Le Musée de la préhistoire à Carnac

JUIN  2026 CARNET DU MORBIHAN

paléolithique : silex taillés

Dans les musées, les sections « Préhistoire » sont souvent rébarbatives, silex et galets, taillés ou polis, de Corse en Bretagne…toujours les mêmes. Eh bien non, à Carnac, les vitrines sont joliment présentées accompagnées d’un luxe de panneaux explicatifs : chronologies, cartes avec les variations de la ligne du rivage, destinées aussi bien aux enfants, néophytes que spécialistes.

La première salle :  Paléolithique jusqu’à -9600 ans av.J.C.

On distingue le Paléolithique moyen jusqu’à 35 000 ans, apogée des glaciations, avec une population de Homo Neandertal. A partir de 35 000 ans apparaît Homo sapiens (Cromagnon)

La vitrine esthétiquement très réussie de pierres taillées, flèches, galets. Elle est accompagnée de la question : Où trouver des silex ? En effet, les sites paléolithiques sont nombreux sur le littoral breton alors qu’on ne trouve pas de silex en Bretagne intérieure granitique. Sur le site de Saint Colomban, une plage de Carnac, le cordon littoral est formé de galets offrant une ressource en silex.

Mésolithique (9500 – 6000 av.J.)

Tombe de Teriec Sépulture et coquillages

la vitrine 3 présente des sépultures Teriec au large de l’isthme de Penthièvre et à Hoëdic. Ici aussi, la mise en scène est frappante : « un homme a été tué à Teriec il y a 6600ans » . On voit  radiographie des vertèbres touchées avec la pointe de flèche, une flèche a été reconstituée. On présente des outils, flèches et forets en os de de cerf, sanglier. Les hommes vivaient de chasse, cueillette, et ramassage de coquillages. Ces derniers ont été utilisés aussi pour faire des parures. La tombe de Teriec, découverte en 1928 est reconstituée ici. Une femme de 20 – 25 ans mesurant 1.51m a été préservée de l’acidité des sols granitiques par la présence de nombreux coquillages. Des photographies des photos de la fouille de 1928 accompagnent la vitrine.

Néolithique (6000 – 2300 ans av J.C.)

Carnac : musée – Moissonner au Néolithique

Une économie de production se met en place avec l’agriculture et la domestication des animaux.

Les rapports avec le monde des morts se matérialise avec des stèles gravées, dolmens à couloirs recouverts d’un tumulus. A Kercado, la datation C14 donne 4670 av. J.C. et livre des pierres polies et des poteries. Le Tumulus Saint Michel a livré des parures de jaspe d’un vert bleuâtre.

Collier de perles de Variscite

Présentation de maquettes des alignements de Menec, du dolmen coudé des Pierres Plates. Présentation très impressionnante d’un couloir où le visiteur passe entre des stèles gravées comme dans un véritable site. Les moulages de la Table des marchands présentent des décors sophistiqués avec des crosses, des arches, des traits ondulants (oiseaux en vol ?) et même des pieds bien reconnaissables.

Une section présente la Variscite :minéral vert, phosphate d’aluminium hydraté d’origine hydrothermale qui ressemble à la turquoise. La variscite provient d’Espagne et du Portugal. Une hache polie en jadéite a été trouvée en Morbihan dans un alignement de menhirs immergés . La pierre provient des Alpes italiennes (Viso)

Défricher, couper du bois

Une vitrine avec des outils néolithiques reconstitués raconte que les haches polies expliquent le recul de la forêt défrichée, une faucille de bois et de silex, la culture des céréales.

A l’étage une salle raconte la conquête romaine . En  bataille navale entre les Romains et les Vénètes en baie du Morbihan.

Courses à Carnac

Non loin du musée, autour de l’église de Carnac, sur la place et les rues adjacentes les commerces sont nombreux et très agréables. Boulangerie, boucherie charcuterie où je trouve le pique-nique de midi ; les magasins de vêtements, chaussures sont traditionnels et pas tape-à-l’œil comme à la Trinité. J’aurais tout acheté !

Brion Gysin – Le dernier musée -au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Exposition temporaire jusqu’au 12 juillet 2026

Louis Jammes Portrait de Brion Gysin

Né à Londres en 1916 d’origine canadienne, il revient à Londres à 16 ans. En 1934 s’inscrit à la Sorbonne et fréquente les milieux de Montparnasse et les surréalistes. Invité à exposer en  1935 avec les surréalistes.

