le Cahier volé à Vinkovici – Dragan Velikic

Littérature d’Ex-Yougoslavie ou de Serbie?

Dragan Velikic est un écrivain et diplomate serbe, Le cahier volé à Vinkovici est traduit du Serbe mais il se déroule entre Pula, Rijeka et des villes d’Istrie qui se trouve maintenant en Croatie et Belgrade  sa famille s’est installée après avoir quitté Pula.  Il évoquera aussi Ohrid en Macédoine, Ristovac à la frontière Turco-serbe, maintenant en Serbie. Mais pas seulement en Ex-Yougoslavie, Budapest , Trieste et surtout Salonique.

Une carte de l’Istrie m’a été indispensable pour localiser les plus petites localités de Rovinj, Rasa, Opatija….

Géographie et Histoire : l‘Istrie a été italienne du temps de Mussolini qui y a construit une ville-modèle à Rasa. Occupation par les Alliés à la fin de la guerre quand les frontières ont changé. Fiume est devenue Rijeka…Histoire aussi plus ancienne quand Trieste était autrichienne. Les fantômes des anciens habitants hantent les maisons et les appartements.

« Je feuillette à l’aveuglette le gros livre de la mémoire. Il en sortira bien quelque chose. »

C’est un livre sur la mémoire, la mémoire de sa famille, la mémoire de sa mère qui est en train de la perdre, malade d’Alzheimer dans une maison de retraite. Mémoire perdue dans le train avec le déménagement de Belgrade à Pula avec ce cahier volé

« Dans le cahier volé à Vinkovci, elle ne notait pas seulement les noms des hôtels et des pensions où elle avait séjourné, les histoires et les contes de fées qu’elle inventait, incitée par une puissante exigence de justice, de vérité, mais aussi ses rêves. »

Evocation de la mère et de sa personnalité originale.

Comme Mendelsohn et Sebald , Velikic mène son enquête de manière circulaire. Il tourne et retourne, digresse, retrouve d’anciennes photographies, interroge des témoins comme le vieil horloger nonagénaire. Il fait revivre les anciens souvenirs familiaux comme ceux de son grand père cheminot. Surtout il raconte l’histoire de son ancienne voisine Lizeta, grecque, italienne et juive de Salonique dont les anciennes photos ont enchanté son enfance. L’incendie de Salonique (Aout 1917).

J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a promené dans des contrées que je ne connaissais pas. J’ai aimé ce regard sur la désintégration de la Yougoslavie, serbe mais aussi cosmopolite, critique  sans  parti pris nationaliste alors que la folie nationaliste a mis le pays à feu et à sang. Au contraire il dessine un palimpseste où interviennent les histoires, les photos de ses ancêtres , des voisins, et même d’inconnus comme les occupants anglais ou allemands à Pula.

« Comme étaient déterminants pour la survie de ce monde les socles invisibles sur lesquels grouillaient des vies si différentes ! Héritages, légendes, traditions séculaires, histoires privées – plongées dans la réalité socialiste avec ses rituels et sa propagande assurant la cohésion de ce monde – grouillaient sous la surface du quotidien. »

Vinales

CUBA – 14 février 2004

Vinales et les mogotes

A 7h45, un taxi avec compteur traverse tranquillement la Havane pour nous emmener au terminal de Viazul. Nous reconnaissons l’Opéra, le Capitole, le monument de José Marti, la Place de la Révolution. La gare routière est située en périphérie de la ville. Elle ressemble à un petit terminal aérien. Un fonctionnaire de sécurité nous accueille, nous échangeons les vouchers contre des billets, enregistrons les bagages comme pour un voyage en avion. Un steward en costume cravate s’occupe des voyageurs nous propose d’aller à la cafétéria. Une hôtesse, enfin nous fait entrer dans l’autobus luxueux réservé aux touristes. Nous identifions un seul couple cubain parmi les voyageurs (Monsieur téléphone sans arrêt avec son mobile). L’équipage regarde une vidéo en espagnol: un film américain de guerre, une histoire de sous-marin qui fait un fond sonore bruyant. C’est étrange, sans même écouter, je comprends tout  ce qui doit démontrer l’indigence des dialogues.

Le bus emprunte l’autoroute dans une plaine verte où dépassent quelques palmiers. Les palmiers évoquent le Maroc pour Dominique. Pour moi, ce paysage ne ressemble à rien. J’ai du mal à comprendre ce que je vois au premier abord. C’est vert mais je ne reconnais rien. Des vaches un peu exotiques aux cornes longues et recourbées plutôt grises. Des lacs et des marais font diversion. Des aigrettes garde-bœufs accompagnent les vaches.

boeufs et garde-boeufs

Au bout d’une cinquantaine de km, les collines se font plus pointues. Nous reconnaissons la canne à sucre que l’on coupe à la main. C’est différent du Cap Vert : les champs sont très grands, si les hommes utilisent les mêmes machettes, ici, ils sont dispersés. De temps en temps, un arbre à silhouette africaine ressemblant à un baobab domine le paysage. Je suis déconcertée, cherchant des analogies avec des paysages d’autres voyages. La signalisation routière est complètement déficiente, malgré le guide de la route  je n’arrive pas du tout à me repérer.

