Vers la montagne, sur la route de Morella , Chert, Benasal, Ares del Maestre

CARNET DE BENICASSIM

Dans la montagne Ares del Maestrat
Dans la montagne Ares del Maestrat

Le GPS a calculé 110 km et 1h40 entre Bénicassim et Morella. Nous partons  très tôt dans un matin gris, venteux et nuageux. Morella est situé à 1100m d’altitude. Craignant le froid, je sors de la valise un pantalon, un sweat et la parka. Quel temps fera-t-il dans la montagne ?

N-340 jusqu’à Oropesa, autoroute payante jusqu’à Torreblanca, une route bien roulante, mais avec des camions rejoint la CV-10 (que nous avons prise hier à Cabanes) droit vers le nord jusqu’à Sant Mateu.

Sant Mateu est un village touristique. Nous quittons la grand-route pour le voir, mais nous perdons dans les faubourgs égarées par un sens interdit dans le centre historique. Nous verrons au retour (pensons-nous).

Xert(Chert) est perché non loin de la route de Saragosse, des façades colorées, bleues, jaunes attirent notre attention. Avant de ses dérouter Dominique remarque que le village est peut être plus joli de loin que de près. Nous aurions été mieux avisées de suivre ce pressentiment. Les ruelles sont pentues, tortueuses, un véritable cauchemar. Même en rentrant les rétros, la voiture passe à peine. Quant à tourner ! Il faut que je descende vérifier qu’il n’y a pas de marches ou d’obstacle après l’épingle à cheveux. On se promet de ne pas renouveler l’expérience.

Peut après Chert, des cônes orange  barrent la route : la N-232 est coupée au Port de Querol (un col à 1000m) pour travaux, la déviation passe par Cati  ( en direction opposée, vers le  sud ouest, une bonne quarantaine de km supplémentaires). Nous quittons à regret cette route si pittoresque qui suivait- le cours d’un fleuve asséché entre des barres rocheuses et rejoignons la route C-15 de Castellon à Morella (quelle ironie !). Cette route suit encore un cours d’eau qui a creusé un canyon mais qui est à sec selon la carte. La lecture de paysage est mon passe-temps favori quand je suis passagère dans les longs trajets en voiture. Ici, de nombreux éléments me sont inconnus. La zonation de la végétation est l’interprétation la plus facile : les orangeraies sont concentrées le long du littoral en plaine et dans les lieux abrités. Dès qu’on monte sur les collines les agrumes disparaissent, oliviers et amandiers se partagent les pentes. Je suis étonnée de ces vergers d’amandiers si bien entretenus aux gros troncs épais et aux branches bien taillées. Une de mes idées préconçues était que les amandiers, arbres robustes poussant un peu n’importe où, peu exigeants pour l’eau et la température poussaient sans soin dans les endroits sauvages. Je les ai vus fleurir en Grèce ou au Maroc en montagne. C’est la première fois que je les observe alignés et élagués. Parfois on a planté dans le même verger, en alternant les rangées ou même sur une même rangée, oliviers et amandiers. En montagne, les oliviers qui craignent le gel disparaissent. Des forêts remplacent les vergers : pins et très beaux chênes. Les chênes ont été plantés. Dans les plantations récentes les chênes paraissent taillés comme des topiaires : grosses boules aplaties comme rasées au taille-haie. Quel intérêt de tailler les arbres de la forêt ? Cela doit être le port naturel des jeunes plants ?

Les noisetiers de Benasal
Les noisetiers de Benasal

Si j’arrive à m’y retrouver avec les cultures et le couvert végétal, l’hydrographie me pose de sérieux problèmes. Depuis Valence, une question me turlupine. Qu’est devenu le fleuve Turia ? De Sagunto à Peniscola, nous avons enjambé des lits de rivères à sec. C’est la fin de l’été. Les pluies d’automne n’ont pas encore redonné vie à la nature. Les fleuves espagnols ont-ils le même régime temporaire que les oueds africains ? L’eau est –elle retenue en amont dans des barrages ? A-t-elle été consommée par l’irrigation des orangeraies (il y a de minces tuyaux noirs au pied des arbres).

Nous quittons la CV-15 comme une belle pancarte nous invite à visiter le village de Benasal.

Benasal : Palais de la Mola
Benasal : Palais de la Mola

A l’entrée de Benasal, les noisetiers couvrent les pentes. « Octobre est le mois de la noisette » proclame une banderole. Une jolie exposition sur la noisette se tient à l’Office de Tourisme où une dame très aimable me fournit un plan des curiosités touristiques : le Castell de la Mola 13ème siècle qui héberge l’Office de Tourisme, un Musée archéologique et un musée Carlos Salvador ( ?). Trois belles arches soutiennent le palais gothique. Le Portal de la Mola (13ème siècle) s’ouvre dans la muraille médiévale et rappelle la tradition islamique avec son arc caractéristique. Un peu plus loin, le Forn de Dalt (13ème )est fermé aujourd’hui, lundi. L’église  a une façade baroque. Sur un mur de l’église une énorme sculpture contemporaine en ferraille commémore je ne sais quoi. En dessous, une institutrice fait cours à la classe des petits. Tandis que je m’approche, un vieil homme appuyé sur une canne vient à ma rencontre. Il s’assure que je comprends le castillan. « oui, à peu près » son élocution est brouillée parce qu’il lui manque beaucoup de dents. En introduction il me demande mon âge. « 65 » « moi, j’en ai 100 » annonce-t-il fièrement. « Où est ton mari ? » je mens : « dans la voiture, il a mal à la jambe » « moi aussi j’ai mal, mais j’ai ma canne ! » en effet, il trotte et je n’arrive pas à le semer. Il m’entraîne voir les maisons remarquables « ici, vit le curé » « ici, il y a un homme qui ne s’est jamais marié » En voilà une nouvelle intéressante !

