Nous étions l’avenir – Yaël Neeman

ISRAEL

Yaël Neeman est née au kibboutz Yehi’am et raconte son

enfance et son adolescence.

Je suis incapable de’écrire un billet objectif.

J’ai passé l’année 1973 à Yehi’am. C’est dans la salle à manger de Yehi’am que nous avons appris le début de la Guerre de Kippour , devant un tcholent, nous ne jeûnions pas… j’ai sûrement croisé Yaël…Ce livre remue tant de souvenirs.

Cette lecture  fait revivre ce temps-là, il mesure aussi l’oubli après 45 ans.

« Pour nous autres, les enfants, les gens les plus importants étaient parfois différents de ceux qui étaient immortalisés par l’histoire officielle du kibboutz, consignés dans le Livre d’Or ou dans les œuvres commémoratives. Dès notre enfance, nous savions que dans notre kibboutz, comme dans tous les kibboutzim depuis le Lac de Tibériade jusqu’au Néguev, il existait un système de rotation qui permettait le roulement des postes « supérieurs » très demandés comme secrétaire du kibboutz, secrétaire économique.

Nous n’avions pas compris à l’époque, ni d’ailleurs plus tard que cette rotation ne s’appliquait pas aux autres postes; par exemple personne ne postulait au poste de blanchisseuse, personne ne convoitait le travail de Sisyphe des éplucheuses de pommes de terre…. »

De confronter aussi les points de vue si différents, entre les enfants nés au kibboutz, les « enfants du rêve » et les nouveaux immigrants nourris d’idéologie et de rêve, venus du Mouvement de jeunesse de France… Étrange qu’une si petite société de moins de 500 habitants, en principe tous politiquement très proches,  partageant la même salle à manger, les mêmes pelouses, qui travaillant ensemble, soit formée de couches aussi hétérogènes qui se mélangeaient assez peu. Je n’ai que très peu de souvenirs d’avoir vraiment discuté avec les adolescents, les Hongrois nous étaient assez étrangers, ils avaient aussi leurs préjugés vis-à vis de nous….Nous vivions en cercle très étroit et très fermé, les enfants aussi d’après le livre qui ne partageaient pas leurs secrets, ni avec les adultes ni même avec les enfants plus âgés.

Étrange de n’avoir rien soupçonné de la vie sociale des maisons d’enfants, mes rapports avec eux se limitaient au pliage du linge, au lavage du sol et à la distribution des repas…

J’avais un point de vue radicalement opposé des rapports familiaux. Ceux qui n’avaient pas d’enfants n’osaient pas troubler les retrouvailles quotidiennes parents-enfants. Je considérais ces moments comme très privilégiés et je trouvais un véritable mimétisme entre les grands et les petits (les grands, débarrassés de toute corvée d’éducation ou plutôt d’élevage, n’avaient que les bons côtés de leurs enfants). Yaël Neeman n’est pas de cet avis, elle raconte son enfance dans le groupe et parle avec beaucoup de détachement de ses « parents biologiques ».

J’avais idéalisé l’éducation scolaire sans contrainte. Yaël démythifie l’enseignement, tout au moins secondaire où ils n’apprenaient pas grand chose.

Tout occupés que nous étions à notre « intégration« , nous sommes passés (ou tout au moins moi) à côté de nombreuses choses. Je suis heureuse d’apprendre maintenant l’histoire complète de Yehi’am, de savoir comment on a transformé en un jardin ce qui n’était que rocher stérile.

J’ai retrouvé quand même beaucoup de souvenirs (y compris les mauvais comme le dentiste de Nahariya que je détestais au moins autant que les enfants), le travail des champs, les avocats, les bananes.  Le travail comme un accomplissement, comme but ultime. Les 35 heures étaient vite dépassées : 8 heures au moins chaque jour, plus les corvées à se partager, les animaux, les vaisselles le samedi, les urgences au moment des récoltes…. Cela fait au moins 82 heures et les RTT jamais prises. Les jours passés à l' »appartement » de Tel Aviv avec les sorties. Le cinéma, les efforts de mes camarades français pour élever la vie culturelle, reconnus par Yaël.

Moi aussi, j’ai déserté l’utopie, pour d’autres raisons..

« La beauté de notre kibboutz était indescriptible. Il était impossible de s’y habituer. Nous pensions que nous n’en étions pas dignes, tout comme nous n’étions pas dignes du système. Qui pourrait dire non à une tentative de fonder un monde meilleur, un monde d’égalité et de justice? Nous n’avons pas dit non. Nous avons déserté…. » 

le château de Salses et l’arrivée à Céret

CARNET CATALAN

Château de Salses

Au réveil, le ciel est dégagé. Il a plu la nuit dernière, le petit pêcher et le citronnier qui a subi un traitement anti-cochenilles au savon et au digestif, ont été lavés. Il faudra traiter à nouveau, les cochenilles n’ont pas toutes disparu.

Il est très facile de quitter Montpellier par l’autoroute malheureusement encombrée de nombreux camions. Toute l’Europe s’y croise, deux camions bulgares, un roumain, un car pour Agadir, beaucoup de camions réfrigérés espagnols et portugais, des polonais….on les a doublés un peu trop vite (limite 90km/h, flashées à 92 !).

