Le Luth d’ébène – une enquête de Léon le Protospathaire
Polar byzantin!
Savez vous ce qu’est un Protospathaire? et un spathaire? un stratège? un silentiaire? un tourmarque? Titres, grades des dignitaires de l’Empire byzantin confèrent une poésie et un mystère pour le lecteur moderne. Et la Césaréebyzantine est la Césarée d’Israël, ou Césarée d’Antioche, ou Konya en Cappadoce?
Dépaysement garanti.
Dans le temps, l’action se déroule en mai 832. Léon, le Protospathaire est envoyé en ambassadeur auprès du calife de Bagdad. Il fait étape à Césarée, arrive en plein drame et propose d’aider le gouverneur à faire la lumière sur la disparition d’une jeune fille.
Je ne vous raconterai pas l’intrigue, ni les subterfuges, masques et déguisements. Sachez seulement que vous allez pénétrer dans des casernes, un bordel, un monastère, un bazar aux tapis….que vous allez vous perdre dans les subtilités de la bureaucratie byzantine, dans les querelles théologiques, les identités mouvantes….et j’ai bien aimé cela.
Je lis avec toujours grand bonheur les polars de Petros Markaris pour le plaisir d’un bon polar, bien sûr., il n’est pas obligatoire de connaître Athènes et la Grèce pour suivre l’intrigue bien conduite.
Je me suis attachée au Commissaire Charitos, humain, perspicace, mais surtout tenace, qui ne lâche pas l’affaire même si, plus haut, on lui intime l’ordre d’abandonner. J’ai vu Katarina, sa fille, se marier, faire carrière comme avocate et juriste, Adriani, sa femme, parfaite maîtresse de maison, mitonner ses petits plats pour réjouir sa famille, même dans les moments les plus difficiles. J’ai suivi Zissis, l’ancien communiste, toujours au service de la bonne cause… Tous ces personnages racontent une Grèce actuelle, plutôt traditionnelle pour Adriani, plus moderne pour Katarina et son mari, aux prises avec la Crise. Comme souvent, l’auteur de polar fait mieux sentir le quotidien que le sociologue ou le journaliste.
Justement! quand Offshoredébute, la Crise est terminée!
Par quel miracle économique, le salaire des fonctionnaires est-il augmenté? L’optimisme gagne les consommateurs. Les voitures ressortent et les embouteillages de fin de week-end paralysent les routes comme au bon vieux temps d’avant la Crise.
Ainsi commence le roman, dans l’enthousiasme béat de la Croissance retrouvée. Sauf que les homicides suspects se succèdent : Lalopoulos, impliqué dans des affaires de pots de vin, de marinas et de blanchiment d’argent est une victime bien ordinaire et l’affaire ne semble pas très compliquée. la seconde victime est un armateur, gros poisson, cet assassinat est une affaire plus délicate.
« C’était qui ce Hardakos? – L’un des grands armateurs que nous ayons; Enfin, façon de parler. Ce n’est pas nous qui ‘avons, mais les Anglais.[…] -On se tue à réclamer les marbres d’Elgin aux Anglais. C’est nos armateurs qu’on devrait récupérer. Si nous avion deux sous de cervelle, c’est ça qu’on leur proposerait : gardez les marbres, rendez les armateurs »
Mais quand on trouve mort un journaliste qui, justement enquêtait sur ces disparitions, ces meurtres qui s’enchaînent embarrassent la hiérarchie et Charitos est démis de l’enquête…..Je n’en dirai pas plus.
Roman prémonitoire! En Grec, Offshore est paru en 2016. Les Panamas papers sont parus presque en même temps!
Et pour une coïncidence, ce n’est pas la seule. « La Grèce est sortie de la Crise! » a-t-on pu lire récemment dans la Presse. Sortie, peut être mais exsangue! La TVA à 24% sur les denrées alimentaires, cela plait peut être aux créanciers, moins au consommateur!
