Continuant la route nous apercevons la plage de Plati Gialos sans y parvenir. Nous nous retrouvons à Vathy.
La baie de Vathy est ronde avec une étroite passe entre deux caps montagneux. Les yachts y font escale, il y en a 6, un grand voilier et un monstre à nez pointu entrent pendant ma baignade. Un tout petit quai se trouve derrière l’église de Taxiarchis – église double aux deux coupoles blanches qui s’avance dans la baie. Du haut de la route on a une vue plongeante sur un complexe touristique autour d’une grande piscine. Il se fond dans la verdure et au niveau de la mer on le devine à peine. Deux grands parkings sont prévus pour les voitures qui n’arrivent donc pas au bord de l’eau : tant mieux ! Deux tavernes ont installé leurs tables sur le ciment qui borde la plage. Plus loin, se trouve un beach-bar surmonté d’une enseigne « Vathysupermarket, articles nautiques », encore plus loin, je découvre une troisième taverne cachée sous un gros tamaris.
jolie taverne les pieds dans l’eau
La taverne aux tables bleues affiche au menu des spaghettis aux oursins et autres mets recherchés, nous lui préférons Okeanida – tables blanches qui propose une cuisine familiale. Nous avons été bien inspirée. La première accueille des touristes et se remplit déjà à midi tandis qu’on nous prévient que le service d’Okeanida ne commence pas avant 13h30. Cela nous arrange bien, pendant ce temps-là j’irai me baigner !
Baignade somptueuse, calme et transparence de l’eau. Je nage en compagnie de dames grecques qui papotent autour des beaux bateaux. Cela me sécurise de ne pas être seule, les plaisanciers feront plus attention.
Le menu garantie des produits d’origine locale, un astérisque signale les plats faits avec des ingrédients surgelés. Nous éliminons calamars et moussakas ainsi signalés. Agneau au citron et tomates farcies sont excellents, l’agneau est parfumé aux herbes de la montagne, menthe et persil dans les tomates. Servis avec des frites et une bouteille d’eau : 20€. On ne nous a pas imposé le pain pas nécessaire avec les frites et le riz !
A notre retour à Grand View, le studio a été nettoyé, le plombier a réparé la fuite, la lampe grillée remplacée. Il ne reste plus qu’à régler les chaînes de la télévision mais je n’ose pas le demander à la vieille dame. Notre voisin brésilien a réglé son poste « vous voulez vraiment voir le foot ? Il n’y a que cela ! ». Le porte-savon en verre a glissé et s’est brisé, il y a du verre partout dans la salle d’eau. Comment dit-on « balai » en Grec ? « Skoupa ! » Cela ressemble à « scopa » en italien, je m’en souviendrai :
Kamares by night
La soirée se déroule tranquillement sur la terrasse. Pas de ferries ce soir, les restaurants sont pleins. La baie de Kamares vibre d’une clameur : la suède a marqué un but contre l’Allemagne. Les Grecs prennent-ils leur revanche ? L’Allemagne finit par gagner. Samedi soir, la vie nocturne est bruyante, jusqu’à 2h du matin nous entendrons de grands éclats de voix qui nous forceront à fermer la porte.
Il ne vous reste que quelques jours avant la clôture.
Junya Ishigami est un architecte japonais, Lion d’or de la Biennale d’Architecture de Venise 2010. Il présente à la Fondation Cartier 19 projets architecturaux, réalisés ou non.
Les maquettes, dessins, vidéos illustrent ces projets tous originaux, tous différents. Les maquettes sont des œuvres magnifiques, elles ont été montées spécialement pour l’exposition à la Fondation Cartier pour faire de l’exposition une oeuvre d’art, un tout , conçu dans le bâtiment de Jean Nouvel.
Parc Groot Viversburg Visitor Center
J’ai adoré l’approche poétique d’Ishigami qui invente des projets uniques dans leur contexte. Architecture comme un phénomène naturel, affirme-t-il. Il étudie l’environnement naturel, non seulement la topographie (qu’il a tendance à modifier en creusant des cuvettes, ou des grottes) mais aussi la végétation (qu’il intègre aussi à l’intérieur d’une maison, ou les rochers qui participent à la maison et forment des « cloisons ».
Une des Huit villas de Dali
Parfois il respecte totalement les plantations, parfois il recrée un nouvel environnement en déplaçant arbre par arbre , ceux de la forêt du Botanical Farm Garden Art Biotop/Farm Garden et inventant un milieu humide nouveau synthétisant la forêt et la rizière préexistantes
Il ne s’interdit pas de bétonner des grottes artificielles creusées dans la roche pour House and Restaurant
House and restaurant
Ishigami s’inspire de la nature, mais aussi du monde des rêves et du monde enfantin. Pour le Forest Kindergarten de Shandong, Chine, il a élaboré son plan à partir d’illustrations enfantines, il a conçu des espaces à l’échelle des enfants, avec des plans inclinés, des endroits où seuls les enfants peuvent se tenir. il a aussi respecté les arbres de la foret
Forest Kindergarten : classe
Dans le même état d’esprit, il a imaginé des nuages qui seraient aussi des formes d’animaux au sommet d’un immeuble de huit étage. Dans la garderie, les enfants pourraient voir dans les nuages des baleines, les chevaucher…
Claoud garden Kanagawa Japon
Pour la maison pour personnes âgées, Ishigami a imaginé transporter des maisons de bois traditionnelles de tout l’archipel japonais et les rassembler après les avoir dépouillées des murs extérieurs. Ce projet avait un but double : de conservation du patrimoine et d’accueil
HOme for the Elderly
Les projets sont vraiment variés, une salle polyvalente dans une université, une chapelle, un espace de méditation œcuménique à Copenhague ancrée dans les fonds marins, restaurer les sous-sol d’un musée russe….