Dessin surréaliste 1935

Sa période parisienne et surréaliste est sous le thème du rêve « REVER »: sont présentés des dessins de petites toiles, des décalcomanies, des estampes et des textes sur les champignons et aventures hallucinogène (mescaline, psilocybine). Deux encres de Victor Hugo figurent ici.

De 1940 à 1943, Brion Gysin s’installe à New York où il fréquente les milieux underground noirs et Broadway. En 1944, il est appelé sous les drapeaux et affecté à une unité d’espionnage où il découvre le Japonais et la calligraphie japonaise.

marrakech : marché des bicyclettes

VOYAGER

1950 il découvre le Maroc, sillonne le pays, s’installe à Tanger y ouvrira un restaurant. Toute une salle montre cette aventure marocaine, on y éntend la musique Jajouka. De grandes toiles colorées représentent le désert mais j’ai préféré les petits formats, aquarelles aux dessins très précis

After Midnight in Marrrakech

Un peu dans la même veine, j’ai aimé les fenêtres du Palais de Peggy Guggenheim à Venise

My window at Peggy Guggenheim’s palace

PERMUTER/ECRIRE/DESSINER

Calligraffiti on fire (1985)

 

La salle suivante est très colorée.Le très grand Calligraffiti (16 m) occupe tout un mur, les cimaises qui lui font face sont occupée par des tableaux abstaits  très colorés, flashy, avec des motifs récurrents, Cette salle correspond à sa technique de cut-ups: à l’aide d’un cutter (exposé dans une vitrine) l’artiste découpe un texte et le réarrange aléatoirement. Le cut-off peut concerner un texte littéraire comme un motif pictural. Je me suis un peu embêtée dans cette section. Seul un tableau m’a attirée : Rustique olivette à la Ciotat

Rustique Olivette à la Ciotat (1959)

A la Ciotat, Brion Gysin a rencontré Chester Himes, Paul Celan, Schwarz-Bart. Il y était question de peinture mais aussi de littérature, de poésie. D’ailleurs l’activité littéraire de Brion Gysin est aussi documentée. En particulier avec Burroughs qui pratique aussi le cut-up

Brion Gysin et William S Burroughs (1985)

En revanche j’ai bien aimé les calligraphies surtout quand il surimprime calligraphie arabe et texte japonais.

Cuts d’écriture arabe collés sur une page d’écriture japonaise

Un dessin très émouvant est celui de l’hommage de Keith Haring à Brion Gysin

Hommage de Keith Haring
FOR MY TEACHER
LOVE ALWAYS
LOVE ALL WAYS
LOVE WAYS ALL

La Dreamachine est un procédé de projection de la lumière à travers un cylindre qui tourne. 

Dreeamachine (à plat)

LE DERNIER MUSEE

Beaubourg 1975

Dernière partie de l’exposition éponyme. Le Dernier musée est le titre d’un livre de Brion Gyson CLIC

Le dernier musée
Beaeubourg

C’est aussi le titre d’une série de 10 clichés pris lors de la construction du Centre Pompidou. En 1973 Brion Gysin s’installe 135 rue Saint Martin en face du chantier de ce qui allait devenir le Centre Beaubourg. Il dessine, photographie la structure en exosquelette qui le fascine.

Je ne connaissais ni le plasticien, ni le poète, ni ses amis de la Beat-Generation bien que les noms me soient familiers et cette découverte est une bonne surprise. Dépêchez vous d’aller au Musée d’Art Moderne, l’exposition ferme ses portes à la fin de la semaine prochaine!

Quiberon

MORBIHAN JUIN 2026

Quiberon : côte sauvvage sous le vent

Guidage au GPS par le Pont de Kerisper, traversée rapide de la Trinité-sur-mer,  de Carnac et Plouharnel. La départementale 768 passe tout droit entre les dunes et le marais. A Saint Pierre de Quiberon nous la quittons pour rejoindre la Côte Sauvage. Grand vent, ciel dégagé, lumière très vive et mer verte très agitée.

De nombreux randonneurs marchent sur le GR qu’on découvre de la route. Dès qu’on aura trouvé le « parking avec vue » je compte bien les rejoindre. Le spot idéal est au Vivier. Deux restaurants, avec le vent, personne en terrasse, à l’arrière, de profonds bassins creusés dans le granite. Peut être ont-ils été utilisés pour stocker des crustacés. Aujourd’hui vides.