Et si on veut continuer le jeu des ressemblances : que dire de ces politiciens quadragénaire du mouvement ETSI qui ont quitté tous les partis, ni-droite/ni-gauche…jeunes affranchis de toute idéologie….qui subventionnent les entreprises , mais pas les retraités…
–« tu as des nouvelles pour les retraites? demande Zissis-« elles attendront. On dit qu’on va d’abord stimuler les investissements, pour doter la croissance et l’emploi, quant aux retraites on verra plus tard. »[….]-« Lambros, toi qui as tout vu et tout vécu, lui dis-je plaisantant à moitié, as-tu découvert quelque part d’où vient l’argent? » – « Toi qui es chrétien, tu ne devrais pas me poser cette question, » répond-il sérieusement – Pourquoi? – « parce que les Écritures saintes ne cessent de répéter qu’on n’a pas besoin de savoir. « crois et ne cherche pas » qu’est-ce que cela veut dire? crois que tu vas recevoir et ne te demande pas d’où. Et « Donne-nous notre pain quotidien »? Seigneur, donne-moi à manger, peu m’importe où tu trouveras mon pain demain …. »
Non seulement Markaris décrit avec vivacité le quotidien des Athéniens, mais il le fait avec humour, et j’ai beaucoup souri et même ri.
Espagnol ou Catalan? Par les temps qui courent….Il se déroule à Barcelone.
Roman policier? Burlesque, barré, invraisemblable. Il y a bien un commissaire Florès qui n’enquête pas beaucoup, préférant libérer un de ses indics qui se coltinera toute l’enquête. Il y a bien quelques cadavres, morts ou pas tout à fait.
Mendoza ne fait pas dans la dentelle mais quel humour! C’est un livre qui se déguste ligne par ligne, mot par mot, le sourire aux lèvres, parfois franchement en riant à haute voix.
Camilleri! J’achète systématiquement, sans 4ème de couverture ni recommandation des blogueuses. Il me transporte en Sicile et le plus souvent me fait rire. Aussi bien les enquêtes de Montalbano que ses romans historiques (avec une préférence pour les romans historiques).
Et pour une fois, pas de Sicile, ni Montalbano, ni de rigolade. Noir c’est noir!
Intermittence se déroule au pays du fric, des magouilles, des fusions-acquisitions, des arrangements avec les politiques, des licenciements et des pratiques très limites. Au pays du fric, les hommes ont un peu de temps, juste un peu, pour le sexe avec des femmes très sexy, pas forcément intelligentes, parfois si.
Peu de décors, tant pis pour l’exotisme! pas de descriptions! peu de suspense, beaucoup de cul. Je me suis un peu ennuyée.
Il existe une longue tradition d’écrivaines anglaises, la plus connue Agatha Chrisitie n’est sans doute pas étrangère au nom de la détective Agatha Raisin. On peut aussi citer Patricia Wentworth et son héroïne, Miss Silver, Ann Perry (en beaucoup moins soft)…. les potins et ragots de villages remontent à Cranford d‘E. Gaskell …..J’aime bien l’atmosphère feutrée, les meurtres élucidés avec une tasse de thé, ou une pinte de bière à la suite de potins, l’intervention miraculeuse du pasteur ou de la femme du pasteur…
J’étais donc impatiente de connaître la série des enquêtes d’Agatha Raisin. A la Claire Fontaine est l’opus 7 de la série, peut être aurais-je dû commencer par le début? Le calme d’un tranquille village pittoresque risque d’être troublé par l’exploitation industrielle de la source d’eau minérale. Le conseil municipal est divisé. Les associations de défense des Renards manifestent.
J’ai apprécié l’humour anglais de MC Beaton, mais je ne me suis pas laissé prendre à l’enquête. Les déboires sentimentaux d’Agatha Raisin vieillissante mais encore désireuse d’aventures amoureuses parasitent un peu trop le récit; Une cougar, pourquoi pas? mais cela prend un peu trop de place.
Le dénouement est téléphoné.
¨Peut être n’ai-je pas choisi le bon livre, le plus souvent les critiques sont élogieuses.
Après une série de lectures assez dures : le bombardement de Deraya (Syrie) les bombardements de la seconde guerre mondiale à Malte et le Grand siège de Malte, j’avais envie d’une lecture facile pour me détendre, un polar avec des personnages récurrents… Généralement j’aime bien flâner dans le Londres victorien d’Anne Perry en bonne compagnie.
La Disparue d’Angelcourtest le 30ème opus des enquêtes de Charlotte et Pitt. L’action se déroule en 1898.
Je me suis copieusement ennuyée au cours de cette très longue enquête (presque 400 pages). Je ne suis pas arrivée à m’attacher à cette disparue, une sainte ou un gourou d’une secte dont je n’ai pas compris les croyances, et encore moins le scandale qu’elles pouvaient provoquer. Les gens trop parfaits (ou trop méchants) m’ennuient.
