Carrières de Calcaire : Limestone Heritage et plage de Gnejna bay

CARNET MALTAIS

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Front de taille de l’ancienne carrière

10h30, trop tôt pour aller à la plage.

IS-Siggiewi : Limestone Heritage

C’est une visite chère 9€ (pas de Multipass, pas de réduction senior) dans un cadre luxueux, restaurant ou salon de thé privatisable pour des évènements dans une ancienne carrière réhabilitée. La visite commence par une projection vidéo. On m’équipe à la sortie d’un casque audio-guide pour la visite extérieure (texte un peu redondant). Dans l’ancienne carrière on a reconstitué l’explication traditionnelle du calcaire à globigérine, le plus tendre qui se taille facilement en pavés réguliers.

taille des blocs de calcaire (reconstitution)

Les carriers creusaient des rainures au pic puis inséraient des coins métalliques sous une plaque de tôle pour faire éclater la roche. Ensuite on découpait des pavés réguliers et on récupérait les  morceaux irréguliers pour les murettes et les abris de jardin. Rien n’était gaspillé. On chargeait une vingtaine de pavés sur de légères charrettes peintes en rouge. Dans les années 1950 la reconstruction après les destructions de la guerre et l’expansion démographique, la mécanisation est arrivée avec des machines diesel montées sur rails qui découpaient avec des scies rotatives des pavés réguliers de 26cm (ce qui est approximativement la longueur d’une main aux doigts écartés).

Les camions Dodge

Les fines charrettes furent remplacées par des camions Dodge qu’on a peint en rouge comme les charrettes. Les chauffeurs les ont décorées, ils ont donné des noms à leurs véhicules, prénoms féminins, ou stars … L’ancienne carrière est plantée de hauts palmiers et d’un verger d’orangers ; un ruisseau descend en cascade le long du front de taille où subsistent les rainures de l’exploitation manuelle(l’exposition mécanique laisse un mur lisse). Ensuite une exposition montre les différents aspects de la vie traditionnelle maltaise : canaux d’irrigations taillés dans la pierre, Girna abri de jardin rond conqiue ou en forme de dôme, cuisine avec réchauds de pierre , niches ou cachettes dans la pierre des murs…C’est une jolie visite mais j’espérais en apprendre plus et voir une exploitation plus authentique.

gneja bay et tour

Sur la côte Est de Malte, deux baies Gnejna bay ou Golden  Bay se trouvent à proximité de L-Imgar. Il faut retourner à Rabat . La plage de Gnejna Bay est bordée de sable orange. Il y a deux kiosques dans des containers avec quelques tables pour déjeuner. Les plagiste ont installé une caravane et louent des lits de plages et des parasols à rayures bleue et blanches, des parasols verts, canoës et Kayaks et même des bateaux à moteur pour le ski nautique ou la promenade. L’eau est moins limpide que sur les plages rocheuses, peut être à cause du sable ou des estivants pas très soigneux. La zone de baignade est bien délimitée. Je pars pour une « expédition lointaine »vers la crique rocheuse suivante et c’est magique : l’eau reflète la couleur dorée de la falaisesj’ai l’impression de nager dans des paillettes dorées ou dans la moire vertes aux reflets d’or. L’eau bouge plus qu’ihier. Cela m’amuse de chercher des différences entre les différentes baignades.

Sous un grand parasol, sur une table en plastique, nous déjeunons de calamars en anneaux frits et de fish&chips. Il faut faire le service soi-même. Simple et cool, rien à redire.

Vers 16h nous rentrons à Qawra pour visiter l’Aquarium (12.90€ mais gratuit avec  le Multipass) . Bel aquarium mais j’en ai vus de plus intéressants.

 

 

 

 

 

Départ de Valence, un petit tour à la mer

CARNET DE VALENCE ET BENICASSIM

 

Ce n'est pas une lyre géante mais un pont suspendu!
Ce n’est pas une lyre géante mais un pont suspendu!

Nous quittons vers 10h30 l’appartement Negrito de la Rue des Valencians avec des regrets. J’ai beaucoup aimé cette ville variée et tranquille où il me reste encore tant à voir.

Avec la voiture nous faisons un tour à la Cité des Arts et des Sciences puis pousser vers le port ? Circuler dans le Port en voiture est interdit. Nous empruntons des routes au hasard et tombons sur des zones encloses dans des grillages. Les grues bien visibles de l’Oceanographic semblent effacées du paysage. De guerre lasse, j’allume le GPS qui nous ramène en ville au Pont de l’Aragon. Nous suivons attentivement les indications de madame GPS sans nous préoccuper de tourisme dans la ville moderne.

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On nous a recommandé de ne pas arriver avant 19h pour cause de sieste espagnole, une centaine de km séparent Valence de Benicassim, nous prenons le chemin des écoliers. L’autoroute gratuite pour Castellon longe le rivage. Au bord de l’eau, il nous vient des envies de plage.

Pour marcher au bord de l’eau nous prenons la première sortie vers Playa Pobla de Farnals, traversons cette station balnéaire modeste mais surtout déserte composé d’immeubles peu avenants. Nous cherchons un supermarché pour faire un pique-nique et surtout pour acheter une carte routière. La première boutique vend la presse locale et tout un assortiment d’hameçons, de fil de pêche et de leurres, la seconde est riche en boîtes de conserves de moules, sardines et calamars que nous dédaignons. La plage de sable est agréable, vierge de toute installation(la municipalité a enlevé et mis de côté les chemins de planches et même les poubelles). Au loin, on devine les grues du port de Valence. Quelques retraités ont apporté sièges de plage et parasols, on se baigne ici en Octobre. Ma jupe est plutôt longue, je la remonte pour marcher le long de l’eau. J’atteins la plage de Puig station plus chic avec une jolie promenade plantée, mais pas de restaurant en cette saison. Un petit kiosque en bois a installé quelques tables où l’on peut boire ou manger des glaces. Et déjeuner ? « je peux préparer des bocadillos. » propose la jeune femme. Déjeuner simple, impromptu : sandwich au saumon (bien rempli) et tortilla de patates.

Retour à la grande route, qui traverse une mer de vergers d’agrumes, bien entretenus, jeunes touffus, oranges ou mandarines.

Iles et plages du Connemara

CARNET IRLANDAIS    

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Itinéraire

A mi-chemin entre Clifden et Galway, face aux îles d’Aran, la côte est très découpée en péninsules et chapelet d’îles reliées par des ponts.  Nous coupons par la Bog Road puis Cashel vers Gortmore, retrouvons la WAW plein sud jusqu’à Costello/Casla jusqu’au bout de la pointe, puis traverser les trois îles Lettermore, Gorumna, Lettermulan.

