FANTIN LATOUR – A fleur de peau – au Musée du Luxembourg

EXPOSITION TEMPORAIRE du 14 .09.16 AU 12.02.17

Quentin Latour autoportrait
Quentin Latour autoportrait

De Fantin Latour, seul le nom m’était familier. J’étais incapable de le situer chronologiquement et encore moins de visualiser un seul de ses tableaux. C’est donc une totale découverte. 

Quentin Latour : soeurs de l'artiste
Quentin Latour : soeurs de l’artiste

Né à Grenoble en 1936, mort en 1904, il est contemporain de tous les peintres que j’ai eu l’occasion de voir à l’Exposition SPECTACULAIRE SECOND EMPIRE du Musée d’Orsay. Je retrouve donc quelques repères. Autre coïncidence, la lecture de Ce qui reste de la nuit d’Ersi Sotiropoulos qui raconte la visite de Cavafy à Paris en 1897 dans les lieux fréquentés par les poètes aurait pu être illustré par le tableau de Fantin Latour :  Le Coin de Table où sont représentés Verlaine et Rimbaud.

Coin de table : Verlaine et Rimbaud
Coin de table : Verlaine et Rimbaud

D’entrée, le visiteur prend connaissance de la figure du peintre par de nombreux autoportraits très réussis. Fantin Latour a aussi représenté ses proches qui ont posé pour lui : ses sœurs, sa femme et sa belle-soeur sont des modèles intimes. Souvent peintes un livre à la main (tiens, je connais quelqu’une qui pourra ajouter des liseuses à sa collections!

L'atelier des Batignolles
L’atelier des Batignolles

Remarquable portraitiste, il peint de grands tableaux de groupe avec Un atelier aux Batignolles, hommage à Manet, en présence de Zola, le Coin de Table, ainsi qu’un tableau de musiciens autour de Chabrier au piano, Vincent d’Indy et d’autres que je n’ai pas reconnus. Toutes  ces figures, célèbres ou intimes ne respirent pas franchement la joie de vivre. On était plutôt raide et compassé à la fin du 19ème siècle!

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Contrepoint de ces grands tableaux de personnalités en costume sombre,  suivent des petits formats de natures mortes et de fleurs. On est surpris, difficile de croire que c’est le même artiste qui les a peints. Les fleurs et les fruits assuraient les revenus du ménage, la femme de Fantin Latour Victoria Dubourg, peignait également des natures mortes.

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Vers la fin de sa vie une citation au mur étonne: « je me fais plaisir » ,  plus loin, il se réjouit de ne plus être forcé à peindre des fleurs.

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La musique était chère à Fantin Latour qui l’a célébrée dans un Hommage à Berlioz, de nombreuses œuvres autour de Schumann et de Wagner. Toute une série illustre Tannhauser.

Tannhauser
Tannhauser

L’exposition se termine par des tableaux très différents de ses grands formats réalistes : des nus ou des fantaisies presque symbolistes avec des coloris pastels, des figures féminines et féériques.

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Le Second Empire à Orsay

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affiche de l’Exposition : Ingres

C’est davantage une leçon d’Histoire illustrée qu’une exposition de peinture classique. D’ailleurs, les objets, les explications tiennent plus d’importance que les tableaux qui sont soit très connus, soit de moindre importance.

Meissonier : les ruines ddes Tuileries
Meissonier : les ruines ddes Tuileries

A l’entrée, paradoxalement , le tableau de Meissonier représente les Ruines des Tuileries, marquant la fin du règne de Napoléon III avec la Commune.

La Fête impériale doit éblouir l’Europe dans le luxe et l’éclectisme.

Winterhalter : Eugénie
Winterhalter : Eugénie

La première salle présente  les portraits officiels de l’Empereur et d’Eugénie, de Winterhalter, diffusés à multiples copies tandis que Gérôme a peint la réception officielle des ambassadeurs siamois qui rampent en présentant leurs présents. Commande officielle, pour laquelle l’artiste s’est aidé des photographies des protagonistes.

Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam
Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam

En face, autre tableau de commande  : L’Empereur visitant les inondés de Tarascon par Bouguereau, autre facette pouvoir, l’Empereur le détenant directement du peuple (par le suffrage universel). Les couronnes d’Eugénie et une pendule complètent des attributs de l’empire. Le Berceau offert par la Ville de Paris s’inspire du berceau du Roi de Rome. C’est une nacelle (rappelant Fluctuat nec Mergitur) décorée par les meilleurs artistes parisiens. Il est amusant de remarquer que le Préfet de Paris était Haussman et l’architecte Baltard.

Résidences impériales

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Des dessins de projets et des photographies montrent les travaux aux Tuileries et au Louvre qui furent alors réunis. L’inauguration du Canal de Suez et nombreux décors éphémères de célébrations impériales sont illustrées par des photos et des aquarelles. De grands tableaux montrent les autres châteaux occupés par la famille impériale : une résidence par saison, les Tuileries en hiver, Saint Cloud au printemps, Fontainebleau l’été et Compiègne à l’automne.

