En plus des collections permanentes, le Musée du quai Branly propose des expositions fort intéressantes, l’Exposition Félix Fénéon, Les Arts lointains, pourrait s’apparenter à La Peinture des Lointains ou Picasso Primitif.
Félix Fénéon (1861 -1944) est un collectionneur, découvreur de talents et défenseur de l’art africain. Il est célébré cette année par plusieurs exposition, une à venir du 16 Octobre 2019 au 27 janvier à l’Orangerie.
Ce collectionneur, critique, anarchiste est une personnalité attachante et cette exposition est une rencontre que j’espère bien approfondir !
Le Quai Branly a mis l’accent sur les collections exotiques et sur la promotion de l' »Art Nègre » au début du 20ème siècle comme l’a fait Apollinaire. Déjà, dès les années 1890, Fénéon dénonce les exactions de la colonisation. Il mène une enquête inédite « faut-il craindre l’immigration? » interviewe Jules Verne et Elisée Reclus. Plus tard en 1920, il fait une nouvelle enquête « seront-ils admis au Louvre? », les réponses seront partagées.
Lucie Cousturier
Autour de Fénéon, des artistes s’intéressent à l’Afrique : Lucie Cousturier achète en 1913, à Fréjus, une propriété proche du camp des tirailleurs sénégalais leur apprend à écrire et fait de beaux et émouvants portraits « des inconnus chez moi ». EmileCompard
La revue nègre : Joséphine Baker
expose grâce à Fénéon et la Revue Nègre en 1926 .
poulie de métier à tisser
Fénéon le collectionneur, à côté de sa collection de peinture, il collectionne divers objets africains dont des objets d’usage quotidien comme les extraordinaires poulies de métier à tisser.
Les statuettes sont présentées en compagnie des œuvres de peintres que Fénéon soutenait.
Les propriétaires ont eu la gentillesse de venir tôt.
Départ à 8h45, le GPS annonce 208 km et 3h20 de route. Simplissime , nous suivons la statale 18 le long du littoral et ne la quitterons qu’aux environs de Vibo Valentia.
Nous entrons en Calabre en franchissant le pont sur le Noce. La route est perchée dans la colline passe plusieurs galeries et ne redescend au niveau de la mer qu’à Scalea qui est une grosse agglomération. Entre Scalea et Diamanti, nous roulons tout près de la côte rectiligne entre les résidences balnéaire (souvent décaties), les hôtels-clubs pas très chics, les installations de plage pour des vacances familiales et populaires. Les boutiques ont suspendu des bouées colorées, des flamands roses gonflables, des serviettes bariolées, des parasols multicolores, des chaises pliables en plastique criard. Tout un attirail balnéaire assez hideux mais joyeux anticipant des vacances ou des week-ends de détente ; Les établissements balnéaires ne font pas recette ; Les familles ont plutôt choisi d’emporter leur propre matériel sur le sable ou les galets. Une baignade ? propose Dominique. Personne dans l’eau, je ne suis pas tentée. Autant je me sens à l’aise dans une petite crique où l’eau est calme, autant je me méfie des grandes plages ouvertes s’il n’y a personne. La route remonte à flanc de colline vers les Belvédère Martino (le bien-nommé) Elle est proche des montagnes escarpées (2000 m de dénivelé en10 km à vol d’oiseau). Dès qu’il y a du relief et des rochers, le paysage devient plus intéressant. Jusqu’à Marina de Fuscaldo la SS18 est coincée entre villages et montagne.
Au milieu du trajet, il faut faire une pause. Pour retrouver la mer il « suffirait » de trouver une sortie sur la grande route et un tunnel sous la voie ferrée ; Théoriquement c’est simple, en pratique plus compliqué. Une urbanisation désorganisée barre l’accès aux plages. On emprunte des voies étroites encombrées de dépôts sauvages de toutes sortes de déchets et de sacs d’ordures qui occupent le bas-côté de la rue et débordent sur la chaussée. La Calabre semble avoir un problème avec les poubelles. Cela nous surprend d’autant plus qu’à Maratea nous nous étions heurtées à une sévère récolte différenciée avec 4 poubelles distinctes ; umido (compostable) dans un sac lui-même compostable, seco indifferenziato pour les emballages divers dont on ne sait que faire, plastique et canettes dans une troisième, et papiers-cartons dans la 4ème sans oublier le verre à part. Il nous semblait que tout était bien respecté, un jour sur deux pour les épluchures, un jour par semaine pour les autres déchets qui peuvent se garder sans fermenter. Il semblait que c’était bien respecté. Mon cœur écolo s’était réjoui d’une si belle organisation. Alors qu’ici, en bord de mer, des m3 de déchets s’accumulent ; les éboueurs ne semblent pas en grève, mais plutôt dépassés avec leurs petits camions. Les gros qui existent chez nous ne pourraient pas se faufiler dans les ruelles.
Pauses énervantes et peu reposantes. Nous renouvelons l’expérience près d’un aéroport. Ici ce sont les indications qui sont déficientes : on ne trouve la mer que des kilomètres plus loin après avoir erré dans une campagne déserte où poussent surtout des roseaux.
Vibo Valentia est un gros port qui se voit de loin avec des installations industrielles imposantes. 12h35, arrivée à Tropéa, pour trouver l’Office de Tourisme je branche Googlemaps qui nous conduit sans tenir compte es interdiction de circulation en centre-ville, je fonce à pied. ProLoco vient de fermer il y a 5 minutes !
Facile de trouver àTropea un restaurant de plage, nous avons l’embarras du choix. L’Albatros fera l’affaire : belle terrasse en bois, tables carrées, nappes en tissu jaune en revanche menu plastifié traduit en deux langues pour les touristes. Pour les Italiens, il y a une ardoise qui propose des spécialités plus intéressantes. Le Maître d’hôtel est aux petits soins. Dominique commande un « filey » qui n’est pas du tout conforme à la description en anglais, pas de courgettes et d’aubergines grillées comme écrit mais des pâtes épaisses et courtes avec quelques légumes. Le serveur apporte deux assiettes au lieu d’une commandée. Les moules de l’ardoise sont cuisinées avec de l’ail et du persil et des tomates fraîches et des croutons, belles tranches de pain grillé. C’est délicieux. Entourloupette avec l’addition, le maître d’hôtel embarque la monnaie(21€) que le serveur vient de rapporter. « C’est une blague ? », pas si sûr ! Il recommence la même opération à la table voisine où il y a des anglais.
