La Promenade au phare/to the Lighthouse – Virginia Woolf

LECTURE COMMUNE

notre promenade au phare (par voie de terre!)
notre promenade au phare (par voie de terre!)

Enfin! avec beaucoup de retard, je termine cette Promenade, promise, retardée et finalement réalisée.

J’avais pourtant commencé pleine d’enthousiasme : les Lectures communes sont toujours des occasions de partage, de confrontation de nos impression, d’enrichissement. Virginia Woolf est une auteure qui m’intéresse. j’ai gardé une très forte impression d‘Orlando, si bien que j’avais acheté dans la foulée Les Heures et La traversée des apparences que j’ai sans doute lus (les livres ne sont pas neufs) mais qui ne m’ont laissé aucun souvenir. Troisième raison, non la moindre, j’ai beaucoup aimé Skye  où nous avions loué un cottage.

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Skye terre et mer

Peut être ai-je été présomptueuse, j’ai téléchargé en anglais, To the Lighthouse. Depuis que j’ai la Kindle avec ses 4 dictionnaires, la lecture en VO s’impose.

Lecture toutefois ralentie par la consultation des dictionnaires, je ne me contente plus de comprendre le sens général, je vérifie chaque mot inconnu. Lecture laborieuse, non du fait de la richesse du vocabulaire, mais à cause du nombre de personnages, je me suis perdue pendant tout le début du livre entre les nombreux enfants et les nombreux invités. A cause du style parfois répétitif. Une phrase peut se retrouver à plusieurs reprises. Il ne se passe rien de notable. Mrs Ramsay tricote une chaussette, raconte une histoire au petit James, se préoccupe du bien être de ses invités, s’inquiète du retard que prendra le dîner si les jeunes amoureux en promenade tardent….Mr Ramsay passe, interrompt la lecture à James…Mrs Ramsay reprend le récit où elle l’avait laissé, reprend le tricot….et moi je reprends la lecture. J’avais pourtant l’impression que j’avais déjà lu cela avant!

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un cottage à Skye

Je me lasse et prends Télérama, pour changer. Pourtant je suis incapable d’abandonner la Promenade. Je reprends ma lecture, pour l’interrompre avec le Monde…Et je reviens à Skye sans que rien de notable ne se soit passé. De fil en aiguille, la lecture a traîné. Est arrivée la Grande Guerre, de nombreux personnages ont disparu, Andrew mort à la guerre, Prue en couches, Mrs Ramsay, on ne sait comment. Je me suis familiarisée avec le livre, j’ai envie de poursuivre jusqu’au bout.

Que rajouter au billet très fouillé de Claudialucia?

J’aime beaucoup l’expression impressionniste qui décrit si bien le style de l’auteure, touche après touche, elle fait surgir l’impression générale, sans s’appesantir dans des analyses psychologiques. Impressionniste le roman, et peut être aussi la peinture de Lily Briscoe.

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Je me suis d’ailleurs plus attachée au personnage de la vieille fille avec ses yeux bridés et son visage un peu chafouin moins séduisante, mais tellement plus existante. Lily peint et sa peinture occupe une bonne partie du roman. Se mariera-t-elle avec William Bankes? Mrs Ramsay favorise ces rencontres. Je l’ai trouvé plus intéressante que la belle, la solaire, la merveilleuse hôtesse, la mère attentionnée de famille nombreuse, l’épouse modèle, parfois rudoyée. En creux, la personnalité de Mr Ramsay, le chef de famille, le professeur émérite, le père autoritaire, assez odieux. Les autres sont esquissés sans que je m’y sois vraiment attachée.

 

 

 

 

Valence contemporaine – Jardins de Turia – Cité des Arts et des Sciences

CARNET DE VALENCE

Cité dees Sciences et des Arts
Cité dees Sciences et des Arts

Pour rejoindre les Jardins Turia je traverse à 8h30, la vieille ville par l’Almudin, la calle Almirante jusqu’à la petite place du Poeta LLorente occupée par un triangle de verdure où un chevalier se tient debout sur un socle. Ce n’est pas un chevalier (malgré l’épée) mais le peintre Ribera, un pinceau dans la main droite  la palette dans la gauche.

Ceiba
Ceiba speciosa

Je descends la première rampe dans le lit du fleuve devant le Palacio Iglesia . j’avais prévu une promenade architecturale et c’est la botanique qui m’occupe. La coulée verte est plantée d’essences exotiques. D’abord de grands mûriers (Morus alba)aux belles feuilles vertes – pas de trace d’automne dans ce parc, les  Yuccas fleuris sont hauts comme des arbres. Un arbre aux fleurs rose me surprend son tronc renflé est couvert d’épines comme les fromagers africains, ses feuilles composées de plusieurs folioles légèrement dentées, 5 pétales allongés et charnus veinés de rose vif avec un stigmate proéminent. (d’après Google il s’agit de Ceiba speciosa, arbre d’ Amérique du sud) d’autres arbres restent mystérieux. Des ficus, d’autres qui portent des fruits ressemblant à ceux du magnolia. Certains troncs sont tortueux et ressemble à des pattes d’éléphants.

On se croirait dans une oasis, un mirage
On se croirait dans une oasis, un mirage

Plusieurs parcours sont aménagés. La promeneuse ne doit pas s’attarder sur la piste cyclable où circulent des vélos très rapides. La piste de jogging est rose, d’un sable souple sous les pieds des repères métalliques bornent les 5km du parcours (les jardins ont une longueur totale de 9km). Des panneaux commentent la promenade.  On arrive à des bosquets de chênes verts. Des lauriers-roses forment des haies colorées et touffues sur les bords.

