Trotternish

JUILLET ÉCOSSAIS

Old man of Storr

Sous un beau soleil nous prenons la route de Portree (20 miles) traversant une forêt et des landes. La petite route qui fait le tour de la presqu’île de Trotternish est très tranquille et  traverse des contrées inhabitées. Les pics déchiquetés de Storr se profilent ;  on extrait de la tourbe. Les petites briquettes sont entassées Nous nous chauffions à la tourbe en Irlande. J’aime bien l’odeur qui ressemble à celle du café torréfié. Pour cette même raison D ne l’aime pas.

Arrêt suivant pour voir une jolie cascade. L’eau ruisselle partout. Le sol de tourbière est spongieux. Le ciel est encore bien bleu.

Old Man Of Storr

les aiguilles déchiquetées de Trotternish

Le parking au départ de la promenade au « Old man of Storr » se trouve en face d’une forêt de résineux très dense. Si je craignais de me perdre, me voici rassurée le parking est plein, des touristes descendent de voiture. Le sentier est bien tracé. Le fascicule annonce 4km et 300m de dénivelée – au moins une heure. Dès les premiers pas les premières gouttes de pluies tombent. Je ne les sens pas puisqu’une grande partie de la montée se fait sous les sapins plantés très serrés. Quand je sors à découvert, des écharpes de brouillard se faufilent entre les pinacles volcaniques. 40 minutes après être partie, je suis sous la fine aiguille que je dépasse pour atteindre un petit col. Seuls les randonneurs très bien équipés le dépassent ; Il est temps de redescendre. Je déplie la cape de randonnée.

 Diatomite

Nous reprenons la route sous une pluie battante. En haut d’une falaise rose, des panneaux  racontent que là, arrivaient les wagonnets de diatomite extraite dans un loch à 4 km. Il reste quelques installations rouillées. Pas de diatomite. J’en aurais bien échantillonné. Sous l’objectif du microscope les diatomées sont des organismes particulièrement gracieux.

      Kilt rock

Kilt Rock : prismes basaltiques et roches colorées en strates horizontales

      Kilt rock est une attraction du circuit de Trotternish. Cette formation rocheuse rappelle le tartan écossais. Des sédiments jurassiques de différentes couleurs déposés horizontalement (sables, grès, calcaires) sont recoupés par des dykes, intrusions volcaniques perpendiculaires, formant ainsi le motif écossais. Au dessus une épaisse coulée s’est refroidie en formant des prismes verticaux formant des orgues basaltiques spectaculaires. C’est là que nous mangeons nos salades toutes prêtes achetées à l’épicerie de Dunvegan.

La pluie redouble sans affecter notre humeur. Après tout, nous attendions la pluie et nous sommes équipées !

  Fossiles

A Staffin, dans une vieille maison de pierre on peut visiter un petit musée (1.5£). Le gardien est un gamin qui enfourche son vélo quand une voiture s’arrête. Dans un coin, des outils, des vieux meubles auxquels je prête une attention toute relative. L’essentiel de la collection consiste en ammonites énormes de 30 ou 40 cm de rayon, de septaria, galets creux comme des géodes et cristallisés, divisés en loges. Il y a même des empreintes de dinosaures et un fragment d’os de sauropode jurassique. Moins spectaculaire mais tout aussi intéressante : une bélemnite entière.

      Château de Duntulm

les ruines du château de Duntulm

Dominant la falaise, au dessus de la mer le château de Duntulm est bien ruiné. Le site est magnifique mais il ne reste pas grand chose du fief des Mac Donald. Des légendes effrayantes s’attachent à ce lieu. Un bébé aurait été défenestré. On y aurait rendu la justice en enfermant le condamné dans un tonneau bardé de clous qui aurait dévalé le précipice ! Sous ma cape plastique, je brave la tempête. Je ne veux rater aucune attraction du circuit de Trotternish, ni le château, ni les rochers ni le monument de galets érigé en l’honneur des joueurs de cornemuse.

      Kilmuir

les chaumières de Kilmuir

      Un groupe de chaumière a été restauré pour installer un écomusée. Deux maisons meublées ont conservé le lit clos par des rideaux, le couvre-lit crocheté avec la laine des moutons de la ferme, tondue, filée, teinte sur place…Sur les étagères, des tasses patriotiques, souvenirs de couronnements anciens de monarques disparus…des lettres, des factures anciennes (pas si antiques puisque l’une d’elles est datée de 1967 !

