Vers midi, nous arrivons à Zephyria, un petit village autour de sa grande et belle église de perlite gris clair. Cette grande construction étonne dans un si petit village. Zephyria – appelée alors Chora -fut la capitale de l’île avant l’arrivée des Vénitiens et cette église en était la cathédrale. Détrônée en 1207 avec la domination vénitienne, après la fortification de Plaka et la construction du kastro. La petite cité fut décimée par une maladie mystérieuse « la maladie de Milos » (probablement la malaria) . 1767 fut l’année de la « grande mort » et ne s’en remis jamais. En plus de sa grande église Zephyria possède aussi plusieurs tavernes. L’une d’elle, sympathique fait aussi épicerie-boulangerie. J’y achète une bouteille d’eau.
La plage de Paléochori
Paléochori est une belle et grande plage avec 3 restaurants et des installations de plage : lits et parasols. Le premier restaurant que nous visitons a l’air chichiteux et cher, le second est collé aux lits de plages, le dernier, le Sirocco plus simple mais très touristique, qui vante sa cuisine « volcanique » (peut être utilise-t-il les sources hydrothermales de la plage ?).
Un bon point : on apporte une bouteille cylindrique en verre d’eau filtrée, gratuite et écologique (pas de plastique) J’apprécie. Les sardines sont servies sur un lit de salade verte assaisonnée d’une bonne sauce citron, bien aussi. Par souci d’économie, j’ai commandé une moussaka. Erreur grossière, ne jamais prendre de moussaka dans un restaurant touristique, en place d’aubergine, des courgettes bouillies, une viande très médiocre et une béchamel infecte.
Je me rattrape de la déception gastronomique par une baignade dans un site grandiose. En nageant je regarde les couleurs changer sur la falaise bariolée, après les rochers il y a une seconde plage moins fréquentée, la falaise passe du gris au rouge teintée de vert et même du jaune du soufre. Un beach-bar diffuse de la variété internationale ; je préfère le clapotis de l’eau ou la musique grecque.
Je n’ai pas trouvé les sources chaudes.
Aghia Kyriaki
Nous aurions été mieux inspirées de choisir Aghia Kyriaki plutôt que Paleochori. Très peu de constructions aux abords, une seule taverne simple. Pour l’ombre, une rangée de tamaris.
J’avais beaucoup aimé Le Mer, le matin. J’ai eu plus de mal à entrer dans ce gros roman de 406 pages. Je ne suis pas une bonne cliente pour les romans d’amour. Le petit garçon riche malheureux qui jette ses jouets par la fenêtre m’a passablement agacée. L’amitié tardive avec le fils de la concierge qui ne se découvre que sur la fin de leur scolarité commune ne m’a pas semblé crédible. Paradis que ce voyage scolaire où les deux garçons se découvrent, ne m’a pas convaincue;
Pourtant j’ai continué et j’ai préféré la suite qui se déroule à Londres (pour le voyage à Rome, on repassera). Les amours hétérosexuelles, son mariage, ses relations avec la fille de sa femme sont décrites avec délicatesse, surtout quand on se rend compte que l’unique passion de Guido sera pour Costandino. J’ai fini à m’attacher aux personnages et je voulais savoir si leur histoire trouverait enfin un dénouement heureux.
Recherche de normalité dans une époque où l’homosexualité n’est pas encore acceptée. Costantino, pour sa part a un ménage tout à fait conformiste mais il n’a pas oublié Guido. Quand leurs retrouvailles paraissent possibles, les deux hommes subissent une agression violente. Jamais leur amour ne pourra s’exprimer au grand jour.
Splendeur? Triste splendeur. Où est-elle la splendeur dans le non-dit, le refoulement, voir le mensonge?
Le Musée Metallico d’Adamas organise des circuits naturaliste et vend 3€ des cartes et les topo-guides de promenades faisables soit à pied, soit en voiture ou à vélo. Elles sont aussi téléchargeables sur www.miloterraean ou en cherchant sur google Geowalks Milos. C’est bien plus pratique d’avoir une belle carte et les explications que d’essayer de la télécharger sur le téléphone.
Nous avons choisi le circuit n°2 Volcano (hefaisteio) faisable presque entièrement en voiture et spectaculaire. Il nous conduit dans le cratère du Fyriplaka, petit volcan éteint depuis 90.000 ans. Le diamètre du cratère est e 1.7km .
On quitte donc la route d’Adamas après Alyki, les marais salants, la piste prend quelques mètres après la route de l’Aéroport. Elle est très bien balisée par des poteaux d’environ 1m de haut portant le repère de la randonnée et une flèche rouge. Chaque fois qu’un doute se fait, la balise nous oriente.
