J’ai rejoins avec curiosité l’aventure de Les feuilles allemandes alors que je suis bien ignorante de la littérature allemande contemporaine. Comme je ne suis jamais déçue par Stefan Zweig et que son œuvre est inépuisable j’ai choisi la biographie de Fouché après la lecture de celle de Balzac, Magellan, Marie Stuart….Et bien sûr, ce fut un bonheur de lecture!
Traître né, misérable intrigant, nature de reptile, transfuge professionnel, âme basse de policier, pitoyable
immoraliste, aucune injure ne lui a été épargnée
Fouché a traversé la Révolution, le Directoire, l’Empire, la Restauration toujours au premier plan de l’action politique. Mitrailleur de Lyon, régicide, ministre de la Police de Napoléon, artisan du retour de Louis XVIII. Arriviste, sans scrupule, mais gros travailleur, traître, joueur presque plaisantin selon Zweig. L’analyse psychologique de ce personnage complexe est très bien conduite. Zweig est un maître de la biographie!
Charles Thevenin (1764-1838). « La Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars » (1795). Paris, musée Carnavalet.
Leçon d’histoireZweig nous fait partager tous les épisodes de la Révolution. La visite récente au Musée Carnavalet fournit les illustrations! Unegalerie de personnages,de Couthon à Robespierre en passant par Marat et Chalier que je ne connaissais pas, pendant la Terreur.
Une révolution, il le sait, dans son expérience précoce, n’appartient jamais au premier qui la déclenche, mais
toujours au dernier qui la termine, et qui la tire à lui, – comme un butin.
Ami de Barras qu’il trahit au 18 Brumaire. Bonaparte puis Napoléonse méfie de Fouché mais reconnaît la compétence de son ministre de la Police.
Cette puissance de Fouché sur Napoléon, qui était une énigme pour tous les contemporains, ne doit rien à la magie ou à l’hypnotisme. C’est une puissance acquise avec science et assurée par le travail, l’habileté et l’observation systématique.
Le duo Fouché-Talleyrand est décrit avec finesse. Quand Fouché prend trop d’initiatives Napoléon cherche à l’éloigner, le couvre de richesses et d’honneur : Fouché devientDuc d’Otrante.
La Malmaison : Chambre de Joséphine
Fin analyste politique, Fouché se rangera toujours du côté du pouvoir, aussi bien pendant les Cent Jours qu’à la Restauration, négocie un ministère avec Louis XVIII. Quand l’Ancien Régime se trouve restauré, le sang du régicide qui a voté la mort de Louis XVI lui vaudra sa disgrâce et l’exil.
Exposition temporaire du 22 septembre 2021 au 22 février 2022
Matisse : corbeille de fruits
Exposition spectaculaire qui réunit les chefs d’œuvre français et russes, de Renoir à Picasso en passant par Cézanne,Bonnard, Matisse, Gauguin, van Gogh… et j’en oublie, des plus fameux. Les deux frères Mikhail et IvanMorozovn’ont pas seulement collectionné des tableaux magnifiques, ils ont surtout fait des commandes. Les tableaux ont souvent été peints pour être vus ensemble comme ceux de la salle Bonnard dont les formats sont inhabituels. Après la nationalisation de la collection en 1918 les tableaux ont été répartis dans différents musées entre Moscou et l’Ermitage. Les voir réunis ici leur donne une meilleure cohérence.
Bonnard : printemps
Quel éblouissement que ces deux grands tableaux presque carrés Printemps et Automne encadrant le triptyque Méditerranée. L’été se trouve en face. Dans cette salle consacrée à Bonnardon peut aussi admirer le Triomphe de Cérès de Ker-Xavier Rousseldont les gais coloris s’harmonisent avec les tableaux voisins.
