Promenades dans le Massif de l’Estérel

CÔTE D’AZUR

les roches rouges de l’Estérel

Nous avions pourtant bien préparé la randonnée du Pic de l’Ours avec la belle brochure de l’Office de Tourisme et notre carte. Le départ en voiture semble bien expliqué:

D100 au Rond-point d’Agay, puis après une zone artisanale,  la petite route notée « Massif de l’Estérel » entre dans le Parc Naturel. la signalisation « Pic de l’Ours » sur les flèches en bois semble opérante. Nous passons à côté de la retenue d’eau de Grenouillet.

le petit lac de Grenouillet

Il fait un temps splendide, les sommets rouges se reflètent à la surface de l’eau.  La petite route est un peu crevée-rapiécée mais bien carrossable et bien agréable puisque nous ne rencontrons personne. En revanche, notre carte routière ne nous sert à rien. Nous passons un premier parking (noté nulle part) puis arrivons à un second où il y a une très belle vue et plusieurs départs de sentiers mais aucune indication. Est-ce le Col Notre-Dame d’où part notre circuit du Pic de l’Ours? Rien ne correspond et surtout pas la localisation GPS. une voiture s’arrête, à son bord quatre randonneurs bien équipés qui ont téléchargé l’itinéraire d’une belle randonnée  qui comporte la Dent de l’Ours et le Pic de l’Ours mais 18 km (pas du tout ce que je m’apprête à faire, 2h d’après la Brochure de l’Office de Tourisme). Confirmation : ce n’est pas le Col Notre Dame mais le parking que nous avons passé est le Parking de la Sainte Baume d’où part (toujours selon la documentation de l’Office de Tourisme) une autre promenade de 2 heures.

promenade du Pic du Cap Roux

Sentier du Roc roux

Au parking de la Sainte-Baume : une belle carte montrant le circuit balisé en bleu vers le Pic du Cap Roux 2 heures 360 m de dénivelé, chaussures de marche recommandées car le sentier traverse des pierriers. Après quelques marches, je découvre la grotte avec un croix : c’est une chapelle. . j’ai pris mon bâton télescopique et grimpe allègrement le sentier bien tracé, bien balisé et facile (malgré les cailloux ). de pittoresques rochers rouges se détachent. Je rejoins un couple sympathique. A l’arrêt-photo suivant un petit groupe nous rattrape. Cela me rassure de ne pas être seule. on se dépasse, on se retrouve chaque fois que le paysage change. Avant d’arriver au sommet, halte devant le panorama sur la Baie de Cannes, je reconnais les Iles de Leyrins, le monastère, la mer bleue, les calanques, le train qui passe à nos pieds. Encore un raidillon et nous arrivons au sommet à la table d’orientation.

Panorama sur la Baie de Canne et les îles de Leyrins

Pour le retour, on redescend le raidillon, puis on emprunte un sentier en balcon au-dessus de la mer puis on fait une boucle qui s’enfonce dans la forêt. le balisage bleu a disparu, remplacé par du jaune; heureusement je croise un groupe qui a fait le circuit à l’envers et qui me rassure.

Arrivée 2h15 après le départ, dans les temps.

mimosas

Pause-apéro sous un très haut mimosa très fourni. Mimosas, pins et chênes lièges, arbousiers et lentisques.

Pique-nique sur  le Plateau d’Anthéor et botanique sur le sentier des senteurs. 

Un parking, c’est le départ d’une route bien cimentée mais interdite aux voitures, empruntées par des cyclistes et des piétons. Un « sentier des senteurs » est organisé avec de nombreuses bornes explicatives détaillant la flore. il fait trop frais pour que les fleurs du maquis n’exhalent leurs parfums. Le printemps est presque arrivé : les bruyères arborescentes sont déjà couvertes d’inflorescences blanches en forme de pyramides. Les lavandes sont spéciales Lavandes des Maures Lavendula stoechas, également appelées lavande papillon ou lavande toupet à cause des pétales étalés au sommet. Je m’amuse avec Pl@ntnet sur mon smartphone, qui détermine le Genêt très ras en fleur très jaune comme Genêt épineux  Genista scorpius ou genêt scorpion. Il y a aussi de petites euphorbes jaunes : Euphorbia spinosa.

je descends tranquillement jusqu’à la route côtière  après être passée sous les sommets du Rocher Saint Barthélémy et du Pic Roux, j’arrive à l’arrêt d’autobus « Le Cap Roux » . Dominique a garé la voiture sous els arcades du Viaduc d’Anthéor mais je ne me situe pas par rapport au viaduc. Est-ce à droite ou à gauche? Je fais le mauvais choix et marche sur le bord de la route passant La Pointe de l’Observatoire, puis au dessus des calanques presque jusqu’à Théoule. Magnifique promenade sur la Corniche d’Or s’il y avait moins de circulation voiture et motos. 

Sur la Pointe de l’Observatoire il reste de nombreux vestiges de la Seconde Guerre mondiale, des casemates de la DCA allemande protégeant le Viaduc d’Anthéor et la ligne de chemin de fer, sites stratégiques non loin des plages du Débarquement allié du 15 Aout 1944.

Rosa Bonheur au château de By

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Rosa bonheur dans son atelier

Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822, aurait eu 200 ans! A l’occasion du bicentenaire, une exposition lui est consacrée à Bordeaux (lieu de sa naissance), puis en septembre au Musée d’Orsay à Paris. Oubliée, inconnue du grand public, elle fut une peintre célèbre en son temps, la première à recevoir des mains de l’Impératrice Eugénie la Légion d’Honneur . Connue dans le monde entier,  des petites filles américaines ou allemandes jouaient avec  des poupées à son effigie.