« foret de cèdres »
Le chemin de terre (passable dirt road) est une piste agricole le plus souvent sableuse (d’après le topo-guide ce n’est pas du sable ordinaire mais de la perlite. Elle passe à travers les oliveraies, les vignes et des céréales., puis à travers une « ceddar forest » qui n’est pas vraiment une forêt, les arbres sont assez espacés et ce ne sont pas des cèdres non plus mais des genévriers (Juniperus macrocarpa). Un incendie en 1982 aurait gravement atteint cette forêt.
Genévrier : Juniperus macrocarpaGenévrier
Végétaux de la phrygana
Le topoguide énumère les végétaux présents : Pistacia lentiscus l’arbre à mastic, le Genêt (Genista acanthoclada), un genêt endémique en Grèce et en Crète, la Bruyère (Erica manipuliflora), le Calicotoma villosa et le thym (Thymus capitatus), espèces communes dans la Phrygana (flore des lieux fortement modifiés et dégradés par des conditions difficiles) de la lavande (Lavandula stoechas).
thym
Au début, en dehors du thym fleuri qui forme de belles boules mauves, je ne distinguais que des buissons épineux desséchés, en marchant je finis par découvrir la lavande avec ses inflorescences caractéristiques, enfin le genêt (plus desséché qu’à Naxos et finalement la bruyère qui a des feuilles très vertes épaissies comme des aiguilles.
Les genévriers sont vraiment impressionnants, leurs fruits sont bien plus gros que ceux que je connais, ils ont une silhouette d’arbres avec un gros tronc.
Géologie
cratère de l’ancien volcan
La Géologie est plus difficile. Je traque la perlite qui est la roche caractéristique de la randonnée sans arriver à l’identifier avec certitude. Les petits dômes de rhyolite, aussi. Au moment de l’éruption, le Fyriplaka était un volcan sous-marin et la perlite se serait formée par refroidissement rapide dans l’eau de mer, fragmentée au cours de la coulée. La perlite a la propriété d’augmenter 20 fois son volume quand elle est chauffée de 800 à 950°C et sa densité devient particulièrement faible.
Après la traversée du cratère, la piste remonte sur les rebords et je découvre le phénomène le plus étonnant : des fumerolles et des dépôts de soufre près de l’évent. Bien que le volcan soit éteint depuis 90.000 ans, ces fumerolles comme les sources hydrothermales sont la preuve de la présence de magma encore chaud. On a voulu utiliser la géothermie à Milos, mais je ne sais pas où c e projet en est. Au sommet du petit dôme, on a installé des antennes.
au sommet : la mer
J’arrête la randonnée après une rencontre charmante avec des chèvres.
Le circuit a été une réussite. Le rares passages difficiles avec des ornières et des roches sur la route n’ont pas trop stressé la conductrice.
MASSE CRITIQUE DE BABELIOMerci à Babélioet aux éditions Buchet-Chastel pour ce joli livre : couverture sobre, beau papier et – détail qui tue – la pagination dans la marge, ni en bas ni en haut.
Les lectures de la Masse Critique sont toujours des découvertes. J’ouvre le livre sans préjugés, accrochée par le titre. J’aime les Balkans, le mélange des cultures, la musique et la cuisine. J’étais donc partante pour Sarajevo. J’aurais dû réfléchir que pour le français moyen, Sarajevo, comme Grozny ou Beyrouth évoquent guerre civile, destructions et ruines.
Pour les folles équipées façon Kusturica, passez votre chemin, pour les analyses politiques, le voyage de Mitterrand, le rôle des casques bleus, ce n’est pas non plus ici que vous les trouverez. D’ailleurs, le héros du livre, Joaquim, photographe de guerre, ne parvient à Sarajevo qu’à la page 120 (sur 213), plutôt éberlué, venu oublier le deuil de sa soeur dans le fracas de la guerre. Recueilli dans une famille, il ne sortira que rarement.
Sarajevo est la métaphore du deuil. Miss Sarajevoest un livre de deuil. Au cours du voyage au Havre à la suite du décès de son père, Joaquim se souvient du suicide de sa soeur, inexplicable, de la mort prématurée de sa mère. Il se remémore les allers-retours Paris-Rouen. C’est l’histoire d’une famille qui cache un lourd secret. Famille rigide et mortifère que Joaquim fuit très jeune.
Au roman familial très lourd se mêlent les souvenirs de son voyage à Sarajevo en guerre. Et c’est dans cet enfer du siège, des snipers, des ruines qu’on ressent la chaleur humaine de la famille de Vesma, une journaliste qui veut continuer à témoigner. Résilience de ces bosniaques qui cherchent à continuer une vie normale, et même à participer à des concours de beauté.Les petites Miss ont cousu des robes de rêve dans les bombardements. Leçon de vie.
Joaquim est photographe. Ce roman est aussi une réflexion sur l’image, la fabrique d’images argentiques. Ce sujet aurait pu être développé davantage.
