Nous arrivons à Edioungouen début d’après midi pour nous installer dans le Campement « Les Bolongs » chez William et Hortense. Grande bâtisse à étage avec un toit de tôle à deux pans, une façade jaune sur le chenal. La salle à manger est en terrasse mais les chambres au rez de chaussée. La nôtre donne sur les rizières. Elle est sans prétention. Salle d’eau assez grande, moustiquaires, un ventilateur sur pied bien puissant. Nous trouvons des lits de plage en plastique et les installons sur la terrasse à l’ombre d’un filao. Les balustres sont un peu en ruine mais la terrasse a beaucoup de charme.
bougainvillées
Prévue : une visite à la potière du village. Les filles rencontrées hier à Enampore qu’on a véhiculée jusqu’à Oussouye ont déjeuné chez William et Hortense, elles m’offrent un café et me montrent les productions de la potière. Visite sympa d’après elles ; la poterie qu’elles ont achetée ne me tente pas, travail grossier et maladroit. Il faudra éviter cette visite puisqu’on ne pourra se dispenser d’acheter. Je préviens Mor que ce n’est pas la peine de nous y conduire.
Nous nous reposons aux heures chaudes sous le filao. Vers 18heures Mor nous propose une visite au village d’Edioungou. Nous rentrons au coucher du soleil.
coucher du soleil
Le soir, le dîner est plutôt animé. Un groupe d’humanitaires toulousains(genre camp de jeunes) s’est installé avec leurs sacs de cadeaux (matériel scolaire, tenues de sport…) Les responsables sont des habitués. Une bonne sœur assure le suivi local.
Sengalen est caché sous de hauts manguiers touffus. La population se partage entre chrétiens et animistes. Ces derniers interdisent aux femmes de se promener dans le village le dimanche alors qu’elles veulent se rendre à la messe. Un compromis fut trouvé : bâtir l’église à l’extérieur du village.
Les anacardiers de Joseph sont âgés de plus de 50 ans c’est son père qui les a plantés, il a fait une nouvelle haie plus soin. Actuellement ils ont en fleurs et leur parfum est très fort. De la fin mars à juillet on récoltera les fruits, en 3 récoltes. On ne cueille pas ces hauts arbres. On laisse les fruits tomber et on les ramasse.
Anacardier : la fleur, la pomme et la graine
Deux produits : la pomme et la noix.
La pomme, rouge et brillante, la plus volumineuse n’est pas un fruit mais le pédoncule du fruit qui contient la graine.
Les pommes sont juteuses, plus ou mis sucrées. On peut les manger. On les presse pour faire du jus qui, en fermentant, donnera du vin de cajou (10° d’alcool) qu’on peut aussi distiller pour l’eau de vie (40 ou 50°). On fait aussi des marmelades et des confitures. La pulpe, séchée au soleil, peut être pilée pour confectionner de la farine ou du couscous.
Joseph nous montre les inflorescences et les noix qui mûrissent. Quelques pommes sont déjà rouges. La graine – l’amande – se forme avant la pomme. Quand la pomme grossit, la graine se dessèche et son volume diminue.
La transformation des noix de cajou nécessite 5 étapes
cuisson : bouilleuse
Cuisson : dans deux fûts métalliques cylindriques sur un petit foyer. Les amandes sont dans un panier métallique au bain-marie dans la bouilleuse – 30minutes – ou 50minutes à la vapeur dans le couscoussier (le fond d’un bidon est percé de trous, l’argile colmate l’extérieur). Cette cuisson-vapeur préserve les vitamines A et E et le goût.
Séchage des amandes :
torrefaction
Décorticage : la décortiqueuse est « indienne », le brevet est indien mais la machine est fabriquée à Ziguinchor. On place la noix dans une encoche entre deux lames. Si oon a de la chance et de l’adresse, les deux lames fendent la coque en deux et l’amande glisse dans un tube. On classe les amandes, entières, moitié, morceaux. A ce stade, l’amande n’est pas comestible, elle est entourée d’une enveloppe très corrosive qui abime les mains ; Il faut mettre des gants.
Torrefaction : dans des fours en ciment. Les foyers situés à l’arrière sont très profonds et sont alimentés en bis de chauffe. Le four est composé de deux enceinte, extérieur en ciment et intérieur en briques réfractaires. La température de l’air circulant entre les enceintes doit ^^été de 70°C pendant 6h. il faut veiller à maintenir la température constante. Les noix sont disposées sur des clayettes (4kg par clayette). Joseph dit que les 5 sens doivent être en éveil pour surveiller la cuisson.
Dépelliculage : chaque amande est grattée avec un grattoir-maison. Selon Joseph , les hommes n’aiment pas le dépelliculage tandis que les femmes assises à la table « jacassent »
conditionnement : dans des sachets. Pour les sceller on peut aller en ville mais la machine électrique n’est pas fiable à cause des coupures de courant, Jseph préfère le SDM (Système Débrouille Maison) avec une bougie ;
Pour diversifier la production : les noix de cajou sont aromatisées sous 8 fermes, naturel – grillé-salé, grillé-citron, grillé-pimenté, grillé-poivré, grillé-sucré, sucré au miel, sucré à la banane.