Le monumental tableau du Marché aux chevaux  (exposé au Metropolitan NY) fut acheté 40.000 Francs-or par le marchand de tableaux Gambart qui lui organisa une tournée en Grande Bretagne et en Amérique et lui procura cette notoriété internationale. Le produit de la vente de cette seule toile lui permit d’acheter et rénover le Château de By à Thomery (77) avec l’aide de l’architecte de la chocolaterie Menier de Noisiel, Jules Saulnier qui lui adjoint un atelier. Je reconnais le style de briques décorative de Noisiel. 

Château de By côté cour et atelier

J’avais visité le château de By en 2013. Entretemps, le château a été acquis par une nouvelle propriétaire et la Mission de Stephane Bern contribue à l’entretien de cette Maison d’Artiste. La propriétaire a laissé tel quel le matériel de Rosa Bonheur dans son atelier où tout est d’origine. Une salle a été aménagée avec des vitrines contenant des documents (lettres, compte-rendu de la vente aux enchères qu’ont organisé les membres de sa famille, dessins d’anatomie, souvenir de sa rencontre avec Buffalo Bill…) .

Rosa Bonheur étude moutons

La Salle des Etudes est tapissée d’études préliminaires au crayon ou à l’encre.  Anna Klumpke, l’amie peintre américaine qui a partagé les dernières années de la vie de Rosa Bonheur qui en fit son unique héritière, a photographié toutes les œuvres qui se trouvaient à By. On a retrouvé les plaques photographiques qui font l’objet d’une étude récente.

Rosa Bonheur bergers sur des échasses

Les tirages sont exposés dans la salle des études ainsi que dans l‘Orangerie. On découvre que Rosa Bonheur, peintre animalière s’est aussi intéressée à d’autres sujets, elle s’est inspirée de Walter Scott et surtout a fait des études de paysages très détaillées. Elle n’aurait pas placé les animaux dans un simple décor ébauché. Au contraire, elle a tenu à faire une reconstitution fouillée du milieu de vie, forêt de Fontainebleau, mais aussi Côte Provençale, et même elle a tenu à étudier l' »herbe à bisons » après avoir vu les bisons de Buffalo Bill.  le conférencier a raconté une anecdote savoureuse de Anna Klumpke arrêtant le train américain pour herboriser! 

Rosa Bonheur arbre

La visite guidée (1h30) est passionnante (il faut réserver).

Alors que j’avais été rebutée à ma  première visite  par toutes les têtes d’animaux, chevaux, moutons, sangliers naturalisés comme des trophées de chasse au murs de l’Atelier, j’ai eu le plaisir d’apprendre que tous ces animaux étaient les amis de la peintre et non pas des trophées de chasse. Rosa Bonheur vivait entourée d’animaux. Certains avaient leur enclos dans le terrain, d’autres étaient en liberté, apprivoisés comme la lionne Fatma ou les marcassins qui ont été élevés comme des animaux domestiques. Notre guide a su faire revivre tout ce monde et montrer que Rosa Bonheur accordait aux animaux une âme et des émotions qu’elle voulait faire ressortir dans ses tableaux.

Châtreau de By côté jardin

Une visite passionnante et une promenade agréable dans le parc fleuri en ce moment.

 

 

Saint Raphaël, Fréjus et le Cap Dramont

CÔTE D’AZUR

porty de Poussai : barques

Pluie au réveil et prévisions météo médiocres. 

9h15, le dimanche matin, la route d’Agay à Saint Raphaël est déserte. Nous avions prévu de longer le bord de mer, laisser la voiture au « vieux port » et de se retrouver un peu plus loin au port de Plaisance, Dominique en voiture et moi à pieds. D’après notre documentation, un marché des pêcheurs se tiendrait au vieux port. Poisson pour déjeuner?

Passé le grand et moderne Palais des Congrès, la circulation est déviée: le Carnaval se tiendra cet après-midi. La déviation nous conduit à l’intérieur de la ville et à la sortie à Fréjus. Fréjus et Saint Raphaël se touchent : un pont les sépare.

A Fréjus, c’est jour de marché qui se tient sur la corniche en bord de mer. Les marchands forains ont déballé leurs étals : fringues « pas du tout Côte d’Azur », bas de gamme. Sur une place, un peu en retrait se tient le marché alimentaire.

Sur le front de mer de Fréjus, des immeubles de ciment, constructions un peu vieillottes. Au rez de chaussée des cafés et des restaurants populaires et bien sympathiques. Nous retournerons à Fréjus, la ville historique est intéressante avec des antiquités romaines.

Saint Raphaël : vieux port

Encore une déviation et nous revoilà au Palais des Congrès de Saint Raphaël et nous trouvons une place de parking au port Santa Lucia où je peux retrouver l’itinéraire prévu sur la corniche et observer les préparatifs du Carnaval. Un vigile me chasse alors que je m’approchais pour photographier un éléphant. Plus loin on gonfle des animaux colorés : éléphant bleu, zèbre, panda qui s’envoleront comme des cerfs volants. 

Saint Raphpaël : Carnaval

Stèles et statues, et nom des rues commémorent le Débarquement de 20.000 GI le 15 Aout 1944. 

Un autre débarquement s’est déroulé à Saint Raphaël  : le 9 octobre 1799, Bonaparte, de retour d’Egypte, célébré par un obélisque et rappelé par le jardin Bonaparte qui surmonte un parking, jardin contemporain très réussi. En 1814, Napoléon s’embarque de Saint Raphaël pour l’Ile d’Elbe. 

le Marché des pêcheurs, poissonnerie moderne ne correspond pas à ce que j’imaginais.

