Sous un beau soleil nous prenons la route de Portree (20 miles) traversant une forêt et des landes. La petite route qui fait le tour de la presqu’île de Trotternish est très tranquille et traverse des contrées inhabitées. Les pics déchiquetés de Storr se profilent ; on extrait de la tourbe. Les petites briquettes sont entassées Nous nous chauffions à la tourbe en Irlande. J’aime bien l’odeur qui ressemble à celle du café torréfié. Pour cette même raison D ne l’aime pas.
Arrêt suivant pour voir une jolie cascade. L’eau ruisselle partout. Le sol de tourbière est spongieux. Le ciel est encore bien bleu.
Old Man Of Storr
les aiguilles déchiquetées de Trotternish
Le parking au départ de la promenade au « Old man of Storr » se trouve en face d’une forêt de résineux très dense. Si je craignais de me perdre, me voici rassurée le parking est plein, des touristes descendent de voiture. Le sentier est bien tracé. Le fascicule annonce 4km et 300m de dénivelée – au moins une heure. Dès les premiers pas les premières gouttes de pluies tombent. Je ne les sens pas puisqu’une grande partie de la montée se fait sous les sapins plantés très serrés. Quand je sors à découvert, des écharpes de brouillard se faufilent entre les pinacles volcaniques. 40 minutes après être partie, je suis sous la fine aiguille que je dépasse pour atteindre un petit col. Seuls les randonneurs très bien équipés le dépassent ; Il est temps de redescendre. Je déplie la cape de randonnée.
Diatomite
Nous reprenons la route sous une pluie battante. En haut d’une falaise rose, des panneaux racontent que là, arrivaient les wagonnets de diatomite extraite dans un loch à 4 km. Il reste quelques installations rouillées. Pas de diatomite. J’en aurais bien échantillonné. Sous l’objectif du microscope les diatomées sont des organismes particulièrement gracieux.
Kilt rock
Kilt Rock : prismes basaltiques et roches colorées en strates horizontales
Kilt rockest une attraction du circuit de Trotternish. Cette formation rocheuse rappelle le tartan écossais. Des sédiments jurassiques de différentes couleurs déposés horizontalement (sables, grès, calcaires) sont recoupés par des dykes, intrusions volcaniques perpendiculaires, formant ainsi le motif écossais. Au dessus une épaisse coulée s’est refroidie en formant des prismes verticaux formant des orgues basaltiques spectaculaires. C’est là que nous mangeons nos salades toutes prêtes achetées à l’épicerie de Dunvegan.
La pluie redouble sans affecter notre humeur. Après tout, nous attendions la pluie et nous sommes équipées !
Fossiles
A Staffin, dans une vieille maison de pierre on peut visiter un petit musée (1.5£). Le gardien est un gamin qui enfourche son vélo quand une voiture s’arrête. Dans un coin, des outils, des vieux meubles auxquels je prête une attention toute relative. L’essentiel de la collection consiste en ammonites énormes de 30 ou 40 cm de rayon, de septaria, galets creux comme des géodes et cristallisés, divisés en loges. Il y a même des empreintes de dinosaures et un fragment d’os de sauropode jurassique. Moins spectaculaire mais tout aussi intéressante : une bélemnite entière.
Château de Duntulm
les ruines du château de Duntulm
Dominant la falaise, au dessus de la mer le château de Duntulm est bien ruiné. Le site est magnifique mais il ne reste pas grand chose du fief des Mac Donald. Des légendes effrayantes s’attachent à ce lieu. Un bébé aurait été défenestré. On y aurait rendu la justice en enfermant le condamné dans un tonneau bardé de clous qui aurait dévalé le précipice ! Sous ma cape plastique, je brave la tempête. Je ne veux rater aucune attraction du circuit de Trotternish, ni le château, ni les rochers ni le monument de galets érigé en l’honneur des joueurs de cornemuse.
Kilmuir
les chaumières de Kilmuir
Un groupe de chaumière a été restauré pour installer un écomusée. Deux maisons meublées ont conservé le lit clos par des rideaux, le couvre-lit crocheté avec la laine des moutons de la ferme, tondue, filée, teinte sur place…Sur les étagères, des tasses patriotiques, souvenirs de couronnements anciens de monarques disparus…des lettres, des factures anciennes (pas si antiques puisque l’une d’elles est datée de 1967 !
Age du Fer
La dernière étape est une surprise : un tunnel de l’âge du fer. Le site est récemment ouvert au public. Le tunnel n’a été découvert que dernièrement. On a laissé une torche pour que le visiteur puisse y entrer.
L’ itinéraire trouvé au musée Groam commence au musée d’Inverness. Nous prenons le parcours en route à Beauly pour aller à Dingwall pour aller voir les pierres gravées par les Pictessur place (souvent ce ne sont que des répliques, les originales étant conservées à l’abri dans des musées). C’est un grand jeu de piste. Nous disposons d’indices plus ou moins précis, parfois le parcours est fléché, pas toujours. Il faut demander aux passants.