Benasasl : maison Sanchez
Benasasl : maison Sanchez

Il me montre la maison Sanchez(qui figure sur mon plan) et qui possède une très belle entrée baroque avec des colonnes torses. On arrive à la Tour de la Prison et le Lavoir avec trois magnifiques bacs de pierre. J’aurais pu faire le tour de la muraille si mon « conférencier » me lâchait un peu. Mais il veut absolument voir mon mari et aller boire un coup au café. Impossible de le semer, il court plus vite que la randonneuse. Je grimpe dans la voiture et le plante tout net. Nous démarrons sans achever la visite de Benasal.

Ares del Maestrat ; terrasses
Ares del Maestrat ; terrasses

La route franchit le Col d’Ares (1173m). En face, sur un sommet à 1326m s’accroche le village d’Ares del Maestre. Un gros piton rocheux porte les restes du château tandis que les maisons blanches du village s’entassent sur l’épaulement sous le château. La place du village vaste et carré, a deux bâtiments remarquables un hôtel en rénovation et  l’Hôtel de ville au dessus d’arcades ressemble à celui de Benasal. Une statue en ferraille de Jaume 1er (encore lui !) garde la porte.

dscn8149-copieLa grande église baroque a de belles colonnes torses à la base entaillée de putti joufflus et de motifs végétaux. Une promenade conduit à la grotte qui est à la base du château (hélas fermée à la visite le lundi).

chateau sur la grotte habitée depuis la Préhistoire
chateau sur la grotte habitée depuis la Préhistoire

Le sentier en colimaçon monte à une belle terrasse d’où le panorama dégagé s’étend sur les flancs de la montagne découpés en terrasses renforcées par des murettes découpant le relief comme des courbes de niveau sur une carte topographiques ou une maquette, il y a bien peu de végétation, paysage minéral. Des sentiers balisés pour les randonnées mènent à des moulins. Le site comporte aussi des restes d’Art rupestre de la Préhistoire renommés (encore fermé le lundi !). Arès nous a réservé une belle surprise même si nous ne nous sommes pas attardées.

La route descend dans la large vallée du Rio Torre (pas plus d’eau que dans les autres rivières). Cependant le relief y est adouci, les collines sont plus molles, les champs plus plats et plus vastes. Des bovins paissent dans des pâturages desséchés. Le blé d’hiver a déjà levé et les champs sont verts. Nous remontons dans d’autres montagnes avant d’arriver à Morella;

Benicassim – Via Verde – villas

CARNET DE BENICASSIM

entre Bénicassim et Oropesa
entre Bénicassim et Oropesa

Un « chemin vert », piste cyclable et piéton relie Benicassim à Oropesa sur le tracé de l’ancienne voie ferrée sur 5.5km.

Il commence au bout de la corniche et de l’avenue Jaume 1er à proximité de l’Hôtel El Palasiet. Un pont ferroviaire en marque l’entrée. La piste emprunte une tranchée taillée net dans la roche.

Piste cycliste sur le trajet de la voie ferrée : tranchée
Piste cycliste sur le trajet de la voie ferrée : tranchée

Des panneaux botaniques jalonnent le parcours. Ils m’amusent d’autant plus qu’ils mentionnent le nom scientifique et la famille. Au début la piste est enfermée dans la tranchée, on ne voit la mer que par des échappées.  On traverse un bois de pin. La côte est très proche avec de beaux rochers rouge battus par les vagues.

espagne16tlf-045Deux tours, une carrée et une ronde sont sur le parcours. Il y a beaucoup de monde, surtout des vélos. Les cyclistes de club avec maillots, casques et cuissardes, foncent. On ne les entend pas arriver. Il faut être attentif avant de traverser la piste. Des familles roulent sans se presser. Les joggers doublent les marcheurs, certains équipés de bâtons de marche nordique. le parcours est plus sportif que touristique mais bien agréable.

A l’entrée du long tunnel de 600m, certains joggers empruntent un sentier qui monte au flanc de la colline. J’aurais été bien inspirée de les suivre. 600m de tunnel, quelle pénitence ! Sur le topo-guide il était précisé qu’il fallait se munir d’une torche. Peut être dans le noir cela aurait été plus amusant, ma lampe de poche est inutile ; la galerie possède un éclairage électrique.

La sortie du tunnel se fait au dessus de la marina d’Oropesa puis je passe la belle plage de la Concha bordée de palmiers, de restaurants d’immeubles assez neufs et assez chics. En face un très haut, très rectangulaire, très massif, immeuble gris vert écrase tout. Au bout les deux tours las Vegas ont au moins 10 étages. Ce n’est pas tout. A l’arrière du front de mer, toute une ville de béton vétuste forme un ensemble déprimant. Sur la côte, encore une tour ronde et un phare.