Déjeuner à La Canne à Sucre

Pendant que j’arpentais la Croisette, Dominique a exploré la série de restaurants qui bordent le port Santa Lucia et a retenu une table à La Canne à Sucre joli petit restaurant avec une terrasse derrière des rideaux de plastique transparent : jolie salle blanche et bleue bien décorée au thème marin. L’accueil est très chaleureux : le patron se tient à la porte, invite les passants, il passe entre les tables, présente els plats, les desserts et revient bavarder avec les clients. Au menu, plats de poissons et salades exotique, y compris arménienne. La marmite du pêcheur luxueuse avec homard, gambas, poisson, moules et crevettes est à 44€. Nous nous contentons plus modestement de moules et Frites pour Dominique et sardines grillées. Mention spéciale pour les frites-maison délicieuses. le serveur commente « je les ai épluchées, coupées.. » Un café gourmand pour terminer. Nous recommandons!

Randonnée au Cap Dramont

la plage du Camp Long vue de la Batterie d’Agay

la  promenade commence à La Plage du Camp Long qu’on trouve sur la route principale en direction d’Agay. La quitter au  panneau « Tikki plage ». Le sentier part du parking (balisage jaune).

Première étape : La Batterie d’Agay (installations militaires qui ont servi aux Allemands) . Elle est située sur un piton, le panorama à 360°. la mer est merveilleuse, verte, transparente dans la crique du Camp Long, bleue brillante vers Agay avec des roches rouges très découpées et le vert des pins et des buissons. les asphodèles sont prêtes à fleurir.  La lavande déjà fleurie ne sent rien, trop frais. Les chêne-liège ont des troncs tortueux, les pins sont fournis. 

Cap Dramont

Pour grimper au Sémaphore (terrain militaire grillagé) une route cimentée très raide est en construction. Arrivée en haut, il n’y a rien à voir et il faut redescendre par le même chemin.

Le sentier littoral est très bien entretenu et très fréquenté en corniche sur un versant très escarpé. les roches rouges sont spectaculaires.

Cap Dramont Île d’Or

Le Port de Poussaï est très mignon avec ses petites barques colorées et de vrais bateaux de pêches. En face, sur l’Île d’Or, se dresse une haute tour.

Agay, résidence Agathos notre bastidon

De retour à la Résidence Agathos, à notre bastidon, sous une belle lumière nous traversons notre pelouse pour profiter de « notre » plage, la Plage des Beaumettes , je découvre les très belles maisons du voisinage. Dommage il fait trop frais pour se tremper les pieds!

la Stupeur – Aharon Appelfeld –

LITTERATURE ISRAELIENNE

Encore dans cet ouvrage publié en français récemment, (avril 2022) en hébreu (2017) Aharon Appelfeld nous entraîne en Bucovine, sur les bords du Pruth  pendant l’occupation allemande et évoque le massacre des Juifs dans les petits villages. Alors que Mon père et ma mère, Tsili, Les Partisans  avaient pour narrateur un enfant-juif, le personnage principal, Iréna est une paysanne orthodoxe. 

Elle alla machinalement vers la fenêtre. Une scène sidérante s’offrit à ses yeux : le père, la mère et les deux filles étaient alignés devant l’entrée de leur magasin. le corps ceint d’un tablier bleu, la mère avait le buste penché en avant comme arrêtée en plein mouvement<; 

Le mari se tenait près d’elle dans ses vêtements gris habituels, un sourire flottant sur ses lèvres tremblantes, comme s’il était accusé d’une faute qu’il n’avait pas commise.

 » Qu’est-ce que c’est ça? » murmura Iréna en ouvrant sa fenêtre.

Elle les distingua mieux. leur position alignée lui rappela les enfants à l’école. C’était bien entendu une mauvaise comparaison. Ils se tenaient comme des adultes, sans piétiner et bousculer……

La stupeur : c’est celle d’Iréna, sidérée par le sort de ses voisins, les Katz que  le gendarme Illitch, sur ordre des Allemands fait d’abord aligner, puis agenouiller, creuser une fosse avant de les fusiller. L’épicier du village, sa femme et ses deux filles vont être assassinés devant tous les villageois qui déménagent leurs meubles, creusent la cour pour trouver des trésors enfouis. Seule, Iréna, les prend en pitié mais n’a pas le courage de s’interposer.

Iréna, simple paysanne ukrainienne, est  victime d’un mari violent, elle souffre de maux de tête. Adéla Katz, étudiante-infirmière était son amie d’enfance comme Branka, la simplette. Les parents ont toujours entretenu des relations de bon voisinage malgré l’antisémitisme virulent des paysans.

« les Juifs se sont infiltrés dans mon âme et ne me laissent pas en paix. »

A la suite du massacre, Iréna  décide d’aller dans la montagne visiter sa tante qui vit comme une ermite. Le remords de n’avoir pu aider ses voisins la tenaille, elle sent la présence des Juifs morts l’obséder. Elle trouve un peu de paix auprès de sa tante très pieuse puis d’un ermite, un sage. Elle entreprend une sorte de vie errante et interpelle les paysans dans les auberges où elle s’arrête :

« Jésus était juif. Il faut être clément envers ses descendants qui sont morts, et ne pas se comporter avec eux en usant de la force. Il faut les laisser s’installer aux fenêtres, marcher dans leurs cours et leurs maisons
abandonnées. Il est interdit de lever sur eux un bâton ou de leur jeter des pierres. »

Les hommes réagissent très violemment à ces paroles tandis que les femmes l’accueillent avec bienveillance, les prostituées, les femmes battues, les simples fermières la protègent.  Elle rencontre d’autres femmes sensibles au sort des juifs assassiné dans la région, l’une d’elle cache un enfant. Certaines la prennent comme une sainte, pensent qu’elle peut accomplir des miracles.