Ker-Xavier Roussel : Le Triomphe de Cérès
Certains tableaux sont surprenants comme le Cézanne sombre ou le Bouchon de Manet peint à grands coups de pinceau
Cézanne : scène d’intérieur
J’ai bien aimé les deux saltimbanques de Picasso
Picasso 2 Saltimbanques
Une salle entière est consacrée à Sisley, Pissaro, des petits formats de paysages de Louveciennes ou de Pontoise, la surprise vient d’un peintre russe Korovine : ubn café à Paris et d’un merveilleux paysage de Golovine
Golovine ; paysage Pavlovsk
Au fond, de très beaux Monet : des fleurs et un étang, mais nous ne sommes pas à Giverny, c’est Mongeron.
Une découverte, à côté de Derain, Louis Valtat : la Mer à Anthéor
Louis Valtat : La mer à Anthéor
Une journée en Polynésie, c’est bien sûr Gauguin
Gauguin : Matamoé
j’ai beaucoup aimé ce paysage aux paons.
Encore de la couleur avec Martiros Sarian
Martiros Sarian : rue à Constantinople
Une salle entière est dédiée à Cézanne :calme et verdure des Bords de Marne à Créteil ou saint Maur des Fossés ainsi qu’un très beau pin
Cézanne : le Pont de Créteil
On retrouve Cézanne à de nombreuses reprises, paysages et natures mortes, des portraits aussi.
Contrastant avec les paysages colorés, une salle entière contient des grands portraits d’hommes dans une dominante de gris, Picasso, Cézanne, Kontchalovski, Malevitch et Ilia Machkov. Certains sont étranges voire inquiétants.
KontchalovskyIlya Machkov : autoportrait
Une salle met à l’honneur la Ronde des Prisonniers de Van Gogh
On revient à la couleur avec Matisse, ses fleurs, ses natures mortes et le triptyque marocain
Pour ma première participation aux Feuilles Allemandes, j’ai choisi un polar. Polar atypique, plutôt roman choral, mosaïque qui se déroule en 1945 à Uckermark(Brandebourg) à l’arrivée des troupes russes, en 1992 à Cologne après la réunification des deux Allemagne, en 1947 à Hambourg, dévastée, sous les décombres. Un domaine prussien, riches éleveurs compromis avec le nazisme. Une mère et ses deux enfants essayant de survivre dans les ruines. Une enseignante de Cologne qui essaie de retrouver ses racines.
Un polar sans policiers, ou presque. L’intrigue se déroulera toute seule, au hasard des histoires familiales. Le meurtre passe inaperçu dans les ruines de l’après guerre. Une femme nue gelée, puis un homme, une petite fille sont retrouvés . Sont-ils morts de froid? Dépouillés par des rôdeurs pour récupérer un manteau chaud? Il faudra attendre la fin du livre et 1993 pour que ce crime ne s’explique. Peut être le lecteur devinera grâce aux indices discrets mais persistants que l’auteure a disséminés dans son récit?
Je ne suis pas tout de suite entrée dans le roman. Je ne m’étais jamais préoccupée de cet aspect de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encore moins des domaines des junkers avec le début de l’ère communiste. L’auteur a su forcer ma méfiance et je me suis sentie aspirée par l’histoire touchante de cette Mère-Courage et de ces enfants dénués de tout dans l’hiver et les ruines. A mesure qu’on reconstitue l’histoire, elle devient de plus en plus sombre….
Un roman bien mené, des personnages différents et fouillés. Je vais suivre cette auteure!
L’Oxus (Amou-Darya) et le Zeravchan ( le « Semeur d’Or » en Persan) sont des rivières aurifères. Depuis la Préhistoire, au Chalcolithiqueles ressources minérales (or, cuivre, plomb, lapis-lazuli, cornaline et rubis) furent exploitées.
A l‘Âge de Bronze, le site de Sarazm est un centre métallurgique important en relation avec l’Empire Perse comme le suggère la petite statue de pierre.