La production est vendue aux touristes qui viennent visiter cet atelier très médiatisé. L’Echappée Belle lui a consacré un e émission ainsi que la télévision belge. Les visiteurs viennent aussi bien d’Islande que de Pologne…
Joseph Diamacoune a créé son entreprise après sa retraite. Il valorise ses anacardiers familiaux et emploie 15 permanents à la haute saison il embauche des journaliers. Les permanents sont pour moitié des handicapés qui ont eu la polyo, l’autre moitié de très jeunes mères-célibataires de moins de 18ans qui ont dû interrompre leur scolarité. Le but est qu’elles retournent à l’école après la naissance de leur enfant. Parfois, raconte Joseph il y a tant d’enfants qu’on se croirait dans une pouponnière.
Nous arrivons enfin vers 15h devant la Case à impluvium où nous passerons la nuit. Le campement se compose d’une très grande case ronde en terre et d’une paillote-restaurant plus classique. Sur la place, il y a aussi un petit bâtiment de ciment : « épicerie-bibliothèque ». On entre dans la case à impluvium par une colonnade de 4 troncs de rôniers soutenant un auvent de chaume abritant une entrée cimentée et des bancs. A l’intérieur 10 colonnes supportent une galerie ouverte en son centre – impluvium –où pousse un bananier. Les chambres sont réparties tout autour. Portes de bois sur chambres très sombres. Les lits sont surmontés de moustiquaires. Les draps sont en batik coloré. La petite fenêtre carrée a un volet en osier. Le plafond est tressé. La minuscule salle d’eau est toute noire mais elle a une douche, des WC, lavabo et un rebord de terre pour poser les affaires.
La salle à manger dans la paillote est bien aérée. Il y a même la WIFI ! L’électricité est solaire et donne du souci à Idrissa, le gérant qui nous donne le choix : soit recharger téléphones et appareils-photos et dîner à la bougie, soit garder le courant pour la lumière. On préfère recharger les appareils et d’ailleurs rien n’a sauté. On a même pu se doucher avant de se coucher. Au menu : poulet yassa et spaghettis.
Deux françaises sont arrivées aujourd’hui, je me joins à elles pour une promenade « contée » dans le village (2h30 environ 10 km).
Enampore : promenade avec Idrissa
Le village d’Enampore compte 700 habitants mais l’habitat est très dispersé. Les maisons sont cachées dans la forêt, reliées par de tortueux sentiers. Il y a peu l’ethnie Diola qui le peuple était encre animiste, il ne reste qu’une minorité d’animiste, le reste de la population se partage entre catholiques et musulmans à égalité.
Botanique
Idrissa vante les innombrables qualités du rônier – palmier à sucre – son tronc est lisse surmonté de larges feuilles en éventail. Le tronc est très apprécié pur les constructions. Les jeunes arbres sont protégés par les pétioles des feuilles coupés qui forment des « défenses ». Le fruit est consommé frais cueilli ou tombé. En entaillant la base des fleurs mâles ou femelles et en recueillant la sève dans des bouteilles on fait le vin de palme.
pommes de cayor
Les Pommes de Cayor (Neocarya Macrophylla)se consomment blettes comme des nèfles.
Les jeunes fromagers (Ceiba pentendra)sont aussi défendus par des piquants qui tomberont, une fois que l’arbre aura pris de l’âge. La nature est bien faite !
anacardier fleur et fruit (noix e cajou)
Un parfum puissant s’exhale des fleurs d’anacardiers. Les anacardiers sont des arbres peu exigeants. On vend les noix de cajou. Mais Idrissa ajoute qui’ls épuisent les sols et que rien ne pousse en dessous.
Il nous montre aussi les curieux fruits de l’acacia scorpion très apprécié des chèvres.
Malgré ses 700 habitants seulement, Enampore bénéficie d’établissements scolaires jusqu’au collège. Nous passons devant la Case des Petits qui scolarise les enfants à partir de 2ans et demie.
Un grillage protège le Jardin des Femmesprotégé par un grillage des divagations des nombreux animaux, porcelets, chèvres surtout, ou vaches. Une partie du jardin est une plantation de palmiers à huile : les fleurs femelles donnent une sorte de régime de dattes dont on fait l’huile roue ; Les fleurs mâles peuvent servir d’enfumoir à abeilles. A Enampore, l’huile d’arachide est utilisée plus couramment que l’huile de palme plus chère et qui ne convient pas à tous les usages. Il y a une usine d’huile d’arachide à Ziguinchor tandis que l’huile de palme n’est pas traitée industriellement dans la région. Il n’y a que peu de légumes dans le Jardin des Femmes. Elles consacrent toute leur énergie à arroser le maïs. Autour du puits on a disposé des rangs de maïs très propres. Chaque rangée est bordée de deux rigoles peu profondes. Six jeunes femmes tirent de l’eau du puits profond d’une dizaine de mètres ? Elles remplissent deux arrosoirs. Chacune arrose ses rangées désignées par leurs prénoms sur des rectangles en plastique. Chacune est responsable de ses rangées et vend sa récolte. Pour moi, cela ressemble plus à un champ qu’à un jardin mais pas pour Idrissa qui s’indigne : « les hommes travaillent aux champs, les femmes au jardin ! »Les champs ce sont les rizières. Renseignement pris plus tard, les femmes travaillent également dans les rizières, elles repiquent le riz une fois que les hommes ont labouré. Revenons au maïs, Idrissa regrette « Ce n’est pas du maïs bio, il est OGM ! » et, bien sûr, fertilisé aux engrais chimiques.