9 octobre
9 octobre

Après avoir fait trois fois le tour (on a oublié le GPS) nous sommes arrêtées par une procession : des chevaux, des tambours ; des Templiers, des Sarrazins, des femmes voilées, d’autres médiévales….ils rejoignent la tente blanche de Jacques 1er. L’assistance fait silence : « Au nom du roi Jacques 1er, comte de Barcelone, Comte de Montpellier, roi d’Aragon… ». Toute l’assistance écoute religieusement mais personne ne se pousse pour me laisser faire une photo. Le discours est longuet, personne ne bouge, ni paysan, ni templier, ni sarrasin, ni cheval.

espagne16tlf-048

La direction de Benicassim est bouchée par la fête. Nous nous dirigeons au jugé. Nous suivons l’avenue de Benicassim qui logiquement devrait nous y conduire. Pas du tout : elle aboutit sur la N-340 mais en direction du nord. Impossible de la couper et même de faire demi-tour. On dépasse Oropesa (d’où on vient)  à la première sortie, fléchée Cabanes on la quitte. Impossible de retrouver la N-340 vers le sud. Sur la carte, il y a bien une petite route vers un château dans le Desert de las Palmas. Le château perché a fière allure ;  il semble se dissoudre dans le paysage quand on l’approche et nous ne le reverrons plus. En l’absence du château il y a une source fuente Metivet « tu veux t’arrêter avec tous ces gens ? » Présenté comme cela, la réponse est non. Pourtant nous aurions bien dû leur  demander notre chemin. Cabanes est très loin. Il faut se souvenir que la région est montagneuse et peu peuplée,  les villages sont très éloignés et les route ne passent pas par les sommets. On a parcouru 80 km au compteur, pris trois autoroutes, dépassé Castellon. Tout ce détour alors que j’avais fait 5 km à pied !

Tour saint Vincent et plage
Tour saint Vincent et plage

Entre la tour Saint Vincent et l’extrémité de la plage, il y a 2.3 km sur le sable ou sur une très belle promenade piétonne plantée de palmiers, le long de très belles maisons, de jardins et de haies fleuries en face de plages de Torre San Vicente l’Almadrava et Voramar. Dès 1887, on a construit  les  premières villas sur le front de mer de plain pied, orientées vers la mer avaient un porche donnant sur le jardin. La vie sociale s’organisait selon deux pôles, la Cour céleste qui se caractérisait par la tranquillité de ses veillées, l’allure modeste et le nom de saintes (villa Santa Cristina, Villa Sofia, Villa Marina, Carlotta, Maria del Carmen…et « l’Enfer » où des soirées trépidantes se déroulaient dans un cadre luxueux.

villa luxueuse
villa luxueuse

La villa Solamar, construite du côté cour Celeste fit scandale par les statues de nus, que le Directeur des Beaux Arts de Valence, pour plus de pudeur, eu l’idée de retourner ce qui valut à sa maison le surnom de la villa des culs. Un code strict régissait les bains de mer : le décalogue des baignades.

Villa solamar
Villa solamar

Ces villas eurent des visiteurs fameux, des peintres, des écrivains…Au début de la Guerre Civile un changement radical s’opéra dans la fréquentation des villas avec la fuite des propriétaires et l’arrivée des brigadistes qui les ont converties en hôpitaux, cantines, bibliothèques et centres de réunion. La grande Villa Amparo de style colonial américain, fut aussi le lieu de l’histoire d’amour entre Hemingway et Marta Gelhorn, Dos Passos et Cartier Bresson y résidèrent aussi.

Villag Amparo
Villag Amparo

Il n’est pas facile de faire des photos des maisons privées cachées derrière d’imposantes grilles ou des jardins, je manque aussi de recul. Certaines sont devenues des restaurants et sont plus accessibles.

espagne16tlf-059

Le Désert de las Palmas

CARNET DE BENICASSIM 

espagne16tlf-044
Benicassim vu de la montagne

Déjeuner de gala : crevettes roses et avocat sur la terrasse.

Nous descendons les stores pour faire de l’ombre sur la terrasse. Sieste avant la baignade.

Les épis brise-lame de la plage de Bénicassim, sont en forme d’équerre perpendiculairement à la plage. Ils dessinent des piscines très calmes et très sûres pour se baigner. Je compte mes allers-retours. Cela m’amuserait d’aller jusqu’à la bouée jaune plus loin vers le large et je me méfie un peu.

Le vieux monastère
Le vieux monastère

Vers 17h30 nous gagnons le Désert de las Palmas. Nous voulons voir le monastère au coucher du soleil. De Désert il faut comprendre le sens religieux plutôt que géographique, la montagne est couverte d’un maquis florissant pas du tout désertique. Le nombre de couvents, ermitages, églises est impressionnant. Las palmas est encore plus étonnant. Le littoral est bordé de nombreux haut palmiers, je n’en vois pas l’ombre d’un dans la montagne.

De Benicassim, on remarque un pic pointu aux chicots d’un beau rose. Après avoir traversé l’autoroute et la N-340 on arrive dans une montagne couverte d’une végétation méditerranéenne avec des Pins maritimes, des Lentisques pistachiers (Pistacia lentiscus) que j’affectionne particulièrement, quelques caroubiers (Cératonia siliqua) avec leurs gousses qui pendent, des arbustes desséchés, des Cistes et des Genets. Dans un creux se trouve le monastère précédé de  toutes sortes de ruines avec même une colonnade énigmatique.

espagne16tlf-042

La route tournicote, monte en lacets, court sur une arête, s’élève encore puis surplombe le vieux monastère. D’un parking, une piste y descend, bordée de petites chapelles minuscules que je prends pour un chemin de croix. Au pied du monastère : un verger d’amandiers.