Ibex
le Trésor de l’Oxus est composé de plaques, parures en or et argent destiné à une élite achéménide. La finesse de l’orfèvrerie est remarquable
Plaques décorative thèmes animaliers du Trésor de l’Oxus
métallurgie, orfèvrerie, aussi bien richesse des matières premières que finesse du travail.
la Bactriane sous les successeurs d’Alexandre
Des rois aux noms grecs comme Diodote 1er ou Démétrios on laissé leurs profils sur des monnaies. Sur une drachme à l’effigie d’Alexandre le Grand est gravé la silhouette d’Héraclès, sur une tétradrachme de Diodote à l’avers on reconnait Zeus. Deux poids pour une balance représentent Athéna Casquée et Mercure
Poids : Athéna et Mercure (1er siècle après JC)
On fait connaissance avec les Bactriens : dans le Temple de l’Oxus des têtes en terre crue ou en stucs les représentent
Bactriens en terre crue
En terre crue, une figure féminine est vêtue à la grecque avec chiton et himation. l’art des steppes hellénisé est d’un grand raffinement avec l’utilisation de l’ivoire
Fourreau en ivoireivoire
Du 1er au 4ème siècle de nouveaux nomades importent de nouvelles croyances : brahamique , bouddhiste, zoroastrien. On voit un art grécobouddhiste
Tête de Bouddha kouchan
Venus des steppes les marchands sogdiens sur les routes de la Soie.
Turcs orientaux, ils utilisent le chameau de Bactriane
Chameau de Bactriane
l’exposition présente plusieurs chameaux, cavaliers et palefreniers sogdiens
palefrenier sogdien
Il y a aussi des représentations de Shiva (statue colossale) de divinités indienne à 4 bras.
Fresque du palais de Pendjikent
les Sogdiens ont aussi fondé Afrosiab (Samarcand) où l’on peut voir de magnifiques fresques. La fresque du palais de Pendjikent représente une bataille, une procession et un banquet.
la religion des Sogdien était le zoroastrisme,religion dualiste (Bien/Mal) honorant le feu et l’eau. On peut voir un temple du Feu avec un autel du feu
le dieu Mithra et ses attributs
Jusqu’à la conquête de l’Islam (8ème siècle) le Bouddhisme est répandu. Les nomades turc avaient aussi d’autres croyance avec des tombes de pierre Balbal
Les Samanides (875 – 999)
aiguière et brûler d’encens samanides
les Samanides forment un émirat indépendant. la langue scientifique était l’arabe, celle de l’administration, le persan. les Samanides valorisaient l’identité iranienne..
Cette exposition est splendide. Elle a bousculé mes a-priori concernant le Tadjikistan et la Route de la Soie. J’avais dans mon imagination des marchands arabes ou chinois marchant avec leurs chameaux de caravansérail en caravansérail, des Chinois aussi ou tout au moins des asiatiques, les chevaux de Gengis Khan ou de Tamerlan. Je n’imaginais pas trouver une civilisation si ancienne, une cité métallurgique de la Préhistoire, des villes anciennes, et surtout une telle richesse : or, ivoire, soie précieuse. Carrefour ou creuset de peuples si variés.
« Les faluns sont caractéristiques et identitaires de l’Anjou. Le terme « falun » désigne une roche sédimentaire constituée de restes d’animaux qui s’est formée il y a 15 millions d’années. «
Paléogéographie : Miocène
L’Anjou, il y a 15 Millions d’années était un gigantesque golfe carrefour biologique , lieu d’accueil et passage des migrations des animaux de l’ère Tertiaire.
Le climat était comparable à celui du Sénégal actuel. les faluns étaient des couches sableuses, sables marins ou fluviatiles contenant des fossiles marins et terrestres. Au temps des faluns, la formation des Alpes a entrainé des basculements, l’ élévation du niveau des mers, résultat de la dilatation de l’océan avec la hausse des températures, ces facteurs ont causé des transgressions marines avec dépôt de sédiments sableux. Des orages et des crues ont apporté des alluvions et des galets. Ces différentes strates superposées forment une collection de fossiles que l’exposition présente sous deux parties : le Monde marin et le Monde terrestre
Le Monde marin
Le monde marin au Miocène
Deux catégories d’êtres vivants : les invertébrés, mollusques, bryozoaires, échinodermes, arthropodes, et les vertébrés : raies requins, baleines et siréniens. les fossiles sont très bien présentés.
