Botticelli – Artiste et Designer – Jacquemart André

Exposition temporaire jusqu’au 24 janvier 2022

Simonetta Vespucci -( 1485 Francfort sur le Main)

Le Musée Jacquemart André est un écrin parfait pour l’exposition Botticelli qui voisine avec la collection permanente de peinture italienne de la Renaissance. 

Vierge à l’Enfant

Cette exposition va rendre compte de l’œuvre du peintre, de son apprentissage dans l’atelier de Lippi jusqu’à sa peinture tardive quand Savonarole a donné une ambiance tragique à Florence. Elle montre la proximité de la peinture de Botticelli avec celle de son maître Lippi que le jeune Sandro copie .

Vierge à l’enfant s’appuyant sur un ange sous une guirlande

La production de Botticelli est variée, c’est ce qui justifie le sous-titre de designer, il a peint de magnifiques cassoni 

la bataille de Pydna

Il a aussi dessiné des cartons pour des broderies somptueuses ou des marqueteries ou des tapisseries.

marqueterie

La Naissance de Vénus n’a pas fait le voyage mais a inspiré ces Vénus plus ou moins pudiques dont Botticelli a peint plusieurs exemplaires, celle de Turin est même habillée mais d’un voile si transparent qu’il souligne plus qu’il ne cache ses appâts. 

Venus pudique

Un format qu’affection le maestro est le Tondo dont les constructions savantes sont particulièrement séduisantes. Celui nommé le maitre du gothique montre la construction de Venise en arrière-plan

Tondo : le maître du gothique

Deux petites compositions m’ont bien amusée

Les Vandales dévorés par les ours
Saint Juste expulsant les démons de la région de Volterra

Comme d’habitude, le Musée Jacquemart André a réalisé des vidéos très intéressantes.

Seul bémol, rançon du succès : la foule!

 

Baudelaire, la modernité mélancolique,à la BNF

Exposition temporaire jusqu’au 13 février 2022

Baudelaire jeune ‘(23 ans)par Emile Deroy

La BNF célèbre le bicentenaire de la naissance de Baudelaire.

A côté des manuscrits, lettres, épreuves corrigée de la main de Baudelaire comment mettre en scène la poésie? 

« Baudelaire vivait avec Hamlet » affirme Theodore de Banville

Sur les murs de son appartement il avait la collection de 13 Hamlet par Delacroix

Delacroix : Hamlet et le crâne de Yorik

Odilon Redon a illustré « interprété » Les Fleurs du mal. 

Odilon Redon

Courbet est aussi présent : il a dessiné un homme sur les barricades de 1848 qui a servi de frontispice au journal Le Salut public, éphémère journal révolutionnaire fondé à Paris le  par Charles BaudelaireJules Champfleury et Charles Toubin.

Courbet : homme sur une barricade

Courbet a aussi peint un portrait de Baudelaire

Courbet : portrait de Baudelaire

On peut aussi voir Médée, tableau de Delacroix, des dessins de Daumier, des photographies et caricatures de Nadar

Caricature de Baudelaire par Nadar

Au gré de la déambulation dans l’exposition on peut entendre des lectures de l’Albatros, l’invitation a voyage de Duparc ou s’asseoir pour écouter des morceaux choisis de Baudelaire. Les visiteurs curieux pourront déchiffrer des lettres manuscrites…

Encore une exposition intéressante à la Grande Bibliothèque!

La Collection Morozov – Vuitton

Exposition temporaire du 22 septembre 2021 au 22 février 2022

Matisse : corbeille de fruits

Exposition spectaculaire qui réunit  les chefs d’œuvre français et russes, de Renoir à Picasso en passant par Cézanne, Bonnard, Matisse, Gauguin, van Gogh… et j’en oublie, des plus fameux. Les deux frères Mikhail et Ivan Morozov n’ont pas seulement collectionné des tableaux magnifiques, ils ont surtout fait des commandes. Les tableaux ont souvent été peints pour être vus ensemble comme ceux de la salle Bonnard dont les formats sont inhabituels. Après la nationalisation de la collection en 1918 les tableaux ont été répartis dans différents musées entre Moscou et l’Ermitage. Les voir réunis ici leur donne une meilleure cohérence. 