Qiberon : souffleur

J’enfile mon ciré, prends mon bâton et suis le GR bien encadré par des fils métalliques. Comme dans tous les sites touristiques (Pointe du Raz, Crozon…) il faut contenir les hordes pour éviter le piétinement et préserver la végétation avec la protection de tapis de chanvre (genre sacs de patates) . Et cela marche bien. Sans être prévenue, je découvre le « trou du souffleur » et fais sdes photos de vagues qui s’élèvent en nuage blanc. Des paquets d’écume jaunâter s’envolent et nous bombardent. Soudain le ciel s’assombrit. Un grain s’abat avec violence, presque de la grêle. En quelques minutes tous les randonneurs sont trempés. Je constate avec plaisir que mon ciré est bien étanche, en revanche ma jupe est trempée. Une chance cette jupe ! elle sèche beaucoup plus rapidement que les pantalons de mes collègues-randonneurs. La pluie m’a stoppée dans mon exploration de la côte sauvage.

Pique-nique de luxe : pinces de tourteaux et crevettes grises.

Quiberon Château Turpeau

Le vent est tombé, le ciel, voilé. Je continue le GR jusqu’au château Turpeau à l’entrée de la ville de Quiberon. De loin, ce « château de la mer » de style anglo-médiéval a belle allure avec ses tourelles effilées qui se profilent. De près, c’est moins bien.

La circulation dans la ville de Quiberon est infernale avec les sens interdits, le stationnement difficile. Nous passons et repassons quatre fois par les mêmes rues, les mêmes places, incapables de s’extraire du circuit imposé. Juste le temps d’acheter un Quatre-quarts breton dans la Maison Riguidel en stationnant devant la Belle-Iloise (prévu pour les clients) sardines de luxe.

Le beau temps est revenu, le GPS nous a tiré du centre-ville, nous découvrons la Grande Plage à l’arrière de la Gare Maritime, bordée de belles villas et d’immeubles modernes. Je laisse mes sandales au pied de la rampe et marche pieds nus sur le sable fin dans la frange d’écume .

Quiberon – dune vers la Pointe de Conguel

Promenade très agréable à la Pointe du Conguel. Voiture garée à l’arrière du complexe de Thalassothérapie et des immeubles Sofitel en face de la Pointe de Goulvars. Le GR est d’abord parallèle à la route. Hors saison, il n’y a pas de circulation . un grand parking se trouve à l’entrée de la promenade très agréable (mais très fréquentée) qui fait le tour de la Pointe de Conguel. Aller dans les dunes sur le flanc sud baigné par l’océan libre. Retour par un petit bois. Une table d’orientation est bien utile pour se repérer, trouver Belle-Ile, la plus grande, Houat et Houedic qu’on devine. Puis les Pointes du Golfe du Morbihan : Locmariaquer, la presqu’île de Rhuys.

Ail sauvage

Saint Philibert – arrivée et premières découvertes : la chapelle

MORBIHAN JUIN 2026

Saint Philibert fontaine

16h, il est temps de découvrir notre gîte pour la semaine La Mouette3* à Saint Philibert. Accueil : boîte à clés et guidage téléphonique. Le propriétaire est très organisé. Relevé des compteurs électriques par SMS, découverte des placards toujours au téléphone. Cela se passe bien ; Il y a même une bouteille de jus de pommes maison en cadeau que je savoure avec plaisir.

Gîte la Mouette 3* à Saint Philibert et ses hortensias

Courses à l’Intermarché de Crac’h, prix raisonnables.  Excellent rayon poissonnerie. J’achète deux limandes-soles à 9.90€/kg

Saint Philibert – chapelle la plus jlie décoration

Trop tôt pour rentrer s’installer. Par hasard, cherchant une plage, je découvre la Chapelle Saint Philibert. De la route, elle est nichée dans un creux, accompagnée de deux fontaines. L’une d’elle a un bassin entouré d’acanthes fleuris et de fleurs violettes et roses, les agapanthes éclosent à peine de leurs boutons. L’eau est verte de len tilles d’eau. Au milieu du bassin : un menhir (peut être une stèle, ou prosaïquement un rocher ?). La seconde fontaine porte une croix centre d’un enclos carré de granite.

