Jouy en Josas : Promenade sur les bords de la Bièvre et en forêt Musée de La Toile de Jouy

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

La Bièvre à Jouy

La Bièvre est un affluent de la Seine, couvert près de Paris (33 km), un joli ruisseau à Jouy-en- Josas, prenante sa source à Guyancourt. Elle était aussi appelée Ruisseau des Gobelins. Tapisseries des Gobelins, Toiles de Jouy, les eaux de la Bièvre n’étaient sans doute pas innocentes dans cette industrie textile? La promenade commence à la sortie de la Gare du RER C, Rue Jean Jaurès jusqu’au rond point. On trouve ensuite le chemin piétonnier en suivant la pancarte Musée de la Toile et on trouve le campus Thales. Le sentier suit la Bièvre et c’est une courte promenade tranquille jusqu’au Musée de la Toile de Jouy. Comme le Musée n’ouvre qu’à 11h, j’ai suivi les balises rouge et blanches du GR 22 (le sentier de Paris au Mont Saint Michel) qui m’ont conduite à la Gare du RER C du Petit Jouy – les Loges, puis qui est monté bien raide en forêt. Chênes et châtaigniers le jour de la Toussaint : des couleurs d’or et un tapis de feuilles.

Musée de la Toile de Jouy dans le château de l’Eglantine (19ème s)

 

Le Musée de la Toile de Jouy est une excellente surprise.

la manufacture et la fabrication

D’où me venait ce préjugé qui faisait de la Toile de Jouy un tissu mièvre et démodé, tout juste bon pour une chambre d’enfants? Je n’attendais donc rien de spécial de cette visite. Et j’avais bien tort!

A l’étage, une présentation technique illustrée en motifs de Toile de Jouy agrandis, détaille les étapes de la fabrication:

lavage des toiles blanches, grillage et calandrage, blanchiment sur l’herbe, pincettage à la main, sèchage, pliage….

 

les toiles étaient principalement teinte à la garance rouge et à l’indigo venant des Antilles. Poudres de colorants, tampons et plaques sont pr

ésentés au musée.

Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815)

Les Indiennes de coton furent importées à Marseille au 17ème siècle par les Arméniens. Colbert créa ensuite la compagnie des Indes Orientales.

E 1686, pour protéger les soieries françaises on interdit l’importation des toiles de coton. Les huguenots installèrent en suisse des fabriques d’indiennes et cet interdit fut levé en 1759.

En 1760, Oberkampf, allemand qui avait appris la technique d’impression en suisse fonda la Manufacture de Jouy en Josas.

 

La présentation historique de ce Musée est particulièrement intéressante et m’a passionnée. La proximité de la cour de Versailles et l’excellence des tissus a permis le développement de la manufacture. Louis XVI anoblit Oberkampf . La Révolution n’a pas mis fin à la prospérité, au contraire! c’est au début des années 1790 que la production atteignit son apogée nécessitant le travail de 10.000 ouvriers. 

Tout juste les motifs changèrent. On imprima la démolition de la Bastille, puis la Fête de la Fédération, enfin la conquête de l’Egypte…Oberkampf devint en 1789 le maire de Jouy, fut décoré de la Légion d’honneur par Napoléon. Quand il mourut en 1815, les officiers prussiens lui rendirent les honneurs.  Intéressants aspects aussi du blocus continental.

On peut aussi raconter l’histoire en examinant les motifs des toiles, fleuris et décoratifs pour certains, délicieusement colorés et extiques :

au motif de l’ananas!

D’autres racontent des histoires comme Paul et Virginie : 

Paul et Virginie illustré!

 

 

L’Indépendance des Etats Unis inspira les illustrateurs, l Mythologie aussi, plus neutre en ces périodes de changement politique…

Grecques ou romaines?

Les médaillons me font penser aux wax africains. Ils racontent aussi l’histoire des idées. Existe-t-il un musée des Wax?

Au rez de chaussée une exposition est consacrée au thème de  l’amour : amours volages ou durables, célébrations du mariage et de l’amitié sur laquelle le temps a moins de prise. tous les symboles y sont expliqués.

Ne pensez pas que les toiles de Jouy n’ont pas d’avenir. il en existe aussi des contemporaines, JP Gauthier les a utilisées ainsi que d’autres créateurs actuels

Jouy 21ème siècle!

