Nouvelle écrite en 1953 à la demande du Reader Digest, traduite en de nombreuses langues. « C’est un des textes dont je suis le plus fier » affirme l’auteur .« Alors offrons ce texte de révolutionnaire à tous nos amis, poussons-les eux aussi à changer le monde pour que nos petits gestes en apparence inutiles s’accumulent. »Des décennies avant La part du colibri de Rabhi, Jean Giono présente un homme exemplaire, un berger solitaire, dans une Provence quasi-désertique qui se donne la mission de semer des glands. Deux Guerres mondiales plus tard, des forêts verdoyantes ont modifié le paysage, jusqu’au climat et à l’hydrographie. « Il avait jugé que ce pays mourait par manque d’arbres. il ajouta que, n’ayant pas d’occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de chose »Je savais que cette nouvelle était une fiction, et j’ai voulu y croire. peut-être que j’y crois très fort.
Tréguier maisons à pans de bois. A droite la Maison de Renan à gauche « à vendre »
Sous un soleil radieux, cette Journée du Patrimoine est l’occasion de nombreuses visites qui commencent toutes à 10h30. Je peux flâner dans la ville en attendant.
Parking place des Halles juste en dessous de la cathédraleSaint Tugdal Autour de la Place des Halles : d’un côté des maisons à pan de bois curieusement incurvées au premier étage, en face le mur du cimetière fleuri d’une épaisse guirlande orange et rouge surfinias mélangé à d’autres fleurs. En dessous la fine table de pierre des poissonniers les jours de marché (le mercredi)
Cathédrale de Tréguier : remarquer les couleurs des cartes coeur, pic carreau et trèfle sur le clocher
En face de la Cathédrale Saint Tugdal, Autour de la place : pâtisseries, cafés, boutiques diverses. Je monte par les rues qui se faufilent entre maisons à pans de bois et façades de granite élégantes et qui conduisent aux austères bâtiments d’un couvent. Lorsqu’on découvre la ville de Tréguier on est impressionné par l’importance de ces bâtiments ecclésiastiques, Palais épiscopal, Séminaire, monastères, couvents…
Tréguier La Douleur
Je retourne à la voiture poser les pâtisseries du pique-nique de midi et emprunte un nouvel itinéraire, le long du cimetière pour arriver à l’Hôtel de Ville après avoir traversé un jardin ressemblant un peu à un labyrinthe avec des rangées de charmilles. Je passe sous un porche pour me trouver de l’autre côté de la Cathédrale devant une belle statue de pierre sombre : La Douleur – monument aux morts de la Grande Guerre ; une veuve est assise, elle porte la coiffe de Tréguier. Du coin de la place s’élève une rue bordée de maisons de notables aux façades soignées. Des venelles aux vieilles pierres de granite émoussées fleuries de pâquerettes des murailles (Erigeron karvinskianus) au feuillage très léger comme de l’asparagus. L’une d’elle est la Venelle des Trois avocats, quel nom pittoresque!
la Maison de Renan
Renan et Athéna sur la place de la Cathédrale
10h30, retour sur la Place des Halles pour la visite de la Maison de Renan. C’est une maison à pans de bois peinte en orange. Maison d’armateur, les notables les plus riches de la ville, située dans une rue qui descend vers le port. Elle est même équipée d’une vigie, pièce sous le toit permettant à l’armateur de surveiller ses navires rentrant au port.
Ernest Renan
La visite commence par un vidéogramme de 20 minutes. je connaissais le nom de Renan, je savais qu’il avait écrit La Vie de Jésus qui avait fait scandale en son temps mais j’ignorais tout de l’homme. Ernest Renan est né à Tréguier en 1823. Il a fait dans la ville ses études secondaires. Elève brillant au séminaire, il se destine d’abord à la prêtrise puis s’en détourne et étudie à paris les textes sacrés en latin, grec et hébreu, devenant un spécialiste en philologie. Napoléon III lui confie une mission archéologique en Palestine « en Phénicie » . Il rédige La vie de Jésus à son retour. Sa parution fait scandale et il est révoqué de son poste au Collège de France, poste qu’il retrouvera en 1870. Il voyage aussi en Grèce, ce qui explique la statue de la place en compagnie d’Athéna, déesse de la raison. Un nouveau scandale éclata quand on érigea la statue. A ma suite de manifestations houleuses on décida d’installer un calvaire pour contrebalancer la statue laïque.