Un peu plus loin, sur un épaulement, le monastère des Carmélites dont on peut visiter l’église et un petit musée ou acheter la liqueur qui y est confectionné. Il est trop tard pour faire la promenade jusqu’à une belle tour. Le chemin est bien fléché (1km). Au sommet on voit une grande croix, encore une église, un ermitage ; Pas très désert ce désert !

Bénicassim, en octobre, pendant la semaine est peuplée de retraités ;pour le week-end sont arrivées de Castellon, de Valence,ou de plus loin, des familles avec enfants, des groupes de jeunes gens, des motards. Ce n’est pas la cohue de l’été mais la corniche et les restaurants sont bien animés. Ce mélange de générations me plait. Demain, 9 octobre, la Communauté de Valence fête l’entrée de Jacques 1er dans Valence. Ce soir quelques feux d’artifices éclatent. Curieusement on n’a pas choisi de les tirer sur la mer.

L’orchestre des animaux à la Fondation Cartier

LE MONDE EN EXPOS

003

Comment qualifier cette installation?

Exposition de photos : très belles photos animalières du japonais Manabu Miyazaki  » un ours noir joue avec un appareil photo », « Geai et Mésange variée »

Vidéogrammes : Les Oiseaux artistes. Sur des écrans plats, des parades nuptiales de Paradisiers, d’un ménure tout à fait spectaculaire, de jardiniers qui décorent leur nid et offrent des cadeaux à leurs belles….

les-bruits-de-la-nature-jpg
Les bruits de la nature – JP Mika

Peintures : principalement africaines.

moke_lorchestre_dans_la_foret_0_0 Je reconnais les motifs d’Abomey par le béninois Cyprien Tokoudagba. Un amusant Concert de la Sape, de Pierre Bodo me rappelle une exposition de peinture africaine Beauté Congo présentée ici même, grands acryliques très colorés

white_tone_3

Dans une autre salle une fresque spectaculaire du chinois Cai Guo-Quang rappelle étrangement l’art pariétal préhistorique. Une vidéo montre la réalisation de cette oeuvre « à la poudre à canon » dans un hangar un premier modèle posé au sol permet de réaliser des pochoirs, puis on saupoudre de poudres diverses le support qui est caché par du carton. Le feu se propage, le résultat est étonnant et ressemble plus aux techniques préhistoriques qu’aux fresques actuelles. Autour d’une mare blanche les animaux, grandeur nature, girafe, rhinocéros, tigres etc…viennent se désaltérer, on voit  en bleu le reflet de leurs silhouettes.

002

Le plus étonnant, et aussi très intéressant, écolo-militant, dans une salle noire, photos et graphiques montrent le déclin de la biodiversité. Les courbes sont éloquentes, toutes les familles déclinent. Une illustration sonore réalisée par Bernie Krause montre le déclin des bruits de la forêt enregistrés à quelques années d’écart.

Le spectacle le plus original est dans une salle noire où l’on peut entendre une symphonie planctonique : Chroniques du Plancton.  Des microphotographies de diatomées, radiolaires, larves d’oursins, méduses sont projetées sur des écrans au sol, ces micro-organismes déformés ou simplement agrandis, nageant, disparaissant, forment un spectacle zen.

Un spectacle étrange, contemplatif, écolo, militant!

 

Peniscola : château du Papa Luna

CARNET DE  BENICASSIM

Peniscola
Peniscola

Hier nous avons eu vraiment très chaud, la terrasse était une fournaise. Nous partons au lever du soleil entre les pins tordus près de la Tour Saint Vincent. La route court entre la côte et la montagne aux roches rouges, très escarpée, aux sommets pointus tantôt roses tantôt gris, piquetés de buissons. A Oropesa nous montons sur l’autoroute dont les chaussées sont séparées par des lauriers roses. Les vergers d’agrumes sont florissants, avec  leurs feuilles sombres vernissées. Il y a aussi des champs d’artichauts  et des choux. Plus on remonte vers le nord plus les agrumes cèdent leur place aux oliveraies et pêchers. Qui cueille les fruits ? Un château se profile sur un éperon rocheux, en contre-jour dans le soleil éblouissant, puis un autre, un peu plus loin. En face il y a un village avec une belle église.

dscn8050-copie

Peniscola est composée de deux parties : le village blanc aux maisons blotties sur un cap coiffé de son château d’une part, de l’autre une station balnéaire coquette avec une corniche soignée, une plage ratissée de frais. A la jonction des deux, un parking souterrain.

Le village ancien est interdit aux voitures – sauf exceptions –Les handicapés sont-ils une exception ? C’est un affreux gymkhana dans le village aux ruelles pentues, étroites et tortueuses. La conduite est éprouvante : Dominique ne profite pas de cette visite éclair.

Papa Luna
Papa Luna

Je monte seule au château par la rampe Felipe 2 qui passe sous un porche où un  panneau signale que Peniscola a servi de décor à des films : Le Cid d’Anthony Mann (1961), Games of Throne (2015) et une série télévisée espagnole Chiringuito del Pepe. Les rues sont pavées de petits galets disposés verticalement. Après avoir passé la Porta Fosc, je découvre l’Eglise de la Mer (18ème siècle)qui a une façade baroque mais une nef très simple.