Station Thermale à Dingwall
Eagle stone
La première pierre a pour nom Eagle Stone et se trouve à 5 km de Dingwall à Strathpeffer. Nous suivons le camion des poubelles sur une route étroite, un chemin creux, caché sous une tonnelle de très beaux arbres dont les ramures se touchent. On a l’impression d’être à la montagne. Nous arrivons à une station thermale charmante et désuète. De grands hôtels sont cachés dans des parcs immenses. Les maisons de pierre grise ont des pignons pointus ornés de feston de bois laqué de vert, de brun ou de rouge. Bow-windows, chiens assis, véranda donnent un peu de fantaisie sur la pierre grise austère. Le style victorien rappelle les constructions de Biarritz ou de Deauville.
Stèle avec pétroglyphes du cimetière de Dingwall
La pierre est bien cachée derrière une propriété. On y accède par une allée bordée par une palissade de bois gardée par une énorme chatte tricolore qui fait une démonstration d’équilibre, marchant sur l’étroit champ. Les pétroglyphes sont bien visibles : on reconnaît l’aigle, bien sûr, et le croissant avec les doubles disques. Les signes en Z sont plus difficiles à observer. Pleine de bonne volonté, je dessine sur mon carnet moleskine les motifs et recopie les légendes de l’Eagle Stone.
« Eagle Stone – 7ème siècle
A été enlevé pour marquer les tombes du clan Munro tués dans une bataille au 15ème siècle-
Brahan Seer a prophétisé au 17ème siècle que si l’Eagle stone tombe trois fois, les navires seraient capables de remonter pour être attachés à la pierre. L’Eagle stone est déjà tombé une fois. »
Tourisme thermal
Tourisme thermal
Nous nous promenons ensuite dans la station thermale à la recherche de la Source d’eau sulfureuse qui se trouve dans le « square » près du pavillon des soins. Une dame nous accueille en français dans le petit établissement tout carrelé appelé « The Pump ». C’est ici qu’on aurait pu goûter l’eau si, pour une raison mystérieuse, la source ne s’était tarie. Le pavillon est converti en petit musée avec des personnages en cirre grandeur nature, certains sont parlants comme à Cromarty, le médecin délivre sa consultation en public !Une vidéo raconte « La Cure de Délia et Prudence en 1912 », film plein d’humour. Sur des panneaux, dans des vitrines sont exposés toutes sortes d’objets rappelant l’Age d’Or de la cure. Les plus drôles : les manuels de savoir vivre un pour les hommes, un pour la femme. Des ordonnances…
Sur la place de l’autre côté de la route, une petite gloriette sert d’échoppe au loueur de vélos des vélos noirs très classe sont proposés ainsi qu’un grand Bi.
Dingwall
Nous abandonnons l’époque victorienne pour aller retrouver les Pictes à Dingwall. La pierre gravée se trouve dans le cimetière d’une église. Laquelle ? Trois clochers au moins se détachent au dessus des toits. Comme le centre-ville est piétonnier nous abandonnons la Vauxhall sur un grand parking gratuit et je vais me renseigner au musée. La pierre est bien là où on nous l’a indiqué mais les gravures sont moins intéressantes : un double disque, deux croissants, des cupules… L’important c’est de l’avoir trouvée !
Ardross
Le jeu de piste continue sur la route A9 puis sur une petite route qui mène à Ardross.Ardross est un tout petit village. New Ardross Hall est un gymnase qui ne paie pas de mine. Nous sommes un peu déçues d’avoir tant tourné dans la campagne pour ne découvrir que des répliques. Un loup et un cerf gravés sont d’une élégance inouïe ! Une troisième pierre présente des motifs stylisés..
Rosskeen : The Thief’s stone
Th thief’s Stone
Encore une fois, nous croyons être perdues et demandons notre chemin à des jeunes qui ont une sorte de kermesse. Personne ne connaît la pierre ! Nous aurions dû faire plus confiance dans le plan qui est très bien fait. Évidemment, il nous faut revenir en arrière : j’ai vu le parking trop tard. Pour étudier les gravures, c’est raté. La pierre se trouve dans un champ enclos, on ne peut la voir que de loin.
La croix de Nigg
La croix de Nigg
Le clou de notre périple ! Nigg est le village qui fait face à Cromarty de l’autre côté du Firth of Cromarty, sur une sorte de pointe. La vieille église est construite en hauteur cachée par de grands arbres. Comme à Cromarty, le plan de l’édifice est en T : un bâtiment rectangulaire long orienté E/O, très simple, surmonté d’un clocher. Elle est entourée de tombes moussues sur un terre-plein herbu. Certaines pierres tombales sont toutes effacées ou mangées de mousse. On reconnaît un crâne,e et deux tibias sur la tombe d’une femme riche ce qui rappelle que riche ou pauvre seront pareils dans la mort.
Croix de Nigg(détail)
Quand on pousse la porte de l’église, une bonne odeur de bois ciré nous accueille. On est frappé par l’austérité la sobriété du lieu de prière. A part deux lustres de cuivre il n’y a aucun décor. Des murs crépis de crème, des bancs de bois, une chaire très simple entre deux grandes fenêtres. La croix que nous cherchons est cachée dans une petite pièce sombre fermée par une porte. Sa présence aurait distrait les fidèles de la prière ? Deux interrupteurs commandent l’éclairage. On nous prévient qu’une caméra nous surveille. Les deux faces de la Pierre sont finement ornées. D’un côté, une croix surmontée d’un fronton triangulaire racontant la légende de Paul l’ermite. Un corbeau tient en son bec un pain rond (cela ressemble à un fromage !) Paul et Antoine sont à genoux. Au dessous la croix est entourée de curieuses boules figurant des serpents enroulés ? A l’envers, David tue un lion et protège son troupeau. Il est représenté avec sa harpe. On voit également un aigle et des scènes de chasse.