Le bus s’arrête devant une cafétéria près d’un village de vacances. La campagne est fleurie. D’énormes clochettes jaunes inconnues sentent très bon .De très gros oiseaux planent : des buses ?

Le bus arrive dans une ville annoncée par des immeubles modernes : Pinar del Rio, fin de l’autoroute. Pinar del Rio est surtout composée de petites maisons basses de ciment ou de bois avec un auvent, un ou deux rocking chair en fer forgé quelquefois un jardinet et parfois une vieille voiture américaine. Dans les rues, pas de circulation, la ville somnole.

Le bus s’engage sur une petite route qui monte dans la montagne. La végétation change, Le bus rase de près les arbres envahis par des lianes ainsi que de nombreux épiphytes, des orchidées et des sortes de fougères. Les petites maisons campagnardes de bois souvent couvertes de chaume, minuscules sont souvent plutôt des cabanes que des maisons. La pauvreté rurale est différente de celle de la Havane, presque pittoresque dans ce cadre naturel magnifique mais révélant un dénuement inimaginable. Certains villages n’ont pas l’électricité, on voit une salle de télévision collective. Certaines maisons n’ont pas de fenêtres, seulement un trou carré. On laboure avec une paire de bœufs.

Le car roule à 30 à l’heure. Nous traversons des pinèdes et apercevons la silhouette des mogotes, reliefs karstiques aux allures asiatiques. Nous arrivons à Vinales.

Hôtel Jazmines

L’hôtel Jazmines se trouve à cinq kilomètres avant Vinalès sur cette route. Je demande au steward si le bus s’y arrête. « Très près » répond il. Il provoque un arrêt pour nous en pleine campagne moyennant un pourboire qu’il réclame.

Nous voici donc avec le sac à dos, la valise et le sac rouge rempli, à 1 km de l’hôtel. Dominique commence sérieusement à râler, d’abord à cause du pourboire réclamé crûment ensuite parce que l’hôtel est loin. Des cars de touristes passent sans s’arrêter. Des Cubains rigolards nous regardent.

Scène bucolique : dans un champ de tabac deux hommes travaillent avec une paire de bœufs, ce serait la photo idéale : l’homme debout sur un tronc à peine équarri tiré par ses bœufs (que fait il sur ce tronc qui glisse ?), le séchoir à tabac avec les feuilles vertes. Comme je les prends en photo, le vieux propose de porter la valise. Finalement l’hôtel n’est plus si loin. Dominique est encore plus furieuse de ce que j’ai accepté cette aide intempestive.

L’hôtel a beaucoup d’allure. C’est une grande bâtisse rose adossée à la colline qui regarde vers la vallée. Devant l’hôtel, une magnifique piscine. En contrebas, une série de bungalows.

Nous sommes arrivées trop tôt. La chambre ne sera prête qu’à deux heures.

Je command des spaghettis servis sur le bord de la piscine Le temps est plus frais qu’à La Havane mais la piscine me fait bien envie.

Nous avons la meilleure chambre de l’hôtel au deuxième étage au dessus de la piscine. Sur le balcon on peut installer deux grands fauteuils de rotin genre Emmanuelle et admirer la vue sur les mogotes. Dans la chambre tout le mobilier est en rotin les lits jumeaux sont recouvert d’un tissu fleuri.

Déception : la piscine est glacée. Seuls les Hollandais et les gamins s’y aventurent. J’aime tellement la piscine que généralement je n’hésite pas, à Marrakech et à Assouan, j’y étais seule, mais ici c’est vraiment trop froid. Le guide est passé nous proposer ses services pour les randonnées. Il prétend qu’il est défendu de se promener seul dans le Parc Naturel patrimoine de l’Humanité. Ceci entretient la mauvaise humeur de Dominique qui crie à tous les vents qu’elle veut être libre et en appelle à la Révolution. Je lui fais remarquer que ce n’est pas malin de parler ainsi et que cela risque de nous causer des ennuis.

Heureusement, l’après midi prend une meilleure tournure quand je viens chercher mon nouveau carnet moleskine (le même que celui d’Hemingway, c’est une référence) La vue est vraiment pittoresque. C’est avec plaisir que je noircis 3 feuillets avec la silhouette des mogotes, une étude de palmier et de la végétation du coin. Dessiner sur ce carnet est un véritable plaisir. Le format, un peu petit réduit les possibilités de composition, mais cela rend le travail plus facile. La qualité du papier, (plutôt de la carte), glacée, crème me plaît  Je dessine pour observer. Rapidement la lumière change. A 17h30 il nous reste une bonne heure avant la nuit pour aller à la découverte des environs de l’hôtel. A l’opposé de la vallée, vers Vinalès, nous trouvons un bon chemin de terre qui conduit à des fermes. Dans un jardin impeccable, un vieil homme arrose ses salades avec un vieil arrosoir. Un homme sur une charrette tirée par un cheval nous propose d’aller à Vinales.

