Au risque de me répéter, je suis retournée à Ivry faire découvrir cette œuvre à une amie helléniste. J’ai revu cette interprétation avec un plaisir renouvelé, écouté (et surtout lu le sur-titrage) avec une attention particulière.
Que m’apporterait de nouveau cette seconde vision?
Un poème de Mahmoud Darwich :
« Il y a sur cette terre » Mahmoud Darwich
Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre :
les hésitations d’avril,
l’odeur du pain à l’aube,
les opinions d’une femme sur les hommes,
les écrits d’Eschyle,
les débuts d’un amour, de l’herbe sur des pierres,
des mères se tenant debout sur la ligne d’une flûte
et la peur qu’éprouvent les conquérants du souvenir.
Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre :
la fin de septembre,
Mahmoud Darwich, le poète palestinien, qui dit aussi:
« j’ai choisi d’être un poète troyen. je suis résolument du camp des perdants. les perdants qui ont été privés du droit de laisser quelque trace que ce soit de leur défaite, privés du droit de la proclamer. j’incline à dire cette défaite; mais il n’est pas question de reddition »…
(citation trouvée dans la plaquette du théâtre d’Ivry)
Et je pense à Polynice, le frère du camp des perdants, interdit même de sépulture
Au risque de radoter : la beauté de la musique du trio Joubran, cérémonie hypnotique qui s’accorde si bien avec Antigone. Je ne comprends pas l’arabe, j’espère que rien d’inacceptable n’est prononcé. Le minimum que je puisse faire, c’est écouter l’autre.
Une curiosité qui s’accorde bien à cette soirée : l’hommage du trio Joubran en Grec:
Publié dans le recueil Omnibus Le roman des PHARES.
Le personnage de Rachilde m’intriguait, les vacances en Bretagne étaient l’occasion de lire cet ouvrage que Claudialucia avait chroniqué il y a peu.
Je n’aurais pas dû lire la préface. Certaines préfaces éclairent le lecteurs mais celle-la, sous prétexte d’analyse, de symboles…, raconte trop, déflore le mystère qui tient une grande place dans l’histoire et détruit tout l’effet de surprise. On sait ce qu’il y a dans la pièce cadenassée, le héros ne le sait pas, nous si!
Il est vrai aussi que j’ai très peu de goût pour le Grand-Guignol, très peu pour la littérature fantastique. Et là, trop c’est trop! Des naufrages, un meurtre, de la nécrophilie, la folie, la démence-même… rien ne nous est épargné. !a rester enfermé dans un phare dans une mer en folie, ravitaillé tous les quinze jours si le temps le permet, et il ne le permet pas souvent.
Cependant ce roman ne manque pas d’intérêt : le style est impressionnant dans la description des éléments déchaînés, la tempête brisant les vitres du phare, les embruns, les oiseaux tourbillonnant. Quelques morceaux de bravoure: la folie gagne les hommes enfermés qui désapprennent à vivre. Cependant ils ne rachètent pas les tonnes de préjugés désuets et l’enflure des exagérations.
Édité dans le gros Omnibus: Le roman des PHARES,Le Gardien du feu fut publié dans Le Journal en octobre-novembre 1899 et inspiré d’un fait divers survenu au Raz-de-Sein en 1892.
Quelle meilleure lecture pour accompagner des vacances sur la côte de Cornouailles par les temps venteux de la Toussaint quand la mer est rayée de lames écumantes.
Anatole Le Braz recueillit légendes et traditions bretonnes. Ce roman a donc un souci ethnographique dans la précision des descriptions et dans le goût des détails de la vie courantes. La parisienne que je suis ne se doutait pas des nuances locales, des différences entre les régions de la Bretagne. Léonards et Trégorrois n’ont ni les mêmes coutumes ni les mêmes caractères, les Capistes – ceux de l’extrême Finistère sont aussi différents des Îliens de Sein. Toutes ces remarques me ravissent et réservent nombreuse surprises dans un décor dépaysant et maintenant désuet. Étonnement de réaliser que ces pauvres paysans ou pêcheurs sont aussi des marins au long cours. Goulven Denes, naïf Léonard, voué à la prêtrise garde son trésor le coffre à Jim trouvé à Saigon.
