Gaudi à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 17 juillet 2022

affiche

Gaudi m’a surprise et bluffée en Espagne. Il y a presque 50 ans à Barcelone, et je n’ai pas oublié le Park Güell ni la Sagrada Familia. Plus récemment à Comillas, Astorga, Leon, j’ai été étonnée par la variété des réalisations, aussi bien l’exubérance Art Nouveau, l’utilisation de matériaux différents, de styles variés, du gothique au mozarabe, des courbes Art nouveau des balcons comme des vagues, ou des grottes, céramiques colorées du Park  Güell à l’austère pierre d’Astorga….

Comillas  : Capricho
Astorga

je me suis donc précipitée au Musée d’Orsay et j’ai même du m’y reprendre à deux fois avant de réserver un créneau horaire (réservation obligatoire). 

« Au seuil de l’œuvre »  : en introduction nous entrons dans le vestibule de la Casa Mila de boiseries de chêne aux portes vitrées de verre cathédrale donnant de la lumière à la chapelle. J’admire la douceur des courbes du chêne poli, belle et noble matière. 

L’atelier de Gaudi (détruit en 1936), proche de la Sagrada Familia a été reconstitué avec les sculptures en plâtre et cet astucieux dispositif de miroirs permettant de réfléchir un élément sous différents angles. De très belles photographies en N&B (mais petites) montrent l’atelier quand Gaudi y travaillait.

Dans la Bibliothèque de Gaudi contient de belles « photographies de travail » ainsi que des livres qui ont inspiré Gaudi : les livres de Viollet-le-Duc : bestiaire du château d’Abadia, La Description de l’Egypte, des photographies de l’Alhambra. Ruskin et Owen Jones comptent aussi dans les sources d’inspiration : « Grammaire de l’ornementation » avec toute une déclinaison des motifs arabes. 

Gaudi à l’oeuvre montre d’abord les travaux d’études à l’Ecole Provinciale de Barcelone (1878). J’ai aimé les dessins très fins 

.

 

ses projets pour un embarcadères ou pour un amphithéâtre universitaire sont des thèmes classiques de fin d’étude

Projet pour un embarcadère 1876

Barcelone : est une ville en pleine expansion urbaine siège de deux Expositions Universelles,  racontée avec un talent fou dans La ville des prodiges d’Eduardo Mendoza. Gaudi s’est investi dans l’Exposition de 1888 et a dessiné le Pavillon Transatlantique. A Paris, à l’Exposition de 1910 au Grand Palais,  il y eut un accrochage de photographies du Park Güell

Gaudi et Güell 

Trancadis du Park Güell

Eusebi Güell (1846-1918) industriel du textile, « dandy de la Catalogne identitaire » forma avec l’architecte un duo indéfectible, liés par la passion pour la Catalogne et la foi religieuse. Gaudi a donc dessiné pour lui le Palais Güell et le park Güell 

Fauteuils pour le Grand salon du Palais Güell

Comme souvent à cette époque, les architectes ont un souci très poussé du détail harmonisant aussi bien les éléments du décor extérieur et intérieur au mobilier assorti.

Casa Vicens

La suite de l’exposition présente les maisons conçues par Gaudi : Casa Vicens, de style mudejar, Casa Calvet et Casa Batlo qui me donnent une furieuse envie de retourner à Barcelone exprès pour les visiter.

Casa Batllo,

C’est là que l’exposition est un peu frustrante. On aimerait plus d’éléments de décor, plus de couleurs. Seule solution: le voyage réel!

Casa Vicens : grilles feuilles de palmier et jardinière

la fin de l’exposition est consacrée aux Projets religieux de Gaudi

L’abbaye Sainte Marie de Montserrate, le monumental vitrail de la Cathédrale de Majorque et bien sûr l’édification de la Sagrada Familia avec ses 18 pinacles. 

Une rétrospective comme une invitation au voyage!

En hommage à Gaudi ce curieux triptyque coloré de Tapiès.

 

Albert Edelfelt (1854-1905) Lumières de Finlande au Petit Palais

FINLANDE

Enfants au bord de l’eau

Exposition temporaire jusqu’au 10 juillet 2022

En route pour le baptème

Edelfelt est un peintre finlandais qui est venu à Paris comme son compatriote Akseli Gallen-Kallela dont on peut voir une belle rétrospective au Musée Jacquemart André à Paris en ce moment-ci. Deux Finlandais à Paris en ce moment (comme alors, dans les années 1880). Aucune redondance dans ces deux visites, Finlandais mais très différents!  

