Passage des ombres – Arnaldur Indridason

LIRE POUR L’ISLANDE

Goupies d’Erlendur, vous serez peut-être déçues?

L’enquêteur est Konrad, à la retraite.  Il ressort  une affaire de 1944  à la suite de la mort suspecte d’un octogénaire discret et solitaire. Seule piste : des coupures de journaux traitant de la disparition d’une jeune fille. Étrangement, les archives ne conservent pas de trace de l’enquête ou d’un éventuel procès. 

Début 1944, de nombreuses troupes britanniques, américaines et canadiennes sont stationnées en Islande, dans l’attente d’un débarquement allié. L’Indépendance islandaise sera proclamée à Thingvellir le 17 juin 1944.

Quand Rosamunda est retrouvée morte par deux jeunes gens, un soldat américain et une jeune fille islandaise, la police militaire alliée enquête de concert avec la police locale. Cet afflux de soldats n’est pas sans conséquences sur la société islandaise.

« …Quittant les campagnes et leurs fermes, les gens affluaient vers Reykjavik en quête d’un avenir radieux. Un tas d’opportunités toutes neuves s’offraient à eux. Thorson ne leur avait pas parlé de la situation pour ne pas ternir la belle image qu’ils avaient gardé du pays; Ils s’était contenté de dire que l’occupation constituait un événement dans la vie de la nation et qu’elle en serait sas doute à jamais transformée. la vieille culture paysanne que ses parents avaient connue était vouée à disparaître…. »

La « situation » est le mot vague et pudique désignant les relations entre les jeunes islandaises et les soldats.

« Récemment, il (Konrad)avait lu un article expliquant que celles qui fréquentaient des soldats avaient eu pendant longtemps mauvaise réputation, mais les choses avaient évolué au fil du temps, avec l’apparition ds mouvements féministes. D’une certaine manière, la guerre aait libéré les femmes du patriarcat qui caractérisait depuis des siècles la société paysanne islandaise. Elles avaient conquis leur indépendance et c’était aussi pour cette raison qui l’opposition à ladite situation avait été aussi virulente. Les blanchisseuses qui travaillaient pour l’armée devenaient chefs d’entreprise et gagnaient plusieurs fois le salaire d’une ouvrière. Elles n’étaient plus sous la coupe de leur mari ni contraintes de trouver un époux sorti d’une ferme en tourbe : tout à coup, elles avaient la possibilité de parcourir le monde et d’aller dans des pays lointain aux bras d’un étranger. Leur esprit d’aventure s’éveillait…. » 

Cet aspect du polar est tout à fait intéressant.

Un autre éclairage concerne les croyances paysannes qui perdurent encore. Dans les campagnes la croyances aux elfes et aux trolls étaient encore vivaces. Quand une jeune fille avait subi une agression et un viol, on lui conseillait de raconter qu’elle avait rencontré un elfe. La disparition de deux jeunes filles « ayant rencontré un elfe » dans des circonstances analogues élimine la piste des soldats et oriente l’enquête vers un coupable islandais.

« Elle était très proche de la nature et aimait beaucoup sa région. Elle la connaissait parfaitement et connaissait les plantes et les oiseaux et elle…comment dire [….]Les gens comme elle croient peut être plus facilement aux elfes, aux démons, aux géants que les autres.

– Et vous vous y croyez?

 – Pas du tout […]je n’y vois qu »un phénomène social. je crois que les contes populaires nous permettent de comprendre l’univers mental des gens…. »

j’arrête ici, de peur de spoiler. Parce que c’est avant tout un polar, avec une énigme, une enquête, des personnages. A vous de les découvrir.

 

SNJOR – Ragnar Jonasson

Il ne se passe jamais rien à Siglufjördur,petite ville du nord de l’Islande qui a joui d une prospérité grâce à la pêche et au salade des harengs. La bourgade était même animée d une vie culturelle dont il reste un théâtre des musées et une élite intellectuelle.

Il ne se passe rien à Siglufjordur ! Les  habitants forment une communauté ou tout le monde se connait. On ne verrouille pas sa porte. Ari Thor venu de Reykjavik : pourra-t-il sonder les habitants ?Et pourtant, deux décès suspects ont lieu autour de Noël.