Bog Road sous le soleil est bien différente. Les 12 Bens me fascinent. Les moutons sont toujours sur les mêmes chicots rocheux. Cashel est un village très chic. Son hôtel 4* est caché dans un beau parc derrière les murs . Maisons soignées et fleuries. La route longe une étendue d’eau si calme que je n’ai pas reconnu l’Atlantique. Dans cette portion du Connemara, le dessin de la côte est si compliqué, les baies si étroites comme de petits fjords ou abers qui s’insinuent dans les terres. Iles, vraies ou tidal, ou reliées par des digues, ou des ponts de pierre, font barrage à la force de l’océan, les Îles d’Aran ferment presque la baie de Galway. De la route on ne voit pas la mer ouverte, elle a toujours l’aspect d’un lac.

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Entre Cashel et la WAW nous traversons des tourbières. Un homme remplit à la main des sacs en plastique de briquettes qui séchaient en petits triangles. Plus loin, un autre remplit une brouette et fait un grand tas. Je regrette de ne pas avoir vu couper des tranches de tourbes et surtout de ne rien savoir si la propriété des tourbières ; qui les exploites ? Pour la consommation personnelle ou pour les commercialiser ? Les briquettes qu’on vend à la station-service sont régulières et semble sortir d’une machine.

Coral Beach : Tra An Doilin

Tra an Doilin
Tra an Doilin

Au bout de la pointe après Carraroe, une plage de sable doré et brun formée de petites criques derrière des rochers. Attention les pieds ! Cela pique, ce n’est pas du sable. Un panneau explique ce phénomène : « des algues rouges corallines poussent dans la baie. Quand elles meurent, elles perdent leur couleur. Des fragments gris ou blancs sont appelés maerl ». Google me donne des précisions : il s’agit de Lithotamne ou Phymatolitho calcareum. Cette algue croît principalement dans l’Atlantique nord. Elle forme une croûte fine dans son stade juvénile, puis les branches du thalle se détachent pour mener une vie non fixée. Le maerl est utilisé comme amendement pour les terres acides et également en pharmacie. Je ramasse ces « coraux » aux branches tordues et aux formes compliquées, sans but précis.

maerl
maerl

Les gens arrivent à la plage. Des fillettes se baignent avec leur grand-mère et 4 chiens. La dame s’adresse à ses chiens comme à des personnes « don’t be rude ! be polite ! » demander à un chien d’être poli ! voilà quelque chose d’exotique pour moi !

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la mer et toujours les 12 bens

Au fond de la baie, les 12 bens dominent toujours le paysage, j’ai plaisir à les dessiner. Deux vieux messieurs en chapeaux de paille et cannes passent ; je leur demande où nous pouvons manger « au village ! » j’insiste « Et sur le bord de la mer ? » Cela les fait beaucoup rire « Its a joke ! » Mieux vaut boire l’eau de la mer comme soupe !

Je relève mon pantacourt au dessus du genou et tente une baignade. Jusqu’à la cheville, cela passe à mi-mollet c’est drôlement frais, voici qui me console d’avoir oublié mon maillot ! Vers midi, les maîtres-nageurs ouvrent le container rouge et jaune, hissent le drapeau jaune et rouge (baignade surveillée et permise). Les estivants se pressent. Le parking est plein. Nous pique-niquerons ailleurs.

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La route entre Castello/Casta  et Lettermore est barrée pour travaux. J’écris les noms de lieu tels qu’ils apparaissent sur la Carte Michelin en bilingue. Dans la réalité, c’est écrit uniquement en gaélique puisque nous sommes dans le Gaeltacht. Cela  nous complique sérieusement la vie. Difficile de lire les panneaux irlandais écrits petits et pas forcément bien placés. Comment programmer le GPS ? Quand les panneaux sont écrits en irlandais ils sont incompréhensibles.

Sur un petit port, avec trois barques à moteur et une belle bleue et noire à rames. Toutes les barques sont noires, seules les bordures sont peintes en bleu ou en rouge.

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A peines sommes nous installées qu’un monsieur , bottes au pieds, arrive en sifflant et manipule les amarres d’une barque. Je commence une conversation anodine et météorologique « What a lovely day ! ». Il attend la marée et me montre la petite île en face. Ses vaches sont là, d’ailleurs on peut les voir près de la maison sous l’arbre, il en a 40…mais il ne veut pas déranger et va s’asseoir dans sa voiture « mangez tranquillement ! ». la mer monte vite. Avant la fin de mon brownie fondu (il fait 26°) il descend dans la barque et rame vers son île. Comme je lui demande son nom, il répond « je ne peux pas vous le donner ! »Aimable rencontre,  figure originale.

Trois îles sont reliées entre elles et reliées à la terre par des digues en pierre. Dans la voiture on ne se rend pas compte qu’on en a quitté une pour la suivante. La route principale traverse Gorumna – île ronde – par son diamètre. Il y a aussi une petite route circulaire que nus parcourons sans trouver d’accès à l’eau. Aucune plage sur cette île ? Chaque fois c’est le même scénario : un chemin se dirige vers la mer mais il est barré par un portail.

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Par une autre digue de pierre, nous accédons à Lettermullan, moins construite, moins verte aussi, un caillou granitique. Nous suivons un joli écriteau illustré de kayaks et de viliers. Sans doute un hôtel, au moins il doit y avoir un port ou une plage ! On perd la route et arrive à la pointe derrière une maison sur des rochers  presque nus très érodés. Au loin, une tour carrée, but de promenade ? Une silhouette m’inquiète : un âne ? un chien ? je retourne à la voiture chercher mes jumelles C’est un cairn qui semble déjouer les règles de l’équilibre et qui supporte par miracle vents et tempêtes. Rien de terrifiant !

Je m’installe pour dessiner. Les 12 bens en ligne d’horizon, des îles et des bras de mer au second plan au premier, des rochers couverts de lichens chevelus.

Le retour est interminable. Nous suivons le littoral par des routes parfois très étroites. L’océan est proche, tout le temps et si difficile à aborder. Combien je bénis la Loi Littoral français qui nous donne d’agréable sentiers côtiers ouverts à la promenade. Il semble que ce sit un privilège hexagonal.

De temps en temps, les silhouettes allongées des îles d’Aran barrent l’horizon.