Portraits

Cezannes : portrait d'Achille Empéraire
Cezannes : portrait d’Achille Empéraire

Une grande salle tendue de grenat montre les portraits d’une société narcissique (selon l’audioguide) de James Tissot qui flattait ses modèles, d‘Ingres (l’affiche de l’exposition) mais aussi moins officiel : Courbet représentant Proudhon, ou Cézanne qui a peint son ami, le peintre Empéraire, jouant avec l’homophonie Emperaire/Empereur parodie de portrait officiel, Empéraire en robe de chambre à la place du manteau d’apparat….Je reconnais aussi le Balcon de Manet, un Degas, bien à leur place à Orsay, un peu plus loin Lola de Valence de Manet

Les tendances de l’architecture de l’époque sont détaillées dans les salles suivantes :

Style Néogothique avec Viollet-le-Duc

Orientalisme avec des meubles éthiopiens dans le château néo-gothique

La villa pompéienne du prince Napoléon occupe toute une salle.

Villa pompéienne avenue Montaigne
Villa pompéienne avenue Montaigne

Le château de Ferrière des Rothschild…

Toute une section est dédiée aux spectacles :  théâtre et Opéra, aux grands Boulevards, aux Salons pour les peintres, et aux Expositions universelles.

Tandis que les nouveaux loisirs se déroulent hors Paris grâce au chemin de fer, courses, bains de mer avec l’architecture balnéaire à Trouville ou ailleurs.

On assiste à la naissance de l’Impressionisme dans  ces nouveaux lieux à la mode comme Bougival ou les plages (je pense à l’exposition Sorolla, vue il y a peu).

Avec cette exposition, on passe en revue, non seulement les lieux de pouvoir mais aussi la vie quotidienne des classes privilégiées enrichies par la  prospérité économique.

 

 

L’homme qui m’aimait tout bas – Eric Fottorino

l-homme-qui-m-aimait-tout-bas-de-eric-fottorinoC’est un livre fort tendre, le livre d’un fils à son père qui vient de mourir. Un livre de souvenirs d’enfance. Une recherche d’explications. Le père, juste septuagénaire, s’est suicidé. Refusait-il le vieillissement, la retraite, ou la honte d’une faillite.

« C’était là, simplement, une certitude, une obligation qui s’était imposée à moi dès l’instant où j’avais appris la nouvelle. je pensais : mon père est parti. si je ne fais pas quelque chose, vite, sa vie entière va disparaître avec lui »

C’est un livre d’hommes, de foot, de vélo mais jamais de cette virilité agressive et machiste qui m’insupporte. Seulement des hommes qui vivent avec joie les possibilités qu’un corps bien entretenu leur apporte, course ou natation, foot ou vélo. Bien entretenu puisque Michel, le père est kiné.

Fottorino est un « spécialiste » de l’amour filial : il révère ses deux père, son père adoptif qui l’a élevé et son père biologique qu’il n’a connu que sur le tard. J’avais lu Le marcheur de Fès, récit d’un voyage-pèlerinage avec ce dernier. J’étais alors au Maroc et j’avais beaucoup aimé ce livre, et téléchargé L’homme qui m’aimait tout  bas qui a attendu sagement dans ma liseuse. Natif de Nice, Fottorino raconte une Méditerranée qui est celle de ses racines, Michel, son père adoptif est originaire de Tunisie. Il raconte Gafsa, l’imagine nageant aux îles Kerkennah, les dattes de Tozeur, la sieste ou la choukchouka….

« Rarement effort d’intégration a été aussi constant dans le sens de la France vers l’Afrique du Nord » écrit-il en parlant de lui-même.

Une évocation sensible,  comme une balade de l’Afrique du nord au sud-ouest de la France, de Bordeaux à la Rochelle.

 

Onda – Le chemin du Cid

CARNET DE BENICASSIM

Onda : la ville du carrelage
Onda : la ville du carrelage

Au réveil, nous découvrons le sol ruisselant, des flaques : il a plu pendant la nuit ; du brouillard cache les 5 cargos et le port de Castellon. Lundi dernier à Benasal, j’ai trouvé un dépliant fort intéressant : la carte du Camino del Cid dans la Communauté de Valence (il en existe d’autres tronçons de Burgos à Saragosse). Ce chemin du Cid peut être parcouru en voiture, en vélo ou à pied sur des circuits détaillés sur le thème de la conquête de Valence : anillo Maestrago , anillo de Morella …Nous aurions pu organiser nos excursions en suivant ces itinéraires. Trop tard ! Nous rentrons demain. Sur ce document nous avons choisi de visiter Onda à une trentaine de km, possédant une belle église, un château arabe du 11ème siècle, un couvent et plusieurs musées. De quoi nous occuper ! Nos livres en revanche sont muets. Petit bémol, Onda est une ville moyenne qui compte 25.000 habitants. Sans guide, nous risquons de nous perdre.

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Madame GPS nous guide dans les voies rapides et les ronds-points en un temps record. L’arrivée à Onda est surprenante. Onda est une ville industrielle, l’avenue de la Méditerranée passe entre des rangées d’entrepôts, de hangars, magasins d’usine, show rooms, pour un seul type d’article : le carreau de céramique. On ne vend et ne fabrique ici que des carreaux en céramique, également pour l’exportation, sur les façades des caractères arabes. Nous sommes sur la route du Cid qui s’était mis au service des taïfas – les rois arabes dont nous allons visiter un des châteaux. Mélange des cultures, les ancêtres des Espagnols ne sont sûrement pas les Gaulois !). La ville est cernée par les céramistes, usines ultramodernes et ateliers anciens, encore en fonctionnement ou en ruine. Les hautes cheminées de brique rouge sont nombreuses. L’une d’elles décore un petit jardin public en forme de triangle comme un obélisque incongru, à la base de la colline du château.