Saint Philibert : Ex-voto

La chapelle a été érigée en 1648, la petite fontaine en 1649, la grande au XVIIIème siècle. En 1954, la chapelle a été agrandie et devenue église du bourg Notre-Dame-de la Nativité. Par chance, l’église est ouverte. Je n’ia jamais vu une chapelle si bien décorée avec son plafond de ciel bleu étoilé où sont suspendus des ex-votos : un voilier ancien aux toiles brunes, un petit trimaran tout blanc, un bateau de pêche,  un voilier à coque rouge. Dans le chœur, un évêque navigue dans une auge de pierre. J’ai déjà vu de telles représentations de moines irlandais ayant débarqué d’auges pour évangéliser la Bretagne (saint Samson à Dol). Saint Philibert aurait- il la même légende ?

Des vieilles dames et le curé en aube blanche et rouge attendent une cérémonie. Je m’éclipse, n’osant pas m’attarder pour examiner les vitraux colorés qui représentent les travaux agricoles.

Le GR remonte la ria jusqu’à la Rivière Saint Philibert ou Ster. C’est un joli sentier bien entretenu le long de propriétés aux belles pelouses. Un petit robot tond tout seul un gazon tellement régulier qu’il parait faux. A côté les pâquerettes font presque désordre. Mais du côté pâquerettes, 3 oiseaux picorent. Pas d’oiseau côté robot !

En route, étape à La Trinité-sur-Mer

MORBIHAN, JUIN 2026

Le Quai de la Trinité-sur-mer

Arrivée à la Trinité-sur-mer 12h15, juste à temps pour passer à l’Office de Tourisme. Pique-nique sur le port à marée basse. Près de nous, un voilier en bois repose sur la vase, plus loin une forêt des mâts des plaisanciers. Au milieu du quai, la Halle aux Poissons. Je file m’enquérir des horaires. Côté poisson c’est vide. Sur l’autre côté : la capitainerie.

La Trinité-sur-mer gros bateaux de course

Des bateaux géants sont amarrés au môle Loïc  Caradec. L’un d’eux tout noir affiche H30x30 Protect 30% of Ocean and land by 2030. Belles intentions ! Avec sa coque noire, son épais mât noir, sa voile noire et son envergure il est plutôt effrayant.  Son voisin proclame Sails of change L 37m x l 23 m, poids 21 t. Un autre géant blanc au toit rouge porte aussi un slogan « faire du travail une chance ». Ce gigantisme m’effraie, je n’accorde que peu de confiance à toutes ces bonnes paroles. De la com ! Peut-être suis-je malveillante ?

les gros bateaux de course

Après cette incursion dans le monde de la Voile de compétition, je traverse le quai pour un peu de lèche-vitrine. Jolies boutiques, bon goût sans excès : TBS, Armor Lux, pas de bling bling. Ici c’est sport, pas Saint Tropez.  Carrefour a ajusté ses prix à la clientèle des plaisanciers, le beurre a pris1  € de plus qu’Intermarché de Crach, et tout à l’avenant. La Trinité, chic et cher !

la Trinité-sur-mer fougères et plages

Le soleil brille. Je longe les quais en remarquant le môle Tabarly (encore le monde de la course). Un peu plus loin, je trouve le GR. Les fougères viennent tout juste de dérouler leurs frondes encore vert tendre, qui se détachent sur le bleu opale du golfe de Quiberon aux eaux tranquilles.

Bilan juin – challenge Les Deux George avec Claudialucia

Claudialucia et Miriam ont lu Gabriel de George Sand

Gabriel – George Sand

Gabriel chez Claudialucia : https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2026/06/george-sand-gabriel.html

maintenant que nous avons découvert différents aspects de l’oeuvre des dux George , quelques biographies :

George Eliot pour Claudialucia : Une passion pour George Eliot de Kathy O Shaughnessy

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2026/06/kathy-oshaughnessy-une-passion-pour.html

George Sand à Nohant de Michelle Perrot : https://netsdevoyages.car.blog/2026/06/24/george-sand-a-nohant-une-maison-dartiste-michelle-perrot-ed-du-seuil/

Matatoune a lu pour nous Les amours de George  de Stéphane Guégan https://vagabondageautourdesoi.com/2026/06/29/les-amours-george-stephane-guegan/

Notre exploration continuera en Juillet :

Claudialucia propose un très curieux titre Uscoque de George Sand. 

