Exposition temporaire 8 septembre 2021 – 6 décembre 2021
Inside the Red Canna
Merveilleuse exposition O’Keeffe à Beaubourg, à ne pas rater!
Giorgia O’Keeffe (1887 – 1986) est une figure de l’art moderne américain.
Elle a commencé sa carrière en 1916 en exposant à New York au 291, la galerie de Stieglitz, où l’on pouvait voir les dessins de Rodin, de Picasso et la peinture de Cézanne, des aquarelles de Demuth et bien sûr les sublimes photographies de Stieglitz.
Serie I White and blue flower (1918)
Elle peint une « série synesthésiste » suivant l’idée de Picabiaselon des abstractions organiques correspondant à des ondes sonores jouant des mélodies. Elle s’inspire également du livre de Kandinsky . J’ai moins aimé les tableaux abstraits Black abstraction et Abstraction white que les œuvres d’inspiration végétales comme ce maïs
Corn dark 1
Pour se forger un style bien à elle, elle peint des fleurs en les zoomant, fleurs géantes, sensuelles, colorées que certains jugent érotiques (dans une vidéo Giorgia O’Keeffe s’en défend arguant que chacun peut y voir ce qu’il veut.)
White iris
« O’Keeffe, c’est l’Américaine qui peint de grosses fleurs? » me demande une de mes copines. Oui, certes , mais pas que!
« Il est rare que l’on prenne le temps de regarder une fleur. j’ai peint ce que chaque fleur représente pour moi et je l’ai peinte suffisamment grande pour que les autres la voient telle que je la vois »
Jimson Weed/white flower (1932) – datura
Elle a aussi peint la campagne, les maisons et les granges des environs de Lake George où Stieglitz, devenu son mari, avait une résidence, la Gaspésie..
Elle a aussi peint des paysages industriels rappelant les photographies de Stieglitz
New York East End
ou les gratte-ciels newyorkais spectaculaires mais toujours avec sa fascination pour le cosmos et le ciel.
New York with moon
mais c’est le Nouveau Mexique qui deviendra le sujet de paysages de prédilection.
Montagnes rouges du Nouveau Mexique
montagnes rouges et parfois montagnes noires
new mexico dark
Dans les déserts arides, elle ramasse des ossements blanchis de bovins ou de chevaux et s’en sert comme de motifs
Ram’s head & white Hollyhock – New Mexico
Spectaculaire encore ce ciel avec la lune qui apparait dans la cavité du bassin, ou les montagnes au lointain….
La série des podcasts de France Culture commencée avec Le Carré, se poursuit logiquement avec Graham Greene qui servit également dans les Renseignements de Sa Majesté et qui se servit de son expérience d’espionnage pour écrire des romans d’espionnage.
Plutôt que du côté des thrillers, l’auteur lorgne vers la comédie. Humour réjouissant, très british, comme il se doit. Dérision totale des services secrets qui recrutent un marchand d’aspirateurs bien tranquille pour bâtir un réseau dans le Cuba troublé de 1958, juste avant la Révolution Castriste. Le héros se laisse enrôler non pas par patriotisme, ni par goût de l’aventure (il est très plan-plan) mais parce que sa fille adorée a engagé des dépenses inconsidérées et que cela lui semble un bon moyen de renflouer ses caisses.
Et cet homme bien tranquille, boutiquier sans histoire, plutôt routinier développe une créativité et une imagination incroyable! Ses supérieurs de Londres lui envoient des aides : une secrétaire et un opérateur radio. Comment va-t-il s’en sortir? De façon très réjouissante, ma foi. Le rythme de l’action s’accélère, fusillades, attentats, accidents se succèdent….
Graham Greene a situé l’action dans le contexte particulier de la corruption du régime et des violences castriste dans les provinces. Contrairement à Le Carré, il ne propose pas de vision géopolitique mondiale ni régionale et ne contextualise pas l’action dans la Guerre Froide. Il tourne en dérision des services secrets bureaucratiques où l’efficacité est le cadet des soucis des grands pontes.