 

Le parc de l’Eglantine recèle de très beaux spécimens d’arbre, la promenade est un peu abrupte, on sort du parc dans la forêt de Versailles où on retrouve le GR22 et d’autres itinéraires balisés.

haras de Vauptain et aqueduc de Buc

Nous avons pique-niqué aux abords du très beau haras de  Vauptain. En arrière plan,7 les arcades de l’aqueduc de Buc construit par Louvois en 1684 pour apporter l’eau au parc de Versailles.

Chrétiens d’Orient à l’IMA – 2000 ans d’histoire

EXPOSITION TEMPORAIRE A L’INSTITUT DU MONDE ARABE

jusqu’au 14 janvier 

Plaques d’ivoire 6ème et 7ème siècle

Exposition importante couvrant 2000 ans d’histoire et tout le Moyen Orient, de l’Egypte à l’Anatolie, du Liban à l’Arménie……réunissant des pièces d’une valeur inestimables, certaines prêtée par des communautés et couvents. Grande variété aussi des objets, mosaïques et chapiteaux, icônes, manuscrits et textiles sans oublier les photographies et même des films…Chacun y trouvera ce qu’il cherche.

Bible arménienne enluminée

Pièces antiques des premiers chrétiens et objets liturgiques. Une étude très exhaustive présente  les courants du christianisme avec les influences, les conciles, les théories qui les différencient: christianisme alexandrin, nestorien, arménien, melkite, maronite…. La naissance du monachisme, des stylites aux monastères du désert égyptien occupe une salle entière.

icône

Après la Conquête Musulmane au 7ème siècle, les Croisades au 11ème, et la Constitution de l’empire Ottoman, les influences se mêlent, les cultures s’hybrident, se répondent. Les objets s’échangent : objets de la vie quotidienne fabriqués par les artisans chrétiens pour les dignitaires musulmans,  ou gravure des commerçants turcs à la Foire de Beaucaire.

maquette des lieux saints à destination des pélerins

Une Bible polyglotte en sept langues, imprimée à Paris par l’orientaliste Savay de Brèves, ambassadeur à Constantinople 1591-1614 – publiée de 1620 à 1645 permettait aux érudits de comparer la version hébraïque du texte sacré à sa traduction grecque, syriaque, copte, araméenne….J’ai été aussi très impressionnée par la lettre de Soliman à François 1er accordant les capitulations.

Détail du rideau d’autel en coton de madras

Un rideau d’autel de la chapelle arménienne de Jérusalem est en coton de Madras, venant d’Inde, illustrant le rôle des chrétiens dans le négoce des textiles dans la région et surtout à Alep…

Difficile de ne pas évoquer dans l’histoire récente, les persécutions :  le Génocide Arménien ainsi que les massacres des Syro-Chaldéens au début du 20ème siècle. Une exposition photo des Pénélopes, femmes attendant un  mari, un fils disparus, un film libanais…

 

 

 

 

Victoria (2) Prison, musée ethnographique

CARNET MALTAIS

la citadelle de Victoria

Je n’ai pas terminé la visite de la Citadelle;

cathédrale

Le Multipass Heritage n’est pas valable pour la Cathédrale. Une duègne revêche contrôle billets et habillement, distribue foulards pour les épaules découvertes et grands linges pour les jambes. Elle est tellement désagréable qu’elle me dissuade d’aller acheter un billet. Les groupes se pressent sur le parvis près de la statue de Jean Paul II.

La Prison

Prison : graffiti

A partir de 1548, cette prison était destinée aux chevaliers emprisonnés pour duel ou meurtre. Les conditions sanitaires étaient bonnes. Les nouveaux arrivants étaient examinés par un médecin, on leur changeait savon et serviette deux fois par semaine, et ils avaient droit à un bain chaque matin. La nourriture était celle autorisée par la règle catholique : deux onces de fromage ou de poisson salé, des olives les lundi, mercredi , vendredi et samedi tandis que jeudi et dimanche 4 onces de bœuf ou de porc., en plus du pain, du café de la soupe du thé et du lait.

Les prisonniers travaillaient ils étaient employés au balayage des rues et diverses corvée. En 1820 ce sont les prisonniers qui déblayèrent Ggantija.