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Après en avoir entraperçu la silhouette, nous entrons dans la ville, espérant suivre un fléchage quelconque. Les immeubles modernes en briques ne sont guère attirants, ni les magasins.

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Enfin ! Un panneau indique l’Office de Tourisme, le petit parking pour les voitures et les cars est complet. Je monte une rampe de pierre, arrive dans un quartier aux ruelles étroites et aux maisons blanches, ma première impression est d’être dans une médina, à Fès ou à rabat. Des escaliers grimpent à des placettes. En regardant mieux, les balcons aux fenêtres font la différence, ce n’est pas une médina, juste une ville méditerranéenne.

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La jeune femme de l’Office de Tourisme m’explique comment arriver en voiture au sommet de la colline puis elle me demande comment nous avons connu Onda « par le chemin du Cid » – « avez-vous le carnet ? ». Comme à Compostelle, on peut faire tamponner le carnet à chaque étape. Nous aurions pu faire valideer les étapes de Benasal, de Morella, de Sagunto…

L’entrée du château est très restaurée. A l’arrière, une école a été construite en 1920 par des religieux. Le Musée est malheureusement fermé ; on ne l’ouvre que pour les groupes d’au moins 4 personnes. A l’arrière on peut visiter les fouilles archéologiques de l’Alcazaba  – palais arabe du 11ème siècle(contemporain du Cid). Les pièces étaient réparties autour d’un patio planté d’un jardin avec un bassin carré. On ne voit plus que les fondations. Douze tours gardaient la muraille d’enceinte.

les ruines de l'Alcazaba
les ruines de l’Alcazaba

L’office de tourisme a organisé un circuit dans la ville historique que je suis un peu dans le désordre. Près du parking, un moulin dont on voit encore la meule et le mécanisme. Aucune indication sur la date de construction, ni sur la nature de ce qui y était moulu. Non loin, on entre dans la ville par la Porte San Pedro (11ème siècle), arc roman, reconstruit en 1578 qui porte les armoiries d’Aragon. La petite rue La Luz monte raide à une placette dans le quartier de Moreria où habitaient les musulmans, 200 habitants jusqu’en 1609 où ils furent définitivement expulsés d’Espagne. Un jardinier municipal rencontré sous le château, me montre le petit escalier : Escaletes dels Gats (chats ?) qui montait de la place de la Synagogue  dans la Juderia dont il ne reste plus de trace depuis l’expulsion de 1492.

Porte dan Pedro
Porte dan Pedro

L’église de l’Ascension(1727) est très imposante avec sa belle coupole, sa façade baroque, construite sur l’emplacement d’une église gothique. Seul subsiste le clocher 14ème siècle. Malheureusement elle est fermée et je ne pourrai pas admirer les retables promis par le plan. A l’arrière de l’église, la fontaine Fons del Sabater rassemblait les trios communautés au moyen âge, proche de la Juderia, de la moreria et de l’église.

La petite église du sang, Santa Margarita (13ème siècle)est typique des églises de la Reconquista avec un plafond de bois mudejar (selon la documentation, elle est fermée.)

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l’almodi

J’arrive enfin sur la très jolie place de l’Almodi . Il n’y a plus de halle à grains maure. Du 15ème au 19ème c’est là que se tenait le marché. Un cadran solaire décore une façade. De belles arcades gothiques abritant de nombreux restaurants et cafés. Il est midi, trop tôt pour déjeuner, dommage !

Nous aimerions passer au marché de Benicassim pour acheter du poisson et avoir une longue après midi pour profiter une dernière fois de la plage et de la terrasse. Nous ne traversons pas la ville à nouveau pour visiter le Musée des Azulejos (regrets) et le Musée des Sciences naturelles.

L’été s’est terminé brusquement après la pluie d’hier. La température a baissé (22° quand même), un peu juste pour nager mais encore très agréable pour marcher les pieds dans l’eau. A consum on a relevé la barrière du parking, plus de ticket à demander à la caisse pour sortir. La promenade s’eest vidée. Ne restent que très vieilles personnes et quelques sportifs. J’ai suivi le chemin de planches en direction du sud, découvert quelques très belles maisons et des jardins de palmiers, yuccas et autres plantes de sable pratiquement sur la plage.

La soirée a commencé dans la gloire d’un coucher de soleil. La nuit tombée, les grues de Castellon scintillent, les bateaux au large sont  illuminés. Dernière soirée magnifique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De Noisy-le-Grand à Chelles, balade banlieusarde et architecturale

TOURISTE DANS MA BANLIEUE

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J’ai eu le plaisir de suivre la balade organisée par    Le Voyage Métropolitain 

« Le Voyage métropolitain questionne, explore et révèle les territoires de la métropole. Des marches exploratoires et collectives, une attention à ce qui nous entoure, mais aussi le partage d’impressions et de connaissances…. »

la rampe du parking des Arcades : vertèbres d'un énorme dinosaure
la rampe du parking des Arcades : vertèbres d’un énorme dinosaure

Nous sommes sortis du RER A au Mont d’Est à Noisy -le -Grand  par un très beau jour de Novembre sous un soleil éclatant. Nous nous promenons d’abord sur la dalle jusqu’à un étonnant carrefour des miroirs,  descendons une rampe en colimaçon, aux bizarres vertèbres de reptile géant,  descendant aux parkings du centre commercial des Arcades. Ce centre commercial, sous la dalle est discret, rien ne permet de le soupçonner au premier abord.