La baignade des bien agréable ; Je savoure la vue sur la belle falaise claire, soubassement de la Ville Haute. Les installations de plage sont de bon goût. Une surprise, la pluie s’invite quand je nage. Cinq minutes de très grosses gouttes.
Il Limoneto : verger
Notre gîte, à la Résidence Il Limoneto, est à Ricadi dans un vallon creusé par un ruisseau dans la colline. Il Limoneto est construit sur deux niveaux. En bas, la réception, le bar et la piscine et quelques appartements dans des immeubles plutôt miteux. 160 marches plus haut (mais on peut arriver en voiture) deux groupes d’immeubles d’un étage avec de petites terrasses carrelées, une table ronde et des chaises de jardin.
Une porte verte aux volets orientables s’ouvre sur un petit appartement : salle à manger/cuisine et une chambre à un grand lit et salle d’eau. Aucun décor superflu, murs blancs, mobilier fonctionnel, très simple. Tout le nécessaire y est, une gazinière avec 4 feux et des allumettes, casserole, poêle…La vaisselle est rangée dans l’égouttoir-placard au-dessus de l’évier typique des maisons méditerranéennes. Pas de torchon puisque la vaisselle sèche toute seule, rangée.
Charmante attention : dans un saladier, deux courgettes, deux concombres deux tomates et des oignons rouges du jardin.
Si aucun effort particulier n’est porté à la décoration intérieure le charme du Limoneto réside dans le jardin. Une rangée de bougainvillées rose-violet borde l’allée. Les massifs de lauriers roses taillés en boule ne sont pas encore fleuris, il y a plusieurs sortes de palmiers, cycas, yuccas et beaux arbres feuillus. Bordant notre balcon, les hibiscus ont été taillés avec précision, troncs épais, branches tordues, fleurs rouges ou jaunes. Avant de rejoindre notre maison je découvre une rangée de kiwis formant un tunnel, des orangers, des citronniers, tout un verger en face de notre terrasse.
Le jardin du bas, à l’étage de la piscine est un potager très soigné. En pleine terre poussent persil, courgettes et melons. Les propriétaires semblent experts en jardinage.
Il Limoneto : piscine
160 marches pour descendre à la piscine, rectangulaire, plutôt grande. Au bord de la piscine on peut capter la Wifi. Je surveille les données mobiles, je ne suis pas sûre de mon forfait. Pour nager, malheureusement, elle n’est pas très profonde dans le petit bain je manque de cogner mes genoux contre le carrelage
J’aime bien ces jours de révisions qui permettent de profiter des lieux que nous avons découverts, de nous les approprier. Nous sommes donc retournées pour se baigner aux trois petites plages de Marina Maratea. Avec une mer d’huile, j’ai nagé jusqu’à l’intérieur de la grotte. Quel émerveillement.
Nous sommes allées directement au Lido di Roberto à Praia a Mare face à l’île Dino. La plage st plus jolie que dans ma première impression, je nage avec précaution entre les rochers, certains affleurent. .
Déjeuner sans surprise, nous avons commandé les mêmes plats.
Je lis Roger II de Sicile de Pierre Aubé : livre d’histoire plutôt difficile pour moi qui connais mal le Moyen Âge. L’auteur s’attache à décrire en détail tous les épisodes de la conquête du Mezzogiorno de de la Sicile par les Normands. Il nomme chaque chevalier. Il s’attache à montrer les subtils équilibres de pouvoirs entre Normands, Grecs et Arabes et rapports de force dans une géopolitique plus étendue : entre les papes, les empereurs romains-germaniques, les Normands, Venise….C’est passionnant.
Quand il raconte les luttes, les jalousie et les traîtrises29 entre les chevaliers normands, les deux papes et antipape Anaclet(1130-1138)et Innocent II , je m’y perds un peu. Je jubile quand il cite les villes où nous sommes passées : Bari, Trani, Taranto (où nous irons) mais aussi Palerme et même Mahdia et Sfax en Tunisie. Ce genre de lecture anime les châteaux et les églises normandes.
Encore une surprise de la Masse Critique! Je ne m’attendais pas du tout à lire cet essai , merci à Babélio et au Passager clandestin (l’éditeur).
Paru en français en 2018, cet ouvrage a connu diverses versions en anglais, la première en 1979, en 1992 puis révisée en 2008. Le texte est précédé de la Présentation de l’éditeur d’une trentaine de pages qui contextualise le texte en le résumant un peu trop à mon goût. On perd le plaisir de la découverte.
Dans l’introduction, l’auteur se pose les questions cruciales :
« ….pourquoi la culture dominante estelle animée d’une passion destructrice aussi atroce, aussi implacable, aussi démentielle, génocidaire, écocidaire, suicidaire? »
et, un peu plus loin:
« Comment un groupe d’individus, quels qu’ils soient et quel que soit leur degré de folie et de stupidité peut-il arriver à détruire la plan_te sur laquelle il vit? »
Questions malheureusement d’une urgente actualité.
Celui qui les pose se situe du côté des Amérindien, ce ceux que Christophe Colomb et les conquistadors ont décimé les tribus qu’ils considéraient « sauvages ». Pour Forbes, la sauvagerie, qu’il qualifie de cannibalisme, est du côté du colonisateur. Seule, la folie, la démence peut expliquer les méfaits de la colonisation. Et à cette démence, il donne nom wetiko.
Si l’histoire est écrite par les vainqueurs (les colonisateurs) Forbes va écrire une autre histoire, du point de vue des colonisés, des exterminés, des Amérindiens, mais pas seulement.
Et, cette démence wetiko a des conséquences incalculables. Détruisant le rapport que les hommes ont à la Terre-mère, à la nature, les conséquences sont politiques et sociales, mais aussi religieuses, écologique, asservissant les « primitifs » et les femmes.
En 17 chapitres, l’auteur aborde aussi bien le cannibalisme « consommer la vie d’autrui » avec pour symptôme le plus flagrant, la colonisation, le génocide des Amérindien et l’esclavage. Il décrit le colonisateur comme brutal, cupide, arrogant. Il montre ensuite comment les peuples colonisés ont contribué à leur propre destruction en perdant leur culture et en se laissant européaniser.
