Première journée à Milos, installation, course à Adamas, Pollonia

CARNET DES CYCLADES – MILOS

Vue du balcon du studio : la Plage de Pachaina

La maison d’Hôtes Vesleme surplombe la plage. Les vagues nous ont bercées amis nous n’avons pas encore vu la mer. Du balcon je découvre deux petites plages de sable sur une baie tranquille à moins de 20 m. Une femme sort de l’eau les fesses à l’air, se croyant peut-être sans témoin.

Petit déjeuner sur le balcon de Vesleme : la plage de Pachaina

Notre studio est clair avec des meubles simples et élégants. Le grand lit repose sur un socle de pierre colorée blanche avec des bandes blanches, oranges, roses qui sont les roches de l’île que nous découvrirons bientôt. Le coin-cuisine est tout neuf, plaques vitrocéramiques, le frigo possède un vrai congélateur. Il y a une petite table, un bureau écritoire, et un support pour poser deux valises. Pas de ventilateur, mais un climatiseur. Le balcon est parfait, la vue, bien sûr, avec une jolie table carrée décorée avec des galets et des coquillages sous une plaque de verre. Gentille attention : il y a des sachets de thé, de nescafé du lait du sucre et des biscuits- maison délicieux.

Adamas

Le port s’appelle Adamas ou Adamantas. La capitale historique de Milos est Plaka perchée sur une colline mais l’essentiel des commerces pour les touristes sont autour du port. Port de ferries mais aussi marina accueillant de très gros Yachts et de nombreux voiliers.

Nous avons découvert avec consternation que les 2/3 de l’île sont inaccessibles aux petites voitures de location. Il nous est formellement interdit de nous aventurer sur ces pistes « dangereuses »  « vous n’y serez pas dépanné, vous risquez d’endommager le véhicule ». Au kiosque périptère, j’achète une carte avec les sentiers de randonnée et le relief.

Courses de base chez Vidalis qui a un parking (chaine grecque qui vend des produits Carrefour). On y trouve de tout mais bien cher. Fruits et légumes viennent de Crète, pêches dures et tomates sans goût.

Les petits commerces sont luxe et chers. Les prix des chapeaux, serviettes sont le double de ceux de Naxos. Les cafés du port sont aussi chics et chers.  Milos avec ses yachts est une île chère. Le tourisme est bien développé (beaucoup d’hébergement récents et élégants) peu d’hôtellerie classique.

La carrière de bentonite

Après avoir traversé Pollonia 4km  au nord de Pachaina nous continuons la route au hasard et arrivons dans une énorme carrière à ciel ouvert, découpée en gradins dans une roche colorée du jaune à l’orange en passant par le beige. De grands tapis-roulants conduisent la roche à des silos qui la déchargent dans un bateau. Etranges, ces énormes engins qui ressemblent à des chasse-neiges géants qui étalent la roche plastique en un tapis lisse. Passées ces installations, une très large route est parcourue par de nombreux très gros camions qui foncent. Des panneaux préviennent que, par temps de pluie, la chaussée est très glissante. Evidemment ! elle est enduite d’argile. Heureusement, il n’a pas plus depuis des semaines et la croûte est bien sèche. Du Milos chic des yachts, nous arrivons dans un site industriel moderne. Des maisons cycladiques aux grands silos !

Les couleurs des roches sont inattendues. Le tuf est parfois blanc éblouissant, des roches rouges et oranges, jaunes parfois noires sont intercalées. Certaines sont rubanées. L’extraction a bouleversé le site naturel. J’attends avec impatience la visite au Musée géologique d’Adamas qui m’éclaircira.

Dantesque! l’exploitation minière révèle des roches multicolores

Une jeep blanche tourne sur une piste fléchée Kastanas. Nous avons « oublié » la carte du loueur de voiture et ne savons pas si nous avons pénétré dans la « zone interdite ». En bas nous voyons d’autres voitures, même des petites. La piste est parfois très lisse, parfois traversée par des roches dures en relief. Dans les pentes elle est creusée d’ornières. Quelques voitures sont garées sur un petit plateau, on en voit d’autres en bas mais ce sont toutes des 4×4, sauf une petite Fiat Panda.

roches colorées!

Le site est tout à fait extraordinaire avec toutes ces couleurs vives, les formes étranges, parfois creusées parfois en relief. En bas, des gens se baignent sur une toute petite plage hérissée de rochers bizarres. Ils sont à poil, cela me gêne de photographier.

La remontée est cauchemardesque, surtout vers le début dans la montée escarpée sur un chemin pulvérulent hérissé de blocs qui dépassent. La voiture patine. Nous avons compris le sens de « zone interdite ». On ne nous y reprendra pas. Il faut reculer, prendre de l’élan pour franchir l’obstacle sans s’enfoncer dans un nouveau trou. Finalement cela passe ; Après c’est moins difficile.

Pollonia, dans un endroit très touristique mais tout à fait merveilleux. Dans les rochers des piscines naturelles sont reliées par des digues rocheuses qui avancent dans l’eau. Une résidence toute neuve est installée, on a pratiqué des cheminements, posé des jarres chaulées de blanc, installé des bancs face au coucher du soleil. Tourisme luxueux et séduisant.

J’entre dans un petit bureau de tourisme Travel me to Milos j’ai consulté leur site Internet qui est très bien fait. Très bon accueil : la jeune fille qui parle très bien anglais mais avec le débit d’une mitraillette, me détaille les curiosités de l’île. Comme le loueur de voiture, elle définit une zone interdite, à l’ouest comme à l’est de l’île. Les plus beaux sites de Milos ne sont accessibles que par mer ; elle me convainc donc de faire une excursion en bateau, nous indiquant les prix et les horaires de départ. Une journée en voilier coûte environ 80€ (repas compris), mais i existe aussi des tours en bateau de bois 35€ sans le repas. Pour Dominique, elle nous conseille le bateau en bois plus confortable.

Kastanas

Dîner sur le balcon, attendant le coucher du soleil qu’un nuage a avalé au dernier moment. La lune et l’étoile du berger se reflètent dans l’eau. Milos, la sauvage, peu éclairée nous offre les étoiles.