Après le vénérable Pont Real en pierre, une élégante passerelle enjambe le lit à sec pavé de granite : c’est le Pont de l’Exposition : à son niveau se trouve la station de métro Alameda. Curieuse, je descend. C’est une correspondance importante ; 4 lignes y passent. Les quais sont parallèles. Un tableau lumineux comme dans une gare de trains ou dans un aéroport. C’est neuf, fonctionnel. Ce métro ne sert à rien en centre-ville, il dessert plutôt la périphérie. La piste passe sous une « passerelle » fleurie où la masse des géraniums roses ou rouge isole les piétons de la circulation automobile complètement invisible; (au retour l’autobus passe dessus, ce n’est pas une passerelle mais un pont bien large). Un pont de pierre d’une dizaine d’arches se reflète dans l’eau d’un bassin à travers une palmeraie. Je crois à un  mirage, à une oasis.

Le pont
Le pont de la mer

C’est le Pont de la Mer (1592-1596) emporté au 18ème siècle. En 1936, les statues furent détruites et remplacées en  1943. Le pont suivant est en ciment : Puente de Aragon, ensuite le jardin est structuré de part et d’autre de colonnades successives : double péristyle ouvert, de colonnes doriques en béton beige clair entourée par des oliviers, deux pinèdes sont plantées parallèlement aux berge de l’ancien fleuve.

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Palais de la musique

Aux colonnades succède un bassin rectangulaire dans lequel se reflète le Palais de la Musique (1987) illusion de la présence de l’ancien fleuve. Vu du jardin, le Palais ressemble à une immense serre coiffée d’un toit hémicylindrique reposant sur une colonnade et une mosaïque argentée qui brille sous le soleil du matin. En m’approchant, je vois des orangers dans des bacs : une orangeraie. Côté rue, l’entrée se fait dans un bâtiment cubique avec deux avancées pour alléger le volume et des baies vitré, très sobre.

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En plus des joggers, des cyclistes sur les esplanades près des colonnes se déroulent des cours collectifs de gymnastique. Des jeunes femmes ont déroulé des tapis et font des exercices sous la direction d’un coach. Autour des placettes les hauts lauriers sont taillés en fin cônes.

Gulliver est allongé et bien isolé : les enfants sont à l’école. Ce doit être plus vivant quand les enfants escaladent les jambes et les bras, glissent sur les toboggans. Impossible de le photographier : il est trop grand, pas de recul. Et puis il est bien laid. Je monte sur le Pont du Règne, ce n’est pas mieux. Il est toujours trop grand.

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Le palais des Arts dans la Cité des Arts et de la Science ressemble à un énorme coléoptère ailes et élytres à peine soulevées se reflétant dans un bassin turquoise. Une sorte de géode sphérique semble très aérienne. Une galerie borde tout le site. Au dessus une chaussée pavée de granite et l’Umbracle résille ou moucharabieh enjambant de hauts palmiers, jardin d’hiver ou d’été ? Une haute lyre relie la Palais des Sciences. Sur la chaussée les sculptures de Francisco Simoes sont exposées. Au fond la cité Océanographique ressemble à une immense cheminée de paquebot. Les grues du port se profilent à l’horizon. De l’autre côté de la route il y a un centre commercial à l’échelle de la cité et un Multiplexe de cinéma.

Simoes
Francisco Simoes corps de femmes

Le Palais des Arts se profile au dessus de la verdure. Il est vraiment énorme. De dos il ressemble à un énorme coléoptère ailes et élytres à peine soulevées se reflétant dans un bassin turquoise. Quand je m’approche  je découvre les ouvertures latérales qui bouleversent mes perceptions antérieures. Sur un « balcon »des végétaux donnent l’échelle : les palmiers poussent à mi-hauteur, à peine plus remarquable que des pots de fleur sur un balcon ordinaire. A la base du Palais des Arts l’eau est très présente sous forme de bassins et de ruisseaux.

Cité des sciences
Cité des sciences

L’Hémisphère – jumelle de la Géode de la Villette – enserrée dans une résille aérienne – est plantée au milieu d’un des bassins. Reflets, miroirs à l’infini. Je m’amuse à photographier l’objet, l’objet et son reflet, le reflet seul. Jeux d’optique et de géométries.

L'umbracle

Résille ou moucharabieh l’Umbracle est un passage planté, une palmeraie à l’abri d’une voûte aérienne, légère, destinée au repos des visiteurs éblouis par des structures métalliques ou minérales. On peut s’asseoir dans des recoins fleuris. Le long de l’Umbracle, une chaussée surélevée longe les bassins et la Cité des Sciences. On y a exposé les sculptures de Francisco Simoes « corps de femmes ». Ces statues de pierre à taille humaine regardent la halle. Contraste entre le gigantisme de l’architecture et ces femmes.

Ici aussi, transparences, jeux des pleins et des vides, des vides surtout. Le squelette de baleine ou de vertébré géant a-t-il inspiré l’architecte ?

Plutôt qu’une visite expresse (très chère) je préfère renoncer. Il faudrait consacrer à ce Musée une journée entière.

Une sorte de lyre relie la Cité des sciences à l’Océanographic. C’est un pont routier haubanné qui enjambe le lit du Turia asséché. Fin de la piste cyclable. La verdure provient des jardins maraîchers.

Je rentre avec l’autobus 95 qui me porte aux tours Serranos.

A midi, je suis de retour à l’appartement. On boit un café en terrasse avant un rapide déjeuner des restes de la paella. Pour l’après midi, j’ai fait une liste des sites que j’aimerais voir..

 

Sorolla à Giverny

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Cousant la voile
Cousant la voile

Sorolla, le peintre valencien, très parisien également, que j’ai cherché à Valence s’expose à Giverny chez Monet. Ce matin, dernier jour de l’exposition, et sous un ciel sans nuage, nous avons donc fait le voyage et ne l’avons pas regretté.

Sorolla au Musée Impressionniste, impressionniste? Pas vraiment, le peintre s’en est défendu, a même renié l’impressionnisme, le qualifiant de « toquade » et « d’invasion de fainéants ». Contemporain de Monet, s’intéressant à la couleur, à la lumière,  aux reflets sur l’eau , il trouve sa place à Giverny.