Il généralise son analyse au terrorisme. Les véritables terroristes ne sont peut-être pas ceux qu’on pense?
Par le même raisonnement il s’attaque au patriarcat « violence masculine, subordination féminine »
Sans oublier le rapport à la nature et à la problématique de l’écologie!
On ne peut que souscrire à cette analyse de la par des victimes de la colonisation.
Cependant, les bonnes intentions ne font pas toujours la meilleure littérature. Beaucoup de redites. Surtout le concept wetiko me semble un peu trop étendu. Une fois qu’on a constaté la folie, que fait-on? En revanche j’ai beaucoup aimé les passages faisant allusion aux mythes amérindiens, j’aurais aimé en apprendre plus.
Ce matin par ciel couvert, il fait plus frais (23°C) les genets ne sentent rien. Rivello est le village que nous avons photographié de la route. La « forteresse » est une église grecque donc au plan de croix byzantine. Je n’arrive pas à y accéder : la route est barrée aux voitures et une palissade interdit le passage piétonnier.
Une rampe carrossable fait le tour du village. Quelques places de parkings se trouvent près d’un belvédère à l’ombre. J’entre dans le village par la Porte des jardins et découvre un véritable labyrinthe de ruelles et escaliers, passages étroits, marches qui descendent raide ; une véritable ville-fantôme. Je ne rencontre qu’un chat. Pourtant, les pots de fleurs, géraniums rouges et blancs potées de fougères, hortensias, les terrasses bien entretenues, les maisons crépies montre que le village est bien habité. Où sont les gens ? Vétusté ou séisme, certaines façades sont soutenues par des étais, portes et fenêtre sont encadrées par des poutres tandis que derrière tout s’écroule.
En montant, j’arrive devant la grande église Saint Nicolas de Bari au moment où les cloches sonnent dix heures. Un escalier double théâtral conduit à un porche baroque et à une belle porte en chêne, fermée. Un peu plus loin par une rampe on parvient à une chapelle dans la verdure au sommet de la colline.
Rivello vu du belvédère
Au lion, résonne une fanfare. Du haut du village, je cherche l’harmonie et la trouve : sur 5 rangs une fanfare défile en ordre militaire et barre la route principale dans la ville basse. Une procession se dirige vers le cloître Saint Antoine. Un petit groupe de musiciens la suit au son de la cornemuse et d’instruments traditionnel. Un chœur de femme prend le relais.
Les cierges de la procession
La procession porte quatre piles formées de cierges blancs rouge et jaunes qu’on aligne à ‘l’entrée de l’église. La fanfare joue encore ; la foule attend la messe de 11 heures. Voilà pourquoi le village était désert ! Tout le monde est ici. Il y a aussi le camion des légumes, une estrade pour les festivités, une table avec des nappes brodées au point de croix. Le 13 juin est la fête de Saint Antoine de Padoue.
J’entre dans la grande église blanche décorée avec des stucs assez discrets (église franciscaine) . Je ne prends pas le temps d’examiner les tableaux 18ème siècle. La statue de Saint Antoine est parée de fleurs. Avant que l’office ne commence nous entrons dans le cloître renommé et tout peint à fresques.
Histoire du cloître
Au 9ème -10ème siècle, suivant les invasions arabes de Sicile, des moines basiliens trouvent abri en Calabre et en Lucanie où ils installent une communauté. A Rivello, ils ont installé une petite église dédiée à St Giovanni, c’est le premier bâtiment du monastère actuel. Les bénédictins arrivèrent vers le 9ème siècle introduisant le culte à Sainte Rosalie. Les Franciscains en 1260, ils construisirent le cloître en 1550.
Fresque du cloître
Les fresques sont l’œuvre de Giovanni et Girolamo Todisco, réalisées de 1559 à 1634. Les voûtes furent décorées par Girolamo avec des festons , feuilles, fruits et fleurs .
Au retour, nous nous arrêtons à Trechina que le GPS nous faisait toujours éviter. C’est plutôt une petite ville qu’un village. Le « centro storico » n’est pas si ancien que cela : une grande place avec une grande église sans charme particulier, la Villa communale, un jardin public occupe les deux côtés de la rue principale avec des arbres et es massifs de fleurs. Plusieurs glaciers et pizzerias s’y sont installés. Cela doit être bien animé le soir.
Dépassant la Plage Noire, nous explorons chacune des petites criques au pied des falaises. Le panneau Sette Ponti/Cala citro, conduit à un restaurant dans une petite calanque étroite entre des rochers clairs, minuscule plage au bout d’un fjord vert clair dans les rochers. Le restaurant est luxueux sous l’ombre épaisse de grands chênes. Pas de menu affiché, ni de prix. D’ailleurs ce n’est pas l’heure.
Quittant la statale 16 pour passer sous la voie ferrée à côté de la gare de Marina de Maratea nous trouvons de minuscules et très jolies criques séparées par des rochers. De la route, on descend au Lido de Tarzan par de nombreuses marches : établissement classieux, pelouse verte lits beiges, sable grossier gris. Des rochers noirs isolent une autre plage plus loin avec le Lido des Pirates (sorte de bateau à voile coincé contre la falaise à l’écart). De l’autre côté, le restaurant La Bussola a déjà déplié lits et parasols sur plusieurs niveaux tellement serrés qu’on ne voit plus la plage. La navette d’un hôtel y a déversé ses nombreux touristes. Du parking, une petite allée se faufile entre des haies et des grillages pour parvenir à une jolie plage tranquille abritée entre deux bancs de rochers noirs. L’eau est transparente, menthe glaciale. Je nage tranquillement jusqu’au large sous le ballet gracieux des hirondelles qui ont investi une grotte. Arrivée dans la mer libre, j’hésite à contourner les rochers pour rejoindre la plage de la Bussola. Nager vers le large a été très facile, revenir un peu plus difficile, une houle imperceptible mais bien présente contraire mes efforts.
Je retourne sur les autres plages, rassurée par la présence d’autres baigneurs ?
Sur la statale 16, en corniche, il y a peu d’occasions de s’arrêter pour admirer le paysage. Au dernier parking, nous découvrons une petite île et le bras de mer de la Secca au pied d’une grosse tour ruinée.