 

Sky Road et Ormey Island

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Le château de Clifden
Le château de Clifden

Un crachin irlandais persistant tombe, contredisant les prévisions météo optimistes de mon téléphone. Nous traînons dans Clifden : courses à Supervalu pour le pique-nique du midi, pain soda au raisin (pourquoi soda ?), un grand pot de yaourt et du vin blanc. Le caissier  confisque la bouteille. Trop tôt ! La loi irlandaise interdit de vendre de l’alcool avant 10h30. Je comprends alors pourquoi verres et bouteilles traînent dans la rue devant les pubs. Les gens font des réserves quand il est encore temps, puis abandonnent le surplus. Cette même hypocrisie fait emballer les bouteilles dans le papier kraft puisqu’on ne doit pas boire sur la voie publique.

Malgré la pluie nous nous engageons dans la Sky Road boucle de 17km sur la péninsule proche de Clifden. Elle est double : lower sky road et upper. Nous choisissons la basse puisque de toutes les façons, on ne voit rien.

Arrêt devant une porte monumentale avec tourelles et créneaux : l’entrée du château. Il faut marcher un bon quart d’heure sur un chemin de terre et de cailloux occupants pour apercevoir le château. Construit en 1812-1815, par John d’Arcy, le fondateur de Clifden. C’est maintenant une carcasse vide sans portes ni fenêtres. Le brouillard l’habille de mystère. Le berger sur un quad pousse le troupeau de moutons. Le brouillard se déchire. Quand je remonte au parking les plages de l’autre côté de la baie sont éclairées.

 

Le beau temps remplace le temps gris. Les fuchsias éclatent de couleur, la mer bleue brille, les pentes raides vertes sont peuplées de moutons. La Sky Road  se dévoile à son avantage avec ses îles, caps, fjords. Difficile de décrire. Chaque tournant apporte une surprise. Avec le matin pluvieux, les touristes ne se sont pas pressés sur la route et nous pouvons nous arrêter et prendre des photos.

Omey Island
Omey Island

De la route principale, la WAW, une petite route conduit à Omey Island. Omey est une île à marée haute (tidal island). On peut l’atteindre à pied sec à marée basse. Je traverse la plage pieds nus. Quelques maisons sont dispersées sur Omey. On peut en faire le tour en 2h30 /3h. J’ai bien trop peur de me faire prendre par la marée montante et préfère ne pas m’éloigner. Sur le bord de l’eau, il y a un important cimetière, très bien entretenu. Le gardien passe la tondeuse à gazon qui s’entend de très loin et gâche passablement la promenade.

Dominique a colonisé une plateforme herbue faisant suite à une digue de pierres et blocs taillés. Nous prenons le soleil en attendant l’heure du pique-nique et regardons l’eau monter.

Cledden
Cleaddaghduff

La route de Cleggan fait le tour de la péninsule. Il fait un soleil radieux qui chauffe (c’est relatif, j’ai gardé mon gros pull de laine irlandaise). Près de Claddaghduff (quel nom !) la côte est la plus jolie. Les rochers de granite très clair, le sable blanc donnent à l’eau limpide des nuances turquoise qu’on imagine dans les mers du sud. A chaque crique, je me déchausse pour tremper mes pieds. Avec le beau temps revenu, il y a même des gens en maillot de bain. Je parcours la rute à pieds pour profiter du paysage. Cette petite route a le charme de l’inconnu et me plait plus que la Sky Road trp vantée et trop fréquentée.

De Cleggan  on embarque pour Inishbolin. Nous fuyons l’animation du port, l’affluence des voitures, évitons la WAW et prenons la direction de Moyard sur Ballynakill Harbour qui n’est pas un port mais un fjord, un aber, un bras de mer….Avec cette côte si découpée et les nombreux lacs, je perds le sens de l’orientation. Tout à coup, les montagnes, les 12 Bens, surgissent derrière un lac et une prairie verte(dans le pré voisin on  s’active à faire les foins). Image de carte postale.

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Retour sur la WAW, à l’entrée du parc National du Connemara.  Ous avons trouvé la description d’une promenade à une carrière de marbre non loin de Letterfrack. Suivant les instructions , nous passons le Manoir Roseleage, et prenons la première route qui monte dans la campagne. Après quelques centaines de mètres, changement de décor : nous sommes dans la tourbière ; Un écriteau bien délavé prévient qu’il y a des agneaux nouveau-nés sur la route. Ils ont du bien grandir depuis ! Les briquettes de tourbe sèchent formant des faisceaux trapus alignés. Au fond, je reconnais le Mont Diamant(453m). la carrière de marbre est là-haut. Il est trop tard pour grimper les 5km.

12 bens
12 bens

Nous avons d’autres projets : retourner aux trois plages de la pointe de Rynvile. La première se prête peu à la promenade, la  seconde est inaccessible, un camping et un parc de mobil-homes en bloquent le chemin. Il ne nous reste qu’à retourner à celles que nus connaissons déjà et qui m’avais enchantée samedi. La mer est haute et le sable sec forme une bande très fine. La promenade à marée basse était mieux.

Retour par Sky Road,  pas au coucher du soleil comme les guides le recommandent, il se couche entre 21 et 22h, mais sous une belle lumière estivale.

 

Bog road et les plages au sud- est de Clifden

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Brouillard sur la tourbière
Brouillard sur la tourbière

 

La Bog Road serait à son avantage par mauvais temps. Nous sommes servies ce matin : les nuages ont effacé les sommets des collines, formant une sorte de couvercle. La lumière surgit en dessous, entre deux monts et diffuse une lueur jaune.

les plumets de la linaigrette
les plumets de la linaigrette

A Ballynaboy, après le pont de pierre, la R342 est déserte. Nous ne rencontrons que quatre cyclistes. Tourbières, lacs, îles, petits canaux remplis d’une eau brune presque noire. Sur les rochers, une herbe verte s’est installée avec de la bruyère violette. Dans les zones plates, on remarque les plumets de la Linaigrette (Eriophorium angustifolium ou Bog cotton), parfois aussi des fougères-Aigles. Je ne me lasse pas de photographier et de filmer le camaïeu de brun, violet, gris parfois rehaussé de vert, tweed irlandais. Partout des rochers, des lacs. Le couvercle de nuages se délite,  plus diffus, tout devient flou. Le contour des collines s’efface. Sans l’humidité pénétrante, j’aurais bien fait un deuxième dessin.

moutons perchés
moutons perchés

La scène s’anime : les moutons sont sur la route. Ils gambadent, sautent, bondissent. Certains sont perchés sur un gros rocher, d’autres marchent sur la route.  Ils sont marqués de peinture rouge ou bleu. Il y en a même un tricolore à la laine très blanche. Ils n’ont pas été tondus. L’épaisseur de la laine est impressionnante pour certains. Un homme perché sur le rocher les observe, sans doute le berger. Son chien est invisible. Il observe ses bêtes sans les contraindre.