Age du Fer

La dernière étape est une surprise : un tunnel de l’âge du fer. Le site est récemment ouvert au public. Le tunnel n’a été découvert que dernièrement. On a laissé une torche pour que le visiteur puisse y entrer.

 

Dernier jour: dune de Keremma, granite, brumes du matin

 

dune de Keremma

 la dune de Keremma.

Pour notre dernier jour en Bretagne, par beau temps. Je commence ma promenade sur la digue que surplombe une étendue herbeuse très plate séparée de la mer par un long cordon dunaire. De nombreux oiseaux s’y attardent. En cherchant les jumelles je me rends compte que je n’ai plus mon appareil photo. Téléphone ! Il a glissé à mes pieds dans la voiture.
Histoires de maisons
Le sentier n’est pas balisé du tout. Je demande mon chemin à un couple âgé. Le monsieur tient absolument à me raconter l’histoire d’une maison ensablée sur le cordon littoral qui ne me passionne pas. Il fait aussi allusion à de très belles maisons sur le bord de la route, un phalanstère, cela m’intéresserait davantage mais il ne s’étend pas sur le sujet.

Ne trouvant pas le chemin je marche sur la crête des dunes avec quelques remords, le piétinement des oyats est normalement interdit, c’est très mauvais pour la dune. Mais ici, il y a de nombreux sentiers et aucun  n’est balisé. Arrivée à un parking, je préfère continuer sur la belle plage de sable.
Artichaut surprise!

artichaut surprise

D m’annonce une surprise. C’est une surprise volumineuse ! J’ouvre la boîte et je découvre un artichaut cuit. On a découpé la pointe et évidé le cœur en enlevant le foin. Au dessus du cœur, un œuf poché noyé dans de la crème fraîche parfumée à l’échalote et au vinaigre. C’est inattendu et délicieux. J’ai tellement vu d’artichauts pendant mes balades que cela aurait été dommage de quitter la Bretagne sans en manger un.

granite

Avant de rentrer au collège il me faut aussi rapporter des échantillons de granite pour mes collections. Comme je n’ai plus de marteau de géologue ni de masse, je choisis une solution de facilité et m’adresse à un marbrier qui découpe des plaques de granite. Samedi, les ouvriers ne travaillent pas,l’ancien patron à la retraite  joue le rôle du gardien. Il est ravi de nous faire visiter ses stocks et il est très généreux. Nous repartons les bras chargés de morceaux de granite et migmatites de toutes les provenances même de l’Inde !

Sentier de St Pol vers Carantec- château de Kerjean

  ROSCOFF,SENTIER CÔTIER, CHOU-FLEUR, ALGUES &THALASSO

le château de Kerjean


Château de Kervenez

Départ du GR  devant le château de Kernevez, à la sortie de Saint Pol de Léon. Belle allée plantée de grands marronniers entre les hauts murs jusqu’à la baie. La mer est haute, les petits bateaux de plaisance se balance sur une eau lisse comme un miroir. Le sentier côtier est en bordure du château qui apparaît au milieu d’un parc magnifique, grand, symétrique gris et un  peu pompeux.

Le sentier est très bien balisé. Quels pèlerins ? Quels scouts ont peint au pochoir la coquille des chemins de Saint Jacques ? Et parfois l’hermine bretonne. Protégé par des haies vives, il ne laisse voir la mer que par trouées. Je fais l’inventaire des essences : troènes ; tamaris mais aussi prunelliers et ajoncs.

Méditations pour un chou fleur

Je chemine le long des artichauts et des choux fleurs. J’aimerais interroger la propriétaire du gîte à leur sujet. Quand les sème t on ? Quand récolte-t -on ? Fait-on quelque chose des magnifiques feuilles des choux ? Est-ce qu’on laisse ces magnifiques plant d’artichauts plusieurs années durant comme dans les jardins ? Ce sont des questions innocentes. D’autres  concernant Le Prince de Bretagne, fâcheront peut être .

La Pointe Saint Jean, plus sauvage, s’avance dans la baie. Puis le sentier quitte le rivage pour serpenter entre les maisons d’un hameau et se perd dans les choux. Je débouche sur un lavoir à Keriven.Le GR suit la route à une centaine de mètres de la mer, cachée.