De l’autre côté du cap, changement total de morphologie : la côte est plate et rectiligne à l’embouchure du fleuve Noce à Castrocucco. Changement du paysage : au lieu des montagnes abrupts du Golfe de Policastro, une plaine cultivée avec des serres (en mauvais état, elles paraissent abandonnées). Les lidi ont colonisé la longue et large plage de sable. On a installé des piquets pour tendre les filets qui feront de l’ombre aux parkings. De petits bars de plage exploitent les installations balnéaires : parasols et lettini. C’est encore trop tôt dans la saison, les plagistes sont plus nombreux que les estivants. Les bars ne proposC’esent que des rafraîchissements, des glaces et des chips. Rien pour déjeuner. Dommage ! De grands campings occupent l’espace compris entre la plage et la voie ferrée.
Le fleuve Noce fait la limite du Basilicate et de la Calabre. Nous avons quitté la Statale 16 perchée sur un haut viaduc pour entrer dans les agglomérations, Tortora puis Praia a mare, pas très chic si on compare à Maratea. Sur le bord de la rue des magasins vendent des articles de plage très ordinaires (3€ le parasol pour le pare-brise de la Polo, chez un Chinois) . Le lungomare n’est pas très brillant (ou plutôt il l’est trop) avec des installations voyantes aux couleurs criardes, des jeux pour enfants en structures gonflables, des centaines de parasols repliés aujourd’hui qui n’attendent que la saison pour se déployer et cacher le sable. Cela ne fait pas tellement envie.
Praia a mare Lido di Roberto
Au bout de la très longue plage de Praia a Mare, il y a une tour carrée, un bosquet de pins et en face une petite île. Après avoir contourné le petit cap nous trouvons enfin ce que nous cherchons : un restaurant avec une terrasse confortable, bien à l’ombre donnant sur une plage agréable. Les rochers du cap cassent l’ennui des plages interminables que nous venons de longer. Sable gris-noir en très gros graviers. C’est amusant de nager entre les rochers. Des jeunes plongent. Je découvre la Tour Fiuzzo (18ème siècle) et l’Isola di Dino où Ulysse et ses compagnons auraient fait escale et, surtout la Grotta Azzura. En me retournant vers la terre, je découvre un joli château normand (12ème – 13ème siècle) avec deux tours rondes bien conservées dans un bouquet de pins. Plus haut sur la colline un village de vacances a des façades bien colorées et un curieux bâtiment circulaire. De loin les couleurs sont gaies. De près, tout ce ciment nous effraie. Le train entre dans une galerie, cela m’amuse.
Menu très réduit (juin encore) friture de crevettes, poupes minuscules, anneaux de calamar pour moi, escalope milanaise pour Dominique, une vraie escalope de veau bien rose et très fine.
La petite église Piedigrotta
Praia a Mare la petite église Piedigrotta
Après plusieurs baignades et un café serré nous partons à la recherche de la petite église jaune entrevue sur la route ; toute petite, mignonne, blottie dans la falaise. Comment la retrouver ? Nous ne savons ni son nom ni même la ville où elle se trouve. Tortora ou Praia a Mare, peut être Castrocucco ? Nous montons sur la Statale qui domine le paysage, pensant l’apercevoir. Invisible. Du Lungomare aussi. J’arrive à douter de son existence. Pourtant nous l’avons vue toutes les deux ! Nous montons au Centro storico , logiquement les églises anciennes devraient s’y trouver, passons devant un Parc archéologique qui aurait pu m’intéresser. Passons le fleuve Noce espérant avoir une vue dégagée…Retour à Tortora. Finalement au détour d’une rue au centre de Praia a Mare, la voilà ! Je fais une photo pour la montrer aux passants à qui je demanderai notre route. Justement le nom de la rue Via Grotta et l’église Piedigrotta !
Bie sûr il faut monter à pied une rampe de galets qui passe sous des arbres (c’est bien agréable par cette chaleur). La chapelle est fermée.
Selon le Guide Bleu (p542) c’est Le santuario della madona delle Grotta : « 1326, sous la pression des matelots, le capitaine fut contraint de débarquer la statue de la Vierge qui était à son bord. Placée dans une église voisine, la statue revint miraculeusement dans la grotte où l’avait laissée le capitaine… »
Nous rentrons par une artère agréable bordée de belles maisons, de magasins et de banques ombragée de grands arbres qui change complètement de la mauvaise impression que nous avions ce matin de Praia a Mare. Il suffisait de se décaler d’une rue pour découvrir els beaux quartiers et, encore une fois, se méfier des jugements rapides. Finalement Praia a Mare mérite bien ses deux étoiles au Guide Bleu !
Grumentum est l’unique site archéologique des environs. Sa visite est recommandée par le Guide Bleu et le Guide Vert. Nous avons visité des sites romains, du Maroc à la Jordanie, en passant par la Bulgarie, la Tunisie…Même un peu éloigné, Grumentum mérite la visite!
Nous aurions pu y passer en quittant Padula, proche, hier. Mais La Chartreuse de Padula était une grosse visite .
Nous avons repris la SP3 sous les chênes près de Maratea, forêt touffue. Plus haut il y a surtout des châtaigniers avec des noisetiers (ou des charmes) et des acacias en fleurs. Les crêtes rocheuses sont entourées de prés, encore verts en cette saison, qui me rappellent le Dévoluy. Quand la route sort de la forêt, les genêts en gros buissons délivrent leur parfum puissant. Je me grise de ces senteurs comme l’an passé à Naxos. Juin est le mois idéal autour de la Méditerranée. Avec la chaleur, les fleurs exhalent des parfums puissants et la nature n’est pas encore grillée par l’été ? Les bas côtés des routes resplendissent avec les sauges bleues, les cistes roses.
Sur la carte, le trajet semblait facile, SP585 SS 19, SS 103 et nous avons le Navigatore si nous nous perdons.