J’ai eu la chance de visiter en même temps qu’un groupe d’architectes qui émettaient des critiques autorisées sur les aspects pratiques de la construction, ventilation, ruissellement, faisabilité.Tous ces projets originaux mettent en oeuvre des techniques ultra-sophistiquées. Ce n’est pas de la construction standard! Certains projets sont en cours de réalisations ou arrêtes faute de crédits. De l’architecture de luxe qui prête à rêver!
J’ai pris un plaisir de lecture presque adolescent, comme à 12 ans les 3 Mousquetaires, ou Le Comte de Monte Cristo. Je me suis laissé embarquée dans les enlèvements de la prisonnière d’un couvent, dans les conspirations et coups tordus des parents de Giovanna, les recherches des titres de noblesse de Cesare….et bien sûr les amours contrariées, les duels, les réunions secrètes…
Je ne me suis pas lassée de ce feuilleton interminable (après les 2 premiers tomes, 1870 p) parce que je me suis promenée avec un plaisir toujours renouvelé dans Palerme. J’ai préféré ce dernier épisode parce que le contexte historique et presque révolutionnaire avec l’accaparement des grains par les spéculateurs est particulièrement bien évoqué.
Comme j’étais curieuse de la véracité des faits, je me suis documentée sur Luigi Natoli : site de l’éditeur Métailié ICI
J’ai été étonnée de ce que ce roman qui ressemble aux romans romantiques du 19ème siècle ait été écrit au 20ème siècle. Luigi Natoli était journaliste et historien, on peut lui faire confiance pour la vérité historique.
Un autre point de vue celui de l’Humanité qui rattache les Beati Paoli à la Mafia ICI
trouvé sur Youtube :
Et bien sur comme c’est une lecture commune : un lien vers le blog de Martine : ICI
Aghios AndreasJ’avais prévu une randonnée sur le sentier 1A (topo ICI)de Firogia au site mycénien D’Aghios Andreas puis de retrouver Dominique sur la route vers la Panaghia Vrisi.
Le plus compliqué en randonnée est de trouver le point de départ deu sentier. Sur la carte c’est l’ intersection juste après Katavati. En réalité, 50 m à l’écart, sur une autre route. Nous continuons vers le sud, dépassant un petit parking en face des marches qui montent vers Aghios Andreas (montée courte mais raide) et découvrons une belle route asphaltée qui va au site Mycénien. Dominique m’attend sur un vaste parking qui est une aubaine parce que je ne pensais pas rester si longtemps sur le site. Des cordelettes balisent les cheminements pour éviter le piétinement de vestiges.
Ces sites, très anciens, sont très difficiles à interpréter pour le non-spécialiste. Avant de m’aventurer sur l’acropole je préfère commencer par le petit musée. Une vitrine contient de petits objets : vases cassés, petites têtes de statuettes en terracotta. Quelques pièces de monnaie, un scarabée égyptien, témoignent des échanges commerciaux lointains. Une grosse jarre est aussi exposée. Les objets ne sont pas extraordinaires. Les murs, en revanche sont couverts de panneaux et de tableaux racontant l’histoire de Sifnos. Histoire passionnante racontée par des témoignages écrits antiques : ou Pausanias !
Voyager avec Hérodote ! (c’est un livre de Lacarrière que je viens de commander !)
Ceux d’entre les Samiens qui avaient entrepris cette guerre contre Polycrate, se voyant sur le point d’être abandonnés des Lacédémoniens, s’embarquèrent aussi, et tirent voile pour Siphnos, parce que l’argent leur manquait. Les Siphniens étaient alors dans un état très florissant, et les plus riches des insulaires. Leur île abondait tellement en mines d’or et d’argent, que, de la dîme du revenu qui en provenait, ils offrirent à Delphes un trésor qu’on peut comparer aux plus riches qui soient en ce temple. Ils partageaient tous les ans entre eux le produit de ces mines. Tandis qu’ils travaillaient à ce trésor, ils consultèrent l’oracle, et lui demandèrent s’ils pourraient conserver longtemps les biens présents. La Pythie leur répondit : « Quand le Prytanée de Siphnos sera blanc, et que la place publique aura le même aspect, vous aurez alors grand besoin d’un homme prudent et sage pour vous garantir d’une embûche de bois et d’un héraut rouge. »
LVIII. La place publique et le Prytanée de Siphnos étaient alors de marbre de Paros. Les Siphniens ne purent cependant comprendre le sens de cet oracle, ni dans le temps qu’il leur fut rendu, ni même après l’arrivée des Samiens. Ceux-ci n’eurent pas plutôt abordé en Siphnos, qu’ils envoyèrent à la ville un de leurs vaisseaux avec des ambassadeurs. Autrefois tous les navires étaient peints en vermillon ; et c’était là ce que la Pythie avait prédit aux Siphniens, en les avertissant de se tenir sur leurs gardes contre une embûche de bois et contre un ambassadeur rouge. Les ambassadeurs, étant donc arrivés, prièrent les Siphniens de leur prêter dix talents (09). Sur leur refus, les Samiens pillèrent leurs campagnes. Les Siphniens, à cette nouvelle, coururent sur-le-champ aux armes, livrèrent bataille, et furent battus. Il y en eut un grand nombre de coupés dans leur retraite, et qui ne purent rentrer dans la ville. Après cette défaite, les Samiens exigèrent d’eux cent talents (10).