 

 

 

De Naxos à Milos sur l’Artemis

CARNET DES CYCLADES

10 h nous rendons la Fiat Panda – bien sale – au loueur, souriant. Le bateau pour Milos part à 15h40.

Il reste donc beaucoup de temps pour revoir Hora, me promener dans le Kastro, découvrir de nouvelles rues, des boutiques chics, des arcs gothiques, des portes vénitiennes surmontées d’un blason armorié…Le kastro était un quartier aristocratique où demeuraient Francs et Vénitiens catholiques. Les grecs, arméniens et juifs logeaient ailleurs. Je reviens aux murailles et découvre les tours éclipsées par des bâtiments plus récents comme le couvent des Ursulines qui confère à la citadelle une allure moderne. Je comptais visiter le Musée Vénitien dans la Tour Della Rocca- Barozzi, fermé ! Fermé aussi le Musée Byzantin !

Chora : Kastro, porte vénitienne

Je passe donc mon temps à faire du lèche-vitrines il y a de bien jolies boutiques. Choix d’un restaurant, j’épluche les menus (katalogo). Plus on s’éloigne du port plus le rapport qualité/prix est intéressant ; Mais avec les valises ce sera compliqué. A l’extrémité du quai, un parasol rouge, quelques tables. Le vent est rafraîchissant.

Endroit idéal pour attendre le ferry en regardant passer les bateaux ; Le port de Naxos est animé. Le Sea Jet Champion relie Le Pirée, Mikonos et Heraklion c’est un katamaran hydroglisseur à gueule de requin genre Les Dents de la mer, sous pavillon chypriote. Blue Star Paros et Blue Star Naxos arrivent presque en même temps, puis un bateau de marchandise double le port des voyageurs, des bateaux de croisière…C’est amusant de voir tout ce trafic.

Hora vue du débarcadère des ferrries

Les plats que nous avions choisis n’existent pas en cuisine, on commande une petite friture (excellente) et un « bistec » de chair à saucisse mal cuite, infect.

L’Artémis est en retard ! C’est un relativement petit ferry, presque vide. Le bar est fermé. Nous nous installons sur le pont sur des sièges plastiques oranges en compagnie de touristes jeunes couple ou 3ème âge. Les Grecs, dans des salons confortables regardent le foot à la télé.

l’Artémis

La navigation sur la Mer Egée est un spectacle permanent. Le bateau longe Naxos, j’essaie de retrouver « notre » plage, la petite île de Panaghia Parthena ; on s’approche de Paros. Je me rends compte qu’après 4 ans, je suis incapable reconnaître la côte.

Ios parait bien rocheuse. Le port de Ios est gardé par des falaises sur lesquelles on a construit un complexe touristique avec des palmiers ridicules, et un phare. Le bateau se vide à Ios.

 Sikinos, peu de passagers descendent dans le port minuscule, les propriétaires des chambres viennent chercher les touristes, brandissant des pancartes « chambres à louer » comme autrefois. Nostalgie d’une époque où on avait l’impression d’avoir été « choisi » par l’hôte. Quelques barques de pêche, 2 bateaux de plaisance seulement.

19h il fait drôlement frais sur le pont, on rentre et je lis Le Sourire D’Homère de Jean Soler en attendant l’escale suivante à Folegandros. Le bateau a accumulé les retards. Il s’arrête encore une fois dans la nuit à Kimolos.

L’arrivée à Milos à 23h est chaotique.   Les officines de location de voiture sont encore ouvertes sur le port.   Notre loueur a son bureau ailleurs- fermé.  Son numéro de téléphone est affiché sur sa porte. Les formalités sont interminables, à l’aide de la torche du smartphone on scrute la moindre égratignure sur la carrosserie. Je demande une voiture plus petite. Retour au bureau,  une petite Hyundai  est disponible– re-papier, re-examen …il est presque 1h du matin. Le loueur décide qu’en pleine nuit, on ne trouvera jamais notre hôtel à Pachaina et prend le volant. Il ne le connaît pas non plus. Exceptionnellement j’ouvre les données mobiles sur le téléphone et nous laissons guider par Goggle-maps. Arrivée à passé 2h, nous nous installons épuisées

Offshore – Petros Markaris

LIRE POUR LA GRECE

Je lis avec toujours grand bonheur les polars  de Petros Markaris pour le plaisir d’un bon polar, bien sûr., il n’est pas obligatoire de connaître Athènes et  la Grèce pour suivre l’intrigue bien conduite.

Je me suis attachée au Commissaire Charitos, humain, perspicace, mais surtout tenace, qui ne lâche pas l’affaire même si, plus haut,  on lui intime l’ordre d’abandonner. J’ai vu Katarina, sa fille, se marier, faire carrière comme avocate et juriste, Adriani, sa femme, parfaite maîtresse de maison, mitonner ses petits plats pour réjouir sa famille, même dans les moments les plus difficiles. J’ai suivi Zissis, l’ancien communiste, toujours au service de la bonne cause… Tous ces personnages racontent une Grèce actuelle, plutôt traditionnelle pour Adriani, plus moderne pour Katarina et son mari, aux prises avec la Crise. Comme souvent, l’auteur de polar fait mieux sentir le quotidien que le sociologue ou le journaliste.

Justement! quand Offshore débute, la Crise est terminée!

Par quel miracle économique, le salaire des fonctionnaires est-il augmenté? L’optimisme gagne les consommateurs. Les voitures ressortent et les embouteillages de fin de week-end paralysent les routes comme au bon vieux temps d’avant la Crise.

Ainsi commence le roman, dans l’enthousiasme béat de la Croissance retrouvée. Sauf que les homicides suspects se succèdent : Lalopoulos, impliqué dans des affaires de pots de vin, de marinas et de blanchiment d’argent est une victime bien ordinaire et l’affaire ne semble pas très compliquée. la seconde victime est un armateur, gros poisson, cet assassinat est une affaire plus délicate.