Malgré ce sujet très lourd la lecture est agréable. Courts chapitres qui donnent du rythme au récit, style clair et vif, écriture sensible; Un livre délicat.
Comme le vent souffle du nord, nous allons au sud chercher une plage abritée. Après Adamas, nous longeons la baie bordée de tavernes. De nombreux baigneurs sont installés à l’ombre des tamaris. Ici et là ils y a des lits de plage et des parasols. L’eau est peu profonde et des enfants pataugent.
la saline de Karavas
Karavas : installations portuaires pour l’expédition des minerais et du sel, on a construit une belle « salle de conférence », le long de la mer des hangars font penser à un chantier naval ? Nous dépassons les salines qui ne sont plus exploitées mais qui sont recouvertes d’une pellicule de sel qui brille au soleil. Les grands bassins rectangulaires sont encore intacts. Il reste des tas blancs et des tuiles entassées sur les bords. La route monte légèrement, dominant la mer ; Il y a une grande plage mais il aurait fallu laisser la voiture et descendre une pente raide.
Une route secondaire va à Provatas sur la côte sud en moins de 5km. A un embranchement une voiture s’arrête à notre hauteur ;
« Que cherchez-vous ?je peux vous aider ? » – « la plage » – « suivez-moi ! »
Nous arrivons à un restaurant La Tarentella .
Tarentella
En balcon au-dessus de la plage il faut descendre beaucoup de marches. J’ai acheté à la boulangerie à Plaka des feuilletés aux épinards qui semblent délicieux. Nous avions prévu de piqueniquer.
Et si on gardait les feuilletés pour le soir ? cette taverne est merveilleuse avec sa vue dégagée.
A Milos, il n’y a pas de petite taverne typique comme à Amorgos ou Naxos, plutôt des restaurants, d’ailleurs c’est écrit Estatorio. La carte plastifiée est chic et sobre. Pas de nappe en papier avec la carte de l’île, des sets élégants. Si on veut rester dans un budget serré il faut oublier es plats de poisson et même de viande, il y a un choix de plats végétariens. Nous choisissons des courgettes frites et des aubergines sauce tomate avec le fromage du pays. Les courgettes ressemblent à des chips, croustillantes, aériennes, délicieuses parsemées d’herbes. Les aubergines sont détaillées en longueur comme des frites, nappées de coulis de tomate avec un tas de fromage de chèvre frais décoré d’un brin de thym. (YNOMYZH(TH)PA) je ne sais pas écrire le thêta avec le clavier AZERTY
C’est délicieux et tout à fait suffisant en quantité avec du pain ; A Milos la cuisine est plus chère mais plus élaborée, les serveurs sont stylés et charmants.
La baignade est tout aussi délicieuse, je nage tranquillement jusqu’à la plage de Provatas et remonte par le ponton accessible grâce à un gros rocher qui affleure. Le vent soulève de grosses vagues quand nous rentrons à Pachaina ; une tentative de baignade tourne court.
Le vent du nord a rafraîchi l’atmosphère. Il agite l’eau de la Baie de Pachaina : pas de bain matinal pour cause de vagues.
Catacombes
Les catacombes se trouvent entre le village de Tripiti et Klima, bien fléchées avec un grand parking. Un escalier descend au guichet. La visite est guidée. Certaines tombes à ciel ouvert permettent d’observer les arcosolia qui sont éclairés dans les galeries. Ils ont été creusés dans la roche : un tuf gris à granulométrie assez grossière facile à creuser. Les tombes sont alignées dans des galeries, trois sont ouvertes à la visite. Connues avant que les archéologues ne s’y intéressent, elles ont été pillées et n’on livré qu’un médaillon et quelques lampes. Une seule porte encore une inscription en grec : le nom des occupants. Une autre est décorée avec une bordure verte et orange. Des graffitis proviennent du vandalisme. C’est une courte visite. Il y a peu de choses à voir après avoir visité des catacombes à Syracuse, Malte, Paphos sans parler de Rome, bien entendu.
L’Aphrodite de Melos
Emplacement où fut trouvée la Vénus de Milo
En remontant la route on voit une grosse tour en épaisses pierres de taille : la Tour Est des remparts de l’antique Melos. Une stèle en ciment marque l’emplacement où Vénus de Milo du Louvre a été exhumée en 1820 par George Kentrotas qui piochait son champ. Cette découverte est le sujet du livre de Theodoropoulos : L’Invention de la Venus de Milo. Des sources écrites décrivent le site antique : la Vénus/Aphrodite se trouvait dans une niche ouverte dans l’exèdre du gymnase dédié à Bacchus, Hermès et Héraclès.
Melos antique et le théâtre de marbre
L’antique ville de Melos fut fondée environ 1.000 av JC Cette cité d’importance avait son port sur l’emplacement de Klima. Des fouilles ont mis à jour des remparts et des tours ainsi que divers bâtiments ainsi qu’un stade. Au Musée des Antiquité on offre gracieusement une brochure illustrée avec un plan.
