Le sentier des douaniers : Saint Aygulf/Les Issambres – Fréjus

CÔTE D’AZUR

les Issambres Port Ferréol

L’Office de Tourisme de Fréjus propose une randonnée de 12 km(A/R) sur le sentier des douaniers du port de Saint Aygulf à la Calanque du four à Chaux en passant par 4 calanques.  On doit  remonter sur la route et retrouver le sentier aux Issambres. Aucune trace de cette randonnée sur Visorando. 

La plage de Saint Aygulf est bordée de très grands parkings payants (pour l’été). De l’autre côté de la route se trouvent les étangs de Villepey?

Saint Aygulf sentier côtier

Du parking, il faut passer le pont, je trouve le sentier des douaniers au bout du port de Saint Aygulf. Il est très agréable, cimenté avec des marches faciles. les petites criques se succèdent. Les rochers brillent au soleil avec leurs paillettes de mica. Ce sont des gneiss. Parfois, la schistosité est tellement marquée que les dalles ressemblent à du vieux bois avec ses veines en relief. parfois les cristaux blancs sont en relief comme des clous. Les cakiliers aux feuilles épaisses fleurissent bleu presque mauve. je trouve aussi une grosse orchidée Orchis géant (selon Pl@ntNet).

Il fait très beau, l’eau est transparente. Malgré la fraîcheur, plusieurs plongeurs chassent ; on voit leurs bouées orange. Le parcours est beaucoup plus facile qu’à Saint Raphaël même quand la banquette de ciment a disparu. A la calanque du Four à chaux je ne trouve plus ni marque jaune, ni passage. il faut remonter sur la route et je n’ai aucune idée de quand je vais retrouver le sentier.

les Issambres : viviers gallo-romains

J’appelle donc Dominique et nous continuons en voiture jusqu’au petit port de Ferreol aux Issambres . Le sentier côtier mène aux Viviers gallo-romains. les Romains élevaient des murènes et des muges(mulets) et les conservaient vivants dans des bassins creusés dans les rochers qui communiquaient entre eux avec un système de vannes. 

Je reprends le sentier des douaniers où je l’avais laissé à la Calanque du four à chaux , retrouve Dominique au parking de la plage et nous piqueniquons sur la plage bordée de beaux palmiers. Comme hier, je me promène sur la plage au bord de l’eau et arrive jusqu’à l’estuaire de l’Argens qui serpente sur la plage en déroulant ses méandres. L’Argens est une belle rivière avec un débit rapide : intraversable à gué. un sentier piétonnier va vers les étangs bordés de hautes cannes des roseaux, joncs et peuplé d’oiseaux. C’est un endroit très paisible, dépaysant « petite Camargue » selon la brochure de l’Office de Tourisme.

la ville de Fréjus

Fréjus Cathédrale et tour

Fréjus et son clocher pointu domine la plaine sur sa butte. C’est une petite ville provençale avec ses placettes ombragées de platanes rigoureusement élagués, ses maisons hautes, ses rues commerçantes étroites. elle est bien différente de la station balnéaire avec ses immeubles modernes alignés  le long de la corniche, ou son « port » marina de promoteurs immobiliers.

la ville romaine

Hermès bicéphale au Musée Archéologique

C’est aussi une ville historique : ville romaine fondée par Jules César en 49 av. JC. D’où son nom de Forum Julii. Elle dominait un  port important où l’on abrita les 300 galères prises à Cléopâtre et Marc Antoine lors de la bataille d’Actium (31 av.JC) . La maquette du Musée Archéologique montre une ville romaine importante avec son théâtre, son amphithéâtre, son forum…Mais on ne retrouve pas la ville entière sur un site archéologique : les monuments sont dispersés dans la ville actuelle. Le théâtre est dans un quartier pavillonnaire, nous avons vu l’aqueduc ans la campagne et sommes passées le long des murailles impressionnantes. la géographie a changé, la côte était située à l’intérieur des terres actuelles. 

Antéfixes

Une mosaïque entière a été déplacée, elle est visible au Musée : une panthère encadrée de motifs géométriques (j’en ai vues de plus spectaculaire à Naples, en Tunisie, à Chypre…). on a reconstitué une pièce d’une villa romaine avec ses peintures intérieures. Rien d’exceptionnel non plus.