185 km séparent Montpellier de Céret, presque une promenade. Près de Gigean, une barre blanche, lointaine, à l’horizon : je crois à un banc de nuages. Les crêtes se précisent : le Canigou se détache. Son apparition est toujours un choc, une grande beauté. Dans les vignes, on travaille. Le paysage est varié : pins maritimes sur les collines, étangs avec des bouchots, un clocher carré, des pêchers en fleur un village…rapidement Narbonne. Et toujours la présence du Canigou enneigé ! Mais pour le prendre en photo il ne faut pas tarder parce qu’il s’encapuchonne d’un gros nuage gris. Pour la photo, nous nous arrêtons sur l’Aire de repos de Salses et j’ai la surprise de découvrir un panneau « promenade et château ».

Château de Salses

Salse dans les amandiers

Je n’avais pas imaginé qu’on puisse visiter le château de Salses sans quitter l’autoroute! Il est niché dans un creux. De l’autoroute, un cheminement en ciment et briques passe sous l’autoroute. De petits muscaris, des asphodèles pas encore écloses, des violettes, on a planté des buissons de romarin qui fleurissent bleu. Je passe un portillon et arrive dans la colline plantée d’oliviers et d’amandiers dont la floraison se termine. Le château de briques roses surgit, émergeant à peine de profondes douves d’un vert éclatant en cette saison. J’essaie de cadrer la photo avec une fine tourelle entre deux rameaux d’amandier fleuris. L’appareil choisit de mettre au point sur la tour et les fleurs sont floues.

château de Salse fortifications

La forteresse n’est pas perchée comme un château-fort médiéval, elle semble enterrée au milieu d’un passage stratégique entre l’étang de Leucate et les Corbières au bord de l’antique Via Domitia. ; entre Roussillon et Catalogne, entre Espagne et France,. Viollet-le-Duc et Mérimée en donnent une description détaillée. L’ensemble des bâtiments et fortifications est compliqué, j’ai du mal à l’appréhender.

La visite (8 €) est soit libre soit accompagnée. Comme Dominique m’attend au parking et que mon Pass Education m’offre la gratuité, je fais une courte visite. Je suis impressionnée par l’ampleur de la place d’arme. Les écuries et casernements sont en contre-bas dans de longues pièces sombres accessibles par une rampe qu’on descend. Tony Grand a coulé une étrange sculpture qui est une racine torturée comme un cep de vigne ; occasion de découvrir un plasticien que je ne connaissais pas.

Tony Grand
Tony Grand

Sur deux côtés de la place d’armes, des arcades font de l’ombre. Le sol est soigneusement pavé de gros galets arrondis. Un côté est bordé par le « réduit », donjon appelé Tour de l’Hommage où se trouvaient les bureaux du gouverneur et les appartements des officiers. Au rez de chaussée, jouxtant la boulangerie où l’on cuisait le pain, se trouve une « salle de bain », sorte de hammam profitant de la chaleur du four. On voit les grands bacs taillés dans la pierre et des rigoles pour l’écoulement de l’eau. Une étable et une laiterie complétaient les installations. Le puits avec une petite tourelle était au centre de la cour. Le temps me manquant je ne suis pas allée dans les étages et le regrette ; C’était une belle visite.

Salse entrée

Céret et Amélie sous la pluie

Pour arriver à Céret avant la fermeture de l’office de Tourisme, nous ne ferons pas d’autre arrêt. Le temps s’est gâté. Le Carnaval prévu cette après-midi est annulé. Le pittoresque marché sous les platanes des boulevards est aussi écourté, les marchands remballent la marchandise fragile aux premières gouttes qui tombent. C’est un marché d’artisans et de luxe plutôt qu’un marché alimentaire traditionnel. Je n’y trouve pas les ingrédients nécessaires au pique-nique ni à la soupe du soir. Puisqu’il est trop tôt pour arriver au gîte, et que la pluie ne prête pas à la promenade, nous allons à Amélie-les-bains repérer les Thermes et les rues. Sous la pluie, hors saison, la station thermale est morte, vieillotte et un peu déprimante. Pas un chat dans les rues, des cafés, restaurants et magasins fermés.

Le gîte

notre gîte à Céret

Le gîte ressemble à la photo du contrat : une petite maison précédée d’une grille sous une touffe de plante grimpante, dans un jardin déjà fleuri. Un banc sur le devant, un banc et une table de jardin sur le côté. En revanche, la dame nous avait parlé de 300 mimosas, nous croyions que nous serions dans la campagne, nous sommes dans un quartier tranquille mais très construit près du Pont du Diable aux abords de la ville, moderne sans charme particulier. La dame a allumé un bon feu dans la cheminée qui dégourdit un peu l’atmosphère. Heureusement toutes les pièces sont équipées de convecteurs qui seront encore plus efficaces. Grande salle à manger salon, un grand canapé, un buffet ancien, c’est un gîte à l’ancienne, pas RB&B décoré à l’IKEA ! Et tant mieux. La chambre bleue   est encore plus traditionnelle avec sa commode au-dessus de marbre avec un ensemble de faïence bleue, horloge et deux vases, et une madone bleue. La grande armoire est bien commode. Salle d’eau avec une douche à l’italienne toute neuve. Tout ce qu’il faut dans la cuisine, micro-onde et four électrique, plein de casseroles et de poêles. Nous cuisinerons !