Jusqu’à Rivello, sur la Statale 585, tout va bien. Aux abords de Lagonegro tout se complique. Lagonegro est une petite ville perchée.Des ponts très hauts franchissent des ravins. Là, Madame Navigatore se met à dire n’importe quoi. Nous passons le Noce arrivons sur une petite route qui passe sous l’autoroute. Un raccourci ? brusquement les ordres se contredisent, « à droite » « à gauche » nous nous retrouvons sur le même viaduc en direction de Maratea. Nous repassons sur ce même viaduc arrivons à Lagonegro, ville tout à fait inadaptée au trafic automobile. Les commerçants qu’on interroge sont dubitatifs. Ils n’ont jamais entendu parler de Grumentum. Selon eux il faut prendre l’autoroute et sortir à Castelbueno. On s’entête et se retrouve sur la statale 19 – droite sur le papier mais qui tortille dans la réalité. Le paysage est montagneux la route monte et descend. Seul avantage ! avec l’altitude, il fait plus frais. Quand enfin nous atteignons Montesano nous avons roulé 2h et sommes à bout de patience. Ma confiance dans le Navigatore s’est érodée.
11 heures, nous arrivons sur le site de Grumentum envahi par une végétation luxuriante. Deux jardiniers tentent de dégager le parking à la débroussailleuse. La saison touristique n’a pas encore commencé. « Pour les tickets s’adresser au Musée ! « .
Musée de Grumentum
Au musée, personne au guichet, il faut sonner. Le musée est vaste, moderne, sur trois niveaux : Préhistoire, période Grecque et Hellénistique, période romaine. Musée riche en panneaux (italien exclusivement) mais pauvre en objets.
La Vallée de l’Agri est peuplée depuis le Paléolithique. A l’âge de Bronze, les hommes vivaient essentiellement d’activités pastorales. On a retrouvé sur divers sites des restes de céramique noire (beaucoup moins qu’à Pulo) . Une vitrine contient des fossiles : dents d’Elephas antiquus (éléphant à défenses droites qui ont peut-être été chassés par des hommes).
De la période grecque ou hellénistique : des céramiques provenant de diverses nécropoles de la région. Une ferme lucanienne a été reconstituée (photo sur un panneau) . Certains vases sont beaux. Un sanctuaire à Artemis, une autre divinité féminine recelait de nombreuses statuettes féminines en terre cuite.
La période romaine offre plus à voir : des mosaïques(géométriques en noir et blanc) quelques marbres, deux nymphes sans tête, un torse de Dionysos, Aphrodite et un dauphin portant Eros (ou plutôt les jambes d’Aphrodite un dauphin et un morceau d’Eros) . Urnes funéraires grossières ; Une collection numismatique (à réserver aux numismates spécialistes). Les fouilles de la villa de Caius Bruttus Praesens ont livré des pressoirs à huile, des citernes, un pressoir à vin, des poids de métier à tisser. On présume que l’exploitation pratiquait l’élevage ovi-caprin et tissait la laine.
Musée décevant pour les objets. Les panneaux préparent à la visite du site (très détaillés).
Le site de Grumentum
Dalles antique et floraison sauvage
Sous l’abondante végétation, je ne retrouve rien. Je suis plus attentive à regarder où je mets mes pieds qu’à imaginer une ville perdue. Les lézards bruissent tout près de moi. Qui dit vieilles pierres, dit aussi vipères…je ne voudrais pas en rencontrer une de trop près.
Le théâtre a des beaux restes. Il a été reconstruit en bois pour voir y présenter des représentations actuelles. Les vestiges sont occultés par les planches. Derrière se trouve une estrade de pierre, sans doute le temple A dédié au jeune Harpocrate, un dieu égyptien dont le culte remonte à la période hellénistique. Une rue est bordée de colonnes. La Maison des mosaïques mériterait un sérieux désherbage !
orchidées
Les panneaux étaient très complets à l’intérieur du Musée, ils brillent par leur absence sur le site. Seules quelques flèches indiquent la direction de monuments énigmatiques. Enfin un écriteau! Bien décevant : « Interdit de monter sur les murs ! »Malgré notre longue expérience de sites antiques je ne retrouve pas grand-chose. L’amphithéâtreest le monument le plus spectaculaire mais il se trouve enfermé derrière un grillage de l’autre côté de la route.
En revanche, la promenade sur les grosses dalles de la via romaine est très plaisante et se transforme en promenade botanique quand je découvre au moins 4 variétés d’orchidées, blanches magnifique, ophrys abeille, des fleurs d’ail en grosses boules blanches et mauves ? Les cerisiers portent des cerises ? La luzerne est en fleur. Au lieu de photographier les ruines, je m’intéresse aux fleurs.
Le village de Grumento Nova
A la recherche d’un restaurant : l’agriturismo, à l’entrée du site est fermé. Au village de Grumento Nova, perché sur la colline, nous ne trouvons rien. Rien non plus dans les villages que nous traversons. Les restaurants routiers sur le bord de la statale 19 ne nous inspirent pas.
Tant pis si c’est tard, nous déjeunerons à la mer à la même pizzeria qu’hier. On nous reconnaît. Ils nous servent malgré l’heure tardive (il est passé 15h). Spaghetti aux anchois et au fenouil. Très bon choix ; En fait de fenouil, ce sont les fanes qui sont cuisinés au beurre. L’imagination des Italien en matière de pâte est illimitée. Pourquoi se contenter de carbonara ou bolognese ?
« A la cuisine ferme à 16 h, mais vous pouvez rester tout le temps que vous voulez et même faire la sieste sur les lits de plage » propose la dame. Belle baignade, aujourd’hui ne dépasse l’église et nage jusqu’au kiosque.
Une invasion de fourmis a retardé le départ. Il y en a partout, dans le lit, dans l’évier de la cuisine, le placard. Je les chasse énergiquement avec le balai à franges, je jette le sachet de sucre et essuie soigneusement évier et plaques.
Trajet de Maratea à Padula
Petite route SP3 jusqu’à Trechina ombragée sous de grands arbres touffus qui grimpe en lacets pour rejoindre la SS585 plus large et plus roulante suivant la vallée du fleuve Noce. Au loin, des villages coiffent les sommets. Le plus pittoresque est Rivello. Après Lagonegro nous montons sur l’autoroute où tunnels et viaducs se succèdent. Etonnamment, elle est gratuite. Les montagnes aux environs culminent autour de 1500 m.
La Chartreuse de Padula
Chartreuse de Padula : immense cloître
Monument inscrit au Patrimoine de l’UNESCO.
