Chassez vos préjugés anti-chasse et venez visiter l’exposition Galleria d’Eva Jospin au Musée de la Chasse et de la Nature!
Eva Jospin : balcon 2015
Le Musée de la Chasse et de la Nature est logé Rue des Archives, Hôtel Guénégaud, occasion d’une balade dans le Marais. Il accueille de très belles expositions contemporaines comme celle de Sophie Calle (2018) et Garouste (2028). Il met à disposition de l’artiste et de ses invités les salles du rez-de-chaussée et des espaces au 2ème étage, mais surtout permet aux artistes d’installer des œuvres dans l’écrin des collections permanentes. Le jeu est de les découvrir au milieu des animaux empaillés (je n’aime pas trop), des armes (je déteste) ou des tableaux d’époque.
ici la contribution d’Eva Jospin est minuscule, de minces filets que le gardien nous montre . la colonne de bois de cerf est l’œuvre d’une autre plasticienne
Certaines installations sont très discrètes et il faut l’aide des gardiens très coopératifs pour les trouver.
Galleria 2021: plafond à caissons
Eva Jospin sculpte, coupe, colle, cisaille, travaille le carton ondulé. Elle joue avec cette matière, construit une galerie roccoco, baroque, sorte de cabinet de curiosité avec des niches
Galleria 2021 : niche
Colonnes ou broussaille? taillis ou masse rocheuse? comme dans Matera qui double un mur, roche ou liège?
Un de ses motifs de prédilection est la forêt, taillis, branchages : une œuvre – Forêt 2010-fut acquise autrefois par le musée et se trouve à l’étage supérieur en compagnie du tableau de Philippe Cognée, Paysage vu du train
Philippe cognée : Paysage vu du train
le Nymphée occupant toute une pièce (toujours accompagné d’un tableau de Cognée)
Nymphée
C’est une œuvre d’une topographie compliquée qui m’évoque la vue d’une cité antique avec colonnade, arène ou théâtre antique, escaliers monumentaux ne menant nulle part un peu à la manière de ceux de Escher. Cette structure complexe comporte une grande variété de détails, une passerelle, une tonnelle métalliques, des imitations de rochers, des arches…. on pourrait rester des heures à s’y promener virtuellement<;
Nymphée, escalier et tonnelle
Ces constructions de carton d’une finesse et d’une richesse d’imagination m’émerveillent, comme cette technique sophistiquée à partir d’un matériau si commun, si simple métamorphosée par la technicité de la plasticienne; à suivre. D’ailleurs, j’ai bien envie d’aller la suivre à Giverny où elle expose aussi!
L‘IMA poursuit avec Les Juifs d’Orient la série : Hajj pèlerinage à la Mecqueet Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire avec la même ambition et la même approche chronologique dans un Orient qui s’étend de l’Atlantique à la Perse et à l’Arabie. Coexistence millénaire des Juifs et des Musulmans .
brique funéraire – Espagne IV -VI ème siècle
La chronologie remonte à la destruction du premier temple (586 av JC) et l’exil à Babylone, puis à la destruction du second temple (70)et l’interdiction aux Juifs de vivre à Jérusalem qui devient Aelia Capitolina (130)
Des papyrus trouvés dans l’Île Eléphantine sont datés 449 – 427 – 402 av JC
Des objets illustrent l’époque romaine : lampes portant la ménorah en décor,(Egypte, Tunisie, Maroc) des ossuaires de marbre, mosaïques de la synagogue de Hammam Lif (Tunisie) avec des inscriptions en latin. magnifique vase de Cana en albâtre.
Doura Europos traversée de la Mer rouge
La synagogue de Doura Europos (Syrie 244 -245) fut entièrement peinte à fresques sur des thèmes bibliques. On entre dans une petite salle où les photographies des fresques ont un aspect saisissant. On s’y croirait. C’est une surprise totale. Je n’imaginais pas de telles peintures figuratives.
Doura Europos scène du Livre d’Esther
Un dessin animé montre la rencontre du prophète Mohamet avec les tribus juives de Médine qui se soldera mal.