Pierre de Shandwick
La pierre de Shandwick est, elle aussi, érigée au milieu d’un champ. Un abri de verre la protège des intempéries. Décoration de toute beauté, encore des bosses et des scènes de chasse. Malheureusement séparés par une vitre on ne sent pas l’intimité avec l’œuvre. On la voyait beaucoup mieux sur la vidéo de Rosemarkie !
Pique nique
Le cadre est idéal, un parking donnant sur une plage de sable clair, de belles pelouses, des tables et des bancs. Nous sommes très bien installées pour la salade de pommes de terre thon et olives. Au dessert un gâteau sponge avec de la crème au citron.
Sous un soleil voilé – mais soleil tout de même – j’arpente la plage le long de la mer du nord. C’est la première fois que l’horizon n’est pas limité par des terres. Nous sommes sur une pointe entre le firth of Cromartyet le firth of Dornoch. Le Firth of Moray est ici très ouvert. Ciel d’ardoise, crêtes bleuies et mer très brillante, miroir reflétant le soleil lumineux. Une famille a relevé aux genoux les pantalons des survêtements. Ils portent des seaux et des épuisettes. La mère et la fille sautent à pieds joints dans les vaguelettes. Trois jeunes gens plus téméraires sont en maillot de bain, ils ont gonflé un canot pneumatique. Seuls se baignent les labradors.
Stèle Hilton of Cadboll
Nous traversons Balintore : quelques maisons au bord de mer et un petit port. La stèle se trouve au milieu d’un vallon, quatre jardiniers tondent l’herbe. Derrière la pierre, les vestiges d’une ancienne chapelle sont cachés par la végétation. La véritable pierre a beaucoup voyagé : en 1676 elle a servi de dalle funéraire à Alexander Duff et à ses trois femmes, puis elle a été transportée au château d’Invergordon, enfin elle a été exposée au British Museum. Maintenant elle se trouve à Edimbourg. Sur place la réplique n’a que 7 ans et n’a pas encore reçu la patine du temps. Même si la copie est fidèle, elle est trop neuve pour être émouvante. C’est pourtant une sculpture très intéressante représentant une princesse à cheval et des cavaliers partant à la chasse.
L’église de Portmahomack
Dans les champs les céréales sont presque mûres : orge ou seigle ? Difficile de le dire de la voiture. Le Pictish Trail est ici balisé avec un pictogramme aux entrelacs pictes. La piste nous mène à l’église de Portmahomack, long bâtiment blanc coiffé d’un court clocher qui se détache sur le ciel gris du haut de sa butte verte. A ses pieds, des fouilles archéologiques : un rectangle découpé dans la terre très noire. Trois archéologues travaillent. Une jeune fille dégage doucement un trou avec une sorte de truelle pendant qu’un garçon prend des notes. L’église de Tabat a été transformée en musée. Les sépultures pictes contenant encore des ossements sont recouverts d’une plaque de verre. On voit de très belles sculptures : deux vaches et un veau, la mère lèche son petit, c’est précis et touchant. De nombreux panneaux, des photos, des écrans racontent les fouilles ou la vie du village. Nous avons été des touristes studieuses jusqu’à présent mais notre attention arrive à saturation. Nous regardons tout cela distraitement. Il est temps de s’aérer. La balade au phare est la bienvenue. Une allée abritée par des ajoncs très hauts nous mène à la pointe fleurie de bruyères. Il en existe au moins trois sortes dont une à grosses clochettes roses pâle que je n’ai jamais vu ailleurs. Les rochers de grès rose ont été sculptés par la mer. La stratification est bien visible. D’ici aussi on guette les dauphins à la jumelle. Des arlésiennes !
Nous rentrons par Tain, encore une pierre gravée au cimetière, inscriptions peu lisibles. Sur l’A9 le trafic en direction du nord est très chargé, départs en week end ou en vacances. J’ai oublié de parler des panneaux bilingues depuis Cromarty, lettres noires en Anglais, vert en Gaélique. Les noms sont imprononçables. Arrêt au Tesco de Dingwall. La soirée se termine devant la télé : concert Beethoven.
Baltcik se trouve à une vingtaine de kilomètres de Prilep.