Belles d’Alexandrie – Edouard Al-Kharrat

LIRE POUR L’EGYPTE

Je suis toujours fascinée par Alexandrie des années 1930 à 1950, la ville de Durrell et du Quatuor, celle de Cavafy, Tsirkas,  Stefanakis, Solé, Moustaki….. Égyptienne, bien sûr, mais aussi francophone, italienne, grecque, levantine, britannique…..Ville littéraire mais aussi populaire. Ville qui a été noyée sous le béton d’une corniche-muraille. Sur place, au cours de nos deux séjours, j’ai cherché les traces de cette ville cosmopolite, sans trouver ces souvenirs. Pèlerinage au Cécil sur Saad Zagloul….

Edouard Al-Kharrat est copte. Il raconte des tableaux de sa vie d’enfant, étudiant révolutionnaire, ingénieur et restitue sa part de la ville d’antan, des baignades. Rencontres avec des femmes convoitées, rêvées…. j’ai bien aimé le suivre dans la ville.

Alexandrie 2010

Et, puis, je me suis lassée. Ses histoires lui reviennent sans ordre chronologique. Certains personnages sont récurrents, d’autres disparaissent. J’aurais eu besoin d’une intrigue, d’une histoire pour reconstruire le puzzle. Je me suis intéressée aux luttes contre les britanniques, aux manifestations de rue, mais j’ai besoin de plus de précisions, de dates, pour les suivre. J’ai donc lu, interrompu la lecture, repris, butiné…je me promène dans Alexandrie, puis je prends un polar, pour me laisser emporter par une enquête.

Montpellier : L’écusson

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Fontaine des 3 Grâces sur la place de la Comédie

Le tramway n°1 passe devant la gare Saint Roch, nous en descendons place de la Comédie qui doit son nom à l’Opéra-comédie construit initialement en 1755 mais détruit plusieurs fois, reconstruit en 1888 par un élève de Charles Garnier. Des immeubles Belle Epoque aux sculptures un peu délirantes, entourent la place ovale, en forme d’œuf d’où son nom familier de Place de l’œuf. Le contour de l’ovale est matérialisé par un liseré orange se détachant sur le marbre beige. Une fontaine, sorte de rocaille, porte Trois Grâces :  Aglaé, Euphrosine et Thalie, filles de Zeus. Montpellier n’a pas attendu Bofill pour faire appel à la mythologie grecque. Œuvre d’Etienne d’Antoine (1773) elle ornait autrefois la Place de Canourgue en 1793 (en même temps que la statue de Louis XIV). L’original en marbre de Carrare a été remplacé par une copie.

Le petit train sur la place de la Comédie

Le petit train touristique ne partira qu’à 11 heures, nous avons le temps de faire un tour dans la ville ancienne, le quartier de l’Ecusson.

Dans la rue des Augustins, nous passons devant un petit temple protestant puis devant le Couvent des Dominicains et entrons dans l’église très sobre, très dépouillée aux vitraux modernes abstraits colorés.

la cour de l’Hôtel de Manse

L’Hôtel de Manse (1667- 1669) rue de l’Embouque d’or – j’adore ces noms un peu énigmatiques – est signalé comme monument historique ; malheureusement il n’est pas ouvert à la visite. Que cela ne tienne, Mimi sonne aux interphones des appartements, se présente. Et miracle, on nous ouvre, et mieux encore, le monsieur du rez de chaussée nous ouvre l’escalier ! Manse était le trésorier du Roi. Nous attendions l’escalier signalé par les guides, surprise : dans la cour nous découvrons une belle loggia, avec un balcon à balustres et surmontée d’un registre finement sculpté.

Hôtel de Varenne

L’Hôtel de Varennes,  Place Pétrarque, est un musée, y pénétrer n’est donc pas un problème. Sa façade est 18ème siècle.  A l’origine, construction médiévale, il a conservé de belles ogives gothiques. Sa cour est très belle avec un puits et un encadrement avec un fronton soutenu par des pilastres orné de crânes de bovins.

Gypserie

29 rue de l’Aiguillerie, adjacente à l’Hôtel Guilleminet, nous entrons dans une boutique, admirer des gypseries (stucs) illustrant les Fables de La Fontaine (1757). Je reconnais le Corbeau et le renard, la Cigogne et le Renard.

Le petit train parcourt l’Ecusson, offrant une rapide (40 minutes) visite guidée qui parcourt l’essentiel de la ville historique. Il passe par la Place de l’œuf, la Rue de la Loge, la Place Jean Jaurès,place de la Canourgue, le Tribunal passe devant l’Arc de Triomphe et le Parc du Peyrou pour revenir par l’avenue Foch, l’Eglise sainte Anne et les Halles.

Nous avons donc une idée générale qui me permettra de mieux me repérer dans la visite de l’après-midi et comme cela Dominique aura un aperçu de Montpellier.