Continuant le chemin, on découvre le Théâtre de marbre qui contraste par sa blancheur aves les roches volcaniques gris foncé ou noirâtres des tours et des murs de Melos. Melos était une ville riche qui pouvait importer du marbre de Paros ou de Naxos. Ce théâtre est plus romain que Grec d’après la conception du Proscaenium à deux niveaux portant de beaux frontons triangulaires ou arrondis dont on a retrouvé plusieurs exemplaires. Il cessa son activité au 4ème après JC ?
Vénus de MIlo au Louvre
Comme pour l’invention de la Vénus, l’invention de ce théâtre et ses restaurations est romanesque : Le site du théâtre fut reconnu en 1735 par un Jésuite de passage qui avait reconnu trois rangées de sièges de marbre. Carl Haller von Hallersteinréalisa les fouilles en 1817 et acheta le théâtre pour son roi Louis 1 de Bavière qui, après de nouvelles fouilles en fit don à son fils Othon de Grèce, roi de Grèce. De nouvelles fouilles eurent lieu en 1990 – 1995 – 2010 – 2015. Le théâtre fut reconstruit avec des pièces modernes.
Plaka
Vu du Kastro
Plaka fut la capitale de Milos depuis 1207. Les Vénitiens construisirent citadelle : le Kastro sur une hauteur dominant la ville. Aujourd’hui, Plaka se voit de loin, formant une couleur d’une blancheur éblouissante comme une couronne de neige – nous avons eu la même impression à l’arrivée du bateau à Santorin en découvrant la crête blanche des maisons de Oia et de Fira . depuis lors, c’est à Plaka que se trouvent le Lycée, le Stade, la poste et les services officiels.
Nous arrivons par les ruelles de la ville ancienne. . Une rue très pentue puis de nombreuses marches grimpent au Kastro ; je fais une première halte pour découvrir la « petite mer intérieure de Milos » , puis arrêt devant la belle église de pierre (comme la pierre de Volvic) avec les parements en marbre ciselés. Une date sur le linteau 1669. De la citadelle, il ne subsiste de que des morceaux de muraille, remparts ou bâtiments irreconnaissables.
Musée des Antiquités
La Dame de Phylakopi
Il est logé dans un bâtiment néo-classique précédé d’une loggia.
La visite dans l’ordre chronologique commence par une série d’outils en obsidienne.
La salle suivante présente les céramiques de Phylakopi
Le site de Phylakopi se trouve à proximité de notre gite de Pachaina. L’occupation du site a été datée de 3300 av.JC à 1400 av JC. De 1400 à 1300 il était sous influence mycénienne.
jarre à motifs géométriques
Dans les vitrines se trouvent des céramiques « géométriques » , une très belle jarre décorée de vagues et de boutons en relief. Une baignoire avec des vagues et des spirales. Mon préféré est un plat à trois anneaux au décor marin.
Tout un troupeau de bovins à robe tachetée et rayée, rhytons en forme de bovin au museau percé de 2 trous, des figurines, et la star du musée : La Dame de Phylakopi .
Une autre curiosité est présentée : l’alphabet mélien
Alphabet mélien
Dans une autre salle sont présentées de grandes statues de marbre provenant de la ville de Melos, des stèles gravées en grec, des bas-reliefs funéraires.
Romain
Histoire de Melos
Fondée en 1000 av JC par les Doriens venant de Laconie
6ème siècle : la ville s’entoure de remparts, on a retrouvé des inscriptions avec un alphabet spécifique
5ème siècle : situation florissante. La ville refuse d’entrer dans la Ligue d’Athènes ce qui a entraîné sa destruction en 416 av JC par les Athéniens.
405 av JC : défaite d’Athènes et reconstruction de Melos
338 av JC : Melos tombe sous domination macédonienne le commerce reprend, basé sur l’exportation des minéraux.
2ème et 1er siècle av JC : grandes sculptures (Venus de Milo, Poséidon (Athènes)
Impensable de faire l’économie de la croisière autour de Milos. L’île dévoile les roches de son sous-sol par d’imposantes falaises qu’on ne peut voir que de la mer. L’intérieur est difficile à explorer, les deux tiers interdits aux véhicules légers, desservis par de mauvaises pistes.
Le Kapetan Yiangos (35€) est moins cher que les voiliers (80€) . Surtout, c’est un gros bateau en bois, confortable équipé de bons sièges. Un voilier est plus chic mais on est installé comme on peut.
kapitan Yangos
8h30 le bateau est presque plein, des enfants blonds et trois mères suédoises énergiques, s’installent sur le pont supérieur (sièges fixes sous un auvent translucide bleu), nous nous installons sur les banquettes de skaï du pont inférieur. Le public est très divers, quelques jeunes couples grecs, de redoutables russes avec grand-mère, embarrassés de bébés pleurnicheurs, un groupe d’amis italiens, une famille asiatique anglophone très bien organisée, matériel de dessin et coloriage pour les enfants, quelques français, très jeunes ou retraités. L’équipage du Kapetan Yiangos – T-shirts rouges – est parfait, discret et efficace. Seul bémol : la sono inaudible, l’anglais est incompréhensible, je comprends mieux le grec, c’est dire ! Heureusement il y a une carte avec les points remarquables et les arrêts.