Siglufjordur est au bout du monde, enclavé entre des montagnes. Pour y arriver : un tunnel inquiétant et une route dangereuse en hiver.

Il neige beaucoup à Siglufjordur qui se trouve coupé du reste de l’Islande par une avalanche. Claustrophobie? L histoire se déroule en 2008 dans le contexte de la crise financière. Cette lecture tombe à pic à notre retour d’Islande. L ‘auteur décrit cette atmosphère particulière.

 

En revanche, l’intrigue policière est tirée par les cheveux. Je n’y suis pas entrée. Trop de coïncidences douteuses. La personnalité du jeune inspecteur ne m’a pas accrochée non plus. Ses hésitations sentimentales n apportent rien. Une réussite pour le contexte mais pas un polar sensationnel. Pour un autre polar islandais je suivrai Erlendu

L’Île déchirée

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Merci à Babélio et aux éditions Le Lamantin de m’avoir offert un voyage littéraire à Chypre avec ce roman policier!

Lecture facile, les pages se tournent toutes seules ( beaucoup de dialogues). Un galeriste est retrouvé assassiné dans la Green line, la zone de démarcation entre la zone grecque et la zone turque. Chypriote, résident à Paris, sa famille est originaire de la partie nord de l’île (actuellement turque). la piste du trafic d’antiquités nous fait emmène dans les monastères à la recherche d’objets liturgiques, d’icônes, de manuscrits…

Plus de  quarante ans ont passé depuis la partition de l’île en 1974 et les blessures restent ouvertes, ce que souligne le titre L’île déchirée cependant je suis un peu frustrée de rester sur ce constat simple. J’aurais aimé un peu plus sur les tentatives de réconciliations, de dialogues, aussi plus de détails sur la vie quotidienne (en dehors des considérations sur la chaleur qui règne l’été sur l’île, moi j’aime bien la chaleur). 

Une lecture distrayante, sans plus. 

La femme en vert – Arnaldur Indridason

LIRE POUR L’ISLANDE

 

 

Les blogueuses me l’avaient chaudement recommandé! Enfin, je vais faire la connaissance du commissaire Erlendur.

 

 

 

 

 

 

 

Rien de mieux qu’un bon polar pour entre par la petite porte, non touristique, dans l’intimité des habitants d’un pays que je m’apprête à visiter. Pas de geyser ni d’aurores boréales, mais un squelette retrouvé dans un lotissement en construction, en bordure de Reykjavik qui s’étend comme toutes les métropoles…

Pour exhumer les ossements, une équipe d’archéologues fera l’affaire afin de ne pas bouleverser la « scène de crime ». Un crime? peut-être?  Encore faudrait-il d’abord identifier la victime. 

Une rangée de groseilliers fournira le premier indice. Je prends conscience alors de la valeur des arbustes sous un climat si rude. Il y avit donc une maison, peut être plus…Erlendur remonte à la période maintenant lointaine de la Seconde Guerre mondiale, quand les armées britanniques puis américaines avaient des bases en Islande (je l’ignorais) .

Une histoire de violences conjugales fait irruption à plusieurs reprises dans le récit. Violences insoutenables. Récits difficiles à lire.

Ce n’est pas toujours une lecture plaisante, mais je suis accrochée et ne laisserai le livre (et ma chaise longue) qu’une fois l’énigme résolue. Fausses pistes, retournements de situations imprévus, des surprises.

346 pages lues presque d’un trait.

La dame de Reykjavik – Ragnar Jonasson

LECTURES ISLANDAISES

A deux semaines du départ pour l’Islande, j’ai voulu « partir » avec un livre à Reykjavik. J’ai donc téléchargé ce titre .

La dame, Hulda, est une policière à la veille de la retraite. Solitaire, elle envisage mal l’inactivité.

La première enquête met en scène une femme qui a renversé un homme puis pris la fuite. Enquête facile, l’homme accidenté est un pédophile qui s’est attaqué à son fils, les aveux sont faciles à obtenir!

Etre une femme à la soixantaine, dans la police, même en Islande, n’est pas toujours facile, son chef, un butor souhaite la remplacer au plus vite par un homme jeune et brillant. Il convoque Hulda pour qu’elle anticipe son départ.