Un peu plus loin, un beau puits carrelé de la margelle au sol. Il a été offert par un pays arabe, on n’en saura pas plus Idrissa ne lit pas l’arabe. En face, une petite école coranique.
bois sacré d’Enampore
En chemin nous passons sous une sorte d’acacia fleuri , le moringa puis devant des citronniers. Nous quittons la zone habitée pour la Forêt Sacrée, c’est le domaine royal. Il n’y a plus de roi à Enampore depuis 1973. Le palais royal est tombé en poussière : deux petites buttes comme des dunes rappellent son emplacement. A son avènement, le roi quitte sa maison, sa famille, sa femme et ses enfants pour la demeure royale à l’écart et doit épouser une femme désignée par la communauté. La figure du roi n’est pas liée au pouvoir économique ou politique ; sa charge n’est pas héréditaire, non plus mais spirituelle. Le roi a subi des « incarnations » (Idrisssa ne précise pas de quoi il s’agit). Il semble que ces incarnations soient très puissantes et que la personne habitée par ces puissances soit forcée d’y céder. L’homme qui refuserait cette royauté mourrait de faim. La nourriture lui tomberait entre les doigts.
C’est aussi le lieu des initiationset des circoncisions. Les initiations ont leu tous les deux ans. En revanche les circoncisions collectives sont moins fréquentes. La dernière remonte à plus de 10 ans. Idrissa raconte les sacrifices de vaches, cochons, chèvres ou poulets ; le sang répandu, le vin de palme offerts aux esprits. Ses explications sont (volontairement ?) confuses. Il parle de la séparation entre les hommes et les femmes et celle entre initiés et non-initiés, entre Diolas et étrangers. Les religions monothéistes s’accommodent du syncrétisme avec l’animisme. Chrétien ou musulman, le Diola se réfère à la culture de ses ancêtres et se prête aux rites d’initiation. Toutefois, aucun roi ne s’est incarné depuis 40 ans ! Idrissa semble le regretter. Un roi serait un bon intercesseur entre le village et les autorités de Ziguinchor ou de Dakar .
Idrissa est un merveilleux conteur. Il sait éveiller notre curiosité pour les croyances animistes tout en ne trahissant pas le mystère réservé aux initiés. Il parle en philosophe prônant la tolérance, le respect de la nature, la conservation de la culture diola sans refuser l’électricité, l’éducation des enfants à l’école ou Internet. Il insiste : leur culture est orale « pas comme la dame qui écrit ! ». La dame c’est moi, et je ferme mon cahier, un peu mortifiée.
2H24 De couleurs, de musique de cirque, de danses de fou-rires, de très belles images colorées
2h24 de cinéma burlesque sur les traces de Fellini ou de Kusturica
Du théâtre aussi, puisque nous suivons une troupe ambulante qui joue deux pièces de Tchekov endiablé avec de la vodka qui tombe du plafond dans un lustre tandis que les acteurs distribuent les victuailles de la noce….
Du cirque avec un numéro d’acrobatie, un monsieur Déloyal – très déloyal ….
2h24 de Carnaval – selon Cinéma dans la lune – où les valeurs sont inversées, où tout est permis..
2h24 de déconnade où toutes les bêtises dont vous avez rêvé – ou pas – se succèdent : chevauchée des caravanes, voitures et camions avec dépassements très limites, téléphone au volant que dis-je, ordinateur sur le volant, bataille avec la nourriture, couscous qu’on se lance joyeusement à la figure, bouses de vaches sur la scène, enfants qui fouillent les sacs à main, femme vendue aux enchères (cela c’est pénible), scènes de ménage au mégaphone…
A l’entrée de Bignonia sur un grand caïlcédrat, une dizaine de vautours sont perchés. Comme partout il y a un marché, je remarque le « parkings des ânes » qui m’amuse. Bignonia est au carrefour de la route de Banjul en Gambie. La route traverse ensuite une magnifique forêt verte malgré la saison sèche. Les cases rondes ont disparu. A la place il y a de grandes maisons carrées recouvertes de tôle au toit à 4 pans. Les vergers d’anacardiers contribuent à la végétation verdoyante. Puis des étendues très plates salées annoncent la rivière Casamance. Ici aussi on replante la mangrove. Nous voyons de nombreux oiseaux : aigrette noire, aigrette grise, chevalier gambette, martin-pêcheur noir gris et blanc, cormorans.