Deux pièce à l’étage contiennent des souvenirs de Renan. Dans une pièce on a reconstitué le bureau du collège de France avec sa bibliothèque. Une exposition de photographies deNadar est particulièrement bienvenue. Les portraits de contemporains de Renan font revivre la vie intellectuelle de cette époque. On y voit George Sand, Garibaldi, Victor Hugo, Sainte Beuve, Gambetta, les frères Goncourt….Chaque portrait est accompagné d’une notice biographique présentant le personnage et un court texte de Renan. Admiratif pour Hugo et George Sand, vacharde pour Sainte Beuve et les Goncourt.
Renan est considéré comme le précurseur de la Laïcité préconisant dès 1871 la Séparation de l’Eglise et de l’Etat.
J’ai beaucoup aimé cette exposition et téléchargé La Vie de Jésus.
Ce « jardin suspendu » se trouve sur une pente très raide dominant l’estuaire du Jaudy.
Son histoire remonte à 1880 quand Aristide Tallibart, un marchand revenant de Constantinople, fut mis en quarantaine au pied du roc et imagina d’y construire une villa d’inspiration orientale. Son fils bâtit au début du XXème siècle un manoir néo-breton. En 1965, le nouveau propriétaire, ingénieur agronome, dessina un jardin où se mêlent essences exotiques et indigènes. C’est donc un parc bien installé avec des arbres de haute taille, acclimatés depuis des décennies, pour figurer des zones climatiques (méditerranéenne, australe, himalayenne). Des sentiers serpentent en longues boucles, descendant la pente pour arriver au bord de l’eau pour arriver au manoir fleuri (salon de thé).
Kestellic
Cette promenade est un enchantement parmi les hortensias et hydrangeas, aux grosses têtes fleuries bleues, blanches ou roses, certaines très originales. On passe des ruisselets qui vont de sources en bassins sous des bosquets.
Kesetellic hydrangéa bleu
Il était temps de venir : ce sont les derniers jours avant la fermeture hivernale!
Le Musée Carnavalet, mérite de nombreuses visites. Ses collections sont si riches, les explications si fournies qu’il est inimaginable d’épuiser son intérêt en quelques visites. Après celle du XVIIème et XVIIIème siècle au premier étage nous sommes allées au second pour les souvenirs révolutionnaires. Seul bémol, il faut marcher beaucoup pour atteindre l’escalier qui mène au deuxième étage et traversant des salles magnifiques, je traîne pour découvrir de nouveaux tableaux ou objets que je n’avais pas remarqué précédemment.
En introduction de la section Révolution, un panneau présente la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
déclaration 1789
Les symboles auxquels je n’ai jamais prêté attention sont décryptés comme ce serpent qui mord sa queue, ou ces allégories. De beaux tableaux historiques vont raconter par le détail les différents épisodes de la Révolution.
Serment du jeu de paume 20 juin 1789 – Jacques Louis David (101 cmx66cm)
La liste des députés, répartis selon les Trois états avec leurs profils figure sur un mur. En plus des tableaux racontant un évènement historique, des portraits des divers révolutionnaires les « objets dérivés » sont très variés et amusants, cela va du bouton, de la médaille, à la tabatière ou boîte à bonbons jusqu’au poêle monumental
un poêle en faïence représentant la Bastille
Une salle entière illustre la Fête de la Fédération (14 Juillet 1790) où 50.000 gardes nationaux organisés par La Fayette défilèrent au Champ de Mars . Des gravures montrent les travaux réalisés avec brouettes, pelles et outils. Un grand tableau est commenté en détail et raconte en détail la cérémonie.