Atmosphère étrange que celle de l’Enfer du Raz, de la baie des Trépassés, dont les noms seuls présagent une tragédie à venir. J’ai deviné à mi-parcours l’issue fatale et pourtant je ne me suis pas ennuyée tant est bien racontée l’histoire que je ne veux pas résumer pour laisser la surprise au lecteur. C’est une histoire d’amour, simple et absolue, d’un homme simple.
Lectures communes, challenges et autres défis, sont l’occasion d’aborder des textes moins fameux, de sortir des chemins battus et de confronter nos impressions.
Sans le défi de Claudialucia et de Maggie, je n’aurais pas choisi cette pièce de Shakespeare que je n’ai jamais vue . J’ai parfois du mal à lire du théâtre sans avoir vu jouer la pièce, tandis que le voyage inverse du retour au texte est toujours un grand plaisir.
Pas très étonnant que Antoine et Cléopâtre ne soit pas souvent monté! Que Shakespeare ignore (ou méprise) la règle classique des 3 unités, ce n’est pas franchement une découverte. On saute d’Alexandrie à Rome, d’une scène à l’autre, on passe par Athènes ou on monte à bord de la galère de Pompée. Fi de l’unité de lieu! Comment s’y retrouver? Étourdi par les lieux divers et le nombre des personnages , partisans de Marc-Antoine, ceux d’Octave, de Pompée, sans parler ceux de César. Peut-on les habiller de toges aux bordures différentes? Je plaisante, bien sûr, mais j’ai eu du mal à m’y retrouver! Enfin, une bonne connaissance de l’histoire romaine est indispensable, allusions aux triumvirats, à la bataille d’Actium.
C’est donc une pièce ardue, pour celle qui a oublié son histoire romaine.
Antoine et Cléopâtre, de grands amoureux? C’est ce que promettait la préface. Je n’ai guère trouvé d’amour. Plutôt de la manipulation. Qui est le plus grand manipulateur? César, qui place ses pions sur l’échiquier politique? Cléopâtre qui calcule, joue, ment met en scène un faux suicide? Le vrai, celui que tout le monde connaît, le panier de figues et les aspics, est-il un acte d’amour ou de dignité de la Reine déchue qui ne veut pas paraître au triomphe de César?
Antoine est il un amoureux? peu probable, son grand amour pour Cléopâtre ne l’empêche pas de se remarier à peine sa femme légitime refroidie. Si la « mort » de Cléopâtre l’atteint, n’est-ce pas plutôt ses défaites et les défections de ses alliés qui provoquent son suicide.
Pièce politique sûrement plus qu’histoire d’amour.
Merci aux blogueuses de m’avoir mis au défi de cette lecture un peu difficile! Les personnages me fascinent : j’avais « rencontré »Cléopâtre si souvent en Egypte que je me devais cette lecture. Et puis surtout le filmCésar doit mourir vient de sortir que je me suis promise de voir et il faudra que je lise Jules César qui appartient à la série!
Ce n’est pas un roman policier même s’il est publié dans la collection Folio policier, pas d’enquête policière. Le lecteur est témoin de l’accident, on connaît le coupable, le chauffard.
C’est plutôt un roman noir.
Roman de la lâcheté et de l’égoïsme.
Roman familial de toutes les mesquineries, les conventions, de l’étroitesse de cette famille de notables. De demoiselles en coiffe et robes bretonnes qui savent compter et commander. Roman de Concarneau, des pêcheurs.
Roman social aussi, confrontation entre l’univers douillet des armateurs et la misère des ouvrières des conserveries de sardines alors que les bancs de sardines ont disparu, que les conserveries ont fermé.