Le château est impressionnant. Il semble en parfait état. A-t-il traversé les siècles sans dommages ? ou a-t-il été parfaitement restauré ? Une statue du Papa Luna (2007) accueille le visiteur. Ce personnage, Benoit XIII fut élu en Avignon en 1394 avec le soutien de Charles VI à condition de mettre fin à la division entre Pape d’Avignon et Pape de Rome, en démissionnant. Il causa donc la colère du roi qui fit assiéger son palais avignonnais le contraignant à l’exil. Son successeur Clément VIII fut élu, en 1411, il y avait trois papes.

Malheureusement, le château ne contient pas de souvenir du Papa Luna sauf la « salle du Conclave ».

dscn8044-copie

Les Templiers construisirent cette forteresse en 1294 sur les fondations d’un fort arabe, et ils furent expulsés par Jacques II  en 1307 (contemporain de Philippe le Bel). Elle résista aussi bien aux guerres civiles du XVIIIème siècle, aux Français et à la Guerre Civile du XXème siècle.

On entre par le Corps de Garde où l’on pouvait stocker les vivres. Les Templiers étaient riches, la région, irriguée depuis le temps des Arabes fournissait des récoltes abondantes. La pièce attenante – la salle d’armes – pouvait servir de citerne. Les chevaliers possédaient des arbalètes, des épées et construisaient aussi des machines de guerre comme des catapultes.

De l’autre côté de la cour, les Caballerizas, les écuries étaient installées dans une très belle et très vaste salle voûtée. Dans une salle attenante on projette un vidéogramme racontant la vie au château et les symboles des Templiers qui étaient la Croix pattée et la cape blanche.

dscn8049-copie

Au niveau supérieur, ouverts sur une belle terrasse, l’église et la grande salle gothique. L’église est de belles dimensions, nef rectangulaire et voûte en berceau. La grande salle est meublée, ornée de blasons brodés sur du velours grenat. Une tenture de velours fait le tour de la pièce.

dscn8053

Quand je sors du château, le village s’est réveillé. Restaurants, chambres d’hôtes et magasins de souvenirs occupent les jolies maisons blanches. Tant d’enseignes, tant de marchandises accrochées gâtent le charme. Maisons blanches, volets bleus, sempiternelles poteries, dentelles ou écharpes de soie. Nous pourrions être n’importe où en Méditerranée, Grèce, Sicile ou Tunisie. Originalité de Peniscola : les épées de bois et les écus en carton, ou l’un et l’autre en plastique.

Les deux plages sont fort belles : une petite se niche à l’arrière du port, une grande bordée de palmiers et d’immeubles luxueux.

Nous poussons vers le nord jusqu’à Benicarlo qui n’a rien de mieux à nous offrir.

Si nous rentrions maintenant nous pourrions nous baigner à Benicassim qui est sans conteste la plage la plus belle de la région. Nous pourrions griller les sardines pour déjeuner.

Alcala de Xivert : façade baroque
Alcala de Xivert : façade baroque

Nous rentrons donc par la N-340 qui traverse au plus près les vergers d’agrume et d’amandiers. Nous la quittons pour jeter un œil à l’église de Alcala de Xivert, très baroque, très décorée. Même la base des colonnes est sculptée et au sommet, un homme à terre gesticule et grimace. Le village se prépare à la fête du 9 octobre et suspend des écussons en toile de jute en travers de la rue principale de la Purissima. Les autres rues sont tranquilles. On achète des fruits et légumes dans un Frutas y verduras où ils sont beaucoup plus beaux et surtout beaucoup moins chers qu’au supermarché. Je me sers moi-même sans façon. Le patron interrompt une conversation en arabe pour me servir en espagnol. De nombreuses femmes voilées bavardent sur le pas de leur porte. Sont-ce les anciens Sarrazins d’avant 1232 et 1492  ou les cueilleurs de fruits ?

Ce qui reste de la nuit – Ersi Sotiropoulos

1CAVAFY A PARIS EN 1897

cavafy-collage

Il y a si longtemps, fascinée par le Quatuor d’Alexandrie de Lawrence Durell, j’ai rencontré Cavafy, le poète d’Alexandrie. Et quand j’ai visité la ville, j’ai cherché à marcher sur les traces de Justine, visité de Cecil hôtel, traîné devant les cafés, cherché les terrasses de cafés, cherché des traces grecques sur les vieux murs délavés…

copie-de-egypte2008coolpix-454
un café d’Alexandrie

Plus tard, au cours de nos voyages dans les Iles grecques, souvent avec Durrell pour guide, j’ai retrouvé Cavafy. Éblouissement que son Ithaque que j’aime entendre en Grec, que j’ai écouté en boucle. Puis découverte En attendant les Barbares….

Cavafy me fascine.cavafy-portrait

Et voici que, par les hasards de Facebook, je trouve sur le blog de L’ivresse Litteraire  le titre Ce qui reste de la nuit, sur les pas de Cavafy à Paris. Je l’ai téléchargé en négligeant l’avis très mitigé de Sandrine qui ne l’a pas beaucoup apprécié.