Charles Thevenin (1764-1838). « La Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars » (1795). Paris, musée Carnavalet.
On peut reconnaître les participants, les députés sur des gradins à droite, au- dessus dans la loge sous une tente, Marie Antoinette tenant le Dauphin, la Fayette et son cheval blanc puis alignés les troupes qui défilent, les Parisiens… on a vraiment l’impression de participer à l’évènement.
D’autres tableaux et gravures représentent des fêtes données à cette occasion : l’illumination de l’Hôtel de Ville, des joutes sur la Seine, un bal à l’emplacement de la Bastille. Je n’aurais jamais imaginé des rassemblements d’une telle ampleur.
Objets dérivés
Une pièce entière raconte la fuite à Varennes(1791), l’emprisonnement au Temple (maquette du Temple qui a disparu) mobilier, jeux, vêtements de Louis XVI et de Marie-Antoinette….
Boucles d’oreilles guillotine (19ème siècle)
1793 mort de Marat occupe tout un mur, tableaux, divers objets on voit les portraits de Danton, Robespierre, Saint Just et des objets leur ayant appartenu (serviette en cuir de Robespierre, cocardes).
Un tableau montre la panthéonisation de J.J. Rousseau (inhumé à Ermenonville en 1778) dont les restes ont été illuminés au milieu du bassin des Tuileries (10 octobre 1794). on panthéonisait beaucoup et on dépanthéonisait aussi!
Fête de l’Etre Suprême 20 Prairial an II – 8Juin 1794
Sur proposition de Robespierre, le Culte de l’Etre Suprême donna lieu à une fête grandiose au Champ de Mars où l’on éleva une butte portant l’Arbre de la Liberté et la statue d’Hercule tandis que Cèrès était assise au milieu de la foule. Des fumée d’encens sont visibles . Comme aux autres évènements, on assiste à la Fête comme si on y avait participé.
Le Directoiremet fin à la Terreur, de nombreux portrait furent peints par des femmes qu’on a maintenant oubliées : AdélaÏde Binart, Marie Geneviève Boulhard…
Dans des vitrines on voit les pendules à plusieurs cadrans permettant de mesurer le temps avec le calendrier de l’ancien régime et le calendrier révolutionnaire. Les nouveautés sont cataloguées : système métrique, décimal….En face des tableaux figurent des monuments du Patrimoine réunis au Musée des Monuments Français créé en 1795 au couvent des Petits Augustins pour héberger les monuments détruits à la Révolution.
Avec Bonaparte, nous quittons la période révolutionnaire.
Après cette visite qui a mobilisé toute mon attention, je suis moins studieuse. Je range mon carnet de notes et traverse « en touriste » le 19ème siècle. Il faudra que je revienne avec l’esprit frais. Il reste encore la période romantique, le XXème siècle. De quoi occuper une nouvelle journée!
l’église de Surgères vue de l’extérieur des remparts
Une ceinture de remparts enserre le château et ses jardins. La place forte était gardée par des tours (initialement 20), édifiés au XVIème siècle et entourés de douves. Elle protège les bâtiments seigneuriaux et l ’Eglise Notre Dame.
E n 1703, un manoir rectangulaire remplace le « donjon mal logeable ».
Surgères : tour de gué
Au XIXème siècle le château passe à la Municipalité de Surgères. Depuis, de nombreux services communaux y sont logés : la Mairie dans le manoir, le CCAS, la Médiathèque et les services sociaux< ; Au hasard de ma promenade, je découvre une très belle Porte Renaissance, presque un arc de triomphe aux décors antiques de crânes de bœufs alternant avec des rosaces.
Surgères : Porte Renaissance
La merveille est l’église romane dont la façade est magnifiquement sculptée, six arches encadrent le portail surmonté de trois fenêtres.