Ils étaient peu nombreux  en 1854 , 13 tandis qu’il n’y avait plus personne en 1856.

Les cellules étaient petites, environ 2m x2m avec un banc seerant aussi de lit.

J’ai surtout aimé les graffitis : ceux représentant des bateaux sont magnifiques.

Gran Castello

Le Gran Castello est un Musée Ethnographique installé dans une très belle demeure seigneuriale. Outils, poids et mesures, charrettes, tamis et batteuses occupent le niveau le plus bas (rez de chaussée un peu enfoncé). Dans l’entrée, près de l’escalier, il y a un très joli petit puits dont la margelle est soigneusement polie. A l’étage, les pièces sont vastes et claires. Elles étaient occupées par les maîtres de maison< ; une collection de petits personnages en céramique de la taille de santons illustrent la vie populaire : musiciens avec accordéon, fileuse et sa quenouille, procession religieuse…c’est charmant.

zazfzafa

La salle suivante est consacrée à la musique : tambourins, pipeau de roseau, flûtes et cornemuse maltaise en peau de chèvre avec une corne de taureau. La zafzafa est un instrument à percussion avec la peau tendue sur une jarre de terre cuite présentant un morceau de bois fiché au centre de la peau.

Nasses et filets

Dans les encoignures des portes, des lampes à huiles sont placée pour montrer l’éclairage d’autrefois. La maison est très vaste. Différentes pièces communiquent entre elles et avec les terrasses si bien que je me suis égarée. Un tout petit garçon âgé tout au plus de 4 ans m’a dirigée dans le labyrinthe des pièces. Son anglais est tout à fait british mais il parle maltais avec sa mère.

Dernières baignades, fin de saison, promenade sur la falaise

CARNET MALTAIS

Xlendi, l promenade et le port

A la plage, c’est la fin de la saison. Le port s’est vidé. Yachts et bateaux de plaisance sont partis mais également les vedettes pour les promenades des touristes et les plongeurs. Les barques des pêcheurs sont hissées à quai. La poutre et la corde à nœuds qui faisait la joie des jeunes et des moins jeunes, ont été démontées. Je nage à grand peine contre les vagues qui agitent l’eau dans l’anse. Du côté de la mer ouverte, de grosses vagues battent les rochers. Je m’y aventure pour un petit tour et rebrousse chemin aussitôt. Pépés et mémé maltais ne sont plus là, les familles avec enfants non plus. Il reste quelques jeunes téméraires et les touristes, certains affublés d’un masque et tuba de pacotille, le masque enfermant le visage entièrement que je n’avais vu auparavant que sur les très jeunes enfants. On parle allemand, scandinave et italien et on n’entend plus le maltais.

Ma deuxième baignade plus tard dans l’après midi confirme l’idée que l’été est terminé (dans deux jours officiellement c’est l’automne°.

Le soleil se couche aussi plus tôt vers 19h. Si je veux rejoindre Xlendi en partant de Sannat par le sentier côtier il aurait fallu être à Sannat au plus tard à 17h30. Il est presque 18h. Deux jeunes Allemands me découragent : ils  sont partis à 16h et ont mis deux heures. Le vent a chassé les nuages et les brumes, la lumière est merveilleuse. Du côté de la terre le panorama est aussi saisissant de netteté.

Victoria vue des falaises de Sannat

Toute l’île se déploie, Victoria resplendit, je vois nettement la croix de Malsinforn  sur la butte et reconnais la silhouette de Ta’Pinu. Il y a des randonneurs. « follow the red dots ! ». Je marche d’un bon pas. A 18h20 j’arrive au belvédère des falaises de Sanap (du nom de la moutarde qu’on y cultivait)à la jonction avec la route de Munxar. Eux jeunes français m’engagent à continuer jusqu’à Xlendi où j’arriverai avant 19h. J’essaie de téléphoner à Dominique. Il n’y a pas de réseau. Une belle allée dallée remplace le sentier, je la parcours jusqu’au bout et découvre la Tour de Xlendi dans le soleil du soir. Je suis à un jet de pierre de ma promenade du matin.

la mesure de la dérive – Alexander Maksik

LIRE POUR LA GRECE – EXILS

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne résiste pas à une couverture où figure une église des Cyclades! j’avais déjà noté ce titra à la veille de notre voyage à Santorin.

incipit : 

« Il faisait nuit, à présent.

