Kruja – ville de Skanderbeg

 

Kruja : vue du balcon de notre chambre à l’hôtel Panorama

Notre voiture est une belle Clio rouge, le GPS connait l’Albanie.

Nous sortons facilement de Tirana par l’a route de l’aéroport et retrouvons le Sofitel délirant avec sa coupole ronde verte et ses statues monumentales en bronze qui m’évoque, je ne sais pourquoi l’Asie centrale ou la Chine. Un autre hôtel aux moellons marron singe un château fort avec tourelles et créneaux. Bizarreries architecturales !

Sofitel près de l’aéroport

Nous ratons la bretelle en direction de Kruje et arrivons dans un centre commercial. Laideur universelle des entrées des villes avec les concessionnaires automobiles, showrooms prétentieux, hangars des centres commerciaux ou artisanaux. Enfin, nous traversons une petite ville dépaysante. avec ses étals de légumes,  pastèques et melons, aubergines et cerises et les friperies du marché. Nous quittons la plaine pour la montagne, la route s’élève en lacets dans une forêt et des oliveraies.

petit sanctuaire bektashi

A une épingle à cheveux, une petite coupole verte surmonte un cube blanc Sari Saltik  – justement au programme du Roadbook. Trois hommes sont assis devant le petit temple ; Un homme m’accompagne. Il me montre une pierre très lisse creusé d’une fente, trace du bâton sur lequel l’ermite s’appuyait. Aux murs, des portraits d’Ali, d’Hassan. Ils sont bektashis, musulmans libéraux « qui n’ont de soucis ni avec les catholiques ni avec les orthodoxes » selon le vieil homme qui me tend une coupelle que je prends pour une sébille. Je fonce à la voiture chercher de la monnaie. Erreur ! La monnaie doit aller dans une fente dans le sanctuaire ; Dans la coupelle, il y a des bonbons au café. « mais c’est Ramadan ! » je m’exclame. Apparemment, ces vieux ne jeûnent pas et ne s’attendent paas à ce que je le fasse non plus. Les bonbons c’est une récompense pour respecter leur  culture. Le vieux me serre affectueusement (un peu trop à mon goût).

Selon le Road book il y aurait un très beau point de vue près de la grotte de l’ermite. On engage bien imprudemment la voiture sur une piste creusée d’ornières. La Clio est très basse, nous faisons rapidement demi-tour, mais la manœuvre est laborieuse.

Beaucoup de virages plus loin, et beaucoup de camions chargés de pierres des carrières voisines, la ville de Kruje est bâtie à flanc de colline, quelques immeubles dépassant l’étagement des maisons font tache.

ville de Kruja

L’hôtel Panorama est le plus grand établissement de la ville.  Signalé par de grandes banderoles, il est facile à trouver. Ses balcons regardent la citadelle.

Deux parkings sont prévus pour les voitures de tourisme au bas de la colline. La carte « handicapés » permet d’ouvrir les bornes rétractiles barrant la vie piétonnière. Dans de belles maisons ottomanes on a installé des hôtels ou des guest -Houses. Les propriétaires se manifestent « vous avez une réservation ? » dit un monsieur « Venez donc déjeuner chez moi » dit une dame. C’est charmant, de petites terrasses sont aménagées sous des tonnelles de vigne chez la dame, sous des cannisses chez le monsieur. On regrette d’être à l’hôtel.

La tour de l’hOrloge

Je monte à la Tour de l’Horloge, tour carrée coiffée d’un  toit à 4 pans, un carillon avec  les cloches des églises environnantes y était installé. Il semble maintenant abandonné.

Un petit troupeau de moutons à la laine épaisse et propre, déambule dans les herbes odorantes ;

Plus bas se trouve le « château de Skanderbeg » entre guillemets parce que terminé en 1988 à l‘initiative de la fille d’Enver Hoxha. Bâtiment de pierre claire. Le donjon carré porte l’aigle bicéphale, ses fenêtres sont  en arcades romanes. Il est flanqué d’un côté d’une terrasse de l’autre de trois pavés en escalier. C’est un monument assez harmonieux qui ne ressemble pas du tout à une citadelle médiévale. L’intérieur est un mausolée ou plutôt un cénotaphe. Dès l’entrée on découvre un groupe sculpté dans du calcaire blanc : Skanderbeg et ses compagnons. Deux gardiens illyriens sont postés à la porte de la salle suivante. Au fond, une fresque illustre une bataille opposant Pyrrhus aux Romains.  (Bénéventum 275 av JC ou Héraclée 280 av JC ?). Les objets sont bien présentés : monnaie illyrienne, bouclier rond, un casque, des jambières….D’autres salles racontent Kruja au Moyen Âge, puis les conquêtes ottomanes. Une salle est couverte de fresques réalisées en 1882 par trois artistes différents.

Skanderbeg et ses compagnons

Les répliques des armes de Skanderbeg portent la devise INPERATOREBT

Jesus Nazareth  Principe Epire Roi Albania Terreur des Ottomans.

Le casque porte la dépouille d’une bête à cornes. La suite du musée présente des souvenirs de Skanderbeg, le plus souvent des fac-similés de textes diplomatiques, des gravures du héros, des tableaux modernes, des bustes géants. Je me lasse vite.

