un été avec Homère – Sylvain Tesson

LIRE POUR LA GRECE

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Cette année sera pour moi, une année avec Homère, commencée avec l’Odyssée de Daniel Mendelsohn : Une Odyssée – un père, un fils, une épopée   que j’ai fait lire autour de moi, puis La Pensée Chatoyante de Pietro Citati d’une érudition passionnante. A la suite de ces lectures, nous avons programmé un voyage dans les Cyclades, et j’ai téléchargé Le sourire d’Homère de Jean Soler, commencé sur le ferry du Pirée à Amorgos et lu au bord de la mer Egée aux heures fraîches, sur les terrasses de nos gîtes. Je ne saurais dire lequel de ces ouvrages j’ai préféré.

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Et voici que, en avril 2018, paraît Un été avec Homère de Sylvain Tesson à grand renfort de buzz. J’ai cru entendre qu’il était allé à Tinos, île des Cyclades que j’aime beaucoup pour écrire cet ouvrage. Comment ne pas le télécharger sur la liseuse? Dans ma bibliothèque virtuelle, Tesson est classé dans le « rayon » des écrivains-voyageurs, littérature qui me passionne. C’est donc avec grande impatience que j’ai attendu le moment de commencer cet Eté avec Homère.

Tesson n’est pas un helléniste comme Soler ou Citati, Vernant ou Paul Veyne qu’il cite dans sa bibliographie, il apporte un regard différent. Celui du voyageur ou celui du journaliste.

Dans l’avant -propos, je note:

« Tout événement contemporain trouve écho dans le poème, ou, plus précisément, chaque soubresaut historique est le reflet de sa prémonition homérique.

Ouvrir l’Iliade ou l’Odyssée revient à lire un quotidien. »

Pourquoi pas? Ce sera une réflexion contemporaine et journalistique, angle d’attaque original.

« Rien n’a changé sous le soleil de Zeus »  affirme-t-il

«  »Je crois à l’invariabilité de l’homme. Les sociologues modernes se persuadent que l’homme est perfectible, que le progrès le bonifie, que la science l’améliore. Fadaises! Le poème homérique est immarcescible, car l’homme, s’il a changé d’habit est toujours le même personnage, mêmement misérable ou grandiose, mêmement médiocre ou sublime… »

« Ce serait un malheur de priver les générations de ces chants divins, ces poèmes d’or, ce verbe de feu »

Certes, lisons le dans le texte!

« chaque vers a été analysé des milliers de fois, jusqu’à la névrose… » voilà qui ne présage rien de bon.

Dans la Géographie homérique, Tesson nous raconte qu’il s’est enfermé dans un pigeonnier vénitien de Tinos face à Mykonos. A voilà ce que j’attendais! Mais il n’ira pas plus avant; Dommage!  j’adore les pigeonniers de Tinos! Il évoque Miller (il me faudrait relire le Colosse de Maroussi).

Viennent des vers bienvenus de l’Iliade « Comme un homme nourrit un pan d’olivier… » je jubile;

Pas pour longtemps, malheureusement!

« Thétis, la mère d’Achille va demander au dieu-forgeron de lui fabriquer des armes (oh quelle est touchante cette maman qui équipe son enfant aux Galeries Lafayette de la mythologie pour qui’l puisse se ruer, tambour battant vers son destin, c’est à dire la mort!) »

Quelle comparaison! quelle élégance! Pourquoi pas Amazon-prime pendant qu’on y est!

Le bouclier d’Achille contient la représentation de tout le monde grec merveilleusement décrit et le voilà réduit à un achat dans un grand magasin. !et plus loin il revient à ce bouclier en expliquant « voilà qu’un dieu offre une vision, une photographie de la vie sur Terre. C’est le Google Earth du dieu Hephaïstos » et tant pis pour la poésie, tant pis pour le tableau de la vie antique!

La suite est à l’avenant!

A propos de Télémaque, Tesson convoque les mânes de Freud et d’Oedipe dans un véritable galimatias : « Puis-je avouer que je trouve plus princière la figure télémaquienne? En quoi ne correspondraient-elle pas à nos structures psychiques enfouies » . 