En parallèle une peinture de J Atlan rappelle la figure de la Kahena (reine berbère, peut être juive qui mourut en 703 dans les Aurès combattant les invasions arabes;
Dans une petite salle un documentaire nous montre la Gueniza du Caire et les autographes de Maïmonide. C’est très émouvant de voir ces documents : en plus des écrits religieux on découvre même la punition d’un écolier qui a fait des lignes, répétant 500 fois que « le silence est d’or » on imagine le garçonnet turbulent! Dans une vitrine sont exposés des manuscrits et même celui de la main de Maïmonide (la photo était floue à travers le verre) .
Une salle reproduit la synagogue de Tolède je remarque le sceau personnel de Todros Halevi fils de Don Samuel halevi Aboulafia de Tolède.
Souvenir de pèlerinage à Jérusalem (affiche)
Le Temps des Séfarades raconte la vie des Juifs à Istanbul avec des photos anciennes et d’amusants souvenirs de pèlerinages à Jérusalem
Istanbul, les trois religions
Le temps de l’Europe avec un grand tableau de Crémieux, des photos de classe de l’Alliance Israélite évoque l’Algérie et la colonisation française. En face des dessins et aquarelles de Delacroix, Chasseriau montre l’intérêt pour l’orientalisme.
tikim pour la Torah
La vie des communautés juives au tournant du XXème siècle
montre des objets venant du Maroc (vêtements, bijoux, objets)
bijouxMaroc
bijoux et photos du Yémen . Un film m’a étonnée : un pèlerinage à la Ghriba de Djerba, ces Juifs semblent sortis de la haute Antiquité alors qu’il a été filmé en 1952. La Ghriba était bien vide lors de nos passages il y a 3 ans.
Ctouba : contrat de mariage
Dans une salle, des photos de familles marocaines, algériennes et tunisiennes montrent l’exil vers la France ou le départ en Israël. Un monde disparu.
La fin de l’exposition montre la création de l’Etat hébreu et ses conséquences : départ des juifs marocains (Aliya spirituelle pour ces populations très religieuses, mais aussi émigration économique de villageois très pauvres), l’arrivée des Juifs Irakiens, accueillis au DDT alors qu’ils avaient revêtu leurs plus beaux habits. Déchirements de ces Irakiens établis depuis l’Exil à Babylone bien avant l’arrivée des Arabes.
Une vidéo très joyeuse de Yemennight 2020,Talia Collisjeunes yéménites rappeuses préparant la mariée avec le maquillage au henné, danses et musique aux paroles ironiques sur le pays où coule le miel, le lait, les dattes….j’aimerais retrouver sur Internet cette vidéo.
Cette exposition est très ambitieuse, peut être trop. Très riche en documents, peut être trop. Qui trop embrasse, mal étreint. Je me suis sentie un peu perdue dans tous ces témoignages très touchants mais pas toujours bien mis en évidence. Il y avait matière à plusieurs expositions.
Sève et pensée – pensieri e linfa – est une sculpture : un tissu de lin posé sur l’écorce d’un arbre frotté avec des feuilles de sureau.
« j’ai pensé que je pourrais associer à ce geste manuel celui de l’écriture. l’écriture est comme la sève qui irrigue la vie de l’arbre, elle porte un flux continu d’idée »
dit Penone, dans un entretien avec Jean-Christophe Bailly qui a traduit le texte qui accompagne le frottage.
Il sera beaucoup question d’empreinte, empreintes d’écorce, de feuilles, empreintes digitales.
pensieridi foglie
Avec ses empreintes digitales et de la couleur verte, il compose plusieurs tableaux
Leaves of grass
Leaves of grass fait référence à l’œuvre de Walt Whitman. En plus des traces de ses doigts il a planté au centre du tableau une sculpture d’argile que j’ai prise de loin pour un coquillage et qui n’est que l’empreinte de son poing serrant la terre.