Cette dernière sollicite une dernière affaire qui sera la disparition d’une jeune demandeuse d’asile, retrouvée noyée. C’est une affaire classée, mais Hulda soupçonne que l’enquête a été bâclée.

C’est un roman choral où trois histoires se mêlent : l’enquête de Hulda, l’histoire ancienne d’une très jeune mère célibataire et une randonnée qui a mal tourné. Chaque fois, la narratrice est une femme, mais on a du mal à s’y retrouver au début. Un autre protagoniste (le plus intéressant pour moi) c’est le climat islandais, le froid, la neige, la pluie dans un décor de laves noires, de glaciers ou de mer.

La lecture est facile, les chapitres courts mais le rythme est lent. parfois je m’ennuie un peu. La maladresse de Hulda avec son téléphone m’agace, on peut avoir 64 ans et s’adapter à la technologie! Cette rencontre avec un membre de son club de randonnées est inespérée, mais combien banale…

La fin est surprenante, mais à vous de lire!

A lire, en partance pour Reykjavik, donc…pour un suspens haletant vous passerez.

 

La Pyramide de boue – Andrea Camilleri

LIRE POUR L’ITALIE

Depuis un certain temps, je n’avais pas fréquenté Montalbano, préférant d’autres romans de Camilleri, j’aime bien espacer les romans d’une même série, puis les reprendre.

J’avais oublié comme c’était drôle, et encore bravo à Quadruppani, qui a su trouver les mots savoureux.

Mauvais temps sur Vigata! il pleut sans discontinuer et le sol est boueux,

« Le « fang » comme disait Catarella et peut-être n’avait-il pas tort, parce que la fange avait pénétré dans notre sang, elle en était devenue partie intégrante; la fange de la corruption, des dessous-de-table, des fausses factures, de l’évasion fiscale, des arnaques, des bilans truqués, des caisses noires, des paradis fiscaux, du bunga bunga… »

On a retrouvé un cadavre dans une canalisation, un cycliste qui est venu mourir là, dans la boue. On aurait bien voulu qu’il s’agisse d’une affaire de cocufiage. La femme du cycliste, une allemande, recevait des hommes, aux dires de la vieille voisine…

Montalbano s’oriente plutôt sur la piste des travaux publics, de la construction d’écoles…Mais je ne vais pas éventer l’affaire. A lire! un très bon cru.

Il n’y aura plus de nouveau Montalbano, mais je les ai pas tous lus

Trois Jours – Petros Markaris – Le Seuil

LIRE POUR LA GRECE

Petros Markaris est un auteur dont je guette les parutions. Sorti en Février 2019, Trois Jours n’a pas moisi longtemps dans la PAL. J’ai été un peu étonnée de ne pas trouver un gros polar analysant la Grèce d’aujourd’hui, mais un recueil de 8 nouvelles dont Charitos, le héros récurrent des polars de Markaris, n’est pas absent. Il résout rapidement la première énigme de l’Assassinat d’un Immortel et aura de la chance avec Crimes et Poèmes.

  • Nous, les Arméniens, les Grecs et les Juifs, nous sommes les trois mousquetaires dans ce pays. Quand l’un casse quelque chose, ce sont les trois qui paient. Et quand les Turcs veulent cogner sur l’un de nous, c’est sur nous trois qu’ils cognent »

3 Jours – nouvelle éponyme – la plus longue (66 pages) est aussi la plus émouvante. Elle donne la clé du livre. 3 Jours raconte le pogrom qui s’est abattu sur la communauté grecque de Constantinople – la Ville – en septembre 1955, à la suite des troubles à Chypre. Markaris est né le 1er janvier 1937 à Istanbul, il a été le témoin des événements de la nouvelle. On sent que son attachement à « la Ville » est réel, On le retrouve dans Ulysse vieillit mal

« je me contentais d’acquiescer en silence que je savais que les rums – les Grecs de la Ville – traînent derrière eux la malédiction propre à tous les minoritaires : ils ne se sentent bien nulle part; A la Ville, c’est la faute des Turcs ; en Grèce, celle des Grecs. Ils confirment ainsi le proverbe turc – « le présent fait regretter le passé » – qui montre que l’avenir n’est jamais rose. »

Markaris condamne tout nationalisme. Il est aussi bien en empathie avec des Turcs allemands qui doivent résoudre une énigme policière malgré le silence apeuré de la communauté turque. 