Fondée en 1306 par Tommaso Sanseverino elle est dédiée à saint Laurent ; Il ne reste que peu de choses de la construction médiévale, c’est un monument baroque (maniériste d’après le cartel). Les moines ont dû le quitter en 1807 sous le règne bonapartiste, ils sont brièvement revenus et la Chartreuse est devenue Monument National en 1882 après sas fermeture. Contrôlant la route du sud de l’Italie, elle occupait une position stratégique. Elle devait aussi sa richesse des terres fertiles que les moines exploitaient.
la cour du Monastère : fontaine rocaille
Le parking (3€) est situé à l’écart. Il faut marcher le long des grands murs enfermant des grands arbres d’un parc avant d’atteindre le porche imposant. On entre dans la grande cour rectangulaire entre deux ailes rustiques tandis que face à l’entrée se trouve la façade impressionnante de la Maison Haute (1723). Une belle fontaine 18ème siècle de style rocaille orne la cour. Le cartel explique la séparation entre la Maison Haute, celle des moines qui suivent la Règle de Saint Bruno et la clôture et la Maison Basse des frères convers en relation avec l’extérieur et surtout avec l’exploitation agricole des domaines. Cette cour, cour inférieure, comprenait l’habitation des convers mais aussi un hébergement pour les pèlerins, une pharmacie et l’accès vers les étables, écuries, bergeries qui dépendaient du monastère. Le plan de la Chartreuse rappellerait le grill de Saint Laurent. La Chartreuse a aussi été le lieu d’un camp de concentration pendant la 2ème Guerre Mondiale.
Vestibule décoré à fresques
J’entre enfin dans la Maison haute et je suis surprise par la richesse du décor : le vestibule est couvert de magnifiques fresques (18ème ) ; ces œuvres somptueuses et colorées me paraissent bien profanes .
Petit cloître
j’arrive dans un petit cloître entouré d’arcades de marbre blanc aux colonnes doriques accolées à des piliers. Sous les arcades, les dalles sont gravées. Au centre dune très belle fontaine de marbre est surmontée d’un ange/chérubin/petit amour ( ?) les sol est pavé de briques en arêtes de poisson. Une galerie de briques surmonte les arcades blanches ; Elle est peinte à fresques qu’on devine par les arcades. Malheureusement l’escalier est barré. Belle vierge très baroque.
Maria Dompé : Atrium silentium
Dans une galerie attenante, une plasticienne contemporaine Maria Dompé a installé « Atrium Silentium » « dedicato a tutti che di questo silenzio si sononutriti » composé de trois cercles de ferraille remplis de mousse bien verte. Avec l’art contemporain, je fais des efforts….refrain connu.
L’église s’ouvre sur ce petit cloître, séparée en deux par une clôture élégante de bois, toute en courbes et volutes, pour permettre aux laïcs et aux convers d’assister à la messe en même temps que les Chartreux.. Sur les côtés plusieurs chapelles et la sacristie communiquent entre elles. C’est en les traversant que maintenant les touristes pénètrent dans l’église des moines. Difficile de détailler la somptuosité du décor avec dorures et fresques au plafond, volutes et nuages baroques….Les chaires sont toutes marquetées de portraits de saints, de scènes ou de paysage comme nous l’avions vu à Naples dans la Chartreuse de Saint Martino. Les autels des chapelles et le grand autel sont réalisés en mosaïque de pierre dures (scagliosa). Le grand autel est encore plus majestueux avec des chandeliers précieux. La sacristie est meublée de placards en noyer.
On passe ensuite dans un petit cloîtretout blanc et relativement sobre qui fut le cimetière. En son centre de la verdure et une croix toute simple qui indique cette fonction.
Le réfectoire est de très grande dimension. Il ne reste plus rien du mobilier sauf les chaires de bois contre les murs ; En revanche on peut admirer le pavement et un grand tableau d’Alessio d’Elia (1749) qui semble lui aussi profane avec de belles dames, des chiens élégants : Les Noces de Cana.
Les noces de Cana
La cuisine est spectaculaire avec son immense cheminée sous une hotte avec un équipement sophistiqué digne d’un grand restaurant carrelée de majolique, un four à pain, un grand chaudron…Toute la salle est carrelée de jaune et vert, très gaie Des éviers de pierre, des tables à découper, d’autres postes de cuisson complètent l’ensemble. Le haut des murs et les plafonds sont peints de grandes fresques.
Je découvre enfin l’immense cloître (150 mx 100 m)avec les galeries de pierre blanche où s’ouvrent les cellules des moines sur lesquelles est bâti un étage avec de larges fenêtres. Les moines n’étaient pas mal logés. Une de ces « cellules » est ouverte à la visite. C’est plutôt un appartement de trois pièces avec entrée, antichambre, un plafond de boiserie, une belle cheminée, d’épais volets de bois. Le mobilier a disparu mais on peut imaginer une installation confortable. Clôture, certes, mais pas ascétisme ! Le cloître est si vaste qu’on a oublié la proximité de la ville de Padula (qui n’est pas si petite) et qui surgit par surprise dans un coin. Selon l’autre diagonale, c’est la montagne qui domine.
Un couloir mène vers les jardins. Un escalier monumental s’enroule sous sur sorte de coupole aérienne juste pour le plaisir du volume.
Dans une aile sont exposées les représentations d’autres chartreuses, en Italie, en France et en Espagne. Je ne m’attarde pas. Le détour en valait la peine puis qu’aboutis dans une loggia charmante avec fresques et plafond à caissons qui s’ouvre sur un jardin fleuri, étroit entre deux murs sur lesquelles s’appuient des rosiers. Des cyprès donnent leur verticalité ; une niche contenait une fontaine ou une statue. Derrière se déploient les grands cèdres du parc.
Loggia
Je suis restée deux heures pour une visite superficielle sans audioguide. Pour une visite approfondie, il aurait fallu la journée entière. Cela me donne envie de retourner feuilleter les albums de Naples avec la Chartreuse San Martino , de Florence avec la chartreuse de Galuzzo et celui de Ferrare.
J’aurais pu compléter cette excursion à Padula par le Musée Archéologique ou aller voir celui qui est consacré à Joe Petrosino(1860-1909) célèbre détective américain qui a enquêté sur la mafia, né à Padula, assassiné à Palerme.