Pour notre dernier jour en Bretagne, par beau temps. Je commence ma promenade sur la digue que surplombe une étendue herbeuse très plate séparée de la mer par un long cordon dunaire. De nombreux oiseaux s’y attardent. En cherchant les jumelles je me rends compte que je n’ai plus mon appareil photo. Téléphone ! Il a glissé à mes pieds dans la voiture. Histoires de maisons
Le sentier n’est pas balisé du tout. Je demande mon chemin à un couple âgé. Le monsieur tient absolument à me raconter l’histoire d’une maison ensablée sur le cordon littoral qui ne me passionne pas. Il fait aussi allusion à de très belles maisons sur le bord de la route, un phalanstère, cela m’intéresserait davantage mais il ne s’étend pas sur le sujet.
Ne trouvant pas le chemin je marche sur la crête des dunes avec quelques remords, le piétinement des oyats est normalement interdit, c’est très mauvais pour la dune. Mais ici, il y a de nombreux sentiers et aucun n’est balisé. Arrivée à un parking, je préfère continuer sur la belle plage de sable. Artichaut surprise!
artichaut surprise
D m’annonce une surprise. C’est une surprise volumineuse ! J’ouvre la boîte et je découvre un artichaut cuit. On a découpé la pointe et évidé le cœur en enlevant le foin. Au dessus du cœur, un œuf poché noyé dans de la crème fraîche parfumée à l’échalote et au vinaigre. C’est inattendu et délicieux. J’ai tellement vu d’artichauts pendant mes balades que cela aurait été dommage de quitter la Bretagne sans en manger un.
granite
Avant de rentrer au collège il me faut aussi rapporter des échantillons de granite pour mes collections. Comme je n’ai plus de marteau de géologue ni de masse, je choisis une solution de facilité et m’adresse à un marbrier qui découpe des plaques de granite. Samedi, les ouvriers ne travaillent pas,l’ancien patron à la retraite joue le rôle du gardien. Il est ravi de nous faire visiter ses stocks et il est très généreux. Nous repartons les bras chargés de morceaux de granite et migmatites de toutes les provenances même de l’Inde !
Journée de Révisions. Je recommence la plus belle promenade de Saint Jacques à Kervaliou.
Au centre Thalado : séance microscopie.
Après avoir fait un prélèvement sur l’estacade, l’animateur commente ce qu’on voit sous lame et lamelle. Il a un microscope magnifique. Un caméscope numérique est installé sur des bagues sur un oculaire. Un vidéo projecteur relié à un ordinateur portable projette sur un écran de très belles images.
diatomée navicula MEB
Peu de diatomées, seulement quelques naviculas se déplacent entre les débris organiques. On pourrait les confondre avec des animaux tellement elles sont mobiles. L’hiver les algues sont moins nombreuses. En théorie plus d’espèces sont visibles. J’espérais voir des dinoflagellés ou le terrible alexandrium toxique. Mais non !
Coucher du soleil à la piscine
Le coucher de soleil est somptueux vu de la piscine du Centre Rockroum. Des voiles pourpres se déchirent sur les lueurs orangées derrière la presqu’île de Penharidy. les grands pins et les cyprès se détachent à contre jour. Dans l’eau nous retrouvons les mêmes gens que l’autre jour. Des curistes sans doute.
Les îles exercent toujours une fascination. Nous préparons notre expédition à l’avance, consultons la météo, nous levons dès potron-minet pour ne pas louper le bateau de 10h. La météo – même locale- n’est pas fiable. Des bancs de nuages cachent par moment le soleil.
Tour de l’île
Nous reprenons le tour de l’île là où nous l’avions arrêté. C’est un plaisir de reconnaître les lieux. Une si petite île, c’est si facile de se l’approprier !
Deux faces à cette île : d’un côté, le village sans voitures, avec les petits jardins, les volets colorés, de l’autre, la côte sauvage avec des rochers et des petites criques de sable blanc. L’herbe verte fait penser à l’Irlande. Des chevaux aux poils longs perchés sur des buttes herbeuses. Quand le soleil sort des nuages, l’eau est bleue, transparente.