Plus sophistiqué le petit bois
Verde del bosco (le spectateur donne l’échelle)
Si les empreintes d’écorce, de peau, de feuilles… restituent la surface des choses, le plasticien fait aussi surgir les structures internes de l’arbre. Il cherche à redonner vie à ces poutres de charpente qu’il dessine avec précision pour retrouver l’arbre à l’intérieur du bois
gli alberi dei travi
il pousse le travail plus loin en décapant autour des noeuds du bois
alberi libro
Penone sait aussi dessiner et graver très finement
151 nomi di alberi
parfois, avec beaucoup d’humour, on trouve l’arbre dans la gorge du personnage
paesaggio
Une œuvre spectaculaire illustre le thème du regard. Je n’ai pas beaucoup aimé l’expérience du regard inversé où de minuscules lentilles-miroirs obturant la pupilles reflètent la rue que devrait capter l’œil sur une série de photos. En revanche j’ai beaucoup aimé ces yeux fermés composés d’épines d’acacias et de marbre évidé à la même manière que l’arbre ci-dessus pour mettre en évidence les veines.
Occhi chiusi
Une vidéo montre Penone au travail. il commente d’autres réalisations .J’ai beaucoup aimé le jardin construit sur le plan d’une branche qui se ramifie en rameaux, les sentiers figurant la même structure et le promeneur par son mouvement personnifiant la sève circulant dans l’arbre.
Penone aboli la séparation entre végétal et homme, dans le sens des flux de la pensée humaine….
Le Musée Jacquemart André est un écrin parfait pour l’exposition Botticelli qui voisine avec la collection permanente de peinture italienne de la Renaissance.
Vierge à l’Enfant
Cette exposition va rendre compte de l’œuvre du peintre, de son apprentissage dans l’atelier de Lippi jusqu’à sa peinture tardive quand Savonarole a donné une ambiance tragique à Florence. Elle montre la proximité de la peinture de Botticelli avec celle de son maître Lippi que le jeune Sandro copie .
Vierge à l’enfant s’appuyant sur un ange sous une guirlande
La production de Botticelli est variée, c’est ce qui justifie le sous-titre de designer, il a peint de magnifiques cassoni
la bataille de Pydna
Il a aussi dessiné des cartons pour des broderies somptueuses ou des marqueteries ou des tapisseries.
marqueterie
La Naissance de Vénus n’a pas fait le voyage mais a inspiré ces Vénus plus ou moins pudiques dont Botticelli a peint plusieurs exemplaires, celle de Turin est même habillée mais d’un voile si transparent qu’il souligne plus qu’il ne cache ses appâts.
Venus pudique
Un format qu’affection le maestro est le Tondo dont les constructions savantes sont particulièrement séduisantes. Celui nommé le maitre du gothique montre la construction de Venise en arrière-plan
Tondo : le maître du gothique
Deux petites compositions m’ont bien amusée
Les Vandales dévorés par les oursSaint Juste expulsant les démons de la région de Volterra
Comme d’habitude, le Musée Jacquemart André a réalisé des vidéos très intéressantes.
La BNF célèbre le bicentenaire de la naissance de Baudelaire.
A côté des manuscrits, lettres, épreuves corrigée de la main de Baudelaire comment mettre en scène la poésie?
« Baudelaire vivait avec Hamlet » affirme Theodore de Banville
Sur les murs de son appartement il avait la collection de 13 Hamlet par Delacroix
Delacroix : Hamlet et le crâne de Yorik
Odilon Redon a illustré « interprété » Les Fleurs du mal.
Odilon Redon
Courbet est aussi présent : il a dessiné un homme sur les barricades de 1848 qui a servi de frontispice au journal Le Salut public, éphémère journal révolutionnaire fondé à Paris le par Charles Baudelaire, Jules Champfleury et Charles Toubin.
Courbet : homme sur une barricade
Courbet a aussi peint un portrait de Baudelaire
Courbet : portrait de Baudelaire
On peut aussi voir Médée,tableau de Delacroix, des dessins deDaumier, des photographies et caricatures de Nadar
Caricature de Baudelaire par Nadar
Au gré de la déambulation dans l’exposition on peut entendre des lectures de l’Albatros, l’invitation a voyage de Duparc ou s’asseoir pour écouter des morceaux choisis de Baudelaire. Les visiteurs curieux pourront déchiffrer des lettres manuscrites…
Encore une exposition intéressante à la Grande Bibliothèque!