Midi au gîte : bavette à l’échalote, carottes râpées et la fin du kouing Aman.

Vers Kerjean, cueillette des choux fleurs

Kerjean

Le château de Kerjean est très bien fléché à chaque rond-point. Une belle brochure promet une visite intéressante. Nous nous habillons sur notre 31 pour faire honneur au château : jeans propre et Nike neuves !

Les remorques des choux fleurs sont tirées par de très gros tracteurs à cabine vitrée qui occupent toute la route ;  elles sont bâchées d’un blanc immaculé. Une fenêtre transparente laisse voir les cagettes de bois. Pendant la cueillette, un tapis roulant conduit les grosses têtes . Nous aimerions faire un court film de cette cueillette.

le château de Kerjean

Kerjean : le puits dans la cour

Le château  est entouré d’une enceinte quadrangulaire, de douves et d’imposantes tours carrées. Pourtant c’est un château Renaissance qui n’a jamais eu de fonction stratégique. C’était plutôt une résidence de prestige. Le portail d’honneur est surmonté d’un fronton de trois arcades décorées de colonnes corinthiennes, d’une cariatide et d’un atlante. Le niveau inférieur des pilastres est dorique. Côté cour, la galerie qui va du pavillon de l’horloge à la chapelle rappelle les loggias italiennes. Les clochers ornant les pavillons sont très complexes : empilement de niches de colonnes soutenant un templion  un lanternon, un pot à feu…
Les quatre côtés de la cour sont construits de bâtiments à deux étages. Seul le pavillon N-E a été détruit, sa façade se découpe à vide, tel le fantôme du bâtiment incendié. Cette ruine donne à l’ensemble un charme supplémentaire. Dans un coin de la cour le puits est très joli porte lui aussi pot à feu, templion et colonnes corinthiennes.

Kerjean les cuisines du château

L’intérieur de ce très vaste château est malheureusement bien  vide. Les grandes cheminées sculptées ont été restaurées mais il y a peu de meubles en dehors de coffres anciens, massifs et sculptés. La cuisine est complète avec de belles marmites de cuivre sa lourde table, le pétrin et un beau coffre. La visite manque d’histoire, d’anecdotes.

une expo prétentieuse

Une exposition d’architecture sur le thème de la Mesure de l’Homme défigure la cour avec des panneaux orange. Très ambitieuse, très intello, trop décalée. Que viennent faire ici Le Corbusier, Nouvel, le restaurant de Beaubourg, au milieu d’un exposé sur le Nombre d’Or et la projection d’une séquence de l’Année Dernière à Marienbad ?
Les lits clos bretons sont bien à leur place.

kersantite

Kerjean : fontaine

La chapelle possède un beau plafond  de bois. Elle est ornée de nombreuses statues, certaines en granite grossier, d’autres en kersantite. La kersantite ou kersanton des calvaires m’intrigue. C’est une pierre foncée à grain fin, venant de Daoulas. La carrière est inondée. La pierre contenant de l’eau serait tendre à sculpter, puis durcirait en séchant. C’est elle qui a donné les extraordinaires statues des calvaires.
Enfin je pars à la recherche de la fontaine que je trouve cachée dans un  creux – pot à feu, colonnes – verdis par la mousse sous de beaux arbres du parc.

 

Pyramides de Stob

CARNET BULGARE

Pyramides de Stob


Stob est un village-tonnelle. Certains villages italiens sont bordés d’arcades, ici, de la même façon une série de piliers porte une galerie de vignes qui débordent tout le long de la rue principale et également dans les rues adjacentes. Les « pyramides de Stob » se trouvent un peu plus loi n sur le rebord de la montagne. Elles sont situées dans le Parc Naturel du Monastère de Rila. Un éco-sentier d’un  peu plus de deux kilomètres conduit au site. C’est une promenade d’un  peu plus d’une heure aménagée avec des panneaux explicatifs, des bancs et des abris.

Je passe d’abord devant l’emplacement de l’ancienne église saint Procope. Située au dessus des maisons de Bucovetz, les Turcs s’étant plaints que les chrétiens pouvaient voir dans leurs cours pendant les liturgies et diverses cérémonies, le gouvernement ottoman ordonna sa destruction. Pour en construire une autre, trois villageois firent le voyage à Tsarigrad (Constantinople) pour demander la permission du sultan qui leur accorda en 1860.