EsplanadeCharles de Gaulle ancien cinéma Pathé

L’Esplanade Charles de Gaulle est occupée par un grand jardin arboré bordé par le Musée Fabre, le pavillon Populaire, l’ancien cinéma Pathé et se termine par le Corum. Le long de ses allées il y a des guinguettes et restaurants de plein air où nous déjeunons. Nous choisissons le Kiosque à Malices qui propose des plats du jour et café pour 12€ assis à table ou de la restauration rapide, burgers et frites où des lycéens et étudiants font la queue debout. Nous choisissons des saucisses de l’Aveyron grillées accompagnées de haricots verts.

Déjeuner au Kiosque à malices

Mimi a prévu pour moi une promenade à pied dans l’Ecusson (la ville ancienne a la forme d’un écusson). Nous reprenons les rues parcourues ce matin, Augustins, Aiguillerie. Rue de la Barralerie se trouve l’ancien Mikvé du 12ème ou 13ème siècle – paraît-il très bien conservé. Mais il faut s’inscrire à une visite guidée pour pouvoir y entrer. II était alimenté par la nappe phréatique.

Rue du Palais de Guilhem, Mimi me montre la fameuse « coquille » ou « trompe » de l’Hôtel de Sarret (1630) :  le mur extérieur est évidé pour permettre aux carrosses de tourner à angle droit dans la rue étroite.

Fontaine des Licornes

Place de la Canourgue, nous entrons dans l’Hôtel de Cambacérès (18ème siècle) . la cour est superbe l’escalier (1723) est très élégant et très sobre. La place de la Canourgue est charmante, toute en longueur et plantée. La Fontaine des Licornes est d’Etienne Antoine (1770) Elle représente des chevaux marins ou licornes dressées, au-dessus d’un bas-relief où figure la bataille de Closterkamp, en l’honneur du maréchal de Castries. C’est curieusement l’œuvre du même sculpteur que les 3 Grâces et cette fontaine fut également déplacée. (Curieux jeu de chaises musicales des fontaines).

Cathédrale Saint Pierre

Par une descente bien raide et pavée, arrivons à la Cathédrale Saint Pierre dotée d’un très curieux et très grand porche à baldaquin porté par des piles circulaires et coiffé de fines poivrières. Les amusantes gargouilles sont bien usées. Deux hautes tours carrées gothiques assez massives Malheureusement, elle est fermée, nous n’aurons pas le temps d’attendre 14 heures .

A l’origine, la cathédrale était la chapelle du couvent des bénédictins qui lui est accolée. C’est là que se trouve la Faculté de Médecine. On croirait qu’il n’y a qu’un seul bâtiment, cette grande homogénéité de construction m’a frappée. En 1181, le seigneur Guilhem VIII, stipula que quiconque, quelle que soit sa religion pouvait y enseigner. En 1220 fit crée la première école de médecine. Des plaques de marbre à l’intérieur attestent le nombre de médecins juifs qui y professèrent au 13ème et plus tard. Le vestibule est orné de nombreux bustes en bronze. Le patio est en face du « théâtre anatomique » où l’on procédait à des dissections. Nous ouvrons la porte de la bibliothèque sans s’attarder pour ne pas déranger les étudiants qui y travaillent, découvrons furtivement les belles boiseries et les livres anciens rangés jusqu’aux hauts plafonds.

Au premier étage, se trouve le très joli Musée Atger (entrée gratuite) Des dessins anciens sont conservés sous verre dans des classeurs : nous aurions pu admirer un portrait de Vigée- Lebrun, un Tiepolo, de nombreuse aquarelles de Natoire(1700_1777). Il y a aussi une exposition d’organes humains en cire et de dessins humoristiques ayant trait à la médecine, certains de fort répugnants.

Le Jardin des Plantes fut créé sous Henri IV (1593) pour l’étude des plantes médicinales. Actuellement fermé on peut le découvrir de la rue qui le surplombe.

Arc de Triomphe

Parc du Peyrou : l’arc de triomphe se photographie plus facilement à pied qu’en petit train ! la statue équestre de Louis XIV dominait la ville de sa hauteur, aucun immeuble ne devait être plus haut. Elle fut fondue à la Révolution pour faire des canons. En 1828, une nouvelle statue remplaça la première. J’ai préféré celle de Lyon, plus impressionnante. A l’extrémité du parc, le Château d’eau est une construction très élégante, aérien, sur des arches hautes et gracieuses ornées de filets et de poissons. L’eau est convoyée par l’aqueduc Saint Clément, (1766) inspiré du Pont du Gard, 14 km sur deux étages. Il a donné le nom de Quartier des Arceaux au quartier plus bas

 

Château d’eau

Retour par la rue Foch avec une halte aux Halles (marché de luxe très soigné et très coloré). Les boutiques de la petite Rue du Bras de Fer sont très chics. J’aime tellement les noms imagés que je note la Rue de l’Ancien courrier. L’église saint Roch (patron de Montpellier) ne soulève pas mon enthousiasme ; les églises trop XIXème siècle m’ennuient.

La Chambre de Commerce est installée à l’Hôtel saint Côme (1747-1757). Nous pouvons donc y pénétrer pour admirer un vitrail et des ferronneries sur le thème de la vigne (ceps et grappes de raisin). L’Hôtel avait été construit par Lapeyronie qui voulait y installer un amphithéâtre d’anatomie.

les rues étroites de l’Ecusson

Nous retrouvons Dominique sur l’Esplanade Charles de Gaulle et j’ai le plaisir de rentrer à pied traversant le Polygone et Antigone.