Exposition temporaire du 22 septembre 2021 au 22 février 2022
Matisse : corbeille de fruits
Exposition spectaculaire qui réunit les chefs d’œuvre français et russes, de Renoir à Picasso en passant par Cézanne,Bonnard, Matisse, Gauguin, van Gogh… et j’en oublie, des plus fameux. Les deux frères Mikhail et IvanMorozovn’ont pas seulement collectionné des tableaux magnifiques, ils ont surtout fait des commandes. Les tableaux ont souvent été peints pour être vus ensemble comme ceux de la salle Bonnard dont les formats sont inhabituels. Après la nationalisation de la collection en 1918 les tableaux ont été répartis dans différents musées entre Moscou et l’Ermitage. Les voir réunis ici leur donne une meilleure cohérence.
Bonnard : printemps
Quel éblouissement que ces deux grands tableaux presque carrés Printemps et Automne encadrant le triptyque Méditerranée. L’été se trouve en face. Dans cette salle consacrée à Bonnardon peut aussi admirer le Triomphe de Cérès de Ker-Xavier Rousseldont les gais coloris s’harmonisent avec les tableaux voisins.
Ker-Xavier Roussel : Le Triomphe de Cérès
Certains tableaux sont surprenants comme le Cézanne sombre ou le Bouchon de Manet peint à grands coups de pinceau
Cézanne : scène d’intérieur
J’ai bien aimé les deux saltimbanques de Picasso
Picasso 2 Saltimbanques
Une salle entière est consacrée à Sisley, Pissaro, des petits formats de paysages de Louveciennes ou de Pontoise, la surprise vient d’un peintre russe Korovine : ubn café à Paris et d’un merveilleux paysage de Golovine
Golovine ; paysage Pavlovsk
Au fond, de très beaux Monet : des fleurs et un étang, mais nous ne sommes pas à Giverny, c’est Mongeron.
Une découverte, à côté de Derain, Louis Valtat : la Mer à Anthéor
Louis Valtat : La mer à Anthéor
Une journée en Polynésie, c’est bien sûr Gauguin
Gauguin : Matamoé
j’ai beaucoup aimé ce paysage aux paons.
Encore de la couleur avec Martiros Sarian
Martiros Sarian : rue à Constantinople
Une salle entière est dédiée à Cézanne :calme et verdure des Bords de Marne à Créteil ou saint Maur des Fossés ainsi qu’un très beau pin
Cézanne : le Pont de Créteil
On retrouve Cézanne à de nombreuses reprises, paysages et natures mortes, des portraits aussi.
Contrastant avec les paysages colorés, une salle entière contient des grands portraits d’hommes dans une dominante de gris, Picasso, Cézanne, Kontchalovski, Malevitch et Ilia Machkov. Certains sont étranges voire inquiétants.
KontchalovskyIlya Machkov : autoportrait
Une salle met à l’honneur la Ronde des Prisonniers de Van Gogh
On revient à la couleur avec Matisse, ses fleurs, ses natures mortes et le triptyque marocain
L’Oxus (Amou-Darya) et le Zeravchan ( le « Semeur d’Or » en Persan) sont des rivières aurifères. Depuis la Préhistoire, au Chalcolithiqueles ressources minérales (or, cuivre, plomb, lapis-lazuli, cornaline et rubis) furent exploitées.
A l‘Âge de Bronze, le site de Sarazm est un centre métallurgique important en relation avec l’Empire Perse comme le suggère la petite statue de pierre.