La Traite des Blanches
La Traite des Blanches

L’exposition se compose de 3 grandes salles et d’une galerie d’études, respectant d’une part l’ordre chronologique et d’autre part, groupant les tableaux par sujets.

Sorolla au Salon : il exposa à Paris d 1863 à 1909.  De grands tableaux d’inspiration réaliste, même naturaliste, de dénonciation sociale sont très loin de l’impressionnisme. J’ai beaucoup aimé La traite des blanches : 4 jeunes campagnardes dorment  dans un train sous l’oeil d’une sévère maquerelle. Trois autres toiles racontent la vie de la campagne valencienne : Préparation des raisins, Préparation des raisins secs, et des piments. un très grand tableau raconte le Retour des pêcheurs : 2 boeufs tirent la barque, la voile est gonflée, les hommes occupés aux tâches diverses et l’eau des vagues traitée avec un soin particulier.

Pêcheuses valenciennes
Pêcheuses valenciennes

Cousant la voile raconte un autre aspect de la vie des pêcheurs, occasion de montrer la lumière dans la blancheur des voiles. J’ai moins aimé Triste Héritage : un curé surveille des enfants nus squelettiques et malades qui viennent prendre un bain de mer, thalassothérapie de ces miséreux qui ont hérité leurs tares de l’alcoolisme, de la misère ou de la syphilis de leurs parents, dénonciation sociale très dure.

Bateau blanc à Javea
Bateau blanc à Javea

Bords de mer est une collection lumineuse et légère des baignades, surtout des baigneuses de la plage de Valence ou des rivages rocheux de Javea. Ces derniers sont traité à la manière impressionniste, on perçoit la diffraction de la lumière, les reflets sur l’eau. Les taches de lumière sur les fichus des pêcheuses valenciennes, les foulards blancs, les ombrelles sont particulièrement plaisantes.

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Portraits intimes : le modèle favori est sa femme Clotilde, ses enfants et ses amis.

Autoportrait
Autoportrait

Enfant de Velazquez est le titre de la salle suivante. A Madrid, Sorolla a copié, photographié de nombreuses oeuvres du maîtres. Les spécialistes retrouvent l’influence de Velazquez dans les portraits présentés dans cette collection. N’étant pas très versée dans la peinture espagnole, je n’ai pu que retrouver le clin d’oeil aux Ménines dans l’autoportrait de Sorolla (grâce à l’épreuve d’Histoire des Arts du Brevet des collèges, les élèves aimant analyser les Ménines)

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Enfin, j’ai adoré le côté spontané et coloré des études peintes sur de très petits formats, bois, carton, papier. Je les aurais toutes photographiées.

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Valence : Programme Beaux Arts

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Sorolla
Sorolla

Programme Beaux Arts pour l’après midi.

A Valence, les  deux musées de peinture moderne le MUVIM et l’IVAM sont sur la Calle Guillem de Castro qui fait le tour de la vieille ville sur le quart sud Ouest. Du Marché Central, je continue tout droit, ou presque et arrive au MUVIM situé dans un jardin très agréable, jardin de l’hôpital et de la Bibliothèque municipale. Le MUVIM n’ouvre qu’à 16h. je commande un café à la cafétéria.

Dans l’entrée on voit une magnifique maquette de Valence au 18ème siècle quand la ville était enclose dans ses murailles et qu’elle comptait 45 000 habitants. Au MUVIM on peut voir plusieurs expositions temporaires.

Au sous-sol : Lignes de défenses immédiates

Des photographies en couleur récentes montrent ce qui reste des fortifications de la Guerre Civile, tranchées et bastions républicains. Il manque des explications pour les ignorants comme moi.

Gomis‘, Les ciutats del músic

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Cette exposition, en revanche est riche en panneaux à lire, en espagnol et en catalan. Je lis lentement l’espagnol pas du tout le catalan. Elle présente le musicien Gomis (1791-1836) musicien romantique dont on peut entendre des extraits de ses œuvres grâce à des écouteurs Le Diable à Séville (Paris, 1827) et l’Inverno (Londres). La vie de  Gomis coïncide avec un épisode de l’histoire de Valence dont j’ai entendu parlé ce matin : la Révolution libérale de 1808 contre l’occupation napoléonienne.

Del ocaso de los grandes maestros A la juventud artistica Valencia 1912 – 1927

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A l’occasion du centenaire de la mort du peintre Camarlench  cette exposition s’ouvre sur les peintres valenciens de 1912 à 1927. Tandis que le reste de l’Europe était dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, cette époque correspond à une ère de prospérité à Valence époque de construction de la Gare et des immeubles modernistes, du Marché de Colon, du Mercado Central, les Temps modernes et l’Art Déco.

Valence au début du 20ème siècle
Valence au début du 20ème siècle

Je découvre de nombreux peintres. Ici aussi l’exposition manque d’explications.

Bous en la Paret –Cartells de la memoria taurina valenciana

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Est l’exposition des affiches de corridas qui ne me passionnent pas vraiment, mais c’est couleur locale !

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Le Musée des Beaux-Arts se trouve en dehors de la Vieille ville de l’autre côté des Jardins de Turia – coulée verte dans le lit du fleuve asséché. De l’appartement je retourne à la Place Manises où je trouve la Calle Serranos qui conduit aux portes de la ville : deux portes reliées par un mur, en très bon état. Je grimpe les trois niveaux (6 étages) pour observer la vieille ville des terrasses et découvrir la ville nouvelle de l’autre côté de l’ancien fleuve : une véritable mer de béton.

Pont des Serranos
Pont des Serranos

Le vieux pont de Serranos enjambe les terrains de foot dans la coulée verte.