« Il me semblait que les Affaires étrangères autant que les services de renseignements avaient amplement mérité
d’être un peu ridiculisés. »
Chacun place ses pions comme à ce jeu de dames où le héros joue avec le capitaine Segura, policier cubain :
» Il y a dans tous les jeux des pions sans importance, dit le capitaine Segura. Comme celui-ci. Je le prends, et il vous
est indifférent de le perdre. Et n’oubliez pas que le docteur Hasselbacher réussit admirablement les mots croisés. »
Obispo
Loin de l’analyse politique, dans cette période troublée l’auteur utilise Cuba comme décor exotique avec ses boites de nuit, ses rues pittoresques d’Obispo ou les villas luxueuses du Vedado ainsi que ses coutumes amusantes comme la numérologie appliquée au loto:
« -j’ai besoin de votre aide. j’ai été piqué par une guêpe, ce matin.
-C’est vous qui êtes médecin, pas moi.
-Aucun rapport Une heure après, en allant voir un malade, de l’autre côté de l’aéroport, j’ai écrasé un poulet. — Je ne comprends toujours pas. — Mr Wormold, Mr Wormold, vos pensées sont loin d’ici. Redescendez sur terre. Il faut que nous trouvions, immédiatement, un billet de loterie, avant le tirage. Vingt-sept, c’est une guêpe, trente-sept un poulet.
[…] Comme Milly, le docteur Hasselbacher avait la foi. Il vivait sous la loi des nombres, comme Milly obéissait aux saints.
[…] la loterie est un commerce sérieux que n’ont pas corrompu les touristes. Une fois par semaine, les numéros sont distribués par un service du gouvernement, et chaque homme politique reçoit un nombre de billets correspondant à l’importance de son appui. »
Toujours les podcasts de France Culture, « Grande Traversée : John Le Carré affinités » ; dans la série d’émissions, sont évoqués d’autres écrivains britanniques : Graham Greene et Somerset Maugham et particulièrement Mr Ashenden agent secret.
« Espion du gouvernement de Sa Majesté, Ashenden n’en restait pas moins un humoriste et soupira de voir qu’il manquait son effet.«
Recueil de nouvelles(8) ayant pour personnage principal Ashenden, écrivain jouissant d’une certaine notoriété et agent secret au service des Renseignements britanniques. 7 de ces nouvelles se déroulent pendant la Première Guerre Mondiale, le plus souvent Ashenden est basé à Genève qui se déplace entre la France en guerre et la Suisse neutre. La septième se déroule en Novembre 1917 dans le Transsibérien et à Petrograd. La dernière, dans un Sanatorium après la Guerre, est différente des premières qui pourraient former un roman cohérent.
« Ashenden se dit que c’était l’erreur commise très souvent par l’humoriste amateur, par opposition au professionnel. Lorsqu’il fait une plaisanterie, il insiste lourdement. Les relations du plaisantin avec sa plaisanterie devraient être aussi rapides et fantaisistes que celles de l’abeille avec sa fleur. Il devrait faire sa plaisanterie et passer à autre chose. Il n’y a bien sûr aucun mal si, comme l’abeille qui approche de la fleur, il bourdonne un peu. »
J’ai lu avec beaucoup de plaisir, le sourire aux lèvres, ce livre à l’humour très british. Ashenden, comme Somerset Maugham régale le lecteur de finesse, d’ironie et d’observations très précises sur ce monde désuet, quelque peu snob, où le savoir-vivre est cultivé comme un art. A côté des diplomates, des militaires un peu attendus, une galerie de personnages plus flous gravitent.
« Comme la vie serait plus simple si les gens étaient tout blancs ou tout noirs et comme notre conduite à leur égard en serait facilitée ! Caypor était-il un bon attiré par le mal ou un méchant attiré par le bien ? »
Ashenden, espion ou romancier, analyse ces caractères sans jugement à l’emporte-pièce. Sociable, il est plutôt bien disposé vis-à-vis de son prochain. Il sait voir le bon côté des humains et même si ses supérieurs des Services Secrets ont décidé d’éliminer un traître ou un agent double, il suit sa mission avec le plus possible de bienveillance.
« Harrington était un raseur. Il exaspérait Ashenden et le faisait sortir de ses gonds. Il lui tapait sur les nerfs et le mettait dans des rages folles. Mais Ashenden ne le détestait pas. »
ESPIONNAGE ET LITTERATURE, SOUVENIRS D’UN ECRIVAIN
Dans le bleu, France culture dans les écouteurs….