Pique-nique sur une plage à guetter les gros bateaux à l’horizon, le ferry qui vient d’Angleterre. Jardin Exotique
Batz : draecena et tombes préhistoriques
Le jardin Exotique est une véritable merveille. Les étiquettes vont me permettre d’identifier les plantes exotiques qui poussent si bien dans les jardins de Roscoff et de l’île. Nous les avons presque toutes rencontrées à Madère ou aux Canaries. Mais il faut toujours réviser ! Cet arbre qui ressemble à un yucca ou à un dragonnier, c’est Dracena Cordyline. Je confonds souvent aloès et agaves. En revanche, j’avais bien reconnu la Vipérine Géante, Echium, originaire des Canaries, que nous avons vue pour la première fois ans la caldeira du Teide. Sèche en février à Tenerife, elle est ici soit défleurie soit fanée. Quand? Et où la verrons nous en fleur ?
Bretagne ou jungle tropicale?
Plus que la découverte de plantes extraordinaires, est la mise en scène est passionnante. Les Cordylines se détachant sur une pelouse très verte, accompagnent des tombes de l’Age de Bronze. Une nécropole préhistorique a été exhumée ici. Plus loin, caché par un énorme palmier des Canaries, une composition de mousses et fougères autour d’une petite pièce d’eau. L’eau s’égoutte sur les rochers de granite. Un petit ruisselet cascade ? Plus loin, un écrin met en valeur la vue sur Roscoff et les rochers du littoral. Réunion exotique de plantes de Nouvelle Zélande, rubans roses, orangés, paille… Un calvaire sur un dolmen, des statues modernes. Dommage que le soleil ne soit pas de la partie et que l’horaire du bateau du retour presse. Il faudrait pouvoir flâner, dessiner, s’asseoir face à la mer.
un air de Nouvelle Zélande
retour sur le continent
Le sentier se faufile entre les maisons, passe sous un tunnel de verdure et débouche en haut du village.
La traversée du retour ne ressemble pas à celle de la semaine dernière. En huit jours les marées se sont décalées. Aujourd’hui c’est marée haute, il y a un fort courant et des vagues. La petite vedette se cabre, tangue et roule Nous avions débarqué au bout de l’estacade. Nous arrivons sur le quai où de gros bateaux de pêcheurs déchargent leurs poissons directement dans des camions frigorifiques. monstre marin
Sur des tréteaux, on vend du poisson : crabes, raies et surtout d’extraordinaires lottes. Chez les poissonniers, on ne présente jamais de lotte entière. Sa tête est celle de Méduse qui pétrifie celui qui la regarde. Le pêcheur lui ouvre la gueule énorme aux deux rangées de dents. Il nous raconte les coutumes de ce prédateur qui peut avaler son poids en une journée. Un poisson de 12 kg peut entrer dans sa gueule extensible. Il va ensuite digérer trois semaines, immobile sur le fond de la mer. Tout le monde veut photographier ce monstre violacé à la peau ridée.
Conférence : diversité des Algues
A 17 heures, animation au Centre Thalado, « comptoir des algues »: un magasin qui propose aussi bien des algues alimentaires que des produits de beauté, une infinité de crèmes, savons, lotions, huiles, paillettes….Un homme vante les qualités culinaires des algues vendues en paillettes multicolores. Verte la laitue séchée, marron le wakamé (celui des sushis) ou mauve. J’achète un mélange. Entières, les laminaires permettent de cuire le poisson en papillotes, les spaghettis de mer se cuisent comme des pâtes. En pâtes à tartiner, à infuser, associées à du thé vert ou à du thé noir….