J’ai été étonnée de cette figure chrétienne mystique, parfois j’ai eu du mal à la suivre. Heureusement j’ai écouté Valérie Zenatti – la traductrice d’Appelfeld  par les temps qui courent et j’ai eu l’occasion d’écouter le poème de Celan : Todesfuge très impressionnant que Celan lit dans la vidéo ci-dessous : Celan est né comme Appelfeld à Czernovitz mais a continué à utiliser l’Allemand alors qu‘Appelfeld a choisi l’hébreu. 

Anselm Kiefer

 

Lac de Créteil : inventaire de la biodiversité avec i-Naturalist

TOURISTE DANS MA VILLE

Lac de Créteil, au fond l’Hôtel de Ville, premier plan iris des marais

Le Collectif du « Lac de Créteil » a donné un Rendez-Vous iNaturalist  le samedi 9 avril  pour participer au dénombrement des espèces animales et végétales autour de nous. 

INaturalist est un application sur smartphone qui se présente comme

« un projet de science citoyenne et un réseau social en ligne de citoyens scientifiques et de biologistes construit sur le concept de cartographie et de partage de la biodiversité à travers le monde »

Après avoir téléchargé sur nos smartphones l’application, une douzaine de volontaires se sont rencontrés au Novotel pour photographier les bestioles et les fleurettes que nous allons rencontrer. 

La héron derrière les roseaux

Avantage ornithologistes et photographes (ce sont les mêmes) équipés d’appareils photos et téléobjectifs pour des photos professionnelles des hérons, grèbes, mésanges et autres oiseaux du lac. Avec mon petit android, je ne joue pas dans la même cour! Je me suis donc spécialisée dans la détermination des fleurettes avec l’aide de PlantNet que je maîtrise mieux.

Cette année, les jardiniers ont retardé les tontes de printemps ce qui nous vaut une belle floraison de pâquerettes (ils ont quand même ratiboisé les orchidées). Ras du sol, il suffit de se baisser pour herboriser des petites fleurs que personne ne remarque

Bleues les Véroniques et les Lierres terrestres (Glechoma hederacea), roses le petit Erodium musqué  plantes modestes qu’on piétine sans même les remarquer. Ne pas confondre l’Erodium musqué avec le Géranium mou (en haut à droite

rose!

 

Des fleurs décoratives (et horticoles ont été semées par le vent ou les oiseaux) :Monnaie du Pape (à gauche) et ancolies (à droite).Dans la série des fleurs jaunes, nous avons négligé les Boutons d’Or (Renoncule) si commune que personne ne s’est donné la peine d’identifier, en revanche tout ce qui ressemble n’est pas Pissenlit ! 

fleurs jaunes

Il faut plutôt regarder les feuilles pour déterminer la Crépide dorée (Crépis aurea) haute sur sa tige glabre – (en haut à gauche)

Le Laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus) (en haut à droite)

Celui qui est en bas est aussi un Laiteron maraîcher ou rude? Et bien sûr vous avez reconnu l‘Iris des marais . 

Une fois ces végétaux déterminés avec l’aide du téléphone, géolocalisés, ils vont se retrouver dans la base de donnée d’iNaturalist qui va peut être confirmer, ou infirmer les déterminations. Je peux continuer tout le week en ce petit jeu puisque d’autres volontaires le feront jusqu’à lundi!

Je suis très fière de ma tipule sorte de cousin

Tipule

Les oiseaux nous ont procuré bien des joies : les Hérons sont les stars des photographes. les Grèbes sont très photogéniques mais plus difficile à photographier : un couvait mais au beau milieu des roseaux, un autre avait pêché une écrevisse et a mis un temps fou à le manger, l’écrevisse a des pinces et une carapace dure.

l’éducation collective des Bernaches est un spectacle plaisant

Un drame a failli se dérouler sous nos yeux, tandis qu’on visualisait les photos sur les ordinateurs près de la piscine du Novotel, un petit lapin a déboulé et s’est caché sous les jardinières en bois, poursuivi par deux corneilles menaçantes. Les corneilles se sont perchées pour surveiller leur proie. Elle auront attendu que nous quittions les lieux et que le lapineau se lasse sous son bac à fleurs…..

Piquenique à Cannes – arrivée dans l’Estérel – installation à Agay

CÔTE D’AZUR

Esterel : Calanques

Sous une pluie battante, nous avons du mal à sortir de Vallauris. Les voitures parechoc contre parechoc. le GPS  s’entête à nous faire monter sur l’A8. Seule ruse, le programmer pour une destination précise : Cannes, la Croisette pour être sûres de voir la mer et de longer le littoral.

Nous déjeunons de pizzas du boulanger à la mer à l’entrée de Cannes face à l’île Marguerite et son fort.

Nous suivons la Croisette. Je guette le Carlton, le Martinez, le Palais des Congrès toutes les images mythiques du Festival de Cannes.