Supporter tricolore pour la finale de l'Euro
Supporter tricolore pour la finale de l’Euro

La Bog road est une parenthèse merveilleuse dans la circulation. Aucun bruit en dehors du bêlement des moutons. Courte parenthèse d’une douzaine de kilomètres que nous avons parcourus à moins de 20km/h ?

Nous retrouvons les voitures sur la Wild Atlantic Way (R341) qui passe par Roundstone et Ballyconeely  et que nous quittons pour l’île d’Inishnee reliée par un pont. Nous ne nous attardons pas , une course pédestre y est organisée cette après midi au bénéfice de la recherche pour la sclérose en plaques. Les organisateurs plantent des tasseaux de bois qu’ils coiffent de carton plastifié. C’est artisanal, propre et bon enfant. La course a lieu dans 1h30, ils nous laissent passer, s’excusant de boucher le passage.

Roundstone vu d'Inishnee
Roundstone vu d’Inishnee

Roundstone  est un petit port aux maisons colorées où se tiendront dimanche prochain des régates de bateau anciens aux voiles rouges. Tris de ces voiliers manœuvrent dans la baie entre Inishnee et une île allongée plate avec quelques maisons blanches. Déception au marché artisanal : sur le parking une demi-douzaine d’étals de produits frais seulement. J’achète au vendeur de fudge un parallélépipède  de sucre au caramel ;  il y en a de toutes les couleurs, ils ressemblent à des savons. Curieusement le même vendeur a aussi des savons qui ressemblent aux fudges. Autre déception au magasin de Malachy Bodhran qui vend des instruments traditionnels avec toutes sortes de souvenirs. Son « petit musée » annoncé est introuvable, les toilettes payantes (1€) et la musique sirupeuse n’a rien de celtique. Les tambourins sont décorés d’affreuses décalcomanies. Partout des écriteaux « ne laissez pas courir les enfants », « ne faites pas de bruit ». Attrape-couillons.

Le « coin-pique-nique » sera un quai en face de l’île plate allongée estompée dans la brume. Assises sur des blocs de granite. Les maisons sont disséminées le long de la route. Beaucoup moins soignées que vers Baltimore .Pas de fleurs dans les jardins.  Peut être le climat est plus rude que dans le Co Cork ?ou les gens sont moins riches?

 

Retour sur la WAW que nous quittons à chaque occasion pour aller de plage en plage. Gorteen est blanche avec des rochers de gneiss lisse presque noirs. Située en face d’un camping, elle est assez animée. Des enfants se baignent en combinaison de plongée, bleues ou roses. Des jeunes gens héroïques sont en caleçon, le torse nu dans l’eau. Des familles ont étendu des serviettes, des plaids, ou déplié des sièges pliants,. Malgré le temps gris, chacun est bien décidé à passer des vacances estivales à la plage. Plus loin, une autre crique sous le cimetière, nettement moins peuplée. Je devine une autre plage derrière la dune,  Dog Beach.

Juillet ou Toussaint?
Juillet ou Toussaint?

Dog Beach est une plage de rêve : une anse parfaite, un sable blanc d’une grande finesse, une eau transparente d’un turquoise lumineux qi bien qu’on a l’impression qu’elle illumine ce jour si brumeux. Le guide Evasion parle d’un sable unique, formé de débris de coquillages et de foraminifères. Il faudrait un microscope pour identifier les débris.

En revanche c’est sur Mannin Beach appelée aussi Coral Beach que je ramasse des débris de l’ordre du mm ou du cm que je prends pour des coraux.

Alors que cette journée grise et humide s’était jusqu’à présent déroulée sans pluie, une averse violente me surprend au beau milieu de la plage, me trempe le devant de mon pull et de mon  pantalon pour cesser dès que j’ai rejoint la voiture.

Poney du Connemara à Bally
Poney du Connemara à Ballyconeely

C’est la foire à Ballyconeely  démonstrations de Poneys du Connemara, concours canins et élégance féminine et concours de bébés. Quand nous arrivons, l’assistance est clairsemée (peut être est-ce trop tard ?) Il ne reste plus que les éleveurs qui font des tours de piste à pied en courant avec des poneys blancs bien peignés et portant des rosettes. Ambiance bon enfant, ils se connaissent tous, s’interpellent. Dans un enclos, des moutons très propres attendent. Une vache meugle sans discontinuer.

De Ballyconeely une petite route fléchée Smokehouse se dirige vers la mer. Une fumerie de saumon ! nous en parlons depuis des semaines ! Hélas, la fumerie est fermée le week end. Il ne reste même pas l’odeur. Au retour le Bunowen Castle sort de la brume qui lui va très bien.

Bunowen castle
Bunowen castle

Derrigimlagh

Une curieuse installation dans la tourbière à l’entrée de Clifden célèbre deux exploits technologiques du début du 20ème siècle : les liaisons par TSF  par Marconi avec l’établissement d’une station radio en 1905 et l’atterrissage (ou plutôt le crash) dans la tourbière voisine de John Alcock et de Arthur Witten-Brown en 1919 après le premier vol transatlantique reliant Terre-Neuve à l’Irlande en 16h28mn.

Marconi et les aviateurs
Marconi et les aviateurs

Cllifden est l’équivalent irlandais de Pleumeur Bodou. Cette installation ne peut pas rivaliser avec le Radôme et son musée. Le parcours d’environ 5 km est ponctué de 7 arrêts. La première « œuvre d’art » est un grand panneau représentant Alcock et Brown après leur atterrissage à bord de la voiture sur rail de Marconi qui se tien debout. Représentation dans le style BD. La seconde est un orgue Tuning Fork avec des fourches ressemblant à un diapason alignées par ordre de taille. Un marteau métallique est laissé à la disposition des visiteurs. Il s’agit d’illustrer la relation entre la fréquence et la longueur d’onde et la hauteur du son faisant une analogie entre les ondes sonores et les ondes-radio de Marconi. La 3ème installation se trouve un peu plus loin sur le parcours. En actionnant une manivelle on fait marcher une dynamo qui fournit l’électricité à un émetteur qui est une illustration sonore de la Station Radio de Marconi. Cette station était considérée comme stratégique par le gouvernement britannique et gardée par la troupe. Pour y entrer il fallait pouvoir justifier de son identité. James Joyce, jugeant qu’il était assez célèbre crut pouvoir s’en passer et fut refoulé alors qu’il souhaitait interviewer Marconi.