Dans les Royaumes du Mystère, « nous extrairons plus avant le retour d’Ithaque, Ulysse se glisse dans un interstice du merveilleux, comme le vaisseau de Star Trek dans un feuilletage spacio-temporel » quelle poésie! 

Il y a pire quand Ulysse affronte les Sirènes « le contrôle intégral grâce aux offices des GAFA » plus loin, à propos d’un « culte du présentisme » Tesson note que « Le Grec antique n’est pas ‘homme de Zuckerberg ». De grâce!

« Tout est aussi compliqué sur l’Olympe que sur le sol des hommes, à l’université d’été du parti socialiste. L’Olympe bazar affreux » Là où chez Soler Zeus « sourit » nous atterrissons au congrès du PS…

Comment désenchanter le plus enchanteur des textes?

 

 

 

 

Les plages du Nord de Milos : Papafraga, Sarakikino, Mandrakia

CARNET DES CYCLADES – MILOS

papafraga
papafraga

Le vent du nord est tombé, nous pourrons explorer avec bonheur les sites exposés au nord

Papafraga

Papafraga est une minuscule plage pittoresque logée entre deux falaises formant un petit bras de mer entre les deux parois rocheuses blanches mais non homogènes, présentant sur la surface comme des boursouflures « comme des choux-fleurs » a commenté une dame. L’eau est extraordinairement bleue, du bleu de la mer profonde, du bleu de l’ombre. Une arche enjambe le canyon.

Papafraga

Un vaste parking est installé mais des cordes interdisent l’accès comme les panneaux « falaise dangereuse ». C’est très attirant mais le chemin étroit taillé dans la falaise fait place à des marches, ou plutôt des creux irréguliers où placer les pieds. Les marches sont hautes, j’aurai du mal à remonter.  D’ailleurs je n’ai pas mon maillot. A quoi bon prendre des risques si je ne me baigne pas ?

La plage entre Papafraga et Pachaina

Tout à côté il y a une autre plage enserrée dans la falaise plus accessible, avec encore une arche et des cavernes. De petits genévriers à la ramure perchée et au troncs tordus ressemblent à des bonsaïs. Là je regrette vraiment de ne pas avoir mon maillot de bain.

Sarakikino

Tufs blancs sculptés par l’érosion de Sarakikino

Du Kapitan Yiangos, nous avions vu les falaises blanches d’où plongeaient de jeunes intrépides. Malgré la blancheur éblouissante, je n’avis pas pris de photos (trop de plongeurs). J’avais aussi décidé que cette plage n’était pas pour moi, la nageuse tranquille du bord des plages.

Par voie de terre, la route est facile :  sur la route de Plaka c’est la première route après l’épingle à cheveux. Le vaste parking surplombe le site. Un chemin blanc traverse un paysage étrange où le tuf blanc est sculpté par les éléments. Des doigts pointent vers le ciel, des surfaces arrondies, des volumes difficiles à caractériser, à photographier aussi sous le soleil de 11h qui laisse peu d’ombres. Le petit canyon est gâché par la présence d’un dauphin rose gonflable, et de matelas pneumatiques qui occupent trop de place dans l’étroit bras de mer. Là où l’eau est peu profonde il y a beaucoup d’enfants. Je m’engage jusqu’à la mer ouverte pour retrouver les falaises qu’on a vues du bateau. La présence d’un gros yacht gris et d’un jet-ski me découragent, un drone bourdonne filmant les exploits d’un plongeur. Cela nuit à la poésie !

Falaises blanche de Serakikino

De la plage un chemin sur les rochers mène à un petit pont. Un italien compte 1-2-3-4-5 pour inciter sa fille préadolescente à sauter. La gamine réticente hésite puis plonge et nage sous le petit pont pour remonter par les rochers.

Le soleil cogne sur le tuf blanc. Certains touristes se rencoignent dans les anfractuosités. Un photographe se protège sous un parapluie noir insolite.

Mandrakia

Mandrakia

Continuant la route de Tripiti, au carrefour suivant une route descend vers Mandrakia. Coup de cœur pour ce petit port de pêche situé dans une anse ronde où sont amarrées des barques de bois multicolores.  Les escaliers blancs et bleus descendent en éventail formant comme les gradins d’un petit théâtre. Une petite église domine le port. Un homme avec un balais chaule le rebord du muret.