Musée ethnographique de Kruja : maisonToptani

Le Musée ethnographique, en revanche est une véritable merveille. Il est aménagé dans la très belle maison de la Famille Toptani – construite en 1764, solide maison blanche à étage avec des escaliers extérieurs.

Au rez de chaussée, le berger logeait au dessus du troupeau dans une sorte de mezzanine ou cabane en bois sous la maison. On voit le billot du boucher, l’alambic et une cuve pour refroidir la rakia, un moulin à farine, un pressoir à huile, la fabrication des chapeaux et des fez…

costumes des albanaises

A l’étage vivait la famille des propriétaires. Comme dans les Maisons-musées que nous avons visitées en Bulgarie les pièces sont réparties autour de l’entrée avec le salon des femmes et le salamlik, le salon des hommes. Dans le salon des femmes sont exposés des costumes d’une finesse inouïe. Le salon des hommes est plus vaste, plus décoré avec de belles fresques, des armes, des pipes et de plus belles armoires aux découpes caractéristiques à la silhouette d’un flacon élégant. Des ouvertures en hauteur permettaient aux femmes et aux enfants de surveiller les réceptions sans être vues. Comme en Bulgarie, on mangeait sur des tables basses rondes presque des plateaux posés au ras du sol. Les cheminées ont leur manteau métallique arrondi, peint en blanc et stuqué. La famille riche possédait un petit hammam avec  une coupole ajourée et des bancs de marbre. Une salle contenait le métier à tisser.

salamlik

Nous avons déjeuné au restaurant Merlika sous les canisses en bordure de la falaise avec une merveilleuse vue sur la montagne blanche qui a valu son nom à l’Albanie. Pizza pour Dominique et salade grecque pour moi(pas d’olives) un verre de blanc et du café 1700 lekë(12€) . Nous prolongeons l’après midi sur la terrasse jusqu’à ce que le soleil tourne et qu’il n’y ait plus d’ombre.

Notre chambre à l’Hôtel Panorama est agréable, le balcon est à l’ombre et donne sur la tour de l’Horloge et la citadelle.

Un fin minaret effilé comme un crayon se trouve à une vingtaine de mètres. J’aime cet appel à la prière qui me transporte en Orient  alors que nous sommes à un jet de pierre de l’Italie.

Kruja restaurant Merlika

Le vieux Bazar est u  marché touristique dans une rue ondulante qui épouse une courbe de niveau. Des maisonnettes de bois aux toits de tuile sont accolées ; les toitures se chevauchent presque. La rue est dallée de galets ronds très lisses et très glissants. Une rigole court au milieu de la rue ; Proposés à la vente, des tapis avec beaucoup de rouge, des motifs imitant l’aigle albanais. Les kilims me font bien envie comme les chaussettes multicolores en jacquard jolies mais bien rêches et peu confortables. Tissées sur places, nappes et écharpes. Ce qui me plairait c’est un moulin à café ancien en cuivre.

au bazar de Kruja

Comme nous avons bien mangé au restaurant, nous nous contentons d’un börek aux épinards et un au fromage en regardant la lumière changer, le soleil se coucher et les monuments s’illuminer.

Adieu Simone Veil! – Et tu n’es pas revenu – Marceline Loridan-Ivens

J’avais dévoré ce livre sensible, témoignage poignant, de Marceline Loridan que Claudialucia avait fait voyager. Je n’avais pas su écrire  un billet. Certains sujets m’intimident, la déportation plus encore. Qu’écrire de plus qui soit pertinent?

J’ai beaucoup aimé entendre l’auteur parler de son amie Simone Veil à la télévision.

J’ai senti qu’il fallait que j’aille aux Invalides. rien ne me retenait, ni le travail, ni les obligations. J’avais la matinée libre,. Il faisait beau. Nous y sommes allées à 4 copines. Je goûte très peu les cérémonies officielles, Marseillaise, Drapeau, hommages militaires. Et pourtant je voulais dire adieu à celle qui résume  l’histoire du 20ème siècle, aussi bien la résistance au fascisme, la construction européennes, le droit des femmes, la loi qui porte son nom… toutes grandes causes qui m’ont fait vibrer.

Tirana – Musée historique, Place Skanderbeg et promenade

CARNET DES BALKANS :ALBANIE

le musée historique

Bonne introduction au voyage : le Musée Historique va nous donner des pistes!

Malgré le chantier le Musée est ouvert. (200 leke). La  façade est très réussie.  Commandée par Enver Hoxha,  elle fut inaugurée en 1981, représente «  l’élan du peuple albanais vers son indépendance et son identité ».  Au centre, Mère Albanie est encadrée par un ouvrier communiste et un partisan. Les autres personnages sont un guerrier illyrien, deux combattants de Skanderbeg, l’écrivain Naim Frasheri et des partisans armés. L’œuvre communiste originale fut remaniée en 1992 et 2011.

L’Histoire de l’Albanie commence à la Préhistoire

25.000 -12000 :  grotte de Trenit Korça

7000 – 3700 : Néolithique poteries et statuettes anthropomorphes, certaines statues féminines me font penser aux idoles cycladiques.