Devant une maison de planches, un cheval attaché souffle et gronde. Rencontre avec de petites chèvres bicolores, un chevreau blanc si petit. La nuit tombe. Il faut rentrer. Trois enfants jouent, on les photographie  Dominique offre au petit garçon brèche dents la petite souris en plastique que nous avons emportée pendant nos voyages divers sans la donner .Notre promenade nous enchante et termine bien la journée.

Malheureusement, après cela se gâte. On n’arrive pas à allumer les lampes de chevet. Il faut faire monter le réceptionniste. (Ce genre d’aventure se renouvelle à chaque voyage). Le snack ne sert plus rien à manger. Le restaurant buffet ressemble à une cantine peu engageante (10$) . Pour finir, la Soirée de la Saint Valentin organisée par l’hôtel à l’attention d’un groupe de Canadiens du quatrième âge juste sous nos fenêtres nous empêche de dormir.

La Vieille Havane : Place d’Armes, Forteresse royale – place de la Cathédrale – Musées

CUBA – vendredi 13 février après la sieste

Au pied de la forteresse musique et danses

Sieste jusqu’à 15 h. Le décalage horaire se fait sentir.

La Place d’Armes est maintenant pleine de touristes ; dans les bars des petits orchestres jouent de la musique partout.

La Forteresse Royale (Real Fuerza) a belle allure. Reconstruite au 16ème siècle dans un beau calcaire fossilifère, beaux madréporaires. Au rez de chaussée, exposition de céramiques contemporaines. Certaines classiques : vases et plats émaillés, d’autres plus originales : une machine à écrire et de curieux livres de terre, aussi politiques : un globe terrestre posé sur des crânes humains, un œuf avec un bébé à l’intérieur tétant le sein, des images violentes. Nous montons sur la terrasse admirer le panorama. Et découvrons un marché. On y vend des souvenirs pour les touristes : sculptures de bois de style africain, des bijoux sans intérêt, de la vannerie et de très beaux linges, chemises d’homme à plastron plissé, combinaison de femmes en percale blanche brodée, pantalons blancs …Un orchestre noir et deux danseuses animent une petite place . Je ne résiste pas à la tentation de photographier la danseuse noire qui agite des branches de verdure. Elle vient me réclamer la pièce,  quelques pesos  ont l’air de la contenter.

Place de la cathédrale

Nous passons à côté d’un très beau bâtiment baroque, le Séminaire en activité, qui ne se visite pas. La Place de la Cathédrale est bordée de très belles arcades d’un côté. Nous photographions la cathédrale à travers la colonnade et les bougainvillées roses. Une belle terrasse de café occupe une bonne partie de la place, des musiciens jouent, des femmes en costume folklorique, des fleurs dans les cheveux, avec des turbans africains ou antillais portent des paniers, elles se font photographier par les touristes .Les vieilles fument d’énormes cigares. Une vieille a même habillé un petit chien en l’affublant de lunettes de soleil et d’un tournesol artificiel.

De la Cathédrale, nous retournons à la Place d’Armes où nous visitons le Musée de la Ciudad dans le Palacio de los Capitanes Generales. Autour d’un beau jardin avec des paons, les arcades s’élèvent sur trois niveaux. Une gardienne nous fait les honneurs des salles d’apparat, nous montre les baignoires sculptées, le Trône, les meubles magnifiques venant d’Espagne et…. saisit  l’appareil photo et d’autorité me photographie . Ce qui m’intéresse le plus ce sont les souvenirs des guerres d’Indépendance de Cuba. Nous faisons connaissance avec les personnages de ces guerres Cespedes, Marti. Nous voyons les drapeaux américains de cette guerre contre l’Espagne et prenons contact avec une histoire complètement ignorée.

Enfin, nous passons par l’église San Francisco, par les portes ouvertes nous voyons l’intérieur sobre mais renonçons au Musée d’Art sacré. La Vieille place plaza Vieja : très très vaste. Pas de touristes, beaucoup d’enfants, des gamins jouent au ballon, d’autres ont une trottinette et des patins à roulette. Au centre une fontaine, une exposition de sculptures modernes gigantesques en fer rouillé.