Le Jardin et le Palais de Marie de Roumanie sont très bien indiqués. A la sortie du parking (cher 2levas/h) tout un commerce attend les visiteurs. Officines de change (taux peu intéressant), supermarchés, restaurants roumains, souvenirs. Les restaurants roumains sont alléchants : nous avons toujours bien mangé en Roumanie.
plantes rares
L’entrée est chère (10 levas) . Dans le premier jardin les végétaux sont regroupés par collections rangés par écosystème. Dans un intéressant ensemble d’halophytes j’apprends le nom d’une immortelle très commune et ubiquiste que nous avons rencontrée sous diverses latitudes : Armeria maritima. Cactées et succulentes doivent ici supporter la gelée, certaines résistent jusqu’à -30°. Le second jardin est beaucoup plus vaste et en pente. C’est le royaume de l’eau : bassins ronds, ruisselets, petits ponts, source miraculeuse, cascades…Des pavillons sont disposés dans le parc. Celui de Marie de Roumanie est juste en face de la plage. De style orientalisant il porte une tour en forme de minaret. Il faut suivre la foule des touristes roumains et russes qui se suivent de pièce en pièce. Peu de souvenir de la souveraine : la coupole est le hammam, quelques photos sur els murs, une collection d’icônes, un bureau. Personnalité intéressante que cette princesse anglaise, petite fille de Victoria qui épousa Ferdinand de Roumanie qu’elle n’aima pas. Les princesses ne sont pas mes héroïnes favorites mais je ferai une exception pour celle-là !
le palais de Marie de Roumanie
Bordant la plage, la roseraie est magnifique. Les roses se portent bien en Bulgarie ! Elles embaument. Au niveau supérieur, une allée de lys au parfum entêtant conduit à un « cloitre »aux arcades romantiques – fausses ruines rappelant la Côte d’Azur ou la Riviera. L’architecte qui conçu le « nid » de Marie était italien.
Petite placette devant la chapelle. Un abri pour la « source miraculeuse » vénérée par les chrétiens pour une sainte qui aurait été torturée pour ne pas abjurer sa foi que par les musulmans à cause de ses souffrances.
Marie de Roumanie
Des panneaux commentent les étapes du parcours, soulignent les vertus de l’eau pour guérir de la mélancolie. La plupart des pavillons ont maintenant des fonctions marchandes : le moulin était déjà la cave royale et les cuisines de Marie ont été convertis en restaurant chic, des soieries sont vendues dans une petite maison…des souvenirs moins classieux tout le long du chemin qui retourne aux voitures.
8h30, nous traversons les quartiers modernes de Hania et nous engageons dans la vieille ville par la rue Halidon, artère commerçante vide à cette heure matinale. Les sens uniques nous conduisent vers les arsenaux vénitiens où nous trouvons le parking du port de plaisance vide. 3€20 et nous serons libres jusqu’à 13h56 (4h est le maximum que délivre l’automate).
La promenade commence donc par Akti Enosos : le quai qui part des docks vénitiens : bâtiments longs et étroits au fronton de section triangulaire « néoria » 17 de ces bâtiments sont accolés. Ils sont l’œuvre du vénitien Alvise Grimani en 1585. Le dernier bâtiment, carré et massif, abrite le Centre d’Architecture méditerranéenne (fermé à la visite)qui englobe le mur des fortifications hellénistiques.
les arsenaux vénitiens
Au port, sont amarrés de très beau yachts dont un moins beau, tout noir, un peu effrayant (nous avions vu le même à Ithaque). Les cafés face aux bateaux sont cossus : fauteuils carrés en rotin avec de confortables coussins.
Un peu plus loin se trouve la Mosquée des Janissaires , Gialli Tzami, ou mosquées Kioutsouk (petite) , 17ème siècle, « représentative de l’art islamiste de la Renaissance » œuvre d’un architecte arménien, nous apprend le panneau explicatif. Cette mosquée est coiffée d’un dôme principal et de 7 petits dômes sur les deux façades visibles des quais, des sortes de « poignées » tiennent la grande coupole. La façade est percée de 3 fenêtres et d’une porte, une 5ème fenêtre est remplacée par la fontaine des ablutions (on ne la voit plus, seulement subsiste le creux). La base du minaret est tronquée : à l’Indépendance de la Crète on a abattu ce symbole trop voyant de l’oppression turque. La mosquée est maintenant un hall d’expositions. Images de la Crète de Jerry Glover : dessins à la plume et gravures m’ont bien plu.
Port vénitien
Les maisons colorées du port Vénitien forment un ensemble charmant et varié : façades rouges, ocres ou même bleues, balcons en ferronnerie pour les maisons vénitiennes, avancée de planches pour les turques. C’est en face qu’on profite de la vue d’ensemble. Le quai Kountoriati, où se trouvent la plupart des belles maisons est rempli de tables de restaurants à l’ombre de grands stores qui cachent les sculptures délicates, les colonnettes ou les escaliers finement ciselés. Derrière un étalage de souvenirs bon marché pour touristes, je découvre une fontaine turque aux arabesques élégantes.
Une curieuse spécialité : Foot-Spa où les poissons se chargent de soins de pédicure. Une belle librairie vend des livres en plusieurs langues.
Une tour est consacrée aux corsaires et à la marine : on voit les outils des ouvriers de voilerie, avec une paumelle qui sert de dé et protège la main de l’ouvrier. Outils des charpentiers et des menuisiers, avec de très belles figures de proue.
Dans la présentation de la pêche à la morue sur les bancs de Terre Neuve, des maquettes de Terre-neuvas à voile et à moteur, hameçons pour les morues mais aussi pour pêcher les appâts… on voit aussi la maquette de la cale-sèche de la Rance que j’avais vu sur le sentier allant de Le Minihic à la Richardais.
Les peintures du XXème siècle sont de qualité : Othon Friez, La Priseuse de François Millet, un grand tableau pointilliste de Signac., De grand tableaux consacrés à Charcot et aux expéditions polaires du Pourquoi Pas n’ont aucune prétention artistique mais sont documentaires.