Ponctuel, Kapetan Yiangos quitte Adamas à 9h vers le Nord-Ouest ; Nous reconnaissons Klima et les maisons blanches sur les hauteurs de Plaka.
La côte ouest est escarpée et sauvage, quasi déserte. Commence une formidable leçon de Géologie, illustration de tous les faciès du volcanisme de magma acide qui se succèdent, se superposent, se chevauchent. D’épaisses couches grises homogènes offrent un visage austère. Des pitons pointus sortent de l’eau. La lave grise est surmontée des couches très fines des cendres où sont emballées des bombes noirâtres ou rouges de toute taille.
Cap Vani
Au Cap Vani la falaise se teinte de pourpre, de violet, de rouge, d’orange. C’est ici que se trouvaient les mines de manganèse ; Je cherche les traces des installations (peut-être étaient-elles dans l’intérieur ? )Des blocs semblent tenir par miracle en équilibre instable.
La Géologie continue en cinémascope. Je tente de filmer les contacts entre les différentes couches, les contrastes de couleur. Les tufs blancs, cendres très fines, sont protégées par une fine pellicule rougeâtre ou orange, parfois par une accumulation de lapillis noirs. J’imagine des nuées ardentes, des panaches de cendres fines, des projections de gros matériaux. Figures de dépôt. Travail de l’érosion aussi, qui décape les roches les plus fines, les plus friables et laisse en relief les croûtes.
Tufs blancs et lave foncée
Le paysage change si vite que je ne peux m’arrêter à analyser un phénomène. Des failles décalent un niveau coloré reconnaissable plusieurs mètres plus bas. J’imagine les éboulements, les glissements. Si j’enseignais encore, que de photos « pédagogiques » à commenter en classe ! Le volcanisme de Milos a duré des millions d’années. La séismicité est encore d’actualité.
Grotte de Skia
Dans la Grotte de Sykia, Kapitan Yiangos est trop gros pour passer sous l’arche. Le petit bateau à moteur est entré dans la grotte pour une baignade.
Kleftiko
Nous arriverons avant lui à Kleftiko ! Baignade de rêve dans le site le plus célèbre de Milos : les falaises blanches, les arches, les grottes, les aiguilles pointant dans une eau turquoise ;
Banio!
« Banio ! », deux échelles sont tirées. On prête palmes, masques et tubas. Bien trop pressée de descendre, je m’en suis aperçue après. L’eau est si limpide que le masque n’est pas nécessaire. Cette baignade féérique me rappelle la baie d’Along. Moins de rochers pittoresques mais le même plaisir de nager autour du bateau. On nous laisse une heure pour profiter du site. Les autres bateaux commencent à arriver, rompant la magie et faisant moins regretter le retour sur le bateau.
géologie en cinémascope
Le long de la côte sud de Milos, un nuage s’accroche au sommet du Prophète Elie (750 m) qui a la silhouette du Puy de Dôme. D’autres nuées s’accumulent. Toute occupée à filmer, je ne me suis pas aperçue qu’il a commencé à pleuvoir. Quelques gouttes, d’abord, puis une averse bien drue me fait rentrer dans l’habitacle, suivie de tous les occupants du pont supérieur trempés. Je m’emmaillote dans mon paréo. Les Chinois prévoyants sortent K-Ways et anoraks, la Scandinavie est imperturbable.
La baignade de Tsigrado est annulée.
la plage rose
Le bateau s’arrête pour a suivante devant la plage rose avec sa falaise feuilletée. Le sable rose semble dégouliner en cascade. Sous les nuages, l’eau est opaline, un léger rayon de soleil éclaire des tons pastel. Les enfants suédois n’ont pas hésité. Ils plongent du pont supérieur, leurs mamans les ont suivis. Les jeunes gens rapides à se changer vont à l’eau. J’hésite.la plage rose est vraiment très tentante. Il ne pleut plus. Je reste avec mes regrets. Pas assez chaud (un comble en Grèce).
Nous passons devant de jolies plages aménagées qu’on visitera un autre jour.