Il fait sombre dans la cour du Théâtre
Il fait sombre dans la cour du Théâtre

Important le soleil pour découvrir le Palais d’Abraxas de Ricardo Bofill! 

 

Palais, Théâtre, Arc.

18 étages, 600 logements concentrés dans un ensemble impressionnant. Un palais rose, aux fenêtres toutes pareilles. Une dame noire opulente dans sa robe rouge est accoudée, dès qu’elle perçoit notre présence, elle rentre. Dommage, j’aurais aimé une figure humaine pour la photo. Parce qu’il semble que l’architecte ait oublié les humains! Qui peut vivre dans ce monument? La réponse s’impose : des pauvres gens! Cela se voit aux rideaux, si on peut appeler rideaux, ces chiffons, ces pagnes, et même le papier journal collé sur les carreaux. Trois petites filles blackettes aux cheveux tressés jouent en bas, dans le théâtre. J’ai aimé découvrir cette réalisation architecturale, la photographier sous le soleil. Mais je suis saisie à l’idée que des gens puissent habiter, ainsi. Pas un balcon, des vis à vis gênants (d’où les rideaux). Et encore! il fait beau. On peut imaginer sous la pluie, comment le Palais a gagné le surnom d’Alcatraz. Je ne peux nier l’intention esthétique de l’architecte. Intention généreuse de ne pas construire des tours et des barres comme dans les années 60 ou 70. Offrir aux banlieusards un palais….qui maintenant se délabre. On a même envisagé en 2006 de le détruire. Dans un article du Monde daté 8.2.2014, une interview de Bofill: d’après lui, l’expérience est en partie réussie, en partie ratée.

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palais d’Abraxas

Réussie, techniquement : les espaces d’Abraxas inaugurent un nouveau système de fabrication : le préfabriqué.

Ratée socialement « ratée car quand on est jeune et très utopique, on pense qu’on va changer la ville et finalement rien ne s’est passé[…]dans ces quartier, les gens brûlent leurs logements. Ils les haïssent » 

La condition de la réussite était de mêler les catégories sociales et de ne pas dépasser les 20% d’immigrés. Les populations ne se sont pas mélangées.

Les Camemberts ou les Arènes de Picasso

Les Camemberts de Noisy
Les Camemberts de Noisy

Ils se remarquent de loin. Le soir, de mon balcon de Créteil, ils brillent en reflétant le  soleil couchant. Deux disques  encadrent une place octogonale, la place Pablo Picasso comprenant 540 logements mais aussi une crèche, un groupe scolaire, et des boutiques. Ils sont l’oeuvre de Manuel Nunez Yanowsky, natif de Samarcande(1942), mais arrivé en Espagne en 1957, il est diplômé de Barcelone et fait partie du « Taller de Arquitectura » avec Bofill.

Les Arènes de Picasso
Les Arènes de Picasso

A l’intérieur d’un groupe de statues féminines étranges, naïades aux chairs généreuses et  à la longue chevelure qui leur sert de support, on a gravé le portrait de Picasso. Je ne m’expliquerai cette bizarrerie qu’en apprenant de retour à la maison quel’ensemble s’appelle les Arènes de Picasso.

Le portrait de Picasso au coeur des opulentes chevelures
Le portrait de Picasso au coeur des opulentes chevelures

Noisy le Grand est diverse, et variée. Non loin des expériences architecturales, on traverse un quartier de pavillons. Retour de la voiture, grosse cylindrée familiale garée devant le pavillon. Puis on atteint la médiathèque avec façade de verre en avant du corps de bâtiment, très actuelle (je commence à me lasser de ces façades de verre devant les gares, les médiathèques….) la rue principale du village ancien est bouchée par la mairie de briques et pignons, irruption d’un siècle précédent. Sur cette rue, une brocante et un rassemblement de voitures anciennes. Enfin, une foule sympathique venue flâner devant les étals, faire des selfies devant les belles voitures rutilantes.

Bains douches
Bains douches

Des Bains-douches se font remarquer à l’angle d’une rue en pente, jolie vue sur la Marne. Nous descendons une promenade pavée avec bassins de granite et ruisselet qui s’appelle Promenade François Mitterrand (tiens! comme chez nous à Créteil). Avant d’arriver à la Marne, la marque jaune du PR nous fait faire le détour qui nous fera découvrir un petit bassin rond au dessus d’une grotte – une source peut être?- avec une arche romane à l’entrée.

Bassin et reflets
Bassin et reflets

La promenade longe maintenant la Marne, très belle sous les ors et les rouges de l’automne. On croise une procession silencieuse de moines bouddhistes.

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Péniche ou house-boat?

Une tour sans grâce est accompagnée d’un bel arbre. Sûrement pas un chef d’oeuvre à primer, mais une belle vue sur une pelouse et  la rivière. Si j’avais à choisir entre le Palais de Bofill ou cette banalité sur Marne, que choisirais-je? Il faut aussi compter avec la proximité du métro.