 

Kylmore Abbey et Rynvile Point

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Kylmore Abbey
Kylmore Abbey

Le château de Kylmore se reflète dans le lac sous le soleil du matin. Deux cygnes glissent entre roseaux et nymphéas. Nous sommes presque les premières visiteuses. Le site est un enchantement. Redoublé par son reflet, le château gris tout en tours et en créneaux dans son écrin de verdure est merveilleux.

Château victorien, construit en 1867 par Mitchell Henry (1826-1910), » médecin, industriel, homme politique et pionnier, il eut une approche innovante et expérimentale créant la première ferme modèle de l’Ouest de l’Irlande [ …]le plus grand jardin victorien d’Irlande et produisant dès 1873 sa propre électricité avec une centrale hydro-électrique » (je traduis le dépliant) Il représente le comté de Galway à la chambre des communes  partisan du Home Rule visant à donner l’autodétermination à l’Irlande. Philanthrope, il avait construit une école pour les enfants des travailleurs du domaine (qui pouvaient ainsi émigrer en Amérique sachant lire et écrire.

jardin de plaisance
jardin de plaisance

C’est surtout le jardin Victorien qui nous a enchantées. Pour y parvenir, une promenade d’1.6 mile longe le lac sous des arbres immenses. Sur le tronc de certains thuyas, des camélias et des houx se sont installés comme des épiphytes tropicaux. Des rhododendrons et des camélias atteignent des dimensions considérables. Pour qui ne veut, ou ne peut pas marcher, des navettes relient le jardin à la billetterie.

Verger en espalier et plate-bande ornementale
Verger en espalier et plate-bande ornementale

Ce « jardin entouré de murs » est exposé au sud dans un vallon abrité.  Avec ses murs, il jouit d’un microclimat.Le jardin d’agrément a une pelouse ornée de massifs fleuris, ondulant en gracieuses virgules roses ou en volutes de capucines. Le long des murs de briques, des bordures colorées changent au gré des saisons. Selon la guide,  au printemps elles sont les plus belles avec les jonquilles et les crocus, en ce moment, elles sont roses.

Sur la pente faisant face à la pelouse, on a construit un jardin d’hiver composé de 21 serres chauffées contenant une vigne, des arbres fruitiers, des fleurs et des primeurs pour les besoins des invités et du personnel. On pouvait passer d’une serre à l’autre sans craindre les rigueurs de l’hiver. Un portoir métallique de présentation était installé dans la dernière serre : on y suspendait des paniers de légumes, fruits ou fleurs correspondant à la production du moment. Les dames pouvaient choisir ce qu’elles préféraient.

Le chauffage des serres était fourni par le four à chaux dont on amendait les terres acides de tourbière.

potager
potager

Le « work garden », le potager doublait le jardin d’agrément. Deux triangles boisés séparaient ces deux parties. Un ruisseau courait entre les haies de fuchsia. Ces bosquets masquaient les installations, chassis, serres froides pour acclimater les jeunes plants, remises à outils, l a station de pompage, le Bothy (mot écossais désignant un petit cottage de montagne) où vivaient 6 ou 8 ouvriers.

Bothy : logement des ouvriers
Bothy : logement des ouvriers

En face du Bothy, bien en vue, le cottage du Chef-jardinier est très cossu. Nous avons déjà vu à Glengarriff l’importance d’un jardinier expert. Ce chef jardinier pouvait, de son bureau, dans une bow window , surveiller les travaux des employés. Il jouissait de tout le confort de l’époque, possédait un gramophone, un projecteur de films. Il y avait aussi une machine à coudre et une buanderie équipée. Dans la salle à manger, la table est dressée de porcelaine fine. Ce luxe contraste avec la modestie du Bothy.

Cottage du chef-jardinier
Cottage du chef-jardinier

La partie rocheuse est organisée en rocaille fleurie: une collection de petits géraniums (collection dont j’ai rêvé il y a un certain temps et que j’avais même commencée),  conifères nains taillés.

Le long des murs du jardin, poiriers, pruniers, pommiers et même cerisiers sont plantés en espalier. Dans un creux, un figuier prospère, ses figues, encore dures sont déjà de bonne taille. Il y a même un pêcher, mais je ne lui ai pas vu de pêches ? Seuls les noisetiers sont plantés en un petit verger.

les choux et les soucis
les choux et les soucis

Le château avec au moins une douzaine d’occupants hiver comme été, ses dizaines de domestiques, jardiniers, et même pompiers, devait être auto-suffisant, tout du moins pour les fruits et légumes. Le potager devait être de bonne taille. Les carrés (rectangles) sont bordés de buis taillés et entourés de pelouses. Ceux des pommes de terre et des rhubarbes sont des dimensions d’un petit champ. Les choux sont plantés artistiquement alternant les violets, les verts les brocolis. On leur a adjoint des soucis (marygold) dont les fleurs oranges contrastent avec le vert des feuilles ; ils ne sont pas là uniquement pour la décoration, ce sont des « compagnons » qui éloignent les parasites et insectes indésirables.

Un carré d’un beau bleu est cultivé en Phacelia (green manura) qui joue un rôle double : attirer les abeilles et autres pollinisateurs et servir d’engrais vert. On l’utilise dans la rotation des cultures. L’ail et les œillets d’inde jouent aussi la double fonction de décoration et d’éloignement des indésirable. Il existe aussi une association concombres/œillets.

le jardin dans les murs
le jardin dans les murs

Au fond du jardin les herbes aromatiques et médicinales sont plantées dans de jolis rectangles divisés en 4 petits carrés autour d’un laurier taillé en boule. Au milieu du 19ème siècle, la pharmacopée était rudimentaire on faisait confiance dans les herbes médicinales. La conférencière insiste sur les préoccupations hygiénistes des Victoriens obsédés par l’hygiène : il y avait au château des bains turcs et les châtelains se baignaient jusqu’à trois fois par jour.