Ma pluie reprend. L’attraction suivante, est la mine de soufre. Les bâtiments sont encore là mais je m’attendais à plus de jaune. Il n’y a pas de soufre natif. On extrayait le soufre en le chauffant et on le solidifiait dans l’eau de mer.
installations de la mine de soufre
Nous remontons ensuite la côte orientale vers le nord retrouvons Kastanias où nous étions descendues le premier jour. L’exploitation minière a bouleversé le paysage. Dans ce vaste chantier, je ne reconnais pas la petite plage de galet des naturistes. Tout est remué, creusé, des couches sont déversées en un vaste cône de débris, des gradins creusés. Des usines, des silos dessinent un paysage industriel : c’est la carrière de bentonite !
Milos double-face ; glamour avec les yachts, les résidences de luxe, les petits villages blancs aux portes peintes, Milos industrielle et minière, ballet de camions et engins géants.
Kimolos
Escale 1h15 pour déjeuner. Le débarcadère est vide, en face une cafeteria moderne où je prends les deux derniers feuilletés du comptoir. Deux jolies boutiques de souvenirs, serviettes chapeaux, magnets de frigo, et quelques objets artisanaux : mobiles en coquillage et pinces à linge peinte. Deux restaurants ont installé leurs tables sur la plage sous les tamaris. Cela n’a pas de sens de se dépêcher d’avaler le repas pour remonter à l’heure sur le bateau !
Le village est situé plus haut sur la colline, pas le temps d’aller le visiter. A l’heure de la sieste, tout serait mort. Kimolos propose quelques chambres pour les touristes été une dizaine de moulins sur les crêtes. Ile tranquille pour les promeneurs. L’escale est un peu longue mais pas assez pour déjeuner et se baigner.
16h15 Kapitan Yiangos reprend son périple vers Pollonia. Juste après deux gros rochers prismatiques ressemblent à Tuilière ou à Sanadoire sorties de l’eau. On s’approche de l’île de Glaronissa qui a de beaux prismes d’andésite et une petite arche.
Les prismes de Glaronissa
Sarakiniko possède des rochers d’un blanc éblouissant sculptés par l’érosion, carte postale que j’ai achetée hier. Déception, il y a une foule de baigneurs qui s’amusent à plonger des rochers, je n’ai pas l’occasion de contempler ma carte postale. Autre déception : pour se baigner il faut sauter d’une bonne hauteur – je pourrais me forcer, mais comment remonter ?
les prismes de Glaronissa
J’imagine un chien hérissé et furieux ouvrant sa gueule ou une sirène(une sirène d’Ulysse bien sûr pas celle de Copenhague) quand nous passons devant des rocher d’Arkoudes.
comme un chien furieux
Dernière baignade autour du bateau en face d’un village de Sirmatas avec une église juchée sur un rocher.
Retour à Adamas à 19h comme prévu.
1870 – 1871 La Guerre franco-Prusse, puis l’écrasement de la Commune de Paris ruinent Paris et la vie artistique qui était brillante.
En 1870 Durand-Ruel s’installe à Londres suivi de Daubigny, Pissaro, Monet, Sisley rejoints en 1871 par Tissot, Carpeaux et Dalou.
Ces artistes feront de fréquents allers et retours entre 1871 et 1905. Certains comme Tissot feront carrière à Londres.
la Place du Carrousel l’incendie des tuileries Siebe Johannes ten cate .
L’exposition commence dans une salle rouge « Paris en Guerre » illustré par un tableau de Gustave Doré, les carnets de croquis de Carpeaux, un siège de Paris de Meissonnier, des aquarelles d’Isodore Pils représentant la Colonne Vendôme renversée, et un très beau Corot presque onirique d’ailleurs titré Le Rêve-Paris incendié.
On quitte la salle rouge pour une demi-lune bleue où la Traversée de la Manche par Monet est projetée sur un écran incurvé sous forme d’animation. Les voiliers tanguent, les nuages traversent le ciel, les vagues soulèvent leur écume.
Londres
L’arrivée à Londres avec ses fumées, son brouillard est dans une salle grise: on y voit la foule, le port les industries deux belles gravures de Gustave Doré m’ont bien plu.
Le cercle des futurs Impressionnistes est bleu: Claude Monet peint Hyde Park,Daubigny , la Tamise avec des tableaux jaunes, voiliers et marais, vis à vis de Monet, 3 Pissaro ensoleillés qui rappellent ses tableaux de Louveciennes.
Pi
PissaroL’exil économique de Carpeaux : une grande salle vert foncé accueille les marbres de Carpeaux.
carpeaux flore
Avec la chute du IIIème Empire, Carpeaux a perdu ses commandes; Il vient à Londres faire le portrait de Napoléon III en exil.
Eugénie et le Prince Impérial peints par Tissoteugenie et le prince par Tissot
La salle suivant est violette et nommée James Tissot, l’anglophile : de grands tableaux illustrent la vie des salons victoriens, des scènes de genre…
Tissot :Chut
En plus des belles robes des élégantes des maharadjas indiens portent des tenues chamarées. Tissot excelle dans la représentation des tissus, des physionomies.