Une double ceinture de chaque côté du fleuve est parcourue par une circulation automobile infernale. J’ai pris l’habitude de la ville piétonnière. Je passe le Couvent de la Trinité et j’entre dans le grand Musée des Beaux Arts

L’entrée est décorée sur le thème de Rome : deux immenses tableaux : Le Sac de Rome et Le Dernier Martyr du Colisée qui s’accordent avec les sarcophages romains exposés.

Les retables du 14ème siècle de LLorenc Saragossa (1363-1406) sont magnifiques. Je remarque aussi Sainte Lucie du Maestro de Perez : en plus des dorures le rendu des brocards et des tapisseries est spectaculaire. J’ai vu cet effet il y a longtemps à Bilbao dans une exposition autour de Bermejo. Joan  Reixach (1451-1486) utilise cette même technique dans la Dormition de la Vierge. Vers la fin du 15ème siècle, de délicats paysages en arrière plan viennent remplacer les dorures. J’ai toujours grand plaisir à voir ces peintures anciennes. Il me faudrait beaucoup plus de temps pour examiner une à une les scènes des retables et même de m’arrêter à chaque personnage.

Sorolla
Sorolla

La salle est au nom de Joaquin Sorolla (1863-1923). On y trouve surtout des portraits très expressifs et aussi des marines. L’une d’elle des pêcheurs de Valence me fait penser aux pêcheurs sénégalais sur la plage avec toute cette foule et les barques hissées sur le sable.

Goya
Goya

A l’étage, les collections sont variées : peinture italienne mais surtout peinture espagnole. Les sujets religieux du 17ème et 18ème ne m’attirent pas vraiment, surtout quand la tête de la Vierge est auréolée d’étoiles et qu’une lueur jaune irradie derrière elle. Je remarque un Murillo qui se détache du lot. La salle Goya est intéressante : je photographie des garnements (il me semble que je les avais vus à la Pinacothèque).

Valence romaine, Wisigothe et islamique

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Les fouilles sous le musée archéologique : ville romaine et wisigothique
Les fouilles sous le musée archéologique : ville romaine et wisigothique

L’Almoina

Situé derrière la Cathédrale, le Musée archéologique de l’Almoina est en béton.

En 1303, l’Almoina fut fondée par l’évêque pour venir en aide aux indigents, on y distribuait une sorte de « soupe populaire », d’autres usages se succédèrent, prison pour les réfugiés bénéficiant de l’ »asile ecclésiastique » …

Dans ce musée archéologique récent (2007) , nous remontons le temps.

Céramique arabe du temps de Balensya
Céramique arabe du temps de Balensya

période islamique : Du  11ème au 14ème siècle (à part la parenthèse du Cid) une mosquée se tenait à la place de la Cathédrale. Dans l’Almoina on a retrouvé les murs de l’Alcazar (résidence du gouverneur). Les rois de Balenziya frappaient monnaie une poterie pleine de dirhams d’argent se répand dans une vitrine. On présente non loin les objets de la vie quotidienne avec de belles céramiques.

Trésor en dirhams
Trésor en dirhams

Exposition sur le verre antique depuis les Romains on a travaillé le verre à Valence.

Au sous-sol on trouve les fouilles antiques aussi bien romaines que visigotiques ou islamiques. Des reconstitutions en maquettes permettent d’interpréter les restes. Fondée au cours de la République romaine en 138 av JC, elle fut détruite par Pompée en 75 av .JC puis reconstruite au siècle d’Auguste. Sous l’Almoina était le forum. On reconnait des thermes de la période républicaine, et des édifices de la période impériale : une basilique du culte impérial, un nymphée, une halle aux grains (horreum), les dalles de la via romaine sont encore visibles.

De l’époque wisigotique l’abside 7ème se trouve au dessus de la prison romaine du martyre Vincent. Au temps des Wisigoths il subsistait de nombreux bâtiments romains qui furent convertis  en palais épiscopal. On a aussi retrouvé une tombe qu’on surplombe sur un cheminement de verre : les squelettes sont encore en place.

Plaza de la Virgen : sr le bassin le fleuve Turia
Plaza de la Virgen : sr le bassin le fleuve Turia

Après une pause Place de la Vierge dans un de ses jardins ombragés, nous rentrons par la Calle Calatrava et nous installons pour déjeuner sur les tables de la terrasse du restaurant Bon Gust sous la grande fresque représentant une femme sur un grand plat à paella. Calamars fourrés de pommes de terre avec du fromage et des lardons, grillés. C’est délicieux mais un peu léger. Les lasagnes de Dominique sont très bien servies, on les partage.

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The color line – Les artistes afro-américains et la ségrégation – au Quai Branly

PARIS EN EXPOS….

exposition temporaire jusqu’au 15/01/17

drapeau, UNIA (1990) sunthèse du drapeau américain et de l'Universal Negro Improvement Association
drapeau, UNIA (1990) sunthèse du drapeau américain et de l’Universal Negro Improvement Association

Coïncidence? Deux expositions américaines se font face. Rive droite, à l’Orangerie, les Peintres des années 30, Rive gauche, The Color Line présente les artistes afro-américains au cours du 20ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Ces deux expositions se complètent en donnant une lecture politique au travaux des artistes. 

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 The Color Line est une grosse exposition. Prévoir du temps. Et ne pas commettre l’erreur de rester trop longtemps et d’étudier trop en détail chacun des documents du début, des tableaux de statistiques (au demeurant édifiants) pour, ensuite passer trop vite devant les tableaux, sculptures présentées en fin de parcours. Ce serait dommage.

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spectacle raciste

L’exposition montre la situation des noirs à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, affiches de spectacle illustrent la section intitulée MINSTRELS, BLACKFACES & VAUDEVILLE  des blancs, grimés, caricaturent et  se moquent des noirs qu’ils appellent « coons ». Dans les années 1990 les artistes afro-américains se réapproprièrent ces images et détournèrent l’imagerie raciste.