1050 – 500 : Âge de Bronze : parures avec fibules, céramiques sophistiquées rappelant les vases grecs, pétroglyphes avec des silhouettes anthropomorphiques très géométriques.

 

Antiquité Grecque et Romaine

3ème siècle av JC l’Etat illyrien alliés aux Macédoniens guerroyaient contre les Romains.

Invasions barbares et époque byzantine

Après les Avars, le Huns, les Slaves déferlent sur les Balkans. Les 3 états illyriens dans l’empire byzantin gardèrent leur originalité ethnique. Durant l’époque byzantine de très nombreuses fortifications et châteaux forts protégeainet le territoire contre les envahisseurs

11ème/12ème siècle : des révoltes éclatèrent dans Byzance. Le royaume bulgare étendait sn pouvoir. 1016, défaite des Bulgare par les Byzantins.

12ème/13ème arrivée des Normands puis des Hohenstaufen jusqu’à la mort de Manfred en 1266 Les Anjou soumettent l’Illyrie jusqu’en 1272

13ème/14ème : les familles albanaises administrent la région . Une reconstitution de la citadelle de Berat illustre cette époque.

1354-1402 conquête ottomane.

 

14.5-1468 Skanderbeg et sa famille Kastrioti ont régné sur l’Albanie. Toute une salle du Musée est dédiée à Skanderbeg avec une grande statue, une fresque et des armes d’époque, parfois des fourches de bois.

Les salles suivantes illustrent une époque nettement postérieure :

Renaissance Nationale : de la fin du 19ème siècle à l’Indépendance en 1912. Une série de photographies sépia ou Noir et blanc montrent des moustachus portant le fez et parfois la fustanelle. Un luxe de détail en albanais sans traduction rend la visite monotone pour les non-albanais qui ne connaissent rien de ces combattants.

Une salle est consacrée au Roi Zog, puis un « couloir anti-fasciste » mériteerait sans doute plus de traduction. En revanche la belle salle rouge des icônes retient plus mon attention, mes préférées sont une Dormition de la Vierge et un Saint Dimitri entouré de saynettes vivantes.

La mosquée et l’Horloge

place Skanderbeg

La petite mosquée Et’hem bey est à côté de la Tour de l’Horloge, tour carrée surmontée d’un toit à quatre pentes. Vide, un escalier métallique permet d’accéder à la terrasse d’où il y a une belle vue.

La mosquée est peinte de motifs floraux ou de paysages de campagne ou de villes. Il faut se déchausser pour entrer dans al salle de prière. Je déplie mon voile turc de Beysehir. Grand sourire de l’assistance, un peu clairsemée malgré le Ramadan. La coupole est peinte de guirlandes de fleurs. La salle est exigüe. Elle est charmante avec son balcon pour les femmes.

LA

Promenade Boulevard Deshmoret e Kombit

Ce matin Armand avait désigné le long boulevard Deshmoret e Kombit (avenue des Martyrs) comme Les Champs Elysées de Tirana. C’est une promenade agréable et facile pour terminer l’après midi, partant de la place Skanderbeg entre les ministères. Bordé d’espaces verts, les pins parasols magnifiques lui donnent un air d’Italie (à la suite des ministères italiens), il est agrémenté de monuments divers : Une bizarre sculpture métallique en ferraille d’un japonais, en face un monument des lettres formant le nom de  Tirana peintes de blanc, rouge noir un peu à la manière d’un Dubuffet.  La Pyramide « mausolée d’Enver Hoha » fut inaugurée en 1988 pour son anniversaire posthume de 80 ans. Avec ses triangles rayonnant  elle est en piètre état portant des antennes pour téléphones mobiles et des peintures comme des tags.

La pyramide

J’ai bien aimé les vendeurs de livres qui exposent les ouvrages les plus variés, manuels scolaires de mathématiques, albums pour enfants, le Théâtre de Sophocle et Le Petit Prince, pour ce que j’ai reconnu.

La rivière Lana coule dans un canal cimenté, elle est vraiment très petite.

Le boulevard se termine dans un cul de sac formant la Place de Mère Théresa. Au fond un grand bâtiment à étages a une silhouette sévère. Le Musée Archéologique est précédé d’une colonnade à piliers carrés, mussolinienne ou stalinienne ? Le troisième côté de la place est un institut artistique d’où s’échappe de la musique classique.

 

Après une bonne douche , nous terminons l’après midi sur la terrasse encadrée de verdure de l’hôtel  puis allons dîner un peu plus loin dans la rue, dans un restaurant qui a affiché sur sa façade, ses plats sous forme d’images. Le patrontrès aimable, parle anglais. Nous commandons quatre köfte (25 leke chacune) une salade de concombre tomates, olives et oignon. Les légumes sont d’une fraîcheur et d’un  goût incomparable. Ils semblent frais cueillis du jardin. Le pain est en petites miches rondes sans croûte dans laquelle on a incisé une croix. Nous avons aussi commandé ce que nous croyions être de la sauce au yaourt mais qui se révèle être du ragoût avec de petits morceaux de viande dans une sauce blanche.