Deux légendes sont attachées aux demoiselles coiffées de Stob. La première raconte qu’une procession de mariage venant de Kobilite fut pétrifiée. Le fiancé prit pour femme une fille de Stob. La coutume alors était que la mariée était  choisie par les parents du garçon. Le jeune couple ne devait pas se connaître et la jeune fille était voilée. Quand la procession arriva de l’autre côté de la montagne la mariée se dévoila et le meilleur ami du fiancé essaya de l’embrasser. Outragés les parents restèrent pétrifiés avec leurs beaux atours et leurs chapeaux.

Une autre légende raconte l’amour impossible d’une jeune fille bulgare et d’un garçon turc. La jeune fille se jeta d’un rocher et ainsi se forma la pyramide appelée la fiancée.

Le sentier est raide vers la fin, à midi il fait très chaud, j’arrive essoufflée sur l’affleurement et découvre de jolies  demoiselles coiffées oranges.

Melnik et piscine au complexe Rojen

CARNET BULGARE

Melnik

 

Notre hôtel le « Complexe Rojen » est composé de deux bâtiments de deux étages, blancs avec une galerie de bois clair en angle autour d’une belle piscine bleue au périmètre un peu compliqué, d’une bonne longueur. A côté, il y a aussi une petite taverne sous une tonnelle.

Notre chambre donne sur le balcon avec une balancelle où je suis installée pour écrire.  Elle a une belle salle de bain, la climatisation et une belle télévision à écran plat et un mobilier de bois clair verni.

A la taverne, le service est lent et bulgare. Un seul serveur parle un peu anglais ; peu efficace il est venu prendre la commande sans carnet. Résultat, une attente interminable pour voir arriver 2 plats de légumes au lieu d’un seul, une salade shopska monstrueuse (pour 2) et des kebabs délicieux. L’addition : 21levas correspond à ce qui a été apporté et pas à ce que nous avions commandé.

Nous restons jusqu’à 4heures à la piscine.

Le tunnel "sous la pyramide"

Première exploration : nous trouvons la piste venant de Pirin qui passe sous une pyramide sableuse dans un tunnel. Puis vers le monastère de Rojen où nos tenues « indécentes » nous en interdisent l’entrée. Comme c’est dimanche il y a du monde, nous reviendrons lundi.

Première visite de Melnik : hôtels et restaurants s’alignent de part et d’autres du ruisseau. Il y a des très belles maisons blanches trop restaurées qui sont occupées par des hôtels ou des caves à vin qui est à l’origine de la richesse de la ville autrefois avant que les Grecs qui en faisaient commerce ne soient exilés. Cela fait beaucoup d’exils ! Les purifications ethniques des Balkans ne datent pas d’hier. Curieusement, j’avais confondu Grecs et Turcs hier, incapable de reconnaître un type physique ou un costume dans ces paysans du début du 20ème siècle.

Je gagne la maison Kordaropoulos qui se détache sur la colline. Edifiée par un négociant,en vins à la fin du 18ème siècle, c’est la plus vaste maisons que ‘aie visité(en dehors du Musée ethnographique de Plovdiv). La distribution des pièces et l’ameublement est toujours le même : banquettes, tables basses, niches en guise de placards, kilims, tapis, couvertures. Les plafonds sont des chefs d’œuvres en bois ouvragé à motif central, peints à l’orientale en couleurs fraîches. Seuls ceux des palais marocains peuvent rivaliser avec eux.  Les frises alternent des motifs floraux avec ceux des cyprès très turcs. Les baies largement ouvertes sont colorées de vitraux multicolores. La visite se termine à la cave avec des dégustations que j’évite en passant d’un pas pressé. Pas question de goûter par cette chaleur étouffante de 37°.

Redescendant, ja passe devant les ruines de l’église Sainte Barbara au sol dallé de marbre, de belles dimensions mais sans plafond ni murs.

Nous restons à la piscine jusqu’à ce que le soleil ait disparu derrière les pyramides.

Au diner je ne commande qu’un seul plat pour éviter les confusions : foie de volaille à la villageoise, servis très copieusement mais avec moins de champignons qu’à Geravna mais des poivrons verts, mais pas de couteau. Vais-je sortir mon canif qui est dans ma poche comme un paysan ? La bouteille d’eau minérale ce midi était tiède. Si j’ai soif j’irai me servir de la gratuite et fraîche à la pompe !