Hérodote Livre VII Thalie : quand les Siphniens refusèrent l’asile aux Samiens exilés par Polykrates (532-522), les samiens pillèrent l’île. Cet évènement fut considéré comme une punition divine d’apollon pour leur hybris et l’étalage de leurs richesses
Sifnos dans l’Antiquité
le Trésor de Sifnos à Delphes
Son premier nom Sounios serait celui du petit fils d’Apollon et de la nymphe Rhoio – j’ai cherché sur Internet et n’ai trouvé aucune confirmation de ce Sounios la fils de Rhoio serait Anios ????
On dit que le nom de Siphnos serait en relation avec les galeries de mines (siphnos = vide)
Siphnos aurait exploité depuis l’Antiquité des mines d’or, d’argent, de cuivre, et de plomb
On a des preuves d’activité humaine sur l’île dès le Néolithique (4ème millénaire avant JC)
Kastro contrôlait les routes maritimes sur la Mer Egée
La citadelle d’Aghios Andreas fut construite autour du 13ème siècle av. JC, de forme ronde « terrasse cyclope »il est également possible que ce soit une tombe d’un mycénien.
Siphnos fut conquise par les ioniens conduits par l’Athénien Alkinor
Le trésor de Siphnos
La frise du Trésor de Sifnos
Siphnos était florissante à l’époque archaïque L’exploitation des mines au 6èmesiècle av. JC, fait de Siphnos la plus riche des îles, comme le témoigne le Trésor de Siphnos à Delphes construit en 525 av JC en marbre de Paros. C’est le seul monument en marbre. On raconte que les Siphniens, pour s’assurer des faveurs d’Apollon et la priorité dans la consultation de l’oracle, offraient chaque année un œuf d’or au dieu et qu’une fois ils trichèrent et recouvrirent d’or un œuf de fer, provoquant ainsi la colère d’Apollon.
Même après le pillage des samiens, l’abondance continue à régner comme le témoigne le tribut annuel à la première ligue d’Athènes.
Les Mines de Siphnos
Le sous-sol composé de schiste, gneiss et marbre contient du plomb argentifère, du fer et du zinc
Les tours de Siphnos
76 tours de 4 m de diamètre et 13.5 m de haut avec un escalier en spirale faisaient un réseau de surveillance. Les plus anciennes furent construites au 6ème siècle après le raid des Samiens (525av JC). Ce système de signaux de communication avait pour but de protéger les mines d’or en surveillant la mer protégeant en même temps les agriculteurs. Les signaux par fumée et miroirs réfléchissants comme les boucliers furent décrits par Hérodote lors de la bataille de Marathon (490 av JC) L’acropole d’Aghios Andreas et le Kastro (Asty) étaient des nœuds de communication.
Fouilles
Les ruines de la citadelle furent reconnues en 1841, fouillée en 1898 puis systématiquement en 1970/
murs d’enceinte de la ville
Parmi les vestiges, je trouve l’ancien sanctuaire, mais qu’y célébrait-on ? Seules les enceintes sont reconnaissables ; le sommet de la colline est occupé par la coupole éblouissante d’Aghios Andreas. La porte est ouverte, cela fleure bon la cire. Comme je suis en short, je n’ose pas y entrer.
Descente sur Firogia : sentier 1A
Sanctuaire mycénienLe sentier qui descend à Firogia (1.5 km – 35 mn) est bien balisé. C’est une aimable descente au flanc de la colline. Je découvre la chapelle Aghii Anargiri, chaulée de blanc avec son enclos très propre. La phrygana est bien desséchée, sauf le thym qui est encore bien fleuri en grosses boules violettes. La sauge est fanée de petits lentisques pistachiers et des cyprès sont bien verts. Toute la colline d’Aghios Andréas est couverte de ces buissons. Ces cyprès verts remplacent les genévriers bleutés de Milos et de Naxos pourtant plusieurs articles dans la littérature citent les genévriers de Phénicie. Il faudrait que je sois plus attentive dans mes déterminations. Ce qui ne facilite pas la tâche c’est cette manie de tout nommer « cèdres ».
Le sentier est pavé de schiste aux dalles bien plates sous els pieds et bordé d’un muret. Il n’y a pas de barrière à ouvrir et refermer : pas de chèvres non plus dans cette promenade.
A Firogia : on a construit un abri pour que les randonneurs attendent à l’ombre le taxi ou le véhicule qui les ramènera.
Les chantiers du Grand Paris me passionnent. Ma ville (au sens large de Paris-Métropole) se construit, se métamorphose. Si je n’explore pas, je risque de ne plus rien reconnaître.
Billancourt résonne mentalement comme luttes ouvrières. Qui comprendra l’expression « il ne faut pas désespérer Billancourt » (Sartre) quand tout souvenir de Renault aura disparu?