Jacqueline n’avait rien mangé depuis la barre de chocolat tut aplatie ramassée sur les marches de la pharmacie.

la volonté de Dieu, lui dit sa mère…. »

Il ne s’agit pas de tourisme. Une histoire de migrants, d’exil. De ces naufragés qui s’échouent sur les îles de la Méditerranée?  Contraste entre  le paradis des vacanciers qu’est Santorin et la quête d’un refuge, de quelque chose à manger.

Les clichés véhiculés par la télévision cachent les destins individuels. Jacqueline est libérienne. Ni la pauvreté, ni l’espoir d’un avenir européen ne l’ont jetée sur la plage. Evacués, les préjugés! Jacqueline veut passer pour une étudiante américaine en vacances, et elle donne le change, réussit à cacher la faim, se trouve même un moyen de survie : masseuse sur la plage.

Le premier acte de sa tragédie, n’est pas l’exil. Son histoire est au Libéria. Oubliés, les clichés! Elle n’est pas une « pauvre » africaine lancée par la misère sur les routes…Au contraire, elle a vécu une enfance est une jeunesse dorée dans les arcanes du pouvoir, a étudié à Londres. Les difficultés du quotidiens n’effacent pas son passé dans le Libéria de Charles Taylor, guerre civile, enfants soldats et massacres….

C’est un sujet grave qui contraste avec le cadre solaire de l’île, la beauté des paysages, l’insouciance des vacanciers. J’aurais quand même voulu en apprendre un peu plus sur le Libéria.

 

 

 

Zebbug – Wied il-Ghasri

CARNET MALTAIS

Wied il-Ghasri

Nouvelle tentative  au musée Karmini Grima de Gharb . La route, coupée à l’aqueduc, est déviée vers Kercem par les chemins. J’aime beaucoup ces itinéraires dans les cultures mais il ne faut pas rencontrer une voiture en face.  La densité des voitures sur Gozo est démente. Le musée est fermé malgré les informations d’Internet. Aucun signe d’une ouverture prochaine.

Wied-il-Ghasri  est bien  fléché. Suivant les panneaux, on arrive à Ghasri  ;  on s’égare aboutissons à Zebbug, village perché sur une arête avec une grande église (encore !). Cul de sac ! La vue est magnifique depuis le belvédère face au phare construit sur une colline ;  la résidence s’appelle Lighthouse. Le panorama est très étendu, surplombe Wied-il-Ghasri ;  les villages de Ghasri et de Gharb bordent l’horizon, dans le creux , Ta’Pinu. Les collines pointues sont d’argile bleue d’autres, plus hautes surmontées d’un banc calcaire. Je dessine en pensant à mes carnets de terrain du temps de mes études de géologie. Les terrasses allongées soulignent les  courbes de niveau, les figuiers de barbarie soulignent les bords, amandiers et caroubiers font de la verdure. Les grandes cannes des roseaux plient au vent.

Sous notre belvédère, on a signé les terrasses très verdoyants, remonté les murettes, consolidé le toit de la chapelle avec des cailloux, installé des tables de pique-nique et remonté l’abri de jardin rond Girna en pierre sèche qui fait un peu penser aux trulli des Pouilles. Il y a même une pelouse verte incongrue. En descendant la route vers Wied-il-Ghasri, e me retourne. Insoupçonnée au dessus des jardins une barre d’immeuble contemporain avec balcons  métalliques et grandes baies vitrées coiffe le rebord de la colline. Les architectes se sont bien débrouillés. Nous ne l’avions même pas remarquée.

Pour Wied-il-Ghasri, c’est tout droit, à une fourchette je rencontre un touriste à pied. « La route est un peu bumpy, il vaut mieux continuer à pied mais il y a une voiture garée, après cde sont des escaliers. » On ne découvre le mini-fjord, comme un serpent émeraude au dernier moment en descendant es escaliers, fracture dans la falaise, un tout petit canyon dans lequel la mer s’et engouffrée. J’ai de la chance : il n’y a personne sauf un jeune couple avec masque et tuba qui barbote plus bas. C’est un privilège de découvrir un si joli endroit pour soi seule ! Je filme l’eau limpide qui va et vient sur les galets. Près du bord, elle est verte, plus loin d’un bleu profond, par endroits,  turquoise. De temps en temps, une vague plus forte que les autres pousse l’onde plus loin et vient battre contre la paroi rocheuse.