« C’était qui ce Hardakos? – L’un des grands armateurs que nous ayons; Enfin, façon de parler. Ce n’est pas nous qui ‘avons, mais les Anglais.[…] -On se tue à réclamer les marbres d’Elgin aux Anglais. C’est nos armateurs qu’on devrait récupérer. Si nous avion deux sous de cervelle, c’est ça qu’on leur proposerait : gardez les marbres, rendez les armateurs »

Mais quand on trouve mort un journaliste qui, justement enquêtait sur ces disparitions, ces meurtres qui s’enchaînent embarrassent la hiérarchie et Charitos est démis de l’enquête…..Je n’en dirai pas plus.

Roman prémonitoire! En Grec, Offshore est paru en 2016. Les Panamas papers sont parus presque en même temps!

Et pour une coïncidence, ce n’est pas la seule. « La Grèce est sortie de la Crise! » a-t-on pu lire récemment dans la Presse. Sortie, peut être mais exsangue! La TVA à 24% sur les denrées alimentaires, cela plait peut être aux créanciers, moins au consommateur!

Et si on veut continuer le jeu des ressemblances : que dire de ces politiciens quadragénaire du mouvement ETSI qui ont quitté tous les partis, ni-droite/ni-gauche…jeunes affranchis de toute idéologie….qui subventionnent les entreprises , mais pas les retraités…

« tu as des nouvelles pour les retraites? demande Zissis-« elles attendront. On dit qu’on va d’abord stimuler les investissements, pour doter la croissance et l’emploi, quant aux retraites on verra plus  tard. »[….]-« Lambros, toi qui as tout vu et tout vécu, lui dis-je plaisantant à moitié, as-tu découvert quelque part d’où vient l’argent? » – « Toi qui es chrétien, tu ne devrais pas me poser cette question, » répond-il sérieusement – Pourquoi? – « parce que les Écritures saintes ne cessent de répéter qu’on n’a pas besoin de savoir. « crois et ne cherche pas » qu’est-ce que cela veut dire? crois que tu vas recevoir et ne te demande pas d’où. Et « Donne-nous notre pain quotidien »? Seigneur, donne-moi à manger, peu m’importe où tu trouveras mon pain demain …. »

Non seulement Markaris décrit avec vivacité le quotidien des Athéniens, mais il le fait avec humour, et j’ai beaucoup souri et même ri.

 

 

 

 

Lionas

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Lionas

Halte à Halki, dernière occasion de visiter cette ancienne capitale de Naxos. Petites ruelles aux maisons blanches, dallées et ornées. Jolis restaurants et kafénéios qui ont installé les tables dans les ruelles. Boutique de produits locaux : herbes de Naxos conditionnées comme des thés de Luxe, sous de beaux emballages tous les mélanges d’aromates : pour le poisson, pour les grillades, tisanes….Textiles artisanaux. Cartes postales. Il y a même une belle galerie qui expose des photos d’art. Pots de basilic. Un village parfait pour le tourisme.

jardins sur le bord de la route

Nous reprenons la route touristique par Moni, Koronos, Stavros…A Sifones (village invisible de la route) au-dessus de Moni, je m’arrête pour admirer les jardins : haricots ramés, courgettes en fleur, patato naxou, sur des terrasses suspendues. Je me gave du parfum des genêts qui domine. Après Stavros Keramotis une pléiade d’îles se découvrent à notre vue. De là, la petite route descend en lacets vers Lionas.

Tunnels d’émeri

Galeries de l’émeri

Dès les premières centaines de mètres nous passons devant l’ouverture des tunnels des mines d’émeri. Un peu plus loin, nous découvrons les installations similaires à celles de Moutsouna, cables, et bennes, tas de roches noires. La montagne est un véritable gruyère. On imagine entendre les pics résonner. Ce ne sont que les clochettes des chèvres qui recherchent l’ombre. Un chevreau est installé sur le banc de l’abribus. La route dévalle 650 de dénivelé en quelques kilomètres. Je descends à pied pour profiter du paysage ; A un détour, du vert et les maisons blanches agrippées aux pentes : le minuscule village de Lionas.

les mines d’émeri

Le Guide Vert est très injuste. Il expédie son commentaire en une seule expression « la décevante plage de Lionas ». nous n’avons pas été déçues, au contraire ! Des petis galets blancs parsèment le sable gris et le sable noir. L’eau est merveilleuse. Il y a quelques tamaris pour l’ombre. Rien ne vient troubler l’harmonie naturelle.

Deux tavernes ont perché leurs tables sur une estrade. Du haut de la première la patronne nous fait de grands gestes de bienvenue pour nous attirer, nappes rouges à carreaux La seconde carreaux bleus et blancs est mieux placée, plus près de l’eau…

Trois dames du village devisent tranquillement dans l’eau, elles m’accueillent cordialement. Elles sont remplacées plus tard par trois messieurs qui se rafraîchissent pendant que les dames sèchent sous le tamaris. Un peu plus tard, deux jeunes, masques et tubas, nagent le long des rochers. Je fais le « tour de la piscine » de la plage aux rochers qui bornent la baie, puis en face vers les dernières maisons du village. Calme absolu. L’eau ne frémit même pas.

plage de Lionas

Nous choisissons la taverne bleue plus proche de l’eau appelée NTOYZENIA (traduction ?) ; le couple qui tient le restaurant est aux petits soins :  nous apporte deux verres de raki deux grand verres d’eau. Nous commandons tomates et poivrons farcis et un demi kilo de retsina dans une mesure métallique rouge, une carafe d’eau fraiche ; Nous visitons la cuisine décorée de photos des enfants, bébés puis adultes, 5 grands garçons avec des fusils (chasseurs ou militaires ?). Des photos délavées montrent un tsunami qui a envahi la baie. La musique et entraînante comme nous filmons la dame fait mine de danser. On nous offre le dessert : de la pastèque coupée ; c’est un peu gênant : nous n’avons pris que des tomates farcies (5.5€) : On se quitte avec des embrassades Nous avons passé un excellent moment ; Le tourisme de masse n’a pas encore gâché ce coin perdu.

L’arbre sec : notre repère sur la route de Sagri

Grande lessive avant de faire la valise. Je fais mes adieux à l’épicerie Kolona où on nous offre des magnets de frigidaire .