Fossiles encroûtés de bryozoaires
Raies et requins sont impressionnants, on retrouve de nombreuses dents de requins de tailles diverses dans les faluns : les requins en possèdent plusieurs rangées et en perdent des milliers au cours de leur existence.
les plus grandes sont de l’ordre du décimètre
Les baleines étaient dérivent du Basilosaurus (-40 Ma), après le miocène un refroidissement des eaux a fait baisser la diversité et les migrations ont favorisé le gigantisme.
Le Monde Terrestre
L’ère tertiaire voit le développement des mammifères, dans la première partie du Miocène une foret subtropicale couvrait l’Anjou avec des fougères et des conifères. les fossiles sont également remarquables : os et dents. On y voit des animaux disparus comme ces Gomphotères qui ressemblent à des éléphants, des ancêtres des rhinocéros et des chevaux.
gomphothère
une bien jolie exposition qu’on pourrait compléter par une visite à Doué.
j’ai découvert Eshkol Nevo avec La Dernière Interviewet je m’étais promis de lire Trois Etages. La sortie du film de Nanni Moretti, Tre Piani, a précipité cette lecture. J’aime beaucoup ce réalisateur mais je ne voulais pas voir le film avant d’avoir fini le livre. J’aime prendre mon temps, le temps du livre, pour découvrir une histoire, me faire mon propre cinéma, imaginer les décors, vivre trois jours à Tel Aviv avant de voir les images italiennes que Moretti aura imaginées.
Trois étages, trois histoires, trois confessions.
« Tu sais, j’ai du mal à parler de ces choses-là, mais j’ai pas la force, non plus, de me censurer, je vais tout te raconter simplement, et toi, tu vas me promettre de ne pas t’en servir pour un bouquin, »
Arnon – du Premier Etage – a invité un ami écrivain pour se confier. Il a besoin de voir plus clair dans son comportement, devenu depuis quelques temps dysfonctionnel, et son couple en crise. Il a confié sa fille de sept ans à son voisin de palier atteint d’Alzheimer, et soupçonne que le vieil homme a abusé de la fillette. Aucune preuve tangible, mais une inquiétude, un remords, qui l’entraîne à devenir violent ce que sa femme ne supporte pas. Les catastrophes s’enchaînent…Arnon n’attend pas d’excuse ou de pardon de son ami qui n’intervient pas dans le récit. Il cherche à comprendre ce qui lui arrive.
Au deuxième étage, Hani rédige une longue lettre à Neta, son amie d’enfance partie aux Etats Unis. Son mari la délaisse voyage à l’étranger pour son travail. Elle se retrouve mère au foyer tout juste bonne à conduire ses enfants à l’école et aux activités extra-scolaire, sans ambitions, sans contact avec des adultes. Frustrée, elle débloque, voit des chouettes perchées lui parler…Elle non plus n’attend pas de réponse de Neta, elle ressuscite les confidences entre amies du temps de leur adolescence.
Au troisième étage, Deborah – juge d’instance retraitée, enregistre des cassettes sur le répondeur de Michaël, son mari décédé. Elle poursuit le dialogue jamais interrompu. Déborah vit mal sa solitude. A Tel Aviv, un mouvement social rappelant Les Indignés ou Occupy , Nuit Debout,ou la Place Tahrir regroupe des manifestations, les manifestants ont planté des tentes où se déroulent des forums.
« Après tout, combien de fois avons-nous regardé, brûlant d’envie, nos concitoyens s’assembler sur les places et scander des slogans chers à notre cœur, alors que nous étions empêchés de les rejoindre, à cause de nos fonctions ? Mais aujourd’hui, avec la retraite, la porte de la cage s’est ouverte. Dans ces conditions, me suis-je demandé, pourquoi devrais-je rester derrière les barreaux ? »
Deborah décide de rejoindre le mouvement et de mettre au service des jeunes manifestants ses connaissances du Droit et son expérience juridique. A l’occasion, elle fait la connaissance d’un homme de son âge, veuf, qui l’entraîne dans un voyage dans le désert. Sur la route elle va raconter son histoire….
j’avais envie de toquer à la porte de chaque voisin, celle de Ruth, de Hani, des Katz, des Raziel, et de leur dire : Réveillez-vous, citoyens de Bourgeville. Laissez là vos parties de poker et votre inquiétude excessive pour vos enfants, et les infidélités minables que la vacuité de votre existence, et non le désir, favorise. Levez-vous de vos fauteuils télé trop confortables
On se demande si ces histoires vont se rejoindre.