2

Je remonte en suivant les points rouges sur la falaise.  Là où la mer est libre, elle est agitée et décorée de petites crêtes d’écume blanche. Un peu plus loin se trouvent les salines de Malsalforn. Nous traversons la station balnéaire pour regagner Victoria par la grande route bordée de beaux pins et de bordures fleuries.

Moulin, Grotte de Calypso, falaises de Sannat

CARNET MALTAIS

Moulin Ta’Kola

A quelques pas  de Ggantija se dresse le Moulin Ta’Kola dont on a récemment restauré les 6 ailes et qui a gardé intacte sa machinerie pour moudre le blé ; Il a servi pendant la famine au cours de la seconde Guerre Mondiale. On y a aménagé un joli musée ethnographique : au rez de chaussée, une collection de vieux outils à l’étage le logis du meunier modeste mais confortable.

Grotte de Calypso

Plage de Ramla

Elle est très bien signalée par des panneaux routiers au nord de Xaghra. Un petit parking  est aménagé. Un cheminement mène à un point de vue au dessus de la belle plage de sable de Ramla. La grotte de Calypso est fermée, visite dangereuse. Je suis étonnée qu’elle soit perchée aussi haut et loin du rivage. Je l’imaginais proche de la mer.

Retour par Victoria pour aller au marché : 2 filets de flétan. Puis Poste Piazza Savina. Le marchand de légume nous a dit que c’était  loin et qu’il fallait prendre la voiture. En effet, c’est compliqué, embouteillé. J’aurais mieux fait d’y aller à pied (500m). Le Bureau de Poste est minuscule logé dans une échoppe plus petite que la boutique de téléphone mobile voisine. Deux postiers occupés à tamponner des bordereaux me laissent piétiner 20 minutes pour 5 timbres alors que la viture est en deuxième file.

Xlendi : baignade

Les baignades se suivent et ne se ressemblent pas. Tout d’abord, je me réjouis de voir la « swimming zone »  déserte. Le week end est terminé, les maltais sont au travail – pensais-je. En haut de l’échelle, une adolescente hésite. Je m’élance. S’il n’y a personne c’est que le vent s’est levé et l’eau est agitée. Du côté du large j’ai toutes les peines du monde à avancer. Les vagues viennent frapper les rochers ? Prudemment je retourne vers l’intérieur de l’anse plus abritée. Après mon aller-retour habituel je rejoins non sans appréhension l’échelle.

Après la sieste, devoirs de vacances, tri de photos ..Le vent s’est un peu calmé.

Les Falaises de Sannat

Falaises de Sannat2

De Munxar on passe presque sans transition à Sannat, contourne la grande église. Les falaises sont à la sortie du village. Il faut garer la voiture près d’un jardin public et traverser un no man’s land encombré de fenouils géants. Les falaises sont encore plus hautes que celles de Xlendi. Il me semble apercevoir Comino et Malte mais c’est peut être la côte sud de Gozo. Le sentier côtier passe ici. Deux personnes confirment qu’on peut arriver à Xlendi en suivant les points rouges. Un chasseur est à l’affût assis sur une chaise de bureau rembourrée fixée derrière un muret.

Ggantija : temple préhistorique

CARNET MALTAIS

Megalithes

Ggantija est une visite « incontournable » de Gozo. Le site se trouve à Xhagra. Le Musée ultramoderne est logé dans une sorte de caisson de tôle rouillé. Après vérification du Multipass Heritage  une porte s’ouvre sur un couloir aveugle, on pense au « couloir du temps ». La première vitrine présente la plus vieille céramique incisée très finement de motifs d’oiseaux (3100-2400 av.JC). De grosses boules de pierre servaient probablement à transporter les mégalithes.