La conférence est passionnante. Le conférencier mobilise l’assistance, enfants comme adultes. Il commente de magnifiques photos, met l’accent sur la richesse, la variété et toute l’étendue de ces plantes que l’on regroupe sous le nom d’algues. Apparues les premières, les algues rouges ont très peu en commun avec les algues vertes qui sont plus proches des plantes terrestres. Difficile d’appréhender l’importance quantitative, sauf à dire qu’elles produisent la moitié de l’oxygène disponible sur terre. La présentation suit la répartition verticale sur la plage : du lichen encroûtant les rochers, faisant des taches noires que j’avais prises pour du mazout jusqu’aux laminaires rarement découvertes à marée basse. Mais il existe d’autres répartitions : algues vivant en eaux calmes, algues des rochers battus par les vagues. Cette zonation ne m’étonne pas. C’est un classique des livres de 6ème L’esthétique des photos est une véritable réussite.
Quand on en arrive à l’ulve, un spectateur intervient :
– « C’est une bonne et une mauvaise chose ! ». Le conférencier rebondit : « mauvaise » pour l’odeur pestilentielle, pour les nageurs et les surfeurs, pour les pêcheurs qui en remonte des tonnes dans ses filets. Bonne ? Par la photosynthèse, elle participe à l’élaboration de l’oxygène (et quand elle pourrit ?). Elle neutralise les nitrates qu’elle utilise (ce serait mieux sans nitrates !). Finalement sa seule « utilité » serait d’être compostée. En plus de donner un excellent engrais, elle dégage beaucoup de chaleur en se décomposant.
utilisations traditonnelles
Après avoir présenté la diversité, l’animateur énumère les utilisations traditionnelles ou actuelles. La combustion du goémon a été une activité très importante pendant trois siècles. Au début on brûlait les algues pour récupérer les cendres formant de la soude douce NaCO3 qui servait à abaisser la température de fusion de la silice dans la fabrication du verre. Au 19ème siècle on trouva un produit de remplacement plus approprié puisque la soude douce colorait le verre en vert. La combustion des algues permit ensuite d’extraire l’iode jusqu’à la fin du 20ème siècle. De vieilles photos montrent les goémoniers partant pour des îlots déserts, embarquant famille, outils, ustensiles de cuisine et même poules et cheval dans leurs barques à voiles. Une photo montre même les hommes écoutant l’arrivée du Tour de France le 14 juillet. Ils portent des sandalettes en plastique et ont un transistor !
le ruisseau s'élargit après quelques centaines de mètres
Ce tronçon du GR 34 est particulièrement bien entretenu : panneaux de bois gravé, marches et balisage sont parfaits. C’est aussi le plus beau parcours sous un soleil très lumineux.
De saint Jacques à Moguériec
Un petit pont enjambe le ruisseau dont le GR va longer le cours jusqu’à la mer. Très rapidement, le lit s’élargit, la rivière fait des méandres. De gros rochers arrondis jonchent le cours d’eau. Un vieux moulin abandonné en utilisait la force. Un kilomètre plus loin, l’estuaire ensablé est large d’une bonne centaine de mètres. Le sentier s’élève raide au dessus d’une vieille maison blottie dans la vallée Kersauson. Je retrouve les artichauts.
Les haies vives me protègent du vent violent : ronces et lierre, prunelliers, parfois troènes. La côte est rocheuse et très découpée. Le trajet est plus long que prévu. Utilisant mon doigt pour mesurer le parcours, j’avais évalué 2,5 km. Il y en a presque le double jusqu’à Moguériec où D m’attend devant le Bar de la Marine. Dans une petite déchirure de la côte, un petit port est installé. Les bateaux de pêche me paraissent d’un tonnage important pour un si petit havre.
De Moguériec à Kervaliou
arche végétale
Rendez vous à la plage de Kervaliou, à 13h. Je reprends mon périple sur le chemin côtier. Pour changer, des fenouils. Un cultivateur a eu une charmante attention pour les promeneurs : il a taillé une jolie arche dans les troènes et a placé un beau banc de granite. Au bout de son champ, il a pratiqué une fenêtre dans la haie. La vue est saisissante : d’énormes blocs forment un chaos granitique !
chaos
Chaos!