Ibex
le Trésor de l’Oxus est composé de plaques, parures en or et argent destiné à une élite achéménide. La finesse de l’orfèvrerie est remarquable
Plaques décorative thèmes animaliers du Trésor de l’Oxus
métallurgie, orfèvrerie, aussi bien richesse des matières premières que finesse du travail.
la Bactriane sous les successeurs d’Alexandre
Des rois aux noms grecs comme Diodote 1er ou Démétrios on laissé leurs profils sur des monnaies. Sur une drachme à l’effigie d’Alexandre le Grand est gravé la silhouette d’Héraclès, sur une tétradrachme de Diodote à l’avers on reconnait Zeus. Deux poids pour une balance représentent Athéna Casquée et Mercure
Poids : Athéna et Mercure (1er siècle après JC)
On fait connaissance avec les Bactriens : dans le Temple de l’Oxus des têtes en terre crue ou en stucs les représentent
Bactriens en terre crue
En terre crue, une figure féminine est vêtue à la grecque avec chiton et himation. l’art des steppes hellénisé est d’un grand raffinement avec l’utilisation de l’ivoire
Fourreau en ivoireivoire
Du 1er au 4ème siècle de nouveaux nomades importent de nouvelles croyances : brahamique , bouddhiste, zoroastrien. On voit un art grécobouddhiste
Tête de Bouddha kouchan
Venus des steppes les marchands sogdiens sur les routes de la Soie.
Turcs orientaux, ils utilisent le chameau de Bactriane
Chameau de Bactriane
l’exposition présente plusieurs chameaux, cavaliers et palefreniers sogdiens
palefrenier sogdien
Il y a aussi des représentations de Shiva (statue colossale) de divinités indienne à 4 bras.
Fresque du palais de Pendjikent
les Sogdiens ont aussi fondé Afrosiab (Samarcand) où l’on peut voir de magnifiques fresques. La fresque du palais de Pendjikent représente une bataille, une procession et un banquet.
la religion des Sogdien était le zoroastrisme,religion dualiste (Bien/Mal) honorant le feu et l’eau. On peut voir un temple du Feu avec un autel du feu
le dieu Mithra et ses attributs
Jusqu’à la conquête de l’Islam (8ème siècle) le Bouddhisme est répandu. Les nomades turc avaient aussi d’autres croyance avec des tombes de pierre Balbal
Les Samanides (875 – 999)
aiguière et brûler d’encens samanides
les Samanides forment un émirat indépendant. la langue scientifique était l’arabe, celle de l’administration, le persan. les Samanides valorisaient l’identité iranienne..
Cette exposition est splendide. Elle a bousculé mes a-priori concernant le Tadjikistan et la Route de la Soie. J’avais dans mon imagination des marchands arabes ou chinois marchant avec leurs chameaux de caravansérail en caravansérail, des Chinois aussi ou tout au moins des asiatiques, les chevaux de Gengis Khan ou de Tamerlan. Je n’imaginais pas trouver une civilisation si ancienne, une cité métallurgique de la Préhistoire, des villes anciennes, et surtout une telle richesse : or, ivoire, soie précieuse. Carrefour ou creuset de peuples si variés.
« Les faluns sont caractéristiques et identitaires de l’Anjou. Le terme « falun » désigne une roche sédimentaire constituée de restes d’animaux qui s’est formée il y a 15 millions d’années. «
Paléogéographie : Miocène
L’Anjou, il y a 15 Millions d’années était un gigantesque golfe carrefour biologique , lieu d’accueil et passage des migrations des animaux de l’ère Tertiaire.
Le climat était comparable à celui du Sénégal actuel. les faluns étaient des couches sableuses, sables marins ou fluviatiles contenant des fossiles marins et terrestres. Au temps des faluns, la formation des Alpes a entrainé des basculements, l’ élévation du niveau des mers, résultat de la dilatation de l’océan avec la hausse des températures, ces facteurs ont causé des transgressions marines avec dépôt de sédiments sableux. Des orages et des crues ont apporté des alluvions et des galets. Ces différentes strates superposées forment une collection de fossiles que l’exposition présente sous deux parties : le Monde marin et le Monde terrestre
Le Monde marin
Le monde marin au Miocène
Deux catégories d’êtres vivants : les invertébrés, mollusques, bryozoaires, échinodermes, arthropodes, et les vertébrés : raies requins, baleines et siréniens. les fossiles sont très bien présentés.