La taverne La Medouza a disposé quelques tables sur la placette qui domine un autre port minuscule avec des sirmatas aux portes peintes. En bas le poissonnier (ou le pêcheur) nettoie une caisse de sardines. L’endroit est si joli que nous nous installons pour boire un pot et que nous décidons d’y déjeuner. Il faudra alors s’asseoir un peu plus haut dans la salle (ouverte). Sur la carte il est mentionné que les plats sont traditionnels et que les produits proviennent de l’agriculture biologique et locale. Les prix sont un peu gonflés. On choisit anchois et sardines (les seuls en dessous de 10€) Le reste est très appétissants surtout les poivrons au fromage fondu et le calamar farci qui arrivent sur la table voisine.

Sur le retour une petite visite à Mitrikas, encore des sirmatas et tout près la belle plage de sable de Navagio. Il est 15h, heure de la sieste, le soleil cogne, nous rentrons à Pachaina où je me baigne plus tard dans une eau tranquille sans un souffle de vent.

Il faut déjà penser au départ et surtout à réserver un gîte pour la dernière semaine qui sera au début juillet. Dominique a envie d’explorer Kythnos Mauvaise surprise, les réservations sont difficiles, sur Booking tout est complet, malgré l’aide de Katarina, notre hôtesse nous n’avons rien trouvé.

Nous restons tard dans la soirée sur le balcon de Vesleme, à la lueur des étoiles. Nous garderons un excellent souvenir du studio confortable, de son balcon avec sea-view, de la gentillesse de notre hôtesse. Hier soir, la Maman de Katerina a frappé à notre porte pour nous apporter des tyropites qui n’étaient pas en pâte feuilletée comme ceux des boulangers mais des beignets ronds farcis de fromage, délicieux aériens.

 

 

 

 

 

 

Philakopi : site antique

CARNET DES CYCLADES – MILOS

 

La dame de Phylakopi

Après une baignade à Pachaina je rejoins à pied le site archéologique de Phylakopi dont j’ai admiré les céramiques au Musée de Plaka. Il ouvre à 8h. Les vestiges ne sont pas spectaculaires mais ils sont bien expliqués et font revivre cette cité.

Le site fut fouillé dès 1896-1899 par l’Ecole britannique d’Athènes.

Chronologie

Les murailles de Phylakopi

Phylakopi fut un port important pendant l’Âge de Bronze avec deux ancrages de chaque côté d’un promontoire.

Céramique géométrique de Phylakopi (au Musée archéologique de Plaka)
Céramique géométrique de Phylakopi (au Musée archéologique de Plaka)

Période I (2300-2000) : poteries géométriques

Période II (2000-1600) peintures d’animaux : influence crétoise

Période III (1600-1400) Phylakopi s’entoure de murs, forte influence minoenne, peintures murales

rhytons en forme de bovins (Musée de Plaka)

Période IV (1400 – 1100) domination mycénienne sur les Cyclades : construction d’un Megaron( palais mycénien) et d’un sanctuaire

1090 destruction du site par un séisme disparition de traces humaines

2ème Guerre mondiale : fortifications allemandes occasionnant des destructions

Cette chronologie me conforte dans l’impression que j’avais eue au Musée de Plaka de la parenté avec art crétois (thèmes marins, rhytons en forme de taureau) les fresques me font penser à Akrotiri (Santorin).

Un chemin entre deux cordes canalise les visiteurs. Au nord, je découvre une plage de galets et en face les vestiges du Megaron. Une tablette écrite en Linear A minoen y a été retrouvée. Le mégaron mycénien comportait un vaste hall au sol cimenté avec un foyer en son centre des corridors et des petites pièces. Les premières fouilles mirent en évidence des peintures tombées du plafond représentaient un personnage féminin avec une frise de poissons volants. Plus tard on retrouva également une frise de singes bleus bordée de spirales.

Gordon Matta-Clark – anarchitecte – au Jeu de Paume

EXPOSITION TEMPORAIRE DU 05/06/18 – 23/09/2018

gordon mata aux halles

Qu’est-ce qu’un anarchitecteUn architecte anarchiste, peut-être?

Un architecte construit, l’anarchitecte déconstruirait-il?