En revanche la tête de Zeus en marbre et celle d’Hermès bicéphales sont de très belle facture.

la Cathédrale et le cloître 

Fréjus : cloître

La façade de la cathédrale est cachée par un échafaudage, j’entre dans le narthex très vaste , très haut, encadré de 4 énormes piliers  surmontés d’un clocher roman pointu tandis qu’une tour carrée coiffe l’abside de la nef. . je suis étonnée par les dimensions impressionnantes de la nef (13ème) siècle que rien ne laissait présager de l’extérieur. Le plan montre que deux églises furent accolées.

le baptistère est très ancien, daté du 5ème siècle, il comporte une niche 2ème/3ème siècle

Planchettes peintes au plafond de la galerie du cloître

Le cloître est tout à fait merveilleux. 12ème -13ème siècle  d’assez petite taille mais sur deux niveaux. Le plafond de la galerie est remarquable ; il a un rôle porteur grâce aux solives transversales avec un système d’encorbellement. entre ces solives de petites planchettes sont peintes ; il y en avait 1200, il en reste 300.  Œuvres de peintres ambulants au 14ème siècle sur des thèmes religieux mais aussi profanes donnant une image de la vie avec un goût prononcé pour la farce : scènes de chasse, de chevalerie, danse, jeu personnages hybrides, chimères.

 

 

Saint Raphaël, Fréjus et le Cap Dramont

CÔTE D’AZUR

porty de Poussai : barques

Pluie au réveil et prévisions météo médiocres. 

9h15, le dimanche matin, la route d’Agay à Saint Raphaël est déserte. Nous avions prévu de longer le bord de mer, laisser la voiture au « vieux port » et de se retrouver un peu plus loin au port de Plaisance, Dominique en voiture et moi à pieds. D’après notre documentation, un marché des pêcheurs se tiendrait au vieux port. Poisson pour déjeuner?

Passé le grand et moderne Palais des Congrès, la circulation est déviée: le Carnaval se tiendra cet après-midi. La déviation nous conduit à l’intérieur de la ville et à la sortie à Fréjus. Fréjus et Saint Raphaël se touchent : un pont les sépare.

A Fréjus, c’est jour de marché qui se tient sur la corniche en bord de mer. Les marchands forains ont déballé leurs étals : fringues « pas du tout Côte d’Azur », bas de gamme. Sur une place, un peu en retrait se tient le marché alimentaire.

Sur le front de mer de Fréjus, des immeubles de ciment, constructions un peu vieillottes. Au rez de chaussée des cafés et des restaurants populaires et bien sympathiques. Nous retournerons à Fréjus, la ville historique est intéressante avec des antiquités romaines.

Saint Raphaël : vieux port

Encore une déviation et nous revoilà au Palais des Congrès de Saint Raphaël et nous trouvons une place de parking au port Santa Lucia où je peux retrouver l’itinéraire prévu sur la corniche et observer les préparatifs du Carnaval. Un vigile me chasse alors que je m’approchais pour photographier un éléphant. Plus loin on gonfle des animaux colorés : éléphant bleu, zèbre, panda qui s’envoleront comme des cerfs volants. 

Saint Raphpaël : Carnaval

Stèles et statues, et nom des rues commémorent le Débarquement de 20.000 GI le 15 Aout 1944. 

Un autre débarquement s’est déroulé à Saint Raphaël  : le 9 octobre 1799, Bonaparte, de retour d’Egypte, célébré par un obélisque et rappelé par le jardin Bonaparte qui surmonte un parking, jardin contemporain très réussi. En 1814, Napoléon s’embarque de Saint Raphaël pour l’Ile d’Elbe. 

le Marché des pêcheurs, poissonnerie moderne ne correspond pas à ce que j’imaginais.

Déjeuner à La Canne à Sucre

Pendant que j’arpentais la Croisette, Dominique a exploré la série de restaurants qui bordent le port Santa Lucia et a retenu une table à La Canne à Sucre joli petit restaurant avec une terrasse derrière des rideaux de plastique transparent : jolie salle blanche et bleue bien décorée au thème marin. L’accueil est très chaleureux : le patron se tient à la porte, invite les passants, il passe entre les tables, présente els plats, les desserts et revient bavarder avec les clients. Au menu, plats de poissons et salades exotique, y compris arménienne. La marmite du pêcheur luxueuse avec homard, gambas, poisson, moules et crevettes est à 44€. Nous nous contentons plus modestement de moules et Frites pour Dominique et sardines grillées. Mention spéciale pour les frites-maison délicieuses. le serveur commente « je les ai épluchées, coupées.. » Un café gourmand pour terminer. Nous recommandons!

Randonnée au Cap Dramont

la plage du Camp Long vue de la Batterie d’Agay

la  promenade commence à La Plage du Camp Long qu’on trouve sur la route principale en direction d’Agay. La quitter au  panneau « Tikki plage ». Le sentier part du parking (balisage jaune).