Surgères : cavalier
Deux cavaliers encadrent la fenêtre centrale. Comme ils ont été décapités on ne sait pas s’il s’agit des nobles chevaliers Hugues de Surgères et Geoffroy de Vendôme, les commanditaires ou de l’Empereur Constantin. Le troisième registre est un fronton triangulaire sobre. Autour des arches, les voussures sont variées ; pointes de diamant et entrelacs.
Surgères église
J’ai surtout aimé la frise des centaines de personnages et d’animaux fabuleux séparant les registres, modillons et métopes, cordons.
Surgères décor roman
A l’intérieur : sobriété de l’architecture romane.
Continuant le tour des remparts je découvre un jardin de roses très parfumées où l’on a installé des plaques métalliques avec des poèmes.
3
La petite ville de Surgères est jolie. Je pensais y trouver le dîner mais je peine à trouver des yaourts. Il y a bien des banques, des commerces d’habillements, des pâtisseries et traiteurs mais pas de crèmerie ni de fruits et légumes ! Evidemment à cette heure, le marché couvert est fermé.
18 heures, nous arrivons à Mauzé-sur-le-Mignon (79) où nous avons réservé une chambre d’hôtes Chez Lorette. Mauzé-sur-le-Mignon est une petite ville d’environ 2800 habitants, pourvue d’une Gare SCNF (mais gare fermée avec seulement des automates pour els voyageurs qui n’ont pas acheté leur billet sur Internet(sur Internet on parle de halte ferroviaire et non de gare). La place herbue est très vaste, on y a installé un kiosque à musique blanc. Il y a deux supermarchés (Intermarché et Liddl) et quelques petits commerces (deux maisons de la Presse, au moins deux boulangeries mais comme c’ est lundi c’est bien mort. Même pas un restaurant ouvert, seulement le foodtruck sur la place.
Le long de la Grand Rue, s’alignent les maisons étroites à deux étages toutes de la même hauteur les toits de tuile semblant se raccorder, même volets de bois. Notre gîte est au numéro 55. Au rez de Chaussée de belles pièces à vivre et derrière un joli jardin très fleuri avec une petite fontaine glougloutante des tables et des chaises longues pour l’été (on est en août mais on ne le sent pas).
Notre chambre est à l’étage, elle donne sur la rue. Meublée d’un grand lit, d’une sorte de console en demi-lune, décorée d’une reproduction de belle taille du Baiser de Klimt. Un filet doré sur le papier peint se marie avec le Klimt, motif doré sur les double-rideaux. Bon goût, on apprécie. Sur ma table de nuit, La Plage Noire de Maspéro que je commence illico mais que je n’aurai pas le temps de finir.
Le petit déjeuner Chez Lorette est un chef d’œuvre : yaourt fait maison, salade de fruits frais servie dans un bocal de conserve en verre, une tranche de gâteau qui ressemble à du pain d’épice en plus aérien, jus d’orange, un petit coffret de bois contient des mini-bocaux de miel (deux sortes) et des confitures maison.
La salle à manger est un véritable spectacle, entre brocante et jardin d’hiver avec de nombreuses plantes vertes qui s’étalent à tous les étages et une galerie de curiosités. Pas de quoi s’ennuyer non plus.
« La religion catholique dont j’ai failli devenir le serviteur, enseigne que les Nègres sont naturellement esclaves. Toutefois, si les Nègres sont esclaves, je sais parfaitement qu’ils ne le sont pas par décret divin, mais parce qu’il convient de le penser pour continuer à les vendre sans remords.
je suis donc parti au Sénégal à la recherche des plantes, des fleurs, des coquillages et des arbres qu’aucun autre savant européen n’avait décrit jusqu’alors. Les habitants du Sénégal ne nous sont pas moins inconnus que la nature qui les environne. Pourtant nous croyons les connaître assez pour prétendre qu’ils nous sont inférieurs. »
Merci à Babélio et au Seuilpour ce voyage au Sénégal et au voyage dans le temps, à la fin du 18ème siècle jusqu’à l’Empire! Merci pour cette lecture passionnante et poétique!