Après avoir passé un bon moment sur la balancelle du balcon, le choix est rude : laisser ouverte la fenêtre et entendre la sono de la piscine ou fermer et mettre la climatisation qui souffle un air glacial et avoir mal à la gorge. Heureusement, faute d’auditeurs, le rap bulgare s’arrête tôt !

Kovachevitsa – Melnik

CARNET BULGARE

Lauzes et cheminées


Zakuska à la taverne : plateau de fromages, yaourt et merveilleuses confitures aux fraises des bois et myrtille. J’interroge la serveuse sur la photo de la foule sur le pont : 3500 habitants turcs de Kovatchevitsa, en 1903 ont été exilés. La photo a été prise sur le pont métallique de Pazarjik sur la Maritsa. Il planait dans ce village un air d’absence, d’exil. C’est celui des turcs qui vivaient là. Pourtant dans le village voisin, il y a une belle mosquée, les femmes portent foulard et pantalon bouffant. Pourquoi ce village a-t-il été vidé et pas l’autre ? Peut être ne sont –ils pas turcs mais bulgares musulmans ?

Aux abords de Gotse Devhev nous passons devant le site de Nicopolis ad Nestum, il n’est pas étendu. Il reste une colonnade et les fondations de quelques bâtiments.

La vallée est cultivée soigneusement : maïs, cornichons, vigne. Des panneaux géants font la réclame du Uva Nestum (vin). Nous traversons Gotse Dechev sans vraiment nous en apercevoir. La route s’élève en lacets à l’assaut du Pirin. La chaussée vient d’être refaite, traversant une forêt de pins j’observe l’arénisation du granite. De grosses boules de granite sont au milieu du sable clair et menacent de tomber.

Le col est marqué par une statue géante d’un moustachu marital, un fusil à la main. Des gerbes de fleurs se fanent sur le socle. Est-ce Popov ? Des bungalows et des hôtels sont dispersés dans les pins. La descente sur l’autre versant est interminable. J’observe des affleurements d’une roche très blanche très lisse comme du marbre.

Balkania nous a fourni une carte avec l’itinéraire passant par la montagne et le village de Pirinà 2km de la route principale. C’est un beau village. Ici aussi les granges de plantes disjointes sont alignées à l’entrée du village ou perchées au dessus des maisons tandis que ces dernière crépies de blanc, toit rouge s’entassent dans la vallée. Sur la place 8 hommes sont alignés sur un banc. Je leur demande le chemin de Katchina. Ils nous font signe de retourner d’où nous venons. Pourtant la route figure sur la carte routière. L’épicière sort. Elle ne parle que le Bulgare mais elle est plus dégourdie que la collection de pépères qui fument sur la place.

–          « Katchina ! Ce n’est pas pour la voiture ! » Elle me montre la piste poussiéreuse. « C’est pour aller à pied ! Karta ? »

Je vais à la voiture la chercher.  Elle me dicte l’itinéraire :

–          « Katuntsi – Melnik »

pyramides de Melnik

On reprend la route neuve. Nous avons pris trop de mauvais chemins. Le GPS reprend du service et nous conduit dans des villages vinicoles. Des « châteaux » tout neufs s’élèvent dans les vignes.  L’un d’eux s’appelle Vinograd. On passe Melnik sans le voir. A l’arrivée à Rojen, nous découvrons les pyramides : figure d’érosion dans la falaise gréseuse – grès ou sable consolidé – jaune dans l’ensemble. L’observation plus fine montre des bancs plus blancs. Ces pyramides sont des sortes de cheminées de fées sauf que les cheminées de fées des moraines des Alpes sont un chapeau fait d’un bloc bien visible alors que dans le cas présent les pyramides sont surmontées de végétation, arbres et buissons. Les arbres avec leurs racines protègent une surface bien supérieure à celle du rocher des colonnes coiffées.

Kardjali : Musée, Noces de pierres

CARNET BULGARE

Noces de pierre

Le Musée de Kardjali

Le Musée est installé dans une très belle bâtisse de pierre encadré par deux tourelles coiffées d’un bulbe vert et précédé d’une arche orientale ; Un compromis entre un château écossais et un poste militaire turc.