Arrivée à Tirana – Installation

CARNET DES BALKANS : ALBANIE

Arrivée sur Tirana

Vol Transavia, départ d’Orly 7h10.

En vol

Les nuages cachent la Champagne. Des montagnes enneigées émergent, nuages comme des grumeaux dans un paysage fantastique. Suisse ou Italie ? Je reconnais le Delta du Pô, la lagune de Venise. A peine quelques minutes pour traverser l’Adriatique, les îles croates s’égrènent, les montagnes calcaires ont des formes bizarres. Mur vertical entaillé. L’avion perd de l’altitude au dessus des bouches de Kotor, fjord bleu profond, toits rouges. On arrive à Tirana par la mer après avoir survolé une lagune ou un marais. A l’aéroport, les formalités de police sont interminables. Devant les tapis des bagages, une dame nous fait cadeau d’une pièce pour prendre un caddie.   Mauvaise surprise : une roulette de ma valise est cassée.

Armand d’Albania Tradition venu nous accueillir parle vraiment très bien français. Je lui soumets une batterie de questions, pratiques comme les horaires des repas mais aussi une littéraire : je suis en train de lire La Provocation de Kadaré. Quel est donc cet ennemi  à la frontière, en  1960 qui menace l’Albanie ? Réponse d’Armand, c’est la paranoïa du Dictateur qui voyait des ennemis partout. Un autre témoignage de cette paranoïa est la construction de bunkers comme des champignons.

Skanderbeg dans les palissades et échafaudages
place Skanderbeg

La place centrale de Tirana, la Place Skanderbeg est en chantier. On a banni les voitures pour la daller. Elle est comprise entre le Musée d’Histoire surmonté d’une mosaïque colorée, l’Opéra, la petite Mosquée d’Et’hem Bey. A son extrémité en demi-lune, des ministères furent construit par des architectes italiens à l’initiative du roi Zog, jaune et rouge sang (couleur maison des cantonniers en Italie) persiennes vertes à l’italienne, colonnes plaquées et têtes casquées.

Petite mosquée peinte 

Près de la mosquée, il y a une église, un peu plus loin, la cathédrale orthodoxe. Le Ramadan vient de commencer. J’avais peur que cela nous gène pour manger. Aucun risque, nous rassure Armand. Si la population est officiellement musulmane, les Albanais ne pratiquent pas.  Dans la première journée je verrai tout juste une demi-douzaine de femmes voilées. Les autres sont en tenue légère puisqu’il fait 31°C.

Hôtel Comfort  – Rruga Fortuzi a une terrasse couverte encadrée par deux murs végétalisé : du lierre, de a vigne vierge du chèvrefeuille et bignone y grimpent tandis  laurier-palme, olivier et même un épicéa ont été taillés pour avoir un port vertical. Des pots de céramique vernissée (mais vides) sont accrochés pour apporter leur touche de couleur.  Le mobilier est moderne avec des fauteuils en faux rotin gris. Les nombreux consommateurs de tout âge, hommes, femmes, enfants mélangés, sirotent des cafés ou boivent des bières.

Notre chambre est confortable. Elle a une grande salle de bains mais aucune vue.

Première course : la banque ou plutôt le guichet automatique. Celui de la Société Générale d’Albanie traduit les instructions en Français, mais il faut faire une curieuse manipulation pour demander des billets de 500leke, comme je ne comprends pas et qu’il m’en faudrait beaucoup pour obtenir les 30.000 leke que j’ai commandé, je renonce.

La pyramide

A Tirana, on ne risque pas de mourir de faim. Je trouve des Beureks aux épinards feuilletés triangulaires excellents et des  roulés au fromage, un peu mous moins bons que les épinards. Les terrasses des cafés et des restaurants  sont très animées. Conjugué avec le prix modique des consommations, Il ne faut pas s’en priver(un café 0.70 leke, O.5€). L’embarras est de choisir : des parasols bleus foncés, pour être bien à l’ombre, la WIFI, un endroit stratégique face au Musée Historique.

Picasso primitif au Quai Branly

LE MONDE EN EXPOS Exposition temporaire jusqu’au 23 juillet 2017

Attention! c’est une très grosse exposition, il faut compter au moins 2 heures et même plus. C’est une exposition double : la première partie est une chronologie, passionnante mais surtout des textes et des photos, quelques masques mais peu d’oeuvres de Picasso, même si c’est très intéressant il faut passer assez rapidement pour avoir encore de la fraîcheur et de l’attention pour la seconde partie qui est la confrontation des oeuvres des « primitifs » et de Picasso. Il y a de nombreuses toiles quelques sculptures, et c’est vraiment éblouissant. 

Gou dieu Fon (Abomey) et la femme à la poussette

« je me hâte d’ajouter que je déteste l’exotisme »

écrit Picasso à Apollinaire

parcours chronologique

Année après année, commençant par l’Exposition Universelle de 1900, nous suivons les découvertes de Picasso, ses premières acquisitions, ses rencontres (1905 Gertrud Stein), Vlaminck acquiert le masque fang qu’il transmet à Derain Picassole voit en compagnie de Matisse

masque fang

1907 est une année capitale , c’est l’année des Demoiselles d’Avignon et celle de la visite de Picasso au Musée Ethnographique du Trocadéro, malgré « l’odeur de moisi et d’abandon… » Picasso est saisi : « j’ai compris que c’était le sens de la peinture. […] ce n’est pas un processus esthétique c’est une sorte de magie »

Une vidéo de 2’10 en N&B est projetée très réussie.