La haie fleurie
La haie fleurie

Autre obsession victorienne : la séparation entre les dames du château et les travailleurs. Les dames arrivaient en voiture à cheval du château. Sous la porte pendait une cloche qu’un jeune garçon actionnait. Les jardiniers allaient se cacher derrière les haies pour que leur vue n’offense pas les dames. C’est la raison d’être de la grande allée bordée de fleurs qui est le chef d’œuvre du jardin. Quatre plantes fleuries sont associées par ordre de taille. On les a repérées avec des numéros et des lettres et un carton avec les noms latins est disponible pur les identifier. Par exemple : à la colonne 18, 18A : la potentille(rampante), 18B hémérocalle, 18C Lobélia 18D Watsonia, la plus haute. De cette manière je suis arrivée à mettre un nom sur cette fleur que j’ai découverte à Baltimore et qui est  très utilisée dans les jardins irlandais.

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Quand le château a été transformé en abbaye bénédictine, le jardin d’agrément ne fut plus entretenu. Sa restauration est récente. On a recherché des variétés anciennes. Il est possible de commander ici des semences victoriennes.

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A l’extérieur des murs, on a planté des chênes aux troncs tordus, blancs que j’avais pris pour des bouleaux. Il y a 10.000 ans, les chênes étaient l’essence la plus répandue. Le nom de Kylmore dériverait de Coill Mor signifiant le grand bois.

Vue du salon de thé sur Mount Diamond
Vue du salon de thé sur Mount Diamond

Deux promenades permettent d’atteindre le salon de thé construit au dessus du jardin victorien. C’est un self-service où on sert toutes sortes de gâteaux sucrés, apple-pie et crumbles, des fudges, des scones ou de belles quiches. Il y a aussi de savoureux sandwiches. Nous choisissons un sandwich au thon et un apple-pie à la crème fouettée (au choix, custard). La vue de la terrasse est merveilleuse sur le Mont Diamant qui doit son nom aux facettes rocheuses lisses et brillantes. Il se trouve dans le Parc National du Connemara et on peut y monter par une promenade facile.

marbres précieux et pierre de Caen dans la chapelle
marbres précieux et pierre de Caen dans la chapelle

Je pars découvrir la partie du parc située entre le Lac Pollacappul et l’Abbaye, promenade jalonnée de bancs, tables à pique-nique sous de beaux hêtres, des frênes, ou des chênes. L’église gothique fut construite à la mémoire de Margaret Henry décédée en Egypte quelques années après la construction du château.  Voulant une chapelle « féminine », on a remplacé les gargouilles médiévales par des anges. Cette intention n’est pas exempte de la mièvrerie du 19ème siècle qui m’agace. Les marbres des colonnes gris, rose et verts plaquées sur la pierre de Caen font un ensemble de toute beauté.

Plus loin, le mausolée où reposent les époux est bien modeste. Dernière attraction, un rocher en forme de fer à repasser devant lequel je suis passée sans m’y arrêter.

Nous terminons la visite par l’Abbaye, comme nous avons raté le début de l’audiovisuel et que le dépliant offert est si bavard que je crains de ne rien y apprendre de nouveau, nous n’attendons pas la séance suivante. Ce château récent, caprice victorien transformé en école ne peut pas être comparé aux châteaux chargés d’histoire. Le vestibule, le hall d’entrée, le salon et la salle à manger se visitent. Je ne leur prête qu’un regard distrait.

Bally harbour
Ballynakill Harbour

Nous terminons cette journée ensoleillée sur la presqu’île  en face de Letterfrack et qui se termine par la Pointe de Rynvile. Une petite route longe Ballynakill Harbour (nom donné au fjord) au sud de la pointe. Il fait assez chaud pour rester un bon moment à dessiner. Nous continuons la petite route qui ne figure pas sur la carte et qui grimpe au flanc de la colline. En dessous dans les prés vert fluo s’égaient des moutons. On découvre des maisons de pierre en ruine. Les buissons de fuchsias rouges contrastent avec le vert des prés et le bleu de la mer. A la Pointe de Rynvile, nous trouvons la plus jolie plage qu’on puisse imaginer. L’eau est limpide turquoise. Les vagues se brisent, d’abord transparentes, couleur menthe glaciale, puis en écume mousseuse. Je relève le pantacourt au dessus du genou pour mon plus grand plaisir.

Rynevile point
Rynvile point

 

Dingle : Connor’s Pass et le nord de la Péninsule

CARNET IRLANDAIS

Connor’s pass

Connorspass
Connorspass

La route 560 part de Dingle. Avant de la trouver, nous faisons un nouveau tour en ville. Je suis frappée par les couleurs et les décors des façades. Nous reviendrons faire des photos.

Au col, la vue est étonnante sur les deux côtés de la péninsule, surtout vers le nord que nous ne connaissons pas.

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Leçon de géologie : histoire du West Kerry

Ordovicien: l’Irlande est dans l’océan sous l’Equateur : sédimentation de boue et sable

Silurien : volcanisme, îles, laves et cendre, dépôts sédimentaires fossilifères à Dunquin

Dévonien : fermeture de l’océan sur le continent désertique l’érosion donnera des sables et des grés Old red sandstones

Carbonifère : transgression marine laissant des coraux et des coquillages.

De 2 Ma à 10.000ans les glaciations.

Les couches volcaniques, je les avais remarquées près de la plage hier, les anciens grès rouges se rencontrent partout. Quant à l’érosion glaciaire, les petits lacs suspendus, les cirques glaciaires, les vallées en U, le verrou de la moraine retenant un petit lac sont des exemples tout à fait pédagogiques. Tout est encore frais de la  déglaciation, il y a 10.000ans, rien ne vient masquer les structures, ni les forêts ni les constructions humaines. De joli ruisselets serpentent dans la vallée. Au col la vue aérienne montre le dessin des murettes, des enclos ronds : reste de forts ou de monastères  ou plus simplement enclos des bergers pour les moutons ?

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Au parking, un musicien gratte sa guitare. Il vend des CD de musique celtique « perfect music for driving » . je regrette que nous les ayons méprisés, nous aurions pu sonoriser notre voyage en glissant une galette dans la fente de l’autoradio et cela aurait donné le son de ma petite vidéo.

La descente vers le nord est spectaculaire. La route est taillée dans le roc. On ne peut pas du tout se croiser, la marche arrière vers le refuge est impressionnante, surtout pour le véhicule du côté du ravin. Une dame allemande à bord d’un énorme camping-car nous intime l’ordre de replier le rétro. Echange plutôt aigre.