Le site Visorando propose une courte randonnée urbaine (8.3 km) de Boulogne à Meudon, très bien expliquée, accompagnée d’une bonne carte. J’ai imprimé le topo-guide et munie de mon Pass Navigo j’ai pris le métro pour Boulogne : Station Marcel Sembat. L’itinéraire passe d’abord par des petites rues tranquilles, un marché est couvert par des pyramides métalliques (mercredi et samedi seulement), longe une patinoire moderne. Le parc des Glacières : anciennes usines à glace (1899-1975) est le premier souvenir du passer industriel de Billancourt. C’est un joli parc avec des milieux reconstitués, des étiquettes pour les arbres exotiques ou rares, une rivière sèche avec de (petites) fougères arborescentes…Les souvenirs suivants de la vie ouvrières se retrouvent dans la toponymie : Allée Emile Pouget (secrétaire de la CGT), militant anarchiste « A mauvaise paie, mauvais travail » , avenue Emile Zola. Plus obscur : Ahmed Boughera el Ouafi , ouvrier chez Renault et marathonien médaillé olympique (1928). Pierre Le Faucheux, résistant et Directeur de la Régie Renault rappelle que le quartier Le Trapèze fut bâti sur le territoire de Renault, autrefois.
Le Trapèze est un quartier contemporain très tranquille et très agréable – le plus vaste écoquartier de Paris – selon un site qui organise des balades guidées que je suivrais volontiers : je ne sais pas comment fonctionne un écoquartier et cela m’intéresse. L’allée Robert Doisneau qui le traverse est piétonnière, elle est bordée de résidences, petits immeubles construits autour d’allées paysagées arborées mais fermées par des grilles avec digicodes. Les façades sont variées, pas une qui copie la voisine comme si souvent dans les ensembles modernes, des balcons métalliques la surplombent, certaines façades métalliques et perforées sont particulièrement réussies. Les équipements collectifs municipaux sont intégrés et discrets, je remarque une médiathèque, un gymnase et une école primaire « à projet spécifique anglais« , sur Internet j’ai trouvé un un groupe scolaire de la biodiversité avec un mur végétal mais je ne l’ai pas vu. Le parc public est malheureusement bien sec et l’herbe ressemble à un paillasson.
Une passerelle enjambe la Seine pour aller à l’Île Seguin où La Seine Musicale
Billancourt, le Trapèze vu de l’île Seguin
brille sous le soleil. Le dôme repose sur un socle de béton qui évoque un navire. Une péniche passe, j’ai été trop lente pour la photographier. Un escalier monumental sur le parvis conduit au Jardin Bellini. La Défense de Rodin orne cet escalier. Cette statue de bronze commémore la défense de la Capitale en 1870. Elle devait orner le rond-point de Courbevoie.
la Défensde de Rodin
Malheureusement le Jardin Belliniest fermé à cause d’un nid de guêpes. Je ne verrai ni le panorama ni les panneaux solaires de la structure sphérique.
De l’autre côté du parvis le Jardin de l’île Seguin a une allure plutôtminable avec la sécheresse consécutive à la canicule. Il se veut « nature » et peu aménagé ce qui est une bonne idée. En revanche le chantier est proche et le jardin petit. Un pavillon de containers peints de couleurs vives est un clin d’œil à une activité portuaire ou industrielle. Une exposition présente le Chantier du Grand Paris et la construction de la Ligne 15 du nouveau métro, c’est tout à fait intéressant.
Le chantier de l’île Seguin est pour moi un mystère, on a envisagé tant de projets abandonnés que je ne sais pas bien ce qui va sortir. Le plus étrange est le pont métallique qui ne relie plus rien.
pont métallique qui ne relie plus rien
Je passe sur la Rive Gauche de la Seine, côté Meudon. Un cheminement de ciment permet de longer très confortablement la Seine. De longues embarcations d’aviron s’entraînent ou font la course. Plus loin des péniches sont à quai, elle sont arrimées de façon permanente et très bien aménagées avec des plantations, des grilles de ferronnerie, des petits bateaux. D’une péniche à l’autre des voisins bavardent.
les péniches
En face l‘île Saint Germain est construites de petits immeubles agréables. Un bâtiment métallique est assez étrange, c’est un collège avec des coursives comme sur un bateau de croisière, mais peint en noir et rouillé. Juste avant l’entrée dans Issy les Moulineaux, je retrouve le chantier du RER du Grand Paris, et monte sur le pont pour arriver à l’île Saint Germain. Vers l’ouest on ne peut pas en faire complètement le tour le long de l’eau certaines portions du ciment ont été bouchées, par les inondations, ou par les constructions.
péniche-isba
La Rue Pierre Poli qui est parallèle (balisage jaune) est très tranquille et très agréable avec des constructions assez hétéroclites, petits immeubles de standing contemporains, belles maisons fleuries, et aussi petits pavillons anciens modestes. Je suis le balisage jaune qui m’entraîne le long de l’eau quand c’est possible ou à l’intérieur de l’île. De l’autre côté du Pont de Billancourt j’entre dans le Parc de l’île Saint Germain. J’aurais mieux été avisée de suivre les instructions de Visorando, parce que j’ai loupé la grande Tour aux Figuresde Dubuffet (il faut le faire, elle est monumentale!) et les jardins clos fleuris.
Après une promenade très agréable de 3h j’ai repris la ligne 9 à Marcel Sembat, pas très enthousiasmée par la Ligne C très capricieuse en ce moment.