J’ai trouvé le détour par l’Espagne décevants. L’hypothèse de la vengeance d’anciens collégiens rivaux tout à fait tirés par les cheveux. Commentune tricherie à un examen peut elle entraîner des meurtres horribles? Je n’ai pas cru aux implications géopolitiques de l’enlèvement, guerre entre l’Espagne et les USA à Cuba, courses aux armements. C’est une bonne piqûre de rappel pour ceux qui auraient oublié (et j’en suis) la géopolitique de la fin du 19ème siècle. Ann Perry est très forte là-dessus et je lui en sais gré, mais quand même c’est bien éloigné du propos de l’enquête.
Ce n’est donc pas un des meilleurs de la série, loin s’en faut, mais je retournerai me promener dans le Londres Victorien avec Pitt et famille comme je paresse devant la télé après une journée bien remplie!
« El Kouds », dit l’Arabe portant la main au front;
Le Grec cherchant le Christ, « Hyerosolyma » ;
« Yerouchalaïm » te nommons nous, fils prodigues de Sem ;
mais les jeunes peuples te saluent, ceinte d tes remparts,
D’un rayonnant « Jerusalem »
Arnold Zweig (1887-1968) en butte à l’antisémitisme du Reich émigra en Palestine dans les années 1930. Après la Seconde guerre mondiale il préféra construire le socialisme en RDA où il fut un écrivain reconnu.
Le sort s’est acharné sur son ouvrage Un Meurtre à Jérusalem écrit à Jérusalem, : publié en Allemagne en décembre 1932, il fut saisi dès avril 1933 pour être brûlé et passa donc inaperçu à sa parution. Ce n’est qu’en 1956, en RDA qu’il fut réédité mais défiguré par la censure communiste. Il ne put être publié dans son intégralité qu’en 1994. C’est pourtant un livre remarquable qui mérite de sortir de l’inconnu.
Roman policiercomme le suggère le titre? Certes, il y a une victime, le poète De Vriendt, qui a abandonné le sionisme pour l’orthodoxie. Il y a un policier, Irmin, des services secrets de sa Majesté, qui cherchera le coupable par devoir et aussi par amitié.
Roman historique : le meurtre a lieu à la veille des émeutes en Palestine 1929 qui ont fait 133 victimes juives et 110 arabes.
Jaffa street during the 1929 disturbances
Roman politique : toutes les composantes de la politique sont ici analysées avec beaucoup de précision.
Les britanniques ont Mandat sur la Palestine, et maintiennent l’ordre avec un minimum de troupes, jouant des rivalités entre juifs et arabes., n’intervenant que fort peu dans les émeutes pour protéger les Juifs.
On assiste à la réunion des cheikhs et des dignitaires arabes, véritable tableau. Les fellahs dépossédés bien par les propriétaires terriens qui vendent leurs terres, ne sont pas oubliés.
La communauté juive est encore plus hétéroclite, religieux agoudistes et sionistes s’opposent .Les juifs orthodoxes sont prêts à composer avec les dignitaires arabes pour limiter le pouvoir des sionistes. Même parmi les sionistes on distingue, les socialistes, ouvriers et kibboutznikim, et les nationalistes d’une part. Russes et Allemands ont des réactions différentes…sans parler des communistes qui prônent l’unité des travailleurs arabes ou juifs. Des discussions sans fin analysent toutes ces nuances et font ressortir les différences.
Roman philosophique le poète, De Vriendt est un personnage complexe. Pour certains, orthodoxes, c’est un dévot. Sa relation homosexuelle avec le jeune Seoud à qui il prodigue des cours le comble et le fait douter. Ses poème peuvent apparaître comme des blasphèmes
En vérité, c’est Toi le Prince des Ténèbres
Toi qui quand je suis né, m’as condamné à mort,
et lorsque grimaçant, je girai dans ma tombe,
De quel secours sera que Tu sois éternel
Qui a tué De Vriendt? Est-ce un crime d’honneur de la famille de Seoud, Irmin, le policier britannique l’avait averti de la menace. Est-ce un crime de rôdeur, de voleur, des arabes bien sûr, les voleurs ne pourraient être juifs, « sauf peut être au Kurdistan? ». Est-ce un crime politique, des jeunes nationalistes ne peuvent lui pardonner sa trahison, puisqu’il s’oppose aux sionistes, prêt à s’allier au Mufti… Un terrorisme juif s’attaquant à des Juifs paraît inconcevable, et pourtant….