Pour ma part, je vais retourner en Angleterre avec George Eliot et Middlemarch. Et enfin découvrir l’histoire de la vie de George Eliot avec la bio de O’Shaughnessy et continuer l’ouvrage de Mona Ozouf : L’Autre George qui est plutôt une promenade dans ses oeuvres ; j’ai apprécié le premier chapitre sur Le Moulin sur la Floss mais calé sur le second concernant Middlemarch. 

Bien sûr vous êtes toutes et tous invités à nous rejoindre avec d’autres propositions !

Hilma af Klint, Les peinture du Temple (1906-1915) au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 30 Aout 2026

Hilma af Klint (1862-1944) peintre suédoise, est une découverte pour moi. Pionnière de l’abstraction, mais aussi théosophe. La visite de l’exposition nous conduit dans des chemins que je n’ai pas l’habitude d’emprunter : cheminements spirituels dans les cercles spirites, dialogue avec les morts. Je suis hermétique à ces considérations. Il faut être Victor Hugo pour m’intéresser un instant aux guéridons qui contactent les défunts.Malgré mes préventions, Hilma af Klint a su, non seulement capter mon attention le temps d’une visite d’exposition mais aussi me séduire. 

Peintures du Temple

Il faut envisager sa peinture dans un collectif de 5 femmes  : De Fem qui cherchent à se démarquer de l’atmosphère matérialiste capitaliste en réalisant des oeuvres à partir de griffonages automatiques au crayon, puis au pastelavec des résonnances cosmiques. 8 peintures roses sur le thème de l’amour ou un cycle Evolution (1908) va mettre en image le grand récit de l’Evolution, de la Transformation de la condition humaine spirituelle pour finir par une émancipation spirituelle = une fleur au coeur spirale. j’avoue ne pas être plus séduite que cela du galimatias des cartels. Curieuse, intéressée mais pas convaincue. On peut rechercher les symboles, lire les inscriptions dans le Chaos originel WU/rose, U étant l’esprit, bleu le féminin, jaune le masculin, vert androgyne. je prends cela pour un jeu intellectuel.

Evolution : ensemble de 6 tableaux

En revanche quand je découvre les grandes figures, je suis impressionnée par les couleurs et la puissance des compositions. Je ne suis pas fan du rose des cycles précédents. 

Grand tableau orange

les grands tableaux font aussi partie de cycles qui racontent une histoire : les âges de la vie. Les cartels voient une précurseure du psychadélisme avec les arabesque florales. 

Cygne (1914-1915) : ensemble

Un autre ensemble  : le Cygne est constitué de 23 peintures représentant le conflit entre le bien et le mal. un nouveau groupe s’et formé autour d’elle 12 femmes sont associées chacune à une couleur . La Colombe associe des symbloes chrétiens comme le Saint Esprit (la colombe) Saint George et Saint Michel combattant le dragon. Une série montre une femme crucifiée et l’exposition se termine par un magnifique retable.

Retable

 

Le Parfum des années – Evelyne Bloch-Dano

MA NUIT AU MUSEE 

J’aime beaucoup cette collection Ma nuit au Musée qui m’a fait découvrir Lola Lafon :Quand tu écouteras cette chanson dans la maison d’Anne Frank et Richard Malka : Après Dieu au Panthéon, Leila Slimani Le Parfum des fleurs à la Dogana de Venise. je suis prête à suivre mes écrivains favoris dans  cette aventure. Cette fois-ci, en route pour Cabourg et la Villa du Temps Retrouvé que l’autrice connaît très bien puisqu’elle a participé à la création de ce musée. Evelyne Bloch-Dano est également spécialiste de Proust avec son livre Madame Proust autour de la mère de Marcel Proust. 

Excellentes références! Je suis d’autant plus motivée que j’ai visité cette Villa du Temps Retrouvé il y a moins de deux ans.