Tout le rivage est hérissé d’énormes blocs. L’un d’eux imite un visage simiesque. De loin, je crois apercevoir un dromadaire agenouillé. Le Port neuf est installé dans une fente étroite gardée par un monstre de pierre. Le sentier épouse de petits fjords qui allongent considérablement le trajet. Ce paysage pittoresque avec tous ces rochers rappelle un peu la Côte de Granite Rose. Dans la mer, toujours des îlots où la vague vient s’abattre dans une gerbe d’écume. Dans une petite anse, des surfeurs sont à l’eau. Encore un petit cap, puis une plage de sable blanc où personne n’a foulé les rides amassées par le vent.
granite et embruns
Rendez vous manqué
A Kervaliou D n’y est pas. Prise de doute, je frappe à la porte d’un gros camper qui a un GPS. C’est la première fois que j’en vois l’utilité. Le GPS confirme. Nous sommes bien à Kervaliou. Je téléphone à D sur la carte routière, il manque les chemins.
Une dame arrive avec deux chiens. Elle m’annonce qu’elle a vu «La dame qui vous cherche »– « Elle a à peu près votre âge, elle est tout près ». Le téléphone sonne : « Tourne toi à gauche ! » Je suis interloquée, « A gauche de quoi ? » « A bâbord !» »tu ne me vois pas ? » Non je ne vois rien. « Tu devrais aller chez l’ophtalmo ! ». Je ne vois toujours rien, mais comme la dame m’a assuré que D était tout près je continue le chemin d’où la dame a débouché avec ses chiens. Un énorme rocher cache la suite. Pas de voiture, pas de parking. Je continue à marcher jusqu’à l’appel suivant, D très énervée : »tu vas croiser 5 personnes ». Je ne vois toujours rien. La mer à ma droite, à gauche une haie, en face un petit cap avec des tamaris d’où émergent au loin les cinq personnes annoncées qui ont bien vu une 206 immatriculée en 94 et une dame qui crie dans un téléphone . Enfin, la voiture brille au soleil au loin! Il était absolument impossible que D ait pu me voir dans la petite anse de Kervaliou. D’ailleurs l’immense camping car était immanquable ! Elle a dû me confondre avec une autre personne. J’ose espérer que c’était vraiment le cas. Sinon cette comédie était vraiment perverse, prétendre me voir et se moquer de ma naïveté.
Pique-nique sur la plage
Nous avons beaucoup de mal à approcher avec la voiture de l’anse de Kervaliou, si bien cachée pour pouvoir y pique-niquer contre les rochers, près de l’eau, au soleil. Il fait trop frais pour s’attarder sur la plage. D’ailleurs la marée monte.
la longue plage de Tevenn Kerbrat
Le sentier côtier suit une longue plage de sable bordée de basses dunes plantées d’oyats. Je préfère marcher sur le sable mouillé. Dans l’eau, des surfeurs et trois voiles de kite-surf. Avec le bon vent et beaucoup d’habilité ils quittent la surface de l’eau pour s’envoler et faire des figures. C’est un vrai spectacle. Au bout de la plage, une maison est encastrée entre d’énormes rochers. A la base, une sorte de canal et une vanne. Le GR emprunte la route, nous suivons une plage, je me déchausse et marche pieds nus malgré la fraîcheur. Un peu saoule de vent, je suis contente de remonter en voiture.
Sous un ciel bien maussade, équipée, de ma cape, je quitte le gîte par le chemin creux. Sous la pluie je marche sur la plage jusqu’à Santec. Le sentier remonte dans les champs de carottes. Les laitues sont coiffées de curieuses cloches de plastique blanc. Cela change des choux fleurs ! Comme le GR s’éloigne du rivage, je médite sur la loi Littoral. Contourner une vieille maison bretonne, passe encore ! Mais quand il s’agit d’un terrain occupé par une caravane – sans la caravane – cela devient agaçant. D m’attend à Dossen.