C’est en tout cas un roman fort bien écrit. Chaque chapitre est un véritable tableau, décor personnages sont décrits avec soin et précision. le décor n’est jamais oublié, ni le climat, chaleur oppressante de la journée, recherche de la fraîcheur…. ni la nature. Ode magnifique aux paysages, montagnes de Jérusalem, Mer Morte, Carmel….
Le récit des émeutes est saisissant, vues par les juifs religieux comme un pogrom, par l’anglais, avec un certain flegmatisme, occasion de bravoure par les jeunes nationalistes, aussi fraternisations inattendues entre Juifs et arabes qui entretiennent des relations de bon voisinage. Humour et ironie ne sont pas absent même dans les moments tragique, comme ces protestations américaines qui réclament des navires de guerre britanniques dans « la rade de Jérusalem »…
« ....Dieu, il parle toujours, C’est un mec, comme ça, il peut pas s’empêcher de jacter. Mais le problème, c’est qu’on ne sait pas à qui. Autrefois, au début, il parlait aux patriarches, ensuite il a parlé à Moïse, puis aux prophètes, puis aux rois, puis aux petits prophètes<; Après, tu crois qu’il l’a fermée. Non! de nos jours, tu sais à qui il parle, Dieu? – Aux fous? – aux fous ! C’est ça! pas aux rabbins ; pas aux intellos, pas aux hommes d’affaires…Aux fous, rien qu’aux fous! «
A Zebraville, au Bongo, un putsch renverse le gouvernement. Quels Services secrets ont doublé la DST? Peut être le Mossad? 613 est donc un roman d’espionnage avec tous les poncifs du genre : poursuites en voitures, fusillades, faux-semblants, identités mouvantes. Qui est avec qui? qui est contre qui? Un bongolais est incarcéré à la santé. Abie Abbadie doit fournir aux autorités française une expertise psychiatrique du prisonnier.
Trois personnages se croisent Abie, le psychiatre, Samuel Katzman le clodo très porté sur le pinard – et Sebbag le flic, ils sont mis en présence de Bongolais juifs????? Il y a beaucoup de juifs dans le roman. D’ailleurs, plus que de politique africaine, il s’agira de pilpoul ou de traditions juives.
L’espion Dufer de la DST, devait sa réussite à « un véritable intérêt pour l’ethnologie. Avant d’accepter une mission, il épluchait tous les documents disponibles sur les habitudes culturelles et religieuses des populations au sein desquels il devait intervenir »
Tout le roman se déroulera selon cette ethnologie , concernant les habitudes culturelles et religieuses des juifs séfarades. Le personnage le plus haut en couleur est la mère d’Abie, originaire d’Alexandrie, dont elle a gardé le parler et l’habitude de citer des proverbes rimés en arabe égyptien,
« je comprenais d’où lui venait cette manie de faire des vers en arabe. Elle inventait des proverbes…Mais celui-là ça avait l’air d’être un vrai de vrai…Une phrase comme ça qui lui remontait au fond dues temps des pyramides »
Les voyageurs de l’avion Paris-Nice ont dû me prendre pour une folle à rire à haute voix!
« Oh, je ne me souviens plus…j’ai une maladie d’El Zeimour… – Alzeimer! On dit Alzeimer! Mais non c’est forcément El Zeimour! »
On découvre des personnages pittoresques, des situations cocasses, des superstitions, des rabbins à la limite de la sorcellerie. L’invraisemblance est de mise. Peu importe puisque c’est réjouissant! Pour goûter pleinement la saveur de 613, il vaut mieux avoir quelques notions d’arabe ou/et d’hébreu.
Au fait pourquoi 613? à cause des 613 mitsvot de la Torah.
J’avais lu avec grand intérêt Rome Brûle (Suburra2) (2016) . J’avais regretté de lire la série à l’envers, j’ai donc acheté Suburra (2013) pour combler cette lacune. Et m’apercevoir ensuite que la série est beaucoup plus longue avec eux autres romans : Romanzo criminale (2006) et Je suis le Libanais (2014). Ceci pour remettre de l’ordre au cas où les amateurs de romans policiers voudraient tout lire. Attention, ces livres sont des pavés et très violents! Je frôle l’overdose de règlements de comptes, vengeances, et coups tordus, je vais laisser reposer et je reprendrais ces ouvrages un peu plus tard.