Montpellier : Antigone de Bofill

CARNET CATALAN

Place de l’Europe

Descendues du bus, en face de la piscine, nous nous dirigeons d’abord vers le Lez  à travers la Place de L’Europe, place en arc de cercle où se trouve une copie de la Victoire de Samothrace et plus bas une statue d’Orlando Furioso d’Appel les Fenosa (1889-1988) : un homme(Roland) portant un cheval mort sur son dos sur son dos, illustrant la force de l’homme face à l’adversité. Sculpture originale d’une grande force d’expression.

Orlando furioso Apel les Fenosa
Orlando furioso

La place de l’Europe ressemble aux autres ensembles de Bofill que j’ai vus à Noisy-le-Grand et à Cergy, architecture monumentale mais qui ne m’avait pas entièrement convaincue. Plus conçue pour être décorative que pour être habitée ; façades avec fenêtres sans balcon ni volets. Mégalomanie d’un architecte plutôt qu’attention à ceux qui sont destinés à passer leur vie ?

Hôtel de la Région Bofill
Hôtel de la Région Bofill

De l’autre côté des berges du Lez, l’Hôtel de la Région répond à la place et reflète les bâtiments sur sa façade de verre, fermant l’ensemble l’Antigone par un arc de triomphe énorme, malheureusement on a suspendu une banderole LGV (réclamant ou célébrant la ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan). La banderole géante occulte le vide de l’arche et en détruit l’effet.

Non loin de là, on est en train de bâtir une tour originale l’Arbre blanc de Sou Fujimoto. Tout le contraire des façades lisses d’Antigone : de grands balcons blancs sortent de l’immeuble de 16 étage qui domine les constructions de la ville. Evidemment c’est tentant une grande terrasse avec vue sur toute la ville et la mer, le site des promoteurs les montre paysagés avec des végétaux …

Dionysos devant la médiathèque

Nous parcourons toute la perspective d’Antigone vers le Polygone en repassant entre la piscine et la médiathèque, sur l’allée de Délos, axe Est/Ouest qui est un axe de symétrie . La copie de Dionysos de Coysevox (1640-1720) – l’original est au Louvre –  va servir d’introduction au théâtre de plein air, simples gradins de bois.

Place de Thessalie

La très belle place de Thessalie, carrée, est ornée d’un bassin rond . Ici, les logements en demi-lune possèdent des balcons ce qui humanise le logement. Traversant la Rue de Zeus, on  arrive à la Place du Millénaire, une esplanade entre deux rangées de pins et cyprès florentins, végétation méditerranéenne, Grecque ou Italien. Je remarque qu’il y a aussi des restaurants, des cafés, des boutiques, des bancs, me rendant cette Antigone sympathique à l’inverse des ensembles de Noisy ou de Cergy, trop monumentaux, trop énormes, trop minéraux. La Place du Nombre d’Or est bordée d’immeubles à corniche « à casquette », les appelle Mimi, qui forment comme de fausses arches de triomphe. Au fond, les Echelles de la ville montent au Polygone qui est un centre commercial, une galerie marchande, comme il existe généralement aux périphéries des villes, ici en plein centre proche de la ville historique, mais invisible au passant non averti. Encore une réussite de ce quartier.

Place du Nombre d’Or

Antigone me réconcilie avec Bofill. C’est vraiment une réussite d’avoir conçu un quartier monumental, certes, mais vivant, intégré dans la cité et résumant la culture méditerranéenne de cette ville, lieu de logements, d’administration, de culture et même de sport avec la piscine olympique. ¨Promenade piétonnière où la voiture n’est pas loin, mais heureusement absente, où le tramway n°1  dessert les points névralgiques. en faisant le tour d’Antigone.

Les Echelles de la ville

Chagall, Lissizky,Malevitch – l’avant-garde à Vitebsk (1918-1922)

EXPOSITION TEMPORAIRE Centre Pompidou jusqu’au 16 juillet 2018

Chagall : Au dessus de la ville
Chagall : Au dessus de la ville

« En 1918, Chagall est nommé commissaire des beaux-arts de Vitebsk et donne vie à un grand projet : ouvrir une école populaire d’art, gratuite et ouverte à tous »

Parmi les enseignants, El Lissizky, Kazimir Malevitch qui imprimèrent à leur enseignement les dogmes du suprématisme. Les élèves, à l’inauguration étaient 120 garçons, juifs en majorité.