C’est aussi l’année où Picasso achète un Tiki polynésien.

1912 apparition de l’expression « art nègre »

masque Nimba guinée

c’est l’occasion de découvrir Picasso dans le décor familier de ses ateliers successifs avec ses amis et le tout-Paris. On voit apparaître successivement Gertrud Stein (1918) André Breton, puis en 1922 Aragon… en 1945 le poème de Senghor « masque nègre »est dédié à Picasso

Masque nègre

Léopold Sédar SENGHOR
Recueil : « Chants d’ombre »

A Pablo Picasso

Elle dort et repose sur la candeur du sable.
Koumba Tam dort. Une palme verte voile la fièvre des cheveux, cuivre le front courbe.
Les paupières closes, coupe double et sources scellées.
Ce fin croissant, cette lèvre plus noire et lourde à peine – ou’ le sourire de la femme complice?
Les patènes des joues, le dessin du menton chantent l’accord muet.
Visage de masque fermé à l’éphémère, sans yeux sans matière.
Tête de bronze parfaite et sa patine de temps.
Que ne souillent fards ni rougeur ni rides, ni traces de larmes ni de baisers
O visage tel que Dieu t’a créé avant la mémoire même des âges.
Visage de l’aube du monde, ne t’ouvre pas comme un col tendre pour émouvoir ma chair.
Je t’adore, ô Beauté, de mon œil monocorde!

1947 Picasso fait le portrait d’Aimé Césaire

Nevimbumbao

Matisse veut lui offrir le masque Nevimbumbao . En 1951,  Picasso le refuse mais le réclame à la mort de Matisse en 1954.

Picasso se met en scène en chef indien coiffant les plumes d’un chef indien, coiffure offerte par Gary Cooper, ou en matador, en costume africain..

Cette exposition chronologique vaut à elle seule le déplacement

Mais la deuxième partie Corps à corps où les oeuvres du Maître sont confrontées aux masques, tissus, statues des Arts Premiers, est absolument magique. Les oeuvres sot rassemblées par thème Verticalité, par exemple, rassemble 5 études pour « Nu debout » 1908 vis à vis d’une statuette du Gardien Reliquaire

Verticalité : Nu debout

 Un autre thème exploité est celui de la métamorphose ou la mise en abyme

nature morte avec guéridon

Dans cette nature morte se cache une femme, pour la trouver un indice : les deux pommes vertes sont les seins! Elle est exposée près d’une cape inuit de toute beauté où se cachent des corbeaux et des baleines.

Autre technique : l‘assemblage, collage, sculpture, céramique, les techniques employées par Picasso sont diverses. Les assemblages sont bien sûr nombreux dans les masques et fétiches africains riches de leur charge magique.

singe

les animaux ne sont pas oubliés.

La défiguration est aussi un thème

pour arriver aux représentations sexuelles chez le peintre comme dans les arts premiers

Baiser

l’exposition se termine par une salle obscure, presque magique.

Titanic et autres contes juifs de Bosnie – Ivo Andric

BIBLIOTHÈQUE BALKANIQUE

Ce joli petit livre de moins de 200 pages dans la collection motifs a une couverture en tapisserie très plaisante. C’est un recueil d’une dizaine de courts textes qui ne sont pas vraiment des contes mais plutôt des chroniques de la communauté juive bosniaque. Chroniques variées, qui commencent avec nostalgie dans le cimetière juif de Sarajevo, petit monde des Séfarades, épitaphes en Espagnol ou simples dates de l’année 1941 pour des tombes anonymes. Le vainqueur est le texte qui s’approche le plus du conte, il met en scène David vainqueur de Goliath, vainqueur amer : « il avait rêvé de gloire; de victoires et de triomphes ; mais ce qu’il vivait là était une douleur et un feu dont on ne pouvait sortir »… tristesse prémonitoire des souffrances à venir….

Mordo Atias est le portrait d’un herboriste juif d’une ancienne famille séfarade de Travnik, la ville d‘Ivo Andric. Ce dernier excelle dans les portraits, j’avais apprécié ceux de Mara la courtisane, le premier livre que j’ai lu de cet auteur.

Le départ du consul de Napoléon relate un épisode où les Juifs de Travnik furent considérés à l’égal des autres habitants et non pas comme simplement tolérés, ils témoignent leur  reconnaissance au consul français qui quitte la ville.

Un amour à Vichegrad et Lotika mettent en scène séfarades mais aussi ashkénazes, si la Bosnie est une mosaïques de confession, à l’intérieur de la communauté juive des histoires très différentes coexistent, Lotika, femme d’affaire, veut faire fructifier son patrimoine pour aider sa famille.

Les dernières nouvelles racontent le 20ème siècle, la difficulté de la coexistence des communautés, la haine entre elles, l’antisémitisme. Titanic évoque un naufrage, celui d’un simple tenancier de bistro louche, juif pauvre,  éloigné de la communauté qui sera le jouet d’un oustachi minable. Histoire tragique racontée avec sensibilité.