Portrait du grand-père de l’artiste

Edelfelt est venu à Paris avec une bourse pour étudier la peinture d’histoire sous la direction de Gérôme . Il a peint des tableaux historiques, et s’est même représenté en costume (16ème ou 17èm siècle). j’ai bien aimé un paysage de neige racontant la révolte des paysans en 1596 avec le Village incendié. Dans ce grand tableau on peut voir trois sujets différents, trois paysans avec skis et arbalètes au premier plan, avec une attention particulière au portrait, un paysage de neige et au fond, très petit, dans un style très différent les silhouettes des cavaliers et les maisons incendiées derrière eux. 

le village incendié (1596) détail.

Edelfelt excelle dans le portrait et son chef d’œuvre le plus connu en France est le portrait de Louis  Pasteur qui surpasse ceux des autres peintres de l’époque : François Lafon et Leon Bonnat. L’exposition permet de faire son avis personnel et de comparer les trois tableaux. Montrant Pasteur en action dans son laboratoire, il peint une « allégorie de la science en marche » des rapports étroits se tissent entre Edelfelt et Pasteur qui peint sa femme, son fils et toute la famille Pasteur-Vallery-Radot. 

Louis Pasteur 1886

A paris, Edelfelt peint de nombreux portraits de ses amis et de la vie parisienne. Il se plait à représenter les chatoiements des tissus

Virginie

Dans sa grand composition Au jardin du Luxembourg il côtoie les impressionnistes auprès desquels il est exposé et trouve que ce voisinage le dessert et que ses coloris sont pâles à côté des tableaux impressionnistes<;

Au jardin du Luxembourg

Mais quand il rentre en Finlande l’été où il a fait construire un atelier en 1883 il peint les Finlandais plus que les paysages. Il a une attention particulière pour les enfants et les vieux, les paysans et les marins.

Apprentis tailleurs
Devant l’église en Finlande

Tandis que Gallen-Kallela livre des paysages éblouissants, Edelfelt s’applique à nous faire aimer ses compatriotes.

Musée Guimet : Le fil rouge de Chiharu Shiota

JAPON:ART CONTEMPORAIN

Chiharu Shiota détail

Chiharu Shiota est une plasticienne japonaise  née au Japon en 1972 mais travaillant depuis 1996 à Berlin. Artiste mondialement connue, elle a représenté le Japon à la Biennale de Venise. 

Guimet lui offre une « carte blanche », elle déploie son fil rouge dans la Rotonde puis on peut la suivre dans les étages.

 

chihuharu shiota

oeuvre réalisée pendant le confinement. Impression d’enfermement. Dérisoires objets minuscules prisonniers du fil rouge qui tisse un plafond comme la toile d’une araignée.

L’arc et le sabre – L’ Imaginaire guerrier du Japon – Musée Guimet

Exposition temporaire jusqu’au 29 Aout 2022

Je rêve de visiter le Japon. Depuis la pandémie les voyages se compliquent. Je me contente donc du Japon à Paris, cinéma ou expositions et je suis rarement déçue. Le thème de L’imaginaire guerrier n’est peut être pas mon thème de prédilection mais j’ai été éblouie par la qualité des objets de cette visite, le raffinement des  matières et des techniques.

Haniwa (5ème siècle)

Le guerrier le plus ancien de la collection est ce Haniwa de terre cuite qui était planté autour d’une tombe. Ces guerriers étaient alignés parfois par centaines et sur plusieurs rangs.

Au 6ème siècle, avec l’arrivée du bouddhisme au Japon ces représentations ont disparu.

Archer photo ancienne

Cette exposition n’est pas chronologique, elle est plutôt thématique. Nous découvrons tout d’abord l’équipement du samouraï sur de très belles photos anciennes :

Samouraï casqué
Deux samouraïs

Diverses pièces sont exposées dans des vitrines comme une veste de pompier matelassée toute décorée, divers casques, des poignées de poignards , des gardes de sabre. Chaque objet est une véritable œuvre d’art : les casques portent des représentations d’animaux symboliques censées effrayer l’ennemi : la libellule, le serpent enroulé, aussi le lapin (un lapin effrayant? oui pour un ennemi japonais!) . Les gardes de sabre ou les étuits de poignards sont des merveilles d’orfèvrerie

Tsuba : garde de sabre

plus curieusement cette représentation de l’équipement du guerrier accompagnée d’un navet (pourquoi un navet?)