10h55 arrivée du Superjet, le petit catamaran blanc peint de grands dauphins que nous avons vu passer à toute allure du balcon de Vesleme. On y monte par deux passerelles sur le côté. Je n’aime pas ces bateaux fermés qui ressemblent plus à des avions qu’à des bateaux. On ne voit rien, on ne sent rien. On est juste transporté. Moins d’une heure plus tard on est éjecté à grande vitesse sur le débarcadère de Kamarès.
Superjet le petit ferry quitte Sifnos
Quelle différence entre la corniche chic et bordée de yachts de Milos ! Ici, un bateau-promenade est à quai, une dizaine de petits bateaux. Pas de voitures.
Location de voiture
Je me précipite chez le premier loueur venu : il n’a pas de petite voiture, son premier prix est 46€/jour, beaucoup trop cher ! Chez le second il y a bousculade, le patron fait attendre les clients debout sous le soleil dans la rue. « si vous avez de la patience, vous aurez un véhicule ! » déclare-t-il. De la patience, j’en ai à revendre. J’ai donc signé le contrat 246€/semaine pour une Nissan Micra qui n’est pas si mikri que cela, plus large que les Fiat Panda. C’est cher, mais ce n’est pas négociable (le loueur prétend qu’il m’a fait un prix parce que je la loue à la semaine. Las Français qui étaient avant moi dans la file d’attente ont essayé de marchander et se sont fait copieusement engueuler puis sont sortis bredouille. Sur les petites îles, la demande est nettement supérieure à l’offre. Les prix grimpent. Il faut réserver mais ce n’est pas évident en l’absence des grosses compagnies.
Grand View
Grand View se trouve de l’autre côté de la Baie de Kamarès.
Le studio est perché en haut de 38 marches.
« N’y-a-t-il rien de moins haut ? »
Au rez-de-chaussée, l’appartement est réservé à partir de demain, au premier il y a une chambre minuscule sans cuisine. On grimpe. La vue est magnifique.
Le studio est exigu, les rangements très petits, les lits accolés occupent toute la place, la cuisine minuscule, 2 verres, 2cuillers, 2 fourchettes….La salle d’eau – vaste – nous réservera une surprise : une inondation qu’on a pu juguler en coupant l’arrivée d’eau. La TV satellite est débranchée. La terrasse est vaste, une table ronde bleue, deux fauteuils de toile, des grosses poteries contenant un palmier et des plantes vertes. Nous y passerons tout notre temps ici !
L’accueil est embarrassé ; la dame ne parle que Grec, je lui demande de parler plus lentement, on se comprend à peu près. La très vieille dame tapie dans l’obscurité à côté du cierge éclairant ses icones sera plus efficace. Elle comprend très bien mon mime de laver le linge « laundry ? » elle me donne une bassine. Pour la prise de la télévision, elle lève les mains au ciel ! Certes, on ne lui demande pas de monter à une échelle et on se doute qu’elle ne règlera pas le décodeur ; pour le plombier, elle a téléphoné, il viendra demain. En attendant elle nous donne des tapis-éponge, avec la bassine cela devrait aller.
14h, les boutiques ne vont pas tarder à fermer. Je pars à pied par la route après avoir mis en route le podomètre. Le supermarché est en haut du village : il procure l’épicerie de base mais fruits et légumes sont décevants comme partout en Grèce. Les petits commerces sont plus intéressants mais il faut les trouver. J’achète un feuilleté aux épinards chez le pâtissier, le pain chez le boulanger plus bas. Retour par la plage : 2.2km en tout.
14h45 (comme les Grecs) déjeuner sur la table de la terrasse : spinakopites, tzatziki.
Sieste à la Grecque, vraie sieste, dans les draps, profond sommeil. Les transferts d’île en île sont fatigants même si l’île est voisine, stress de ne rien oublier, queues au ferry, nouvelle voiture, nouvelles habitudes à prendre…
La plage de Kamarès est à 2 minutes, grande plage de sable bordée de tamaris, 5 groupes de parasols en paille avec des lits ou de gros matelas à la mode de l’année. Une rangée de bouées orange et un filet interdisent l’entrée des bateaux dans la zone de baignade. L’eau est très calme dans cette baie resserrée. En revanche il faut marcher loin pour avoir assez d’eau pour nager.
Je nage jusqu’aux bouées. J’entends un cri affreux qui me fait grogner, qui trouble ainsi la quiétude de la sieste ? Je crois qu’on appelle un enfant. Les cris continuent, on appelle à l’aide, quelqu’un est en train de ses noyer. Les hommes se précipitent des terrasses des restaurants. Le sauvetage sera long ; on traine un homme blanc comme un linge. Fin de ma baignade.
Inutile de retourner en ville avant 18h.
Kamares, le port de Sifnos, est adossée à une montagne abrupte, rocheuse et pelée dont les pentes sont recouvertes d’une phrygana desséchée, seuls quelques buissons verts se détachent ; Un chemin (45 mn) part du château d’eau pour une montée très raide convenant plutôt aux chèvres qu’aux randonneurs. Les maisons blanches sont étagées sur deux ou trois niveaux au-dessus de la rue principale. Les voitures sont contenues dans un vaste parking ; la circulation automobile est interdite dans le village, tolérée uniquement pour se rendre au ferry. Des restaurants sont alignés le long de l’eau, sous un auvent de bois, en face des boutiques, d’artisans, un glacier, une épicerie, plusieurs officines de locations de voitures, quads et motos. Au fond de la baie, à l’arrière de la plage, un carré de roseaux est noté « lac » sur le plan de la ville. Sous Grand View, encore des restaurants alignés plus loin, quelques résidences touristiques.