« Le présent ouvrage rassemble des anecdotes vraies racontées de mémoire. Mais que sont donc la vérité et la mémoire pour un romancier qui atteint ce que nous appellerons pudiquement le soir de sa vie ? me demanderez-vous à juste titre. Pour l’avocat, la vérité, ce sont les faits bruts – quant à savoir si les faits peuvent jamais se trouver à l’état brut, c’est une autre histoire. pour le romancier, les fait sont une matière première, un instrument plutôt qu’une contrainte, et son métier est de faire chanter cet instrument. La vérité vraie, pour autant qu’elle existe, se situe non pas dans les faits mais dans la nuance. «
A défaut de voyages lointains, je parcours mes itinéraires de proximité en m’évadant par les podcasts de France Culture.Philippe Sandsparle de John Le Carré qui fut son voisin . Le Carréest une vieille connaissance.
Je lis régulièrement les romans de Le Carré depuis L’Homme qui venait du Froid lu chez des amis à Glyfada à 17 ans jusqu’au Retour de Service (2019). J’ai dévoré ces thrillers et j’ai commencé à en apprécier le style quand je suis passée à la Version Originale. Pensant qu’un roman d’espionnage serait facile à lire, je me suis retrouvée avec le lourd Harraps sur les genoux presque en permanence en raison de la richesse du vocabulaire technique et de la variété des styles selon le sujet abordé. Sa traductrice interviewée lors de l’émission suivante de la série consacrée à Le Carré, explique aussi que la fascination que la langue allemande exerce sur lui, explique peut-être la complexité des phrases de l’auteur, alors que l’Anglais privilégie plutôt des phrases courtes.
L’écoute de ces podcasts m’a incitée à acheter le Tunnel aux Pigeons qui rassemble une collection de souvenirs. Ces mémoires d’un écrivain racontent par courts chapitres comment il a écrit ses livres (et les films tirés de ses œuvres) . Il livre assez peu d’anecdotes concernant sa vie familiale (sauf ce qui concerne son père, un vrai personnage de roman) rien de son passé d’espion (cela se comprend). Il construit ses romans en se documentant précisément et raconte tous ses voyages préparatoires : lieux mais surtout rencontre de personnalités qui l’inspirent. Comme ses intrigues s’articulent dans la géopolitique et que sa notoriété lui ouvre de nombreuses portes, il a l’occasion de danser avec Arafat, de dîner avec Margaret Thatcher, Alec Guinness ou Robert Burton, et même le président Italien Cossiga.
Chaque rencontre est mise en scène de manière spirituelle. On découvre une galerie de portraits pittoresques. L’histoire de la seconde partie du XXème siècle se déroule , de la construction du Mur de Berlin à l’exil d’Arafat à Tunis, Glastnost et Tchetchénie, Le Carré égrène ses souvenirs pour le grand plaisir du lecteur. Je me régale de cette évocation historique. Il y a juste quelques longueurs pour qui n’est pas britannique quand il s’attarde sur ses anciens collègues du MI5 ou MI6 ou sur des personnalités anglaises, mais cela ne concerne que quelques pages, le reste est vraiment très amusant.
« Mais ce qui m’importait encore plus, je le soupçonne même si je ne me l’avouais pas alors, était mon amour-propre* d’écrivain. Je voulais que mes romans soient lus non pas comme les révélations camouflées d’un transfuge littéraire, mais comme des œuvres d’imagination qui devaient très peu à la réalité dont elles s’inspiraient. »
Un autre aspect du Tunnel des pigeons est la construction d’un roman, la réflexion sur l’écriture. Un personnage de roman s’impose à l’auteur, il veut le voir s’incarner, rencontre dans monde réel son équivalent, Le Carré étudie sa manière de s’habiller, de parler, ses expressions. Le Carré peut parcourir le monde entier pour le voir évoluer, saisir sa psychologie. C’est fascinant. Comme l’espionnage est un monde de manipulation, l’écriture est aussi une manipulation de la vérité.
L’écrivain rend compte de la complexité du monde sans manichéisme ni jugement de valeur. Il démonte les rouages des acteurs du pouvoir, politiques, militaires, grands firmes pharmaceutiques ou magnats de Presse comme Murdoch ou Maxwell…
Par une belle journée d’Août, Maman a organisé un circuit pour montrer le Perche à des amis. Après avoir fait les honneurs du Vaurayet nous avons pris la route de Marcilly, minuscule bourg fleuri avec une petite église au joli porche roman et au clocher pointu.