Equipement de samouraï et navet

Le théâtre a utilisé les représentations  des combats, les samouraïs, objet de théâtre ou de parodie : le nô né au XIVème siècle, le kabuki XVIIème (théâtre outrancier et burlesque.

Histoire des 47 Ronins

L’Histoire des 47 Ronins occupe toute une salle. Basée sur un fait historique 1703 avec le suicide par éventration (seppuku) d’un maître suivi de celui des 47 disciples.  La série d’estampes raconte cette histoire : « Le théâtre des vassaux fidèles » avec de nombreux épisodes et luxe de détails aussi bien dans la représentation de combats que dans la vie quotidienne. elles sont l’œuvre de Uttagawa Hiroshige (1797-1858)

Histoire des 47 Ronins
Historie des 47 ronins (détail)

je regarde ces estampes réalisées au XIX ème siècle comme de véritables bandes dessinées d’une qualité graphique exceptionnelle.

Pas étonnant que la suite de l’exposition logiquement débouche sur les Mangas . Le mot « manga« est apparu à la fin du XVIIIème siècle. Le manga d’Hokusai commencé en 1814 est une collection de carnets de dessins. 

Conclusion de l’exposition : XXI ème siècle

Objet dérivé : figurine plastique

Il faudrait aussi partir du côté du cinéma : on peut assister à la projection d’un film muet de 1910 : « Le châtiment du samouraï » (Pathé) .Une collection d’affiches montre les films japonais ou non-japonais inspirés par la figure  du samouraï  :  Les 7 Mercenaires, La Guerre des Etoiles, Kagemusha, ghost Dog (Jarmusch), Kill Bill (Tarantino). Nous sommes arrivées bien loin du guerrier d’argile du Vème siècle!

Pionnières – Artistes dans le Paris des années folles au musée du Luxembourg

Exposition temporaire du 2 mars  au 10 juillet 2022

Suzanne Valadon : La chambre bleue

Il y a 100 ans déjà, dans le Paris des années 20, les femmes qui avaient gagné leur liberté en remplaçant les hommes dans les usines, les transports… Dans l’euphorie de la paix retrouvée, Paris était une fête et de nombreuses femmes artistes venues de tous les horizons ont été pionnières aussi bien dans la peinture, la sculpture, la photographie, le cinéma, les arts décoratif, la danse ou la littérature.

les Droits des Femmes

marevna : La mort et la Femme

L’exposition du Luxembourg est ambitieuse parce qu’elle tente de replacer ces pionnières dans le contexte de la société. En introduction à l’exposition : un document vidéo montrant les femmes travaillant dans une usine d’armement, conduisant un autobus, agentes de voierie…Faisant face à l’écran : une carte qui montre les origines de toutes les artistes présentées dans l’exposition, de la Russie, à l’Amérique, l’Inde et toute l’Europe. Un tableau montre aussi les luttes pour le droit de vote refusé par trois fois au Sénat, le droit de se syndiquer (1920).

Chana Orlof ; moi et mon fils

Comment les avant-gardes se conjuguent au Féminin

mela Muter : femme au chat

De nombreuses femmes connues ou oubliées maintenant sont proposées : littérature et cinéma : comment Sylvia Beach et Adrienne Monnier ouvrent chacune une librairie, cinéma de Germaine Dulac et courts-métrages de Loie Fuller,

Vivre de son art

Sophie Taueber : marionnette le roi cerf

Vivre de son art est la condition première de l’indépendance des femmes. Certaines ont inventé de fabriquer des marionnettes, des poupées-portraits (Sophie Taueber, Marie Vassilieff, ou des tableaux textiles d’Alice Halicka, sans parler de Coco Chanel

Marie laurenin : portrait de coco chanel

Représenter les corps autrement

De nouveaux modèles féminins apparaissent comme les Garçonnes, les sportives (1919 premier match de football féminin, Suzanne Lenglen) . De nouvelles stars comme Joséphine Baker, ou Suzy Solidor brillent dans le monde du spectacle.

Les femmes se représentent chez elles sans le regard du désir masculin, chez soi sans fard.

Tamara Lempicka

Une salle entière est dédiée à Tamara  Lempicka qui revendique un regard érotique sur le désir des femmes pour des femmes. 

Claude Cahun

Pionnière aussi pour le Troisième Genre avec les photos de Claude Cahun et les tableaux de Gerda Wegener mettant en scène son mari Lili Elbe, trans. 