Certains livres, même si ce ne sont pas des chef d’oeuvres littéraires, tombent à pic dans l’humeur du moment. Constantin Cavafy et son frère John passent quelques temps dans le Paris de l’Affaire Dreyfus, en 1897. Autre sujet qui m’intéresse. Encore une coïncidence, je suis en train de suivre le MOOC Oscar Wilde. Ce dernier sorti de prison est justement venu en France, est ce que Cavafy le rencontrera dans le roman? Il aurait pu. En tout cas, les considérations esthétiques du jeune poète rencontrent celles de l’auteur du Portrait de Dorian Gray. 

« Wilde avait été le précurseur de l’anti-mimesis[…]l’archiprêtre de l’anti-mimésis »

cavafy2

Dans ce Paris de la Belle époque, la vie artistique est brillante et les deux Alexandrins, pilotés par un compatriote, Mardaras, secrétaire du poète symboliste Jean Moreas, vont traîner du Boulevard des Italiens, à Montmartre, des Tuileries à la Place Clichy, à la recherche des endroits où il faut être où dînent ou soupent les célébrités.

« C’est ici-même, au rat mort que Rimbaud avait poignardé Verlaine en présence du poète Charles Cros… »

Quelles émotions pour un poète!

Baudelaire, Rimbaud, Hugo, vous me broyez. « Votre stature m’écrase »

« Et la merveilleuse métaphore de Baudelaire allant de l’oiseau marin au Poète » [….] « Tout homme, et pas seulement le Poète, ne se voyait-il pas condamné à vivre cloué au sol. » inspire le jeune Constantin qui a hâte de rentrer dans a chambre d’hôtel pour écrire des vers qu’il déchire, le matin venu.

Promenades dans Paris, allusions à Alexandrie, bien présent. Recherches poétiques. Mais aussi déchirures dans la société causées par l’Affaire Dreyfus, curieusement comparées aux querelles byzantines :

« Iconomachie. Iconolâtres et iconoclaste. Une fumée épaisse montait de l’atrium de SAinte-Sophie« […] « vois-là une preuve supplémentaire de ce fanatisme qui animait l’Empire byzantin »

Etudes pour les poèmes de Cavafy, image empruntée au blog de Thierry Jamard http://thierry.jamard.over-blog.com/2016/11/exposition-cavafis-lundi-7-octobre-2013.html
Etudes pour les poèmes de Cavafy, image empruntée au blog de Thierry Jamard
http://thierry.jamard.over-blog.com/2016/11/exposition-cavafis-lundi-7-octobre-2013.html

L’amour des garçons sous-tend le récit, amour coupable, inavoué et inassouvi. Tension insoutenable après la rencontre avec un jeune danseur russe. Scène très pénible (pour la lectrice dans une pissotière). Un aspect interlope comme cette visite dans une Arche, lieu de perdition mondain où les hommes de la bonne société s’encanaillent après avoir traversé la zone. 

Une lecture très riche, qui tombe au bon moment!

Et encore une coïncidence, sur un blog ami je viens de trouver un très long article sur une exposition Cavafy à Athènes très bien illustrée.

 

 

 

 

 

 

 

Sagunto

CARNET DE VALENCE ET BENICASSIM

la forteresse sur la colline
la forteresse sur la colline

Sagunto

La  forteresse coiffant deux collines,rejointe par un mur crénelé, se voit de l’autoroute Sagunto est une grosse agglomération entouré de zones d’activités industrielles ou commerçantes.

Le nom de Sagunto m’est familier. Je pense confusément aux Romains sans bien savoir pourquoi. Hannibal fit le siège de Sagunto et la prise de la ville déclencha la seconde Guerre Punique. En 212 Scipion l’Africain reprit la ville.

La ville historique est pavoisée: un marché médiéval s’y installe ce week end à l’occasion du 9 octobre, la fête de la Communauté de Valence :  le 9 octobre 1238, Jacques Ier d’Aragon entra dans Valence (c’est aussi la fête des amoureux).

Théâtre romain
Théâtre romain

Le Théâtre romain adossé à la colline, est ouvert à la visite. Dès que je franchis les arcades (d’époque), je découvre un théâtre « romain » complètement reconstruit. Les gradins en calcaire genre comblanchien sont prêts à accueillir les spectateurs. La scène st en planches, le mur de scène reconstruit en brique. Le plan antique a été respecté. On a mis des éléments du décor antique, une unique colonne est en place. Le résultat est surprenant, pas franchement réussi pour les puristes.

Hypogée : tombe juive
Hypogée : tombe juive

A proximité du Théâtre, se trouvait les quartier Juif ( au dessus de la route actuelle). Les tombes juives étaient des grottes à l’entrée des maisons. 50 de ces hypogées se trouvent le long d’un sentier creusé dans la roche. A partir de 1492, les tombes furent abandonnées et saccagées. Elles ont servi de refuge pendant la Guerre Civile (1936-1939). Dans la Juderia de Sagunto on produisait du vin cacher, de la cire, les juifs étaient des commerçants, négociant de textiles, soie et laine. Des témoignages écrits attestent que la  présence juive remonte à l’Empire Romain. On a retrouvé des incantations écrites en latin sur un support de plomb. Jacques 1er aida les juifs à s’installer renforçant ainsi la colonisation chrétienne. En 1321 on construisit un mur enfermant la Juderia. Le premier bailli  de Sagunto était juif.