Du balcon de Grand View, la première impression est que Sifnos est une île tranquille mais aride et stérile.
18h, l’Office de Tourisme (une guérite en bois) est ouvert. On nous interpelle en français : l’attraction principale de Sifnos : 100 km de sentiers balisés, une dizaine d’itinéraires, une carte gratuite et en prime les conseils du jeune homme francophone.
Apollonia est la capitale de Sifnos. La route de Kamarès à Apollonia s’engage dans une vallée étroite, ou plus précisément au-dessus, à flanc de la montagne. Dans la vallée on cultive la vigne, Sifnos est beaucoup plus verte que je ne l’imaginais. Il y a aussi des pigeonniers carrés comme à Tinos, des moulins encore intacts, des églises perchées, l’une d’elle à mi- pente est blottie dans un jardin. Un visage souriant qui contraste avec les falaises rocheuses visibles du port.
Moulins entre Apollonia et Kastro
Apollonia est insaisissable. Deux stations-service se trouvent à l’entrée – pourquoi deux au même endroit alors qu’il n’y en a pas ailleurs dans l’île ? Nous tournons autour d’Apollonia Sans en trouver le centre, essayant de parvenir à une grande église perchée nous arrivons à Ano Petali qui est un autre village et arrivons à Kastro sans nous en rendre compte. Au sommet de la colline, des moulins, dans le creux, un monastère ou une église avec de petites coupoles bleues, enfermée dans des murs chaulés souligné par des cyprès noirs et lancés. L’arrivée à Kastro – citadelle qui commande les routes maritimes – au coucher du soleil nous a vraiment plu. Il faut rentrer vite avant la nuit.
Douce soirée passée sur la terrasse, merveilleuse, large, ombragée par un toit de cannisses. Après dîner nous regardons s’allumer les lumières des restaurants et des maisons. Un curieux phénomène nous intrigue : une lampe se balance ; il faudra un long moment pour comprendre que la lumière st fixée sur le mât d’un voilier. J’observe le va-et-vient des ferries. Le plus gros à coque orange libère des camions de bonne taille. Ces liaisons entre les îles permettent aux personnes de se déplacer, mais surtout ravitaillent les îliens. Nous nous félicitons de l’absence des moustiques qui nous procure des soirées paisibles et douce. Une petite heure d’air conditionné rafraîchit la chambre. Pas plus, elle deviendrait glaciale.
Cette année sera pour moi,une annéeavec Homère, commencée avec l’Odyssée de Daniel Mendelsohn : Une Odyssée – un père, un fils, une épopée que j’ai fait lire autour de moi, puis La Pensée Chatoyante de Pietro Citati d’une érudition passionnante. A la suite de ces lectures, nous avons programmé un voyage dans les Cyclades, et j’ai téléchargé Le sourire d’Homère de Jean Soler, commencé sur le ferry du Pirée à Amorgos et lu au bord de la mer Egée aux heures fraîches, sur les terrasses de nos gîtes. Je ne saurais dire lequel de ces ouvrages j’ai préféré.
Et voici que, en avril 2018, paraît Un été avec Homère de Sylvain Tesson à grand renfort de buzz. J’ai cru entendre qu’il était allé à Tinos, île des Cyclades que j’aime beaucoup pour écrire cet ouvrage. Comment ne pas le télécharger sur la liseuse? Dans ma bibliothèque virtuelle, Tesson est classé dans le « rayon » des écrivains-voyageurs, littérature qui me passionne. C’est donc avec grande impatience que j’ai attendu le moment de commencer cet Eté avec Homère.
Tesson n’est pas un helléniste comme Solerou Citati, Vernant ou Paul Veyne qu’il cite dans sa bibliographie, il apporte un regard différent. Celui du voyageur ou celui du journaliste.
Dans l’avant -propos, je note:
« Tout événement contemporain trouve écho dans le poème, ou, plus précisément, chaque soubresaut historique est le reflet de sa prémonition homérique.
Ouvrir l’Iliade ou l’Odyssée revient à lire un quotidien. »
Pourquoi pas? Ce sera une réflexion contemporaine et journalistique, angle d’attaque original.
« Rien n’a changé sous le soleil de Zeus » affirme-t-il
« »Je crois à l’invariabilité de l’homme. Les sociologues modernes se persuadent que l’homme est perfectible, que le progrès le bonifie, que la science l’améliore. Fadaises! Le poème homérique est immarcescible, car l’homme, s’il a changé d’habit est toujours le même personnage, mêmement misérable ou grandiose, mêmement médiocre ou sublime… »
« Ce serait un malheur de priver les générations de ces chants divins, ces poèmes d’or, ce verbe de feu »
Certes, lisons le dans le texte!
« chaque vers a été analysé des milliers de fois, jusqu’à la névrose… » voilà qui ne présage rien de bon.
Dans la Géographie homérique, Tesson nous raconte qu’il s’est enfermé dans un pigeonnier vénitien de Tinos face à Mykonos. A voilà ce que j’attendais! Mais il n’ira pas plus avant; Dommage! j’adore les pigeonniers de Tinos! Il évoque Miller (il me faudrait relire le Colosse de Maroussi).