 

Ruta Tannenbaum : Miljenko Jergovic

BIBLIOTHÈQUE BALKANIQUE

Miljenko Jergovic est un auteur Croate, né en 1965 à Sarajevo, vit à Zagreb depuis 1993. l’action de Ruta Tannenbaum se déroule à Zagreb de 1920 à 1943.

 

Ruta Tannenbaum est librement inspiré du destin de Léa Deutsch, une jeune actrice disparue. Ruta Tannenbaum est  la « Shirley Temple de Zagreb« , née de parents juifs non pratiquants. Elle sera déportée en 1943.

 

Je n’ai aucun goût pour les enfants prodiges, encore moins quand ce sont des petites filles gâtées et arrogantes. Ses parents sont plutôt antipathiques, fades et peu intéressants. Sans empathie pour les personnages principaux, connaissant la triste fin de l’histoire….j’ai donc eu la tentation d’abandonner ce livre dès les premiers chapitres.

J’aurais eu tort.

Le père de Ruta, Salomon Tannenbaum, dit Moni,a un caractère médiocre, sauf quand il traîne sous la  fausse identité d’Emmanuel Keglevic, pilier de bistrot et mauvais sujet où il devient fort  déplaisant. Ivka Singer la mère, fut une beauté dont il ne reste rien, sa seule activité semble de marcher en talons pour déranger ses voisins goys. Elle confie, sans qu’on comprenne bien pourquoi, sa fille à sa voisine à moitié folle qui a perdu un enfant…

Autour de ces personnage principaux gravitent de nombreux personnages secondaires décrits avec beaucoup de pittoresque et de vivacité. j’ai beaucoup aimé le band père Abraham Singer, commerçant à la retraite, conscient du danger qui guette les Juifs et qui a vendu sa boutique pour faire émigrer ses enfants en Amérique. Un rabbin roumain très pieux… un ingénieur, un metteur en scène arriviste, une dramaturge pro-nazi qui rêve de voir sa pièce jouée devant le Führer… sont portraiturés de manière plus vive.

Le contexte historique et politique fait tout l’intérêt du livre. Les Zagrébois assistent d’abord  à l’Anschluss avec une sympathie non cachée pour les nazis. .  Zagreb est une ville encore très autrichienne. Artistes et comédiens n’ont d’yeux que pour Vienne. On assiste aussi à la montée de l’antisémitisme, aux avertissements des Sionistes et de certains juifs conscients du danger. De sympathie pro-germanique, les Oustachis, prenant le pouvoir, se comportent en terribles suppôts des nazis.

En 1943, ce sera la solution finale.

Cette collaboration entre Oustachis croates et Allemands est un épisode de l’histoire dont j’avais vaguement entendu parler. Ce roman en donne une version très intéressante.

 

Pissaro à Eragny – Exposition au Luxembourg

EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSÉE DU LUXEMBOURG jusqu’au 9 juillet 2017

 

Cette exposition s’inscrit très bien dans notre série de visites de maisons d’artistes, il nous semble visiter Pissaro chez lui à Eragny. Le grand portrait nous accueille face à l’entrée où sont accrochées des photos de son décor familier. Photos de famille, de son atelier, de son chevalet mobile qu’il roule dans un verger.

Dans la deuxième salle, titrée « Des Panoramas à profusion » nous découvrons la campagne environnante avec une palette claire, gaie, avec des petites touches presque pointillistes.

L’anarchie et la nature

Met l’accent sur un aspect que je ne connaissais pas du peintre : proche d’Elisée Reclus et d’Octave Mirbeau, Pissaro veut faire partager ses convictions anarchistes en réalisant un recueil de gravures Turpitudes sociales dont le fac-simile réédité en 1972 est exposé sous une vitrine.

Les hommes prennent le devant de la scène.

En 1886, le groupe impressionniste se dissout, Pissaro se rapproche de Seurat. Est-ce à ce rapprochement qu’on doit des tableaux presque pointillistes? On fait aussi connaissance avec son fils Lucien qui réalise des toiles selon cette même technique mais avec une palette un peu moins claire. Père et fils peignent sur les mêmes thèmes.

De nombreuses aquarelles de petits formats témoignent de la recherche de rendre l’immédiateté des changements de lumière.

Revenons à Lucien, en Angleterre, il fonde une maison d’édition Eragny Press éditant de nombreux textes français illustrés, présentés dans une vitrine; je remarque particulièrement le début d’Hérodias de Flaubert . le texte ci-contre, le début d’Hérodias décrit le palais d’Hérode à Machéronte où nous sommes passées il y a peu.

Hérodias : Eragny Press

Les paysages d’Eragny 1887 montrent des personnages , la moisson, la cueillette des pommes.