La malédiction du Vendredi treize a encore frappé : le guide  Gallimard a disparu. je retourne en vitesse à la Plaza Vieja par le chemin le plus direct : Obrapia (sur laquelle donnent les fenêtres de notre chambre) Santo Ignacio . je suis contente d’arriver à me repérer dans notre quartier.  Le livre est passé par pertes et profits. Le réceptionniste nous monte dans la chambre une salade de poulet et des calmars pour 10 $. Après le dîner, nous faisons un dernier tour : Place d’Armes et le petit Temple grec qui commémore la fondation de La Havane. Nous longeons les docks (un cargo rouillé sur l’autre rive) et rentrons par la Plaza Vieja espérant retrouver Gallimard. Les rues sont désertées par les touristes mais il y a de la musique dans tous les bars.

Si les péripéties de la journées ne nous ont pas permis de visiter sereinement et méthodiquement la Vieille Havane en suivant studieusement les itinéraires des guides comme nous le projetions, en revanche nous avons ratissé le quartier et découvert au hasard des maisons peintes à balcons, des moulures et stucs Belle Epoque, des façades baroques ou coloniales, sans parler des vitraux en demi cercle surmontant souvent les fenêtres.

 

 

La Havane : Emplettes diverses rue Obispo

CUBA –   Vendredi 2713 février 2004

Rue Obispo

Sans être superstitieuses, ce vendredi 13 ne nous porte pas chance !

Comme de juste, avec le décalage horaire, nous nous réveillons bien trop tôt vers 4 heures du matin. A 5h, impossible de se rendormir.

Le petit déjeuner est servi dans le patio : une corbeille de petits pains frais, une assiette de fruits : papaye, ananas, pamplemousse en tranches, tortilla et très bon café. Je me livre à l’inventaire des fougères et plantes tropicales qui dégringolent de la galerie.

Il fait frais, la lumière est délicieuse. L’appareil photo est inanimé. Avant tout, faire l’acquisition d’une pile. Et d’une carte de téléphone. La rue de l’hôtel Oficios bordée de belles maisons de pierre coloniales conduit à la Place San Francisco, très vaste et déserte ce matin. L’église et sa fontaine de pierre font face à un très grand immeuble début 20ème siècle, une grande banque et une Poste où nous devrions trouver la pile et les cartes de téléphone. Rien, nada!  les rayonnages sont déserts ni carte (malgré un écriteau) ni pile !

Obispo : hôtel Ambos Mundos où Hemingway a séjourné

Nous consultons nos plans assises dans un très joli jardin public,  Place d’Armes occupée par: au centre la statue de Cespedes, ornée de 4 fontaines de pierre, et de palmiers très hauts et d’arbres magnifiques .

Boutiques et maisons de la calle Obispo (montage)

La rue Obispo, est une artère commerçante. Mais  magasins n’ouvriront pas avant 9h30. J’entre dans les Hôtels : Ambos Mundos, celui qui abrite la chambre Musée d’Hémingway   et au Florida qui nous vend deux cartes téléphoniques de 10$ . Nous trouvons rapidement une cabine téléphonique Pour appeler la France :  119 33 et le numéro sans le 0. Jusque là, tout va bien. La Calle Obispo commence à se peupler. Il semble que les Cubains arrivent en avance au boulot et se massent devant les entrées des magasins et des bureaux avant l’ouverture.

Pour la pile, c’est beaucoup plus compliqué. Aucun magasin ne vend de pile. Il y a des boutiques de vêtements de luxe, des librairies, des cafés, des bazars mais pas de magasins de photos ni d’électricité. Dans les boutiques pour Cubains, les rayonnages de bois sont vides. Ceux du  Cap Vert étaient mieux achalandés ! du rhum, quelques biscuits secs sinon rien ! Pas de fruits, une boucherie déserte. Deux échoppes d’horlogers prétendent d’après un  écriteau, réparer presque tout, mais elles sont vides.  Au bout d’Obispo, le Floridita, le bar d’Hemingway est fermé.

Pause dans le jardin du Parque Central. Au loin, nous reconnaissons le Capitole. De l’autre côté de l’avenue l’hôtel Ingleterra et l’Opéra. Belles façades Belle Epoque très surchargées en stuc et sculptures. Nous nous installons sur des bancs de pierre à l’ombre d’arbres magnifiques. Ici aussi, des fontaines rafraîchissantes. Un couple s’adresse à nous en Français, elle métisse aux cheveux courts teints en blond, lui très grand. Ils sont très contents de trouver des français et répètent inlassablement « à La Havane, pas de problème, 3 millions d’habitants, un million de policiers, pas de maffia, pas d’insécurité ». Ils vantent les chambres particulières et les paladares. Puis expliquent « A Cuba trois monnaies, le dollar, le peso national, ce n’est pas pour vous, et le peso convertible » c’est assez clair, leur but est de nous amener à changer des dollars pour des pesos convertibles. Ils connaissent un endroit au quartier chinois. Ce n’est pas notre première préoccupation, nous cherchons une pile pour l’appareil photo. Ils nous emmènent donc à un magasin qui en vend en nous faisant passer par des rues désertes très délabrées où les voitures ne peuvent pas circuler à cause de trous immenses. Nous trouvons notre pile et de l’eau fraîche. Après les achats nous leur faussons compagnie, ils demandent une commission. Je suis assez mal à l’aise de les planter ainsi mais le quartier chinois n’entrait pas dans nos plans. En longeant le Capitole nous retrouvons le Parque Central très rapidement

Déception, avec la nouvelle pile, l’affichage électronique de l’Olympus clignote mais le flash reste immobile et le zoom inerte. La panne doit être plus grave.