Détournement de l'imagerie raciste et réappropriation des clichés
Détournement de l’imagerie raciste et réappropriation des clichés

PREMIERS COMBATS CONTRE LA SEGREGATION montre les luttes contre les « lois Jim Crow » et présente les personnalités des leaders Du Bois  et Booker T Washington qui présentèrent (entre autres) la condition des afro-américains à l’Exposition Universelle de Paris. Un peintre noir Henry Ossawa Tanner fut un artiste reconnu en France, peignant des sujets universels et ne se limitant pas au folklore noir.

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LA GRANDE GUERRE : 200.000 soldats afro-américains traversèrent l’Atlantique, combattirent sous l’uniforme américain. Ce qui n’empêcha pas le racisme de sévir. le réalisateur Griffith dans Birth of a Nation montre même le KuKluxKLan comme des héros sur l’affiche du film.

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LE SPORT, en revanche fut émancipateur. l’exposition montre des couvertures de magazines, des photos de sportifs et des peintures.

Strange fruit
Strange fruit

STRANGE FRUITS montre des représentation des lynchages

Meditation - mob victim
Meditation – mob victim

APRES LA GRANDE MIGRATION(migration du sud des USA vers les nord moins ségrégationniste) est illustré par un mur où sont projetées 60 tableaux Migration series 1940-41) de Jacob Lawrence, petits tableaux très colorés avec ds à-plats comme des collages.

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HARLEM ON THEIR MINDS introduit une autre thématique, vie quotidienne, danse et musique.

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BLACK IS BEAUTIFUL rassemble ds tableaux plus récents très variés.

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pour finir deux grandes salles montrent des oeuvres contemporaines, peintures, mais aussi tapisseries, un mobile fait avec des masques africains suspendus, des sculptures….

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Une exposition très copieuse, historique, politique, certes, mais avant tout avec de très belles choses à voir!

Valence commerçante : Marché central et Lonja de la Soie

CARNET DE VALENCE

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Glissement progressif vers les heures espagnoles, nous reculons le petit déjeuner : inutile d’arriver trop tôt.

Marché Central

marché central : façade
marché central : façade

A 9h30, la plupart des rideaux de fer des boutiques sont baissés dans les rues allant au marché. Les scooters ont remplacé les tables des restaurants sur les places. Sur les terrasses autour du marché on parle surtout français. Des comptoirs sont adossés au marché. On y vend de la paella à emporter, des ustensiles pour la faire : gigantesques plateaux et  les réchauds à gaz circulaires assortis. De l’autre côté de l’entrée principale on sert de l’horchata ou du chocolat et des churros. On ne se lasse pas de photographier la coupole surmontée d’étranges girouettes. Tous les étals du marché sont bien achalandés. Des rangées de jambons alignés sont suspendus par les pieds dont on voit les sabots bien astiqués, on vend bien sûr les célèbres patas negras dont on n’a même pas indiqué le prix. Légumes et fruits sont d’excellente qualité mais les prix sont parisiens.

Cuire la paella!
Cuire la paella!

La halle aux poissons est extraordinaire. Nous y découvrons poissons et crustacés dont nous ne soupçonnions pas l’existence. Ce poisson allongé, est-ce une murène ? « congra ». Langoustines et cigales de mer sont disposées artistiquement. « vous voulez quelque chose ? « demande la vendeuse lorsque nous les photographions.

Crustacés!
Crustacés!

Lonja de la Seida

Lonja de la Seida
Lonja de la Seida

10h,  c’était au 16ème siècle la Bourse de la Soie. Avec le Pass Education c’est gratuit, je prends l’audio-guide (3€) et j’en suis bien inspirée, il est passionnant.

A la fin du 15ème siècle l’édifice fut commandé à deux architectes, la parfaite Salle des Colonnes est l’œuvre de Pere Comte. La Lonja doit témoigner du prestige et de la richesse de Valence. Le 15ème siècle est le siècle d’or de Valence où le commerce de la Méditerranée convergeait. C’était la ville la plus peuplée de la péninsule ibérique. La Lonja devait aussi être un espace commercial fonctionnel. Elle servait de bourse au commerce de la soie et des marchandises arrivant à Valence, une banque et le « tribunal de la mer ». Sur la place voisine (Doctor Collado) se tenait la Lonja de l’huile dont il ne reste rien, un vénérable olivier a été planté pour rappeler son souvenir ;

L’audioguide, complété par un plan plastifié m’entraîne d’abord dans la rue pour avoir une idée générale du bâtiment : plan en L autour d’un patio planté d’orangers. D’un côté la haute salle des colonnes et perpendiculairement, le Tribunal de la Mer bâti sur trois niveaux, chacun dans un style différent : roman, gothique et Renaissance. Dans le niveau supérieur, des macarons portent les portraits des rois d’Aragon. Dans le 7ème et le 8ème se trouvent les rois Catholiques.. Au dessus de leurs têtes les créneaux forment une couronne.

Gargouille
Gargouille

La visite continue à l’extérieur. L’audio-guide très pédagogique introduit un vocabulaire architectural précis. On remarque la finesse des sculptures des menaux à motifs végétaux : lierre, chardon (il ne parle pas d’acanthe mais de chardon) ; un petit escargot s’est glissé au pied de la sculpture. Les linteaux sont de toute beauté. Les arcs sont surmontés d’une croix végétale. Je pense à la richesse des décors manuélins portugais, plus récents d’un siècle et utilisant des symboles marins mais dont la finesse, la richesse et la luxuriance sont comparables.