Court prologue 1993, la suite se déroule à la fin de l’ère berlusconienne (2011), il y a même une scène somptueuse de la retransmission de la démission de Berlusconi (12 novembre 2011) traité de « mafieux » et de « bouffon » par la foule, dans une réunion mondaine de politiciens….mais le Premier Ministre n’est pas en cause dans ce roman. En revanche, la corruption dans Rome est le sujet de l’intrigue. Corruption, cocaine, prostitution et affairisme sont les ressorts de l’action qui mêle allègrement la pègre et le personnel politique, ainsi que certains fonctionnaires et même dignitaires ecclésiastiques.
Plusieurs familles se partagent les affaires, « ceux de la Romanina » les Gitans, « Ceux d’Ostie », des Calabrais, des Napolitains, et même une filière géorgienne. Nous assistons le long des 515 pages à la guerre des clans pour les territoires, le trafic de la cocaïne, et simplement pour les luttes de pouvoir. Le Samouraï, la personnalité la plus marquante, un bandit très classieux règne. Il faudra donc assister à de fastidieuses et interminables exécutions. Tout aussi répétitives, les préparations des innombrables rails de cocaïne et descriptions des effets de la-dite substance. Vulgarité du sexe tarifé…. J’ai trouvé des longueurs.
Ce bémol – violence et sexe sont des composantes obligées de la littérature du genre – ne retire rien à l’intérêt de l’analyse du fonctionnement des mafias. L’un des auteurs est journaliste, l’autre magistrat, leur récit est donc tout à fait crédible (malheureusement). Le contexte politique est aussi essentiel. Evidemment la promenade dans Rome est plaisante. J’avais été très scotchée par cet aspect dans Rome brûle – presque un témoignage. Le thème principal : la spéculation immobilière est aussi très intéressant.
J’avais été un peu perdue dans la foule des personnages de Rome Brûle, ils sont aussi nombreux dans Suburra, heureusement certains se retrouvent dans les deux romans. la psychologie des personnages est très fouillée : certains ne sont que des voyous primaires et brutaux mais d’autres ont des personnalités plus complexes et plus consistants. Le samouraï est particulièrement intéressant, alors que dans l’opus suivant, incarcéré, il tire les ficelles sans vraiment apparaître.
Une série passionnante (mais à consommer avec modération).
C’est un livre d’actualité. Il se déroule du 12 mars 2015 au 23 mai.
Politique fiction? En effet, c’est presque une enquête journalistique même si le nom du maire de Rome et de certains acteurs ont été modifiés. Ignazio Marino maire de 2013 à 2015, est sorti indemne du scandale de la Mafia Capitale (lire ICI l’article du courrier International) mais tombe quelques mois plus tard dans le scandale du dinergate à deux mois de l’inauguration de l’Année Sainte proclamée par le Pape François (les auteurs l’ont présenté en vedette américaine). La victoire du Mouvement cinq étoiles (20/06/2016) est prévisible, quoique absente du livre puisque il se déroule l’année précédente.
Et même si le roman n’avait rien à voir avec la réalité ce serait un excellent roman dénonçant la corruption et la mafia, montrant comment les chantiers (principalement celui du métro) sont gangrenés par cette corruption. Comment les fascistes infiltrent les syndicats de la ville.
Et même si les auteurs avaient fait une pure fiction, ce serait un excellent roman(bis) avec un humour décapant(twitter pendant la messe à Saint Pierre) ou but religieux du tracé de la Ligne C du métro : du Vatican à saint Jean de Latran pour l’Année sainte (mais nous l’avons expérimenté le métro n’a pas été terminé. Si les religieux ne sont pas épargnés, les communistes non plus! On rappelle la dérive du PCI vers le PD avec toutes les étapes, sur le mode ironique.
Moins drôles mais toujours très noirs, les groupuscules fascistes, dont la bêtise et l’ignorance peut être exploitée à tout et n’importe quoi…..
Un bémol vient du nombre des personnages que j’ai confondus pendant le quart du livre, difficile pour moi de les différencier, mais c’est un peu ma faute. Rome Brûle fait suite à Suburra que j’aurais dû lire avant. Et les Italiens ont dû retrouver dans ce roman à clé des personnages sans se perdre comme moi.