J’aurais bien photographié l’Opéra, très kitsch, très très pâtisserie. Ce soir, on donne la Traviata, dans ce décor cela m’aurait bien plu.

Retour sur Obispo chez les horlogers réparateurs polyvalents. Je confie l’appareil à l’un d’eux. Selon lui, la pile ne serait pas bonne. Nous n’avions que moyennement confiance dans le magasin minable. Peut être est elle périmée ? On nous dirige vers le grand magasin Harris Brothers où nous trouvons une autre pile, encore une déception mais on ne peut pas se faire rembourser. J’achète deux jetables. Puis je regrette, j’essaie d’échanger les jetables contre un petit appareil bon marché Pas question ! à Cuba on n’annule pas un article passé en caisse . Nous restons avec les jetables.

les bouquinistes de la Place d’Armes

Une foule dense occupe maintenant Obispo, des échoppes de sandwiches sont ouvertes (pour nous c’est trop tôt). Les boutiques ouvertes semblent plus avenantes. Je commence à photographier les façades peintes. Sur une placette fleurie des oiseleurs vendent des oiseaux dans des cages. Les bouquinistes ont installé leurs étals sur la Place d’Armes. Tous ces livres me fascinent : œuvres de Lénine, de Che Guevara en bonne place ainsi que Garcia Marquez ; Il y a aussi de vieilles éditions avec de belles reliures. Un marchand très jeune, style étudiant me montre un traité de Charcot sur les maladies cérébrales. De nombreux fascicules sur la Flore et la Faune de Cuba me tentent.

Je retourne à l’hôtel chercher mon chapeau de paille, il est passé onze heures et le soleil tape. A la réception je raconte mes mésaventures avec l’appareil photo, espérant qu’on m’indiquera un dépanneur : Habana-photo derrière la Place d’Armes semble la bonne adresse. Ce sont de vrais photographes. Malheureusement, leur diagnostique est fatal. La pile est bonne, ce sont les contacteurs qui sont fichus. Cela ne nous étonne qu ‘à moitié, après le nettoyage au compresseur au Maroc .Il ne reste plus qu’à en racheter un neuf ! Mais la boutique ne prend pas la Carte Bleue. Je cours à la banque place San Francisco. Le mauvais sort du vendredi 13 me poursuit : panne informatique ! Je rachète presque le même Olympus pour 254$ (La boutique  hors taxe de Charles de Gaulle avait des modèles plus perfectionnés pour 99 €).

 

 

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Créteil/la Havane arrivée à l’Hôtel Valencia

CUBA – Vendredi 12 février 2004

Hôtel Valencia : patio

Départ de Créteil   9h arrivée à Roissy à 9h45. Enregistrement des bagages  10h15. Embarquement,12h35 ; l’avion ne décolle qu’à 14.15.

10 heures de vol, c’est très long ! Dominique a demandé un siège près de l’issue de secours pour étaler ses jambes. Pour l’obtenir, il faut parler anglais ! L’inconvénient est que nous sommes en face des toilettes et qu’il y a un va et vient incessant.

Cette journée interminable ne me déplaît pas, j’ai besoin de cette transition pour lire les guides. J’ai lu de la littérature mais  n’ai pas encore préparé les  visites  de demain à la Havane.

Arrivée à la Havane à 24h15 ( heure de Paris) 18h15, heure locale. Les formalités terminées, le taxi fonce dans la nuit. Je vérifie au passage ce qu’on annoncé les guides : les belles voitures américaines, les bus à rallonge à deux bosses comme des chameaux, les panneaux et inscriptions politiques vantant l’électrification et l’eau potable pour chacun, la défense de la Révolution et la Lutte contre l’Impérialisme . Ce qui n’était pas prévu : une pollution suffocante.

Le taxi passe devant le Monument de Marti, Place de la Révolution puis sur le Malecon. Avec le plan sur les genoux,  premiers repérages dans la ville. Il stoppe à l’entrée de la zone piétonnière de la Habana Vieja. Nous terminons à pied. La valise ne roule pas sur les pavés. Dominique porte le gros sac à dos à bout de bras. Un homme nous aide, entre dans l’hôtel puis disparaît.

