BALADES EN ÎLE DE FRANCE

La Bièvre est un affluent de la Seine, couvert près de Paris (33 km), un joli ruisseau à Jouy-en- Josas, prenante sa source à Guyancourt. Elle était aussi appelée Ruisseau des Gobelins. Tapisseries des Gobelins, Toiles de Jouy, les eaux de la Bièvre n’étaient sans doute pas innocentes dans cette industrie textile? La promenade commence à la sortie de la Gare du RER C, Rue Jean Jaurès jusqu’au rond point. On trouve ensuite le chemin piétonnier en suivant la pancarte Musée de la Toile et on trouve le campus Thales. Le sentier suit la Bièvre et c’est une courte promenade tranquille jusqu’au Musée de la Toile de Jouy. Comme le Musée n’ouvre qu’à 11h, j’ai suivi les balises rouge et blanches du GR 22 (le sentier de Paris au Mont Saint Michel) qui m’ont conduite à la Gare du RER C du Petit Jouy – les Loges, puis qui est monté bien raide en forêt. Chênes et châtaigniers le jour de la Toussaint : des couleurs d’or et un tapis de feuilles.

Le Musée de la Toile de Jouy est une excellente surprise.

D’où me venait ce préjugé qui faisait de la Toile de Jouy un tissu mièvre et démodé, tout juste bon pour une chambre d’enfants? Je n’attendais donc rien de spécial de cette visite. Et j’avais bien tort!



A l’étage, une présentation technique illustrée en motifs de Toile de Jouy agrandis, détaille les étapes de la fabrication:
lavage des toiles blanches, grillage et calandrage, blanchiment sur l’herbe, pincettage à la main, sèchage, pliage….
les toiles étaient principalement teinte à la garance rouge et à l’indigo venant des Antilles. Poudres de colorants, tampons et plaques sont pr
ésentés au musée.

Les Indiennes de coton furent importées à Marseille au 17ème siècle par les Arméniens. Colbert créa ensuite la compagnie des Indes Orientales.
E 1686, pour protéger les soieries françaises on interdit l’importation des toiles de coton. Les huguenots installèrent en suisse des fabriques d’indiennes et cet interdit fut levé en 1759.
En 1760, Oberkampf, allemand qui avait appris la technique d’impression en suisse fonda la Manufacture de Jouy en Josas.

La présentation historique de ce Musée est particulièrement intéressante et m’a passionnée. La proximité de la cour de Versailles et l’excellence des tissus a permis le développement de la manufacture. Louis XVI anoblit Oberkampf . La Révolution n’a pas mis fin à la prospérité, au contraire! c’est au début des années 1790 que la production atteignit son apogée nécessitant le travail de 10.000 ouvriers. 
Tout juste les motifs changèrent. On imprima la démolition de la Bastille, puis la Fête de la Fédération, enfin la conquête de l’Egypte…Oberkampf devint en 1789 le maire de Jouy, fut décoré de la Légion d’honneur par Napoléon. Quand il mourut en 1815, les officiers prussiens lui rendirent les honneurs. Intéressants aspects aussi du blocus continental.
On peut aussi raconter l’histoire en examinant les motifs des toiles, fleuris et décoratifs pour certains, délicieusement colorés et extiques :

D’autres racontent des histoires comme Paul et Virginie :

L’Indépendance des Etats Unis inspira les illustrateurs, l Mythologie aussi, plus neutre en ces périodes de changement politique…

Les médaillons me font penser aux wax africains. Ils racontent aussi l’histoire des idées. Existe-t-il un musée des Wax?
Au rez de chaussée une exposition est consacrée au thème de l’amour : amours volages ou durables, célébrations du mariage et de l’amitié sur laquelle le temps a moins de prise. tous les symboles y sont expliqués.
Ne pensez pas que les toiles de Jouy n’ont pas d’avenir. il en existe aussi des contemporaines, JP Gauthier les a utilisées ainsi que d’autres créateurs actuels

Le parc de l’Eglantine recèle de très beaux spécimens d’arbre, la promenade est un peu abrupte, on sort du parc dans la forêt de Versailles où on retrouve le GR22 et d’autres itinéraires balisés.

Nous avons pique-niqué aux abords du très beau haras de Vauptain. En arrière plan,7 les arcades de l’aqueduc de Buc construit par Louvois en 1684 pour apporter l’eau au parc de Versailles.

















Sous notre belvédère, on a signé les terrasses très verdoyants, remonté les murettes, consolidé le toit de la chapelle avec des cailloux, installé des tables de pique-nique et remonté l’abri de jardin rond Girna en pierre sèche qui fait un peu penser aux trulli des Pouilles. Il y a même une pelouse verte incongrue. En descendant la route vers Wied-il-Ghasri, e me retourne. Insoupçonnée au dessus des jardins une barre d’immeuble contemporain avec balcons métalliques et grandes baies vitrées coiffe le rebord de la colline. Les architectes se sont bien débrouillés. Nous ne l’avions même pas remarquée.
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Deux têtes de pierre très réalistes précèdent la collection de petites femmes aux hanches fécondes et aux cuisses dodues, déesses-mères, nanas minuscules…un escargot, seul animal présent dans la vitrine. A côté des femmes de terre cuite, des épiphyses d’os de bovins sont ciselées en têtes minuscules. Dans une autre vitrine on a réuni des personnages masculins aplatis, casquées au corps en forme de trapèze ou de hache, des guerriers peut être ?


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La plus grande est un lavoir avec une série de bacs profonds en pierre . Une femme en tablier bleu y fait sa lessive. Sur un cartel, est expliqué que jusqu’au 19ème siècle, il y avait cinq sources : Ghajn-tal-Logog était surmontée de trois arcades pour protéger les hommes et bêtes. La plus importante Ghajn-il-Kaira, le lavoir, 1373, porte les armoiries de la famille Azopordi qui a fait construire le lavoir.
En face Ghajn-tal-Beigh était l’abreuvoir du bétail, subsistent encore deux auges de pierre. Ghajn-tal-wied était la source de la vallée. La présence des sources sur cette île aride était primordiale. De nombreux musées insistent sur le problème de l’eau. Sur Gozo, seules les vallées (wied) sont vertes irriguées avec des arbres fruitiers, des légumes ou du maïs. Le blé pousse sur des terrasses soigneusement entretenues.




Les petits minibus blancs des plongeurs et des touristes sont garés à proximité. La promenade à pied me tente. Je me voile dans mon paréo jaune sénégalais. S’il avait été plus grand j’aurais volontiers imité les femmes Maures des environs de Saint Louis du Sénégal. Dommage que les islamistes aient confisqué à leur profit les voiles ! Un paréo comme voile sur le tankini c’est peut être une tenue ridicule mais bien confortable. La falaise de sable est creusée en courbes souples coiffée d’Upper Coralline comme à Xlendi. Deux portes s’ouvrent sur une caverne troglodyte où selon Evasion sont entreposées les pompes permettant d’élever l’eau de mer dans les bassins situés nettement au dessus du niveau de la mer. Comment faisaient les Romains qui ont exploité les premières salines ?