Had Gadya Lissizky

 

Dès l’entrée, je découvre El Lissizky que je ne connaissais pas et la série Had Gadya. L’abondance des sujets juifs s’explique par le fait que Vitebsk était une ville juive d’une part, d’autre, après la Révolution d’Octobre les mesures de discrimination étaient abolies. Les juifs devenaient des citoyens à part entière et pouvaient s’exprimer ouvertement

 

 

De nombreuses œuvres célèbrent la Révolution, comme ce dessin de Chagall. On prépare des panneaux, 

peinture suprématiste

Le suprématisme initié par Malevitch séduit de nombreux étudiants qui vont déserter les cours de Chagall pour suivre Malevitch plus charismatique qui fonde un collectif OUNOVIS « les affirmateurs du nouveau en art » dont les membres se reconnaissaient en cousant un carré noir sur la manche et se consacraient à concevoir des banderoles, des affiches, des décors de spectacle, à décorer des wagons et même des façades de bâtiments

Décor de théâtre d’Orenvbourg
Lissizky Proun
Lissitzky PROUN

Lissizky dessine, peint, conçoit des PROUNS « projets d’affirmation du nouveau en art » composés de figures géométriques planes ou en volumes, cubiques parallélépipédiques « stations d’aiguillage des agences de composition »

Chagall, dépité,  va quitter dès 1920 Vitebsk pour Moscou concevoir les décors du théâtre juif Kamerny

Une exposition très intéressante aussi bien pour l’histoire de l’art que des idées, même si les prouns et les carrés de Malevitch ne sont pas très variés.

 

 

Un Homme seul – Antonio Manzini

LE MOIS ITALIEN/IL VIAGGIO

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Merci à Babélio et aux éditions Denoël , pour ce bon moment de lecture!

Un polar bien ficelé qui m’a emmenée à Aoste,  à Rome, Pescara et même en prison.

Comment chroniquer un thriller sans spoiler? Il ne faut pas donner trop d’indices qui dévoileraient l’intrigue. Et pourtant je voudrais vous donner envie de le lire.

Rocco Schiavone n’a  pas la classe de Guido Brunetti ou la chaleur de Montalbano, mais c’est un personnage intéressant, complexe, que j’avais découvert avec Piste Noire. Un homme seul m’a tenue en haleine et je l’ai préféré à Piste Noire. Le sous-Préfet, qui tient à son grade, est l’homme seul, menacé, hanté par la perte de Marina, sa femme, on s’attache à lui malgré ses défauts. Il peut être grossier et brutal. Les personnages secondaires ont une bonne épaisseur et ne sont pas là pour de la figuration.

Je repartirai volontiers pour une nouvelle enquête avec Schiavone!

De Millau à Montpellier : les villages templiers du Larzac

CARNET CATALAN

Granges du Larzac à l’entrée de La Cavalerie

Lever sous une pluie battante, véritable douche pour aller à la salle à manger du Campanile.

Nous avons tout notre temps pour rejoindre Montpellier; nous  sommes  attendues  à 15h.  Aucune raison de prendre l’A75, une autoroute très roulante. Nous préférons faire du tourisme sur le Causse du Larzac. L’évocation du Larzac me rajeunit de 40 ans.  Je n’ai jamais fait le déplacement, étudiante, je suivais les luttes avec passion. Bien sûr, Notre dame des Landes et sa conclusion récente m’a toujours fait penser au Larzac. Plogoff ! Parfois la lutte paie !

Le Larzac est hivernal, l’herbe  jaunie par la neige qui a fondu ; les végétaux semblent cuits. Les buis sont jaunes. Je n’ai jamais vu autant de buis ; buis et genévriers, rochers aux formes étranges.

La Cavalerie : Promenade sur les remparts

J’espérais que la route de La Cavalerie suivrait la Dourbie, mais non, dès la sortie de Millau, elle est montée très vite sur le plateau. Dépassant des granges basses et de grande taille, nous avons trouvé très tôt le village.

La Cavalerie n’est pas seulement le camp militaire qui a voulu s’agrandir en 1971. Bien avant c’était un village templier. La dénomination « Cavallaria » signifie « Chevalerie » c’est-à-dire lieu où résident les Chevaliers du Temple,  au bord de l’antique voie romaine En 1159 Raymond Bérenger, Comte de Barcelone et d’Aragon, donna aux Templiers son aval  pour construire villages et fortifications.  Les Templiersordre militaire créé pour la protection des pèlerins en Terre Sainte se sont établis au 12ème siècle sur le plateau du Larzac ; leur commanderie était à Sainte Eulalie-de-Cernon.

La Cavalerie est un village fortifié entouré de remparts impressionnants qui ont été très bien restaurés. Il faut laisser la voiture hors des murs. On entre sous un porche pour trouver l’Office de Tourisme qui propose soit une visite libre de la ville avec un petit plan, soit une visite audioguidée (1h30). Le temps étant incertain, la dame recommande la visite libre et m’ouvre la porte pour monter sur les remparts par la tour.

Histoire de Croisades :

Dans une grande salle, divers panneaux, objets, rappellent les Croisades. Une vitrine expose des monnaies de l’époque. La numismatique, pour peu qu’il y ait des commentaires , peut être passionnante. Les monnaies sont classées en trois groupes correspondant à la Principauté d’Antioche, celle de Tripoli et le Royaume de Jérusalem qui battirent monnaie. Les souverains ont  souvent  leur profil sur la face de la pièce.

A Antioche régnèrent successivement Bohémond de Tarente qui pris Antioche après le siège de 1098, de Tancrède (1101-1112), Roger de Salerne (1112-1119), Raymond de Poitiers, (1119-1149). Il y circulait deux types de monnaie : la monnaie byzantine avec des écritures en grec, de cuivre, d’or ou de bronze , à l’avers  gravés Saint Pierre, cathédrale d’Antioche, où Saint George à cheval. Il circulait aussi des monnaies de type occidental.