Ou promènerait-il un regard d’architecte sur des destructions?

Chacune de ces hypothèses pourrait être vérifiée dans cette exposition.

Le commentaire propose une autre piste : un détournement d’un titre du Corbusier « vers l’architecture » Gordon Matta Clarke s’inquiétait de la façon dont les utopies de l’architecture moderne laissaient de côté le citoyen lambda.

 

Dans l’oeil d’artiste sur les destructions ces Wallpapers (1973) : GMC photographie des immeubles abandonnés du Bronx , murs intérieurs ayant gardé leurs papier peints ou des installations sanitaires, il utilise ses photos pour faire un véritable mur de photo. Se promenant dans les décombres il photographie des découpes de planchers. Il faut être architecte pour être sensibles à des structures à travers des ruines et les partager avec des spectateurs moins avertis. 

Pour les déconstructions, GMC a pratiqué des découpes dans d’immenses halles  sur un quai effondré de la rivière Hudson, il a offert aux habitants un accès à l’eau dans un « temple du soleil et de l’eau ». Le site fut rapidement fermé. L’exposition montre des photos de ce Day’s End (1975)

Déconstruction que ce Conical Intersection (1975) : découpe d’un vieil immeuble en face du chantier de construction du Centre Pompidou cherchant à pratiquer une lentille à travers l’ancien Paris des Halles pour voir le chantier du futur musée. Il a filmé cette démolition selon une découpe savante.

Cette exposition montre surtout des photos et des vidéos, quelques réalisation physiques, mais peu. Elle pratique des ouvertures, dans les maisons anciennes, les friches industrielles mais aussi dans l’esprit du spectateur.

A voir!!!

 

Milos – au sud Zephyria, Paleochori, Aghia Kyriaki

CARNET DES CYCLADES – MILOS

L’église de zephyria

Vers midi, nous arrivons à Zephyria, un petit village autour de sa grande et belle église de perlite gris clair. Cette grande construction étonne dans un si petit village. Zephyria – appelée alors Chora -fut la capitale de l’île avant l’arrivée des Vénitiens et cette église en était la cathédrale. Détrônée en 1207 avec la domination vénitienne, après la fortification de Plaka et la construction du kastro. La petite cité fut décimée par une maladie mystérieuse « la maladie de Milos » (probablement la malaria) . 1767 fut l’année de la « grande mort » et ne s’en remis jamais. En plus de sa grande église Zephyria possède aussi plusieurs tavernes. L’une d’elle, sympathique fait aussi épicerie-boulangerie. J’y achète une bouteille d’eau.

La plage de Paléochori

Paléochori est une belle et grande plage avec 3 restaurants et des installations de plage : lits et parasols. Le premier restaurant que nous visitons a l’air chichiteux et cher, le second est collé aux lits de plages, le dernier, le Sirocco plus simple mais très touristique, qui vante sa cuisine « volcanique » (peut être utilise-t-il les sources hydrothermales de la plage ?).

Un bon point : on apporte une bouteille cylindrique en verre d’eau filtrée, gratuite et écologique (pas de plastique) J’apprécie. Les sardines sont servies sur un lit de salade verte assaisonnée d’une bonne sauce citron, bien aussi. Par souci d’économie, j’ai commandé une moussaka. Erreur grossière, ne jamais prendre de moussaka dans un restaurant touristique, en place d’aubergine, des courgettes bouillies, une viande très médiocre et une béchamel infecte.

Je me rattrape de la déception gastronomique par une baignade dans un site grandiose. En nageant je regarde les couleurs changer sur la falaise bariolée, après les rochers il y a une seconde plage moins fréquentée, la falaise passe du gris au rouge teintée de vert et même du jaune du soufre. Un beach-bar diffuse de la variété internationale ; je préfère le clapotis de l’eau ou la musique grecque.

Je n’ai pas trouvé les sources chaudes.

Aghia Kyriaki

Nous aurions été mieux inspirées de choisir Aghia Kyriaki plutôt que Paleochori. Très peu de constructions aux abords, une seule taverne simple. Pour l’ombre, une rangée de tamaris.