La grosse tour raconte l’histoire de Saint Malo. Une salle présente des objets ecclésiastiques et un portrait de Lamennais. Au dessus, la salle XIXème siècle est consacrée à Chateaubriand et Surcouf qui étaient contemporains. Au deuxième niveau XVII et XVIIIème siècle, le temps où les Malouins régnaient sur les mers avec la figure emblématique : Duguet- Trouin.
Au sommet de la tour, un grand tableau du début du XXème montre l’entrée d’Anne de Bretagne à Cancale : Hénin et à cheval. Pas de prétention artistique, du documentaire.
Lundi, tous les musées sont fermés sauf le Musée Historique situé au château.
Nous parcourons rapidement les salles du 3ème étage consacrées à la Préhistoire. A part quelques récipients originaux, coniques, c’est toujours l’âge du cuivre, l’âge du bronze. Poteries, bijoux…
Romains
Les Romains retiennent notre attention. Les cartes murales montrent bien les provinces romaines et le mur d’Hadrien qui justement fut gouverneur d’Aquincum. La verrerie est très sophistiquée. Un détail amusant : un sceau en forme de bottine ou de sandale. Sur la semelle le nom de la légion Adutrix (presque Astérix).
De belles cartes expliquent les Grandes Invasions : Huns Ostrogoths, Avars. Ces envahisseurs n’étaient peut être pas de bons artisans sauf en ce qui concerne la métallurgie : très fines plaquettes ciselées appliquées sur le cuir des rênes et les ceintures. On imagine les cavaliers richement harnachés.
Moyen âge, turcs
Curieusement, Moyen Age, Renaissance se télescopent dans les vitrines consacrées aux différents métiers. Illustrées avec des enluminures (fac similés) expliquées en anneaux bilingues hongrois-anglais) Des statistiques ont été établies par les historiens. L’arrivée des turcs en 1526 apporte une nouvelle civilisation : céramiques de toute beauté, des maquettes montrent la coupe d’une mosquée ou des bains. Les Turcs de Soliman n’étaient nullement des barbares ! Leur mode de vie sophistiqué met un point final au Moyen Age.
Habsbourg
L’arrivée du règne des Habsbourg à la fin du 17ème est curieusement illustrée par un tableau : le triomphe encastré dans la muraille ?
Les salles 18ème sont illustrées par des tableaux. Une salle baroque montre des anges musiciens comme ceux du buffet d’orgue de sainte Anne.
Château de Buda:18ème, 19ème
maquette du Millenium 1876
Le 19ème siècle avec le personnage de Széchenyi marque un autre tournant. Un mur entier est consacré à des représentations des inondations du Danube. Une des gloires du Comte est d’avoir domestiqué le fleuve.
La vie quotidienne du 19ème siècle est racontée en détail : vitrine d’une boutique de mode, reconstitution d’un café, d’un intérieur bourgeois avec des chaises gothiques, des teintures pourpres, une « soirée chez Liszt »….
La représentation du Millenium 1896 fait penser aux Expositions Universelles de 1900. Tout semble s’articuler : Le Monument du Millenium sur la grande place Hözök Tere, le château kitsch du Bois-de-Ville, les Bains Széchenyi. Tout s’inscrit dans un cercle bouclant la perspective d’Andrassy.
Expositions temporaires
la restauration de la ville après les destructions de la 2ème guerre mondiale.
Affiche , on aurait aimé une traduction!
L’autre : 100 ans dePropagande par l’Affiche Politique. Le graphisme des affiches communistes est familier, celui du parti chrétien, pétainiste avant l’heure, aussi. Mais il faudrait mieux connaître l’histoire récente de la Hongrie pour apprécier la suite.
affiche : couleurs hongroises!
Nous zappons l’exposition consacrée au roi Mattias Korvin et de ses représentations ultérieures. Nous sommes saturées.
Pour aller au château, il aurait suffi de suivre la Néris,mais on se laisse embarquer dans la circulation pour un nouveau tour de ville, encore Uzupis, Ste Anne, la Cathédrale….Au pied du château je retrouve le parc et le club de tennis chic où nous laissons la voiture. On pourrait monter en haut de la colline en funiculaire, nous préférons grimper une rampe aux pavés inégaux et malaisés. La colline de Gediminas ne culmine qu’à 48m. C’est un bel observatoire : nous reconnaissons tous les clochers et les coupoles, celle de la Cathédrale toute proche, Saint Casimir dont le lanternon est ceint d’une couronne, Sainte Anne apparait encore plus gracieuse. Au sommet d’une colline nous apercevons les bulbes verts de l’église des Romanov, vert très vif !
La tour octogonale du 13ème se visite. Deux niveaux sont aménagés ; au premier des maquettes au second des cottes de maille, armures boulets et au sommet le panorama est encore plus dégagé que sur la plateforme.
Traversant le parc j’arrive au Château inférieur et aux Arsenaux où plusieurs musées sont installés. Je choisis le Musée Historique.