Gernda Wegener : la sieste

Pionnières de la Diversité

Pionnières venues du Brésil : Tarsila Do Amaral ou d’Inde, des Etats Unis.

l’exposition se termine sur un feu d’artifice avec American Picnic.

C’était une exposition très dense (trop dense) très riche qui aurait peut être mérité un peu plus d’espace que les salles étroites du Luxembourg. Orsay ou Grand Palais (Petit?) avec la disparition des jauges Covid, on se bouscule. j’aurais aimé rester plus longtemps pour tout lire, mieux regarder les documents vidéo mais il y avait vraiment trop de monde de 15h à 16h. chosir un autre créneau.

Connaissez-vous Toyen?

Exposition temporaire au MAM de Paris du 25 mars au 24 juillet 2022

affiche

Une affiche énigmatique!

Un nom qui l’est autant. Homme? femme? de quelle origine?

« Marie Čermínová, dite « Toyen », née à Prague le 21 septembre 1902 et morte à Paris le 9 novembre 1980, est une artiste peintre tchèque surréaliste » Wikipédia

Toyen 1930

TOYEN vient du Français CITOYEN et ce choix ne peut que me la rendre sympathique. 

« 1919, Toyen a 17 ans. elle vient de quitter sa famille pour rejoindre les milieux anarchistes et communistes de Prague. » 

Et voici encore de quoi me la rendre encore plus sympathique!

C’est une grande rétrospective que le MAM lui consacre.

le coussin

j’ai beaucoup aimé ses tableaux de jeunesse, entre 1922 et 1929, les coloris frais, la recherche poétique du détail aussi bien dans le sujet que dans la technique, grattage, épaississement, pochoir(?),

1926 Fata morgana

 

les avaleurs de sabre

Cirque, variété, music hall, ballet, pantomime, mélodrame, café-concert, fête populaire […]spectacle sans littérature et hors la littérature sont la véritable poésie fraîche électrique, le plus possible non naturaliste

Une autre série en couleurs violentes, en tableaux plus grands, aux limites de l’abstraction évoque des paysages, des aires géographiques, des paysages sous-marins

1931
1931 dans les mers du sud

Pendant cette même période, sur des carnets; elle fait des dessins érotiques, ces tableaux de coquillages sont-ils des visions érotique?

Toyen surréaliste

Dans les années 1933-1934, elle passe à des tableaux plus sombres avec des fonds gris, des dégoulinades et des zébrures noires. Les titres : Homme de glu, Dans le brouillard, spectre jaune, spectre rose introduisent un nouvel univers : celui du rêve, du somnambulisme

1935 la Femme magnétique

Toyen travaille sans harnais de sécurité au-dessus du toit de son profond somnambulisme, divaguant sans  un geste, ressentant sans cesse une malédiction au dessus de l’ivresse » 1938

 

Effroi

De 1924, son premier voyage à Paris à 1939 où les surréalistes tchèques entrent en clandestinité, les voyages, les échanges épistolaires, les expositions surréalistes sont fréquents. En 1932, Toyen expose avec Max Ernst, Tanguy, Dali et Giacometti.  En 1935, Breton vient à Prague avec Eluard. Dans une vitrine, des photos de Man Ray une vitrine on voit des lettres très affectueuses d’Eluard. Nombreuses sont les illustrations des livres des surréalistes, Soupault.

les spectres, objets fantômes, son rêve (1937) est cauchemardesque.

les voix dans la forêt

1939 –  1946 Cache-toi,  guerre.

Cache toi guerre

Ces cauchemars sont-ils prémonitoires des horreurs de la guerre?

Pendant les années de guerre Toyen produit des cycles « Tir » et « Cache toi guerre » 

Tir
1945 la Guerre ou l’épouvantail de campagne

Elle cache pendant la guerre Heisler qui est juif. C’est avec lui qu’elle prendra la route de l’exil à Paris, fuyant le totalitarisme stalinien. Breton lui organise une exposition à Paris.

Le Nouveau Monde Amoureux (1967 -1980)

1968 le Nouveau Monde amoureux.

Toute une série de grands tableaux très sombres avec des formes indéfinies, des verts inquiétants des violets ou des marrons sinistres ne réussissent pas à me séduire, c’est trop monotone à mon goût.

1964 Le rêve

En revanche, la présence d’animaux même inquiétants comme des fauves, des hiboux ou des chiens de garde me plaisent.

 

1960 Nouent et renouent

Pour finir, Nouent er renouent est mon préféré.