Hôtel Valencia : du balcon de la chambre

L’Hôtel Valencia occupe un palais de pierre avec un patio verdoyant tout dégoulinant de plantes. Notre chambre est tout à fait extraordinaire. Au premier étage d’une galerie couverte autour du patio. Au lieu d’un numéro, un nom : Onteniente. La haute porte en bois, plutôt un portail) laqué vert foncé s’ouvre à deux battants, avec ses trois panneaux elle mesure au moins 3.5 m . Le plafond de bois vert incliné monte au moins à 6 m . La  chambre  est très vaste, murs crème, boiseries vertes. De la faîtière est suspendu un très grand ventilateur blanc à trois pales et au bout d’une lourde chaîne, un lustre en fer forgé avec six petites lampes sur des coupes de faïence à motif floral. Le mur, face aux lits, est curieusement aménagé : un beau miroir encadré de carreaux blancs et verts domine une paillasse blanche carrelée avec lavabo et minibar. Dans les murs trois niches : W-C, douche et un grand placard. Les portes des niches sont des portes battantes qui ressemblent à des persiennes. Un paravent canné laqué vert cache la fenêtre surmontée d’une rosace de verre cathédrale. La fenêtre est barrée tout simplement d’une barre de bois. Nous nous aventurons avec précaution sur le balcon (tout semble délabré !).

rosaces et vitrail comme dans notre chambre (mais c’est dans un musée)

De l’autre côté de la rue nous découvrons les logements des Cubains par les fenêtres ouvertes. L’un d’eux semble très modeste : toile cirée, canapé de skaï élimé, coussins de mousse synthétique même pas recouverts. Plus loin, un autre est tout à fait décoré : les balcons descendent des bougainvillées, un rectangle coloré en vitrail coloré est suspendu au dessus des fleurs, à l’intérieur de beaux meubles de bois sombre, une lampe Tiffany . La femme qui habite là prend le frais en short orange et débardeur. Elle me fait signe.

Première promenade dans notre quartier, les rues sont vides, les terrasses des cafés de la Place d’Armes attendent les clients. Il est huit heures, trop tôt ? Ou trop tard ?

Nous sommes fatiguées et nous couchons à 9 (3 heures du matin pour nous).

 

Hérétiques – Leonardo Padura

LECTURE CUBAINE

Les blogueurs-ses qui ont participé au mois de Lectures  Sud Américaines m’ont donné envie de relire Padura et de retourner virtuellement à La Havane. Hérétique attendait sagement dans la liseuse depuis que j’avais terminé L’Homme qui aimait les chiens. Comme c’est un pavé (657 pages) j’attendais l’occasion.

Hérétiques s’ouvre avec le Livre de Daniel, en 1939 avec l’arrivée du Saint Louis au port de La Havane, avec à son bord des centaines de Juifs polonais et allemands fuyant les nazis, munis de passeports et visas achetés chèrement. Les autorités cubaines corrompues cherchant à monnayer leur débarquement ont fait monter les enchères puis les ont renvoyés (avec la complicité américaine) à Hambourg d’où ils furent déportés et exterminés. Daniel Kaminsky originaire de Cracovie a eu la chance d’arriver à La Havane auparavant.

En 2007, le fils de Daniel, Elias charge Mario Condé – ancien policier – d’éclaircir un certain mystère couvrant la fuite de Daniel à Miami en 1958 et la disparition d’un authentique Rembrandt en possession de la famille Kaminsky depuis le 17ème siècle, emporté par le parents de Daniel sur le Saint Louis, qui aurait dû leur sauver la vie en payant leur passage. Daniel, apprenant le destin de ses parents, morts à Auschwitz, décide de ne plus être juif et de s’intégrer comme cubain. Elias confie à Condé l’histoire de sa famille, lui demande de retrouver sa famille.  Daniel est un des hérétiques que le lecteur rencontrera, mais ce n’est pas le seul. 

Rembrandt : La ronde de nuit

Le Livre d’Elias se déroule à Amsterdam en 1643. Amsterdam est considérée comme la Nouvelle Jérusalem par les Juifs séfarades venus d’Espagne et du Portugal. Il ont trouvé aux Pays Bas une tolérance qui permet à la communauté juive de prospérer. Elias veut devenir peintre, il a choisi son maître : Rembrandt. Peindre est une hérésie pour un juif du 17ème siècle! Elias doit apprendre dans la clandestinité.  Rembrandt convaincu de la volonté de son apprenti le fait passer pour un domestique. Elias doit cacher ses œuvres. Lorsqu’elles seront découvert un procès le menace. Si la société cosmopolite et mélangée des Pays Bas est tolérante, il n’en est pas de même à l’intérieur de la Communauté Juive. Spinoza fut jugé et condamné, et Uriel Da Costa avant lui. Plutôt que le jugement, Elias s’enfuie en Pologne où il est rattrapé par une série de pogromes et une épidémie de peste. 

Rembrandt comme hérétique ?