 

 

 

 

 

 

Splendeur – Margaret Mazzantini

IL VIAGGIO

J’avais beaucoup aimé Le Mer, le matin. J’ai eu plus de mal à entrer dans ce gros roman de 406 pages. Je ne suis pas une bonne cliente pour les romans d’amour. Le petit garçon riche malheureux qui jette ses jouets par la fenêtre m’a passablement agacée. L’amitié tardive avec le fils de la concierge qui ne se découvre que sur la fin de leur scolarité commune ne m’a pas semblé crédible. Paradis que ce voyage scolaire où les deux garçons se découvrent, ne m’a pas convaincue;

Pourtant j’ai continué et j’ai préféré la suite  qui se déroule à Londres (pour le voyage à Rome, on repassera). Les amours hétérosexuelles, son mariage, ses relations avec la fille de sa femme sont décrites avec délicatesse, surtout quand on se rend compte que l’unique passion de Guido sera pour Costandino. J’ai fini à m’attacher aux personnages et je voulais savoir si leur histoire trouverait enfin un dénouement heureux.

Recherche de normalité dans une époque où l’homosexualité n’est pas encore acceptée. Costantino, pour sa part a un ménage tout à fait conformiste mais il n’a pas oublié Guido. Quand leurs retrouvailles paraissent possibles, les deux hommes subissent une agression violente. Jamais leur amour ne pourra s’exprimer au grand jour.

Splendeur? Triste splendeur. Où est-elle la splendeur dans le non-dit, le refoulement, voir le mensonge?

Circuit naturaliste Volcano : botanique et Géologie

CARNET DES CYCLADES – MILOS

fumerolles

Le Musée Metallico d’Adamas  organise des circuits naturaliste et vend 3€ des cartes et les topo-guides de promenades  faisables soit à pied, soit en voiture ou à vélo. Elles sont aussi téléchargeables sur www.miloterraean ou en cherchant sur google Geowalks Milos. C’est bien plus pratique d’avoir une belle carte et les explications que d’essayer de la télécharger sur le téléphone.

Nous avons choisi le circuit n°2 Volcano (hefaisteio) faisable presque entièrement en voiture et spectaculaire. Il nous conduit dans le cratère du Fyriplaka, petit volcan éteint depuis 90.000 ans. Le diamètre du cratère est e 1.7km .

On quitte donc la route d’Adamas après Alyki, les marais salants, la piste prend quelques mètres après la route de l’Aéroport. Elle est très bien balisée par des poteaux d’environ 1m de haut portant le repère de la randonnée et une flèche rouge. Chaque fois qu’un doute se fait, la balise nous oriente.

« foret de cèdres »

Le chemin de terre (passable dirt road) est une piste agricole le plus souvent sableuse (d’après le topo-guide ce n’est pas du sable ordinaire mais de la perlite. Elle passe à travers les oliveraies, les vignes et des céréales., puis à travers une « ceddar forest » qui n’est pas vraiment une forêt, les arbres sont assez espacés et ce ne sont pas des cèdres non plus mais des genévriers (Juniperus macrocarpa). Un incendie en 1982 aurait gravement atteint cette forêt.

Genévrier : Juniperus macrocarpa
Genévrier

Végétaux de la phrygana

Le topoguide énumère les végétaux présents : Pistacia lentiscus l’arbre à mastic, le Genêt (Genista acanthoclada), un genêt endémique en Grèce et en Crète, la Bruyère (Erica manipuliflora), le Calicotoma villosa et le thym (Thymus capitatus), espèces communes dans la Phrygana (flore des lieux fortement modifiés et dégradés par des conditions difficiles) de la lavande (Lavandula stoechas).

thym

Au début, en dehors du thym fleuri qui forme de belles boules mauves, je ne distinguais que des buissons épineux desséchés, en marchant je finis par découvrir la lavande avec ses inflorescences caractéristiques, enfin le genêt (plus desséché qu’à Naxos et finalement la bruyère qui a des feuilles très vertes épaissies comme des aiguilles.

Les genévriers sont vraiment impressionnants, leurs fruits sont bien plus gros que ceux que je connais, ils ont une silhouette d’arbres avec un gros tronc.