Nostalgie, mais aussi ironie et humour. Il tourne en dérision les travers de la société grecque contemporaine. Deux nouvelles se déroulent dans le milieu du cinéma qu’il connait très bien ayant été le scénariste de Théo Angeolopoulos – grand cinéaste dont je suis fan absolue -.

« Les metteurs en scène se font tuer, les flics écrivent des poèmes, les maisons d’éditions se changent en bistrots, la Grèce est mal barrée »

Ce dernier livre est donc une réussite! Peut être mon préféré de l’auteur.

Un Homme très recherché – John Le Carré

THRILLER/ESPIONNAGE

C’est un des problèmes majeurs de notre monde moderne, vous savez. L’oubli. La victime n’oublie jamais.
Demandez à un Irlandais ce que lui ont fait les Anglais en 1920 et il vous dira le nom de chaque homme qu’ils
ont tué, quel jour et à quelle heure. Demandez à un Iranien ce que les Anglais lui ont fait en 1953 et il vous le
dira. Son fils vous le dira. Son petit-fils vous le dira. Et quand il en aura un, son arrière-petit-fils vous le dira
aussi. Mais demandez à un Anglais…

Barlach

Depuis longtemps, je lis avec plaisir John Le Carré . Depuis que j’ai commencé à le pratiquer en VO, j’ai découvert la richesse du vocabulaire et apprécié encore plus son humour très british. Lire Le Carré nécessite un véritable effort et l’aide du dictionnaire. Quand le Rideau de fer est tombé, j’ai craint que ne tarisse sa source d’inspiration : la Guerre Froide. Mais l’écrivain a élargi son domaine de prédilection, restant dans l’espionnage, il s’est adapté au monde contemporain et à ses nouvelles complexités.

Un Homme très recherché se déroule dans un décor familier : Hambourg. Les Services Secrets de Sa Majesté qu’il connait bien subissent la concurrence des Renseignements allemands (qui après tout sont chez eux) et des Américains avec la brutalité qu’on leur reconnait après le 11 Septembre.

L’Homme très recherché est-il Issa, le Tchetchène? le terroriste ou le Dr. Abdullah; Docteur en Islam modéré, connu des médias, et collecteur de fond pour des causes humanitaires? Les deux intéressent les services secrets qui essaient de les utiliser dans la lutte anti-terroristes, à leur insu peut-être, sous la contrainte sans doute. Les deux autres personnes qui sont également manipulés : Annabel, l’avocate idéaliste et Brue, le banquier d’affaire. Manipulations, mensonges et vérités s’entremêlent avec virtuosité.

Issa n’a jamais été et n’est pas musulman. Mensonge. Issa n’a jamais été un militant tchétchène. Il n’a jamais été
militant de quoi que ce soit. Mensonge. Issa n’est qu’un fils d’espion tout ce qu’il y a de plus ordinaire, comme
moi, sur le point de réclamer son legs d’argent sale auprès de moi. Mensonge. Et il n’a certainement pas été
torturé ou emprisonné, et il ne s’est pas évadé, ça non ! Et il n’a pas le moindre rapport avec un prétendu
terroriste islamiste en cavale recherché par les Suédois et placardé sur les sites web de toutes les polices – y
compris, peut-on supposer en toute logique, celui des omniscients services secrets britanniques. Non, non et
non ! Le problème d’Issa, si c’en est un pour lui, est lié à des scories du passé….

L’auteur distille progressivement les finesses de ces manipulations avec des détails qui étoffent le récit. plus de psychologie que d’action dans ces manœuvres et ces jeux de guerre qui opposent les différents services entre eux. Les espions aussi jouent aux échecs entre eux. On se promène dans Hambourg, ses lieux chics, le port, la campagne du nord de l’Allemagne. Histoire et Géographie : Le Carré rappelle les affaires de blanchiment des fortunes des Russes à la génération précédente, coups tordus qui refont surface….

Mais je ne vous raconterai pas tout!

 

Un fond de Vérité : Zygmunt Miloszewski – Pocket

POLAR POLONAIS

Avec la Pologne, j’ai toujours quelques réticences, peur de rencontrer un antisémitisme virulent. Et avec ce livre, je tombe pile dessus!