Bonnard : printemps

Quel éblouissement que ces deux grands tableaux presque carrés Printemps et Automne encadrant le triptyque Méditerranée. L’été se trouve en face. Dans cette salle consacrée à Bonnard on peut aussi admirer le Triomphe de Cérès de Ker-Xavier Roussel dont les gais coloris s’harmonisent avec les tableaux voisins. 

Ker-Xavier Roussel : Le Triomphe de Cérès

Certains tableaux sont surprenants comme le Cézanne sombre ou le Bouchon de Manet peint à grands coups de pinceau

Cézanne : scène d’intérieur

J’ai bien aimé les deux saltimbanques de Picasso

Picasso 2 Saltimbanques

Une salle entière est consacrée à Sisley, Pissaro,  des petits formats de paysages de Louveciennes ou de Pontoise, la surprise vient d’un peintre russe Korovine : ubn café à Paris  et d’un merveilleux paysage de Golovine

Golovine ; paysage Pavlovsk

Au fond, de très beaux Monet : des fleurs et un étang, mais nous ne sommes pas à Giverny, c’est Mongeron. 

Une découverte, à côté de Derain, Louis  Valtat : la Mer à Anthéor

Louis Valtat : La mer à Anthéor

Une journée en Polynésie, c’est bien sûr Gauguin

Gauguin : Matamoé

j’ai beaucoup aimé ce paysage aux paons.

Encore de la couleur avec Martiros Sarian

Martiros Sarian : rue à Constantinople

Une salle entière est dédiée à Cézanne : calme et verdure  des Bords de Marne à Créteil ou saint Maur des Fossés ainsi qu’un très beau pin

Cézanne : le Pont de Créteil

On retrouve Cézanne à de nombreuses reprises, paysages et natures mortes, des portraits aussi.

Contrastant avec les paysages colorés, une salle entière contient des grands portraits d’hommes dans une dominante de gris, Picasso, Cézanne, Kontchalovski, Malevitch et Ilia Machkov. Certains sont étranges voire inquiétants.

Kontchalovsky
Ilya Machkov : autoportrait

Une salle met à l’honneur la Ronde des Prisonniers de Van Gogh

On revient à la couleur avec Matisse, ses fleurs, ses natures mortes et le triptyque marocain

Matisse : triptyque marocain

Tadjikistan – Au pays des Fleuves d’Or au Musée Guimet

Exposition temporaire jusqu’au 10 janvier 2022

L’Oxus (Amou-Darya) et le Zeravchan ( le « Semeur d’Or » en Persan) sont des rivières aurifères. Depuis la Préhistoire, au Chalcolithique les ressources minérales (or, cuivre, plomb, lapis-lazuli, cornaline et rubis) furent exploitées.

  A l‘Âge de Bronze, le site de Sarazm est un centre métallurgique important en relation avec l’Empire Perse comme le suggère la petite statue de pierre. 

Ibex

le Trésor de l’Oxus est composé de plaques, parures en or et argent destiné à une élite achéménide. La finesse de l’orfèvrerie est remarquable

Plaques décorative thèmes animaliers du Trésor de l’Oxus

métallurgie, orfèvrerie, aussi bien richesse des matières premières que finesse du travail.

la Bactriane sous les successeurs d’Alexandre

Des rois aux noms grecs comme Diodote 1er ou Démétrios on laissé leurs profils sur des monnaies. Sur une drachme à l’effigie d’Alexandre le Grand est gravé la silhouette d’Héraclès, sur une tétradrachme de Diodote à l’avers on reconnait Zeus. Deux poids pour une balance représentent Athéna Casquée et Mercure

Poids : Athéna et Mercure (1er siècle après JC)

On fait connaissance avec les Bactriens : dans le Temple de l’Oxus des têtes en terre crue ou en stucs les représentent

Bactriens en terre crue

En terre crue, une figure féminine est vêtue à la grecque avec chiton et himation. l’art des steppes hellénisé est d’un grand raffinement avec l’utilisation de l’ivoire

Fourreau en ivoire
ivoire

Du 1er au 4ème siècle de nouveaux nomades importent de nouvelles croyances : brahamique , bouddhiste, zoroastrien. On voit un art grécobouddhiste

Tête de Bouddha kouchan

Venus des steppes les marchands sogdiens sur les routes de la Soie. 

Turcs orientaux, ils utilisent le chameau de Bactriane

Chameau de Bactriane

l’exposition présente plusieurs chameaux, cavaliers et palefreniers sogdiens

palefrenier sogdien

Il y a aussi des représentations de Shiva (statue colossale) de divinités indienne à 4 bras.