Nueve Cuatro – Nicolas Laquerrière – Harper Collins

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

le pont de Choisy

Quand Babélio a proposé Nueve Cuatro roman policier se déroulant dans le 9-4, je me suis précipitée. J’aime lire des polars. Le 94 c’est chez moi! L’auteur est de Choisy-le-Roi , j’y vais presque tous les jours me promener au Parc interdépartemental des Sport, ou sur les bords de Seine.

Au premier abord, Henri le héros, retraité 71 ans, ancien comptable, heureux occupant d’un pavillon proche de la Seine, grand lecteur de policiers, diabétique au bout du rouleau, aurait pu être un enquêteur atypique qui ne pouvait que m’intriguer. Sa voisine, Clara, lycéenne disparaît. Henri se met en campagne pour le retrouver.

Suspectant un enlèvement ou un trafic louche, il part dans les quartiers louches de Ratigny (banlieue s’étendant de part et d’autres de la Seine, parcourue par l’A86, pavillons et cité). Je retrouve une géographie familière.

J’étais donc dans les meilleures dispositions pour passer un bon moment. Au bout d’une cinquantaine de pages, cela déraille. Un bestiaire de lapins, crocodile, cheval, traverse la ville, cela se veut fantastique, c’est raté. Henri se trouve propulsé dans un monde de petites racailles, de trafics d’extorsions de fonds, de traites de femmes.

Tout ce monde-là parle verlan, un dialecte djeun pas très inventif que l’auteur orthographie comme les Sms ce qui rend la compréhension difficile. Par exemple : « caillera » on comprend, « kaïra« , c’est déjà plus difficile. Parsemer les dialogues de whesh et wallah, cela fait peut être exotique pour les Parisiens, c’est facile et cela n’apporte pas grand chose. C’est même d’une pauvreté affligeante. L’argot pourrait être riche, créatif, imaginatif, drôle, le « djeun » simplifié est juste répétitif.

L’intrigue n’avance pas, les personnages stéréotypés, simplifiés, juste capable de se battre, de s’insulter, et dès que des armes entrent en jeu de se massacrer. Combats de coqs sans panache. Je m’ennuie. je m’ennuie même beaucoup.

Par politesse, je me sens obligée de lire le livre jusqu’au bout. Quelle punition, quelle corvée! Henri devient le superhéros avec sa voiture pleine de carabines, de moins en moins crédible. Et en dehors des luttes de pouvoir entre les divers truands, il ne se passe strictement rien. Les cadavres s’accumulent sans aucune conséquence, d’autres bandes surgissent, bien identifiées, elles serviront de cibles. on se dirait dans un jeu vidéo….

Je suis désolée de faire une critique si négative, je remercie l’éditeur et babélio pour le livre. Suis-je ingrate?

Akseli Gallen-Kallela – Mythes et Nature au coeur de la nature finlandaise – Jacquemart-André

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 25 juillet 2022

 

Akseli Gallen-Kallela 1865-1931), après des années de formation en Finlande étudie à Paris de 1884 à 1888. 

L’exposition au Musée Jacquemart-André offre un panorama sur l’œuvre variée du peintre finlandais.

Portraits naturalistes comme cette souffrance muette

Souffrance muette

Gallen-Kallela a su construire et aménager un chalet comme studio d’artiste dans la forêt pour sa famille et pour travailler en pleine nature. Un vitrail montre qu’il a utilisé des techniques diverses dans les arts décoratifs comme un tapis ondulant.

Bouleaux

Etudes botaniques avec une finesse inégalée

 

Huile, aquarelle, dessin, il a aussi utilisé la gravure en illustrant le Kalavala

GRavure

Il a aussi collaboré aux décors des Expositions Universelles en 1889 et 1900 avec des fresques sur les thèmes du kalavala

Nuages et reflets des nuages….

Deux salles de l’exposition montrent le symbolisme sur des thèmes plus ésotériques mais ce n’est pas ce qui me plait le plus.

mais c’est l’évocation de la nature finlandaise, de l’eau, de la glace, des reflets et des nuages qu’il m’a vraiment bluffée.

Reflets et bandes de glace, géométrie d’une débâcle.

Un rendu parfait de l’eau .

Neige aussi

 

Et même une tonalité japonisante avec ce fond doré

paysage japonisant?