Travaux des champs (1894-1901)

Le livre illustré sur le travail agricole fut publié à Londres en 1894 : pour cet ouvrage de nombreuses études sont exposées dans une salle qui leur est consacrée. Pissaro fait appel à de nombreuses technique : gravure sur bois, craie sur papier à décalque, fusain, stylo et encre de chine. Il recommence plusieurs fois et les étapes du travail en progrès sont très intéressantes. J’ai noté : la gardeuse de vache, la fenaison, les femmes « faisant de l’herbe », une femme nourrissant les poules, des femmes récoltant des pommes…et bien sûr les travaux des hommes, semeur, moisson…

récolte des pommes
Semeur

Les personnages peuplent davantage les tableaux suivants!

Nous terminons l’exposition avec les vues du jardin potager d’Eragny.

Mara la courtisane et autres nouvelles – IVO ANDRIC

LIRE POUR LES BALKANS

Ivo Andric (1892-1975) est né à Travnik, en Bosnie dans une famille croate mais il s’est défini comme serbe et comme yougoslave. Prix Nobel 1961. Merci à l’ami FaceBook, qui m’a recommandé cet auteur!

Mara la Courtisane est un recueil de 10 nouvelles, de longueur variable. La nouvelle qui a donné le titre au livre est la plus longue. Si elles se déroulent toutes sur les mêmes lieux, aux environs de Sarajevo, elles se succèdent dans le temps, du 18 ème siècle au début du 20 ème siècle . L’Histoire s’égrène,  de l’empire ottoman qui se délite, à l’entrée de l’Autriche en Bosnie, l’arrivée de la modernité, le chemin de fer, la Première Guerre mondiale….

C’est une galerie de portraits , chaque nouvelle présente un personnage singulier, Bonneval Pacha, l’aventurier  français, qui a servi le roi de France avant de se rallier à son ennemi à Vienne et finalement se convertir à l’Islam pour profiter de la protection de Constantinople….agité et violent, désinvolte.

L’esclave, razziée en Herzegovine dans un village détruit, est farouche. Je ne suis pas arrivée à préciser la date de l’exaction. Jusqu’à quelle époque cette pratique abominable a-t-elle été pratiquée dans les Balkans? Dans l’empire ottoman, c’est seulement en 1871 que l’esclavagiste  tomba sous le coup d’un emprisonnement (un an seulement)Wikipedia. lire aussi ICI

Au temps du cantonnement présente une série de dignitaires et militaires ottomans, cadi, mullahs, pachas et imams dans toute leur diversité. Au sein des armées turques les origines étaient diverses, les cantonnements éloignés aussi bien en Arménie, en Anatolie, à Brousse ou Constantinople…Sarajevo ou pire Travnik n’étaient pas des postes très prisés. Le Mullah Jusuf  qui accompagne le pacha est un triste personnage, poète, muezzin, mais aussi violeur.

Après la lecture de ces deux nouvelles où le sort des femmes est particulièrement cruel, je comprends mieux Lalé la Blanche – recueil de nouvelles – d’Ömer Seyfettin, auteur turc du début du 20ème siècle. J’avais trouvé ces nouvelles d’une cruauté presque insupportables détaillant un viol et d’autres abus.

A l’auberge du monastère : le personnage principal est un moine, Marko, plutôt simplet, dont la foi s’exprimait le mieux quand il jardinait :

« allez pousse! avec l’aide du ciel » exhortait-il le plan de betterave dont il arrachait les feuilles.

On retrouve Marko dans une autre nouvelle : autour de l’alambic. Même si la Bosnie est sous la loi ottomane, la rakia y joue un rôle principal. Turcs comme chrétiens en font une consommation déraisonnable et nombreuses violences et crimes lui sont imputables.

Plusieurs nouvelles se déroulent pendant l’année troublée 1878 pendant l’insurrection des Serbes de Bosnie Herzegovine  Très ignorante de l’histoire de cette région, j’ai été un peu perdue entre les protagonistes : Le Lieutenant Murat, lieutenant de l’armée turque se trouve entraîné dans des événements qui le dépassent..

A ces courtes nouvelles succède Mara la courtisane , environ 50 pages d’une histoire tragique. Courtisane? l’adolescente, fille du boulanger enlevée par un noble turc qui quittera le pays à la faveur des troubles. Recueillie dans une famille de notables chrétiens, elle partage la vie des femmes qui est bien difficile.

L’histoire du kmet Siman est celle du métayer qui se rebelle contre l’aga propriétaire de la ferme. A la suite de l’annexion par l’Autriche de la Bosnie, il croit pouvoir ^detre le maître de son sort, et le seul bénéficiaire des récoltes. Mais ‘Autriche n’a pas aboli la propriété ni les lois turques régissant le métayage…Siman sombre dans l’alcoolisme après avoir perdu ses procès, mais toujours persuadé de son bon droit

« il y a une justice, crois-moi, Salih bey ! Je veux bien être un imbecile, un bon à rien. Je veux bien! mais il en viendra un , un meilleur que moi, qui règlera plus intelligemment les comptes, d’une façon qui ne plaira ni aux agas, ni aux autorités du cadastre…[…] les gens se riront des agas comme ils se aujourd’hui de moi. Seulement ce sera un rire un peu plus grand et plus fort: toute la Bosnie en tremblera. Il ne restera de moi qu’une poignée d’os sous la terre mais je n’ai pas besoin de meilleur requiem »

Les personnages de la dernière nouvelle sont les Montagnes de Rzav. Les montagnes sauvages voient arriver les Autrichiens, les scieries, les Italiens qui construisent la voie ferrée. On fore des tunnels puis c’est la guerre et l’affrontement entre Serbes et autrichiens….