Les salles du rez de chaussée sont éclectiques : des silex taillés voisinent avec des sarcophages égyptiens. Bien peu de commentaires traduits en anglais. Heureusement, j’ai la chance de rencontrer des groupes accompagnés. Je tends l’oreille. Au 19ème siècle, les Tsars jugeant que l’Histoire était une discipline subversive, ont fermé le département d’Histoire de l’Université .De ce fait, les Lituaniens accordent beaucoup d’importance à ces collections.
Je m’attache à regarder les portraits et les gravures des souverains, rois de Pologne, gouverneurs de la voïvodie de Vilnius.
A l’étage : 19ème siècle : tableaux, gravures et témoignages du passage deNapoléon 1er etde la Grande Armée, souvenir de l’éveil des nationalités à partir de 1840, portraits d’universitaires et de patriotes. Une conférencière raconte larévolte de 1863et la répression qui a suivi : pendaison des meneurs déportation dans les mines, montrée par un grand tableau très noir.
L’ autre aile est plutôt ethnographique : des intérieurs ruraux ont été reconstitués avec costumes et meubles. La conférencière pointe un pressoir à lin sont l’huile est utilisée dans l’alimentation.
costumes lituanien
Des croix ont été réunies contre un mur blanc formant un ensemble saisissant. Un vidéogramme explique que la construction des croix, calvaires, sont une forme très élaborée de la culture populaire. Les images montrent les croix mais aussi les auvents à deux pans, parfois une maisonnette, souvent agrémentés de toute une décoration de sculpture sur bois.
En face des croix, sur des gradins on a rassemblé des statues de bois peint, des anciennes, des naïves, des pietas, des saints…si la gardienne ne m’avait pas surveillée j’aurais fait des photos.
Au rez de chaussée toute une salle est occupée par des cartes anciennes ; je vois les contours de la Livonie, de la Courlande, Prusse orientale, Salmogitie, Lituanie. Frontières à géométrie variables qui débordent selon les traités. Les frontières de la Lituanie actuelle débordent largement à l’Est sur la Biélorussie et au sud jusqu’à l’Ukraine. Difficile de retrouver la Pologne au 18ème et au 19ème siècle. Difficile aussi d’identifier les villes dont les noms ont changé, parfois écrits en cyrillique que je peine à déchiffrer.
Une dernière exposition concerne le retour des déportés en Sibérie. Photos de Krasnoiarsk, des enfants sibériens, de neige. Ces déportations et l’affirmation de l’identité lituanienne sont encore d’une actualité criante.
La conférencière, tout à l’heure expliquait que les Tsars avaient interdit la publication d’écrits en lituanien. Des livres étaient toutefois imprimés à Königsberg, dans la Prusse voisine. Empêchés de parler leur langue, niés en tant que nation, il n’est pas étonnant que ces frustrations n’aient déclenché des réactions nationalistes.
A l’heure de la Crise Grecque et des remises en cause de l’idée européenne, celle–ci me paraît d’autant plus importante. L’affirmation de nations nouvelles de quelques millions de citoyens à peine, doit s’inscrire dans l’Union européenne sous peine de voir rallumer des conflits comme actuellement au Kosovo. D’autant plus que certaines affirmations ne sont pas tellement fondées. Linas affirmait que la Lituanie avait une population homogène où la nationalité se définit par la langue. Par ailleurs nous rencontrons des Russophones qui ne sont pas des touristes. Sans parler des absents, des Juifs qui parlaient Yiddish. Vilnius célèbre le Prix Nobel Czeslaw Milosz(1911-2004) exilé en France puis aux États Unis , mort en Pologne, dont on fête l’année 2011 « année Czeslaw Milosz » sans parler de Pouchkine !
l'église des Romanov avec ses bulbes verts
Sous la pluie nous allons voir l’église des Romanov St Constantin et Michel, construite en 1913 dont nous avons remarqué les bulbes verts. La pluie devient déluge. Les rues en pente ruissellent. Des cascades dégoulinent d’un escalier que j’avais pris pour une fontaine. Nous restons un moment à contempler l’église à l’abri dans la voiture. Elle était plus belle de loin.
Les Halles
Comme la pluie ne faiblit pas nous passons par les halles proches de l’hôtel. Les marchands de vêtements et de chaussures occupent une grande partie du bâtiment. Pauvre qualité, pauvre goût, mais prix étonnamment élevés. J’avais pensé que les petits étals dehors, des grand- mères vendant un bocal de myrtilles, un bouquet d’aneth et une botte de carottes, auraient disparu sous la pluie. Non ! Ils sont encore là ! Des sacs de plastique transparents en guise de protection sur la tête ou les marchandises. Il y a quand même quelques charcutiers et poissonniers sous la halle.
La pluie nous retient à l’hôtel. Nous visionnons les photos sur la télévision. Les trier est un crève-cœur. Nous en avons 600, c’est beaucoup trop. Mais la plupart ont déjà subi de nombreuses éliminations.
16h30, la pluie a cessé. Nous retournons boire un pot à « notre » café sur la « place desfrançais ». Sous les parasols carrés le garçon apporte des coussins sur les canapés de rotin gris et des plaids en polaire. Nous avons découvert à Kaunas cette coutume locale : quand il fait frais on s’emmitoufle, même au mois de juillet.