La Fresnaye : loggia Renaissance
La Fresnaye est caché au bout d’une longue allée dans les arbres. La lumière du matin est parfaite pour les photos de loin mais le jardin et le château ne sont ouverts à la visite qu’après 13 heures (en semaine, comme le manoir est habité il ne se visite pas le week-end). Nous sommes revenus l’après-midi et avons suivi la visite guidée.
La Fresnaye tour et cour fleurie
Ce manoir serait un des plus anciens du Perche, remontant au XIVème siècle. Vers 1310, les seigneurs de Blandé édifient le logis, quadrilatère muni de créneaux et mâchicoulis. Au début de la Guerre de Cent Ans on la flanqua d’un donjon. Il fut épargné par les Anglais qui s’y installèrent en 1427. En 1501 le donjon fut coiffé d’un toit pyramidal. De riches transformations : Galerie Renaissance, deux tours d’angle, cheminées d’apparat en font un vrai château. Sympathisants protestants, ses maîtres furent bientôt ruinés et le château se dégrade. En 1750 les propriétaires nobles le quittent et des fermiers s’installent. Des travaux de restauration de 1977 à 2008 en font des ruines fleuries très plaisantes.
BELLEME
Bellême : ce qui reste du château porte Saint sauveur
Traversant Igé nous arrivons à Bellême. La ville close se trouve en haut d’une rampe. Au parking, une superbe vue sur les toits et l’église. Ce qui reste du château médiéval, une grosse tour et une arche est bien aménagé par des artisans et galériste. Les rues de la ville close sont bien restaurées. Nous n’avons pas le temps de nous y attarder. Maman a réservé au Restaurant à Mortagne et il est temps de reprendre la route.
Nous traversons la Forêt de Bellême . Attention au radar au Pin-la-Garenne ! Pour découvrir le Manoir de La Pellonière il faut faire un petit détour. Il ne se visite pas mais vaut le coup d’oeil.
Le Pin la Garenne : Manoir de La Pellonière
MORTAGNE AU PERCHE
Mortagne
Le restaurant de L’Hôtel du Tribunal mérite le déplacement. CLIC ici pour le site et les menus. C’est un restaurant gastronomique qui a une salle élégante et qui sert également dans un jardin fleuri. La carte propose des plats variés mais les menus font un clin d’œil au Tribunal, on peut choisir le gastronomique « Grande Instance » 56€ « Verdict » 39€ « Premier Jugement » 34€ et, en semaine, le midi la formule « le Référé » 17.5€ . Je choisis toujours le Référé qui propose sur une ardoise un assortiment varié surprenant d’entrées et viande chaude puis un café gourmand toujours . Comme Mortagne a pour spécialité le boudin, deux d’entre nous ont aussi pris un boudin maison avec un crumble de noix, jus de cassis décoré par des petites boules de pomme fraîche.
café gourmand
On pourrait consacrer une bonne demi-journée à la visite de Mortagne, le Musée Alain, le Musée du Perche, la belle église Notre-Dame, et nombreuses maisons historiques…
maison des comtes du perche 12ème siècle
Nous nous sommes contenté d’une promenade par cette belle journée dans les rues pittoresques : sommes entrés dans la cour de la Maison des comtes du Perche où nous avons la surprise de trouver un cheval de terre monté par des enfants. C’est un des sujets de l’exposition de la Sculptrice Fanny Ferré.
Mortagne : maison Henri IV
derrière des murs dépasse la Maison Henri IV .
Dans la Crypte Saint Andrénous retrouvons les personnages nomades de Fanny Ferré
Les nomades de Fanny Ferré
Ces sculptures sont installées dans toute la ville.