Du même auteur, David Diop, j’avais beaucoup aimé Frère d’Ame lu à sa parution et dont la lecture à Avignon par Omar Sy m’a enthousiasmée (podcast France Culture, Avignon Fictions). Quand Babélio m’a proposé ce livre, j’ai sauté sur l’occasion et encore une fois j’ai lu ce livre avec un grand plaisir.
Le titre, La porte du voyage sans retour, évoque clairement la Traite Atlantique. la première fois que j’ai entendu cette expression c’était à Ouidah au Bénin. Puis à Gorée où se déroule une partie du récit.
La Porte du Non-retour Ouidah
L’esclavage n’est pas le seul thème évoqué dans le roman de Diop. Le personnage principal du récit est un Savant du Siècle des Lumière,Michel Adanson, personnage qui a vraiment existé, qui a débarqué en 1750 à Saint Louis du Sénégal pour décrire flore et faune de la région, cartographier, étudier les coutumes…Le jeune homme a appris le wolof et s’est lié d’amitié avec un jeune prince, Ndiak, qui l’introduit au plus près de la population.
Le livre est aussi une réflexion sur la culture orale des Sénégalais, par un Encyclopédiste qui passera le reste de son existence à écrire son encyclopédie. Le botaniste, proche de la nature, reconnaît l’importance des croyances africaine :
» Malgré mon cartésianisme, ma foi dans la toute-puissance de la raison, telle que les philosophes dont j’ai partagé les idéaux l’ont célébrée, il me plaît d’imaginer que des femmes et des hommes sur cette terre sachent parler aux arbres et leur demandent pardon avant de les abattre. Les arbres sont bien vivants, comme nous, et s’il est vrai que nous devrions nous rendre comme maîtres et possesseur de la nature, nous devrions avoir des scrupules à l’exploiter sans égards pour elle. «
C’est une histoire d’amour impossible. Orphée et Eurydice.
Portrait de madeleine : marie-Guillemine Benoist (1800)
C’est aussi une relation de voyage aventureux et une exploration des paysages, des mœurs, aventure et magie.
Des surprises, rien n’est convenu, pas de manichéisme non plus, chaque personnage apparaît sous plusieurs points de vue….
Nous nous étions promis de retourner au Lac d’Urbino et d’y manger de la petite friture, au restaurant sur pilotis au-dessus de l’eau. Cadre paisible et charmant que nous avions apprécié.
Sous notre table, attendent deux goélands qu’on leur lance quelque petit éperlan. L’un d’eux est même très insistant ? Des mulets de belle taille attendent aussi, ils se contentent des des restes qui ont échappé aux goélands.
friture d’éperlans
Les éperlans sont de très petits poissons salés et citronnés. Ils sont servis avec des légumes : fines languettes de courgettes comme des tagliatelles, des carottes comme des vermicelles de minces poivrons rouge et jaunes sautés dans de l’ail et du persil. Une coupelle d’aïoli pour les poissons. Tout est parfait.
Fin de la promenade sur le ponton
Une promenade a été aménagée le long du lac, sur des planches d’abord puis à couvert sous les pistachiers et les chênes verts. La salsepareille s’accroche un peu partout. Le sentier sort enfin au soleil entre des buissons de salicorne, puis se termine sur un ponton qui s’enfonce dans la partie du lac ouvert comme une petite mer où l’eau est profonde et agitée.
Achats dans la jolie boutique.
Ghisonaccia
Ghisonaccia est une petite ville animée sans charme particulier. L’attraction touristique originale : deux arbres remarquables dans les environs à 5 km vers l’ouest.