« ….peindre comme Rubens. Mais je suis aussi devenu un homme un peu plus libre. Non, beaucoup plus libre…
Cependant, écoute-moi bien, la liberté a toujours un prix. Et il est généralement trop élevé. Quand je me suis cru
libre et que j’ai voulu peindre comme un artiste libre, j’ai rompu avec tout ce qui est considéré comme élégant et
harmonieux, j’ai tué Rubens et j’ai lâché mes démons pour peindre La Compagnie du capitaine Cocq pour les
murs du Kloveniers. Et j’ai reçu le juste châtiment pour mon hérésie : plus de commandes de portraits collectifs,
car le mien était un cri, une éructation, un crachat… C’était un chaos et une provocation, dirent-ils. Mais moi je
sais, j’en suis même persuadé, que j’ai réussi cette combinaison insolite de désirs et de réalisations qu’est un
chef-d’œuvre. »

Le Livre de Judith raconte l’enquête que Condé mène à la suite de  la disparition d’une jeune fille à la Havane en 2009. Accident, enlèvement, fuite vers la Floride ou suicide? La jeune fille fait partie d’une secte, les émos, d’allure gothiques, punks,  nihilistes et souvent drogués. Hérétiques les émos ou en quête de liberté?

d’une quête de liberté qui débouchait finalement sur sa négation, car il ouvrait les grilles d’autres prisons,
d’après lui, militant agnostique et, sans aucun doute, pré-évolutionniste. Le plus cuisant était de découvrir que,
ces dernières années, il avait vécu dans la même ville que ces jeunes, sans guère s’attarder à les observer car il
les voyait comme des espèces de clowns de la postmodernité, acharnés à s’écarter des codes sociaux en
s’affichant notablement différents, et il ne leur avait jamais concédé la profondeur d’une réflexion et d’objectifs
libertaires (libertaires plus que libérateurs, il se conforta dans cette idée, convaincu du caractère anarchique de
leurs quêtes). Malgré les fers qu’ils se mettaient eux-mêmes. Mais c’était les leurs, et cela faisait toute la différence. 

Ces trois histoires pourraient presque se lire indépendamment les unes des autres. Le tableau de Rembrandt est le lien entre elles. Le thème de l' »hérésie » peut se lire sous différents points de vue, hérésie religieuse, mais aussi politique et sociale.

Toutefois, Padura donne le meilleur quand il décrit la vie à La Havane et que Mario Condé et sa bande de copains partagent rhum et cigarettes bon marché dans une convivialité communicative. Sa critique du régime est sensible : corruption inexcusable, mais empathie avec les cubains fidèles malgré tout à leur île.  Désespérance mais chaleur humaine…

Aquarelle cubaine

Vinalès : mogotes et séchoir à tabac

Depuis la Pandémie, mes voyages lointains ne peuvent être que virtuels. Heureusement l’Hexagone recèle de belles régions pour partir en vacances. Pour l’exotisme, il faudra encore patienter.

En attendant, je feuillette mes carnets de voyage, je remets à jour certains, complète mon blog, scanne les photos-papier,  sauvegarde les fichiers.

Cuba avait disparu de mon blog, les photos sont argentiques. Belle occasion de me plonger dans mes souvenirs et de les raviver.

J’aimerais exploiter le temps que je ne passe pas au cinéma, dans les expositions, à peindre. Mais je n’y arrive pas. Je ne suis pas artiste, seulement observatrice. Dessiner me permet d’ouvrir les yeux, d’analyser. A distance cela n’a guère de sens.

Chambre avec vue sur l’océan – Jasna Samic

BALKANS (BOSNIE)

La Masse Critique de Babélio m’a offert une lecture qui cadre avec le Mois de L’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran. J’ai accueilli ce livre avec curiosité et enthousiasme.

Sur la couverture un bandeau m’interpelle : « traduit du Bosnien » je connaissais le Serbo-Croate, pas le bosnien, voilà une nouvelle langue pour une nouvelle nation. Je n’ai pas fini avec les langues apparentées, voici qu’on parle aussi ékavien en ex-Yougoslavie (Croatie et Serbie). L’adjectif « bosnien » est préféré à « bosniaque » . « Bosnien » : de Bosnie. « Bosniaque » musulman de Bosnie.  le bosnien s’écrit généralement avec l’alphabet latin (comme le Croate) mais il existe des textes en graphie arabe. ll va falloir que je me familiarise avec toutes ces subtilités!

Autre sujet d’étonnement : le titre : Une Chambre avec vue sur l’océan bizarre pour la Bosnie qui est enclavée et plus proche de l’Adriatique que d’un océan. Retournons le livre! le 4ème de couverture me donne une indication : Chambre avec vue sur l’océan est le titre de la première partie du roman. Ce 4ème de couverture est particulièrement réussi et alléchant. L’histoire s’ouvre à Saint Jean-de-Luz, face à l’océan. Nous ne partirons pas tout de suite pour les Balkans! 