Le Pont Neuf et la Pompe de la Samaritaine sous Louis XVI
J’ai attendu avec impatience la réouverture du Musée Carnavalet. Et il semble que je n’étais pas toute seule : comme dans tous les musées, il faut réserver un créneau sur Internet, télécharger et imprimer le billet gratuit et se munir du Pass Sanitaire. L’entrée est gratuite (pas libre). Pour l’Exposition Cartier Bresson, c’est un billet séparé. Sauf à y consacrer la journée entière et à faire preuve d’endurance, l’après-midi ne suffit pas pour épuiser les collections permanentes et voir une exposition dans la foulée. Avec l’impression de survoler le tout, et de me perdre dans l’ordre des salles je n’ai vu que celles du premier étage. Il me faudra revenir pour la Révolution et le Moyen Age.
Carnavalet occupe tout un bloc entre la Rue Sévigné, la Rue des Francs-Bourgeois, la rue Payenne. On entre par la Cour d’Honneur ou Cours Louis XIV mais je découvrirai qu’il y a 4 cours, une petite Cour Henri IV(avec un jardin des simples), la Cour des Drapiers. Madame de Sévigné a occupé un des hôtels particuliers mais peu de souvenirs ont été conservés. C’est un des plus anciens musées de Paris : il a ouvert en 1880.
les enseignes
Une belle collection d’enseignes nous fait imaginer les rues de Paris avec les plaques de rues en calcaire gravé. L’étoile de David capte tout de suite mon attention : rien de juif, c’est le symbole des brasseurs, les deux triangles figurant les éléments composant la bière et les transformations. L’orme de Saint Gervais est le souvenir d’un arbre de justice.
la devanture de l’apothicaire contient flacon et pots à onguents en porcelaine.
Au plafond sont pendus des lorgnons, des fourchettes, au mur un homard.
Plusieurs tableaux et réclames utilisent des stéréotypes racistes : « A la Tête noire » pour un marchand de vin ou « au Nègre joyeux » dans un magasins de produits alimentaires venant des colonies.
Je monte au 1er étage en empruntant le monumental escalier de l’Hôtel de Luynes surmonté d’une galerie décorée en trompe-l’oeil.
Escalier de l’Hôtel de Luynes
Non seulement on a remonté des escaliers provenant d’hôtels qui ont été démolis mais on a reconstitué des appartements entiers avec boiseries, plafonds, tentures et mobilier.
Une série de salles fait revivre le Paris de l’Encyclopédie (1751 – 1788) d’Alembert nous accueille, et nous passons par les appartements de l‘Hôtel de Breteuil,entrée, salon et boudoir ovale. Le salon est meublé de tables à jeu (échiquier cachant un trictrac) table carrée pour jouer au pharaon, fauteuils divers, une harpe et même une niche capitonnée de bleu pour un chien minuscule. Un accompagnement sonore reconstitue l’ambiance du salon.
Différents tableaux, aquarelles et gravures, restituent les Jardins de Paris, le Jardin des Plantes avec la figure de Buffon, Parc Monceaucréé par Carmontelle, Jardin de Bagatelle, mais aussi des jardins oubliés comme ce Jardin des Marchands.
On célèbre le Spectacle des sciences avec le spectaculaire envol (et crash) des Montgolfières qui ont suscité des « objets dérivés » boutons, tabatières et éventails
J’ai découvert un peu plus loin (je me suis un peu perdue dans le dédale des salles) le fauteuil de Voltaire avec sa silhouette caractéristique équipé d’un écritoire et d’un pupitre. Nombreuses têtes, buste de Voltaire autour. Jean Jacques Rousseau en costume arménien fait le pendant au buste de Voltaire). un joli groupe en porcelaine blanche fait figurer Franklin. je suis contente de voir le palais que Beaumarchais s’était fait construire à proximité de la Bastille que décrit Orsenna dans sa biographie Beaumarchais : un aventurier de la liberté.
maquette de la Madeleine (à l’arrière Saint Sulpice)
Louis XIV, Louis XV et Louis XVI ont embelli Paris de nombreux monuments et places comme la Place Louis XV (place de la Concorde) dessinée par Gabriel. On démolit les maisons construites sur les ponts au XVIIIème siècle. De nombreux tableau témoignent des transformations. Des maquettes des projets de l’église de la Madeleine, et de l’Eglise Sainte Geneviève ou de Saint Sulpice montrent les projets. L’église Sainte Geneviève est devenue plus tard le Panthéon et la Madeleine ne fut terminée qu’après la Révolution.