Fossiles encroûtés de bryozoaires
Raies et requins sont impressionnants, on retrouve de nombreuses dents de requins de tailles diverses dans les faluns : les requins en possèdent plusieurs rangées et en perdent des milliers au cours de leur existence.
les plus grandes sont de l’ordre du décimètre
Les baleines étaient dérivent du Basilosaurus (-40 Ma), après le miocène un refroidissement des eaux a fait baisser la diversité et les migrations ont favorisé le gigantisme.
Le Monde Terrestre
L’ère tertiaire voit le développement des mammifères, dans la première partie du Miocène une foret subtropicale couvrait l’Anjou avec des fougères et des conifères. les fossiles sont également remarquables : os et dents. On y voit des animaux disparus comme ces Gomphotères qui ressemblent à des éléphants, des ancêtres des rhinocéros et des chevaux.
gomphothère
une bien jolie exposition qu’on pourrait compléter par une visite à Doué.
Exposition temporaire du 28 septembre jusqu’au 16 janvier 2022
1826 : premières photos de Niepce
1895 : première séance de cinéma des Frères Lumière.
Depuis le milieu du XIXème siècle, les représentations de la réalité évoluent, les images s’animent.
Pygmalion et Galatée Rodin
En introduction à l’Exposition, la sculpture de Rodin s’anime sur l’écran comme une blague : la statue quitte son piédestal et devient femme vivante – illustration de cette arrivée du mouvement. Mouvement, transformations et bouleversements dans Paris documentés par la photographie qui témoigne de la construction des Boulevards haussmanniens, de la construction de la Tour Eiffel, de l’enterrement de Victor Hugo ou tout simplement de la circulation Rue Royale.
Caillebotte : Pont de l’Europe
La peinture aussi préfigure le cinéma comme ce passant sur la gauche du tableau qui s’éloigne à grandes enjambées tandis que le train Gare Saint Lazare s’annonce avec son panache blanc.
Pissaro : La Place du Théâtre français
Cadrage cinématographique pour ce carrefour peint par Pissaro vu de dessus. L’idée de mouvement, d’images animées s’impose dans ces séries de photographies, dans les jeux d’animations de disques qui tournent, de photographies stéréoscopiques, même dans la peinture où les personnages virevoltent comme dans la Valse de Valotton
la Valse : Valotton
Valotton illustre cette vie moderne trépidante
Valotton : le Bon Marché
Evidemment, le sujet de l’exposition est illustré par de nombreuses projections qu’il est plus difficile de photographier et de commenter.
Corps en mouvement des gymnastes et athlètes, corps musclés, à saute-mouton, aux agrès à la course. Différentes des images sportives d’aujourd’hui qui font plus de place au record, à la performance qu’aux exercices . Sport masculin et danse. Loïe Fuller est une muse inspirant de nombreuses réalisations, photographies, films mais aussi sculptures ou lampes.
Loïe Fuller
Photographies, et films montrent aussi le corps féminindans un but érotique et même un esprit voyeur. toute une salle montre films et photos coquines.
Vers la fin de l’exposition on arrive à représentation historique : panorama comme cette bataille de Champigny/Marne(2 décembre 1870) peinture géante de 120 m de long sur 9m de haut (seul un extrait est ici présenté), peinture et films historiques et bibliques.
Après la surprise de la vie quotidienne qui a ravi les premiers spectateurs, les réalisateurs doivent présentent des sujets plus élaborés : au début du XXème siècles les différents genres de cinéma sont développés : comique, érotique, historique, le cinéma est bien là!
Exposition temporaire de Taysir Batniji jusqu’au 9-01-2022 au Mac val de Vitry
hannoun (1972-2009) performance installation, photographie couleur, copeaux de crayon Champ de coquelicot
QUELQUES BRIBES ARRACHEES AU VIDE QUI SE CREUSE
Je suis un très mauvais public pour l’art contemporain.
Si la visite n’avait pas été guidée en présence de Taysir Batniji et commentée par d’excellents conférenciers, je n’aurais sans doute rien compris et j’aurais été très déroutée par cette installation dont le thème est la disparition, l’effacement, l’arrachement, l’absence et l’exil.