Deux têtes de pierre très réalistes précèdent la collection de petites femmes aux hanches fécondes et aux cuisses dodues, déesses-mères, nanas minuscules…un escargot, seul animal présent dans la vitrine. A côté des  femmes de terre cuite, des épiphyses d’os de bovins sont ciselées en têtes minuscules. Dans une autre vitrine on a réuni des personnages masculins aplatis, casquées au corps en forme de trapèze ou de hache, des guerriers peut être ?

Une salle tente de montrer la vie quotidienne au Néolithique et reconstituer le  régime alimentaire. Moutons, chèvres porcs et bovins étaient domestiqués et on cultivait l’orge, le blé et les lentilles.

L’historique de la découverte et des fouilles du site est détaillé. Au 17ème siècle on parlait de la tour des Géants. Les légendes des géants qui auraient porté ces mégalithes étaient répandus dans les contes populaires.  G Pisani s’en inspira dans son poème La Géante (1909)

A la belle  clarté de la lune

Aux heures douces des nuits sereines

Là-bas, dans le silence de Xaghra toujours verte

Rêve la Géante

 

Le Grand tour de l’Italie, la Sicile, incluait parfois Malte. Ces visiteurs ont rédigé des relations de voyage décrivant ou dessinant le Ggantija ou le Cercle de Xaghra : JP Houel (1787). Le Cercle de mégalithes était encore visible , il fut démantelé au 19ème siècle et au 20ème, on peut reconstituer l’aspect du site d’après ces gravures.

Il est temps de découvrir le monument, ou tut au moins ce qui en reste. Il est presque incroyable de penser que ces temples ont traversé 5000 ans presque intacts et que moins de 200 ans l’ont réduit à une ruine alors qu’il était déjà célèbre !

Plus ancien que les Pyramides, que le Cairn de Barnevez ou que Newgrange. Je savais d’avance que les monuments préhistoriques sont parfois décevants même s’ils sont spectaculaires par leur taille. Je suis stupéfiée par la sophistication des structures complexes, des pièces arrondies du plan en forme de trèfle pour le plus petit avec plus de « feuilles » pour le grand. Ils étaient également ornés, enduits à l’ocre, ornés de grosses perforations. Les cupules servaient elles pour les libations ou les sacrifices ? Les interprétations restent des hypothèses et les cartels restent .

2

Le chemin vers la sortie est bordé par une ferme bio aux magnifiques grenades, poivrons et autres légumes. Sur le mur un caméléon se donne en spectacle, il riboule des yeux comme tout caméléon qui se respecte.

Les fontaines de Fontana

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Fontana

Fontana se trouve en haut d’un wied de cultures maraîchères irriguées. A l’entrée de  Fontana deux grottes ou constructions en arcades m’avaient intriguée.

La plus grande est un lavoir avec une série de bacs profonds en pierre . Une femme en tablier bleu y fait sa lessive. Sur un cartel, est expliqué que jusqu’au 19ème siècle, il y avait cinq sources : Ghajn-tal-Logog était surmontée de trois arcades pour protéger les hommes et bêtes. La plus importante Ghajn-il-Kaira, le lavoir, 1373, porte les armoiries de la famille Azopordi qui a fait construire le lavoir.

En face Ghajn-tal-Beigh était l’abreuvoir du bétail, subsistent encore deux auges de pierre. Ghajn-tal-wied était la source de la vallée. La présence des sources sur cette île aride était primordiale. De nombreux musées insistent sur le problème de l’eau. Sur Gozo, seules les vallées (wied) sont vertes irriguées avec des arbres fruitiers, des légumes ou du maïs. Le blé pousse sur des terrasses soigneusement entretenues.

Balcon maltais

A Fontana, nous avions remarqué des enfilades de balcons maltais, les rues sont d’une grande homogénéité architecturale.

les salines de Marsalforn

CARNET MALTAIS

les salines de Malsalforn

Nous partons très tôt pour être les premières aux salines de Qbjjar près de Marsalforn. Le GPS a demandé si nous voulions bien rouler sur des chaussées non revêtues et j’ai répondu oui. A la statue de Jean Paul II à l’entrée de Victoria, nous nous engageons dans de petites rues et arrivons dans une jolie campagne. Le ruban de ciment n’est pas large ; heureusement nous n’avons rencontré personne. La promenade dans les terrasses et les creux cultivés m’enchante. Sur une butte conique de Tas-Salvatur on a planté une grande statue. La première statue du Christ (1909) aurait été foudroyée et remplacée en 1960 par une autre en béton.