Une salle entière est consacrée à l’architecte Ledouxqui dessina 47 barrières dans le mur des fermiers généraux (1762 -1795)
Les reconstitutions des appartements venus d’Hôtels particuliers sont spectaculaires mais mon parcours n’est pas toujours logique ou chronologique, c’est le seul défaut du musée.
je suis éblouie par le salon peint de fresques à grotesques de l‘Hôtel Colbert de Villacerf
Cabinet Colbert de Villacerf, grotesques et portrait de Mazarin
Impressionnants, solennels, ceux de l’Hôtel La Rivière (Place Royale) avec les décors de Charles Lebrun (too much!)
Décors Le Brun très chargésBoiseries de l’Hôtel d’Uzès
Toujours dans mes errances chronologiques j’ai découvert le 16ème siècle, Catherine de Médicis, Henri III, Charles IX Le Duc de Guise. Impressionnante procession de la Ligue
Procession de la Ligue
Et pour contraster avec cette peinture belliqueuse une fête populaire
Fête populaire
et ces petits métiers
petits métiers 18ème siècle
je me rends compte que ce billet est bien désordonné, surtout du point de vue de la chronologie. Telle fut ma visite. Ce musée est si riche qu’on s’y perd et je me promets d’y retourner d’abord pour voir les souvenirs de la Révolution, les témoignages du Moyen Age puis ultérieurement me limiter à une courte période et lire avec soin les cartels.
« Dans les villes de l’exil, te souviens-tu, se répète Alberto, nous parlions de l’avenir. toute ma vie, j’ai cru au progrès. Le sens de l’histoire éclairait notre attente, et même nos plus mélancoliques nuits étrangères. César a tort, le monde n’est pas foutu. Et pourtant, comment le nier, je sens ici que mon monde à moi est détruit.
Sur la plage, de plus en plus, Alberto se parle seul, à haute voix »
Je connais Maspéro depuis une éternité.
Editeur : Etudiante, je collectionnais les petits livres aux couvertures colorées : Nizan, Frantz Fanon, Louise Michel…égayaient mes étagères, égarés depuis, j’aurais tant aimé les retrouver.
Libraire : sa libraire était un repère de gauchistes, d’étudiants, lieu de rencontre de rendez-vous. Certains emportaient des livres sans les payer, on ne les aurait pas dénoncés. J’ai toujours trouvé minables ces larcins. Pour la lecture gratuite, il y a des bibliothèques.
Auteur : je ne l’ai lu que plus tardivement, Le Figuier m’a captivée.
Balkans-Transit, lu et relu, avant les voyages en Bulgarie, en Albanie, en Grèce, Roumanie.
Les Passagers du Roissy-Express, offert, prêté, chaque fois qu’amis ou connaissances se trouvent en panne de lecture.
Et voici que je trouve sur ma table de nuit de la chambre d’hôtes à Mauzé-sur-le-Mignon, La Plage Noire comme s’il m’était personnellement destiné!
Ce court livre se lit d’une traite (160 pages). C’est le plus littéraire des livres de l’auteur que j’ai lu. Une fiction qui se déroule dans un pays imaginaire. On pense à l’Amérique Centrale ou Latine. Un homme attend un visa pour partir rejoindre sa femme française à Paris. Il vit avec leur fille dans une maison de famille sur le bord de la plage noire, isolé, loin de tout. Ecrivain, journaliste, opposant politique, il n’ignore pas la menace mais se résout pas à l’exil.
Comme j’ai bien aimé la Patience de l’Impatience, polar corse, villageois j’ai eu envie de retrouver Diou Boccanera, détective et de la suivre dans une nouvelle aventure à Nice et dans les environs, jusqu’à la vallée de la Roya.
Il est bien sûr question de chiens, du chiot Scorcese, mais pas seulement. Et d’une vétérinaire suédoise qui intervient. Il y a aussi une histoire de passeur, passeur des Juifs pendant l’Occupation. Et comme c’est un roman policier, un cadavre et une disparition.
Le corps, trouvé par le chiot( il faut bien une cohérence) est celui d’un jeune Erythréen qui a été passé à tabac. La disparue s’appelle Melody, lycéenne, tout juste majeure. Fugue ou enlèvement? Sa mère confie l’enquête à Diou qui est détective privé.
Comme je ne veux pas spoiler, vous n’en saurez guère plus.