Connaissez-vous la ville de Sandomierz?  Très ancienne ville médiévale, située sur la Vistule, ville pittoresque et touristique, où une importante communauté juive vivait avant la Shoah. Dans une de ses églises se trouve encore un tableau du peintre du XVIIIe siècle, Charles de Prévôt, ayant pour thème le meurtre rituel d’enfants chrétiens perpétré par des juifs. Ce tableau est à peine caché par un rideau. Le meurtre des enfants et la mise en scène du peintre joue un rôle central dans le thriller de Zygmunt Miloszewski.

Thriller addictif où le procureur Teodore Szacki mène une enquête  bien retorse.

Ela Budnik, notable de la ville, femme irréprochable est retrouvée morte, saignée à blanc sur l’emplacement de l’ancien cimetière juif. L’arme du crime trop facilement retrouvée est le couteau d’abattage rituel des bouchers juifs. Coïncidence, nous sommes justement pendant la semaine pascale!

Le procureur qui ne croit pas aux meurtres rituels,  redoute l’exploitation médiatique, et antisémite que la presse peut faire dans cette petite ville. Étrangement, le cadavre du mari d’Ela est retrouvé au dessus d’un tonneau destiné à recevoir le sang…..Szacki se documente sur les rites de la Communauté, sa culture auprès d’un rabbin assez improbable. Il demande à un archiviste spécialisé dans la généalogie de faire des recherches….

Je me laisse emporter dans le thriller, avec  mauvaise conscience. Les polars décrivent une société actuelle (ou passée), de mettent à jour les travers les plus noirs mais j’ai toujours peur de la complaisance et du voyeurisme. Le procureur, un divorcé morose au début du livre, fait des conquêtes inespérées chez ses collègues femmes, était-ce bien nécessaire à l’intrigue? Ces digressions m’ont passablement agacée.

En revanche le refrain « tout le monde ment« , mais il y a parfois un fond de vérité (pas toujours) laisse ouvertes toutes les hypothèses même les plus invraisemblables et permet tous les rebondissements jusqu’à la dernière page.

 

La Pension de la Via Saffi – Valerio Varesi

POLAR ITALIEN (PARME)

C’est une lecture de saison! L’action se déroule pendant la semaine qui précède les vacances de Noël avec  le dénouement  le jour de Noël. Parme est noyée dans le brouillard, tout juste comme la Région Parisienne aujourd’hui. Ambiance de circonstance!

Le centre de Parme (2004) s’est vidé de la population étudiante et laborieuse, bureaux et immigrés ont remplacé les autochtones. Seul résiste le barbier qui attend la retraite. Le commissaire Soneri ne retrouve  plus ses souvenirs de jeunesse dans la pension pour étudiants où logeait sa fiancée Ada et où l’on retrouve la propriétaire Ghitta assassinée.

L’enquête démarre doucement, très doucement.  Soneri revisite son passé autant qu’il cherche les indices pour résoudre l’affaire. Il marche en plein brouillard. Les mobiles du meurtrier (e) ne manquent pas. Ghitta était un personnage singulier, sa pension, un établissement louche, maison de rendez-vous. Soneri lève une affaire de corruption dans les affaires de construction de Parme qui se transforme…

Soneri revient sur ses années de jeunesse, années 70, années de plomb, quand les gauchistes avaient viré terroristes, quand les factions se faisaient la guerre. Années où le parti communiste italien était encore influent. Parme, de tradition ouvrière ancienne. Allusions aux années 20 et aux barricades de de 1922, Arditi del Popolo. Un goût d’Ettore Scola dans « nous nous sommes tant aimés » (avec 30 ans d’écart)... Nostalgie, qui donne un charme indéniable à ce polar lent. Un photographe à l’ancienne a gardé des clichés des manifestations ou des réunions des anciens militants. Soneri découvre une photo de son ancienne femme qu’il n’aurait pas dû voir….

Traditions de Noël. Il fut un temps où on faisait maigre la veille de Noël (ça c’est un scoop). Gastronomie parmesane. Evidemment, en planque Soneri trompe l’ennui ou la faim avec des copeaux de parmesan! Il est question de préparer (ou non) des anolini specialité de Parme, et bien sûr le jambon, bien gras….

J’ai beaucoup aimé ce livre et je reviendrai sûrement vers cet auteur.