Viennent des vers bienvenus de l’Iliade « Comme un homme nourrit un pan d’olivier… » je jubile;
Pas pour longtemps, malheureusement!
« Thétis, la mère d’Achille va demander au dieu-forgeron de lui fabriquer des armes (oh quelle est touchante cette maman qui équipe son enfant aux Galeries Lafayette de la mythologie pour qui’l puisse se ruer, tambour battant vers son destin, c’est à dire la mort!) »
Quelle comparaison! quelle élégance! Pourquoi pas Amazon-prime pendant qu’on y est!
Le bouclier d’Achille contient la représentation de tout le monde grec merveilleusement décrit et le voilà réduit à un achat dans un grand magasin. !et plus loin il revient à ce bouclier en expliquant « voilà qu’un dieu offre une vision, une photographie de la vie sur Terre. C’est le Google Earth du dieu Hephaïstos » et tant pis pour la poésie, tant pis pour le tableau de la vie antique!
La suite est à l’avenant!
A propos de Télémaque, Tesson convoque les mânes de Freud et d’Oedipe dans un véritable galimatias : « Puis-je avouer que je trouve plus princière la figure télémaquienne? En quoi ne correspondraient-elle pas à nos structures psychiques enfouies » .
Dans les Royaumes du Mystère, « nous extrairons plus avant le retour d’Ithaque, Ulysse se glisse dans un interstice du merveilleux, comme le vaisseau de Star Trek dans un feuilletage spacio-temporel » quelle poésie!
Il y a pire quand Ulysse affronte les Sirènes « le contrôle intégral grâce aux offices des GAFA » plus loin, à propos d’un « culte du présentisme »Tesson note que « Le Grec antique n’est pas ‘homme de Zuckerberg ». De grâce!
« Tout est aussi compliqué sur l’Olympe que sur le sol des hommes, à l’université d’été du parti socialiste. L’Olympe bazar affreux » Là où chez Soler Zeus « sourit » nous atterrissons au congrès du PS…
Comment désenchanter le plus enchanteur des textes?
Le vent du nord est tombé, nous pourrons explorer avec bonheur les sites exposés au nord
Papafraga
Papafraga est une minuscule plage pittoresque logée entre deux falaises formant un petit bras de mer entre les deux parois rocheuses blanches mais non homogènes, présentant sur la surface comme des boursouflures « comme des choux-fleurs » a commenté une dame. L’eau est extraordinairement bleue, du bleu de la mer profonde, du bleu de l’ombre. Une arche enjambe le canyon.
Papafraga
Un vaste parking est installé mais des cordes interdisent l’accès comme les panneaux « falaise dangereuse ». C’est très attirant mais le chemin étroit taillé dans la falaise fait place à des marches, ou plutôt des creux irréguliers où placer les pieds. Les marches sont hautes, j’aurai du mal à remonter. D’ailleurs je n’ai pas mon maillot. A quoi bon prendre des risques si je ne me baigne pas ?
La plage entre Papafraga et Pachaina
Tout à côté il y a une autre plage enserrée dans la falaise plus accessible, avec encore une arche et des cavernes. De petits genévriers à la ramure perchée et au troncs tordus ressemblent à des bonsaïs. Là je regrette vraiment de ne pas avoir mon maillot de bain.
Sarakikino
Tufs blancs sculptés par l’érosion de Sarakikino
Du Kapitan Yiangos, nous avions vu les falaises blanches d’où plongeaient de jeunes intrépides. Malgré la blancheur éblouissante, je n’avis pas pris de photos (trop de plongeurs). J’avais aussi décidé que cette plage n’était pas pour moi, la nageuse tranquille du bord des plages.
Par voie de terre, la route est facile : sur la route de Plaka c’est la première route après l’épingle à cheveux. Le vaste parking surplombe le site. Un chemin blanc traverse un paysage étrange où le tuf blanc est sculpté par les éléments. Des doigts pointent vers le ciel, des surfaces arrondies, des volumes difficiles à caractériser, à photographier aussi sous le soleil de 11h qui laisse peu d’ombres. Le petit canyon est gâché par la présence d’un dauphin rose gonflable, et de matelas pneumatiques qui occupent trop de place dans l’étroit bras de mer. Là où l’eau est peu profonde il y a beaucoup d’enfants. Je m’engage jusqu’à la mer ouverte pour retrouver les falaises qu’on a vues du bateau. La présence d’un gros yacht gris et d’un jet-ski me découragent, un drone bourdonne filmant les exploits d’un plongeur. Cela nuit à la poésie !
Falaises blanche de Serakikino
De la plage un chemin sur les rochers mène à un petit pont. Un italien compte 1-2-3-4-5 pour inciter sa fille préadolescente à sauter. La gamine réticente hésite puis plonge et nage sous le petit pont pour remonter par les rochers.
Le soleil cogne sur le tuf blanc. Certains touristes se rencoignent dans les anfractuosités. Un photographe se protège sous un parapluie noir insolite.
Mandrakia
Mandrakia
Continuant la route de Tripiti, au carrefour suivant une route descend vers Mandrakia. Coup de cœur pour ce petit port de pêche situé dans une anse ronde où sont amarrées des barques de bois multicolores. Les escaliers blancs et bleus descendent en éventail formant comme les gradins d’un petit théâtre. Une petite église domine le port. Un homme avec un balais chaule le rebord du muret.