U Lentiscu ‘il manque un personnage pour donner l’échelle
U lentiscu (Pistachier lentisque) est énorme, âgé peut-être de 1000ans.
l’arbre-oiseau
Arburacellu,- l’arbre-oiseau est un chêne-liège haut de 20-25 mn âgé de 200 à 230 ans qui a développé des protubérances liégeuses formant comme les ailes écartées d’un oiseau à la suite d’un incendie ou de la foudre. Sur le sentier des plantes sont identifiées avec des étiquettes en plastique (celles qu’on utilise dans les jardins), plantes communes que je n’aurais pas remarquées : camomille maritime, mauve, vipérine, bardane, asperges sauvages…
l’Osmonde royale
Coup de chance, Monsieur Goletto, le « découvreur » de l’arbre-oiseau est sur place et accueille les visiteurs avec toutes les explications. Il nous fait découvrir une autre merveille l’Osmonde royale(Osmunda regalis) une fougère buissonnante de 205m d’envergure dont le rhizome spongieux se trouve à proximité de la rivière. Les sporanges forment des épis bruns. Dans le lit de la rivière on pourrait observer des cistudes mais elles sont farouches et se cachent.
Pour terminer cette belle journée nous retournons à la plage Calzarellu. On y arrive par une allée d’eucalyptus géants puis on passe devant la Tour de Calzarellu décorée, de graph street-art . Elle fut édifiée en 1930 par FORTEFF , un établissement d’exploitation forestière pour surveiller le port d’où les barges chargeaient le bois. le soleil est enfin sorti, le sable blanc et l’eau bleue. Il y a de jolies vagues mais pas méchantes, derrière la vague je peux nager tranquillement. Au pied de la tour, se retrouvent les boulistes du village.
ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003
La côte découpée du Pays Basque
15h40, Bilbao, sans un regard pour le Guggenheim puisque j’ai les yeux fixés sur les panneaux. Nous négligeons les stations balnéaires de Getxoet de Plentziatrop proches de Bilbao . Nous empruntons la route côtière qui domine la mer de très haut. Cette portion de côte est très inhospitalière, pas de plages . En ce samedi ensoleillé et chaud, les gens sont installés dans les prés, parasol et sièges pliants avec la vue sur la mer, comme à la plage. Pas de villages, de belles fermes basques sont dispersées dans les prés bien verts bien pentus abrités par d’épaisses forêts aux alentours.
Je commence à m’inquiéter pour l’hébergement. ce n’est pas ici que nous allons trouver le petit hôtel de nos rêves avec une chambre avec vue sur la mer comme nous en avons pris l’habitude : la dame de l’Office de Tourisme m’a recommandé les fermes de l’agrotourisme.
Complet à Bekio! Bekioet Berméo, stations balnéaires, sont assez décevantes. Dans l’étroit espace coincé par la montagne, les immeubles se tassent le long de la route, très hauts, très laids. Bekio affiche complet.
Dernière chance à Berméo
Berméo
A l’office de tourisme de Berméo, on retient pour nous par téléphone la dernière chambre disponible de l’auberge de Manu à ( km dans la montagne.
la Venta : notre gîte
La Venta est une belle bâtisse en pierre, cubique, dans un petit hameau avec une petite chapelle et un curieux cimetière. La vue est magnifique sur le vallon vert. L’accueil est incroyable : un homme lave un quad, il me demande si c’est l’office de tourisme qui nous envoie et continue tranquillement à laver son engin. Je me dirige vers le bar : personne, à la réception, personne non plus . L’homme arrose tranquillement le quad, prend son temps pour fermer l’eau puis vient au comptoir. Il me demande mon nom et vérifie si c’est bien celui de la réservation. Carte d’identité, il remplit la fiche en silence, me tend une clé « c’est au premier étage», puis il disparaît. J’ai tout juste le temps de lui demander le prix « 37 euros»,. Il ne nous a même pas demandé combien de nuits nous comptions rester ni si nous dînons. Je jette un coup d’œil à la carte : le coup de fusil !