Je suis très bien accueillie (3levas adulte/1leva/pensionnaire). Je suis la seule visiteuse. Une dame m’escorte.

Au rez de chaussée : salles d’archéologie. Des citations d’Hérodote gravées de lettres dorées ornent les murs (en Bulgare). Les vitrines sont bien disposées mais le contenu un peu décevant. Beau coup de Préhistoire (la Préhistoire m’ennuie).

6ème millénaire : jolies figurines, une svastika en néphrite, des idoles en os poli.

4ème – 5ème : idoles anthropomorphiques, l’une d’elle rappelle les idoles cycladiques

Plus récentes: petites figurines de bronze Apollon, Dionysos, Orphée.

Je suis venue dans un but précis : en apprendre plus sur Perperikon et Tatoul. Je suis déçue. Les objets présentés sont insignifiant pour la profane que je suis. Seul un fragment de Linéaire A crétois me frappe.

La plupart des objets venant de Perperikon sont d’époque médiévale, et encore une fois sans explications.

La section Minéralogie qui occupe la moitié du premier étage est une excellente surprise. La région de Karjadjali est riche en minéraux intéressants grâce à son volcanisme. Des géodes d’agates proviennent de Perperikon. Dans une autre vitrine du talc, zéolite, Asbest. De très beaux cristaux sont exposés dans d’autres vitrines ; j’ai du mal à deviner les provenances. Ecrits en cyrillique, le nom des minéraux est facile à deviner (cela ne change guère) mais déchiffrer une origine géographique est une autre question.

Les collections ethnographiques sont très bien mises en valeur. Je passe rapidement devfant le matériel agricole que nous avons vu maintes fois, charrues, jougs…L’exploitation du tabac est très bien mise en scène. Les costumes sont très colorés, accompagnés de photos. Curieuse exposition de gâteaux ou de pains décorés très curieux : pains de mariage, pains des  bergers avec des fruits secs, pains de la Saint George avec l’œuf rouge comme à Pâques….

Noces de Pierres

Nous suivons le panneau marron Kamena statba. Les invités d’une noce auraient été changés en pierre pour punir la mère du marié d’avoir jalousé la beauté de la nouvelle épousée. Ce sont de curieuses colonnes de pierre. Dans cette région, les  « champignons de pierre » sont fréquents. L’un d’eux « le ventre de pierre » évoquerait un sexe féminin, d’autres des phallus. On dit que les anciens parlaient  à propos de ces pierres de « lieux de perdition des Thraces ». Des débauches païennes s’y seraient déroulées, en rapport avec le culte d’Orphée ?

Retour vers 15h à l’hôtel où nous passons toute l’après midi à la piscine ;

La direction nous a confisquée la grande table devant notre chambre où j’avais commandé, sur la recommandation du « Guide de Survie »  de Balkania, un patatnik, et D. des boulettes de veau aux épinards et à la crème. Le patatnik s’est avéré bourratif quoique parfumé à la menthe. Les boulettes étaient excellentes avec du fromage fondu et des épinards crus. Ce soir, il faut descendre sur les grandes tables et le voisinage des enfants  de la colonie de vacances ne nous enchante guère. Polis mais bruyants. Ce soir, j’essaie les poivrons rouges farcis au fromage. La face est tout simplement une épaisse tranche de siréné (fromage bulgare ressemblant à la féta) le tout est cuit en beignet.

vers la mer, les Pierrres Plantées, traversée de Varna

CARNET BULGARE

Les pierres plantées

A Shoumen, voulant brancher le GPS,  je m’aperçois que mon sac à dos avec Carte bleue, carte d’identité, téléphone, appareil-photo, n’est pas dans la voiture. Sueurs froides. DT a l’idée d’appeler mon téléphone. Au 2ème appel quelqu’un  décroche. Je l’avais oublié à côté de la table du petit déjeuner. Merci à nos hôtes et Balkania!

En théorie, 56km séparent Shoumen de Varna par l’autoroute. En moins d’une heure, nous devrions être arrivées. L’autoroute est coupée, la route nationale, bondée, et des convois agricoles ralentissent le trafic. Tellement contentes d’avoir retrouvé le sac, nous prenons un homme en stop. Nous sommes incapables de lui expliquer qu’on ne s’arrêtera pas à Varna mais aux Pierres Plantées. On le largue donc à Denya et on cherche le fléchage marron des attractions touristiques.