Il fait bien chaud, après cette matinée studieuse, j’ai envie de baignade. Tout près d’ici, à l‘endroit où la statale 19 rejoint l’autoroute, la route SS 517var va vers Policastro. Sur la carte, c’est une petite route blanche. Dans la réalité c’est une très belle route très roulante passant de ponts en tunnels. Nous avons compté 14 galeries. Comme l’autoroute, elle évite les villages. Pour pique-niquer, il nous faut la quitter dans une belle montagne boisée (parc naturel du Cilento). Nous trouvons une chapelle pour déjeuner dans son ombre. La salade est ratée. J’ai oublié les anchois dans leur huile. Les pommes de terre sont fades, c’est sec avec les miettes de thon.
A Policastro nous trouvons la mer, une marina, des campings et des lidi pas encore ouverts en juin. La route court le long de la mer. A Villamare nous nous arrêtons dans le premier restaurant U cazzil i re où nous complétons par des glaces et café le pique-nique raté. Très bon accueil. Nous reviendrons déjeuner !
Belle baignade le long de la plage. L’église du village a des horloges sur chaque face du clocher, je surveille l’heure comme à la piscine. L’eau est moins froide qu’à Fiumicello.
La route SS18 longe la côte du Golfe de Policastro en passant par Sapri qui est une grosse agglomération sans charme. Les petites stations d’Acquafredda et de Fiumicello sont plus pimpantes avec leurs jardins fleuris. Les falaises sont hautes, impressionnantes. L’eau bleue tranche avec la roche j’imagine des grottes. La vue est magnifique mais peu d’endroit où arrêter la voiture pour admirer le paysage.
Ce matin, je n’ai pas retrouvé mes sandales dans la voiture. La dernière fois que je les portées c’était sur la terrasse du bar de Fiumicello. Pourvu qu’ils ne les aient pas jetées. Heureusement c’est le jour des poubelles « umido » (épluchures marc de café…). Mes sandales n’étant pas compostable j’ai des chances de les retrouver. Les Italiens trient les déchets mieux que nous. Même dans les rues les corbeilles vont par 4 : humide, papier, verre, plastique et aluminium. La collecte sélective se fait selon un calendrier qui est affiché au gite.
A l’arrivée au bar, le pinede, la jeune fille nous reconnait. Elle a rangé mes sandales dans un sac. Dans ma joie je commande une deuxième glace cornet vanille amarena avant de retourner me baigner dans l’eau bien glacée.
Le « centre historique » étagé à mi pente au flanc de la montagne est un dédale de rues d’escaliers et de passages. Sur une distance de quelques centaines de mètre j’ai vu 4 églises ouvertes, mais bien vides, pourtant c’est aujourd’hui dimanche. Les commerçants ont sorti dans la rue la marchandise : vêtement plutôt haut de gamme, maroquinerie ? Les restaurants sont encore fermés ; Début juin est en basse saison. Pour les photos c’est compliqué ; les ruelles sont encombrées de fils électriques, de compteurs, panneaux de signalisation routière. De nombreuses maisons sont vides, à vendre ou complètement délabrées. On n’a pas encore rénové les vieilles bâtisses pour en faire des Rbnb. Dans la promenade tranquille, je ne croise qu’un couple brandissant une brassée de lys, des vieux s’appuyant sur des cannes, une ou deux dames affairées et deux touristes américaines sortant de la Locanda Donne Monache (hôtel très chic).
La grande église au clocher pointu qu’on voit de loin au sommet du village est fermée. Punaisé le calendrier des messes dans 16 églises et chapelles différentes.
Le Christ Rédempteur
Maratea : le Christ Redempteur
De là part le chemin de croix qui monte au Christ Rédempteur perché à 624 m d’altitude sur le Mont San Biagio. Un beau dénivelé à prévoir, j’hésite à grimper. D’ailleurs nous avons prévu d’y monter en voiture ce matin. La route monte presque au sommet. En passant nous découvrons deux grands hôtels-clubs avec piscine cachés dans les bois, invisibles de la route et plutôt discrets. A mi-hauteur, levant les yeux nous découvrons avec étonnement une structure de béton qui fait pense au grand huit des foires ou à un échangeur d’autoroute. C’est la rampe qui permet aux cars et aux voitures de monter au sommet du rocher bien raide. Celui qui a fait ériger la statue géante était le promoteur immobilier qui voulait valoriser Maratea, il s’y connaissait en béton ! Il faut laisser la voiture au parking, prendre une navette, ou continuer à pied, un pèlerinage demande quelques efforts ?
Sur la place s’alignent quelques boutiques et buvette, perpendiculairement à San Biagio. La statue est encore plus loin. Elle est vraiment immense : 22 m, toute blanche mélange de marbre et de ciment élevée en 1965 par le sculpteur florentin Bruno Innocenti. Malgré mes préjugés défavorables envers les bondieuseries, je suis séduite par ce Christ qui, vu du bas, a l’air de danser. Le sculpteur a su imprimer un mouvement, la matière n’est pas laide comme je m’y attendais. Quand je m’approche, je prends conscience de ses dimensions et je suis contente qu’un visiteur se plante devant pour donner l’échelle.
J’avais prévu de descendre à pied, mais le sentier est barré au niveau des ruines (village abandonné ou vestiges d’une forteresse ?)
Fiumicello
Fiumicello est une plage équipée où arrive la route. Difficile de se garer un dimanche, même au début juin. Le parking souterrain est fermé. Le Pergole est l’établissement qui gère les parasols bleus (1 parasol et deux lits : 16€), au-dessus sur la terrasse cimentée un bar sert aussi à déjeuner salades et sandwiches mais il faut commander avant 12h30. Plage de sable gris à gros grain d’assez grande taille. Au fond parasols jaunes et verts au milieu plage publique. Un ruisseau se jette, en faisant une petite cascade (il a donné son nom à la plage), près de son embouchure l’eau est glaciale. Une rangée de bouée orange interdit l’entrée aux bateaux. Elles sont bien éloignées du rivage et je me donne le défi de nager de bouée en bouée. Ensuite, je nage parallèlement à cette ligne mais plus près de la plage. Il me vient la drôle d’idée que je laboure la mer, par association d’idée je fais un curieux sillon en boustrophédon, tantôt de droite à gauche puis de gauche à droite. De l’autre côté de la plage, il y a des grottes avec des stalactites, on peut s’y promener sur un cheminement cimenté. Près d’un rocher certains font du snorkeling. Qu’observent-ils ? L’eau est très transparente et je ne vois rien.