Plage de Mundaka
Plage sur la Ria de Guernica3
Nous descendons rapidement à la mer . Déception, il n’y a pas de plage à Bermeo, il faut aller jusqu’à Mundaka, à l’entrée de la Ria de Guernica. la plage est minuscule et bondée, le pire est le parking.
C’est marée basse, nous laissons les gens entassés sur le sable sec et nous installons près des rochers couverts d’huîtres. L’eau est chaude, sans une ondulation. Je nage comme en piscine le long d’un filin portant des flotteurs jaunes. Un peu plus loin vers le large, des surfeurs, debout, glissent sur les vagues de la mer ouverte. Un curieux bateaux rouge chargé d’estivants, fait des allers et retours . Où vont ils ? Dans quelle plage cachée inaccessible aux voitures ? De l’autre côté de l’estuaire, un plage magnifique, immense de sable clair. Si nous faisons abstraction de tous les gens entassés derrière nous, le site est magnifique dans cette crique enchâssée dans des rochers gris aux formes bizarres, bleu de la mer, vert vif des collines.
Nous faisons halte aux miradores, admirons les falaises et les îles de la côte découpée, le petit port de Bermeo, vu d’en haut puis grimpons au sommet d’une colline pour pique-niquer au coucher du soleil.
ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003
Traversée en bac
Un petit tour au Portugal
3€19, 12 minutes, le petit bac à fond plat traverse le Minho. Nous abordons à Caminha , une très jolie ville ancienne fortifiée. A l’entrée de l’estuaire, une forteresse, sur un îlot garde la frontière. Il faut croire que les Portugais se méfiait plus des Espagnols que l’inverse. Les fortifications se trouvent du côté portugais.
Pavés, sardines, nous sommes au Portugal !
Nous découvrons une très jolie place pavée comme il se doit au Portugal, petits pavés déployés en éventail autour d’une fontaine à deux vasques et pignon central décoré. On arrive à la place par une arche sous la Tour de l’Horloge carrée surmontée par un curieux assemblage de ferronnerie portant cloche et girouette. Autour de la place, de belles maisons blanches aux parements de granite. Autour des fenêtres et des portes, le granite est travaillé avec des motifs géométriques curvilignes, sobres mais élégants. Une église blanche parée de granite aux courbes baroques. Des cafés et des boutiques. Chez les marchands de journaux, on trouve le Mondeet des cartes postales. Les rues qui partent de la place sont aussi pavées et bordées de maisons anciennes carrelées, certaines de bleu, de brun, de carreaux fantaisie. Les vérandas fermées espagnoles ont disparu ainsi que les immeubles à étage. Les maisons sont aussi de plus petites dimensions, un étage tout au plus, un fronton triangulaire et des tuiles en pente.
Dans les rues, des marchandes de poissons poussent devant elles de petites charrettes à bras ? Elles sont vêtues de jupes courtes froncées et d’un tablier. Leurs sardines, maquereaux, dorades et poissons sabres sont frais on les dirait vivants ? Tout nous semble gai, simple, agréable. Impression agréable de retrouvailles avec le Portugal, connu et sympathique. Nous sommes allées trois fois au Portugal, quatre fois si on compte l’escale à Lisbonne en route vers le Cap Vert. Impression que les gens sont plus accueillants, plus francophiles, plus francophones aussi. Les Espagnols qui ne font aucun effort spécial pour les touristes étrangers, leur « diga » pressé me glace quand je dois bredouiller une phrase.
Nous retrouvons aussi toute une ferblanterie ancienne, des balais de bois, des barbecues et des gazinières antiques en étalage dans la rue. Commerces un peu vieillots, un coiffeur à l’ancienne. Nous avons beaucoup de plaisir à flâner dans les rues et entrons dans les pâtisseries plus appétissantes qu’en Espagne.
Notre hôtesse de Boa Vista à Santiago nous avait recommandé d’acheter des textiles : en effet, des nappes brodées et des torchons sont en étalages dans les magasins de souvenir. C’est ici que Dominique achètera ses cadeaux : une magnifique parure en éponge (26€).