Fresque du palais de Pendjikent

les Sogdiens ont aussi fondé Afrosiab (Samarcand) où l’on peut voir de magnifiques fresques. La fresque du palais de Pendjikent représente une bataille, une procession et un banquet.

la religion des Sogdien était le zoroastrisme, religion dualiste (Bien/Mal) honorant le feu et l’eau. On peut voir un temple du Feu avec un autel du feu

le dieu Mithra et ses attributs

Jusqu’à la conquête de l’Islam (8ème siècle) le Bouddhisme est répandu.  Les nomades turc avaient aussi d’autres croyance avec des tombes de pierre Balbal

Les Samanides (875 – 999)

aiguière et brûler d’encens samanides

les Samanides forment un émirat indépendant. la langue scientifique était l’arabe, celle de l’administration, le persan. les Samanides valorisaient l’identité iranienne.. 

 Cette exposition est splendide. Elle a bousculé mes a-priori concernant le Tadjikistan et la Route de la Soie. J’avais dans mon imagination des marchands arabes ou chinois marchant avec leurs chameaux de caravansérail en caravansérail, des Chinois aussi ou tout au moins des asiatiques, les chevaux de Gengis Khan ou de Tamerlan. Je n’imaginais pas trouver une civilisation si ancienne, une cité métallurgique de la Préhistoire, des villes anciennes, et surtout une telle richesse : or, ivoire, soie précieuse. Carrefour ou creuset de peuples si variés.

 

Enfin le cinéma ! Arts, images et spectacles en France 1833-1907 – Musée d’Orsay

Exposition temporaire du 28 septembre jusqu’au 16 janvier 2022

1826 : premières photos de Niepce

1895 : première séance de cinéma des Frères Lumière.

Depuis le milieu du XIXème siècle, les représentations de la réalité évoluent, les images s’animent.

 

Pygmalion et Galatée Rodin

En introduction à l’Exposition, la sculpture de Rodin s’anime sur l’écran comme une blague : la statue quitte son piédestal et devient femme vivante – illustration de cette arrivée du mouvement. Mouvement, transformations et bouleversements dans Paris documentés par la photographie qui témoigne de la construction des Boulevards haussmanniens, de la construction de la Tour Eiffel, de l’enterrement de Victor Hugo ou tout simplement de la circulation Rue Royale.

Caillebotte : Pont de l’Europe

La peinture aussi préfigure le cinéma comme ce passant sur la gauche du tableau qui s’éloigne à grandes enjambées tandis que le train Gare Saint Lazare s’annonce avec son panache blanc.

Pissaro : La Place du Théâtre français

Cadrage cinématographique pour ce carrefour peint par Pissaro vu de dessus. L’idée de mouvement, d’images animées s’impose dans ces séries de photographies, dans les jeux d’animations de disques qui tournent, de photographies stéréoscopiques, même dans la peinture où les personnages virevoltent comme dans la Valse de Valotton

la Valse : Valotton

Valotton illustre cette vie moderne trépidante

Valotton : le Bon Marché

Evidemment, le sujet de l’exposition est illustré par de nombreuses projections qu’il est plus difficile de photographier et de commenter.

Corps en mouvement des gymnastes et athlètes, corps musclés, à saute-mouton, aux agrès à la course. Différentes des images sportives d’aujourd’hui qui font plus de place au record, à la performance qu’aux exercices . Sport masculin et danse. Loïe Fuller est une muse inspirant de nombreuses réalisations, photographies, films mais aussi sculptures ou lampes.

Loïe Fuller

Photographies, et films montrent aussi le corps féminin dans un but érotique et même un esprit voyeur. toute une salle montre films et photos coquines.

Vers la fin de l’exposition on arrive à représentation historique : panorama comme cette bataille de Champigny/Marne(2 décembre 1870) peinture géante de 120 m de long sur 9m de haut (seul un extrait est ici présenté), peinture et films historiques et bibliques.

Après la surprise de la vie quotidienne qui a ravi les premiers spectateurs, les réalisateurs doivent présentent des sujets plus élaborés : au début du XXème siècles les différents genres de cinéma sont développés : comique, érotique, historique, le cinéma est bien là!

Zéphyr – Mourad Merzouki à la MAC

DECOIFFANT!!!