Première étape : La Batterie d’Agay (installations militaires qui ont servi aux Allemands) . Elle est située sur un piton, le panorama à 360°. la mer est merveilleuse, verte, transparente dans la crique du Camp Long, bleue brillante vers Agay avec des roches rouges très découpées et le vert des pins et des buissons. les asphodèles sont prêtes à fleurir.  La lavande déjà fleurie ne sent rien, trop frais. Les chêne-liège ont des troncs tortueux, les pins sont fournis. 

Cap Dramont

Pour grimper au Sémaphore (terrain militaire grillagé) une route cimentée très raide est en construction. Arrivée en haut, il n’y a rien à voir et il faut redescendre par le même chemin.

Le sentier littoral est très bien entretenu et très fréquenté en corniche sur un versant très escarpé. les roches rouges sont spectaculaires.

Cap Dramont Île d’Or

Le Port de Poussaï est très mignon avec ses petites barques colorées et de vrais bateaux de pêches. En face, sur l’Île d’Or, se dresse une haute tour.

Agay, résidence Agathos notre bastidon

De retour à la Résidence Agathos, à notre bastidon, sous une belle lumière nous traversons notre pelouse pour profiter de « notre » plage, la Plage des Beaumettes , je découvre les très belles maisons du voisinage. Dommage il fait trop frais pour se tremper les pieds!

Le Cousin Pons – Balzac

LESCTURE COMMUNE : BALZAC

le cousin Pons et son spencer-Empire

Le Cousin Pons est un roman très sombre de la Comédie Humaine.

Sylvain Pons est un musicien qui a eu son heure de gloire sous l’Empire

« auteur de célèbres romances roucoulées par nos mères, de deux opéras joués en 1815 et 1816… »

Il a gardé de cette période faste, le costume spencer démodé au temps où se déroule le roman (1844) et l’habitude des dîners fins en ville qu’il fréquente encore pique-assiette, toléré à la table de lointains cousins d’une famille bien élargie d’où son nom de « Cousin Pons ». Il vit chichement de son poste de chef d’orchestre dans un Théâtre de Boulevard en compagnie d’un pianiste allemand Schmucke. Les deux musiciens sont inséparables, dans le quartier on les appelle « les casse-noisettes ». Ils logent rue de Normandie dans le Marais et la portière de la maison, Madame Cibot tient leur ménage.

En plus de la gourmandise, Pons a une autre passion : la brocante. Alors que les  Camusot, le notaire Cardot, le comte Popinot méprisent ce parent pauvre,  une anecdote suggère l’importance de la collection d’art de Pons : il offre un éventail décoré par Watteau, dédaigné par la Présidente de Marville qui ne connaît même pas le peintre et qui lui joue un sale tour. C’est le début de la brouille entre Pons et ses parents fortunés. C’est aussi l’entrée en scène de madame Cibot, la portière.

Pons faisait de vains efforts pour répondre, la Cibot parlait comme le vent marche. Si l’on a trouvé le moyen
d’arrêter les machines à vapeur, celui de stopper la langue d’une portière épuisera le génie des inventeurs.

Tandis que la famille de Pons le méprise, madame Cibot éclairée par  le brocanteur Rémonenq découvre la valeur des tableaux du Musée-Pons qui contient des Raphaël, Dürer, et des objets exceptionnels. 

« Ici commence le drame, ou, si vous voulez, la comédie terrible de la mort d’un célibataire livré par la force des
choses à la rapacité des natures cupides qui se groupent à son lit »

Rejeté par ses parents, Pons tombe malade et se trouve sous l’emprise de Madame Cibot qui va tendre le piège fatal pour dépouiller les musiciens naïfs. Elle trouve dans le quartier des complices qui ont tous intérêt à profiter de cette bonne fortune : le brocanteur, le marchand de tableau Magus,  le médecin Poulain, l’homme de loi Fraisier et toute une clique peu recommandable. La machination est infernale. L’issue inéluctable. le lecteur assiste à l’agonie du musicien puis à celle de son ami.

« mais, après tout, vois-tu, la vie est bien triste, les entrepreneurs chipotent, les rois carottent, les ministres
tripotent, les gens riches économisotent… Les artistes n’ont plus de ça ! dit-elle en se frappant le cœur, c’est un temps à mourir… Adieu, vieux ! »

Balzac détaille tous les rouages de cette machine infernale et les dessous de l’ascension sociale de ces intrigants impitoyables. Et comme d’habitude, il nous surprend par une visite chez une voyante, une autres dans les coulisses du théâtre. On ne s’ennuie pas sauf pendant les commérages et bavardages de la Cibot, mais c’est à dessein….