Au déjeuner Baccalao
Nous espérons retrouver des croquettes de morue dans les bars. L’un d’eux propose sur un tableau noir écrit à la craie dubaccalao. Je demande si on peut en acheter pour emporter « para llevar ». Je mélange portugais et espagnol, personne ne s’en offusque. D’ailleurs le barman parle français. Il nous montre la carte. Pour 12€, un ration suffira bien pour deux personnes. Nous faisons des rêves de gastronomie ! Il nous faudra revenir, la morue n’est pas cuite. Je dis qu’on viendra à une heure, le serveur proteste, ce sera prêt bien plus tôt ! Confusion, nous aurions dû changer nos montres, nous avions oublié le décalage horaire ! Cette histoire d’heure accentue le dépaysement !
A l’Office de Tourisme, on m’a donné un plan avec un petit circuit de visites : petite église baroque : retable très, très doré et orgue peint. Une petite chapelle (très dorée elle aussi !). Le baroque portugais est encore plus doré que l’espagnol. La cathédrale est en rénovation : des échafaudages cachent une église imposante en granite gris (qu’on croirait neuf) avec des créneaux. La façade est curieuse : une belle rosace et un encadrement Renaissance très original. Pas de photo pour cause d’échafaudage .Nous montons sur la colline pour découvrir un couvent, façade baroque portugais peinte en blanc parements de pierre tout en courges et en volutes. A l’intérieur, azulejos bleus et blancs.
A une heure de chez nous (midi du Portugal) nous allons chercher le bacalao bien emballé dans trois barquettes. Il faut faire vite pour trouver un coin pique-nique avant que cela ne refroidisse. Bizarre, cela ne sent pas du tout le poisson mais les pommes de terre!
Nous montons au mirador (nous sommes des fanatiques des miradors) sans le trouver. Les petites ruelles pavées montent très raide entre de grands murs blancs qui enferment des jardins exubérants. Rangées d’agapanthes bleues et blanches. (Les agapanthes sont pour moi associées à Madère). J’ai peur que le poisson ne se renverse tellement la voiture gravit des pentes raides. Faute de mirador, nous nous arrêtons sur une petite plate-forme avec une table et des bancs de pierre.
En ouvrant le cher plat (13E75), je découvre des pommes de terre bouillies dans la première barquette, du chou et des œufs durs dans la deuxième, de la morue bouillie, du chou et des œufs durs dans la troisième. Pas de sauce, le tout est bouilli tout simplement. Pour le prix c’est un peu décevant ! Mais c’est bon et très abondant.
Nous redescendons par les ruelles entre les belles maisons fleuries, on se dirait à Funchal pour la pente !
Plage
Nous essayons de trouver une autre plage que celle que nous connaissons déjà. Plus au sud, la côte ressemble à celle d’Oia avec des rochers déchiquetés. Nous retournons donc à Moledo à la plage de Dimanche.
Grand vent ! les Portugais ont installé des pare-vents : bandes de toiles colorées sur des piquets. Nous nous réfugions dans la dune. Bizarrement il y a beaucoup moins de vagues. C’est la fête des planches à voile et des Windsurfs. Nous regardons les évolutions des voiles colorées. En revanche, pas de surfeurs ! La plage est presque vide, assez de monde pour l’égayer, mais beaucoup d’espace. Il fait frais, je fais un effort pour faire ma promenade rituelle, les pieds dans l’eau. Cela me fait du bien, quand je reviens, je n’ai plus froid mais une furieuse envie de me baigner . les vagues sont moins fortes que dimanche mais j’ai beaucoup de plaisir à me sentir soulevée.
Retour par le bac. Le Portugais employé à placer les voitures a travaillé sur une pelleteuse à Sarcelles et même découvert une bombe de la première guerre mondiale avec un trésor en monnaie d’époque. Il est très sympathique « Portugais, Espagnol, français, nous sommes tous Européens ! »