La taverne La Medouza a disposé quelques tables sur la placette qui domine un autre port minuscule avec des sirmatas aux portes peintes. En bas le poissonnier (ou le pêcheur) nettoie une caisse de sardines. L’endroit est si joli que nous nous installons pour boire un pot et que nous décidons d’y déjeuner. Il faudra alors s’asseoir un peu plus haut dans la salle (ouverte). Sur la carte il est mentionné que les plats sont traditionnels et que les produits proviennent de l’agriculture biologique et locale. Les prix sont un peu gonflés. On choisit anchois et sardines (les seuls en dessous de 10€) Le reste est très appétissants surtout les poivrons au fromage fondu et le calamar farci qui arrivent sur la table voisine.
Sur le retour une petite visite à Mitrikas, encore des sirmatas et tout près la belle plage de sable de Navagio. Il est 15h, heure de la sieste, le soleil cogne, nous rentrons à Pachaina où je me baigne plus tard dans une eau tranquille sans un souffle de vent.
Il faut déjà penser au départ et surtout à réserver un gîte pour la dernière semaine qui sera au début juillet. Dominique a envie d’explorer Kythnos Mauvaise surprise, les réservations sont difficiles, sur Booking tout est complet, malgré l’aide de Katarina, notre hôtesse nous n’avons rien trouvé.
Nous restons tard dans la soirée sur le balcon de Vesleme, à la lueur des étoiles. Nous garderons un excellent souvenir du studio confortable, de son balcon avec sea-view, de la gentillesse de notre hôtesse. Hier soir, la Maman de Katerina a frappé à notre porte pour nous apporter des tyropites qui n’étaient pas en pâte feuilletée comme ceux des boulangers mais des beignets ronds farcis de fromage, délicieux aériens.
Après une baignade à Pachaina je rejoins à pied le site archéologique de Phylakopi dont j’ai admiré les céramiques au Musée de Plaka. Il ouvre à 8h. Les vestiges ne sont pas spectaculaires mais ils sont bien expliqués et font revivre cette cité.
Le site fut fouillé dès 1896-1899 par l’Ecole britannique d’Athènes.
Chronologie
Les murailles de Phylakopi
Phylakopi fut un port important pendant l’Âge de Bronze avec deux ancrages de chaque côté d’un promontoire.
Céramique géométrique de Phylakopi (au Musée archéologique de Plaka)Céramique géométrique de Phylakopi (au Musée archéologique de Plaka)
Période I (2300-2000) : poteries géométriques
Période II (2000-1600) peintures d’animaux : influence crétoise
Période III (1600-1400) Phylakopi s’entoure de murs, forte influence minoenne, peintures murales
rhytons en forme de bovins (Musée de Plaka)
Période IV (1400 – 1100) domination mycénienne sur les Cyclades : construction d’un Megaron( palais mycénien) et d’un sanctuaire
1090 destruction du site par un séisme disparition de traces humaines
2ème Guerre mondiale : fortifications allemandes occasionnant des destructions
Cette chronologie me conforte dans l’impression que j’avais eue au Musée de Plaka de la parenté avec art crétois (thèmes marins, rhytons en forme de taureau) les fresques me font penser à Akrotiri (Santorin).
Un chemin entre deux cordes canalise les visiteurs. Au nord, je découvre une plage de galets et en face les vestiges du Megaron. Une tablette écrite en Linear A minoen y a été retrouvée. Le mégaron mycénien comportait un vaste hall au sol cimenté avec un foyer en son centre des corridors et des petites pièces. Les premières fouilles mirent en évidence des peintures tombées du plafond représentaient un personnage féminin avec une frise de poissons volants. Plus tard on retrouva également une frise de singes bleus bordée de spirales.
Qu’est-ce qu’un anarchitecte ? Un architecte anarchiste, peut-être?
Un architecte construit, l’anarchitecte déconstruirait-il?
Ou promènerait-il un regard d’architecte sur des destructions?
Chacune de ces hypothèses pourrait être vérifiée dans cette exposition.
Le commentaire propose une autre piste : un détournement d’un titre du Corbusier « vers l’architecture » Gordon Matta Clarke s’inquiétait de la façon dont les utopies de l’architecture moderne laissaient de côté le citoyen lambda.
Dans l’oeil d’artiste sur les destructions ces Wallpapers (1973) : GMC photographie des immeubles abandonnés du Bronx , murs intérieurs ayant gardé leurs papier peints ou des installations sanitaires, il utilise ses photos pour faire un véritable mur de photo. Se promenant dans les décombres il photographie des découpes de planchers. Il faut être architecte pour être sensibles à des structures à travers des ruines et les partager avec des spectateurs moins avertis.
Pour les déconstructions, GMC a pratiqué des découpes dans d’immenses halles sur un quai effondré de la rivière Hudson, il a offert aux habitants un accès à l’eau dans un « temple du soleil et de l’eau ». Le site fut rapidement fermé. L’exposition montre des photos de ce Day’s End (1975)
Déconstruction que ce Conical Intersection (1975) : découpe d’un vieil immeuble en face du chantier de construction du Centre Pompidou cherchant à pratiquer une lentille à travers l’ancien Paris des Halles pour voir le chantier du futur musée. Il a filmé cette démolition selon une découpe savante.
Cette exposition montre surtout des photos et des vidéos, quelques réalisation physiques, mais peu. Elle pratique des ouvertures, dans les maisons anciennes, les friches industrielles mais aussi dans l’esprit du spectateur.