Géologie

cratère de l’ancien volcan

La Géologie est plus difficile. Je traque la perlite qui est la roche caractéristique de la randonnée sans arriver à l’identifier avec certitude. Les petits dômes de rhyolite, aussi. Au moment de l’éruption, le Fyriplaka était un volcan sous-marin et la perlite se serait formée par refroidissement rapide dans l’eau de mer, fragmentée au cours de la coulée. La perlite a la propriété d’augmenter 20 fois son volume quand elle est chauffée de 800 à 950°C et sa densité devient particulièrement faible.

Après la traversée du cratère, la piste remonte sur les rebords et je découvre le phénomène le plus étonnant : des fumerolles et des dépôts de soufre près de l’évent.  Bien que le volcan soit éteint depuis 90.000 ans, ces fumerolles comme les sources hydrothermales sont la preuve de la présence de magma encore chaud. On a voulu utiliser la géothermie à Milos, mais je ne sais pas où c e projet en est. Au sommet du petit dôme, on a installé des antennes.

au sommet : la mer

J’arrête la randonnée après une rencontre charmante avec des chèvres.

Le circuit a été une réussite. Le rares passages difficiles avec des ornières et des roches sur la route n’ont pas trop stressé la conductrice.

miss sarajevo – ingrid thobois

MASSE CRITIQUE DE BABELIOMerci à Babélio et aux éditions Buchet-Chastel pour ce joli livre : couverture sobre, beau papier et – détail qui tue – la pagination dans la marge, ni en bas ni en haut. 

Les lectures de la Masse Critique sont toujours des découvertes. J’ouvre le livre sans préjugés, accrochée par le titre. J’aime les Balkans, le mélange des cultures, la musique et la cuisine.  J’étais donc partante pour Sarajevo. J’aurais dû réfléchir que pour le français moyen, Sarajevo, comme Grozny ou Beyrouth évoquent guerre civile, destructions et ruines.

Pour les folles équipées façon Kusturica, passez votre chemin, pour les analyses politiques, le voyage de Mitterrand, le rôle des casques bleus, ce n’est pas non  plus ici que vous les trouverez. D’ailleurs, le héros du livre, Joaquim, photographe de guerre, ne parvient à Sarajevo qu’à la page 120 (sur 213), plutôt éberlué, venu oublier le deuil de sa soeur dans le fracas de la guerre. Recueilli dans une famille, il ne sortira que rarement.

Sarajevo est la métaphore du deuil. Miss Sarajevo est un livre de deuil. Au cours du voyage au Havre à la suite du décès de son père, Joaquim se souvient du suicide de sa soeur, inexplicable, de la mort prématurée de sa mère. Il se remémore les allers-retours Paris-Rouen. C’est l’histoire d’une famille qui cache un lourd secret. Famille rigide et mortifère que Joaquim fuit très jeune.

Au roman familial très lourd se mêlent les souvenirs de son voyage à Sarajevo en guerre. Et c’est dans cet enfer du siège, des snipers, des ruines qu’on ressent la chaleur humaine de la famille de Vesma, une journaliste qui veut continuer à témoigner. Résilience de ces bosniaques qui cherchent à continuer une vie normale, et même à participer à des concours de beauté.Les petites Miss ont cousu des robes de rêve dans les bombardements.  Leçon de vie.

Joaquim est photographe. Ce roman est aussi une réflexion sur l’image, la fabrique d’images argentiques. Ce sujet aurait pu être développé davantage.

Malgré ce sujet très lourd la lecture est agréable. Courts chapitres qui donnent du rythme au récit, style clair et vif, écriture sensible; Un livre délicat.

Plages du sud de Milos : baie de Provatas

CARNET DES CYCLADES – MILOS

 

Plages au sud de Milos

Plage au sud de Milos

Comme le vent souffle du nord, nous allons au sud chercher une plage abritée. Après Adamas, nous longeons la baie bordée de tavernes. De nombreux baigneurs sont installés à l’ombre des tamaris. Ici et là ils y a des lits de plage et des parasols. L’eau est peu profonde et des enfants pataugent.

la saline de Karavas

Karavas : installations portuaires pour l’expédition des minerais et du sel, on a construit une belle « salle de conférence », le long de la mer des hangars font penser à un chantier naval ? Nous dépassons les salines qui ne sont plus exploitées mais qui sont recouvertes d’une pellicule de sel qui brille au soleil. Les grands bassins rectangulaires sont encore intacts. Il reste des tas blancs et des tuiles entassées sur les bords. La route monte légèrement, dominant la mer ; Il y a une grande plage mais il aurait fallu laisser la voiture et descendre une pente raide.