Dernier coucher de soleil sur Paros. Demain le départ !

 

 

« Les racines poussent aussi dans le béton » Kader Attia au MACVAL

Exposition temporaire au MACVAL (Vitry) jusqu’au 16 septembre 2018

Skyline

Ne laissez pas filer cette exposition tout à fait passionnante.

Prévoyez du temps et de la disponibilité : deux vidéos de chacune 46 minutes vont sérieusement allonger le temps de la visite. D’autant plus que les autres installations sont aussi intéressantes et ce serait dommage de manquer de temps. C’est donc une exposition tout à fait copieuse.

On entre d’emblée dans le vif du sujet : dans le béton de Sarcelles ou de sa voisine Garges-les-Gonesse où Kader Attia a grandi. Architecture du béton : référence au Corbusier qui se serait inspiré de l’architecture du Sud Algérien pour inventer sa cité radieuse, ayant survolé en avion Ghardaïa.

Coïncidence? Le plasticien est justement d’origine algérienne, comme beaucoup des habitants des cités, de Sarcelles ou de Marseille. Ces racines algériennes trouvent-elles un écho dans les cités-dortoirs? Où de nouvelles racines ont-elles poussé dans ces quartiers? Occasion de faire des montages de photo que j’ai beaucoup apprécié, mix d’architecture de Sarcelles et de Ksour, montages de photos de banlieusards ou d’Algériens. Et pour illustrer ces rapprochements deux films avec Jean Gabin, Pépé le Moko (Duvivier 1937) avec la présentation de la Casbah comme d’une architecture inquiétante et Mélodie en sous-sol(H. Verneuil 1960) et la construction de Sarcelles. Qui de plus enraciné que Gabin avec son pavillon rue Théophile Gautier qui demande son chemin aux maçons immigrés dans le chantier?

couscous

Un paysage de couscous fait comme un tapis circulaire dans une pièce de transition, référence aux racine, le couscous , comme du sable, matériau de construction? Tapis ou paysage? Un peu plus loin, nouvelles références aux origines mélangées que cette bétonnière – allusion au père de l’artiste, constructeur – qui tourne chargée de clous de girofle censé embaumer l’exposition(elle ne tournait pas quand nous sommes passées). Autre référence odorantes, ce plateau de piment rouge entouré de feuilles de menthe. Des pains en galette de semoule sont fichées dans le mur. Univers familial de l’enfant de Garges-les-Gonesse.

cube de sucre

Encore une référence à l’architecture à base de cubes que cette vidéo impressionnante de Sucre et de pétrole où un empilement parfait de sucre blanc est contaminé par une giclée de pétrole noir, s’en imbibe et s’écroule

arrive le pétrole
écroulement

Un autre thème est la réparation; des objets et des corps.

Une vidéo passionnante montre la vidéo de l’arrestation violente de Théo par les forces de police, commentée par 3 personnes, un acteur algérien, un philosophe antillais et un autre antillais. Discours sur le corps de l’émigré, comme il est perçu, à travers le prisme colonial. Comment la vidéo peut être lue, par la presse, par Marine Le Pen, par les habitants des banlieues….comment la violence est perçue. Comment une lecture neutre de la vidéo est impossible. Le corps de l’esclave mis en scène, le corps du danseur, le corps du travailleur. Vidéo très dense, difficile à résumer, d’autant que je n’ai pas pris de notes.

mobilier urbain : barrière anti-migrant

cette barrière symbolise la violence des installations du mobilier urbain faite aux migrants. L’installation doit être envisagée avec des danseurs qui se faufilent dans les interstices, qui s’affrontent à la barrière. Malheureuse nous n’avons vu la performance que filmée (les danseurs ne peuvent pas être présents tout le temps).

Je n’ai pas cité les grandes photos de trans, ni celles des chibanis, ni la vidéo sur la douleur des membres manquants, sur la réparation…. Cette exposition est riche, trop riche, cela nuit un peu à la cohérence. Appréhender le travail d’un artiste dans sa diversité demande un effort au visiteur. Après 2 heures de visite je me sens fatiguée.

Les plages du sud de Naxos

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Studios Kolonna sur la plage de Mikri Vigla
La plage de Mkri Vigla

 

Au sud de Mikri Vigla les plages de sables alternent avec les rochers qui abritent de jolies petites criques à l’écart de la route principale de Hora à Agiassos. Nous longeons la côte par des petites routes et des pistes.

Kastraki

Deux belles plages : Zahara et Glyfada. Les maisons de vacances sont dispersées sans logique apparente dans des jardins ; A l’arrière de Glyfada une lagune asséchée ouo des marais salants s’interposent entre la plage et la route.

Alyko bay

Alyko

La forêt de cèdres

Ce cap rocheux portant une « forêt de cèdres » de 88 ha . Ces cèdres (ceddar en anglais) ne sont pas des cèdres mais des genévriers. Ils ont un tronc épais (jusqu’à 1m de diamètre et 6 m de haut) et une silhouette d’arbre. Du genre Juniperus est-ce un Genévrier cade ou un Genévrier de Phénicie ? les deux sont cités dans la littérature. J’aurais plutôt qualifié de maquis cette « forêt ». Pendant le régime des Colonels dans le début des années 70, le terrain a été cédé illégalement -semble-t-il – à une compagnie étrangère qui a construit une résidence hôtelière ; Après maints procès, le projet touristique a été abandonné mais il reste les structures de béton.

Street-Art

Les graffeurs se font emparés de ce lieu pour y peindre des graffs, des tags et des œuvres de Street-Art. j’ai vu hier à la Tour Bazeos, une photographie d’une installation de WD à Alyko. J’étais loin d’imaginer qu’Alyko était un site naturel à une douzaine de km de la Tour. J’imaginais une banlieue glauque, des usines en déshérence.

Alyko bay

Le baiser des deux singes, à l’entrée du bâtiment est tout à fait saisissant. WD a consacré une de ses œuvres aux migrants. Sur les murs de l’hôtel abandonné, la bienvenue aux migrants est clairement énoncée. Une série montre un cœur sur le drapeau grec, puis un graffiti affirme :

« L’Europe fait naufrage, l’Afrique se noie » suit le dessin d’un bateau de papier plié et enfin une femme entourée de têtes de morts.