A Tripoli,  fondée par le comte de Toulouse Raymond de Saint Gilles, circulait des monnaies occidentales en argent.

Dans le Royaume de Jérusalem les monnaies étaient soit occidentales soit copiées des dirhems arabes avec des inscriptions chrétiennes en Arabe.

La Cavalerie, placette

Un chemin de ronde parcourt la partie restaurée des remparts. Pendant les guerres de religion, les tours furent abaissées pour les rendre inoffensives. Après la Révolution la population utilisa les remparts comme mur pour adosser les habitations ou même comme carrière pour prélever des pierres de construction.  Les remparts passent donc sur des maisons privées. On marche sur un revêtement que je croyais mis pour que le promeneur ne glisse pas. C’est en fait, un isolant pour éviter les infiltrations dans les habitations en dessous. La promenade est très plaisante avec une vue sur les toits, les terrasses que se sont aménagées les habitants.

Le circuit touristique dans les rues de la ville historique est amusant. J’adore chercher un détail signalé sur le plan, une fenêtre, un escalier. J’ai bien aimé les décors avec les chardons sur les portes, les tourelles des maisons nobles.

L’église de la Cavalerie, à l’origine, chapelle templière du 12ème siècle a subi de nombreuses restaurations, au 18ème siècle : le porche et la nef, au 19ème la sacristie, la chapelle et les vitraux, le clocher en 1875. Il ne reste donc plus guère de trace des templiers ou des hospitaliers qui leur succédèrent après la dissolution de l’ordre en 1312.

A l’écart de la ville close deux très beaux bâtiments : deux bergeries du Larzac aménagées.

La Couvertoirade

la Couvertoirade
La Couvertoirade

La Couvertoirade est un très beau village un peu plus au sud, qu’il ne fallait pas rater selon la dame de L’Office de Tourisme de Millau.  Les tours se voient de très loin.  La route fait une courbe vers le parking obligatoire. Le Village est enfermé dans de hauts murs. Mais c’est la belle au bois dormant ! Billetterie fermée, ville endormie, il n’y a personne en dehors de quelques artisans qui travaillent. Les boutiques et ateliers des artisans sont fermée. A une dame qui remettait en état son atelier, je demande où nous pourrions manger : « au Caylar » . Je monte aux ruines du château perché sur de vieilles marches inégales.

Lavogne
Lavogne

A défaut de restaurant, nous faisons une pause apéro avec des biscuits salés à côté d’une Lavogne : mare artificielle pavée pour retenir l’eau. J’ai été étonnée d’apprendre que cette lavogne avait été construite à l’extrême fin du 19ème siècle. Rien de médiéval !

Le Caylar :

Le Caylar

Le bourg est situé dans l’Hérault, proche de l’A75, coiffé  d’un château sur son rocher. De nombreux restaurants, hôtels hébergent les touristes de la Couvertoirade. Nous trouvons des spécialités : un merveilleux croque-monsieur au Roquefort me servira de déjeuner.

En route vers Montpellier

La route descend dans des pins, puis le paysage vers Lodève devient plus ensoleillé, plus riant, plus méditerranéen. Avant Lodève, on retrouve la A75. Plus facile pour entrer dans Montpellier de se trouver sur un grand axe. Nous faisons confiance au GPS, ratons la sortie et arrivons pile à l’heure chez Mimi. Sa terrasse est ensoleillée. Le printemps est déjà arrivé à Montpellier

Millau et ses environs

CARNET CATALAN

Les halles de MiIllau et la tour du palais des Rois d’Aragon

Les hauts piliers haubanés du viaduc de Millau se voient de loin. Nous nous faisons une joie d’emprunter cet ouvrage d’art si célèbre. Hélas, la société d’autoroute fait des travaux, elle a dévié les deux sens de circulation sur la voie de gauche. L’aire du viaduc est inaccessible. Ce sera plus difficile de faire des photos et nous ratons toutes les explications. Pour Millau, il aurait fallu quitter l’autoroute avant le pont. A défaut de l’aire,  voulons au moins passer par le viaduc. Péage 8.30€. Il faut dépasser le pont sur 12 km avant de trouver une sortie.  Est-ce qu’on pourra rejoindre Millau par la route ou devrons nous repayer le péage ?

Le viaduc de Millau
Le viaduc de Millau

Deux possibilités , soit par la Cavalerie et le plateau du Larzac, à l’est, soit par St Rome-de -Cernon et Saint Georges de Luzençon à l’ouest. Les distances sont comparables. Nous partons vers la Cavalerie, traversons les paysages austères du Larzac avec de grosses coopératives de fromage.

Le village de Mélac

Puis nous changeons d’avis parce que l’itinéraire par le Cernon passe sous le Viaduc de Millau. Sur la carte je repère le château de Mélac. Le village de Mélac est dans un creux, petite église, maisons de pierres blotties les unes contre les autres et un château composite carré avec une grosse tour ronde. On pourrait y descendre à pied par un chemin creux dallé entre deux rangées de buis. Le buis est très présent dans ce paysage calcaire. Un étendard « des seigneurs de Rouergue » balise la route vers le château. Le village est charmant avec de très belles maisons. Les chiens semblent plus nombreux que les humains.Surpris de notre visite hors saison, ils aboient bien fort ce qui ne m’engage pas trop dans les explorations pédestres.