Esterel entre la Napoule et Théoule

La route est coincée entre la voie ferrée et la mer. Le trajet est très agréable jusqu’à la Napoule. Après Théoule elle grimpe sur l‘Estérel entre les mimosas en fleur. je n’en ai jamais vus de si hauts ni de si fournis. les roches rouges, la montagne escarpée hérissée de pitons. Grand spectacle même sans le soleil. Dans les calanques, les vagues battent les rochers. J’attends qu’une grosse se brise en un paquet d’écume . Il faut de la patience pour appuyer sur le déclencheur au bon moment.

Esterel au dessus d’Agay

Un peu avant 16 heures nous sommes aux portes d’Agay sur le Chemin des Beaumettes nous découvrons la Résidence Agathos et notre nouveau gîte : un « bastidon » (une maisonnette) qui donne sur une pelouse verte puis la plage. Il suffit de pousser le portillon pour aller se baigner à la belle saison.

Le bastidon est minuscule. Dans la chambre, on ne peut pas tourner autour du lit. Les placards sont pleins avec la literie. Je fais un tri entre ce qui est indispensable et ce qui restera dans la voiture, entre les provisions périssables et celles qui retourneront dans le coffre. Il faudra apprivoiser cet espace exigu. On apporte toujours des affaires inutiles.

Un tour dans Agay pour les courses. Beaucoup de boutiques sont en « fermeture annuelle ».  Les horaires d’hiver sont étonnants : entre 10h et 13h,  ce qui ne nous convient pas du tout; si on compte randonner.

Agay : la plage

Je termine la journée par une promenade sur la longue plage de sable rouge-brun arrondie et dominée par la verdure, le mimosa et les rochers rouges.

Les Nuits de la Peste (2022) Orhan Pamuk – Gallimard

LIRE POUR LA TURQUIE 

Lecture au long cours : pavé de 683 pages !

« ce 22 avril 1901 où commence notre histoire, l’arrivée au large de l’île d’un vapeur non programmé, deux heures avant minuit, annonçait quelque chose d’extraordinaire. »

Ce roman-fleuve commence comme un roman policier :le pharmacien-chimiste Bonkovski Pacha, envoyé par le Sultan pour endiguer l’épidémie de peste sur l’île de Mingher, est assassiné. Le Docteur Nuri et son épouse Pakizê , en route vers la Chine pour un congrès sanitaire international, est rappelé en secret pour élucider ce meurtre.  Abdülhamid, le Sultan, grand lecteur de Sherlock Holmes a missionné ce dernier pour résoudre cette énigme en utilisant les méthodes du célèbre détective tandis que Sami Pacha, le gouverneur a plutôt tendance à obtenir des aveux par la torture.

« Au fond, peut-être que mon oncle Abdülhamid ne prenait pas cette histoire de Sherlock Holmes au sérieux, pas davantage que toutes les réformes qu’il a menées sous la contrainte des Européens. Le problème n’est pas tant que le sultan apprécie et parodie les mœurs européennes, mais que le peuple apprécie de bon cœur cette parodie. En conséquence, ne vous chagrinez pas trop. »

La narratrice, une historienne, plus d’un siècle après les faits  reconstitue l’histoire de la peste de Mingher  qui a proclamé son indépendance. Elle utilise les lettres de la Princesse Pakizê, présente sur l’île et témoin de l’histoire. La princesse, fille du Sultan Mourad V, déposé par Abdülhamid, a vécu recluse avec les pachas et sultans dans le sérail d’Istanbul. Orhan Pamuk nous raconte aussi la vie à Istanbul pour la famille règnante. L’empire Ottoman, au tournant du XXème siècle est « l’homme malade« , l’Empire se délite en guerres des Balkans, et luttes des Grecs de la Mer Egée (1897 la Crète est rattachée à la Grèce), la carte de l’Empire que le Sultan fait afficher est de plus en plus périmée…Les grandes puissances sont en embuscade.

 

En même temps, sur d’autres rivages Mustapha Kemal étudie à l’école militaire de Monastir (c’est moi qui fait le parallèle, l’auteur n’y fait aucune référence). Ce gros roman peut être lu comme un roman historique, d’ailleurs la narratrice racontera l’histoire jusqu’au XXIème siècle.

« Il fit des rêves et des cauchemars étranges, il montait et descendait sur les vagues d’une mer déchaînée ! Il y
avait des lions qui volaient, des poissons qui parlaient, des armées de chiens qui couraient au milieu des
flammes ! Puis des rats se mêlaient aux flammes, des diables de feu rongeaient et dépeçaient des roses. Le treuil d’un puits, un moulin, une porte ouverte tournaient sans relâche, l’univers se rétrécissait. De la sueur semblait goutter du soleil sur son visage. Ses entrailles se nouaient, il voulait s’enfuir en courant, sa tête s’embrasait puis s’éteignait successivement. Le plus effrayant, c’était que ces rats, dont depuis deux semaines on entendait les couinements aigus résonner dans les geôles, dans la Forteresse et dans tout Mingher, et qui prenaient les cuisinesd’assaut, dévoraient les nattes, les tissus, le bois, leurs hordes maintenant le pourchassaient dans tous les couloirs de la prison. Et Bayram Efendi, parce qu’il craignait d’avoir lu les mauvaises prières, fuyait devant les rats. »

C’est aussi l’histoire d’une épidémie de peste, maladie terrifiante puisque très létale et très contagieuse. Yersin, en Chine, (1894) a déjà mis en évidence la transmission par les puces des rats. Nous allons assister à toutes les phases de l’épidémie (un peu comme la Peste de Camus, et beaucoup comme récemment avec le Covid). D’abord l’incrédulité, puis des mesures pour limiter la contagion, fumigations, désinfections pièges à rats, enfin les confinements et quarantaines, mise à l’isolement de familles entières, hôpitaux saturés, et les révoltes des religieux, le fatalisme…

C’est aussi l’essor de l’identité nationale de Mingher. Au plus fort de l’épidémie, le major proclame l’indépendance. Tout un roman va se construire autour du personnage. Renaissance d’une langue locale (originaire de la mer d’Aral???) . Hagiographie, enrôlement de la jeunesse des école dans ce roman national. En filigrane, on devine certaines analogies. Introduction de l’idée de laïcité, pour éviter les conflits confessionnels entre musulmans et orthodoxes et aussi pour promouvoir les mesures sanitaires scientifiques face aux pratiques superstitieuses.