Tissot le pique-nique
Tissot partage la salle avec Giuseppe de Nittis (ami de Degas)
Tissot : sur la Tamise
Une salle bleu nuit ou noire met à l’honneur Legros (1837-1911) que je ne connaissais pas et dont la peinture pompeuse avec ds thèmes religieux n’est pas ma tasse de thé.
En revanche la rencontre avec Jules Dalou (ou l’art du modelage) est une excellente surprise.
Dalou
La fin de l’exposition est beaucoup plus impressionnistes, les salles s’intitulent Retours à Londres
Pissaro et Sisley se font face merveilleux tableaux mais sans surprise.
Monet est précédé de James Abbott Mc Neill Whistler dont le traitement de l’eau diffère de celui des impressionnistes français
whistler
Une salle entière tendue de bleu est consacrée à la série du Parlement de Londres par Monet, face à Monet Westminster de Giuseppe de Nittis
Westminster Giuseppe de NIttisWestminster Giuseppe de NIttis
l’exposition se termine par une salle consacrée à Derain qui rendait hommage à Monet
Derain Westminster
Les Impressionnistes à Londres m’a laissé l’impression étrange de ne pas apporter grand chose de plus que ce que je connaissais de Monet, Pissaro ou Sisley qui sont vraiment les Impressionnistes et que les artistes pas spécialement impressionnistes sont mieux représentés et m’ont plus marquée. Rencontre intéressante avec Tissot ou Whistler, sans parler de Jules Dalou que je découvre.
La journée commence très bien avec une baignade sur la plage de Pachaina. J’ai mis les chaussons chinois parce qu’il y a quelques galets. Je nage jusqu’à la deuxième plage délimitée par des trois rochers qui émerge de l’eau. Je découvre à l’arrière une troisième plage rocheuse et n’ose pas m’y aventurer. La baignade est plus courte qu’à Naxos, la baie est ouverte sur la mer. L’eau est hérissée de vaguelettes, il faut lutter pour ne pas se laisser entraîner par le courant, pas bien fort, mais quand même, je n’ai pas la même confiance et évite de m’éloigner trop du bord.
Avant l’ouverture du Musée des Mines de Milos (10h) nous allons choisir sur le port un bateau pour l’excursion en mer. Captain Yiangos – gros bateau de bois avec de vrais sièges confortable et une passerelle facile– propose une sortie en mer de 9h à 19h tout autour de Milos avec une escale à Kimolos vers 14h pour déjeuner au restaurant sur la plage.
Musée « Metallico » d’Adamas ou Milos Mining Museum
Cqrte géologique de Milos
Musée géologique mais aussi historique.
Depuis l’antiquité on a retrouvé des traces de galeries et de puits d’exploitation minière.
11.000 ans d’Histoire minière
7000 – 2800 ans av.JC : Néolithique . Utilisation de l’Obsidienne pour faire des outils et des armes
2800 – 1100 ans av.JC : Age de Bronze : Commerce de l’Obsidienne, carrières de kaolin pour la poterie, colonie de Filakopi
1100 – 750 av.JC : Période Géométrique Obsidienne, kaolin
750 – 480 av. JC : Période Archaïque
480 – 323 av. JC : Période classique: aux activités ci-dessus s’ajoute la confection de meules pour les céréales en trachyte, l’exploitation de l’alun et du soufre dans des buts pharmaceutiques, et de la bentonite pour le savon.
323 – 146 av. JC : Période hellénistique
146 – 330 Après JC : Période Romaine exploitation de l’argent et du plomb, de la pouzzolane pour les constructions, de la ponce pour polir le marbre. Construction de salines (salt-pans)
330 – 1204 : Période Byzantine exploitation des minéraux argileux, de la ponce de l’alun et du sel.
1204 – 1566 : Francs et Vénitiens début de l’exploitation du gypse
1566 – 1821 : activité minière limitée principalement kaolin pour la porcelaine
1862 – 1958 Epoque moderne
1884 Galène argentifère
1890 Manganèse (jusqu’en 1928)
1899 Kaolin
1934 Barytine
1952 Bentonite
1954 Perlite
1984 Pouzzolane
Ce tableau énumère les richesses de l’île. Il est précieux pour moi parce qu’il donne un cadre historique avec des dates précises.
La carte géologique de Milos montre une géologie particulièrement complexe. Quelques cratères sont visibles ainsi que des dômes. La coupe met en évidence de nombreuses failles. C’est un volcanisme d’arc insulaire de magma acide (rhyolite, dacite, andésite) Les matériaux pyroclastiques et les dépots de cendres sont en quantité impressionnantes. L’altération de ces cendre en14 argile a donné du Kaolin, de la Bentonite. La Perlite est un matériau vitreux formé par refroidissement.
Sur un mur d’images : 12 photos des mines de Soufre ou plutôt des vestiges qui en restent après leur abandon.