Tous les graffitis sont-ils de cette facture ? j’en doute. Cet endroit étrange donne envie d’écrire une dystopie raconter la fin de la civilisation du tourisme. Ou une histoire de migrants qui échouent et s’installent.  Après avoir filmé les murs, je m’engage sur une piste, découvre les falaises et surtout, nichées dans les falaises, les plus jolies petites criques qui soient. Vides parce qu’il est encore très tôt. Une procession de baigneurs arrive, charriant parasols, chaises pliantes et glacières…

Alyko

 

Plus loin, dans la Baie d’Alyko, il y a encore une grande plage de sable. L’urbanisation est en cours, anarchique, accumulation de cubes blancs ou gris.

La piste fait alors un grand détour autour d’une colline (228 m). On devrait voir une Tour. A l’aller comme au retour nous ne l’avons pas trouvée ;

Aghiassos

La plage d’Aghiassos

Fin de la route venant de Hora et fin de la piste côtière carrossable. Théoriquement elle continue jusqu’à Kalados. Elle doit être en bien mauvais état. Nous ne voulons pas infliger cette épreuve à la petite Fiat Panda.

La plage de sable d’Aghiassos est bordée par des roseaux. Le classement Natura 2000 limitera peut- être la construction. La plage est encore vierge d’installations ; Une buvette a installé deux tables, un petit restaurant, sa terrasse à l’écart. Je me baigne sans craint. L’eau est peu profonde, même loin du rivage.

Psilli Ammos

Sable doré, très fin, plage aménagée avec des lits et des parasols tenue par le restaurant élégants à l’arrière de la piste. Après un bain un peu agité par des bourrasques nous faisons une pause apéro. Café frappé que j’attendais depuis longtemps.

Tour Oskelos

Tour Oskelos

Tour carrée d’architecture vénitienne 17ème siècle, la petite sœur de la Tour Bazeos. Carrée puissante maison fortifiée en cours de restauration. On n’en saura rien de plus.

Déjeuner sur la terrasse ; Nous voulions acheter des feuilletés aux épinards du boulanger, Il n’en reste plus. Dolmas en boîte et salade d’aubergine (en barquette), grosse tomates et olives.

Après-midi balnéaire.  Le vent est tombé. Je peux reprendre mes aller-retours à la nage.

 

Naxos -Tour Bazeos – Exposition du Festival de Naxos

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

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Tour Bazeos

La Tour Bazeos est située après Halki sur la route d’Agiassos. L’édifice carré se voit de loin.

Elle est encore ouverte à 16h45 ?

Construit vers 1600, le Monastère Sainte Croix (Timios Stavros) fortifié, d’architecture vénitienne, impressionnant.  Abandonné par les moines en 1834, racheté à l’Etat Grec par la famille Bazeos qui l’a restauré vers 1990.  il accueille le Festival de Naxos.

Dans le cadre du Festival de Naxos, une exposition se tient du 27 mai 2018 au 27 septembre 2018. Cinq plasticiens inspirés par Naxos ont investi la Tour pour une installation intéressante en parfaite harmonie avec le monument.

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Tour BazeosLes artistes :

  • WD -Wild-Drawing vit à Athènes et vient du Street-Art, Patricia Garcia Gomez (USA) photographe, vidéaste s’est intéressée aux sons et « invite les gens à écouter le monde »,
  • Lisa Marie Kaftori (USA) se définit comme sculptrice, sociale et artiste écologique,
  • Aris Marakis (Italie)est un sculpteur qui explore la sculpture et le son en créant des « vasophones » produisant des sons d’après l’intraction entre la forme et les vibrations, il vit entre Pavie, Milan et Naxos.
  • Laurent Reynes (Franceà mélange les Arts Plastiques et l’Architecture, combine peinture et sculpture s’inspirant de l’architecture et du paysage.

L’installation

vasophone : Notos
aerophone : Notos

Sur le mur en face de la tour on est accueilli par les aérides : les trois vents Notos, Boreas et zephyrus perchés sur le mur face à la tour sont des vasophones. Boreas aurait dû vibrer aujourd’hui peut être lui faut-il plus que la « Jolie Brise » pour produire un son perceptible.

temple des dieux oubliés

Le travail de Laurent Reynes occupe la pièce d’entrée dans la tour. J’aime beaucoup ses temples aux dieux oubliés,. Alors que les dieux de l’Olympe ont leurs sanctuaires, certains « dieux » – héros de notre culture n’ont pas d’édifice qui leur serait dédié. Reynes a donc construit trois maquettes en belles plaques de marbre blanc en l’honneur de Sisyphe, Ulysse et Ictinos (l’architecte du Parthénon). Volumes élégants, matière séduisante (marbre blanc de Naxos). L’ensemble est coloré par le Diptyque de Naxos : deux tableaux dans les bleus et les verts évoquant la mer, les algues, les poissons. J’ai moins aimé la seconde installation à l’étage : l’artiste a suspendu des galets par des fils de nylon aux poutres du plafond.  quoique le texte les accompagnant m’a bien intéressée.

Diptyque de Naxos

Aerials

Les pierres voyagent dans le temps et l’espace. L’érosion les déplace, modifie leur aspect physique, les pousse à aller plus loin [….]

La forme et l’histoire des cailloux contiennent notre terre et plus que cela encore

Ghost of Medusa

A ‘arrière des temples aux dieux oubliés, une pièce aveugle est occupée par Ghost of Medusa de Collin Mura-Smith (USA) : un bateau blanc repose sur un océan de bouteilles d’eau dans la pénombre. L’installation est sonorisée par la vidéo de Patricia Garcia Gomez, bruits de vagues accompagnant trois images de vagues et de baigneurs. Un accompagnement très planant pour ce fantôme blanc.

Le travail de Lisa Marie Kaftori  Winged Word s’inspire de la calligraphie

Des sortes de calligrammes sont gravés sur des plaques de marbre blanc

Winged words

Words

Fly

Fly

La Foret Naxienne de Patricia Garcia Gomez est accompagnée par une vidéo. Cette « foret » sèche est composée d’épineux, de chardons, une vieille porte et des débris de jarre cassée l’accompagnent. Mon impression de Naxos est beaucoup plus verte. Ceci correspond peut-être à une saison plus tardive et desséchée.