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L’édifice est surmonté de gargouilles se détachant sur le ciel bleu intense. Sans l’audioguide je n’aurais pas remarqué la créature ailée, grimaçante introduisant son sexe dans une poterie (je n’aurais jamais imaginé une telle interprétation grivoise. Un homme, plus lin, bouche ouverte criait de douleur, mordu par un monstre.

les armes de Valence portées par des anges
les armes de Valence portées par des anges

Au coin, face au marché, les armes de Valence sont portées par eux anges. Cette sculpture a été peinte par Sorolla pour rappeler un épisode historique : le soulèvement de la ville contre l’invasion napoléonienne au cris du paieter(le fendeur de bois d’allumage).

la salle des colonnes
la salle des colonnes

Après ce tour, j’entre dans le patio puis je m’arrête devant le portail de la salle des colonnes, sculpté de personnages et d’entrelacs végétaux d’une extrême finesse : les vices et les péchés sont représentés, les personnages prennent des poses lascives et même scatologiques : l’un d’eux montre ses fesses tandis qu’un autre joue de la musique, tentation diabolique sans doute. A l’intérieur, les scènes sont encore plus explicites : une femme recueille dans deux bols les excréments de deux personnages. Ultime bassesse ou recyclage de la matière ?

plutôt scato!
plutôt scato!

Huit colonnes torses soutiennent un plafond nervuré très haut. Pour donner encre plus de légèreté, l’architecte, Père Comte, a supprimé les chapiteaux, une ligne horizontale rappelle leur emplacement traditionnel. Les larges baies allègent les murs où sont adossées d’autres colonnes ; elles éclairent la salle tandis que le pavage de marbre noir brillant reflète la lumière. Les nervures partent des colonnes, autrefois le plafond était peint d’un ciel étoilé, les clés de voûte, ronds colorés en rouge ou en vert.

colonnes torses et plafond nervuré
colonnes torses et plafond nervuré

Dans le mur l’escalier en colimaçon creux est une prouesse architecturale supplémentaire de Père Comte.

A l’entrée de la chapelle éclairée par un beau vitrail, les armoiries de la ville de Valence sont surmontées par une chauve-souris. Occasion pour l’audio-guide de rappeler une anecdote historique : pendant la Reconquista le roi d’Aragon Jacques 1er fut alerté d’une attaque nocturne des Maures par la chauve-souris qui l’éveilla en battant du tambour.

Le salon des consuls de la mer a un plafond de bois sculpté et doré magnifique.

Arrivée à Valence – centre ville

CARNET DE VALENCE

Rues étroites de Valence
Rues étroites de Valence

12h , arrivée sous un chaud soleil après un vol Vueling sans problème. Le GPS nous conduit  à l’adresse du parking : Carda 1 près du Marché Central.

L’ aparthotel Art-Negritos se trouve à 500 m  qui nous paraissent interminables. Le quartier est piétonnier, la voiture ne nous servira à rien, nous la laisserons tranquillement dormir (pour 45€/ jour).

L’appartement est vaste, trop vaste, presque. Très haut de plafond, il parait presque vide. Mobilier gris et noir, très contemporain, très dépouillé. Sol carrelé gris, table de verre noir, canapé gris, chaises de skaï noir, rideau gris, murs blancs. Les tableaux,  sont franchement laids.

14h, nous n’avons pas encore déjeuné. Normal en Espagne ! Le quartier regorge de petits restaurants qui ont installé des tables sur des placettes, de bars à tapas avec leurs comptoirs où on peut manger, perché sur de hauts tabourets. Le prix des menus à midi tourne autour de 9€. Avant d’en choisir un, il faut d’abord trouver une bouteille d’eau et un sandwich pour Dominique, qui a déjà trop marché avec ses béquilles entre le parking et l’hôtel. Aucune boutique, aucun supermarché. Normal : il y a un grand marché. J’y entre, admirative des structures métalliques, de la coupole peinte de motif fleuris. Les étals sont presque vides, à 15h tout sera fermé. Je sillonne les rues avoisinantes entre pâtisseries de luxe et terrasses de café. De supermarché, nenni ! Sur une grande rue ouverte à la circulation automobile, je trouve Consum.

15h30 à l’appartement il est bien trop tard pour m’installer au restaurant. J’avale  une tasse de gaspacho en pack et la moitié de la tortilla sous plastique. Pour la couleur locale, cela passe. La gastronomie attendra le soir !

Les places de la vieille ville de Valence

Munie du plan, je vais à la découverte du centre de Valence. La chaleur est estivale, elle dépasse 30°C, je privilégie les rues étroites à l’ombre bordées de hautes maisons possédant  parfois de très belles entrées, parfois un rideau de fer taggué, c’est selon. Le centre historique semble abandonné aux touristes. Peu de fenêtres témoignent d’une occupation permanente, lessive ou pots de fleurs sont rares. De nombreuses façades sont en très mauvais état couverte de toiles colorées protégeant un ravalement ou des travaux de rénovation plus importants Les commerces de proximité pour les habitants sont remplacés par de belles boutiques de fringues ou de souvenirs pour les touristes.

Placez Manises: Gouvernement
Place Manises: Gouvernement

Les ruelles débouchent sur des placettes carrées et tranquilles et agréables comme la Place Negrito toute proche ou sur de grandes places bordées de palais ou de grands bâtiments. J’arrive d’abord sur la Place Manises où se trouve le Palais de la Generalitat construit en hauts murs de pierres sobres où flottent les drapeau espagnols, valenciens et européens en haut des hampes, et des armoiries brodées sur du velours rouge aux fenêtres. Une petite rue mène à la Plaza de la Virgen qui a des petits jardins d’oranger et un beau bassin en son centre où un homme, le fleuve Turia, est allongé entouré de huit jeunes femmes portant des cruches figurant les canaux d’irrigation de la campagne valencienne. En son coin sud, s’élève la Cathédrale : agrégat étonnant de constructions de différentes styles ; Des arcades arrondies portent des affiches en Noir et Blanc exhortant aux vertus chrétiennes. La coupole dépasse ainsi que la haute tour de Micalet. Un passage couvert sur une arche enjambe une rue. Volumes juxtaposés étonnants par leur variété.