« Les eaux de la rivière Arkaz étincelaient sous le pont comme un diamant vert du paradis, en contrebas s’étendait le Vieux Bazar, et de l’autre côté, c’était la Forteresse, et les cachots sur lesquels il avait veillé toute sa vie. Il pleura en silence un moment. Puis la fatigue l’arrêta. Sous la lueur orange du soleil, la Forteresse semblait plus rose que jamais. »

Pour construire ce roman foisonnant, Pamuk a imaginé une île, il l’a décrit avec pittoresque. L’arrivée dans le port est grandiose. Il décrit des quartiers populaires, des rues modernes avec des commerces, des agences de voyage, des bâtiments officiels. On pense à Rhodes, à toutes les îles du Dodécanèse (la 13ème?) avec ses ruines byzantines, ses fortifications vénitiennes, puis ottomanes, son phare arabe. Peuplée pour moitié de Turcs musulmans et de Grecs orthodoxes. Certaines communautés sont absentes, un seul arménien, un peintre qui ne vit pas sur l’île, pas de Juifs… Ces absents m’interrogent.

Nous nous promenons avec grand plaisir dans le landau blindé dans les criques rocheuses ou dans les vergers des belles villas bourgeoises. Cela sent le crottin, les plantes méditerranéennes, mais aussi le lysol souvent, et les cadavres parfois. Le lecteur est immergé dans cette île merveilleuse de Mingher, il aimerait qu’elle existe pour y passer des vacances.

« Aujourd’hui, à l’heure où le gouvernement de la République de Turquie, un siècle et quelques années plus tard, redécouvre Abdülhamid – sultan tyrannique, certes, mais pieux, nationaliste et aimé du peuple, toutes qualités dignes d’éloges – et donne son nom à des hôpitaux, nous savons désormais, grâce aux historiens spécialisés, à peu près tout ce qu’il faut savoir sur la passion de leur cher sultan pour les romans policiers. »

Peut-on imaginer, entre les lignes, des allusions à la Turquie contemporaine?

Vallauris : musées de la Céramique et Magnelli

CÔTE D’AZUR 

Vallauris : Picasso plat poisson

Vallauris est une ville assez laide et embouteillée au-dessus de Sophia-Antipolis. Immeubles hauts et sales, centre commerciaux. Sous la pluie, elle n’est guère séduisante. Dans le Centre Historique, le Château 16ème (ancien prieuré) a quatre tours rondes coiffées de poivrières. Il loge plusieurs musées de la ville.

La chapelle : « La Guerre et la Paix » de Picasso est fermée. C’était le site le plus réputé, dommage! 

MUSEE DE LA CERAMIQUE

Vallauris Picasso Assiette chèvre

Le rez de chaussée présenter les céramiques de Picasso . la plupart sont des assiettes colorées ou non avec des reliefs (ou non) . J’ai bien aimé la Chèvre (déjà à Antibes) et les motifs espagnols. 

Vallauris : Picasso Corrida

En 1946, Picasso rencontre S et G Ramié, fondateurs de l’atelier Madoura. Il emménage à Vallauris en 1948 et acquiert en 1949 une ancienne usine à parfum pour y travailler. Un documentaire-vidéo de 24 minutes : « Picasso-les années Vallauris » montre l’artiste en famille, qui se baigne sur la plage, réalise des plats, sculpte dans son atelier. Des photographes renommés, des cinéastes viennent le voir. Picasso est une véritable star. Chaque année Picasso organise une corrida et on le voit défiler au milieu des habitants de Vallauris. 

Vallauris : Cestino de la discorde

Au premier étage le musée des Céramique expose des céramiques contemporaines . Certaines sont très colorées, violentes, d’autres blanches avec de curieuses protubérances comme celles des Radi avec coupes et boudins, d’autres jouent avec les contrastes entre la surface vernissée et celle brute. j’ai beaucoup aimé les insectes  et les argonautes de Frédérique Bourguet. 

Vallauris argonautes

Des céramiques japonaises sont de toute beauté, sculptures abstraites loin des utilitaires?

Usuelles et traditionnelles : celles qui sont réunies dans le Potager qui n’est pas un jardin mais qui rassemble la vaisselle domestiques pour cuisiner le potage : collection de plats de toutes tailles décorés ou non. 

Clément Massier

Une découverte : Clément Massier (1844 – 1917) a réalisé des vases et objets Art Nouveau très sophistiqués aux surfaces métallisées.

Je regrette d’avoir consacré beaucoup de temps avec Picasso, la star, alors qu’il y avait tant à découvrir.

Musée Magnelli

magnelli 1910

Magnelli est un  peintre italien né à Florence en 1888. il s’est réfugié à Grasse pendant la guerre. il a fréquenté les artistes de la Côte d’Azur et fait don de sa collection à Vallauris.

magnelli 1914 Japonaise

La présentation est chronologique et un médiateur nous montre comment Magnelli part du figuratif, entour les motifs de traits et par la continuité des traits fait disparaître la forme.

magnelli 1954 fibrociment

Un très belle découverte.