Forêt naxienne

La visite se termine au deuxième étage dans une grande salle exposant les tableaux très colorés de WD que je n’ai pas beaucoup apprécié en dehors de la photo prise à Alyko.

WD – Street-Art à Alyko
WD Street art à Aliko

Randonnée de Sagri à Melanès, parc archéologique de Flério

CARNET DES CYCLADES -NAXOS

le kouros deFlerio

Sentier n°2 décrit à l’envers de la carte Skai : Flério Pano PotamiaAgios Mamas 5km 1h40

Permet de visiter le Parc Archéologique où se trouvent encore 2 Kouros.

En principe les rendez-vous seront faciles puisqu’on part du parc archéologique et au je suis censée arriver à un terrain de sport près de Sagri.

Au départ, nous nous sommes trompées à Galanadho et nous retrouvons sur la route de Halki. Qu’importe, on fera trajet à l’envers ! Cela se complique : le stade marqué sur la carte est introuvable. En revanche, un panneau signale bien Aghios Mamas, sauf que le numéro n’est pas le 2 mais le 6. Ce sentier n°6 est fort mal balisé. Du haut de la colline, j’aperçois la très belle église Aghios Mamas dans le creux du vallon et m’y dirige à l’instinct puisque les marques sont inexistantes et trouve une piste de terre qui conduit à l’église.

Aghios Mammas

Aghios Mamas est une église byzantine du 9ème siècle qui fut la cathédrale de Naxos avant l’arrivée des Vénitiens en 1207. Cette jolie église de pierre brune est abandonnée. Des grilles interdisent d’y pénétrer. Je n’ai donc pas pu voir les fresques mais j’ai admiré les parements de marbre autour des ouvertures sur la façade qui m’ont rappelé les églises carolingiennes des Pyrénées orientales .

A l’église je retrouve le balisage du sentier ce qui me rassure. Dans le vallon, il y a un petit verger d’orangers ; Ce sont les premiers que je vois depuis notre arrivée dans les Cyclades. Je passe un petit ruisseau sur un pont de bois, des lauriers roses fleuris, une petite église Panaghiatisa et une aute annoncent l’arrivée aux villages de Potamia . Ce nom m’évoque des rivières, des fleuves, peut être à cause des hippopotames, j’oublie les petites rivières et les ruisseaux. Potamia porte bien son nom avec ses ruisseaux et ses sources. Potamia est composée de trois hameaux Kato Potamia (Potamia du bas, Mesi Potamia (du milieu) et Ano Potamia. Le sentier court de l’un à l’autre sans croiser la route qui frôle Potamia par le haut. Je passe donc sous les maisons de lavoir en source, puis deuxième source, troisième…entre deux murettes, parfois entre les maisons et les jardins. Promenade rafraîchissante.

A l’intérieur du village, le balisage s’interrompt. Je passe par des ruelles blanches, des marches, arrive devant une grande église. Un homme qui balaie la place me remet dans la bonne direction. J’ai eu la bonne idée de photographier la carte sur mon téléphone portable. Je tends le téléphone et mes interlocuteurs comprennent ce que je cherche puisque la carte est écrite en grec.

Le sentier n°6 traverse la route pour rejoindre Melanes. C’est à cette intersection que je devrais retrouver Dominique. Elle m’appelle pour me dire qu’elle est garée devant une maison de pierre qui a un bougainvillée particulièrement fleuri. Ici, toutes les maisons sont en pierre ; elles sont toutes fleuries de bougainvillées ! Après une dizaine de téléphonages (heureusement que les frais de roaming sont abolis dans l’Union européenne depuis 2017), nous renonçons à la rencontre ; On se retrouvera à la fin de la promenade à Melanes. Je continue donc vers le kouros de Flerio. Le sentier est maintenant bien tracé et bien balisé. A mesure que je monte sur la colline, la végétation se rabougrit, le sol devient pierreux, les bergeries sommaires, les crottes de chèvre signalent une activité pastorale intense. A une fourche j’ai le choix ente le Kouros Melanon ou le kouros de Flerio. Lequel choisir ? Au hasard Flerio ! La descente est rapide sur un chemin dallé. Les dalles ont été piquetées pour éviter les glissades. Qui a construit ce chemin avec tant de soin ? A la fin de la descente : le parking du Parc archéologique avec une dizaine de voiture mais pas Dominique qui m’attend ailleurs à Melanes. Il faudra une bonne demi-heure pour se trouver.

Le Parc archéologique de Flerio est vaste et très intéressant.

Le Kouros de Flerio est couché sous les arbres et beaucoup plus fini que celui d’Appolonas. La statue de marbre repose depuis 26 siècles à côté du « jardin du paradis » je n’invente pas, c’est un verger planté d’arbres fruitiers : agrumes, pruniers, abricotiers…La route qui conduit au deuxième Kouros de Potamia ou de Melanes est deabord sous de grands arbres. Il faut grimper dans la colline pour le trouver ; C’est encore un géant allongé de 5m pour 6 tonnes. IL paraît encore plus fin. On reconnait une parenté avec les statues archaïques avec la chevelure longe les épaules larges. Le sentier passe par les anciennes latomies (carrières de marbre antiques).  . Dans la région de Flerio affleurait une state de marbre de bonne qualité permettant le développement de l’architecture et de la sculpture en marbre :  les plus importants monuments de Naxos et de Délos.

Dans le parc archéologique de Flerio, un panneau signale l’ancien aqueduc de Flerio :

Mélanes rappelle par son nom que le site était ombragé :  mélanes = noir = sombre = ombragé. Dans cette région il y a de nombreuses sources et du 6-me siècle avJC au 8ème après JC un aqueduc de 11km de long apportait l’eau à Naxos. Un tunnel avait été creusé.