Ziguinchor :
Aline Sitoeé Diatta à l’escale de Carabane
Nous sommes arrivés vers 10h après un voyage très agréable et découvrons, en passant le fleuve Casamance le port et le bateau Aline Sitoé Diatta, que nous prendrons Jeudi 3 mars, l’usine d’arachides avec le grand tas de cacahouètesque picorent de nombreux oiseaux.
Plusieurs ponts avant d’arriver à la ville. De nombreux oiseaux picorent un gros tas d’arachides à l’entrée du port. Non loin, les bureaux de la Cosama, la compagnie qui assure le trafic entre Dakar et la Casamance. Il nous faut réserver nous même nos places. Je croyais une simple formalité sur la route. Surprise, on ne peut pas pénétrer dans le bureau on donne les passeports et on attend. Sous un auvent il y a trois rangées de bancs métalliques, tous occupés. Il faut patienter ! toujours cette antienne en Afrique. Je suis d’une patience africaine mais je ne comprends pas comment ces réservations fonctionnent. Abou avait dit qu’il n’avait pas pu acheter les tickets parce que les réservations pour mars n’étaient pas ouvertes. On s’apercevra que c’est un mensonge. Le bâteau est presque complet. Nous sommes donc debout, à 10h du matin il fait déjà très chaud à Zinguinchor, Mor a disparu. Je pensais qu’il se chargerait de la corvée, au contraire il est à l’ombre de l’autre bâtiment et nous est d’aucun secours. Nos passeports sont dans les mains d’un employé qui de temps en temps appelle des noms inaudibles dans le brouhaha. Même si on nous appelait, on ne reconnaîtrait pas nos noms. Au bout de quelques temps, on demande à Mor d’appeler son patron, nous voulons savoir pourquoi les billets n’ont pas été pris par l’agence. Réponse évasive : notre voyage est au mois de mars, les réservations n’étaient pas ouvertes. Plus d’une heure plus tard, après s’être fait repoussé par la police appelée au renfort pour mettre de l’ordre dans la queue, après avoir parlementé avec la « Carte handicapé » de Dominique qui ne peut pas rester debout des heures, quand enfin, donc, nous parvenons au guichet, c’est pour apprendre qu’il ne reste plus de cabines à 2 lits et que les lits du bas des cabines de 4 sont également complets. Si tout a été réservé, c’est que les réservations étaient ouvertes depuis un bon moment ! » Vous auriez dû réserver à Dakar » dit la dame très gentille. C’était exactement ce que nous attendions de l’agence qui ne l’a pas fait ! Heureusement la Carte handicapé débloque la situation. Il y a une cabine handicapé prévue dans le bateau. Elle nous sera attribuée puisqu’il n’est pas possible à Dominique d’escalader pour occuper la couchette du haut. Midi, nous avons, enfin, après avoir gâché la matinée, nos billets en main. Mor réapparait, il a enregistré le véhicule, dit-il. Je me demande bien pourquoi il n’a pas fait la queue pour les billets.
Ziguinchor : rue principale
Il faut aussi changer de l’argent. A la banque, queue encore. Mor connaît un changeur libanais qui fera le change rapidement. Pas d’officine, c’est une épicerie, particulièrement prospère, clean, bien rangée ; la vitrine est protégée par des barreaux artistiquement ferronnés et peints en rose. Le commerçant ne m’adresse pas un regard. Il tend une calculette à Mor avec le change 650 (correct) Mor fait la multiplication, me montre le résultat. Je tends la liasse de 15 billets de 20€, je compte à haute voix en français (ils conversent en wolof), Mor recompte, le libanais recompte et va chercher dans la caisse 195000Fcfa en coupures de 5000, il compte, Mor recompte, je recompte et les range. Fin.
Le restaurant où Mr nous entraîne est bien caché. Rien n’indique du dehors qu’il s’agit d’un restaurant. Dans la cour, 3 tables et des parasols. Je demande le plat du jour « gombos ! » et m’en réjouis, c’est exotique et j’adore, le serveur revient « il n’y en a plus ! » on prend ce qu’il y a : un ragoût de viande succulent. Malgré les allures modestes, c’est un bon restaurant. D’ailleurs nous ne sommes pas les seules occidentales à venir déjeuner.
Après déjeuner nous n’avons guère envie de nous attarder dans les rues poussiéreuses de Ziguenchor. Mor propose la visite d’une « Ferme de Crocodile » à la sortie de la ville sur la route d’Enempore. La « ferme » est un zoo bien délabré. La visite des petits crocodiles n’a lieu qu’à 15h. Pas question d’attendre ! On fera le tour des enclos aux grillages rouillés. Les antilopes ne sont plus là, les oiseaux non plus. On voit juste trois crocos endormis qui semblent à moitié crevés (ce n’est pas très vivant un crocodile repu ! Seul intérêt, les végétaux la « ferme des crocodiles » est aussi une pépinière.