Mais si je dois en rajouter pour vous convaincre de le dire, sachez que Diou (comme moi) est fan de Camilleri et qu’elle lit Le Tour de la Bouéequand elle ne peut pas dormir. Vous rencontrerez des crapules (normal dans un policier) mais aussi de bien braves gens, un SDF allemand muet, et que le livre est dédié « Aux solidaires de la vallée de la Roya, d’Italie, de Nice, du Briançonnais et d’ailleurs »
Sur la route du retour : Niort par un beau soleil.
J’ai téléchargé l’appli Niort Marais Poitevin Tour sur le smartphone. Elle propose toutes sortes de renseignements pratiques et est très bien faite. Je recommande vivement. Parmi les itinéraires de promenades il y a un circuit Niort en 80 minutes que j’ai suivi à la lettre et qui m’a conduite dans le centre-ville « A la découverte du panorama architectural de Niort en un clin d’œil » . 14 étapes avec des explications écrites et commentaires amusants pour animer la visite.
Sèvre Niortaise
Nous trouvons un grand parking en face du Donjon ou Château qui est un double donjon avec deux hautes tour blanches.
Niort : Hôtel de Ville
la Préfecture et l’Hôtel de Ville (1897), le Palais de Justice rappelant un temple grec ne sont pas exceptionnels ni très originaux.
Niort : le clocher de Notre Dame
L’église Notre Dame gothique flamboyant avec sa si haute flèche qu’on dit que la fée Mélusine l’aurait construite m’intéresse plus. L’école de dessin fin 19ème s’inscrit dans la ligne de la préfecture et de l’Hôtel de ville, en peut être plus élégant. J’ai nettement préféré les anciennes maisons Henri II avec pinacles, échauguette et chérubin ailé. On arrive aux jardins de la Brèche qu’on n’a pas le temps de parcourir dans le temps imparti.
Niort pilori
J’ai aimé le Pilori (1530-1535) malgré son utilisation détestable avec ses colliers de fer pour tenir le délinquant qui était ainsi puni publiquement. Le logis d’Hercule rappelle que là se déclara le premier cas de peste en 1603, on arrive à la fin du parcours à la maison natale de Madame de Maintenon.
Niort Logis d’hercule
Promenade agréable dans un centre-ville animé. Rien d’exceptionnel (à part le château où j’aurais peut-être pu consacrer plus de mon temps). Au moins, nous pourrons avoir une idée plus précise de cette ville de Niort dont je ne connaissais que l’adresse de mon assureur.
Malgré une météo exécrable, nous partons pour la Baie de l’Aiguillon espérant des éclaircies au bord de la mer. Le trajet par le Marais passe par Marans, Puyravault,Triaizé,Saint Michel en l’Herme,L’Aiguillon et La Faute.
Tournesols sous la pluie
Sous le ciel gris, le Marais Desséché n’est pas pittoresque avec ses grandes cultures. Heureusement les tournesols donnent un peu de couleur, gorgés d’eau, ils penchent la tête et p,t une allure pitoyable.
A l’entrée de Marans, à l’arrière du cimetière, une église en ruines a belle allure, ogives gothiques et chapiteaux romans ; la nef a disparu mais le clocher est intact. J’avais un bon souvenir de Marans visité il y a quelques années lorsque nous étions à Sainte-Radégonde-des-Noyers à la Maison éclusière. Pressées d’arriver nous enjambons la Sèvre Niortaise sans nous arrêter.
Ecluse
Un peu avant Charron nous remontons vers le nord et trouvons les belles écluses sur le fleuve et les canaux qui convergent. Est-ce donc là les Portes à la Mer qui contiennent l’eau douce de la rivière et empêchent l’eau salée d’y pénétrer. Sur la plupart des rivières les écluses permettent la navigation. Dans le Marais, leur rôle est plus complexe. Elles permettent de réguler tout le réseau hydrographique. De nombreux pêcheurs sont installés sur les berges à proximité. Nous croisons de nombreux cyclistes bien courageux de pédaler sous la pluie.
