-18 . Pour mémoire, Delaunay. Inconnus de moi : Trachsel(1909) et Morgner.
Après 1915 et la théorie de la Relativité, le soleil perd un peu de sa place centrale pour devenir une étoile parmi d’autres comme on l’imagine avec les constellations de Baranov-Rossiné peintre ukrainien que je découvre ici.
Baranopv-Rossiné : nymphes , centaures
A l’occasion Fromanger a peint un énorme soleil jaune qui dégouline, à l’entrée de l’exposition et un grand tableau très impressionnant
Fromanger
la procession qui va vers le soleil fait perdre l’équilibre des spectateurs, on est étourdi. Belle conclusion!