Tour banale, mais peut être plus habitable que les Palais de Bofill
Tour banale, mais peut être plus habitable que les Palais de Bofill

Champs-sur-Marne peut aussi s’enorgueillir d’immeubles originaux : les Pyramides , chaque appartement possède une terrasse-jardin. Ces Pyramides auraient pu aussi s’appeler les jardins suspendus. En revanche le Centre Commercial des Pyramides précédé d’un parking en surface fort étendu, ne brille pas par l’originalité. Et le rond point décoré de pyramides beiges, non plus.

Pique-nique dans le parc du Château de Champs sur Marne
Pique-nique dans le parc du Château de Champs sur Marne

Nous contournons par une rue provinciale et charmante le parc du château de Champs caché par un grand mur, meulière et silex. Nous pique-niquons dans le parc autour d’une statue de Diane chasseresse confortablement assis sur des marches.

Je pensais qu’on descendrait directement à la Chocolaterie Menier sur le bord de la rivière au bout du parc. J’avais oublié que des architectes ont organisé la promenade. Ils font le détour pour observer le château d’eau entouré d’un cadre de croisillons de bois formant une Tour de Babel végétalisée de 35 m de haut. La végétation est clairsemée elle ne semble pas avoir colonisé les étages supérieurs on a installé les ampoules de Noël.

Cité ouvrière de Noisiel : réfectoires
Cité ouvrière de Noisiel : réfectoires

Crochet pour découvrir la Cité Ouvrière Menier de Noisiel.   Les patrons de la chocolaterie,  paternalistes, avaient intégré tout le quotidien de leurs employés logements mitoyens avec des petits jardins pour les ouvriers, maisons plus grandes aux coins des rues pour les ingénieurs, crèche,lavoir,  dispensaire. Autour de la grande place on peut encore voir le réfectoire, l’école et les cafés. La statue de Menier se trouve sur un socle où des bas reliefs montrent les installations industrielles.

Chocolaterie Menier
Chocolaterie Menier

La Chocolaterie est maintenant le siège des bureaux de Nestlé. Le bâtiments sont magnifiques. Nouveauté! On peut maintenant visiter la Chocolaterie en s’y prenant à l’avance et en réservant ici. Des bords de la Marne en grimpant un peu on a une belle vue.

La randonnée s’est poursuivie en bord de Marne jusqu’à Chelles par les îles encore un peu sauvages et nous avons grimpé la Montagne de Chelles jusqu’au fort. 

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Merci au Voyage métropolitain pour la carte!

 

 

 

Delta de l’Ebre sous la pluie

CARNET DE BENICASSIM

rizière et musson : des accents durassiens
rizière et mousson : des accents durassiens

 

Les averses prévues entre 8h et 10h qui ne nous avaient pas dissuadées du voyage.

85km par la N-340 jusqu’à Sant Carles de la Rapita.

Nous connaissons la route jusqu’à Benicarlo. Autour de Benicarlo les cultures maraîchères (artichauts choux et salades) remplacent les vergers. La pluie s’invite lorsqu’on remonte vers le nord et qu’on atteint la Catalogne. A l’entrée de Sant Carles de la Rapita nous quittons la grande route devant la cimenterie et suivons ls écriteaux « Delta de l’Ebre »sur une route côtière qui traverse des quartiers balnéaires vides et un peu sinistres sous la pluie. Sans descendre de voiture nous voyons le port de pêche, (important mais fermé aux visiteurs) la marina (gros bateaux et très beaux voiliers).

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La route du Delta, étroite,  passe dans les rizières où il reste des chaumes jaunes, parfois verts, rangées séparées par des sillons larges et profonds. Les oiseaux sont au rendez-vous, innombrables goélands, aigrettes blanches et parfois hérons cendrés. La pluie forcit. A travers les vitres de la voiture on ne peut pas prendre de photos. Je tente une sortie jusqu’au coffre pour extraire ma parka. Les rizières sous une pluie de mousson, je pense à Duras, au Vietnam, au Cambodge  Un Barrage contre le Pacifique….Au delà des rizières on devine les vagues de  la Méditerranée sans savoir où commence la mer, où finit la terre. Sur la carte, une langue de terre emprisonne une lagune.

Où finit la terre? Où commence la mer?
Où finit la terre? Où commence la mer?

Un écriteau « MonNatura » nous emmène à une maison longue et basse couverte de tuile : un petit musée du sel et de la pêche. Dans la boutique, un jeune homme me renseigne en Français « sous la pluie, la visite sera difficile ». je lui demande s’il y a des chances pour que le temps s’améliore. Il tourne l’écran de son ordinateur et me montre les précipitations : un déluge sur le delta. Il semble que tous les nuages se soient déversés sur nous. Puisque je veux quand même visiter je dois acheter le ticket (8€prix normal/6.90 réduit) qui me donne le droit de suivre le parcours extérieur fléché entre bacs et œillets. Je ne vois aucun cristal se former. On dirait un modèle réduit de saline, une sorte de grande maquette. Je suis un peu déçue, j’ai présent en mémoire, le merveilleux musée du  sel De Salinas del Carmen à Fuerteventura.  Pour les pêcheries, 4 barques à fond plat, des filets, pas trop crédible…