Sanctuaire Flerio Melanes

Kouros de Melanes

Au 8ème siècle on rendait déjà un culte au-dessus d’une source où des traces de burin ont été identifiées, on a retrouvé une petite construction contre un bâtiment d marbre imposant. Au 7ème siècle on construisit un temple plus grand ; Il semble qu’on vouait un culte à une déesse de la fertilité qui assurait aussi la protection des carriers. Le culte était rendu à l’air libre avec des foyers qu’on a reconnu à la roche rougie. On creusait ensuite un puits dans lequel les cendres des offrandes étaient enterrées recouvertes de plaques de schiste.

Carrières modernes

Carrières modernes

Nous rentrons pas le chemin des écoliers par Kinidharos, Moni,  Halki et Sagri.  Sous le ciel gris les paysages déserts sont sévères, dominés par l’impressionnant front de taille des carrières modernes du marbre de Naxos qui parait gris. On exploite le marbre jusqu’au sommet. Les chutes de la taille forment un gigantesque pierrier blanc au-dessus des boules caractéristiques du granite altéré.

le vent des Cyclades

Le vent a chassé les nuages, la mer est agitée d’un vent frais qui convient aux kite-surfers. Les véliplanchistes ont aussi sorti leurs voiles. Joli spectacle mais baignade impossible. Ce soir, la météo promet une légère brise ; Peut-être aurais-je le plaisir de nager le long de la plage. En attendant il faut être vigilantes, fermer la fenêtre quand on ouvre la porte si on veut éviter la casse.

 

 

Zao Wou Ki au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

EXPOSITION TEMPORAIRE

du 1er juin 2018 au 6 janvier 2019

Zao Wou ki

Attention! Le Musée d’Art Moderne est en travaux, l’entrée se fait sur le quai de Seine Métro :  Alma Marceau ; vous aurez l’occasion d’admirer le bas relief  en descendant si comme moi, vous veniez d’Iena!

ZAO WOU KI : L’ESPACE EST SILENCE

Zao Wou Ki est né en Chine en 1920, il vient à Paris en 1948, rencontre Michaux et Varèse

Récemment au Musée Cernuschi une exposition d’une donation était présentée au milieu des collections d’art chinois du Musée. il s’agissait principalement d’encres en Noir et blanc. Une vidéo m’avait donné envie de connaître ses tableaux colorés

L’exposition L’Espace est Silence , au contraire ne présente que de très grandes œuvres qui occupent le vaste espace.

Hommage à André Malraux

L’Hommage à André Malraux est un grand triptyque sur fond doré où des personnages ressemblent à des éléments de la calligraphie chinoise.  Le peintre chinois doit à Malraux, l’auteur de la Condition Humaine, l’acquisition de la nationalité française. je ne sais si ce tableau est abstrait ou pas. j’y distingue ds personnages de larges traits à la brosse noire

HOmmage à Malraux : panneau de gauche : je crois deviner un homme armé
je crois deviner un homme armé,°
hommage à Malraux panneau du milieu

L’hommage à Henri Michaux est un tableau presque noir et blanc qui me fait penser à un paysage lunaire à grands traits blancs horizontaux.

La salle suivante, on aurait plutôt envie d’appeler ces grandes salles où sont accrochés de très grand tableaux un hall, est sous-titrée LA TRAVERSEE DES APPARENCES, traduisant un passage vers l’abstraction. Ces très grands tableaux des années 60 son souvent aux tons sombres. Très peu ont des titres, plutôt des dates, sauf Nous deux, sur un poème de Michaux, où je croix distinguer deux idéogrammes rouges sur un fond sombre .

Hommage à Varèse

les spectateurs assis devant le tableau écoutent la musique de Varèse avec un casque : la gerbe de coups de pinceau est en écho des sons métalliques et des percussions frappées dans un environnement aquatique. Ces grands tableaux s’apprécient de loin. Il faut aussi s’approcher pour que se révèlent les empâtements et le rythme des tracés noirs précis formant une gerbe.

Dans tous ces tableaux abstrait où seule la date peut guider le spectateur, je me prends à imaginer un paysage hivernal, une rivière blanche glacée, un pont,.  Je laisse errer mon imagination bien loin sans doute des intentions de l’artiste.

Dans la salle suivante la couleur se fait plus présente, plus gaie

Hommage à claude Monet

détail de mon oeuvre préférée

J’imagine des arbres, des ramifications, peut être suis seule à les voir dans monoeuvre préférée que jai mis sous le titre.

Il y a aussi un bizarre hommage à Matisse

Hommage à Matisse

Autant l‘Hommage à Claude Monet me parait pertinent, autant je ne suis pas convaincue de l‘hommage à Matisse.

Dans la dernière salle des encres sur papier sur des très grands formats sont encore pour moi source de rêverie comme des énormes test de Rorschach. je crois voir dialoguer un héron peint à l’huile avec un lapin à l’encre. J’imagine des cerisiers…

je vois un héron sur la neige et vous?

Eglises Byzantines autour de Halki, sentier de Khoronidha à Apollonas

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Halki – Aghios Giorgios

Au réveil, la météo annonce une « jolie brise » venant du nord. Je viens de découvrir la météo marine sur le téléphone et cela m’amuse. Meltemi ou Boreas ? En tout cas, le miroir noir et doré du lever de soleil est en éclat et je naurai pas ma baignade de l’ »aurore au voile orangé » comme l’aurait chanté Homère dans l’Iliade ou l’ »aurore aux doigts de rose » de l’Odyssée ? je lis le Sourire d’Homère de Jean Soler qui m’enchante.

Nous cherchons une crique abritée pour une baignade tranquille. Pourquoi ne pas retourner à Apollonas avec sa mini-plage de sable fin abritée par la digue du petit port (3 bateaux) .

A l’envers de la carte SKAI, une randonnée de Koronidha à Apollonas,  5km, 1h30, convient tout à fait ;

La randonnée étant notée « très facile » nous prenons notre temps, passons à la Tour Bazeos entre Sagri et Halki, fermée à 9h. Une file de chèvres avance à la queue-leu-leu, peut être vont-elles à la traite ? Un paysan donne à boire à ses vaches. Seuls les agriculteurs sont matinaux. Toutes les boutiques sont fermées. Dans la jolie lumière du matin, je me propose de faire des photos dans les rues de Halki, l’ancienne capitale de l’île, que nous avons traversée à nombreuses reprises mais pas encore visitée et dont le centre historique est piétonnier.