Cabourg la villa du Temps Retrouvé

A la lecture du Parfum des Années, je me rends compte du contresens de ma visite d’alors. Je venais de terminer La Recherche , encore toute imbibée de Proust, j’ai surtout cherché  à le retrouver. Si bien que j’ai négligé la belle exposition dédiée à Jules Verne.  Je n’ai pas prêté une attention assez soutenue à la projection dans la première salle illustrant la Belle Epoque Evelyne Bloch-Dano passe un bon moment. j’étais trop pressée de découvrir les autographes, les dessins de Marcel et les « placards » de Céleste Albaret et les paperolles. Pourtant on m’avait prévenue, Marcel n’a jamais habité dans ce bâtiment, même au Grand Hôtel de Cabourg, il ne reconnaîtrait pas sa chambre (visitée actuellement par des pélerinages touristiques). Les peintures, les portraits je les ai examiné avec les souvenirs de mes lectures : qui était Elstir, Helleu peut être? Whistler? peut être Vuillard? J’ai cherché parmi les belles dames laquelle serait Madame Verdurin…

Suzette Lemaire une inspiratrice de Madame Verdurin

Si, comme l’explique Evelyne Bloch-Dano, la villa est une évocation de la Belle Epoque la visite est très différente. Chercher à définir cette « Belle Epoque » et se rendre compte que ce concept de « Belle Epoque » est beaucoup plus récent que je ne l’imaginais

l’expression « Belle Époque » – un chrononyme – est bien postérieure à la période où elle se déroula. Un
premier signe en est donné en 1940 par une émission sur la vichyste Radio-Paris consacrée à la musique des
années 1900 et intitulée : Ah ! la Belle Époque ! Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’expression
fait vraiment son apparition, produit d’un imaginaire historique qui s’enracine autour du Paris et de l’« esprit
français » de 1900.

Et c’est dans  cette optique que la salle d’introduction avec ses projections panoramiques prend tout son sens : costumes, visages, trains, quais….A la Belle Epoque la photographie existait et le cinéma naissait. On dispose donc d’images d’époque.

Et à propos de cinéma, Evelyne Bloch-Dano nous parle d’Alice Guy, la première réalisatrice de fictions, trop méconnue, quoique aujourd’hui on la reconnait. 

L’ambivalence d’Alice Guy par rapport au féminisme est typique de certaines femmes exceptionnelles, hors du commun : ni George Sand ni Colette par exemple ne se sont jamais réclamées du féminisme même si elles ont lutté, chacune à sa façon, pour leur propre indépendance.

L’autrice interroge les portraits, souvent autoportraits de toutes les femmes qui l’entourent dans cette galerie : femmes qui ont eu leur place dans les salons et les soirées de Madame de Guermantes ou chez Madame Verdurin. (et me revoilà avec Proust, je suis incorrigible). Célébrités ou militantes féministes? Elle dresse une liste de militantes féministes  : Hubertine Auclert qui réclama la parité dans les assemblées dès la fin du XIXèe siècle, Marguerite Durand, Madeleine Pelletier, première médecin aliéniste, Séverine, la journaliste, Louise Breslau, peintre 

Il me semble que Louise Breslau incarne à la perfection la femme artiste de la Belle Époque. Une femme qui
choisit de venir à Paris pour peindre et vivre indépendante

 

Femmes artistes ou Femmes de salons peuplent la villa et le livre :

Winnaretta Singer aurait peut-être été cette artiste. Faut-il classer cette extravagante dans la catégorie du «gratin révolté », expression désignant la volonté émancipatrice de certaines des grandes dames

Le Parfum des années s’avère beaucoup moins proustien que je ne croyais, beaucoup plus féministe, l’autrice n’oublie pas les limites de ce féministes. Des personnalités fortes, reconnues dans leur domaine, mais une époque « corsetée«  où les droits des femmes étaient loin d’être reconnus et où les maris, même titrés et aristocrates battaient leurs femmes au point de leur casser la jambe ou de les faire avorter. Meetoo, ce sera dans un siècle!

Sarah Bernhardt et Louise Abema tableau vu à l’exposition Sarah Bernhart au Petit Palais

« en tant qu’artistes à part entière, qu’elles soient peintres comme Rosa Bonheur, Louise Abbéma, Madeleine Lemaire et Louise Breslau, actrice comme Sarah Bernhardt ou écrivaines comme Anna de Noailles, Natalie Barney, Renée Vivien ou, bien sûr, Colette. Mais ne nous leurrons pas, la société de leur temps est loin d’ accepter leur mode de vie et leurs préférences sexuelles. L’époque est encore corsetée, au sens propre et figuré. »

Et comme c’est l’usage dans cette collection Une nuit au musée, Evelyne Bloch-Dano  nous parle d’elle, du making-of du livre, et j’ai plaisir à la connaître mieux. Je lirai d’autres ouvrages, surtout Madame Proust que je n’ai pas encore lu et d’autres

Merci à Matatoune de m’avoir indiqué ce livre!