Au bout de quelques temps, ne voyant rien venir, nous nous arrêtons derrière un véhicule portant un gyrophare. La police ? Une jeune fille très jolie et sympa en T-Shirt marin nous renseigne. Quand elle tourne les talons je vois qu’elle n’a rien sous la marinière, ni short, ni jupe, ni culotte.

Les Pierres Plantées.

Les pierres plantées ressemblent à de grosses colonnes plantées ans du sable blanc fin. Quelle colonnade ? Quel temple antique ? Quels guerriers pétrifiés ? quels arbres ? Le panneau parle de forêt pétrifiée.

L’histoire est autre : la mer a laissé, il y a 50 Millions d’Années une couche calcaire surmontant des sables fins. Une couche d’argile imperméable, sous le sable poreux, a retenu l’eau. Les percolations d’eau dans les fissures du calcaire ont provoqué des concrétions, stalactites, formant de grosses colonnes dans le sable. Par la suite l’érosion a déblayé le calcaire et le sable. Les stalactites ainsi dégagés sont restés en place formant cette colonnade pittoresque et pas si étrange que cela !

Varna

Varna est une très grande ville. Comme toujours, les abords sont colonisés par les grandes surfaces commerciales, malls, concessionnaires automobiles….La circulation est canalisée dans une grande avenue. On se retrouve au centre-ville piégées : impossible de s’arrêter ou de se garer.

Comment flâner dans Varna quand le parking est impossible ? Je repère  la Cathédrale, le Musée, le Jardin Maritime que nous nous proposions de visiter…Arrivées à la mer, déception, une barrière en  interdit l’accès, plage privée, pas de parking. De rage, je prends la décision de brancher le GPS direction Prilep. Puisqu’on ne peut pas s’arrêter, autant arriver le plus vite possible et profiter de la piscine !

Varna devrait pourtant être agréable avec ses beaux arbres, ses jardins bordant le littoral de la Mer Noire ! la voiture en ville est une nuisance.

La route suit la côte mais de loin. On ne voit la mer que furtivement, puis on ne la reverra plus ; Tournesol et maïs. Le blé a été moissonné, les champs sont labourés. Puis on atteint des collines boisées.

 

Palanga : musée de l’Ambre

 

lézard inclus dans l'ambre

Arrivée en Lituanie

Encore 7km d’une piste que le GPS ignore, la route et rapidement la Lituanie. Poste frontière abandonné et changement de revêtement de la chaussée – meilleur. Les grilles vertes signalent l’aéroport de Palanga. La circulation automobile s’intensifie. D’où viennent donc toutes ces voitures ?

Palanga est bondée. Toute une foule déambule. Il y a de nombreux magasins. C’est ici que je change les LAT lettons pour des Litas lituaniens. Ce monde nous rebute comme les attractions : manège, un singe en plastique de 10m de haut vomit ses enfants sur un toboggan gonflable.Les gens déambulent avec des poussettes des matelas pneumatiques, serviettes. Beaucoup de gens sont à vélo.

Au sud de la ville, un magnifique parc : les arbres sont immenses, centenaires, d’essences variées. Le musée de l’Ambre est logé dans le manoir joliment meublé au rez de chaussée.

L’ambre est  la résine fossilisée d’un conifère : Pinus succiniferus (45MA-35MA) de 50m de haut. Au cours du réchauffement climatique Miocène/éocène beaucoup d’ambre a été produite,  ce qui correspond à un état pathologique un état pathologique de Pinus succiniferus. La mer recouvrait alors le Bassin de la Volga, la Russie, la Lituanie, l’Allemagne et le Danemark jusqu’à la Mer du Nord. Les sites d’extraction de l’ambre se situent en Lituanie, Moldavie jusqu’en Italie du Sud, mais l’ambre est répartie sur tous les continents.

Les plus belles inclusions sont des brindilles, des insectes même des lézards. Mes préférées : des blattes incluses dans de l’ambre caramel, un ver blanc dans de l’ambre beaucoup plus foncée, des fourmis et des termites. On présente également les différentes variétés d’ambre pas toujours translucide parfois opaque. Certains blocs sont véritablement énormes.

Une autre salle, présente des trouvailles archéologiques (amulettes) ou seulement anciennes bijoux, boîtes, colliers fume-cigarettes.