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Par beau temps, cela aurait peut être été différent. Un livret en français plastifié est disponible mais je ne prends pas mon temps sous le déluge. Sous le soleil, j’aurais guetté les oiseaux dans l’affût aménagé dans une maison de pêcheur. J’aurais pris plaisir à la promenade. Aujourd’hui, je marche en crabe parce que la pluie tombe de côté, je cache l’appareil photo dans ma manche et retourne en courant à la voiture. J’ôte la parka, le short et monte le chauffage pour me sécher. Je me retrouve en culotte et en T-shirt et c’est dans ce costume minimaliste que je monte à un affût au dessus de l’étang où sont rassemblés les flamands roses. Il y en a des centaines, serrés les uns contre les autres, formant trois nappes roses. Près de moi, de nombreux canards. J’aurais aimé observer les limicoles et les sternes mais il fait bien frais et je ne veux pas croiser des touristes dans ma tenue.

des milliers de flamands roses
des milliers de flamands roses

La suite de la visite est une longue croisière en voiture sous la pluie, tantôt dans les rizières, tantôt vers les plages ou à travers les agglomérations. L’une d’elles, Les Eucalyptus, est une station balnéaire fantôme, pas une voiture, volets fermés. Nous évitons Els Montells pour nous perdre dans Sant Jaume d’Enveja relié à Deltebre par un  pont sur l’Ebre. Le fleuve est accompagné par deux canaux bordés de chaussées carrossables qu’on emprunte avant de renoncer. La pluie s’abat sur nous, le paysage est monotone. Deux options s’offrent à nous : la balade en bateau (enfermées ?) ou le restaurant (ce n’est pas l’heure). La pluie a douché notre enthousiasme. Je branche le GPS. Adresse finale : Benicassim. Nous retrouvons la N-340 à Amposta.

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A peine avons-nous quitté les Delta que les nuages se séparent, le ciel s’éclaire. Après Oropesa nous trouvons la route côtière et arrivons sur la plage de Voramar . L’eau est verte avec des vagues et les surfeurs sont nombreux attendant la vague propice pour s’élancer. Des baigneurs : aucun ! Nous avions imaginé un bon repas de poisson pour nous consoler de l’excursion ratée. Consum est fermé. Ce n’est pourtant pas dimanche ! Le 12 octobre est la fête nationale espagnole, férié comme un dimanche. La promenade au pied de la tour San Vicente est noire de monde, comme un dimanche.

Je monte en toute hâte pour m’habiller de sec et nous cuisons une tortilla aux pommes de terre – plat espagnol !

Le soleil est filtré par une couche de nuages, il chauffe assez pour faire la sieste sur les lits de la terrasse. A 16heures je retourne sur la plage : drapeau rouge, baignade interdite. Dans l’eau les pointes des planches de surf ressemblent à des gueules de requins qui menacent les baigneurs.

Salomé – Oscar Wilde –

salome-couvertureJe me dépêche de rédiger mon billet avant d’ouvrir la session du MOOC d’Oscar Wilde, parce qu’après la conférence d’Aquien, je n’oserai plus rien écrire. (comme je sèche après les billets de Claudialucia que je ne lis qu’après coup).

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Que dire de cette jolie pièce?

Une salle de l’Exposition Oscar Wilde lui était consacrée,  belles illustrations de Beardsley , photos et vidéos, costumes, décors….

Étrangement , le personnage du prophète Iokanaan, Saint Jean Baptiste, prisonnier dans la citerne, m’a plus intéressée que Salomé, genre princesse gâtée à qui personne ne résiste. Les battements des ailes de l’ange de la mort, plus que la danse des 7 voiles, très théâtrale ( c’est l’inconvénient de lire une pièce sans la voir représentée). Pourquoi le tétrarque protège-t-il le prophète alors qu’il le couvre d’opprobre? Qu’est-ce qui le retient? Pourquoi est-ce si difficile d’accéder à la demande de Salomé?

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J’ai eu envie de relire Hérodias de Flaubert qui fait dire à Antipas :

– « sa puissance est forte…Malgré moi, je l’aime »

-« Alors, qu’il soit libre? »

Le Tétraque hocha la tête. Il craignait Hérodias, Mannaëi, l’inconnu…..

Encore une fois j’ai été envoûtée par la prose de Flaubert, la luxuriance des descriptions, la précision des détails. Après la lecture de Salomé de Wilde, j’ai été plus attentive aux imprécations de Iaokanaan, aux implications politiques et aux alliances du Tétrarque.

Le thème de Salomé ou d’Hérodias est loin d’être épuisé : il me reste la Salomé de Strauss, et l’Hérodiade de Mallarmé.

 

Desert de las Palmas (2) botanique et promenade

CARNET DE BENICASSIM

Baalade au château de Miravet
Balade au château de Montornes

 

J’avais beaucoup aimé la promenade samedi soir au coucher du soleil. Nous y revenons à la lumière du matin.

Le Centre d’Interprétation – La Bartola – se trouve dans une belle maison à étage crépie de jaune.