Cathédrale : porche gothique
Cathédrale : porche gothique

Contournant la Cathédrale, j’arrive sur une place plus vaste encore, la Plaza de la Reina bordée des terrasses de cafés luxueux, de boutiques pour touristes, échoppes de cartes postales ou comptoirs proposant des boissons fraîches. L’une d’elle propose un bubble tea au kiwi – très mode !

Horchateria
Horchateria

La Plaza Catalina ovale fait suite à la Plaza de la Reina. Le clocher de Santa Catalina pointe dans son coin. L’église est fermée mais j’avise une très jolie Horchateria, occasion de goûter à la fameuse Horchata valencienne dans un cadre luxueux – je tiens ma revanche sur le déjeuner raté ! L’Horchateria est carrelée d’azulejos, les murs sont carrelés de blanc et bleu dans le style marocain ou andalous avec des panneaux de majolique historiée Belle Epoque. Carreaux noirs et blancs au sol, très beau comptoir devant les panneaux coloriés et petites tables de marbre. L’horchata est servie dans de grands verres. On propose aussi des churros à tremper dans des tasses remplies d’épais chocolat. L’horchata est liquide, légère, délicieuse, désaltérante par la journée chaude. Pause bienvenue après toutes les places : j’ouvre ma carte pour les situer.

Pl. Ayuntamento : maison style moderniste
Pl. Ayuntamento : maison style moderniste

La grande rue calle San Vicente Martir passe devant l’église Saint Martin (Martin représenté à cheval avec le soldat et le fameux manteau). L’immense place triangulaire, la Plaza Ayuntamento  a en son centre les baraques des fleuristes sous les platanes. Avec la chaleur, les fleurs embaument. Tout autour de la place les immeubles sont de style moderniste plutôt Belle Epoque dans la tendance délirante. La mairie est plus que surchargée : l’entrée est encadrée de 4 colonnes cylindriques aux chapiteaux compliqués et aux futs ornés de bas-reliefs de putti. Un clocher surmonte le fronton, les deux cloches sont accrochées à une structure métallique. Deux tourelles surmontées de coupoles se dressent à chaque coin du bâtiment. Dans le quartier les immeubles rivalisent d’extravagance, de coupoles, clochetons, décrochements étranges, statues… Au niveau du trottoir les belles boutiques vendent des maillots de foot et des articles de sport. Celle du club de Valence est particulièrement luxueuse

Estacion del Norte et arèsne des tauros
Estacion del Norte et arène des tauros

La gare : Estacion del Norte clôture la perspective. Dans le décor Sécession viennoise les trains arrivent encore, on peut encore acheter des billets aux comptoirs derrières de magnifiques boiseries. L’ouvrage a été dessiné en 1906 et inauguré en 1917. Les lignes à angle droit de la façade, les créneaux et les tours carrées font penser à un château-fort. Les armes de la villes sont entourées de feuillages émaillés portant de grosses boules orangées : les oranges de Valence, bien entendu !

Valencienne Art Déco
Valencienne Art Déco

L’intérieur Art Déco est orné de guirlandes de fleurs et de fruits. De grands tableaux de majolique glorifient la campagne. On a aussi joué sur le thème « bon voyage » dans les mosaïques mêlées aux boiseries dans la salle des pas perdus.

Bon voyage
Bon voyage

Proche de la Gare, l’arène des taureaux en brique rouge. Je m’en approche pour tenter de voir à l’intérieur.

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J’entre dans la Cathédrale par le portail baroque. Cette étonnante église, bâtie sur une ancienne mosquée, possède trois porches : un roman, un gothique et un baroque. La nef est gothique, très haute et dépouillée tandis que le chœur est baroque très doré. On peut visiter l’édifice avec un commentaire sur le Smartphone, il suffit de photographier les QR-codes, on a même prévu la Wifi. Le mot de passe se trouve sur le billet – quel billet ? (c’est lundi, il n’y a pas de billetterie, pas de commentaires non plus). Je me contente donc de lire les explications écrites décrivant les œuvres d’art les plus importantes et loupe les deux Goya de la chapelle S. Francisco de Borja mal éclairée. La grande chapelle gothique la Capilla del Santo Caliz doit son nom à une rosace portant en son centre le Saint Calice (Saint Graal). Son plafond à nervures est de toute beauté.

cathédrale : portail baroque
cathédrale : portail baroque

Dominique fait ses dévotions à Saint Nicolas – l’église la plus proche de notre appartement Calle Valencians. Cette église vient d’être restaurée : des fresques couvrent le plafond  et les murs. En attendant que la messe commence il y a de la musique.

Au début de la soirée, j’ai pris mes marques dans le centre-ville, identifié les places et les rues qui me ramènent au gite. J’aime apprivoiser une ville en marchant au hasard d’abord, puis avec la carte. C’est à pied qu’on s’imprègne le mieux de la cité. Le centre historique, quasi-piétonnier est agréable à parcourir, les distances raisonnables, les édifices variés. Il est toutefois très touristique. Les touristes ont-ils chassé les habitants ? Ou au contraire, le tourisme a-t-il permis de réhabiliter des édifices qui tombaient en ruine ?

Saint Nicolas
Saint Nicolas

Pour dîner, nous choisissons un restaurant qui sert de la Paella valencienne : El Rall occupant la place carrée où débouche la calle tintadores. A notre arrivée, il ne reste plus qu’une seule table. Je commande une paella valenciana au poulet et au lapin (13.5€) avec des fèves – graines et cosses qui donnent un  goût particulier. Les menus à 9€ du midi ont disparu. Pour la paella, il faut attendre au moins 30 minutes  ; on la prépare exprès pour moi. Nous patientons en regardant le serveur qui découpe au couteau un jambon entie , piqué sur un support arqué. Il fait ce soir une température délicieuse. Impossible de terminer le plat de paella . Le serveur est désolé. Je lui demande si on peut emporter les restes. Il apporte des barquettes pour la paella mais aussi pour les verduras sautées.