dscn8030-copie

Le site fortifié est actuellement en restauration – restauration durable est-il précisé – allusion aux restaurations antérieures à grand renfort de ciment et de briques. Le site est immense. D’un aménagement précédent, il reste quelques plaques avec des noms mais pas d’explications. Je grimpe au sommet de la colline, plus pour la vue et le sport que pour l’histoire ;

L’antiquarium est un long bâtiment bas adossé à la muraille. Le jeune homme qui se tient là me fait toute une conférence sur les guerres napoléoniennes : l’antiquarium est installé dans les écuries des armées françaises et sur les inscriptions hébraïques. Comme je suis bon public, il me montre comment les épigraphistes lisent le latin sur les stèles, une seule lettre souvent suffit pour un nom entier.

dscn8019-copie

Nous n’avons plus le temps pour visiter le Musée Historique  en bas, en ville,  le marché médiéval qui a colonisé la rue, rend le stationnement impossible.

Le GPS nous mène directement à Benicassim. Il est un peu trop tôt, je vais me tremper les pieds sur la plage très bien aménagée. Il y a même une « Bibliothèque de la mer ». Quelle excellente idée ! Plage et lecture vont bien ensemble.

L’appartement de Rosa est encore plus beau que sur les photos. La terrasse est merveilleuse ; C’est là que nous passerons le plus de temps !

 

Monet, Munch, Hodler au Musée Marmottan – Peindre l’impossible

RENCONTRES  CHEZ MONET

Munch : neige fraîche sur l'avenue
Munch : neige fraîche sur l’avenue

Deux expositions presque simultanément sur les lieux consacrés à Monet et à l’Impressionnisme : Sorolla à Giverny et Monet, Munch, Hodler à Marmottan. La mode cette année est-elle de faire dialoguer les peintres? Je goûte énormément ces rencontres qui offrent un point de vue nouveau sur des écoles qu’on imagine séparées. 

Hodler (1858-1918), Monet (1840-1926) Munch (1863-1944) contemporains ne se sont jamais rencontrés, chacun a effectué des recherches originales dans des voies différentes, mais chacun dans la lumière et la couleur.

hodler
hodler

Peindre l’impossible est le sous-titre de l’exposition

« J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond… c’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça» Monet

En introduction,  une courte présentation des trois peintres : trois autoportraits. L’essentiel de l’exposition s’organise autour de ces thèmes impossibles à rendre : les montagnes, l’eau, la neige, le soleil et la lune, pour terminer  par Couleurs. 

Le grand maître des montagnes est sans conteste le suisse Hodler. Dans le Lac de Thoune  ou le Lac Léman les sommets se reflètent, ou émergent d’une mer de nuages ou de bancs de brume. Le contraste entre le tracé extrêmement précis, structuré, presque géologique, des sommets et le flou de la brume est surprenant.

Lac de thoune et chaîne du stockhorn
Lac de thoune et chaîne du stockhorn

Le premier tableau : Le Lac de Thoune et la Chaîne du Stockhorn est construit en couches parallèles bleues ou jaunes , 7 lignes bleu-clair, de brume traversent le tableau et la montagne. Au premier plan, de très petites taches vertes donnent du relief. De nombreux tableaux de montagnes sont accrochés : Le Mont Mönch net et structuré, le bâti est souligné d’un trait bleu ou rouge, surmonté de jolis nuages blancs en forme de virgule. La Jungfrau, l’Eiger et le Mönch  au dessus de la mer de brouillard . 

Monet : Mount Kolsaas
Monet : Mount Kolsaas

Monet s’est aussi essayé avec bonheur à peindre le Mont Kolsaas(Norvège) là où je ne l’attendais pas du tout.

paysage-de-thuringe
paysage de Thuringe

Pour la neige, c’est Munch qui excelle avec des personnages très colorés qui se détachent. En regardant avec plus d’attention, je découvre les flocons tombant sur cette Neige fraîche sur l’avenue que l’on a choisie comme affiche de l’exposition. Et j’ai eu un coup de cœur pour le Paysage de Thuringe où les limites des champs enneigés sont soulignés de rouge, brun ou vert. Monet,  bien sûr n’est pas de reste….

Monet
Monet

Le thème de l‘eau n’échappe pas à Monet avec une barque dans le courant de l’eau souligné par les ondulations des végétaux. Peinture de maître!

Autre thème : les astres , coup de cœur cette fois-ci pour Munch, et à plusieurs reprises! Sa nuit étoilée a une parenté avec celles de Van Gogh!

munch soleil
munch soleil

Pour terminer, Couleurs glorifie les teintes chaudes de rouge et d’orange!

munch_deux_etres_humains_les_solitaires_field_image_diaporama-1

Une très belle exposition, donc. Seul Bémol, les salles sont exiguës à Marmottan et si trois groupes suivent leurs conférencières, les visiteurs individuels ont du mal à accéder aux tableaux. J’ai donc fait la visite dans le désordre pour revenir aux salles moins embouteillées.

 

 

 

Départ de Valence, un petit tour à la mer

CARNET DE VALENCE ET BENICASSIM

 

Ce n'est pas une lyre géante mais un pont suspendu!
Ce n’est pas une lyre géante mais un pont suspendu!

Nous quittons vers 10h30 l’appartement Negrito de la Rue des Valencians avec des regrets. J’ai beaucoup aimé cette ville variée et tranquille où il me reste encore tant à voir.