L’histoire de Hani m’a moins touchée que les deux autres, celle de Déborah m’a beaucoup plu.
Ce n’est pas un dilemme à imposer à une mère, Michaël. Car quel pacte est le plus important : entre une femme et son conjoint ou entre une mère et ses enfants ?
Histoires de paternité, de rapports père/fille, mère/fils…qui s’inscrivent dans l’espace réduit d’un immeuble de trois étages.
TRE PIANI – le film de Nanni Moretti
l’affiche du film
Ayant terminé, et aimé, le livre, je me suis précipitée au cinéma pour voir l’adaptation filmée. En général, le film qui a un format de 1h30 ou 2h, doit faire des choix dans le récit se focalise sur un aspect tandis que le livre prend son temps. Et le propos est souvent appauvri.
Curieusement Nanni Moretti a puisédans le livre l’idée générale, des dialogues entiers s’y retrouvent mais il a « complété » l’histoire. Le mari de la juge, apparait bien vivant dans les deux tiers du film et l’homme que rencontre la juge est à peine esquissé.
En revanche, l’adaptation à l’Italie et Rome d’aujourd’hui est très réussie. Pas de forum gauchistes, à la place un vestiaire où Dora, la Juge, porte les vêtements de son mari décédé. Le personnage de la jeune mère délaissée est aussi plus fouillé que dans le livre.
En définitive, le film est un objet indépendant du livre, il convient de les voir séparément et de ne pas les comparer!
Exposition temporaire du 28 septembre jusqu’au 16 janvier 2022
1826 : premières photos de Niepce
1895 : première séance de cinéma des Frères Lumière.
Depuis le milieu du XIXème siècle, les représentations de la réalité évoluent, les images s’animent.
Pygmalion et Galatée Rodin
En introduction à l’Exposition, la sculpture de Rodin s’anime sur l’écran comme une blague : la statue quitte son piédestal et devient femme vivante – illustration de cette arrivée du mouvement. Mouvement, transformations et bouleversements dans Paris documentés par la photographie qui témoigne de la construction des Boulevards haussmanniens, de la construction de la Tour Eiffel, de l’enterrement de Victor Hugo ou tout simplement de la circulation Rue Royale.
Caillebotte : Pont de l’Europe
La peinture aussi préfigure le cinéma comme ce passant sur la gauche du tableau qui s’éloigne à grandes enjambées tandis que le train Gare Saint Lazare s’annonce avec son panache blanc.
Pissaro : La Place du Théâtre français
Cadrage cinématographique pour ce carrefour peint par Pissaro vu de dessus. L’idée de mouvement, d’images animées s’impose dans ces séries de photographies, dans les jeux d’animations de disques qui tournent, de photographies stéréoscopiques, même dans la peinture où les personnages virevoltent comme dans la Valse de Valotton
la Valse : Valotton
Valotton illustre cette vie moderne trépidante
Valotton : le Bon Marché
Evidemment, le sujet de l’exposition est illustré par de nombreuses projections qu’il est plus difficile de photographier et de commenter.
Corps en mouvement des gymnastes et athlètes, corps musclés, à saute-mouton, aux agrès à la course. Différentes des images sportives d’aujourd’hui qui font plus de place au record, à la performance qu’aux exercices . Sport masculin et danse. Loïe Fuller est une muse inspirant de nombreuses réalisations, photographies, films mais aussi sculptures ou lampes.
Loïe Fuller
Photographies, et films montrent aussi le corps féminindans un but érotique et même un esprit voyeur. toute une salle montre films et photos coquines.
Vers la fin de l’exposition on arrive à représentation historique : panorama comme cette bataille de Champigny/Marne(2 décembre 1870) peinture géante de 120 m de long sur 9m de haut (seul un extrait est ici présenté), peinture et films historiques et bibliques.