A l’Orangerie, Peintres américains des années 1930 : Age of Anxiety

PARIS EN EXPOS / EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 30 janvier 2017

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Grant- Wook american gothic , l’affiche de l’exposition

Je ne connais rien à la peinture américaine, surtout de cette époque. Cette exposition est donc pour moi une véritable découverte.

C’est aussi une leçon d’histoire. Les années 30 qui on débuté avec le krach de 1929 et se sont terminées avec l’entrée en guerre des Etats Unis ont été des années très intéressantes pour la création artistique mais aussi des années de grande inquiétude : chômage de masse (29% quand Roosevelt a été élu), mais aussi grande sécheresse avec le « Dust Bowl » qui a ruiné une partie de l’agriculture américaine, arrivée des idées communistes et aussi fascistes. La littérature de cette époque témoigne aussi de cette période de crise.

Charles Sheeler
Charles Sheeler

C’est aussi à cette époque que les musées se constituèrent autour de la peinture américaine, Roosevelt dans le cadre du New Deal et des grands travaux fit aussi réaliser des Travaux pour l’embellissement des monuments.

Giorgia O'keefe Red Hills  (Nouveau Mexique)
Giorgia O’keefe Red Hills
(Nouveau Mexique)

je suis allée de découvertes en découvertes de peintres majeurs dont je n’avais jamais entendu même le nom.

Marvin cone : Méandre de la rivière (Iowa)
Marvin cone : Méandre de la rivière (Iowa)

L’Exposition s’organise autour des thèmes de l’Industrialisation et du chômage de la puissance américaine industrielle par comparaison avec une agriculture encore très traditionnelle.

Les préoccupations sociales et souvent très militantes m’ont frappée dans cette retrospective, entre autres l’influence du Parti Communiste, les communautés d’artistes. La dénonciation du racisme est aussi présente au moins dans deux tableaux : La Justice américaine et les Cotton Pickers de Thomas Benton. 

Thomas Benton : cotton pickers
Thomas Benton : cotton pickers

La section : La ville-spectacle montre que l’on s’étourdissait dans des Marathons de danse (on achève bien les chevaux)  l’essor du jazz , j’ai bien aimé le tableau abstrait Swing Music (Louis Amstrong) .

swing music
swing music

Enfin, un autre thème est de revisiter le passé

American justice
American justice

Comme une conclusion : Cauchemar et réalité montre une sorte de surréalisme que je n’ai pas du tout aimé

Lenine in the desert Guguielmi le mur en miette est lea fresque  Murale de Diego rivera
Lenine in the desert Guguielmi le mur en miette est lea fresque Murale de Diego rivera
Mother Earth d'Alexandre Hogue rappelle l'érosion suite au Dust Bowl
Mother Earth d’Alexandre Hogue rappelle l’érosion suite au Dust Bowl

En épilogue, les peintres plus récents et plus connus Hopper et Pollock et l’essor du cinéma américain.

Hopper gas station
Hopper gas station

 

Arnold Schoenberg au Mahj – Peindre l’âme

EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE du JUDAÏSME

28 septembre 2016 – 29 janvier 2017

Schönberg peint par Egon Schiele
Schönberg peint par Max Oppenheimer

Je ne connaissais Schönberg que comme musicien. D’ailleurs, c’est France-Musique qui m’a donné envie d’aller voir l’exposition après une semaine autour de sa musique et celle de son cercle (dodécaphonistes : Berg, Webern) mais aussi Mahler et d’autres influences.

On entre dans l’exposition dans une galerie de portraits des familiers de Schönberg, peints par Schönberg lui-meme ou par Egon Schiele, Gerstl, Kokoschka…

Cette première salle a pour titre : Vienne un renouveau artistique 

La vie artistique est brillante autour de 1910 à Vienne, Schönberg fréquente les plus grands, en 1911 il part à Berlin, pour revenir après un engagement dans l’armée autrichienne pendant la Première Guerrre mondiale, à Vienne d’où il s’exile vers les Etats Unis avec la montée de l’antisémitisme.

Schönberg, Kandinsky, convergences et recherches esthétiques

284En 1911, Kandinsky  correspond avec Schönberg, les recherches esthétiques  des correspondances entre ouïe et vision sont fructueuses, pour illustrer cette collaboration, une salle est ornée de très petites pièces, gouaches, dessins, ou xylogravures.

 

 

Deux grands tableaux colorés de Kandinsky complètent cette collection.

Kandinsky : bild mit rotem Fleck
Kandinsky : bild mit rotem Fleck

 A la Recherche de l’Oeuvre d’art totale : Gesamtkunstwerk 

L’oeuvre qui synthétise tous les arts est peinture, musique mais aussi théâtrale et lyrique

Les salles suivantes présentent des aspects amusants des recherches de Schönberg : un livre d’enfant : La Princesse ,jeu de carte, méthodes graphiques d’enseignement de la musique, ou des correspondances dodécaphonistes et même un jeu d’échec à 4 joueurs, 4 couleurs et des figurines correspondant à la guerre moderne avec avions et sous-marins.

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La fin de l’exposition met l’accent sur Judaïsme, identité et politique

Né dans une famille juive, Schönberg se convertit en 1898 au protestantisme et revient au judaïsme ; en 1933 il se re-convertit au judaïsme. Même avant ce retour, il a souvent utilisé des thèmes bibliques et son oeuvre Moses und Aron est un opéra témoignant de sa réflexion sur le judaïsme (extraits projetés) ainsi que ses oeuvres se référant à la Shoah. 

autoportrait
autoportrait

L’exposition se termine par une série d’autoportraits et de tableaux sur le regard; peindre, l’âme avez-vous dit!

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