Fidèle au Grand Will, et au défi de Claudialucia, j’ai tenté l’expérience de Cymbeline. Aventure parce que les pièces que j’avais lues dans le Challenge Shakespeare étaient des pièces connues. Je savais ce que j’allais trouver, bien sûr, j’y ai trouvé chaque fois beaucoup plus que mes idées préconçues, l’imagination du dramaturge va bien au delà ce que je pouvais attendre. De plus, le plus souvent tout un corpus de textes, d’oeuvres accompagnait cette lecture : Verdi, films, contexte historique… et le mieux : la représentation théâtrale.
Pour Cymbeline, rien de tout cela! Je n’avais jamais entendu le titre qui me suggérait une féérie, pour une fée, Cymbeline est un joli nom. Cette lecture sans aucun a-priori, avec pour toute recommandation le nom de Shakespeare a été une aventure.
Et il faut être aventureuse pour se risquer en Bretagne, envahie à grand peine et à nombreuse reprises par les Romains…à Rome au temps de l’Empire romain (qui ressemble à l’Italie de la Renaissance), et même dans une caverne des montagnes galloises (si j’ai bien compris). Il faut aussi ne pas craindre les invraisemblances, les enfants royaux enlevés, les poisons d’une vilaine belle-mère, les retournements de veste et les travestissements. Ne pas être regardant en décapitation (même si c’est pour la bonne cause), en résurrections…
Shakespeare n’a peur de rien! Et c’est bien distrayant. Comme toujours, une pièce doit être vue au théâtre plutôt qu’être lue, et j’envie bien Claudialucia qui a déjà rendez-vous avec Imogène et Posthumus. (quels noms!)
Je suis triste de quitter l’hôtel Maya où tout était parfait. Comme le trajet vers Ziguinchor est court, nous profitons encore de la terrasse.
Nous passons par Mlomp, Oussouye, l’église au bout de la piste d’Enampore.
Il nous manque des photos de termitières, bien entendu, elles se font rares quand nous les cherchons.
Ziguinchor parait toujours aussi chaotique, malgré son plan colonial en damier. Les services officiels occupent des bâtiments coloniaux. Les maisons à étages le log de la rue commerçante sont bien délabrées. Nous retournons au restaurant où j’ avais découvert le kaldou. « Quel est le plat du jour ? » – « Thieboudiène » « parfait ! » Le serveur revient : il n’y en a plus. Il est tout juste midi et demie ! Il avait fait le mêm sketch à notre premier passage « quel est le plat du jour ? » – « gombos » – j’adore cela, pour revenir « il n’y en a plus ! » Le kaldou était très bon.
On se lève pour aller dans un « fast-food ». sur la carte : pizzas et hamburgers. Dominique commande un « hamburger royal » « on n’en fait pas, on est trop débordé ! » (une seule table est occupée en dehors de la notre). Pas de hamburger mais tiéboudiène. Le riz est un peu épicé mais il est parfumé au tamarin (j’adore cela, encore !), le poisson, du thioff est très bon. Et ce n’est vraiment pas cher : 1000Fcfa.
L’hôtel Le Flamboyant 3*est le meilleur de Ziguinchor. Une quarantaine de chambres sont réparties dans trois bâtiments : deux étages autour de la piscine, un bâtiment bas et arrondi autour d’un jardin et au troisième avec deux galeries qui a beaucoup d’allure ; notre chambre donne sur le jardin. Tout le confort 3*, clim, télé eau chaude, une douche ronde séparée de la salle d’eau. La climatisation est bien nécessaire. Sur mon téléphone : 36°C, l’Office de Tourisme annonce 40°. Nous avons perdu l’habitude de la grosse chaleur après le séjour au bord de l’Atlantique. La piscine, en forme de croissant de lune, ou de larme, est petite mais bien rafraîchissante. Sur le bord, des lits couverts de simili-cuir, des fauteuils de bois avec une curieuse suspension, nous y passons les heures chaudes avant une courte promenade dans Ziguinchor.
promenade dans Ziguinchor
Nous avons vu de la voiture les bâtiments officiels dans leurs jardins. L’Office de Tourisme au coin de la rue est de style mauresque avec une coupole blanche (le monsieur est très aimable, il vend une carte à 3000CFA et un livret sur la faune et la flore de Casamance que nous aurions volontiers achetés au début du circuit). Les rues allant au port sont bordées d’entrepôts d’un autre siècle, certains écroulés, d’autres actifs. Il y a même un supermarché avec un rayon alcool visible du dehors. Pas de prohibition hypocrite comme au Maroc ou en Tunisie où on trouve ce qu’on veut à condition de passer par l’arrière boutique. Une seule rue est très animée avec des boutiques, des banques, des restaurants. C’est à l’épicerie que j’ai changé 300€ devant les rayons bien achalandés chargés de conserves étincelantes (rien à voir avec les épiceries poussiéreuses). Le monsieur libanais barbichu a fait la transaction en wolof, parlant à Mor et m’ignorant superbement tandis que je lui adresse la parole en français.