Quelle belle soirée!

11 ventilateurs, des fumigènes, une voile, 10 danseurs virtuoses, athlètes, souples sensibles.

Le spectacle a commencé doucement dans la pénombre avec un tout petit ventilateur et un couple de danseur qui nous a fait penser aux ailes d’un moulin à vent. Puis la tempête s’est déchaînée avec l’arrivée du reste de la troupe par des ouvertures rondes comme des hublots.

Rosa a cru qu’on était dans la cale d’un bateau

Céline s’est senti transportée dans le désert.

Et la voile a roulé dans la tempête.

Djinn, fée ou génie dans cette robe blanche…..

Un spectacle merveilleux.

Depuis de nombreuses années Merzouki présente à Créteil des spectacles variés, de Boxe boxe à Pixel, Vertical….chaque fois renouvelés, chaque fois surprenant.

 

Rencontres avec deux artistes palestiniens au Macval : Taysir Batniji et Kamelya Jubran

Exposition temporaire de Taysir Batniji jusqu’au 9-01-2022 au Mac val de Vitry

hannoun (1972-2009) performance installation, photographie couleur, copeaux de crayon
Champ de coquelicot

QUELQUES BRIBES ARRACHEES AU VIDE QUI SE CREUSE

Je suis un très mauvais public pour l’art contemporain.

Si la visite n’avait pas été guidée en présence de Taysir Batniji et commentée par d’excellents conférenciers, je n’aurais sans doute rien compris et j’aurais été très déroutée par cette installation dont le thème est la disparition, l’effacement, l’arrachement, l’absence et l’exil.

Sans titre -1998 – valise sable;
le sable est un leitmotiv dans le travail de Taysir Batnijj
« ma patrie est une valise » Mahmoud Darwich

Dans le vaste espace que le Macval offre à cette monographie, je suis désorientée. Aux murs :  des cadres assez petits et à l’intérieur, des feuilles blanches, des aquarelles minimalistes, sur le mur du fond un grand tableau noir, dans un couloir des photos, au sol une valise pleine de sable, un pavage avec de vrais pavés, un empilement de savons…Des cartels avec du texte, nécessaires. 

Pères
photographies couleurs intérieur de boutiques à Gaza

Heureusement, une conférencière anime la visite. Elle nous conduit à la série de photographies en couleur « Pères« . Très belles photos de simples boutiques ou d’ateliers à Gaza. Entre les marchandises on voit les photographies de famille, les Pères, ainsi que les portraits de leaders politiques ou ceux des martyrs. Ces boutiques sont des lieux de socialisation, ces portraits accompagnent les clients et vendeurs, avec le temps ils jaunissent, puis disparaissent, effacés, arrachés….

aquarelle imitant les traces que les scotchs arrachés ont laissé sur le cadre : disparition de la photo!

Cette disparition des visages joue en « basse continue » dans l’œuvre du plasticien . Taysir joue avec cette disparition, peint à l’aquarelle, un arrachement imaginaire de photos qui ont disparu bien avant que l’oeuvre ne soit peinte. Sans l’intervention de la conférencière, je serais passée complètement à côté.

Les cadres semblant ne contenir que des feuilles blanches nécessite l’initiative du visiteur : si on s’approche, on pourrait deviner les traces en fine gravure des photos effacées d’une noce : celle de son frère. Mais il faut être prévenu pour venir les chercher d’assez près. De même  ce mur noir n’est pas vraiment noir : c’est un assemblage de portraits de martyrs de l’Intifada. C’est seulement les variations de l’éclairage qui font apparaître les visages.

Pour revenir à la « basse continue » qui accompagne la visite : les bombardements aériens sur Gaza qui pilonnent la ville. Toujours comme accompagnement la musique I will survive de Goria Gaynor, provenant d’une vidéo où Taysir s’est filmé dansant sur cette musique, qui se mêle aux bombes.

Un mur ressemble à s’y méprendre à la vitrine d’une agence immobilière avec  description des maisons qui ne sont pas à vendre, elles ont été bombardées et les destructions sont bien apparentes.

« On note la permanence de certains motifs, de certaines procédures plastiques. il y a des arrachements, des vides, des recouvrements, des réserves, des reconstitutions? Des simulacres? Du non fini, de l’inachèvement…. »

selon le livret de présentation

Une autre conférencière a préparé tout un topo sur l’exil, la disparition, citant Pérec et Hannah Arendt, Edward Saïd….je décroche un peu du commentaire très très intello. Intéressant, certes, pour découvrir par moi-même les oeuvres qui n’ont pas été commentées en détail.