Une pause pour le blog pendant la découverte de la Côte d’Azur

Découvrir les villages perchés

. Parcourir les sentiers côtiers . Se promener dans les Maures et l’Esterel. Retrouver ces paysages peints par les artistes les plus fameux.

Des vacances comme un stage d’histoire de la peinture du XXeme siècle

Des randonnées à couper le souffle

Quand aurais je le temps d écrire ?

A bientôt à notre retour

428 – Une année ordinaire à la fin de l’Empire Romain – Giusto Traina – Les Belles Lettres

EMPIRE ROMAIN

Giusto Traina est universitaire, professeur d’histoire ancienne. Il s’agit donc d’un livre d’Histoire sérieux bourré de bibliographie et de notes (100 pages). Ce livre n’est pourtant pas inaccessible au profane, des cartes permettent de s’orienter dans les toponymes parfois oubliés.

Pourquoi l’auteur a-t-il choisie cette année 428? La réponse est dans le titre : une année ordinaire dans l’Empire romain,  peu d’évènements marquants : le roi d’Arménie est déposé, incapable, à la demande des nobles arméniens, fin d’une dynastie. Nestorius, évêque d’Antioche, vient prendre le poste d’évêque de Constantinople. Nous suivons son périple de Syrie à la Ville, traversant l’Anatolie.  Nous allons, d’ailleurs, beaucoup voyager au cours de cette lecture, dans l’empire et à ses frontières – limes.

Ravenne : mausolée de Galla Placidia

A la tête de l’Empire d’Orient, se trouve Théodose II, entouré de sa sœur Pulchérie et de sa femme Eudoxie. Les controverses religieuses sont vives entre courants ecclésiastiques et monachisme , des conciles se réunissent pour éliminer les hérésies, Theodorius sera d’ailleurs déposé au concile d’Ephèse (431)  . On rencontre en Syrie Siméon le stylite qui attire les foules perché sur sa colonne de 9 m de haut, Rabboula,  d’une rigueur ostentatoire.  A côté de l’orthodoxie l’arianisme est adopté par les Goths, manichéisme et zoroastrisme viennent de Perse et ont des adeptes. Le paganisme est encore vivace, sous forme de syncrétisme parfois, ou plus officiellement à Athènes où les philosophes font encore école. Eudoxie, l’impératrice est grecque et ne s’est convertie au christianisme à son mariage. Les controverses religieuses m’ont paru assez absconses pour la non-spécialiste que je suis et j’ai parfois lu en diagonale. 

Ravenne San vitale pour le plaisir

A la tête de l’Empire d’Occident : Valentinien III est le cousin de Théodose II. mais on note la forte personnalité de Galla Placidia, fille de Théodose Ier et mère de Valentinien. La capitale politique de l’Empire d’Occident est Ravenne . A Rome, règne le pape Celestin et les sénateurs se réunissent encore. Le paganisme résiste encore. La ville se remet du sac d’Alaric (410) et se reconstruit. 

Les Barbares ne menacent pas encore l’Italie, si les Burgondes sont installés en Aquitaine, le général Aetius remporte en 428 une victoire à Cologne et à Mayence sur les Francs. D’ailleurs les armées d’Aetius comportaient des barbares des Huns notamment.   L’auteur note que :

« comme dans le poème de Kavafis En attendant les Barbares, les membres du clergé de Gaule voyaient dans l’invasion une solution à leurs problèmes »

En 428 Gunderic, roi Vandale, s’empare de Séville. Les Vandales étaient établis en Espagne avant de déferler sur l’Afrique du nord. Ils étaient convertis à l’arianisme.

En Afrique du nord, nous rencontrons Saint Augustin, évêque d’Hippone âgé de 74 ans. 

Nous avons ainsi fait un tour de la Méditerranée avant de nous intéresser à l’Egypte où Cyrille, adversaire des Juifs et des païens dirige une véritable milice à Alexandrie. Le christianisme se développe dans les fractions populaires non hellénisées en une église copte. Chenouté abbé des communautés cénobites du Monastère Blanc est un représentant du peuple opprimé. Le Ramasseum et les temples païens sont martelés. mais il reste encore des traces des religions préchrétiennes. Le temple d’Isis à Philae est encore ouvert au culte. 

De l’Egypte on passe en Palestine avant de terminer le périple en Perse...