Vésuve

RETOUR A NAPLES

le Vésuve encore embrumé

A six heures moins le quart, je tire les rideaux : le ciel est couvert,   la Vésuve dans la brume. Quelle malchance ! Déjà, il y a huit ans, le brouillard avait complètement caché le volcan, on n’y voyait pas à trois mètres. C’était alors en février, juillet ne nous sera donc pas plus favorable ? On se rendort. Une heure et demie plus tard, les nuages se sont dissipés, la brume a disparu. On part.

Tout d’abord, crochet par Capodicchino, l’aéroport pour repérer les lieux, surtout où l’on rendra la voiture.

Vésuve

Autoroute de Salerne, sortie Ercolano, des flèches marron indiquent la route qui grimpe jusqu’au sommet. Le Vésuve est dans un parc naturel. Comme partout, en Italie du sud ou en Sicile, on a la manie du grillage. Les papiers gras, sacs plastiques s’accumulent le long de grillage rouillé. Le Vésuve est bien sale ! Des genêts embaument,  je n’aurais jamais pensé qu’ils seraient en fleurs en plein été ! J’avais oublié que nous sommes à 1000m d’altitude.

Parking gardé, buvettes, magasins de souvenirs. L’eau en petite bouteille se vend 1€. Entrée payante, bien sûr ! La montée s’effectue dans les scories par un bon chemin. Un vieux et  une vieille, à l’air de paysans proposent des bâtons de leur fabrication tout simples, taillés au couteau, solides et sans fioritures. Ils ont dû les fabriquer par centaines. « Ne payez pas tout de suite, vous donnerez la mancia au retour. » Industrie simple et lucrative. Le bâton est indispensable, la montée est raide et les scories glissantes à la descente.

 

Ciel très pur de montagne tandis que Naples est encore noyée dans la brume – ou peut être la pollution ? –Si la visibilité avait été meilleure nous aurions pu faire nos « révisions », je devine les docks et les grues géantes les plus proches, le château S Elmo sur le Vomero mais j’ai du mal à distinguer le Château de l’œuf, quant au Pausilippe et aux îles, je les cherche en vain. A nos pieds, une coulée encore fraîche, n’a pas encore été colonisée par la végétation.

Cette excursion tient plus du pèlerinage que de l’exploit sportif. Malgré la foule, les buvettes, les stands d’agates et d’hématites peintes en bleu, la fascination demeure. La vision fugace de l’avion Catane-Milan m’avait impressionnée avec le cratère profond. J’ai envie de le toucher. Depuis l’atterrissage à l’aéroport j’ai été frappée par la permanence de sa silhouette à Naples, sa présence insistante. Même dans les ruelles étroites du Vieux Naples on réussit à l’apercevoir. Dès que l’horizon se dégage, il est présent. Ce n’est pas le plus haut ni le plus beau des volcans de ma collection mais c’est celui qui est le plus chargé d’histoire, le plus familier. J’ai lu et relu les lettres de Pline le jeune. Les derniers jours de Pompéi ont été le livre de chevet de ces vacances.

La montée a été beaucoup moins pénible que nous ne le craignions, deux rampes et nous voici au bord du cratère. Les chères provisions d’eau n’étaient pas nécessaires ! J’aimerais photographier le trou énorme avec ses murailles verticales. C’est impossible avec un objectif de 28 peut être en jouant avec les ombres projetées ? Nous avons fait tellement de photos de volcans au Teide que ce que je prends ici ne peut que décevoir. A Fogo, le souffle coupé par la pénible ascension, je n’avais même pas regretté d’avoir oublié l’appareil. Nous aurions pu descendre dans le cratère fumant, les parois étaient moins abruptes qu’au Vésuve. Un chemin de crêtes permet de faire la moitié de la circonférence. Des fumerolles se dégagent encore.

Le Vésuve s’est endormi en 1944,  il a perdu son panache. Je détaille les couches de scories et de lave compacte. De temps en temps une roche de lave grise procure un banc au promeneur fatigué, une cassure au marteau permet de distinguer des cristaux blancs et noirs.

Entre temps, la  brume se lève, les ports au pied du volcan apparaissent : Torre del Greco, Torre Annunziata. Je reconnais Herculanum. J’aimerais voir Pompéi.

 

En retournant à Novotel par l’autoroute nous retrouvons la chaleur accablante et profitons bien de la belle piscine.

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