Une route secondaire va à Provatas sur la côte sud en moins de 5km. A un embranchement une voiture s’arrête à notre hauteur ;

« Que cherchez-vous ? je peux vous aider ? » – « la plage » – « suivez-moi ! »

Nous arrivons à un restaurant La Tarentella .

Tarentella

En balcon au-dessus de la plage il faut descendre beaucoup de marches. J’ai acheté à la boulangerie à Plaka des feuilletés aux épinards qui semblent délicieux. Nous avions prévu de piqueniquer.

Et si on gardait les feuilletés pour le soir ? cette taverne est merveilleuse avec sa vue dégagée.

A Milos, il n’y a pas de petite taverne typique comme à Amorgos ou Naxos, plutôt des restaurants, d’ailleurs c’est écrit Estatorio. La carte plastifiée est chic et sobre. Pas de nappe en papier avec la carte de l’île, des sets élégants. Si on veut rester dans un budget serré il faut oublier es plats de poisson et même de viande, il y a un choix de plats végétariens. Nous choisissons des courgettes frites et des aubergines sauce tomate avec le fromage du pays. Les courgettes ressemblent à des chips, croustillantes, aériennes, délicieuses parsemées d’herbes. Les aubergines sont détaillées en longueur comme des frites, nappées de coulis de tomate avec un tas de fromage de chèvre frais décoré d’un brin de thym. (YNOMYZH(TH)PA) je ne sais pas écrire le thêta avec le clavier AZERTY

C’est délicieux et tout à fait suffisant en quantité avec du pain ; A Milos la cuisine est plus chère mais plus élaborée, les serveurs sont stylés et charmants.

La baignade est tout aussi délicieuse, je nage tranquillement jusqu’à la plage de Provatas et remonte par le ponton accessible grâce à un gros rocher qui affleure. Le vent soulève de grosses vagues quand nous rentrons à Pachaina ; une tentative de baignade tourne court.

 

 

 

 

 

 

 

Plaka : Ruines antiques de Mélos et Musée des antiquités

CARNET DES CYCLADES – MILOS

Au dessus de Plaka

Le vent du nord a rafraîchi l’atmosphère. Il agite l’eau de la Baie de Pachaina : pas de bain matinal pour cause de vagues.

Catacombes

Les catacombes se trouvent entre le village de Tripiti et Klima, bien fléchées avec un grand parking. Un escalier descend au guichet. La visite est guidée. Certaines tombes à ciel ouvert permettent d’observer les arcosolia qui sont éclairés dans les galeries. Ils ont été creusés dans la roche : un tuf gris à granulométrie assez grossière facile à creuser. Les tombes sont alignées dans des galeries, trois sont ouvertes à la visite. Connues avant que les archéologues ne s’y intéressent, elles ont été pillées et n’on livré qu’un médaillon et quelques lampes. Une seule porte encore une inscription en grec : le nom des occupants. Une autre est décorée avec une bordure verte et orange. Des graffitis proviennent du vandalisme. C’est une courte visite. Il y a peu de choses à voir après avoir visité des catacombes à Syracuse, Malte, Paphos sans parler de Rome, bien entendu.

L’Aphrodite de Melos

Emplacement où fut trouvée la Vénus de Milo

En remontant la route on voit une grosse tour en épaisses pierres de taille : la Tour Est des remparts de l’antique Melos. Une stèle en ciment marque l’emplacement où Vénus de Milo du Louvre a été exhumée en 1820 par George Kentrotas qui piochait son champ. Cette découverte est le sujet du livre de Theodoropoulos : L’Invention de la Venus de Milo. Des sources écrites décrivent le site antique : la Vénus/Aphrodite se trouvait dans une niche ouverte dans l’exèdre du gymnase dédié à Bacchus, Hermès et Héraclès.