Un beau voyage!

 

Le Violoniste Mechtild Borrmann – Ed Le Masque

LES FEUILLES ALLEMANDES

Pour terminer la série « Les Feuilles Allemandes » comme je l’avais commencé  : un thriller de Mechtild Borrmann très réussi. 

Comme l’histoire vous réservera du suspens, pas question de spoiler et de raconter l’intrigue. Sachez seulement que le Violoniste était Russe, qu’il possédait un superbe stradivarius et qu’il a été interpellé à la sortie d’un concert, mené à la Loubianka. 

Comme Sous les décombres de la même auteure, trois histoires s’entrecroisent, à 3 époques différentes, en trois lieux distincts, en 1948 à Moscou, puis  en déportation, en Sibérie et au Kazakhstan, enfin en Allemagne en 2008. Trois générations.

Des horreurs du goulag à la toute puissance de la mafia russe.

Une intrigue bien ficelée qui vous tiendra en haleine.

Stefan Zweig/Joseph Roth – Correspondance (1927 – 1938)

FEUILLES ALLEMANDES

Après avoir lu Fouché de Zweig, Tarabas et la Crypte des Capucins de Joseph Roth, quel plaisir de rester en compagnie des deux auteurs et de parcourir leur correspondance. Correspondance de deux nomades : leurs lettres ont pour adresse des hôtels à travers l’Europe. Roth voyage beaucoup, pour son travail de journaliste, tout d’abord. puis, sur la fin il s’exile à Paris tandis que Zweig s’installe à Londres. 

Bavardage de deux amis. Roth écrit souvent, il évoque ses problèmes d’argent, la maladie de sa femme qui assombrit sa vie, donne ses nouvelles adresses. Zweig répond avec une grande gentillesse. Certaines lettres sont prosaïques et n’offre pas beaucoup d’intérêt pour le lecteur profane. Certaines évoquent la publication de leurs livres respectifs. Certaines sont déchirantes, quand il se sépare de sa femme, quand il raconte son alcoolisme.

Les spécialistes de ces deux écrivains ont sûrement lu avec plus d’attention que moi ces lettres que j’ai parfois parcourues en diagonale quand il s’agissait des démêlés avec les éditeurs ou les ennuis d’argent. C’est une correspondance souvent très émouvante.

 

Stavros sur la route de la soie – Sophia Mavroudis

LIRE POUR LA GRECE (ATHENES)

C’est un roman policier qui se déroule à Athènes en Juin 2020, juste au moment du déconfinement. Quelle meilleure manière de retrouver la liberté que de boire un verre au coucher du soleil sur l’Acropole?

L’Acropole s’illumine du roof-top de l’hôtel Economy, moins chic que pour Stavros mais un excellent souvenir

Les polars explorent les ressorts cachés d’une ville, spéculation immobilière, corruption, magouilles politiques ou autres….ils nous conduisent dans les coulisses inaccessibles aux touristes.

Stavros ne suivra pas les caravanes en Asie Centrale. La Route de la Soie passe par le Pirée. le port est le hub du commerce maritime entre l’Asie et l’Europe. Occasion de développer au cours du roman toute une analyse géopolitique et économique fort intéressante. Trop heureux de se sortir de la Crise économique qui les asphyxiait, les Grecs ont accueilli les Chinois sans mesurer l’emprise de la Chine sur la marine grecque mais aussi sur l’immobilier et la construction, aussi sur les conditions de travail sur le port, la négation des droits syndicaux.

Un homme d’affaires chinois est assassiné sous les yeux de Stavros. Ce dernier découvrira aussi le meurtre d’un journaliste trop curieux. L’essentiel de l’enquête sera effectuée par Eugenes, le hackeur de service, capable de cracker n’importe quel mot de passe et de s’introduire dans les comptes de n’importe quelle banque… Stavros et ses collègues passent un non moment au bar de Matoula, histoire de donner un parfum grec à cette affaire : occasion de rappeler toutes les variantes de cafés qu’on peut commander à Athènes, un peu de folklore ne nuit pas!

Si l’aspect économique est passionnant, l’aspect humain manque de chaleur. Les policiers sont à peine esquissés. Les Chinois se ressemblent tous à part la super-espionne, superwoman. Beaucoup de clichés. C’est donc une lecture agréable, fluide que j’ai dévorée en une journée.  Je reprendrai volontiers un autre opus des aventures de Stavros à l’occasion.  Toutefois, n’est pas Markaris qui veut, et Charitos et sa famille n’ont pas à redouter la concurrence.