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Après nous être arrêtées à la cascade, nous arrivons au charmant village de Clochan qui a un pub pimpant Pub O’Connors : trois maisons de couleurs vives jeune/vert/violet. Une étrange statue est formée par le moteur d’un avion crashé dont on a cimenté les ouvertures puis rainuré le filetage dans le ciment. De loin, on croit voir des crânes. C’est fantastique, un peu macabre.

Tout à côté, la plage de Carragh Beach est bien cachée dans un creux, selon le Guide Vert, c’est un  spot de pêche au saumon.

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Brandon point est au bout de la route ; Pour rejoindre Brandon Creek, il faudrait emprunter à pied le Dingle Trail randonnée pentue et herbeuse au flanc du Mount Brandon qui semblait être une grosse colline bombée et arrondie du côté de Brandon creek tandis que du côté de Connor’s Pass il est déchiqueté et creusé d’un cirque glaciaire. Des moutons à pattes et tête noire paissent tranquillement. Sous le soleil, le très beau paysage m’incite à dessiner.

La plage de Fermoyle  se poursuit jusqu’à une pointe fermant la Brandon Bay  sur une douzaine de kilomètres : belle promenade pieds nus et pique-nique.

La suite du circuit se termine de l’autre côté de la pointe à Castel Gregory,  est moins pittoresque. La pointe est occupée sur son flanc ouest par un golfe, donc fermé pour nous, à l’extrémité et à l’ouest la pointe est construite de lotissements modestes peu soignés et des mobil homes gâchent le paysage sans aller jusqu’à Camp nous rentrons par une après midi ensoleillée à Connor’s pass où nous recommençons les toutes les photos du matin.

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Dingle est une ville très colorées, boutiques et pubs rivalisent d’imagination dans les couleurs, les motifs et les vitrines. C’est un plaisir que de photographier. De retour chez Rita, je m’installe dehors. La soirée est assez douce pour écrire au soleil sur le petit banc sous la fenêtre de notre chambre

les environs de Baltimore : Lough Hyne – Tragumna

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Lough Hyne

Ce lac a la particularité d’être salé et de contenir une faune étonnante d’anémones de mer et d’oursins tropicaux. C’est une réserve étudiée par les scientifiques depuis le 19ème siècle.

Encaissé dans une forêt de feuillus – très beaux hêtres – et conifères.

A la sortie du gîte je prends la petite route balisée N°2 à l’intention des cyclistes (deux VTT sont à notre disposition au gîte mais ils sont grands et lourds et les pentes sont raides, je n’imagine pas les grimper sans entrainement préalable). Elle s’élève à flanc de colline dans des prairies à vaches où sont dispersées des fermes. De très belles vues s’étendent sur les falaises et la mer. J’en viens à douter de l’itinéraire. Deux jeunes à bord d’une auto rouge me confirment que j’arriverai bien au lac « mais c’est loin ». Enfin une boucle en descente arrive à des maisons. Le lac brille au loin. A une fourchette je doute. La route s’engage alors en sous-bois très touffu. Le lac est à mes pieds, une dizaine de mètres plus bas – inaccessible – Retour au bercail après une heure et demie d’une très belle promenade

Tregumna

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Tregumna au bord de l’eau n’est pas répertoriée dans les guides et dépliants. Sur la carte elle semble très proche 7km dit Madame  GPS – qui connait – 20 minutes selon elle, par des chemins creux bordés de fuchsias en montagnes russes. Impossible de croiser un autre véhicule ! A l’aller on ne rencontre personne, au retour vers 17h30 il faut faire assaut de politesse. La règle « priorité au véhicule montant » ne s’applique pas. C’est celle – également écossaise – du passing place qu’on utilisera. Le véhicule le plus proche d’un endroit élargi, recule. Les locaux connaissent les emplacements,   pour nous c’est moins évident. Le problème survient quand se présente un 4×4 vraiment large ou une camionnette. A très petite vitesse, nous atteignons Tregumna qui a une très petite plage de sable surveillée par deux maîtres-nageuses avec des drapeaux jaune/rouge qui permettent la baignade (pas de drapeau vert comme chez nous). Un peu plus loin, sous des maisons de vacances il y a une autre crique (accès délicat) où il n’y a personne. La route continue en corniche (coupant le cap de Toe Head – jusqu’à Castletownhend. Nous admirons, les falaises les îlots, arrivons sur une grande plage où – enfin je me déchausse pour un premier bain de pieds en pensant par moi-même que c’était plus agréable au Sénégal !

Au B&B proche du gîte, le jardin Rosewood est ouvert à la visite (payante). Il est ravissant avec sse petites serres fleuries, ses tables pour le thé et ses allées bordées de buis. Il n’y a personne. Un chien aboie à l’intérieur de la maison et on n’ose pas poursuivre la visite.

Alors qu’on se préparait à diner d’eggs and bacon – bacon artisanal pas rose vif comme chez nous plutôt beige avec une jolie bordure de gras et de pain au raisins , il me revient que nous avons oublié de payer le péage de M50, le périphérique de Dublin. Il ne nous reste que 30 minutes pour nous acquitter de ce devoir à la payzone la plus proche. Retour dare dare à Skibbereen. J’entre dans un pub, tout le monde paie par téléphone sur eflow (mais il n’y a pas de wifi au gite) à la station service il y a une payzone. 7h55, à 5 minutes près je m’acquitte de la grosse somme de 3€10. Mission accomplie à temps !

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autour de Trestel – Port Blanc

CARNET DU TREGOR 

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Soleil, nous partons vers 10h par Louannec dont l’église est encerclée par un impressionnant enclos. Passant par Trelevern nous retrouvons la plage de Trestel           où nous avions passé une deux semaines il y a une quinzaine d’années. Le Centre Héliomarin a une nouvelle aile plus moderne, on a aussi décoré la plage avec un petit phare transparent en plastique ou en verre. Le sable est très fin, très blanc, très agréable à fouler. Il fait trop frais pour marcher pieds nus. Pourtant, dans l’eau,  il y a des baigneurs : en combinaison, des personnes de tous âges marchent, des surfeurs sont allongés sur leurs planches. En 40 minutes, j’arrive à la plage du Royo. Un tracto-pelle décore le parking pour la construction d’une digue en énormes parallélogrammes de granite rose . Effet du réchauffement climatique, des tempêtes des hivers récents ?  Partout où je suis passée, hier et aujourd’hui, on a construit des murs avec ces grosses barres roses. La côte de granite rose s’étend même aux plages de sable ou de dunes.