Diner pittoresque
Mor vient nous chercher pour dîner, nous conduit à la station-service. Devant une porte sans prétention, un rabatteur nous invite à entrer dans le restaurant Kassa. Autant les abords ne paient pas de mine, autant l’intérieur est est grand et ne manque pas de charme. La première salle est un bar avec un grand comptoir. Puits de lumière, une petite cour est meublée de 4 tables carrées que j’élis tout d’abord. Mauvais choix, même sous les étoiles il n’y a pas un souffle d’air tandis que plus loin les ventilateurs à grandes pales tournent au dessus de pittoresques tables et chaises en bois lourd sculpté de cases, guerriers et animaux. D’autres tables sont en fer forgé. Dans une grande alcôve une boule à tango projette des points de couleur sur les murs peints de guitares clé de sol et doubles-croches autour d’une piste de danse. Au fond, encore une grande salle avec deux grands billards, et au mur un écran géant. Pendant le dîner, le Real Madrid avec Zidane contre ? C’est la première fois que je regarde un match au restaurant : Mor est un supporter de Madrid et cela fait un sujet de conversation. Je commande des crevettes sautées à l’ail et une salade de fruit, Dominique une omelette au jambon scandaleusement chère. Le cadre est très agréable, la gastronomie oubliable.
Avant d’arriver à Badiouré nous passons une belle forêt verte avant d’arriver au Relais Fleuri. Des clochettes délicates sur de hautes hampes accueillent les voyageuses épuisées de chaleur ( 42°C à Tambacounda) et affamées (nous n’avons mangé que les bananes de Gouloumbou, tant nous étions pressées d’arriver. La piscine me fait de l’œil : bleu nuit recouverte de petite mosaïque avec des lits de plage sous des baldaquins, un beau mobilier de bois lourd. Les hautes colonnes des palmiers, un caïlcédrat géant, et des massifs de fougères font un écrin de verdure à la piscine. Je nage en regardant les oiseaux qui vont de branche en branche. La piscine est bien à l’ombre, la fraîcheur de l’eau revigorante.
la piscine dans la forêt
Notre case est ronde, très simple. Un mur au milieu, peint en orange, délimite la salle d’eau. Le mobilier est sobre, simple et chic, en fer et corde. Pas d’armoire, de la toile écrue sur des cadres de fer. Rideaux bariolés ; Une lame sort d’une corne de zébu. Des masques en applique : seuls les yeux s’éclairent.
le petit marché de Badiouré
Promenade au village : un petit marché se tient le long de la route : huile de palme rouge dans divers récipients, bidons, bouteilles diverses récupérées. Citronnade dans des bouteilles d’eau en plastique. Clémentines dans des petites écuelles en plastique : 500F le bol.
J’achète un bol, d’abord parce que les bananes de Gouloumbou n’ont pas suffi, ensuite pour bavarder avec les marchandes. Réticentes d’abord aux premières photos (je filme en panoramique puis leur montre) elles prennent la pose toutes ensembles et réclament des portraits qu’il faudra leur envoyer – pas en numérique elles veulent des photos papier.
Le village est très petit. Son charme principal réside dans les clôtures qui entourent les jardins : grosses planches mal équarries, bâtons irréguliers. Le village est en pleine forêt. Ce n’est pas le bois qui manque ! Des cendres volettent. A la piscine nous croyions qu’elles venaient du barbecue. La dame de la boutique coiffée du plus beau turban orange qui soit, avec un nœud très sophistiqué m’a détrompée. Cela vient de la forêt. Brûlis pour les cultures ? charbon de bois ? On en vend au marché. La proximité de la forêt, l’abondance de bois explique que le bois remplace la paille tressée des régions que nous avons traversées. Les palissades ont repris vie, mélange de haies vives et des planches ; Dans le jardin, je reconnais le manioc.Nous arrivons au puits où des gamines puisent l’eau. Elles ont 11 ou 12 ans. Certaines ont déjà une poitrine de nourrice. Le puits est très profond, peut-être 50m . La corde est engagée sur une poulie. Avec plusieurs seaux on remplit une bassine. La porteuse d’eau enroule une mousseline en un coussin rond, elle se baisse en pliant els genoux et sa copine lui pose la bassine sur la tête. Quelques instants plus tard la même fille revient. La poulie est un excercice physique qui leur développe une sérieuse musculature sauf pour la plus mince engoncée dans son hidjhab noir qui lui enveloppe la tête et les épaules. Ce couvre-chef plutôt sinistre est égayé par une jupe jaune et rouge aux couleurs criardes et un haut jaune criard. Ses jambes et ses bras sont très maigres, elle s’escrime sur la corde en faisant de grands mouvements et en grimaçant. Elle est tout à fait d’accord pour que je la filme.