Deux productions sont racontées en détail : celle du Manganèse à Vani et celle du soufre près de Paléochori
Il y a des millions d’années, la région était un cratère submergé le manganèse s’est graduellement déposé dans la boue. Les premières tentatives d’exploitation datent de 1871. En 1898, la compagnie français Serpieri occupait 250 ouvriers. 70% de la production était exportée en Angleterre, en France et aux Etats Unis.
Wagonnets et outils des mineurs
Les mines de Soufre furent exploitées à la fin du 19ème siècle en 1893, 220 personnes y étaient employées. Le souffre était exporté en France pour sulfater la vigne.
Le musée présente la coupe d’un volcan, accompagné des photographies du tuf volcanique blanc de Kleftiko, des prismes de l’Andésite en prisme de Glaronissa , de bombes et les formations pyroclastiques de de rhyolite.
L’activité volcanique s’est étalée de 3 millions d’années à 90.000ans dans le cadre de la subduction de la plaque africaine dans l’arc volcanique sud Egéen.
A l’étage dans des vitrines on peut admirer une collection de minéraux et de très jolis fossiles conservés délicatement dans les cendres.
L’obsidienne a voyagé à partir du 3ème millénaire av. JC dans tout le monde grec jusqu’à l’âge de bronze.
Perlite : pendant des siècles la perlite a été utilisé comme élément de décor : elle se sculpte bien, d’autres usages ont été trouvé récemment : insonorisation, culture dans les serres (petites billes blanches), filtration de jus de fruits, ciments… la Perlite est expédiée par bateau dans le monde entier.
Bentonite : est une argile plastique générée par l’altération in situ des cendres volcaniques. Elle sert pour faire la litière pour les chats, mais aussi dans les forages pétroliers….
Les témoignages de mineurs des mines de soufre et de femmes des carrières de kaolin racontent la vie sur des vidéos passionnantes.
Klima
klima : méduses,
Klima est un village de pêcheurs bâti sur les sirmatas : maisons de pêcheurs bâties sur des garages à bateaux creusés dans la roche. Les pièces d’habitations sont au-dessus et on y accède par un escalier extérieur. Escaliers, fenêtres portes et balcons sont peints de couleurs vives, bleu, rouge orange, rose, violet. Quelques maisons sont transformées en boutiques (2), un artisan fabrique des objets décoratifs, des mobiles avec des méduses en fine céramique blanche et mate dont les filaments sont des dentelles détricotées.
Brin de causette avec une touriste française qui a loué une sirmata (110€/la nuit) joliment décorée ambiance pêche mais confort minimum.
Une vie authentique subsiste encore. Un homme découpe le poisson qu’il a pêché pour un barbecue entre copains ; Une femme repeint la rambarde. Un riverain ramasse des sacs plastiques qui flottent, la voisine le congratule en anglais « l’environnement te le revaudra ! ». Des canards qui viennent se baigner posent pour la photo.
Klima
Déjeuner à la terrasse du restaurant Astrakas (le seul sur place) qui a installé des tables et des parasols près de l’eau. Le menu est assez chichiteux et les prix plus élevés que d’habitude. Boulettes de tomates et sardines à la tomate (10€)Les sardines sont excellentes la tomate est fraîche servie avec des olives et des câpres. On nous offre le dessert :yaourt avec un coulis et un crumble de speculoos(23€ sans eau ni café) Raisonnable !
que j’avais bien aimé. La Verrerie est de la même veine quoique, plus long et plus abouti. La Verrerie est un magasin de luminaires à Athènes situé dans le quartier de l’Usine à Gaz encore en activité, tenu par un couple Bèba et son mari Vlassis. Quand ils étaient jeunes Béba et Vlassis étaient militants. Au début du roman, c’est un couple tranquille qui s’ennuie un peu, vie une vie tranquille avec deux amis célibataires un peu décalés. Vacances à Nèa Makri, samedi soir au restaurant La Petite Friture, une vie un peu monotone que des tournées chez les fournisseurs en province, Lamia, Patras, Volos ou Thessalonique tendent de ranimer. Parfois Bèba va seule dans une pâtisserie, elle est séduisante et le sait.
Il semble que rien ne peut se passer. Et pourtant Vlassis est hospitalisé, victime d’une grave dépression. Bèba se trouve un amant. Spyros et Vassos se retrouvent aux commandes de la Verrerie. Croyant faire des affaires, ils mènent le commerce à la faillite. Bèba, tentera de sauver son entreprise. Malgré tout, c’est une femme énergique!
C’est donc surtout le portrait de cette femme courageuse. Les personnages secondaires ne sont pas négligés. C’est aussi le portrait d’une époque, de la Grèce sous la botte des colonels.
C’est un livre tout en finesse. D’où vient son charme? difficile à dire et ce charme opère. Une lecture bien agréable!