Une promenade dans les marais de Trestel part de la plage, monte  dans la forêt de châtaigniers sur un beau sentier (auquel il manque quand même le balisage). Plus bas,  la station de lagunage est cachée par les arbres, puis on descend jusqu’à des pâturages clos. Le sentier passe un  petit pont et longe un  ruisseau. Le marais n’est pas très étendu, on retrouve les maisons fleuries, le sentier passe derrière des jardins, des murs pour arriver à Kergall. Ensuite le balisage disparaît complètement. Par où passer ? Heureusement mon téléphone me donne ma position.

 

Déjeuner sur la plage à Port Blanc. La route conduit au Camping des dunes, fermé en octobre, donc désert. Le sable de la plage est d’un blanc exceptionnel. Sous le soleil, l’eau prend des teintes turquoise comme on imagine dans les mers du sud. Les rochers ont des teintes orange. Les oiseaux sont très nombreux. Une aigrette d’une blancheur éblouissante atterrit sous nos yeux. Des huitriers-pies se promènent. Ils sont étrangement silencieux, heureusement leur cri est affreux. Il y a même un bécasseau avec sont long bec, il arpente tranquillement les rochers.

Je rentre à Trestel par la plage tantôt je marche sur le sable, quand il est remplacé par des galets je monte sur le sentier qui passe par un champ de chou, puis par de belles maisons.

Le soleil brille quand nous rentrons au gîte : les chaises longues de la terrasse à l’ouest sont parfaites.

Lannion, Saint Michel en Grève, Plestin les Grèves

CARNET DU TREGOR

Plestin les Grèves
Plestin les Grèves

Il pleut ce matin. Inutile de se lever tôt. Grasse matinée lecture, La Fête du siècle de Niccolo Ammaniti ne m’enthousiasme pas trop, j’en ai déjà lu la moitié, ce serait bête de l’abandonner,  le récit s’anime pendant la fête .

Lannion est à moins d’une dizaine de km.  Malgré son aéroport, son IUT, les nombreux magasins  à l’entrée de la ville, c’est une très petite ville. A l’office du Tourisme, l’employé très aimable ne sait que me conseiller pour un jour de pluie « Allez à la médiathèque », située dans un couvent. Il me vend un plan avec trois promenades. Sous cette pluie cela ne nous séduit pas vraiment.

Nous continuons dans la direction de Plouaret où se trouvent trois châteaux, des jardins et des chapelles.

Ploubezre
Ploubezre

Premier arrêt à Ploubezre, pittoresque village de granite rassemblé autour de son église: deux bars, un restaurant de kebab « la Turquoise ». L’église est dans son enclos, restaurée au 19ème siècle, elle garde des chapiteaux 12ème et 13ème que nous ne verrons pas puisque elle est fermée. Plus que le calvaire usé par le temps, le vieil if au coin de l’enclos et deux buis déplumés m’ont plu.

Sur la route de Ploubezre à Plouaret à un croisement, à la sortie du village,  un calvaire original : Cinq croix, toutes simples. Il y a plus loin une chapelle, fermée en cette saison. Dans la région,  manoirs et châteaux sont nombreux, trois se trouvent dans le voisinage. . Nous nous détournons pour voir le château de Kergrist – fermé en cette saison.

La route débouche à Saint Michel en Grèves : la belle plage est dégagée, à marée basse. Sous le ciel gris, la mer grise est très loin. Sur le sable il y a de nombreux canards (je regrette d’avoir oublié mes jumelles). Il fait trop frais pour se déchausser, je longe donc la grève jusqu’au parking suivant où Dominique m’attend.

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Un panneau raconte la légende de la Croix de demi-lieu, elle aurait été érigée quand Saint Efflam et les Bretons s’installèrent  en Armorique au Vème ou VIème siècle. Il est écrit que la croix se déplacerait d’un grain de blé tous les 7 ans et que,  lorsque elle atteindrait l’église, se serait la fin du monde. Le Guide Gallimard donne une autre version  : cette croix de demi-lieue est au milieu de la grande plage d’une lieu. Autrefois, le seul moyen d’aller de Saint Michel à Plestin était de passer par la plage. La Croix était un repère, si son pied était dégagé on pouvait passer le gué, si les eaux cernaient la Croix il valait mieux s’abstenir. En cas de brouillard, les voyageurs se guidaient en écoutant les cloches de Saint Michel et du tocsin de grève de la chapelle Sainte- Enora.  La croix fut renversée au cours de la dernière guerre mondiale. On en dressa une nouvelle en 1993. Gallimard raconte une autre légende : sous cette immense grève, au Rocher Rouge, une cité aurait été engloutie, on entendrait la nuit de la Pentecôte les cloches de l’église immergée…

Toutes ces histoires confèrent du charme à la promenade le long de la plage.

Belle maison de Saint efflam
Belle maison de Saint Efflam

A Saint Efflam, le GR quitte la plage. Il passe d’abord devant de merveilleuses maisons de granite avec des clochers, des gargouilles, des pinacles, dans des jardins avec des palmiers et des plantes exotiques. Le sentier grimpe dans la forêt qui surplombe les rochers. Les randonneurs ne semblent pas les bienvenus : à la place de « sentier côtier » ou « GR34 » il est écrit « servitude de passage ». De belles propriétés sont cachées.

Thermes de Hogolo
Thermes de Hogolo

Le sentier monte des marches, descend. Comme il a plu ce matin les marches sont parfois glissantes. Je regrette de n’avoir pas pris mon bâton de marche. Tantôt je marche sous des arbres magnifiques, chênes et châtaigniers, tantôt dans des fougères roussies. Dans un creux je vois des schistes verts, cela change du granite, je passe sous une arche taillée dans des houx très touffus. Les houx sont de vrais arbres, les troncs sont dégagés. La côte regardant vers le nord est très découpée avec des pointes que le GR suit. Je retrouve Dominique à la plage des Curés. Le GR devient plus facile. Il passe dans une pinède le long de la baie paisible, estuaire  à sec à marée basse. Un site archéologique a été dégagé du sable par une tempête : les thermes d’Hogolo , ce sont des bains privés donc d’assez petite taille.

chapelle Ste Barbe
chapelle Ste Barbe

La promenade se termine à la chapelle Sainte Barbe, un peu à l’écart de la route entourée de belles maisons fleuries. Dédicacée à la Patronne des Gardes-côtes ; elle protège les femmes enceintes. Le toit de lauzes est charmant.