George Sand à Nohant – une maison d’artiste – Michelle Perrot – Ed du Seuil

CHALLENGE LES DEUX GEORGE

« Nohant est une thébaïde, qui autorise une existence égalitaire, entre les membres de la famille élargie qui l’
habite, y compris avec les domestiques et les paysans voisins qui « entrent dans la maison comme chez eux ».

Michelle Perrot est une universitaire, historienne spécialisée dans l’histoire des femmes. Elle fut la directrice de thèse de Marie-Jo Bonnet et j’ai eu le plaisir de la rencontrer lors de la soutenance de thèse de Marie-Jo. George Sand à Nogent est donc un ouvrage très sérieux, bourré de petites notes. Toute affirmation est donc justifiée. On n’est pas forcé d’interrompre la lecture, pour les consulter. Sérieux mais point ennuyeux. C’est une lecture très riche. 

Au lieu d’écrire la biographie classique, de la naissance d’Aurore à son décès, suivant l’écrivaine dans ses périgrinations et ses amours, Michelle Perrot a choisi de se concentrer sur Nohant,. Elle  décrit par des cercles concentriques la maison, ses habitants , les visiteurs, mais aussi le cadre de vie, maison et jardin et les environs immédiats.

« Nohant vécu par Sand : tel est notre propos. Dans ses dimensons matérielles et symboliques, affectives et politiques, réelles et idéales, côté chambres et côté jardin. Dans sa folle ambition de projet communautaire, d’atelier d’artiste, de lieu de création, de modèle égalitaire. »

George Sand à Nohant comporte trois parties : Les gens, les lieux et les temps. 

Parmi « les gens » nous ferons connaissance avec la famille de l’écrivaine, lignée de femmes de Marie-Aurore de Saxe sa grand-mère à Aurore lauth-Sand, sa petite fille que j’ai eu le privilège de voir à Mezières-en-Brenne. J’avais tout juste 8 ans mais je me souviens de la très vieille dame. Nombreux hommes, de Casimir, le mari butor,Maurice, à Chopin , Manceau l’amant, Clesinger le mari de Solange…nous croiserons les pas des invités illustres ou pas, Litz et Marie d’Agoult, Delacroix, Flaubert, Dumas fils, Eugène Lambert, Théodore Rousseau, Pauline Viardot … artistes célèbres simples invités, ou inspirés par les lieux. (j’en ai oubliés).

Moins connus, les fidèles berrichons, les politiques, journalistes, avocats.

N’oublions pas les nombreux domestiques qui faisaient (ou non) presque partie de la famille. Avec une certains ambiguité comme Marie des Poules dont 

« L’histoire de Marie Caillaud, dite des Poules montre les limites de la transgression sociale, la persistance des assignations « 

responsable de la basse-cour, elle participe aux soirées lectures, se baigne dans la rivière avec George, fait l’actrice au théâtre de Maurice puis se trouve congédiée « à la Saint Jean » quand elle est enceinte.

Avec les lieux la lectrice découvre les changements, les aménagements que George Sand fait à sa vaste maison, inventant de nouvelles pièces, des ateliers pour les artistes. Si le menuisier confectionne les meubles, c’est George, elle-même qui coud et brode, elle a un goût des travaux d’aiguille que je n’imaginais pas. Amusantes aventures de l’installation du calorifère. Elargissant le champ des lieux, le chapitre du jardin m’a enchantée. Attention particulière portée aux arbres que George Sand interdit d’élaguer. Puis, pour créer des vues,  elle élague elle-même, malgré tout. 

Elargissant encore le regard, nous découvrons le domaine : George Sand est une propriétaire terrienne d’une envergure non négligeable dans le Berry de petites exploitations. Efforts d’agronomie moderne, déboires, essais d’introduction de l’élevage bovin….Michelle Perrot ne néglige rien. Souvent je pense à la Cerisaie de Tchekov.

l’éventail des caricatures

Attention prêtée au temps  : emploi du temps de l’écrivaine qui écrit la nuit pour consacrer la journée aux enfants et aux invités. Mais aussi temps qui passe, de l’enfance de la petite Aurore avec sa grand-mère à son décès.