Melos antique et le théâtre de marbre

L’antique ville de Melos fut fondée environ 1.000 av JC Cette cité d’importance avait son port sur l’emplacement de Klima. Des fouilles ont mis à jour des remparts et des tours ainsi que divers bâtiments ainsi qu’un stade. Au Musée des Antiquité on offre gracieusement une brochure illustrée avec un plan.

Continuant le chemin, on découvre le Théâtre de marbre qui contraste par sa blancheur aves les roches volcaniques gris foncé ou noirâtres des tours et des murs de Melos. Melos était une ville riche qui pouvait importer du marbre de Paros ou de Naxos. Ce théâtre est plus romain que Grec d’après la conception du Proscaenium à deux niveaux portant de beaux frontons triangulaires ou arrondis dont on a retrouvé plusieurs exemplaires. Il cessa son activité au 4ème après JC ?

Vénus de MIlo au Louvre

Comme pour l’invention de la Vénus, l’invention de ce théâtre et ses restaurations est romanesque : Le site du théâtre fut reconnu en 1735 par un Jésuite de passage qui avait reconnu trois rangées de sièges de marbre. Carl Haller von Hallerstein réalisa les fouilles en 1817 et acheta le théâtre pour son roi Louis 1 de Bavière qui, après de nouvelles fouilles en fit don à son fils Othon de Grèce, roi de Grèce. De nouvelles fouilles eurent lieu en 1990 – 1995 – 2010 – 2015. Le théâtre fut reconstruit avec des pièces modernes.

Plaka

Vu du Kastro

Plaka fut la capitale de Milos depuis 1207. Les Vénitiens construisirent citadelle : le Kastro sur une hauteur dominant la ville. Aujourd’hui, Plaka se voit de loin, formant une couleur d’une blancheur éblouissante comme une couronne de neige – nous avons eu la même impression à l’arrivée du bateau à Santorin en découvrant la crête blanche des maisons de Oia et de Fira . depuis lors, c’est à Plaka que se trouvent le Lycée, le Stade, la poste et les services officiels.

Nous arrivons par les ruelles de la ville ancienne. . Une rue très pentue puis de nombreuses marches grimpent au Kastro ; je fais une première halte pour découvrir la « petite mer intérieure de Milos » , puis arrêt devant la belle église de pierre (comme la pierre de Volvic) avec les parements en marbre ciselés. Une date sur le linteau 1669. De la citadelle, il ne subsiste de que des morceaux de muraille, remparts ou bâtiments irreconnaissables.

Musée des Antiquités

La Dame de Phylakopi

Il est logé dans un bâtiment néo-classique précédé d’une loggia.

La visite dans l’ordre chronologique commence par une série d’outils en obsidienne.

La salle suivante présente les céramiques de Phylakopi

Le site de Phylakopi se trouve à proximité de notre gite de Pachaina. L’occupation du site a été datée de 3300 av.JC à 1400 av JC. De 1400 à 1300 il était sous influence mycénienne.

jarre à motifs géométriques

Dans les vitrines se trouvent des céramiques « géométriques » , une très belle jarre décorée de vagues et de boutons en relief. Une baignoire avec des vagues et des spirales. Mon préféré est un plat à trois anneaux au décor marin.

Tout un troupeau de bovins à robe tachetée et rayée, rhytons en forme de bovin au museau percé de 2 trous, des figurines, et la star du musée : La Dame de Phylakopi .

Une autre curiosité est présentée : l’alphabet mélien

Alphabet mélien

 

Dans une autre salle sont présentées de grandes statues de marbre provenant de la ville de Melos, des stèles gravées en grec, des bas-reliefs funéraires.

 

Romain

Histoire de Melos

Fondée en 1000 av JC par les Doriens venant de Laconie

6ème siècle : la ville s’entoure de remparts, on a retrouvé des inscriptions avec un alphabet spécifique

5ème siècle : situation florissante. La ville refuse d’entrer dans la Ligue d’Athènes ce qui a entraîné sa destruction en 416 av JC par les Athéniens.

405 av JC :  défaite d’Athènes et reconstruction de Melos

338 av JC : Melos tombe sous domination macédonienne le commerce reprend, basé sur l’exportation des minéraux.

2ème et 1er siècle av JC : grandes sculptures (Venus de Milo, Poséidon (Athènes)

1er après JC statue de généraux romains

4ème siècle Catacombes