Sans titre -1998 – valise sable; le sable est un leitmotiv dans le travail de Taysir Batnijj « ma patrie est une valise » Mahmoud Darwich
Dans le vaste espace que le Macval offre à cette monographie, je suis désorientée. Aux murs : des cadres assez petits et à l’intérieur, des feuilles blanches, des aquarelles minimalistes, sur le mur du fond un grand tableau noir, dans un couloir des photos, au sol une valise pleine de sable, un pavage avec de vrais pavés, un empilement de savons…Des cartels avec du texte, nécessaires.
Pères photographies couleurs intérieur de boutiques à Gaza
Heureusement, une conférencière anime la visite. Elle nous conduit à la série de photographies en couleur « Pères« . Très belles photos de simples boutiques ou d’ateliers à Gaza. Entre les marchandises on voit les photographies de famille, les Pères, ainsi que les portraits de leaders politiques ou ceux des martyrs. Ces boutiques sont des lieux de socialisation, ces portraits accompagnent les clients et vendeurs, avec le temps ils jaunissent, puis disparaissent, effacés, arrachés….
aquarelle imitant les traces que les scotchs arrachés ont laissé sur le cadre : disparition de la photo!
Cette disparition des visages joue en « basse continue » dans l’œuvre du plasticien . Taysir joue avec cette disparition, peint à l’aquarelle, un arrachement imaginaire de photos qui ont disparu bien avant que l’oeuvre ne soit peinte. Sans l’intervention de la conférencière, je serais passée complètement à côté.
Les cadres semblant ne contenir que des feuilles blanches nécessite l’initiative du visiteur : si on s’approche, on pourrait deviner les traces en fine gravure des photos effacées d’une noce : celle de son frère. Mais il faut être prévenu pour venir les chercher d’assez près. De même ce mur noir n’est pas vraiment noir : c’est un assemblage de portraits de martyrs de l’Intifada. C’est seulement les variations de l’éclairage qui font apparaître les visages.
Pour revenir à la « basse continue » qui accompagne la visite : les bombardements aériens sur Gaza qui pilonnent la ville. Toujours comme accompagnement la musique I will survive de Goria Gaynor, provenant d’une vidéo où Taysir s’est filmé dansant sur cette musique, qui se mêle aux bombes.
Un mur ressemble à s’y méprendre à la vitrine d’une agence immobilière avec description des maisons qui ne sont pas à vendre, elles ont été bombardées et les destructions sont bien apparentes.
« On note la permanence de certains motifs, de certaines procédures plastiques. il y a des arrachements, des vides, des recouvrements, des réserves, des reconstitutions? Des simulacres? Du non fini, de l’inachèvement…. »
selon le livret de présentation
Une autre conférencière a préparé tout un topo sur l’exil, la disparition, citant Pérec et Hannah Arendt, Edward Saïd….je décroche un peu du commentaire très très intello. Intéressant, certes, pour découvrir par moi-même les oeuvres qui n’ont pas été commentées en détail.
L’oeuvre qui m’a le plus émue : ces toiles de peintres ligotées, roulées, rouillées maculées de la trace de la clé de la maison de ceux qui en ont été chassés et qui la conservent précieusement.
Taysir Batniji assis derrière les toiles roulées. Au fond le simulacre de vitrine d’agence immobilière
Cette exposition qui paraît très conceptuelle, difficile à aborder a été un moment très émotionnellement chargé du fait de la présence de l’artiste d’une grande simplicité et gentillesse.
Le concert de Kamelya Joubrans’inscrit dans la suite de l’exposition; La chanteuse palestinienne oudiste, a une démarche similaire à celle du plasticien :
Kamilya Jubran et Werner Hasler
J’aime l’oud et la musique arabe même si je ne comprends pas les paroles . Kamilya Jubran présentait son nouveau spectacle Wa. J’ai du mal à caractériser cette musique : jazz arabe? jazz électronique. Werner Hasler joue de la trompette mais surtout du clavier électronique. j’ai été un peu désarçonnée par l’électro.
Sur l’appli RadioFrance j’ai trouvé deux podcasts Dans la discothèque d’Ocora et En sol majeur (RFI) Taysir Batniji