Arbutus
Arbutus

Le jardin est un arboretum planté des végétaux présents dans le massif : 4 espèces de chênes deux de pins, la plupart des buissons sont également étiquetés. Je reconnais le Genévrier qui a ici un port vertical, l’arbousier(Arbutus unedo) avec ses baies jaunes orange ou rouges,

laurier tin
laurier tin

le Laurier tin (Viburnum tinus)

 

 

 

 

 

le « Palmito » (Chamaerops humilis) petit palmier endémique qui a donné son nom au Désert de palmes. Je retrouve également le caroubier (Ceratonia siliqua) le Sorbier (Sorbus domestica) qu’on appelle aussi Cormier, le Pistachier Lentisque (Pistacea lentiscus) et Rhamnus alaternus le Nerprun alaterne.  Ainsi que le figuier (Ficus carica).  En revanche, Colutea arborens reste pour mi mystérieux, Google m’apprend qu’il s’appelle en français Baguenaudier (je ne connaissais que le verbe baguenauder, ne rien faire). Et bien sûr Cistus montpeliensis Cyste de montpellier et le Laurier-rose (Nerum oleeander).

Le sentier vers le château au premier plan chamaeropsis humilis palmito
Le sentier vers le château au premier plan chamaeropsis humilis palmito

A l’intérieur du centre, je reçois un très bon accueil : sur la maquette du massif, la guide me montre les promenades. La plus courte et la plus facile est celle du château de Montornes – forteresse arabe construit au 10ème siècle habité jusqu’au 15ème – peu de dénivelé, flirtant avec la courbe de niveau 400m. le sentier est très bon mais vers la fin j’ai dû m’aider des mains. Du Centre d’interprétation on peut aussi monter au sommet au pic Bartolo (729m). je regrette de ne pas avoir mon bâton de marche.

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Déjeuner de magnifiques soles d’une fraîcheur irréprochable. Temps merveilleux, 23°C à l’ombre, et baignade dans l’eau calme encore tiède. Après midi écriture. La brochure du Centre d’Interprétation me conforte dans mon intuition : le mot « désert » doit être compris comme une retraite spirituelle loin du siècle. Pour les Carmélites, dans la contemplation et la prière. Les palmes sont les Chameropsis humilis dont les frondes forment des touffes au sol que je n’avais pas vus pensant aux hautes colonnes des fûts des palmiers-dattiers.

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Douceur du soir. De très gros cargos stationnent au large du port de Castellon, certains sont illuminés comme des bateaux de croisière.

Une nuit Markovitch – Ayelet Gandar Goshen

LITTÉRATURE ISRAÉLIENNE

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J’étais impatiente de lire une jeune auteure israélienne (née en  1982) alors que je suis depuis longtemps l’ancienne génération Amos Oz(né en 1939), Grossman(1954) A B Yehoshoua(1936). Présentée comme militante pacifiste par Le Point. Le livre était qualifié de feel good book et les billets des blogueuses et de Babélio étaient élogieux.

Je me suis donc empressée de le télécharger.

Dès les premières pages, j’ai été plutôt décontenancée. Yaakov Markovitch et son ami Zeev Feinberg, héros et anti-héros m’ont paru plutôt caricaturaux. J’aurais pu m’attacher à Markovitch, le personnage fade que personne ne remarque. Zeev Feinberg dont la caractéristique la plus marquante est d’avoir de belles moustaches m’a franchement agacée. Quand au « numéro2″ de l' »Organisation » -copie-collé de Feinberg, il n’a même pas la moustache. Ces beau machos partent sauver des juives en Europe. Quelle Europe? Existe-t-il un pays qui s’appelle l’Europe? Allemagne, Autriche, Pologne…..on ne sait pas. C’est une Europe mythique, dématérialisée. D’ailleurs la Palestine n’est pas mieux lotie. Je sais qu’il y avait un Mandat Britannique, mais on ne rencontre pas un Anglais, des Arabes, on n’en voit que morts. Quant au « village » il n’a pas de nom ni de localisation précise, c’est « le village ». Sans doute dans le nord, puisque Markovitch va voir une prostituée à Haifa… mais  ce village est tellement indéterminé que je n’arrive pas à le visualiser. Quant au village arabe voisin, il n’apparaît que bien tard dans le roman: abandonné.

Même si on veut que le récit soit mythique, plutôt un conte que réaliste, il faut quand même un petit effort de contextualisation.

C’est une histoire – des histoires – d’amour. L’histoire de Markovitch, que le sort lie, pour une traversée à la plus belle femme qui puisse exister, et qui refuse de délier ce sort et reste marié à Bella qui ne veut pas de lui. L’histoire de Sonia, la lionne, à la fragrance d’orange avec Zeev, qui la trompe mais l’aime! Qu’est-ce qu’elle lui trouve?

Histoire de filiations, d’enfants aux géniteurs incertains.

Et que font les femmes là-dedans? Elles ne sont surtout pas des combattantes,   ni des agricultrices (monsieur cultive la terre). Elles aiment, font des bébés et accessoirement Sonia milite – pour l’intégration des femmes, pas pour autre chose, et surtout pas dans la politique. Ce n’est pas le souvenir que j’avais des  pionnières.

Feel good book? moi, il m’a agacée.

 

 

Morella

CARNET DE BENICASSIM

Morella
Morella

Morella a le même profil qu’Ares, en beaucoup plus grand : un piton rocheux sert de socle à la forteresse, la ville est construite à la base du rocher enclose dans des remparts entre de nombreuse tours carrées. Très touristique, la ville a organisé une ceinture de parkings à l’extérieur des murs. Disciplinées, nous laissons la voiture près d’une porte.