Moi qui n’aime pas spécialement les nouvelles, j’ai lu ce livre comme le roman de la Bosnie. Et je vais continuer sur ma lancée. j’ai encore deux livres du même auteurs dans ma PAL tout en haut de la pile!

 

Barbizon et la forêt de Fontainebleau

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

La Grande rue de Barbizon et ses terrasses

Qui ne connaît l’Ecole de Barbizon? Les peintres paysagistes, Corot, Millet, Daubigny, Théodore Rousseau, décidèrent avant les impressionnistes de sortir des ateliers et de peindre sur le motif. Ils furent rejoints par de nombreux peintres, puis artistes, écrivains journalistes. 

Le village de Barbizon, en lisière de la forêt de Fontainebleau  et de la plaine du Gâtinais. Paysage de forêt ou de champs. Animaux domestiques et surtout travaux des champs. 

De nos jours, il faut tout au plus une heure en voiture, pour rejoindre Barbizon par l’Autoroute A6 que l’on quitte vers Milly-la -Forêt. Le village est très petit, se garer sur les parkings extérieurs. En revanche si vous ne voulez pas casser la tire-lire dans les restaurants bien touristiques et bien chers, il vaut mieux apporter votre pique-nique, il n’y a pas de boulangerie ouverte le matin en semaine. Comment font les habitants?

A  10h30 les musées ouvrent. Si vous arrivez avant, vous pouvez toujours vous promener dans la Grande Rue repérer les maisons des artistes, l’auberge de Stevenson, au printemps les jardins sont fleuris, les roses embaument. Malheureusement c’est trop touristique pour être authentique,  pas de magasins d’alimentation, des agences immobilières, des galeries de peinture, un concept store….et de nombreux restaurants tout à fait charmants.Si vous ne voulez pas casser la tire-lire dans les restaurants bien touristiques et bien chers, il vaut mieux apporter votre pique-nique tout prêt, il n’y a pas de boulangerie ouverte le matin en semaine. Comment font les habitants?

La chapelle et la maison de Théodore Rousseau

Malheureusement la maison de Théodore Rousseau, à proximité d’une charmante chapelle, est fermée. C’ est une véritable église, on peut y aller prier le samedi pour l’Angelus ou le dimanche pour la messe.

Millet dans son atelier

Maison-Atelier de Jean-François Millet est tout à fait charmante. On entre dans son atelier, sur le chevalet éclairé par une baie vitrée on voit le peintre. Aux murs, de nombreux tableaux de différents peintres.

Millet, fils de paysan normand, a peint les paysans, le dur travail de la terre.

Ne cherchez pas L’Angelus, ou les Glaneuses  ou le Semeur, trop connus, sans doute trop chers, ils sont dans des musées prestigieux. En revanche vous pourrez découvrir de nombreuses esquisses, dessins ou gravures. On imagine le peintre au travail. Et c’est très émouvant.  Les familiers de la maisons ont laissé des tableaux, des souvenirs. sur la cheminée il y a un petit taureau de Rosa Bonheur, presque une voisine, sa maison est à Thomery. Un classeur montre les reproductions des tableaux de Millet et de Van Gogh sur des sujets analogues. je ne savais pas que Millet avait peint avant Van Gogh, une nuit étoilée, un semeur, des corbeaux… Le vis-à-vis des tableaux des deux maîtres est étonnant.

A l’autre bout de la Grande rue,  l’Auberge Ganne a été transformé en Musée de l’école de Barbizon. Dans le cadre de l’auberge reconstitué, avec le comptoir d’épicerie, les deux salles à manger au rez de chaussée, et les dortoirs, chambres à l’étage (devenus salles d’exposition) on pénètre dans la joyeuse vie des artistes. Comme ils ont peint partout, sur les murs, les meubles, sur des panneaux décoratifs, toute l’auberge est une oeuvre! Ces peintures racontent les beuveries autour d’un punch, une fête de mariage, une ascension des rochers de la forêt proche, et même, l’une d’elle est un manifeste de la « nouvelle » peinture qui précipite les tenants de l’académisme en bas d’un  précipice métamorphosés en animaux…. Aux murs des caricatures, des graffitis, des esquisses….Il ne faut quand même pas négliger les tableaux de peintres très nombreux.

le peintre part en forêt avec son matériel

Surtout ne partez pas sans avoir vu le vidéogramme rigolo où les peintres de Barbizon ont des barbes de bison! Sous la gaudriole et la rigolade, c’est très bien fait : montage de tableaux, très pédagogique.

Une promenade en forêt s’impose.  Il suffit de continuer la Rue Grande tout droit sur 1.5km pour arriver à la Caverne des Brigands,  buvette restaurant avec une grande terrasse. Nous avons pique-niqué juste avant, là où les balises rouge et blanches du GR montent vers la colline et nous entraînent après un escalier de bois sur les crêtes d’Apremont où j’ai retrouvé le  sentier Dénécourt 6 (balisage bleu).