Quand sème t on les choux fleurs?
Le soleil a dispersé les nuages, il fait un peu frais pour déjeuner sur la table extérieure. C’eut été dommage pour les filets de vieille. La dame du gîte passe quand nous en sommes au caféen prenant le café. Je peux la bombarde de questions :
La plus simple :- « Quand sème t on les choux fleurs ?
– on ne les sème pas, on repique les plants qu’un pépiniériste fait dans des pastilles de tourbe. Selon les variétés, on récolte toute l’année »
La dame nous livre les informations en vrac, j’ai du mal à retranscrire.
artichauts
les serres :
« les serres ? » Autrefois ils cultivaient des fleurs. Les jeunes, en reprenant l’exploitation des parents n’ont pas voulu continuer cette culture trop exigeante en main d’œuvre. Maintenant il y pousse des pommes de terre qui seront prêtes en février, les premières. Petites pommes de terre nouvelles primeur, de luxe. Ils arrosent les pommes de terre. L’arrosage n’est pas nécessaire pour la plante mais pour empêcher la salinisation du sol. Pourtant nous sommes perchés sur une butte.
mini-choux (les clés donnent l'échelle)
Irrigation
En ce moment, un gros engin creuse une tranchée pour installer un gros tuyau qui permettra d’irriguer les champs. Cette année, année de sécheresse, ils ont eu du souci pour irriguer. L’eau d’irrigation est très contrôlée bactériologiquement. Ils possèdent leur propre forage.
Parlons tomates
Les tomates sont cultivées « hors-sol » et en « lutte intégrée -pratiquement bio » – dit-elle – « D’ailleurs, nous sommes presque bio, nous n’utilisons presque plus de pesticides, sauf pour les pucerons » . La présence de pucerons est inconcevable dans des salades en sachets.
Artichauts
Les artichauts nécessitent beaucoup de travail. Il faut arracher les drageons et ne laisser qu’un seul pied au m2. Ils en font moins. D’ailleurs cela se vend moins bien. « Cela fait des feuilles dans la poubelle » Je m’étonne de cet argument. C’est qu’il faut penser à tout ! « On pourrait produire n’importe quoi selon le désir des consommateurs » tant les agronomes travaillent dans les nombreux instituts phytosanitaires, de sélection… installés dans les environs de Roscoff ?
Hangars du Prince
mini-légumes-prêts à partir
Une autre spécialité de la région : les mini légumes. La dame nous recommande de visiter l’usine de conditionnement de Saint Pol de Léon. Ce que nous faisons. Nous trouvons les hangars Prince de Bretagne à l’entrée de Saint Pol de Léon. Mais on ne voit rien du tout. Des transpalettes circulent à une vitesse folle et déplacent des piles de cartons et de cagettes. Les variétés de tomates sont nombreuses. Nous sommes loin de la campagne !
Piscine de luxe
A 17h, le centre de Thalasso ouvre ses portes aux baigneurs de la piscine. Très peu de cabines dans les vestiaires. On entre au compte goutte. Les deux belles piscines sont carrelées avec goût, les grandes baies vitrées s’ouvrent sur la baie. Les goélands planent très près. L’eau est à 32°C. L’éclairage est très doux. Associés à l’ambiance des piscines, en général, une mauvaise acoustique amplifie les cris des enfants et les bousculades. Ici, rien de semblable. Thalasso est synonyme de cure de luxe. Point de massages ni d’enveloppements pour nous. Cela coûte une fortune et je ne crois pas que cela nous plairait. Mais l’ambiance soin et luxe règne sur les piscines. Je peux donc nager calmement, faire mes bassins sur le dos sans être dérangée. Point de sportif non plus. Le public est varié. Tous les âges se côtoient. Chacun a payé 10€ pour être au calme. Dans le deuxième bassin, toutes sortes de bulles, de courants, de cascades, comme dans un jacuzzi géant, nous paressons longuement.