La route de Vilnius traverse des forêts magnifiques et sauvages. A l’approche de la grande ville, la circulation devient dense, les dépassements, dangereux. Malgré les nombreux radars, les limites de vitesse ne sont pas respectées surtout quand il s’agit de grosses BMW ou d’énormes 4×4 aux vitres noires.
Trakai
Le château, sur son île, est une véritable carte postale. Un château fort de conte de fées avec ses poivrières pointues, son donjon. Malheureusement, dès la passerelle, la foule se presse. Une guide brandit un parapluie orange et fend la foule pour ouvrir le passage à son groupe.
La visite historique commence dans le donjon par la salle d’apparat (1977-1979).
Trakai, comme les cités hanséatiques a obtenu son autonomie en 1409 avec les Droitsde Magdebourg. Les Karaïtes obtinrent des droits en 1441.
En 1516, le Duc de Lituanie Sigismond I octroya à Trakai deux foires et des droits de pêche dans les lacs. La Renaissance s’imposa à Vilnius grâce à Bona Sforza, duchesse de Milan et de Bari, qui épousa Sigismond I et fit venir des artistes d’Italie.
Trakai perdit ses fonctions administratives et politiques au 17ème siècle avec Stephen Báthory et les guerres avec la Suède. La Lituanie fusionna avec le Duché de Pologne.
Le château de Trakai était en ruine au 19ème siècle quand le Romantisme s’attacha à retrouver les racines du passé. Un ancien soldat de Napoléon, La Beaume, suivant la campagne de Russie revint à Trakai en 1822 et publia l’ouvrage « La campagne de Russie » en 1841.
La restauration du château commença en 1902, sa reconstruction en 1951 et fut complétée brique par brique, pierre à pierre.
Tatars et Karaïtes sont venus en Lituanie à la suite du roi Vytautas quand le Duché de Lituanie s’étendait jusqu’à la Mer Noire et qu’il guerroyait la Horde d’Or. Il les prit comme gardes à Trakai. Nous avons déjà rencontré les Tatars en Roumanie et vu leur mosquée à Kaunas.
la knessa des karaïtes
Les Karaïtes, peuple turc, ont adopté une religion proche du Judaïsme se basant sur l’Ancien testament mais pas sur le Talmud et les traditions postérieures. La maison de culte s’appelle la Kenessa (proche de Beit Knesset).
J’étais très curieuse de visiter le Musée Karaïte malheureusement il est fermé non seulement le lundi mais aussi le mardi. Nous ne connaîtrons des Karaïtes que les petits chaussons au poulet, au mouton ou aux épinards qui nous serviront de déjeuner.
Le parc Grutas est le parc des statues soviétiques déboulonnées.
J’ai un excellent souvenir d’un parc analogue près de Budapest où les statues soviétiques ou staliniennes étaient très bien mises en scène. On entrait « sous la botte de Staline » qui écrasait tout à l’arrivée. Les statues, par elles-mêmes étaient intéressantes.
Au parc Grutas l’entrée est de 20 litas, nous renonçons à l’audio-guide de 40 litas. Les statues sont réparties dans un parc forestier sur deux cheminements cimentés. Les statues sont plantées sous les arbres sans aucun effet particulier. Plusieurs Lénine se succèdent, Staline debout en manteau, Lénine debout en costume 3 pièces, Lénine assis…Puis viennent les dirigeants lituaniens en fin de parcours les partisans ayant combattu les nazis. Là, je tique ! La Seconde Guerre mondiale racontée par le Lituaniens de l’an 2000 ne ressemble en rien à ma représentation mentale personnelle. Partisans, saboteurs, combattants, quel que soit el nom qu’on leur donne, ceux qui ont combattu les nazis auront toujours ma sympathie. Surtout si, comme le suggère la feuille explicative, la majorité sont juifs.
L’homme d’affaire Villimas Malinauska qui a créé le parc voulait faire un véritable parc d’attraction historique imitant Disneyland.
Un wagon et une locomotive à l’entrée évoquent les déportations. Un théâtre de plein air diffuse des musiques révolutionnaires (y compris Aïda de Verdi). Dans des barques en bois se trouve un restaurant où les serveurs sont déguisés en pionniers avec des foulards rouges. Une autre baraque contient une bibliothèque et ses murs sont tapissés d’affiches. Pour qui ne lit pas le Lituanien, difficile d’apprécier cette mise en scène de l’Agit-prop. Pour moi, une bibliothèque est toujours sympathique comme la sculpture naïve de « la lutte contre l’illettrisme ».
Agit-Prop la Lutte contre l'Illétrisme
Sentiments très mitigés ; tout cela est ambigu.
Ratée aussi, l’ambiance sonore : les haut-parleurs crachotent. Le crachotement st-il voulu ? Il faut tendre l’oreille ; soit on met plus fort, soit on ne met rien !
A la sortie, sur un long mur, sont collés les articles de Presse, en Lituanien, bien sûr mais aussi en anglais ou en Français. Un article de Libération un autre du Monde un article de fond d’une revue québécoise. La construction d’un Disneyland sur le thème du Communisme ne va pas de soi. Aussi bien les partisans de l’ancien régime que les victimes ont réagi. L’homme d’affaires invoque la pédagogie, encore faut-il que ce soit bien fait !