Avec la voiture nous faisons un tour à la Cité des Arts et des Sciences puis pousser vers le port ? Circuler dans le Port en voiture est interdit. Nous empruntons des routes au hasard et tombons sur des zones encloses dans des grillages. Les grues bien visibles de l’Oceanographic semblent effacées du paysage. De guerre lasse, j’allume le GPS qui nous ramène en ville au Pont de l’Aragon. Nous suivons attentivement les indications de madame GPS sans nous préoccuper de tourisme dans la ville moderne.

dscn7979-copie

On nous a recommandé de ne pas arriver avant 19h pour cause de sieste espagnole, une centaine de km séparent Valence de Benicassim, nous prenons le chemin des écoliers. L’autoroute gratuite pour Castellon longe le rivage. Au bord de l’eau, il nous vient des envies de plage.

Pour marcher au bord de l’eau nous prenons la première sortie vers Playa Pobla de Farnals, traversons cette station balnéaire modeste mais surtout déserte composé d’immeubles peu avenants. Nous cherchons un supermarché pour faire un pique-nique et surtout pour acheter une carte routière. La première boutique vend la presse locale et tout un assortiment d’hameçons, de fil de pêche et de leurres, la seconde est riche en boîtes de conserves de moules, sardines et calamars que nous dédaignons. La plage de sable est agréable, vierge de toute installation(la municipalité a enlevé et mis de côté les chemins de planches et même les poubelles). Au loin, on devine les grues du port de Valence. Quelques retraités ont apporté sièges de plage et parasols, on se baigne ici en Octobre. Ma jupe est plutôt longue, je la remonte pour marcher le long de l’eau. J’atteins la plage de Puig station plus chic avec une jolie promenade plantée, mais pas de restaurant en cette saison. Un petit kiosque en bois a installé quelques tables où l’on peut boire ou manger des glaces. Et déjeuner ? « je peux préparer des bocadillos. » propose la jeune femme. Déjeuner simple, impromptu : sandwich au saumon (bien rempli) et tortilla de patates.

Retour à la grande route, qui traverse une mer de vergers d’agrumes, bien entretenus, jeunes touffus, oranges ou mandarines.

Valence : Almudin, Musée de la Céramique et autres promenades dans le centre historique

CARNET DE VALENCE

espagne16tlf-022-copie

Pour l’après midi, j’ai fait une liste des sites que j’aimerais voir..

Je ne trouve pas le premier : la crypte saint Vincent à lAlmoina où j’ai visité le Musée Archéologique.

Almudin
Almudin

Derrière, l’Almudin – la halle au grain – du temps de Balentsya. Le nom des rues rappelle cette fonction : rue de la Farine, Rue de la Pesée de la farine. L’Almudin est un bâtiment rectangulaire, très simple qui s’ouvre sur une placette Plaça de Sant LLuis Bertrand : le saint est une petite sculpture en bronze orant une fontaine au bassin octogonal. Le porche d’entrée d’un palais est très ouvragé.

Un peu plus loin, se trouve la massive église S. Esteban avec son mince clocher de brique. L’Almudin sert de hall d’exposition, lorsque l’une est en préparation, on ne visite pas. Je n’entrevois que de la porte les peintures murales représentation de la vie populaire.

Les Bains de l’Almirante qui ont rempli leur fonction de 1313 à 1959 pendant donc six siècles se trouvent à proximité. Malheureusement le créneau des visites est de 13h à 14h selon le panneau (et jamais pour les individuels selon un voisin). Troisième site de ma liste, troisième porte close .

Le Musée du Patriarca est recommandé dans mes deux guides. Peinture ancienne, Caravage, le Greco, Goya sont annoncés sur une énorme affiche suspendue sur les murs du palais ; Impossible de trouver l’entrée. Et sur la place personne ne connait les horaires d’ouverture. Encore raté !

Palais du Marquis
Palais du Marquis dos Aguas

Enfin j’ai plus de chance au Musée des Céramiques qui se trouve dans le Palais du Marquis dos Aguas, construit au XVème rénové en 1740. La façade est ornée de bas- reliefs en albâtre, Atlantes soutenant le linteau du porche, Vierge dans une niche, mais aussi autour des fenêtres. Je n’ai jamais vu une façade aussi surchargée, l’albâtre semble un miel liquide qui dégouline.

Façade rococo ou rocaille?
Façade rococo ou rocaille?

Les murs des patios intérieurs sont également très décorés mais dans un style plus sage. A propos de style Baroque ? Roccoco ou rocaille ? Le Palais est meublé. Même impression de surcharge, trop meublé, trop riche, trop décoré. Les céramiques sont intéressantes. Après une présentation d’œuvres contemporaines au rez de chaussée, la scénographie est classique : vitrines dans l’ordre chronologique. Beaucoup de très belles choses.

Horchateria Santa Catalina
Horchateria Santa Catalina

Après tout ce circuit, j’ai besoin d’une pause que je prends à l’Horchateria Santa Catalina dont je ne me lasse pas. Dominique m’attend à la terrasse du restaurant BonGust à deux pas du gîte sous la dame dans son plat à paella. J’y reste toute la fin de l’après midi et pour dîner (à l’heure touriste) : tartare de saumon avec sauce à la mangue présenté sur une ardoise, très bon !