Je suis un peu déçue! La première partie du livre se déroule en France où la narratrice –  violoniste – est réfugiée avec son jeune fils et son mari tandis que la guerre fait rage à Sarajevo. 150 pages plutôt ennuyeuses dans le milieu des Bosniens, des humanitaires, des politiques et diplomates gravitant autour du conflit. Galas de bienfaisance, intrigues, galères pour monter des projets humanitaires, rencontres au bar de l’Hôtel Meurice, ou serrage de pince avec Jacques Chirac à l’Hôtel de Ville.   Snobinards assez imbuvables. Mira, la violoniste, tente de monter un « concert visuel » , elle paraphrase  abondamment Cioran, Thomas Mann, ou Wittgenstein. Si je ne m’étais pas engagée auprès de Babélio à fournir une critique, j’aurais fermé le livre et cherché une lecture plus attrayante.

J’aurais eu tort d’abandonner le pensum parce que le livre II: LA MAISON DE SATAN conduit le lecteur à Sarajevo . Changement de décor, de personnages : C’est l’histoire de la famille de Mira. Emina, la grand-mère est fille de bey, belle, cultivée, mariée à un riche avocat. Zina et Dzana, les filles d’Emina,  font aussi de beaux mariages, Zina épouse un musicien renommé, Dzana un médecin. La Yougoslavie communiste les dépouille d’une partie de leur fortune mais Zina donnera une bonne éducation à son fils et sa fille, Mira. J’ai bien aimé l’histoire de Mira, musicienne libre et séduisante, ses amours, son voyage à Cuba.  Je me suis attachée à elle. Pourquoi la Maison de Satan? 

En Yougoslavie commençaient à s’éveiller des démons qu’elle n’aurait jamais pu concevoir. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Musicienne, elle sentait les chose par instinct plutôt que par la raison. La politique ne l’intéressait pas plus qu’avant, mais elle avait la conscience qu’il ne s’agissait pas de politique. Quelque chose puait la décomposition, quelque chose impossible à nommer, à qualifier…

 

Elle repartit pour Paris. A peine y était-elle que le bombardement commença. La ville se mua en enfer. La Maison de Satan

Le livre III  : A L’OMBRE DE LA PORTE DE L’ENFER raconte le retour de Mira à Sarajevo. Retour douloureux  après de décès de sa tante adorée dans une ville en ruines. Retour encore plus douloureux parce qu’elle a perdu sa maison occupée par des réfugiés, presque toutes ses affaires, perdu aussi son poste d’enseignante au Conservatoire. Reproche de tous ceux qui ont souffert le siège de la ville et lui disent qu' »elle ne peut pas comprendre parce qu’elle n’a pas vécu personnellement  » ce que les habitants ont vécu terrés dans les caves. Mira veut réintégrer le Conservatoire, elle cherche à se produire en concert, à monter son spectacle. Elle ne trouve que l’hostilité et le soupçon. Tantôt on la soupçonne d’être une islamiste, tantôt d’être une espionne…Beaucoup de choses m’ont échappé. Peut-être certains s’y reconnaîtront mais question ambiance c’est intéressant. 

J’ai été bien sévère avec le début du livre, il faut être franche mais pas forcément désagréable! La deuxième moitié rattrape mon jugement. A lire, si on est patient et si on s’intéresse à la Bosnie.

Aquarelles roumaines

J’ai un peu anticipé la lecture commune : je vous propose les liens vers des articles récents sur ce thème . Roumanie aujourd’hui

Delta du Danube

 Europolis d’Eugeniu Botez (Jean Bart) qui se déroule à Sulina, sur les bords de la Mer Noire – siège de la Commission Européenne du Danube – ville cosmopolite. cliquer ICI

Du Rififi à Bucarest de Sylvain Audet Gainar auteur franco-dace, polar burlesque cliquer ICI

Les Oxenberg et les Bernstein de Catalin Mihuleac roman écrit autour du pogrom de Iasi. Cliquer ICI

Mois de la littérature de l’Europe de l’Est : Aquarelle bulgare

Mars est le mois de lectures communes en suivant Eva, Patrice et Goran,

En prologue, je vous propose une aquarelle de ma façon

Introduction à deux lectures bulgares récentes

Lisière de Kapka Kassabova qui est un coup de coeur, et qui vous transportera sur la montagne magique de la Strandja, sur les routes des Thraces, et dans les pays frontaliers de Turquie, Grèce. Aventure, histoire, poésie et exils…

Les Carnets de la Strandja (1989- 2019) d‘Alexandre Lévy qui se déroule dans la même région, vue par un journaliste. 

Pour en savoir plus cliquer ICI pour LISIERE

et LA  pour LES CARNETS DE LA STRANDJA