Château de Mélac

Nous traversons le village de St Rome-de-Cernon bâti de part et d’autre de la rivière que l’on longe jusqu’à Saint Georges de Luzençon qui est un assez gros bourg, très joli.

Millau est bâtie sur les bords du Tarn et d’une ancienne voie romaine. La vieille ville est d’abord cachée par les immeubles modernes qui s’étagent à flanc de colline. Ce n’est que quand on passe le pont Lerouge que les curiosités se dévoilent : un tronçon du pont vieux, qui s’avance dans la rivière et s’interrompt un peu comme le pont d’Avignon, avec un curieux bâtiment, un moulin qui s’avance dans l’eau, à la base creusée par l’érosion et le courant. On emprunte ensuite de larges rues animées pour arriver sur les boulevards de l’Ayrolle et de Bonald qui ceinturent la ville médiévale sur l’emplacement de ses anciens remparts. Boulevards agréables plantés de platanes avec des cafés, caractéristiques des villes du midi.

MIllau tour des rois d’Aragon

Sur la  Place des Consuls,  se trouvent des hôtels XVIème XVIIème et même plus anciens. L’Office de Tourisme  est installé dans la Maison Galy XIIème, XIIIème  XIVème.  J’y suis très bien reçue. Avec un plan, je vais pouvoir découvrir la ville !

La plupart des monuments  se trouvent  dans la ville médiévale.  De  très étroites ruelles piétonnières  relient trois places principales : la place des Halles avec une très belle halle style  Baltard (1898), métallique repeinte récemment de bleu, la grande place des Consuls avec La Tour des rois d’Aragon. Le Palais des Rois d’Aragon fut mentionné en 1172 mais  fut coiffé en 1613 d’un beffroi polygonal. Entre 1629 et 1825, il servit de prison

Kupka – Pionnier de l’Abstraction au Grand Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 30 juillet 2018

Kupka 1909 – les touches de piano le lac

Connaissez-vous Kupka ?

De nom, oui, mais sans plus.

L’affiche et le sous-titre le renvoie à l’abstraction, je le confonds un peu avec Delaunay, Kandinsky, Mondrian. Comme j’aime les découvertes, j’ai filé au Grand Palais dès notre retour de Céret.

Kupka : autoportrait 1905

Kupka est né en Bohème en 1871, alors autrichienne. Je l’imaginais plutôt viennois, mais il s’installe à Paris dès 1896, y travaillera beaucoup et s’éteint à Puteaux en 1957.

madame Kupka dans les verticales 1901-1911

Cette rétrospective très complète montre l’évolution de l’artiste, de la peinture figurative à l’abstraction, passant du symbolisme viennois jusque dans les années 1809-1899 avec des hommes ou ds femmes nues dans la nature, des sujets ésotériques de sphinx ou de génies hindous.

Anticlérical!

Dessinateur de Presse:

A Paris il collabore avec des revues

anticlérical!

satyriques, libertaires, et ses dessins sont aussi corrosifs qu’un Charlie Hebdo, dénonçant le capitalisme, les cléricaux (toutes religions confondues, même francs-maçons), et le militarisme

Anticapitaliste!

Kupka illustre l’Homme et la Terre d’Elisée Reclus

 

Il illustre aussi Les Erynhies de Lecomte de  Lisle, Promethéus d’Eschyle et Lysistrata d’Aristophane, approfondissant sa connaissance de l’art Grec.

A côté des dessins à l’encre, et des gravures libertines,  il peint aussi des tableaux colorés, parfois étranges

j’ai l’impression qu’il sait tout faire!

De 1907 à 1911, sa peinture subit une évolution fulgurante vers l’abstraction, la figure se dissout d’abord dans la couleur.

Gamme jaune

Cette gamme jaune est à rapprocher des tableaux ultérieurs (années 1930) où il peindra la forme du jaune, la forme de l’orange, la forme du vermillon. Les touches de piano, le Lac, sont encore figuratif. Une intéressante série de 4 études de La jeune fille cueillant des fleurs montre l’apparition de plusieurs lignes verticales qui découpent le tableau, de décomposition du mouvement puis de la disparition totale du décor et de la simplification de la jeune fille suggérant son mouvement quand elle se penche.

Femme dans les triangles
Femme dans les triangles

Le sujet finit par disparaître, dans la rupture avec le mimétisme il ne reste plus que des formes géométriques des courbes comme dans les Disques de Newton

les disques de Newton

Finalement toute une série arrive au grand tableau Anamorpha présenté au salon d’Automne 1912.

Anamorpha

La suite de l’exposition consiste en tableaux abstraits et souvent très colorés. qui dit abstraction ne dit pas création au hasard ou gratuite. On assiste souvent à des gammes avant de traduire une idée abstraite comme la courbure de l’espace-temps qui a intéressé Kupka ou ces architectures ascensionnelles ou gothiques.

J’ai beaucoup aimé Autour d’un point

Autour d’un point

et Jazz hot

Jazz hot

Mais je peux pas tout montrer ce que j’ai photographié avec ardeur!

Allez-y!