Après la surprise de la vie quotidienne qui a ravi les premiers spectateurs, les réalisateurs doivent présentent des sujets plus élaborés : au début du XXème siècles les différents genres de cinéma sont développés : comique, érotique, historique, le cinéma est bien là!
11 ventilateurs, des fumigènes, une voile, 10 danseurs virtuoses, athlètes, souples sensibles.
Le spectacle a commencé doucement dans la pénombre avec un tout petit ventilateur et un couple de danseur qui nous a fait penser aux ailes d’un moulin à vent. Puis la tempête s’est déchaînée avec l’arrivée du reste de la troupe par des ouvertures rondes comme des hublots.
Rosa a cru qu’on était dans la cale d’un bateau
Céline s’est senti transportée dans le désert.
Et la voile a roulé dans la tempête.
Djinn, fée ou génie dans cette robe blanche…..
Un spectacle merveilleux.
Depuis de nombreuses années Merzouki présente à Créteil des spectacles variés, de Boxe boxe à Pixel, Vertical….chaque fois renouvelés, chaque fois surprenant.
C’est un roman policier qui se déroule à Athènes en Juin 2020, juste au moment du déconfinement. Quelle meilleure manière de retrouver la liberté que de boire un verre au coucher du soleil sur l’Acropole?
L’Acropole s’illumine du roof-top de l’hôtel Economy, moins chic que pour Stavros mais un excellent souvenir
Les polars explorent les ressorts cachés d’une ville, spéculation immobilière, corruption, magouilles politiques ou autres….ils nous conduisent dans les coulisses inaccessibles aux touristes.
Stavros ne suivra pas les caravanes en Asie Centrale. La Route de la Soie passe par le Pirée. le port est le hub du commerce maritime entre l’Asie et l’Europe. Occasion de développer au cours du roman toute une analyse géopolitique et économique fort intéressante. Trop heureux de se sortir de la Crise économique qui les asphyxiait, les Grecs ont accueilli les Chinois sans mesurer l’emprise de la Chine sur la marine grecque mais aussi sur l’immobilier et la construction, aussi sur les conditions de travail sur le port, la négation des droits syndicaux.
Un homme d’affaires chinois est assassiné sous les yeux de Stavros. Ce dernier découvrira aussi le meurtre d’un journaliste trop curieux. L’essentiel de l’enquête sera effectuée par Eugenes, le hackeur de service, capable de cracker n’importe quel mot de passe et de s’introduire dans les comptes de n’importe quelle banque… Stavros et ses collègues passent un non moment au bar de Matoula, histoire de donner un parfum grec à cette affaire : occasion de rappeler toutes les variantes de cafés qu’on peut commander à Athènes, un peu de folklore ne nuit pas!
Si l’aspect économique est passionnant, l’aspect humain manque de chaleur. Les policiers sont à peine esquissés. Les Chinois se ressemblent tous à part la super-espionne, superwoman. Beaucoup de clichés. C’est donc une lecture agréable, fluide que j’ai dévorée en une journée. Je reprendrai volontiers un autre opus des aventures de Stavros à l’occasion. Toutefois, n’est pas Markaris qui veut, et Charitos et sa famille n’ont pas à redouter la concurrence.
Exposition temporaire de Taysir Batniji jusqu’au 9-01-2022 au Mac val de Vitry
hannoun (1972-2009) performance installation, photographie couleur, copeaux de crayon Champ de coquelicot
QUELQUES BRIBES ARRACHEES AU VIDE QUI SE CREUSE
Je suis un très mauvais public pour l’art contemporain.
Si la visite n’avait pas été guidée en présence de Taysir Batniji et commentée par d’excellents conférenciers, je n’aurais sans doute rien compris et j’aurais été très déroutée par cette installation dont le thème est la disparition, l’effacement, l’arrachement, l’absence et l’exil.