 

la Maison Fournaise, Chatou, Exposition Renoir – l’Île des Impressionnistes

PEINDRE SUR LES BORDS DE SEINE

Le Déjeuner des Canotiers à la Maison Fournaise – Auguste Renoir

La maison Fournaise était un établissement recevant les Impressionnistes venus se réunir entre amis, peindre sur le motif, canoter sur la Seine. Renoir, Monet, Caillebotte ont fréquenté cette ginguette. 

Chatou : la maison fournaise

Comment faire revivre cette maison d’artistes si cotés que des originaux sont trop onéreux?

Autrefois j’avais vu une exposition Ziem moins célèbre que les peintres cités ci-dessus, peintre orientaliste avec de beaux tableaux de Venise, exposé en 2008. 

Ziem

Actuellement le Musée Fournaise présente Auguste Renoir de manière : virtuelle. J’ai décliné les casques de réalité virtuelle (j’ai horreur de me sentir harnachée) mais j’ai regardé avec plaisir un diaporama qui présentait les œuvres de Renoir confrontées à des tableaux célèbres du Louvre que Renoir connaissait sûrement. 

A l’étage, Alphonse Fournaise, le fondateur de l’Hôtel-Guinguette nous accueille assis dans le canot aux extrémités pointues et raconte l’histoire de son auberge. Auguste Renoir, ou plutôt son hologramme nous fait une leçon de peinture, parle des expositions, de son marchand Durand-Ruel, de ses amis, il nous fait aussi visiter son atelier. Les tableaux sont projetés sur des écrans, commentés avec intelligence. Il y a même des tablettes avec une sorte de jeu des sept erreurs à propos du Déjeuner des canotiers ; le jeu permet d’observer finement le tableau . 

Visite intelligente. Bien sûr, le contact avec la peinture réelle est indispensable mais les écrans et commentaires sont intéressants et je ne regrette pas du tout le voyage (une heure d’embouteillages pour arriver et autant pour rentrer.

Comme il était midi, nous avons déjeuné au bord de l’eau au restaurant Les Rives de la Courtille au bord de l’eau : cadre merveilleux, joli décor mais carte un peu chère pour rien d’exceptionnel. 

promenade en bord de Seine

Après déjeuner j’ai voulu faire le tour de l‘île des Impressionnistes qui edst formé de deux îles réunies par une digue autrefois pour le mécanisme de la Machine de Marly destinée à pomper l’eau de la Seine pour alimenter les Grandes Eaux de Versailles. Cette île très longue n’est heureusement que peu construite à l’exception d’un grand centre de Recherche de EDF. Le parc des Impressionnistes – un espace vert soigné et des installations sportives (tennis, équitation), occupe l’extrémité de la petite île tandis que la grande île comporte un golf et encore de nombreuses friches vers Carrières-sur-Seine. La promenade est étonnante.

Sur la rive de l’autre côté du Bras de Marly, j’admire d’abord de très belles maisons, villas et presque des manoirs à Chatou et Rueil, puis les berges de Seine deviennent plus industrielles avec des montagnes de graviers, gravats, puis des énormes réservoirs de carburants. Je passe sous le viaduc de Carrières puis deux ponts ferroviaires. Les tours de Nanterre dépassent et au loin, se profilent celles de la Défense. C’est étonnant de se trouver dans un endroit si sauvage à proximité des tours!

 

 

Whistler (collection Frick) au Musée d’Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 8 mai 2022

Venise : Le Cimetière

A al suite de la fermeture pour travaux du musée newyorkais, une partie de la collection Frick est exposée au Musée d’Orsay : 22 oeuvres, 4 peintures, 3 pastels, des eaux-fortes avec des œuvres des collections du Musée d’Orsay.

Canal vénitien

Né en 1834 dans le Massachussetts, Whistler étudia dès 1855 à Paris dans l’atelier de Gleyre ; il se lie à courbet, Fantin-Latour. En 1870, il s’installe à Londres qu’il quittera après le procès qui l’opposa à Ruskin. Ruiné il retourne à Paris, il voyage à Venise d’où il rapporte eaux fortes et pastels.

L’exposition montre également de grands portraits.

*Variations en violet et vert

Deux tableaux mettent l’accent sur les variations colorées, on devine une influence japonisante.

Symphonie en gris et vert

J’avais déjà vu les variations en violet et vert à Giverny à l’occasion de l’exposition des peintres américains.

Découverte de ce peintre au Petit Palais dans l’exposition des impressionnistes  à Londres.

Les dessins de Venise ont été une excellente surprise. C’est une exposition n’occupant qu’une seule salle, occasion d’admirer les autres richesses du Musée d’Orsay.