D’autres sujets m’ont passionnée : le théâtre et le Théâtre de marionnettes. Et bien sûr les idées politiques de George Sand au cours des périodes révolutionnaires et son rôle de journaliste. Le retranchement dans son domaine pendant le Second Empire, qui lui a été parfois reproché. Ses idées féministes et leurs limites. Il me faudrait sans doute une deuxième lecture plus attentive pour développer ces idées. 

Et finalement l’attention à la nature, la défense des arbres :

« Laisser verdure » seront ses derniers mots. Et la défense de la forêt de Fontainebeau, une de ses dernièes actions »

A mesure que j’écris, je me rends compte qu’il faudrait que je relise cet ouvrage bien trop riche pour une seule lecture.

Gabriel – George Sand

CHALLENGE LES 2 GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

Encore une fois, je suis surprise par George Sand qui a trouvé un style original dans ce « roman dialogué », pièce de théâtre à représenter? pas forcément. A lire silencieusement, c’est une lecture très agréable. Bien que Sand ait beaucoup écrit pour le théâtre, possédait deux théâtres à Nohant, Gabriel est cité « roman » dans la liste de ses oeuvres par Wikipédia.

Gabriel (Hetzel) ici mentionné « théâtre »

L’intrigue se déroule à la Renaissance en ItalieEn 1839, parution de Gabriel,  le voyage en Italie avec Musset (1833) est encore récent. 

Dans le Prologue, le Prince de Bramante échange avec l’abbé qui est le précepteur de Gabriel. Un lourd secret de famille doit lui être révélé. Secret rapidement éventé (j’avais deviné dès le début) Gabriel est né fille mais élevé garçon dans le plus grand mépris des femmes

« Dès sa plus tendre enfance (votre altesse avait donné elle-même à son imagination cette première impulsion), il a été pénétré de la grandeur du rôle masculin, et de l’abjection du rôle féminin dans la nature et dans la société. Les premiers tableaux qui ont frappé ses regards, les premiers traits de l’histoire qui ont éveillé ses idées, lui ont montré la faiblesse et l’asservissement d’un sexe, la liberté et la puissance de l’autre. Vous pouvez voir sur ces panneaux les fresques que j’ai fait exécuter par vos ordres: ici l’enlèvement des Sabines, sur cet autre la trahison de Tarpéia; puis le crime et le châtiment des filles de Danaüs; là une vente de femmes esclaves en Orient; ailleurs, ce sont des reines répudiées, des amantes méprisées ou trahies, des veuves indoues immolées sur les bûchers de leurs époux; partout la femme esclave, propriété, conquête, »

A part moi, je me demande comment Gabriel n’a rien soupçonné, il/elle n’a donc pas ses règles?

Le Prince de Bramante a un héritier mâle qui pourrait lui succéder, Astolphe. Mais ce dernier est le fils d’un fils honni. De plus, Astolphe mène une vie dépravée, a dilapidé son héritage, boit, se bat…Gabriel se rapproche de son cousin, le tire d’un mauvais pas. Une amitié nait. Jusqu’au moment où Astolphe demande à Gabriel de se travestir en femme. Et tombe amoureux de Gabrielle.

« toi qui n’es pas à moitié homme et à moitié femme comme tu le crois, mais un ange sous la forme
humaine. »

Il est donc question de la condition des femmes, question de travestissement. Gabrielle est elle George ou son miroir? Quel choix Gabriel/Gabrielle fera-t-elle/il? Il est aussi question d’amour. Par amour pour Astolphe, Gabrielle renonce a nombreux privilèges masculins, mais cela ne suffit pas…(je ne vais pas spoiler plus loin). Le roman dont la trame paraissait simple est plus complexe que je ne l’imaginais au début.

Eh bien, qu’avez-vous découvert? Qu’une femme pouvait acquérir par l’éducation autant de logique, de
science et de courage qu’un homme. Mais vous n’avez pas réussi à empêcher qu’elle eût un coeur plus tendre,
et que l’amour ne l’emportât chez elle sur les chimères de l’ambition. Le coeur vous a échappé, monsieur
l’abbé, vous n’avez façonné que la tête.