la station balnéaire de Malsaforn

La petite route rejoint une grande à l’entrée de Malsaforn construite d’immeubles pour loger les estivants .Nous voici arrivées dan une station balnéaire organisée. Petit tour sur le port désert au petit matin (9h, quand même !)ce qui nous permet de nous jouer des restrictions de circulation. (Circulation réservée aux propriétaires de bateaux) un charmant petit port mais gare à la foule ! Nous suivons la côte jusqu’au quartier résidentiel de Qbajjar Bay. Les immeubles font un mur continu, pas trop laid puisqu’en pierre locale mais au moins 4 ou 6 étages Je me félicite d’avoir choisi Xlendi !

Anciennes salines

A la sortie de la ville, nous arrêtons la voiture en haut d’une côte et découvrons la première saline : des rectangles creusés dans l’Upper Coralline, les bords  semblent renforcés de cailloux. Les reflets de lumière jouent à la surface de l’eau. Jolie mosaïque. Un home marche avec précaution sur les rochers pointus, il est encombré d’un tuyau rouge. Quand il se stabilise sur un endroit plus confortable il déploie sa canne à pêche télescopique. Je reconnais la photo de la carte postale mais suis un peu déçue. Cette saline est vraiment très petite ! Un peu plus loin, la falaise s’abaisse formant une petite anse rocheuse où se baignent déjà des gens. C’est bien tentant mais il est trop tôt ! Le tankini avec ses coques en mousse ne sèche pas comme mon ancien maillot de bain. Je vais devoir le supporter mouillé toute la matinée. Me voici bien punie d’avoir acheté sur Internet. Si je l’avais essayé je ne l’aurais sans doute pas acheté. Je renonce donc à une baignade si désirable dans l’eau cristalline. De l’autre côté de la baie s’élève un fort ; batterie du 18ème siècle. Sous ses murs on a creusé d’autres salines aux bassins plus grands aux formes plus irrégulières, contournées.

Salines à la pointe

Les grandes salines encore exploitées sont plus loin vers l’Ouest le long de la route côtière. Creusées dans les Greensands, d’un beau jaune. Il est interdit de se promener sur les œillets ou d’y jeter des saletés. Exploitées de mai à septembre selon le guide Evasion, je ne vois pourtant ni tas de sel ni paludiers. La saison est-elle déjà terminée ?

Les petits minibus blancs des plongeurs et des touristes sont garés à proximité. La promenade à pied me tente. Je me voile dans mon paréo jaune sénégalais. S’il avait été plus grand j’aurais volontiers imité les femmes Maures des environs de Saint Louis du Sénégal. Dommage que les islamistes aient confisqué à leur profit les voiles ! Un paréo comme voile sur le tankini c’est peut être une tenue ridicule mais bien confortable. La falaise de sable est creusée en courbes souples coiffée d’Upper Coralline comme à Xlendi. Deux portes s’ouvrent sur une caverne troglodyte où selon Evasion sont entreposées les pompes permettant d’élever l’eau de mer dans les bassins situés nettement au dessus du niveau de la mer. Comment faisaient les Romains qui ont exploité les premières salines ?

Nous décidons de retourner à Gharb voir le musée, en passant par Victoria. La rue de la République est pavoisée d’oriflammes colorés de grande taille. Que fête-t-ton ?  Le musée est encore fermé. Nous observons une bien curieuse procession partie de Ta’Pinu : un camion porte la vierge entourée de guirlandes bleues et blanches  suivie d’une file de gamins à vélos puis de voitures. Peut être les vitres sont là par hasard bloquées provoquant un embouteillage monstrueux.

Les baignades se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a foule du côté de la corde à nœuds et de la poutre. Dans la « swimming zone » le long de la promenade se déroulent des jeux nautiques commentées en maltais dans une animation sonore. D’un petit bateau à moteur les organisateurs lancent des bouteilles de vin que les nageurs attrapent au vol ou plongent pur les remonter. Ensuite il y a une course de kayaks. Le bruit est assourdissant mais la bonne humeur  des réjouissances dominicales gozitaines est contagieuse.