L’oeuvre qui m’a le plus émue : ces toiles de peintres ligotées, roulées, rouillées maculées de la trace de la clé de la maison de ceux qui en ont été chassés et qui la conservent précieusement.

Taysir Batniji assis derrière les toiles roulées. Au fond le simulacre de vitrine d’agence immobilière

Cette exposition qui paraît très conceptuelle, difficile à aborder a été un moment très émotionnellement chargé du fait de la présence de l’artiste d’une grande simplicité et gentillesse.

Le concert de Kamelya Joubran s’inscrit dans la suite de l’exposition; La chanteuse palestinienne oudiste, a une démarche similaire à celle du plasticien : 

Kamilya Jubran et Werner Hasler

 

J’aime l’oud et la musique arabe même si je ne comprends pas les paroles . Kamilya Jubran présentait son nouveau spectacle Wa. J’ai du mal à caractériser cette musique : jazz arabe? jazz électronique. Werner Hasler joue de la trompette mais surtout du clavier électronique. j’ai été un peu désarçonnée par l’électro. 

Sur l’appli RadioFrance j’ai trouvé deux podcasts Dans la discothèque d’Ocora et En sol majeur (RFI) Taysir Batniji

Ilya Répine – peindre l’âme russe – Petit Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 23 janvier 2022

les Haleurs de la Volga

Connaissez-vous Répine( 1844 -1930)?

Cette rétrospective nous fait connaître un peintre majeur en Russie qui laisse une œuvre très vaste aussi bien par la durée (presque un siècle) que par la variété de ses tableaux : nombreux portraits, scènes de la vie du peuple Russe, peinture historique, peinture officielle. Véritable illustration de la vie en Russie de 1870 à la Révolution.

Répine : Ivan le Terrible et son fils

Le visiteur est accueilli par une séquence du film Ivan le Terrible d’Eisenstein. Pourtant le célèbre tableau de Répineobjet de scandale et vandalisé à deux reprise (1913 et 2018) ne figure pas dans l’exposition. Un document vidéo lui est consacré.

Dans une première salle, on fait connaissance avec le peintre et le Mouvement des Ambulants autour de Kramskoï qui peignent une peinture réaliste reflet du peuple. A propos des Haleurs de la Volga, ce dernier écrit:

« Répine pense de manière actuelle. je ne sais pas ce qu’il fera après les Haleurs. nous ne pouvons pas revenir en arrière (…)non, décidemment l’Ecole Russe devient sérieuse… »

On fait connaissance avec le Cercle familial : Répine peint sa famille

Véra Chevtsova
Libellule (sa fille)
Son fils : Youri Répine

Répine obtient une bourse pour aller étudier à l’étranger et part à Paris en 1873 . J’ai bien aimé ses tableaux de Montmartre encore en chantier avec ses carrières et ses fours à plâtre et ceux peints en Normandie.

Vendeur de nouveautés à Paris

Une vie intellectuelle russe très active gravite autour de Tourgueniev et de l’église russe de la Rue Daru (audiovisuel intéressant)

Portrait de Tourgueniev

il peint aussi de très jolis portraits comme ceux de la fille de pêcheur et de l’Ukrainienne.

La Vie en Russie

montre des épisodes de la vie du peuple encore majoritairement paysan : les traditions, fêtes et rites religieux

procession

procession religieuse, mais aussi veillée avec des jeunes gens et un duel

Répine portraitiste

Nous fait connaître les visages des musiciens russes : Cui, Moussorgski, Glinka, Glazounov ainsi que d’actrices et de célébrités de l’époque

Moussorgski

Il est aussi très lié avec Tolstoï. Toute une salle est consacrée à l’écrivain avec 4 portraits :

Tolstoï couché

Répine maîtrise aussi la Peinture historique dans de grands tableaux colorés où des cosaques sont truculents

Cosaques Zaporogues écrivant au sultan de Turquie

C’est aussi un peintre officiel qui obtient des commandes de Nicolas II avec des tableaux monumentaux. A côté de ces peintures royales il consacre des toiles au Narodniki(qui vont vers le peuple) . Un petit tableau montre un condamné à mort qui refuse la confession, l’arrestation d’un militant, et il existe plusieurs versions de Ils ne l’attendaient plus (retour de déportation avec également des femmes, étudiantes) 

Ils ne l’attendaient plus

Ambiguïté des productions de Répine qui peint en couleurs joyeuses la Révolution de 1905 et un rassemblement au Mur des Fédérés

Rassemblement au Mur des Fédérés

 

Répine s’installe dans sa propriété aux Pénates, à 40 km de Saint Pétersbourg sur le Golfe de Finlande.