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La rue principale est bordée par une double galerie supportée par des colonnes de pierre.  Les étages supérieurs des maisons sont supportés par les colonnes. On  marche à l’ombre l’été et à l’abri de la pluie. Cafés et restaurants ont installé leurs terrasses. De nombreuses boutiques de commerce traditionnel ont des vitrines désuètes.

les arcades de Morella
les arcades de Morella

J’entre chez la mercière acheter des cartes postales (introuvables dans les stations balnéaires modernes). Internet a tué les cabines téléphoniques et les cartes postales disparaissent. Il subsiste encore en Espagne quelques unes, des unes et des autres. La vitrine de M. Manero toute de bois verni avec des entrelacs Art Déco attire mon attention : épicerie à l’ancienne avec jambons suspendus, bouteilles de vin et fromages variés dans des casiers. C’est ici que je vais trouver mes cadeaux : du jambon (l’épicier me le fait goûter, il est fameux)un fromage de brebis enveloppé exprès pour l’avion, un chorizo idem, et de l’huile d’olive parfumée à la truffe.

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Les autres rues sont tranquilles. En octobre, le lundi de surcroit, il n’y a pas de touristes et très peu de circulation. Je repère un restaurant proche d’un parking en face de l’entrée du château ?

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La Basilica de Santa Maria la Mayor possède deux portails gothiques ornés de très belles statues : la Porte de la Vierge et la Porte des Apôtres. A l’intérieur, un portique Renaissance orné des personnages du Jugement dernier est étonnant (sur le dépliant offert avec le ticket, j’ai lu Retrochoir ce mot m’avais plongée dans des conjectures, jusqu’à ce que je le prononce à l’anglais  et que je comprenne qu’il était à l’arrière du chœur).

espagne16tlf-052Un escalier à vis tout à fait extraordinaire porte des bas-reliefs peints en couleur sur de l’albâtre recouvert de feuilles d’or. Le retable churrigueresque est d’une richesse inouïe avec ses ors, ses angelots, ses colonnes torses et ses tableaux. Je suis tellement éblouie que j’en rate toutes mes photos (toutes floues). Beaucoup de trésors sont cachés dans cette église entre autres une icône byzantine (comment est-elle arrivée là ?) Les explications sont écrites en valencian, j’ai la flemme d’essayer de les déchiffrer. Un retable 16ème me plait bien, l’orgue 18ème baroque est bien doré.

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Le restaurant Marques de Guilles s’ouvre en face de l’entrée du château au niveau de la rue. Les  tables sont dans un patio  sous un bel amandier. Il y a un menu gastronomique, et une carte. D’office, le patron nous fait prendre le menu du jour (12€)qui commence par un verre de vermouth avec des tapas (pain avec sauce épicée). Le choix est grand pour le premier plat, un assortiment de charcuterie et de fromage, excellent jambon pur moi. J’aurais mieux fait de prendre les croquetas morellanas, aux épinards et au fromage dans des beignets roulé dans une poudre rouge (piment doux ?)Pour le 2ème plat, des côtelettes d’agneau et pour Dominique de la morue sous une sauce tomate à l’ail accompagnée d’une énorme crevette rose. Pour dessert deux crêpes farcies de fromage de Morella sucré(et peut être d’amandes) présentées comme deux petits chaussons ornés de caramel. Après le café le serveur offre de la liqueur. Le tout pour 27€ avec les boissons. Adieux très cordiaux, le patron vient nous serrer la main.

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Pour la visite du château, comptez une bonne heure et demie.

On entre par le couvent S Francesco(1270). Du cloître,  il ne reste qu’une rangée d’arcades gothiques trilobées très légères ; dans son jardin,  les roses embaument. L’église (14ème )est très vaste, haute nef gothique, mais plafond de bois.  La nef est très claire, de grandes ouvertures allègent les hauts murs. Intérieur très sobre comme il convient aux franciscains. Seule décoration, les entrelacs des arcs.

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Au bout du cloître, dans la salle De Profundis on veillait le corps d’un moine décédé ; les autres moines chantaient le De Profundis. Une fresque représente l’Arbre de Vie- Lignum vitae – avec la figure du Christ crucifié et les Prophètes qui l’ont précédé, représentation typique des églises franciscaines. La danse de la Mort est dessinée sur deux registres. En haut, un noble, la Reine, le Roi, le Pape et un évêque se donnent la main, au dessous, un moine, un paysan, un frère dominicain, une prostituée et un enfant.

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Un cheminement conduit au château (1092m). Au premier niveau on passe devant la statue équestre d Ramon Cabrera y Grino, premier comte de Morella (1806). De hautes falaises calcaires fissurées dominent le plateau. Le sentier passe devant la Porte Ferrissa où Blasco de Alagon (1231) serait entré pour prendre le château aux Maures, on passe ensuite par la Porte à Barbacane(15ème ) qui protégeait la Porte Principale (15ème ) réaménagée au 19ème . La citerne date du 13ème , actuellement il y reste un peu d’eau. Le Palais du Gouverneur(1713) fut construit devant une caverne habitée depuis la Préhistoire. L’ascension se continue par de raides escaliers jusqu’à la terrasse de la Place d’Armes où se trouve une nouvelle citerne et des bâtiments 19ème siècle d’une architecture militaire qui a servi de prison au carliste Ortega .