 

 

 

Gaudi à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 17 juillet 2022

affiche

Gaudi m’a surprise et bluffée en Espagne. Il y a presque 50 ans à Barcelone, et je n’ai pas oublié le Park Güell ni la Sagrada Familia. Plus récemment à Comillas, Astorga, Leon, j’ai été étonnée par la variété des réalisations, aussi bien l’exubérance Art Nouveau, l’utilisation de matériaux différents, de styles variés, du gothique au mozarabe, des courbes Art nouveau des balcons comme des vagues, ou des grottes, céramiques colorées du Park  Güell à l’austère pierre d’Astorga….

Comillas  : Capricho
Astorga

je me suis donc précipitée au Musée d’Orsay et j’ai même du m’y reprendre à deux fois avant de réserver un créneau horaire (réservation obligatoire). 

« Au seuil de l’œuvre »  : en introduction nous entrons dans le vestibule de la Casa Mila de boiseries de chêne aux portes vitrées de verre cathédrale donnant de la lumière à la chapelle. J’admire la douceur des courbes du chêne poli, belle et noble matière. 

L’atelier de Gaudi (détruit en 1936), proche de la Sagrada Familia a été reconstitué avec les sculptures en plâtre et cet astucieux dispositif de miroirs permettant de réfléchir un élément sous différents angles. De très belles photographies en N&B (mais petites) montrent l’atelier quand Gaudi y travaillait.

Dans la Bibliothèque de Gaudi contient de belles « photographies de travail » ainsi que des livres qui ont inspiré Gaudi : les livres de Viollet-le-Duc : bestiaire du château d’Abadia, La Description de l’Egypte, des photographies de l’Alhambra. Ruskin et Owen Jones comptent aussi dans les sources d’inspiration : « Grammaire de l’ornementation » avec toute une déclinaison des motifs arabes. 

Gaudi à l’oeuvre montre d’abord les travaux d’études à l’Ecole Provinciale de Barcelone (1878). J’ai aimé les dessins très fins 

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ses projets pour un embarcadères ou pour un amphithéâtre universitaire sont des thèmes classiques de fin d’étude

Projet pour un embarcadère 1876

Barcelone : est une ville en pleine expansion urbaine siège de deux Expositions Universelles,  racontée avec un talent fou dans La ville des prodiges d’Eduardo Mendoza. Gaudi s’est investi dans l’Exposition de 1888 et a dessiné le Pavillon Transatlantique. A Paris, à l’Exposition de 1910 au Grand Palais,  il y eut un accrochage de photographies du Park Güell

Gaudi et Güell 

Trancadis du Park Güell

Eusebi Güell (1846-1918) industriel du textile, « dandy de la Catalogne identitaire » forma avec l’architecte un duo indéfectible, liés par la passion pour la Catalogne et la foi religieuse. Gaudi a donc dessiné pour lui le Palais Güell et le park Güell 

Fauteuils pour le Grand salon du Palais Güell

Comme souvent à cette époque, les architectes ont un souci très poussé du détail harmonisant aussi bien les éléments du décor extérieur et intérieur au mobilier assorti.

Casa Vicens

La suite de l’exposition présente les maisons conçues par Gaudi : Casa Vicens, de style mudejar, Casa Calvet et Casa Batlo qui me donnent une furieuse envie de retourner à Barcelone exprès pour les visiter.

Casa Batllo,

C’est là que l’exposition est un peu frustrante. On aimerait plus d’éléments de décor, plus de couleurs. Seule solution: le voyage réel!

Casa Vicens : grilles feuilles de palmier et jardinière

la fin de l’exposition est consacrée aux Projets religieux de Gaudi

L’abbaye Sainte Marie de Montserrate, le monumental vitrail de la Cathédrale de Majorque et bien sûr l’édification de la Sagrada Familia avec ses 18 pinacles. 

Une rétrospective comme une invitation au voyage!

En hommage à Gaudi ce curieux triptyque coloré de Tapiès.

 

Saint Paul de Vence – le village et la Fondation Maeght

CÔTE  D’AZUR

LE VILLAGE

9H, nous arrivons sur le célèbre terrain de boules où Yves Montand, Lino Ventura, Henri Salvador et d’autres célébrités de Saint Paul de Vence jouaient. Un petit marché touristique s’y est installé.

Saint paul de Vence : jeu de boules

le sentier d’interprétation des fortifications bastionnées court à la base des remparts en parfait état élevés par François 1er à la suite de sa victoire à Ceresole en 1544.Saint Paul de Vence gardait la frontière entre la Provence et le Comté de Nice. Des explications techniques sont présentées sur des panneaux notant l’évolution de l’artillerie et des fortifications 

Saint paul de Vence : Remparts

Dans ce matin ensoleillé la vue est merveilleuse sur la campagne plantée de citronniers, orangers, oliviers. Cyprès et pins se détachent; la mer brille au-delà de Cagnes. une bordure d’artichauts décore les pelouses. Cette promenade est plus longue que je ne m’y attendais. J’aboutis au cimetière où est enterré Chagall près de la Porte de Nice par laquelle j’entre dans le village.