Nous retournons au Scialuppa 25 sur le port. Pennes aux crevettes, Dominique a commandé de la petite friture il arrive un steak d’espadon qu’on renvoie, il arrive plus tard des crevettes roses des calmars en beignets (12€) à la place de la friture d’anchois (8€) qu’on voulait.
Nous retournons à la plage noire où la baignade est encore merveilleuse dans le cadre magnifique et l’eau émeraude très foncé. Cette couleur est-elle due au sable noir ou au reflet de la végétation ?
Nous rentrons assez tôt pour profiter de la terrasse et préparer les visites avec les guides, téléphones et brochures.
Devant la Carte Michelin, je suis perplexe : aucun itinéraire n’est évident.
300 km par le nord, ou par Taranto au sud. Le trajet le plus court par Altamura et Potenza emprunte des routes de montagnes.
Nous laissons l’initiative à Madame Navigatore qui propose 286 km et 3h30 de route avec des parcours sur autoroute. Nous nous laissons guider jusqu’à l’autoroute A14 (Bari/Taranto) à travers des oliveraies et des vignes curieusement protégées par des filets (pour l’ombre ou les oiseaux ?), des cerisiers en pleine maturité, pêchers et amandiers. J’ai acheté hier des cerises très grosses très claires, rose pâle à blanches, un peu acides et rafraîchissantes. Le GPS indique aussi l’altitude, je suis surprise de lire près de 300 m. Par erreur nous quittons l’autoroute à Acquaviva (on voulait prendre de l’essence). La SS100 à quatre voies est parallèle à l’autoroute, pourquoi payer ? Nous la trouvons à Gioia de Colle par une route très agréable dans les champs de blé déjà moissonné et de très grosses roues de pailles des masserie magnifiques, presque des châteaux. Vers Mottola, madame Navigatore reprend du service. Nous évitons Taranto et longeons la côte Ionienne sur une 4 voie SS116. Trop loin de la mer pour l’apercevoir. Toutefois les flèches pointent les lidi et marine. Nous repasserons ici dans deux semaines !
Lac de barrage sur le Sinni
Après Policoro nous suivons la vallée du Sinni, riante de cultures irriguées tout d’abord, puis le lit du fleuve très large est rempli de galets et pratiquement à sec tandis qu’à droite un gros conduit de ciment et à gauche un maigre filet d’eau verte s’échappe. A Valsinna un panneau indique la digue du barrage, digue en terre impressionnante. Le lac de retenue a une couleur émeraude magnifique. Nous aimerions vous arrêter, impossible ! La route le franchit sur un pont aérien. Nous essayons des routes adjacentes qui montent vers la montagne. La route évite les villages et ne semble que faire la liaison entre l’autoroute de Salerne/Reggio di Calabria et l’autoroute Taranto/Bari ; il y a très peu de circulation. La contrée est peu peuplée. Les collines argileuse « badlands » ne portent que quelques buissons quand elles ne sont pas complètement pelées. Dans le Parc Naturel de Pollino, des itinéraires pédestres sont fléchés. Nous atteignons l’autoroute sans même voir les villages d’Episcopi et de Latronico perchés. L’autoroute s’enfonce dans de profondes galeries sous la montagne. La route de Maratea va dévaler 1000 m de dénivelée en quelques kilomètres avant d’arriver à la mer.
Maratea
Maratea : les restaurants du port
Maratea est une station balnéaire composée d’un grand nombre de quartiers ou de hameaux. Le « village historique » est regroupé à mi-pente autour d’un clocher qui dépasse des toits. Des maisons modernes sont dispersées un peu partout dans la campagne sans logique apparente, si bine que deux panneaux routiers « Maratea » peuvent indiquer deux directions opposées. Heureusement que Madame Navigatore connait notre adresse !
la pêche du jour
Nous trouvons un restaurant au port, Scialuppa 25 : beaux parasols carrés blancs, nappes en tissu à carreaux bleus, serviettes assorties, verre à vin, verre à eau. Le patron est stylé. Nous commandons sans regarder les prix : une escalope sauce citron et des spaghetti avec la pêche du jour (joli poisson rose entier) . Les pâtes sont délicieuses al dente avec un soupçon d’aubergines et plein de tomates cerises fraîches écrasées, du basilic pour décorer. Je suis étonnée par ces tomates fraîches loin de la sauce à base de concentré ou de tomates pelées à laquelle je suis habituée.
La Plage Noire est réputée dans les guides. De la route on voit le sable noir égayé par quelques parasols jaunes. Pour y accéder, il faut laisser la voiture dans un parking aménagé sous de grands chênes verts qui forment un véritable bois.5€ la journée. On peut également pique-niquer sur des tables de bois ou simplement se reposer à l’ombre. Pour descendre il y a un raccourci par des escalier qui descendent vers un établissement privé (parasols jaunes). Bien que je n’aie aucune intention de louer un parasol, les gens me laissent me changer dans leurs cabines.
Baignade somptueuse dans l’eau transparente très fraîche, je me réchauffe en nageant.
Villa Manati
Villa Manati
17h, le GPS nous conduit par la via San Nicola et San Basile au gite où nous sommes attendues. C’est un grand appartement à l’étage avec une belle terrasse orientée à l’est (pas top pour le petit déjeuner) mais idéale pour les longues soirées d’été avec vue sur le village blotti dans la colline, la montagne et la mer au loin. L’allée est bordée de chèvrefeuille et de jasmin qui embaument. Un épais massif de laurier-rose à fleurs blanches à peine écloses touche le balcon. Le jardin des propriétaires est plutôt un verger avec des figuiers, abricotiers, cerisiers ; Notre chambre s’ouvre sur un petit balcon avec des sèche-linge. La maison protégée de la chaleur par des volets bien fermés, est très fraîche malgré une température extérieure proche de 30°. Cuisine équipée, grand frigo plaques à induction, four, lave-linge (avec la lessive) des rideaux font office de moustiquaires.