Exposition temporaire jusqu’au 4 septembre 2022

Les deux billets de Claudialucia m’ont convaincue d’aller voir cette exposition. Difficile d’écrire mieux! Je vais quand même essayer de résumer cette visite éblouissante.

Les deux images ci-dessus correspondent avec l’idée que je me faisais du Trésor du Pérou. C’est cette abondance d’or qui a attiré les Conquistadors et qui justifie le terme d’Eldorado.

J’avais eu un avant-goût de ce travail d’orfèvrerie à San José (Costa Rica) , bien éloigné du Pérou mais également Précolombien.
Cependant j’ai surtout aimé entrer dans un monde inconnu tellement bien illustré par les céramiques peintes.
j’ai eu l’impression de découverte comme si j’entrais pour la première fois dans une tombe égyptienne peinte ou comme si j’observais pour la première fois les vases grecs racontant la mythologie. Les conservateurs de cette exposition ont su présenter les symboles, les cérémonies du sacrifice et raconter l’épopée du héros Ai Apaec

Avant de nous raconter des histoires, nous nous familiarisons avec les symboles et les acteurs du monde précolombien, monde chamanique où les valeurs sont bien différentes de celles de notre monde où l’homme a une place privilégiée. Dans ce monde animaux, plantes, éléments naturels se mêlent sans hiérarchie anthropocentrée.


Des céramiques sont ornées d’oiseaux connecté au Monde Supérieur : chouettes, cormorans, hiboux. Les colibris symbolisent la résurrection.

Serpents, grenouilles et crapauds sont en relation avec le Monde Inférieur, reliés aussi au mouvement de l’eau qui coule.

Dans le monde andin, les humains et les animaux ne sont pas séparés, les chamans peuvent canaliser des pouvoirs animaliers : représentation d’êtres hybrides félin-oiseau-serpent- humain. J’ai remarqué que ces objets étaient presque tous creux comme des flacons et des bouteilles.

Nombreux rituels avaient pour but la fertilité et il existe des représentations de scènes sexuelles très précises d’êtres humains copulant ou se masturbant.

La Légende d’Ai Apaec, le super-héros
Nous entrons de plain-pied dans l’épopée du héros mochica (100-800après JC) illustrée des céramiques représentant le héros. Ai Apaec voyant le soleil se coucher craint que la Terre ne reste plongée dans l’obscurité et se lance dans un voyage à travers les trois mondes.
Ai Apaec chevauche le vautour et part avec ses amis, le chien et le lézard.

Puis il traverse le monde marin et combat avec le crabe, puis avec l’oursin et se transforme en poisson-globe

enfin il est vainqueur de l’escargot géant: le strombe dont la conque en spirale renferme les cycles naturels

Ai Apaec s’unit avec la Terre-Mère donnant naissance à l’Arbre de vie. On voit aussi divers avatars du héros en épis de maïs ou en piment. Vieux, il sera victime de l’Egorgeur

Toujours de manière très imagée l’exposition va nous raconter une histoire sanglante : celle des sacrifices rituels

Il y avait aussi des sacrifices humains : offrir sa propre vie est un acte collectif. Une représentation de théâtre d’ombres explique les étapes du sacrifice utilisant les dessins -presque une bande dessinée – sur des vases peints. Agrandissant les personnages de la coupe ci-dessous, on voit les combats, puis le vaincu apporté dans un filet, son cœur et son sang seront offerts à la Déesse-Lune qui le donnera à l’Aigle guerrier puis au Soleil triomphant

Je suis restée longtemps dans cette exposition ébahie devant une telle richesse et une telle complexité!





Une dame travaille dans la rue à sa dentelle : le filet de Bosa. Le cadre est carré d’environ 50 cmx50cm, le fil écru est tendu en formant une trame, la brodeuse remplit les petits carrés avec une aiguille. Au mur elle a épinglé sa production. Comme toutes les dentelles artisanales, elle est chère ! Et d’ailleurs que puis-je faire de la dentelle ? l’offrir ?





















































Pendant que j’herborise Dominique m’appelle : une tortue a tenté de traverser la route. Elle a prévenu les autres automobilistes en faisant des appels de phares qui ne les ont pas ralenti. Par chance la tortue est passée sous le châssis entre les roues, puis elle a fait demi-tour. Sur le bord de l’étang de Collostrai poussent surtout des tamaris, le long de la route on a planté des eucalyptus. Etrangement, malgré la grosse chaleur je ne sens pas leur parfum.

Baignade à la Spiaggia di Collostrai. Je reconnais les retraités qui étaient là hier (sans cannes à pêche), chacun le nez dans le smartphone. La mer est d’huile, je nage parallèlement à la côte de parasol en parasol. Un groupe de parasols multicolores signale des familles nombreuses avec une ribambelle de gamins.