Saint Paul de Vence : rue à arcade

La Rue Grande serpente entre les maisons de pierre. Village soigné, très soigné, peut être trop. Boutiques chics, très chics, trop chics. Pas de bazars à souvenirs pour les touristes fauchés, rien que du beau. Pareil pour les galeries d’art : en vitrine,  deux lithographies signées Chagall, excusez du peu! Très jolis objets, sculptures en marbre ou bronze. Après avoir visité tant de musées et expositions, mon ambition serait d’être capable de distinguer ce qui est beau du tout-venant. Je ne suis pas encore au point. 

Le village est désert. Deux commerçantes bavardent sur le pas de leur boutique. Un troisième arrive   : « nous avons une clientèle étrangère qui ne vient pas à cause du Covid et cette guerre en Ukraine, quelle catastrophe! »

Saint Paul de Vence : fontaine

J’arrive sur la placette de la Grande Fontaine, un raidillon à grimper et me voilà sur la place de l’église collégiale et du Donjon. Les deux tours carrées s’élèvent à peu près au même niveau. L’église est vaste avec plusieurs nefs aux arcs romans meublées de retables baroques. Tout près se trouve la Chapelle des pénitents blancs décorée par Folon, fermée, elle n’ouvrira que cet après-midi. 

J’entre dans la cour de l‘Ecole de Célestin Freinet sur un mur, des carreaux ont été décorés par des enfants pédagogie Freinet? ou souvenir du Maître? 

à l’Office de Tourisme : mauvaise nouvelle! la Fondation Maeght procède à l’accrochage d’une exposition temporaire, la plupart des salles sera fermée.

FONDATION MAEGHT

La Fondation Maeght se trouve à l’extérieur de Saint Paul de Vence sur le Chemin des Gardettes dans la pinède. 

Chagall

A la mort de leur fils, Bernard, Aimé et Marguerite Maeght, sur le conseil de Fernand Leger, partent en voyage aux Etats Unis et visitent les Fondations Barnes et  Guggenheim. A leur retour, ils décide de créer une fondation. De nombreux artistes collaborent à cette œuvre : Miro, Giacometti, Braque, Calder etc.. A la suite de la visite de l’Atelier de Miro, ils choisissent le même architecte Josep Luis Serp. Le bâtiment de la Fondation fut inauguré en 1964?

Jardin des sculptures

Chouette Miro

Nous n’avons pas de chance!  Avec l’accrochage de l’exposition plusieurs salles sont fermées et les jardiniers sont en train de labourer la pelouse sur laquelle se trouvent les statues de Calder, Miro, Arp et Zadkine qui se retrouvent au milieu d’un champ retourné ce qui ne les met pas en valeur. je n’ai même pas photographié celle de Arp qui m’a beaucoup plus. la chouette de Miro a encore un petit tapis vert.

Collections permanentes 

Miro Giacometti

 

Tout un mur est occupé par des grandes lithographies de Miro (234 cmx122 cm) La  Guerrière de cent ans, La Meneuse de lune,

La Grande Ecaillère, La Folle au piment rageur, l’Haltérophile, tandis que des Giacometti occupent l’espace ; j’ai bien aimé les Trois Hommes qui marchent.

Bonnard : l’été

Un grand Bonnard (260 cmx340  cm) L’été  (1909) est très coloré, deux femmes sur fond orange, quatre enfants bleus sur fond bleu jouent avec un petit chien. 

Immendorf

Face au Bonnard, un très grand tableau de Jörg Immendorff (288 x330) un singe- homme, silhouette très sombre fait voler une série d’images colorées vers une pyramide de singes, au fond une pyramide, sculpture ou humains attaqués par des serpents(lacoon).

labyrinthe

De cette salle on peut aller sur la terrasse où l’on découvre le Labyrinthe Miro. C’est un jardin en terrasses accueillant des céramiques de Miro : une sorte de lézard rampe sur un mur, quand je m’approche je constate que ce n’est pas un lézard : il a une tête humaine. un gros cône semble faire un  doigt d’honneur, de près il présente toutes sortes de protubérance? Il y a aussi une sorte d’oiseau blanc, un coq maniant une fourche….Sous les pins je reste un moment à photographier toutes ces inventions de Miro. 

Chapelle dédiée à Saint Bernard

Vitrail braque

Elle se trouve un peu à l’écart. Braque a dessiné le vitrail, Raoul Ubac a réalisé un chemin de croix en ardoise 

Entre les bâtiments il y a aussi un bassin en mosaïque avec des poissons, oeuvre de Braque . Sur la façade, encore une mosaïque, de Chagall cette fois. 

Exposition temporaire Moninot : Le Dessin Elargi

Monninot chambre d’Echo

Difficile de rendre compte de l’exposition qui n’est pas montée entièrement et que je découvre sans guide ni explications en dehors de cartels pas terminés.

Une pièce contient une installation : La chambre d’écho en son centre un dispositif avec un cadre un cadre très fin dessine un parallélépipède où sont suspendus ces mobiles métalliques qui font le bruit du vent. Des larmes de résine transparente et au fond sur une feuille plastique il y a la photo très stylisée d’une montagne , est-ce la montagne qui renvoie l’écho?

Sur les murs le projet en 2D (préparation de 3D?) est un long ruban de papier plié. 

Un texte explique que « l’idée est de matérialiser le trajet de la mémoire longue, comparaison avec le phénomène d’écho en montagne » il cite le Lustre sonore (le cylindre?) le rideau de patience, objets de mémoire.

Une citation de Char « les yeux seuls sont  capables de pousser un cri »

Monninot nuages

Dans la salle suivante, changement de registre, des feuilles blanches sur lesquels Moninot a tracé le trajet des nuages sur la ligne d’horizon en notant l’heure. Cela fait rêver.