Sans titre -1998 – valise sable; le sable est un leitmotiv dans le travail de Taysir Batnijj « ma patrie est une valise » Mahmoud Darwich
Dans le vaste espace que le Macval offre à cette monographie, je suis désorientée. Aux murs : des cadres assez petits et à l’intérieur, des feuilles blanches, des aquarelles minimalistes, sur le mur du fond un grand tableau noir, dans un couloir des photos, au sol une valise pleine de sable, un pavage avec de vrais pavés, un empilement de savons…Des cartels avec du texte, nécessaires.
Pères photographies couleurs intérieur de boutiques à Gaza
Heureusement, une conférencière anime la visite. Elle nous conduit à la série de photographies en couleur « Pères« . Très belles photos de simples boutiques ou d’ateliers à Gaza. Entre les marchandises on voit les photographies de famille, les Pères, ainsi que les portraits de leaders politiques ou ceux des martyrs. Ces boutiques sont des lieux de socialisation, ces portraits accompagnent les clients et vendeurs, avec le temps ils jaunissent, puis disparaissent, effacés, arrachés….
aquarelle imitant les traces que les scotchs arrachés ont laissé sur le cadre : disparition de la photo!
Cette disparition des visages joue en « basse continue » dans l’œuvre du plasticien . Taysir joue avec cette disparition, peint à l’aquarelle, un arrachement imaginaire de photos qui ont disparu bien avant que l’oeuvre ne soit peinte. Sans l’intervention de la conférencière, je serais passée complètement à côté.
Les cadres semblant ne contenir que des feuilles blanches nécessite l’initiative du visiteur : si on s’approche, on pourrait deviner les traces en fine gravure des photos effacées d’une noce : celle de son frère. Mais il faut être prévenu pour venir les chercher d’assez près. De même ce mur noir n’est pas vraiment noir : c’est un assemblage de portraits de martyrs de l’Intifada. C’est seulement les variations de l’éclairage qui font apparaître les visages.
Pour revenir à la « basse continue » qui accompagne la visite : les bombardements aériens sur Gaza qui pilonnent la ville. Toujours comme accompagnement la musique I will survive de Goria Gaynor, provenant d’une vidéo où Taysir s’est filmé dansant sur cette musique, qui se mêle aux bombes.
Un mur ressemble à s’y méprendre à la vitrine d’une agence immobilière avec description des maisons qui ne sont pas à vendre, elles ont été bombardées et les destructions sont bien apparentes.
« On note la permanence de certains motifs, de certaines procédures plastiques. il y a des arrachements, des vides, des recouvrements, des réserves, des reconstitutions? Des simulacres? Du non fini, de l’inachèvement…. »
selon le livret de présentation
Une autre conférencière a préparé tout un topo sur l’exil, la disparition, citant Pérec et Hannah Arendt, Edward Saïd….je décroche un peu du commentaire très très intello. Intéressant, certes, pour découvrir par moi-même les oeuvres qui n’ont pas été commentées en détail.
L’oeuvre qui m’a le plus émue : ces toiles de peintres ligotées, roulées, rouillées maculées de la trace de la clé de la maison de ceux qui en ont été chassés et qui la conservent précieusement.
Taysir Batniji assis derrière les toiles roulées. Au fond le simulacre de vitrine d’agence immobilière
Cette exposition qui paraît très conceptuelle, difficile à aborder a été un moment très émotionnellement chargé du fait de la présence de l’artiste d’une grande simplicité et gentillesse.
Le concert de Kamelya Joubrans’inscrit dans la suite de l’exposition; La chanteuse palestinienne oudiste, a une démarche similaire à celle du plasticien :
Kamilya Jubran et Werner Hasler
J’aime l’oud et la musique arabe même si je ne comprends pas les paroles . Kamilya Jubran présentait son nouveau spectacle Wa. J’ai du mal à caractériser cette musique : jazz arabe? jazz électronique. Werner Hasler joue de la trompette mais surtout du clavier électronique. j’ai été un peu désarçonnée par l’électro.
Sur l’appli RadioFrance j’ai trouvé deux podcasts Dans la discothèque d’Ocora et En sol majeur (RFI) Taysir Batniji