La soirée s’écoule doucement. Je me suis tartinée d’Insect’Ecran au parfum de coco mais on ne voit pas un seul moustique. Dans la salle à manger seulement deux tables, la propriétaire, son mari et des amis nôtre qui est décorée comme pour une fête : des fleurs de bougainvillées sont dispersées sur la nappe, deux chemins de table étroits se croisent. Dans des photophores, des bougies clignotent – ce sont des fausses, ampoules et piles – mais du meilleur effet. La salle est peinte en jaune orangé. Excellent dîner qui se termine par une mousse au chocolat.
7h réveil avec la sirène qui annonce l’embauche à l’usine de coton. Nous allumons la télé et tombons sur une curieuse chaîne francophone i24 où nous reconnaissons le journaliste Paul Nahon qui était sur FR3 autrefois, le ic’est pour Israël, c’est surprenant !
Pour poster nos carte postales, nous allons à la Poste. A l’arrière, la vaste cour contient la mosquée de la Poste et le restaurant de la Poste ainsi que la cabine téléphonique. Comme partout, la poste est devenue une banque, Banque Postale. Le bureau est vaste avec les guichets d’époque (avant les Indépendances ?) , il y a de bancs confortables en skaï pour patienter.
La ville de Tambacounda est très animée avec des marchés et de nombreuses motos et charrettes. Nous la quittons par une route bordée de caïlcédrats bien verts. Nous traversons ensuite une savane arborée très sèche. En saison humide, le paysage doit être très différent. Je devine les champs bien propres préparés pour les cultures. Il y a des chevaux et quelques termitières. Nous traversons aussi des forêts mais il est difficile d’identifier les arbres défeuillés, je ne vois plus de baobabs. Un camion jaune est chargé d’une pile d’une hauteur impressionnante de sacs blancs contenant de la paille.
les bananes de Gouloumbou
Gouloumbou est situé près de la rivière Gambie. En raison de la proximité de la frontière gambienne mais aussi de la Guinée Conakry ils y a des contrôles de Gendarmerie et de Douanes. Ici, on cultive la banane. Les femmes du marché se précipitent à la fenêtre pour nous en vendre. Elles sont vertes mais mûres. Pour 500f on en achète un bon kilo. Deux ponts métalliques enjambent la rivière Gambie, un vieux pour les piétons, et un plus neuf gardé par des militaires qui nous interdisent de photographier. La Gambie est assez large. C’est un endroit très vert. Un joli village avec des cases de chaumes, des manguiers et des anacardiers aux feuilles lisses et vertes. Sur la route il y a plus de charrettes que de véhicules à moteur, on croise quand même quelques taxis-brousse bien chargés. Arrivée de la modernité : les antennes de téléphone mobile.
A Manda, nous retrouvons les contrôles de douane et de police. Il y a une grande gare routière. Sur la ville, nous assistons à une offensive du parpaing tandis que les villages gardent leur belle architecture traditionnelle de terre. La route est toute neuve, elle est surélevée, bien roulante. Nous croisons des camions portant des grumes de taille impressionnante, voyons des zébus aux petites cornes – des vaches ? –
Velingara est une vraie ville avec des hôtels, des restaurants plein de motos et de monde, des manguiers et des eucalyptus. C’est aussi la fin de la bonne route goudronnée. Nous roulons sur une piste dans la poussière rouge que les camions soulèvent devant nous. Mor a mis de la musique très agréable d’Oumar Penn ! je note le titre des chansons qui serviront d’accompagnement dans la vidéo.
A Kounkané nous retrouvons le goudron et deux voies. Des panneaux annoncent que la « Route N°6 est financée par le peuple américain » .
Nous roulons depuis plus de 3 heures avec la piste cahotante. Nous devons nous détendre les jambes et le dos. Mor arrête la voiture devant la maison de la famille Diallo à l’entrée de Diabo le plus grand garçon se précipite il s’appelle Amadou et va au CM1
Diabo : mardi, mercredi, jeudi, marché des Femmes Braves, que nous ne verrons pas puisqu’on est lundi. Encore des contrôles de police à cause de la proximité de la Guinée Bissau. Les maisons sont encore couvertes de chaume, le village a gardé son style traditionnel mais elle possède une mosquée avec trois minarets. Un troupeau de chèvres en rang dispersé se déplace sur la route tandis que les chiens préfèrent rester à l’ombre sous la charrette à bras chargée de bois poussée par son maître.
Kolda : nous passons deux postes de police, les taxis-brousse sont contrôles, on nous laisse passer. Nous passons la Rivière Casamance. Les rizières sont à sec et servent de pâturages pour les bovins, des petites vaches. Le paysage devient de plus en plus verdoyant avec les anacardiers et les manguiers.
Vol de pélican sur la Casamance232
Pont de Diaroumbé : un banc de pélicans se trouve au milieu. Nous admirons le spectacle des pélicans tournoyant dans les airs . Nous passons un check-point avec des militaires. A l’entrée de Diaroumbé encore un barrage de militaires casqué et en armes. Les troubles en Casamance sont terminés depuis longtemps mais il y a toujours une présence militaire visible et on ne circule pas de nuit.