A Puyravault, l’église templière est bien fléchée. A l’écart du village, dans le cimetière, se dresse une église toute simple d’une sobriété étonnante. Une seule voussure autour du portail. Seuls les modillons sont sculptés (il faut entrer dans le cimetière pour els voir). La Commanderie Templière qui restera attachée ensuite à l’Ordre de Malte participa à l’assèchement du marais jusqu’au XVII ème siècle. L’église est ouverte, elle a des vitraux colorés. Certains XIX ème rappellent l’histoire des Templiers. Une seule nef, un plafond assez bas, il règne une certaine intimité.
Nous suivons la route sous la pluie sans prêter attention au paysage. Sur al carte le maillage des canaux fait illusion. Le plus souvent on ne voit ni canaux ni fossés cachés par des tamaris ou invisibles dans les creux. De plus cette région est bien construite. On entre dans L’Aiguillon station balnéaire sans grâce, maisons sans caractère, attractions pour enfants, fête foraine, débauche de structures gonflables aux couleurs criardes jaune et vert où des adolescents s’exercent à des activités indéfinissables. Sans prendre garde, nous arrivons à La Faute avec le même urbanisme décevant.
marais maritime
Nous nous engageons dans la presqu’île espérant trouver des plages sauvages. Aboutissons à la Capitainerie d’un Port de Plaisance endormi ; on se croirait en hiver. Il n’y a aucune activité en dehors de joggers qui courent sous la pluie et des cyclistes qui passent sans s’arrêter. J’ai perdu le sens de l’orientation tant nous avons tournicoté dans les lotissements. Le GPS nous emmène à la Pointe d’Arçay où je fais une jolie promenade sur des planches à travers le marais maritime et les bassins des ostréiculteurs. J’arrive à un affût ; faute de jumelles je n’essaie même pas de chercher les oiseaux dont les silhouettes sont signalées sur les panneaux. Vent et pluie, ils sont bien cachés ! Non loin de là, se trouve la plage des Amourettes en face de l’entrée d’un camping.
C’est l’heure du déjeuner, Dominique n’a pas trouvé de restaurant avec le smartphone, plutôt si, à la Pointe de l’Aiguillon, mais c’est complet ! peu tentées par ce que nous avons vu à La Faute et à L’Aiguillon, nous décidons de retourner vers Esnandes et Marsilly voir ceux que nous avions repérés lundi. Mais c’est loin. Pas le temps d’arpenter la plage sauvage. Nous arrivons à 13h30 à Marsilly et nous attablons chez Les Moules Brothers. Ce n’est pas un restaurant chic, loin de là ! Plutôt cantine avec de longues tables vernies sous un auvent de tôle(heureusement puisqu’il pleut) . Service restauration rapide : commande au comptoir. Le serveur donne un plateau avec une corbeille de pain, les couverts, serviette et boissons plus un bipper qui préviendra quand les moules seront prêtes. Pour 11€80, on a une belle part de moules marinières dans une barquette en alu, une petite barquette de frites (maison, délicieuses pas surgelées, bien cuites), pain, beurre et une boisson. On mange avec les coquilles (ou les doigts). Les serveurs sont aimables ; à la fin on dessert soi-même en faisant attention au tri. Ce n’est pas grande classe, mais c’est bon et pas cher. S’il n’y a ni nappe ni vaisselle, ils ont fait des efforts de décoration avec des collages amusants sur les bâches qui entourent les viviers et les bassins ;
Eglise de Marsilly et arbre de la Liberté4
Je reprends le chemin côtier sur la digue jusqu’à Nieul/mer et retour jusqu’à Esnandes. 1h30 sous une pluie battante. J’ai décidé d’imiter Ecossais et Irlandais : ignorer superbement la pluie, « what a gorgeous day ! » . De retour à la voiture, je dégouline, il ne me reste plus qu’à enfiler la robe de plage de coton léger à bretelle et le maillot de bain (je rêve du pull irlandais en laine). Une polaire par-dessus la robe, quelle élégance ! au moins je suis au sec
Le soleil a décidé enfin de pointer ses rayons, pas question de rentrer ! Nous irons finir la balade des Falaises du Pertuis Breton jusqu’à la Pointe du Plomb. A Marsilly, il y a également une église fortifiée avec une tour carrée comme à Esnandes qui ressemble plus à un château fort qu’à un clocher. En face se trouve un Arbre de la Liberté planté en 1792 . Il a été récompensé comme « arbre remarquable » d’autant plus qu’il ne reste plus que deux spécimens vivants.