Le Niémen fait la frontière entre la Lituanie et la Russie(Kaliningrad). J’aurais aimé le suivre de la mer jusqu’à Kaunas.
Ce fleuve fait rêver, références historiques Normandie-Niémen, bien sûr, mais aussi épopée napoléonienne. Le Delta que nous avons découvert hier est tout à fait impressionnant.
De Siluté à Pagegiai ; le fleuve est loin, la route traverse une campagne plate cultivée, des prés fauchés d’autres pleins de fleurs jaunes. A Pagegiai, une route va à Sovestk (anciennement Tilsitt, Napoléon, bien sûr!). Nous l’empruntons pour voir le Niémen de près et le longer ensuite sur de petites routes qui figurent sur ma carte .Raté ! Le poste frontière est bien avant le pont. On fait demi-tour sous l’œil médusé d’un routier letton qui nous voit couper la ligne blanche (nous avons une plaque d’immatriculation lettone).
De magnifiques tilleuls sont alignés le long de la route. Ici, les églises sont en brique. Pour la première fois depuis longtemps nous voyons des champs de maïs. Les collines bordent le fleuve.
Après Sakinikai, un écriteau marron indique un Parc Naturel à Rambynas. Suivant la piste arrivons sur une colline où sont installés des bancs formant un cercle. Que se passe-t-il donc ici ? Le Guide Lituanie de Giedre Jankevicuité me donne la réponse : ici étaient encore célébrés au 19ème siècle des cérémonies païennes, plus tard, pendant la période soviétique, on y célébrait la Saint Jean. Un peu plus loin, point de vue : un balcon de bois surplombe le Niémen. Non loin, le cimetière de Bitenai. Retourner à la route, même avec le GPS a été une aventure : l’orage a laissé de grandes flaques qui barrent la piste : passera ou ne passera pas ?
Viesvile
Petite ville précédée de tristes barres HLM vides et d’une usine à l’abandon. Au centre un énorme bâtiment en brique (une école ?) et de nombreuses installations.
Jubarkas,
chapelle du manoir de Jubarkas
Après avoir traversé de belles forêts. ,à Jubarkas nous trouvons le Niémen et le premier manoir du circuit . Séparés par une grande pelouse deux manoirs pratiquement identiques se font face : l’un est la demeure des maîtres, l’autre celle des domestiques. Il faut être observateur pour remarquer que l’un d’eux est plus sophistiqué que l’autre. Dans un coin, une charmante église.
Jubarkas possède une belle église gothique en brique à deux clochers.
La ville n’a aucun charme particulier. On s’arrête pour le ravitaillement.
Le château de Panémuné est bien caché et mal indiqué. Le GPS refuse de nous y conduire ; Il faut suivre l’écriteau Pilis, une tour dépasse des arbres et des toits des maisons. Le château est en chantier avec des échafaudages, la route d’accès est éventrée.
Château de Raudonné
Le Château de Raudoné est plus facile à trouver : bâtiments en brique autour d’une cour carrée surmontée d’une haute tour ronde de 33.5m de haut. Seule la tour se visite. De la forteresse initiale et du palais 16ème on ne reconnaît plus rien. Les reconstructions historicistes du 19ème ont fait un ensemble néogothique. Les grands portraits sérigraphiés des anciens maîtres pendus aux fenêtres de la cour ne sont pas du meilleur effet et ôtent tout mystère au château, qui n’a plus rien de mystérieux puisque c’est maintenant un collège< ; je monte à la tour un peu désenchantée. Les toits ont été si bien rénovés qu’ils jureraient sur les photos. Je me contente de la vue sur le Niémen. A côté de ce château refait, une bâtisse est plus intéressante : celle des domestiques. Il y avait également une usine comme dans les autres manoirs déjà visités, demeure d’agréments pour les nobles mais aussi domaine de rapport et implantations industrielles.
Veliuona
C’est un village perché sur des collines, dominé par une église blanche. Sur la place se trouve une statue du duc Gediminas et un point de vue sur le Niémen. Le manoir est en retrait. Belle construction en bois du 19ème siècle précédé d’un fronton classique soutenu par des colonnes blanches. Une dame vend des tickets en pétrissant des colombins. Dans une autre pièce se trouve son tour de poteries qu’elle vend. La potière ne parle ni Anglais, ni Allemand, Russe, oui ! Sur le ticket se trouve l’image des fleurs de tulipier : elle me montre l’arbre magnifique mais défleuri. Les fleurs sont conservées dans des bocaux. On peut voir un intérieur paysan traditionnel plutôt bric à brac. L’exposition-photo Velinoma 1925, sans prétention, est émouvante : photos de mariage, de classe, de famille.
Belvédère
De très grands bâtiments blancs imitant la Renaissance Italienne (1830-1840) sont dans un état de délabrement avancé. Le parc est devenu une jungle profonde où est caché l’escalier de 365 marches qui descendait au Niémen. Dans le dépliant de l’Office de Tourisme de Jubarkas , on parle de pièces peintes et de beaux parquets ainsi que du mobilier choisi. Mais nous n’avons pas trouvé l’entrée.
Le dernier manoir avant Kaunas à Raudondvaris abrite un musée dédié au compositeur Juozas Naujalis dont je n’ai jamais entendu parler. Nous avons hâte d’arriver à Kaunas et il pleut !