6h ; le muezzin m’a éveillée. Nous allons regretter notre case rouge au plafond de paille, son ventilateur à trois pales, décoré de rouge avec des motifs d’avions (peinture artisanale ou collage d’un wax ?) Rideaux, couvre-lits sont du même tissu à dessins géométrique blancs sur fond rouge. Un grand batik rouge représente un enfant. La salle de bain est carrelée de rouge, même l’abattant des toilettes est rouge.
MBour, pirogues
7h15 : les oiseaux fêtent le lever du jour. Promenade sur la plage. De nombreux hommes font de la gymnastique pour entretenir une musculature impressionnante. Un vieil homme, assis sur un billot de bois, lit le Coran. Devant un café de plage, on brûle des déchets sur un petit feu où chauffe la bouilloire du thé. Des hommes courent. L’un d’eux, un peu rondouillard, essoufflé, s’arrête à mon niveau, me demande une photo « je suis lutteur » annonce-t-il fièrement. Après un cap, la plage change d’aspect, elle est couverte de belles pirogues, peintes de dessins colorés, certaines ornée de petits drapeaux français ou belges fichés sur la proue. Des chats traînent à la recherche des restes. Quatre hommes écorchent un oiseau marin comme si c’était un lapin. La plage, ici est jonchée de saletés, les égouts s’y déversent. Contraste avec la plage des hôtels, gardée par les vigiles.
La Gambie taxe de façon inconsidérée les véhicules sénégalais qui tentent de la traverser (17km). Aujourd’hui, la frontière est fermée. L’itinéraire est donc modifié : nous ferons un grand détour pour la contourner, nous ferons étape à Tambacounda. Le départ est fixé à 10 heures.
Baobabs sur la route
La RN1, route vers le Mali est bondée de lourds camions le plus souvent maliens qui emportent la marchandise à Dakar, désenclavant ainsi le Mali qui ne dispose pas d’accès à la mer. Au mois de février, la campagne est sèche. Les diverses silhouettes des baobabs défeuillés font l’attraction du voyage. Dans les villages il y a partout de petits marchés ou des vendeuses de fruits : melons, oranges. Je remarque les vergers de manguiers mais c’est trop tôt dans la saison.
Fatick : deux aigrettes dans les salines
Après Fatik la RN1 n’est pas praticable, on s’engage dans un grand détour vers le nord jusqu’à Diakhao. On traverse des marais salants (le sel est vendu sur le bord de la route), ensuite de vastes étendues très plates grises, inondables. Des plantations d’eucalyptus y prospèrent. Des buissons bleutés leur succèdent avant de retrouver des baobabs et des graminées sèches. Les zébus en troupeaux sont nombreux ainsi que les ânes en liberté. Les villages sont composés de cases recouvertes de chaumes aux toits à 4 pans. Le plus souvent les concessions sont entourées de murs en paille tressée. Seules les petites mosquées sont construites en ciment. Le progrès et le ciment n’ont pas encore défiguré ces villages sous les baobabs. A Diakhao un écomusée est indiqué – fermé – Un homme aiguise sa machette à une borne kilométrique.
Retour sur la RN1 à Kaolack où on voit une grande mosquée avec deux minarets. Nous déjeunons au restaurant Le brasero tenu par un supporter de l’OM qui a décoré aux couleurs du club, mais les affiches les plus récentes sont de 1993. Le plat du jour : poulet yassa.
village et baobabs
Sur les bords de la route nous voyons un grand tas d’écorces d’arachides. Arrêt-photo : quelques hommes et femmes attendent sur le bord de la route. Des chevaux et des chèvres sont à l’ombre des grands baobabs. Dès que j’approche j’entends « toubab ! »Une volée de petites filles sort de la palissade. L’une d’elle porte un très petit bébé « cadeau ! Bébé cadeau ! », Elle me tend le bébé pour que je le tienne dans mes bras. Je n’ai pas de cadeau à leur offrir, nous avons bien des peluches mais elles sont au fond du coffre de la voiture. Les petites filles m’escortent, suivies bientôt d’autres. Mor sort un billet de 500F et leur dit de partager. « il faut acheter des bonbons » dit-il.
Au village suivant, nous achetons pour 5000F un gros sac contenant de nombreux petits et deux gros sacs de sucettes.
La carte signale des monuments mégalithiques. Nous en trouvons dans un village. Les habitants sont tous d’accord pour dire que c’est très vieux mais je ne tirerai rien de plus précis. Mor commence la distribution des sucettes.
mégalithes
Sur la route un camion est en panne. La remorque est décrochée. On aligne le chargement en faisant un mur de sacs.
Arrivée vers 17h à Tambacounda à l’hôtel Le relais de Tamba ; il fait une chaleur écrasante frôlant les 40°C, le voyage a été long, je n’ai qu’une envie : nager dans la piscine pour me rafraîchir. La chambre donne sur le patio de la piscine. Nous avons le confort moderne mais la déco est funèbre : de grandes draperies violettes, une chambre très sombre n’incite pas à la gaieté. On se croirait à la morgue. Nous nous installons dans le patio. On ne rentrera que pour dormir.