Aux Pénates : Quelle liberté!

 

Après al Révolution de 1917, Kuokkala devient finlandaise et c’est en Finlande que Répine finit sa vie.

Othoniel au Petit Palais : le Théorème de Narcisse

Exposition temporaire jusqu’au 2 janvier 2002

Othoniel : la Rivière Bleue

Je me faisais une joie de cette exposition – bonus en plus de Répine. merveilleux, enchanteur, poète…les qualificatifs des critiques sont très élogieux. A l’entrée du Petit Palais les briques de verre bleue formant la rivière ne me convainquent pas, d’autant plus que le technicien les frotte avec de grandes lingettes jaunes jetables. On ne connaît pas les chiffons et les serpillières dans le monde de l’Art Contemporain?

La marque de fabrique du plasticien : les perles de Murano

la Couronne de la Nuit

la Couronne de la Nuit qui coiffe l’escalier prend bien sa place, mais ne m’éblouit guère. Encore des perles!

le complexe de Narcisse

Il fait descendre au niveau bas pour découvrir le Complexe de Narcisse ou des colliers de perles de verre de Murano forment des nœuds. C’est joli, brillant mais un peu gratuit. Il faut des explication préalable pour imaginer l’homme-fleur qui se mire dans le miroir de l’eau.  

xx

Dans le jardin, ce sont des perles d’or qui forme le Lotus d’Or

Lotus d’or

je suis un peu déçue, j’avais beaucoup aimé les fontaines de Versailles.

Chaïm Soutine / Willem de Kooning, la peinture incarnée à l’Orangerie

Exposition temporaire jusqu’au 10 janvier 2022

Soutine : la colline de Céret

 » peindre comme Ingres et Soutine à la fois »  de Kooning, 1940

J’aime les expositions qui font dialoguer les artistes, collectionneurs ou mieux peintres à la fois différents et proches. Faire apparaître des influences, des inspirations. Soutine (1893-1943) et De Kooning (1904-1997) sont plus proches dans le temps que je ne l’imaginais. je connaissais le Soutine de Céret ou de la Ruche proche de Picasso, Modigliani ou Kremègne, et De Kooning, le peintre de Woman newyorkais, plus contemporain. 

Soutine : Grotesque dit autoportrait

l’exposition de l’Orangerie met en évidence les correspondances qui surgissent quand on met face à face les portraits .

Soutine : le Groom

et

De Kooning : Dame de coeur

1950, rétrospective au MoMA de Soutine

Soutine : Le Pâtissier

en 1950 c’est aussi le Tournant des « Woman » pour De Kooning 

Seul, face aux « woman » le boeuf écorché de Soutine . Le regard s’y pose difficilement tant les rougeurs des chairs et du sang sont expressives et insoutenables. En face, 3 tableaux

De Kooning Woman

« C’est vraiment absurde aujourd’hui de fabriquer une image comme l’image de l’homme avec de la peinture(…) mais tout à coup, il m’est apparu qu’il serait encore plus absurde de ne pas le faire » De Kooning

la salle suivante est intitulée « Woman as Landscape »

Soutine : Femme entrant dans l’eau

parmi ces images de femmes, la permanence de l’eau résonne avec le portrait de La Femme entrant dans l’eau qui contemple son reflet.

De Kooning Femme Acabona flottant comme le reflet dans l’eau

En face de la Colline de Céret très expressionnistes où l’on voit les traits de pinceau et les empâtements avant de découvrir le paysage et le village (il me faut reculer de bien 3 mètres) on a accroché de grands tableaux le sujet s’efface devant les traits de peinture, les coulures blanches, les grandes taches. Je décroche un peu.

Vidéo intéressante où De Kooning parle en peignant, il fait référence aux idoles féminines antiques, à la figure de la femme américaine telle que l’affirme la photographie de mode. Lui, il barre les bouches alors que le modèle la peint au gloss…