Halki : Aghios Giorgios diasoritis

Un panneau « Eglise byzantine Aghios Giorgios Diasoritis» me conduit hors de Halki par une rue dallée entre les murs des jardins débordant de bignonias,  bougainvillées et jasmin odorant, puis une allée passe dans un tunnel de verdure. Les cognassiers portant des fruits se sont rejoints d’un verger à l’autre, puis un lierre a suivi le même parcours. La campagne est plantée d’oliviers très grands et très vieux aux troncs noueux. De petites murettes délimitent les parcelles. Aghios Giorgios est dans un écrin d’oliviers : vielle église de pierre à la coupole couverte de tuiles, précédée d’un narthex surmonté d’un clocher. Une autre église, se trouve à 6 minutes sur un chemin encore plus sombre qui emprunte le lit d’un ruisseau bordé de lauriers roses géants. Des plaques de marches forment un escalier pour monter à l’église à deux nefs jumelles. Elle est peinte à fresque comme Aghios Giorgios mais il faut faire le circuit entre 11h et 14h30 pour avoir une chance de les trouver ouvertes. Ce circuit des églises byzantines est long de 6.5 km autour de Halki. Malheureusement il ne figure pas sur notre carte SKAI.

La Panaghia Drossani, se touve sur la route de Moni. Elle aurait été fondée entre le 5ème et le 7ème siècle et serait l’une des plus anciennes églises byzantines des Balkans (selon le Petit Futé). Son nom, Notre Dame de la Rosée lui aurait été attribué de ce que ses murs perleraient de rosée quand Moni serait en danger. Elle n’ouvre pas avant 11h, en revanche elle ferme tard dans l’après-midi. Nous sommes repassées au retour et j’ai pu admirer ses fresques et me promener dans le couloir menant à une toute petite chapelle. La fresque de la Vierge est pas mal abimée ; on reconnait mieux les saints Cavaliers Saint Georges et Saint Demetrios. 4 Personnages  debout en très bon état restent pour moi un mystère.

De Moni à Koronos la route panoramique m’enchante toujours autant. Les parfums complètent l’enchantement du spectacle qui se déroule sous mes yeux. Mieux, les odeurs permettent d’anticiper. Enivrée du parfum sucré et entêtant des genêts, je perçois l’approche d’un figuier ou d’une terrasse plantée de vigne. Depuis que le vent s’est levé la visibilité est meilleure. Au carrefour Stavros Karomotis où le panorama est à 360° je reconnais même les villages de Tholaria et Lagkada au dessus d’Aegiali (éclipsé par une petite île)sur Amorgos. Entre Koronos et Skadho des cerisiers portent des cerises.

Le sentier N°9 passe à la sortie de Koronidha (1h40, 6km) un peu plus qu’annoncé sur la carte SKAI.

le sentier à la sortie de Koronidha

Au début la promenade correspond au descriptif : un beau sentier en balcon, parfois dallé, parfois terreux. Aucun balisage mais le parcours est évident. Malheureusement cela ne va pas durer ! Sympathique rencontre une femme et un homme tiennent un âne à la bride chargé de seaux, de courses et de fromages. Salutations « kalo dhromo ! ».

Je croise une grosse piste de terre qui ne figure pas sur la carte et je suis perplexe. Je consulte mon smartphone sur lequel j’ai photographié la carte, je peux zoomer sur la photo, vraiment pas de piste ! Heureusement un panneau me dissuade de l’emprunter, il pointe vers les broussailles. Au début on devine le sentier mais quelques centaines de mètres plus tard il a complètement disparu mangé par les coussins épineux. Au bout de 10 minutes je suis perdue au milieu de nulle part. je viens sur mes pas jusqu’à la piste, vérifie bien la direction de la flèche, c’est bien la direction que j’ai prise tout à l’heure. En étant très attentive je retrouve des dalles et des marches d’un chemin qui a existé autrefois, il faut donc chercher ses vestiges. Le banc promis par la carte SKAI existe ! Sans balises, envahi par les épines, l’itinéraire est bien là. Ma progression est ralentie par les buissons, il ne faut pas m’accrocher. Les dalles inégales sont parfois descellées. Je marche sur du schiste. Heureusement, les chèvres sont de bonnes débroussailleuses et, sur le chemin il y a deux bergeries. Petite appréhension à cause des chiens. Je m’étais fait une belle frayeur à Lesbos. A Naxos, il semble que les troupeaux se gardent tout seuls, je n’ai pas encore rencontré de chiens. Confortée par la présence de dalles et de marche, j’avance plus vite. Certains poteaux sont calcinés. Un incendie a dû ravager la montagne et on n’a pas remplacé les poteaux indicateurs du sentier. Enfin ! une balise rouge et blanche confirme que je suis bien sur le N°9 je n’ai même pas de retard sur l’horaire prévu.

la maison avec sa treille de vigne

Dominique m’attend sur la route devant une maison ornée d’une treille de vigne.

Apollon à Apollonas

Nous retrouvons « notre » table à la taverne Apollon. Aujourd’hui, il y a des roses dans les vases. La serveuse nous reconnaît. Le serveur nous apporte une carafe d’eau gratuite au lieu de nous imposer l’eau minérale payante. Nous sommes devenues des habituées ! Le téléphone retrouve sa connexion Wifi. Nous commandons de la moussaka et des côtelettes d’agneau servie avec des frites de patato naxou et du tzatzíki tellement aillé qu’il brûle presque les lèvres, mais ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre. Les imitations françaises de tzatzíki manquent toujours d’ail, je m’en souviendrai pour en ajouter !

le kouros d’Apollonas

Comme nous l’avions prévu la petite crique est tranquille et je peux nager. Je fais plusieurs fois le tour de la « piscine » délimitée par la digue, la plage et une barre rocheuse, sans m’aventurer aujourd’hui dans la mer ouverte agitée. Je suis ravie ; la journée d’hier sans baignade m’avis frustrée