Retour à Siglufjördur au nord de l’Islande, petiteville à l’écart enclavée. Un nouveau tunnel est en construction pour relier Saudarkrokur et la côte Ouest (nous l’avons emprunté en 2019).
Le roman se déroule en 2010 juste après l’éruption de l’Eyjafjöll qui a émis une quantité énorme de cendres interrompant le trafic aérien européen (nous avions perdu une semaine de vacances en Grèce) et rendant l’air irrespirable à Reykjavik. les effets de la crise économique de 2008 sont encore perceptibles; l’économie et la monnaie islandaise en piteux état.
C’est le troisième livre de Ragnar Jonassonque je lis et le troisième de la série d’Ari Thor – policier à Siglufjördur, après Snor (je n’ai pas lu Mörk). Comme précédemment, je ne suis pas arrivée à m’attacher à Ari Thor ni à ses déboires sentimentaux. D’ailleurs le héros de la série ne joue qu’un rôle secondaire dans la résolution de l’enquête. Il fait d’ailleurs cruellement défaut à son chef au moment où on le plus besoin de lui. Plus intéressante : la journaliste Isrùn qui a une personnalité complexe et qui s’implique dans le drame.
Je déteste qu’on spoile un polar. Je ne vous en dirai pas plus.
Soyez patient! L’action démarre très doucement et même se traîne. Une série de personnages se présente, certains auront un rôle dans l’intrigue, d’autres sèmeront des fausses pistes. En revanche, la fin s’accélère, même s’emballe et plonge dans la noirceur qu’on ne soupçonnait pas. Votre patience sera récompensée et vous tournerez les pages pour connaître le edénoue
Giusto Traina est universitaire, professeur d’histoire ancienne. Il s’agit donc d’un livre d’Histoire sérieux bourré de bibliographie et de notes (100 pages). Ce livre n’est pourtant pas inaccessible au profane, des cartes permettent de s’orienter dans les toponymes parfois oubliés.
Pourquoi l’auteur a-t-il choisie cette année 428? La réponse est dans le titre : une année ordinaire dans l’Empire romain, peu d’évènements marquants : le roi d’Arménie est déposé, incapable, à la demande des nobles arméniens, fin d’une dynastie. Nestorius, évêque d’Antioche, vient prendre le poste d’évêque de Constantinople. Nous suivons son périple de Syrie à la Ville, traversant l’Anatolie. Nous allons, d’ailleurs, beaucoup voyager au cours de cette lecture, dans l’empire et à ses frontières – limes.
Ravenne : mausolée de Galla Placidia
A la tête de l’Empire d’Orient, se trouve Théodose II, entouré de sa sœur Pulchérie et de sa femme Eudoxie. Les controverses religieuses sont vives entre courants ecclésiastiques et monachisme , des conciles se réunissent pour éliminer les hérésies, Theodorius sera d’ailleurs déposé au concile d’Ephèse (431) . On rencontre en Syrie Siméon le stylite qui attire les foules perché sur sa colonne de 9 m de haut, Rabboula, d’une rigueur ostentatoire. A côté de l’orthodoxie l’arianisme est adopté par les Goths, manichéisme et zoroastrisme viennent de Perse et ont des adeptes. Le paganisme est encore vivace, sous forme de syncrétisme parfois, ou plus officiellement à Athènes où les philosophes font encore école. Eudoxie, l’impératrice est grecque et ne s’est convertie au christianisme à son mariage. Les controverses religieuses m’ont paru assez absconses pour la non-spécialiste que je suis et j’ai parfois lu en diagonale.
Ravenne San vitale pour le plaisir
A la tête de l’Empire d’Occident: Valentinien III est le cousin de Théodose II. mais on note la forte personnalité de Galla Placidia, fille de Théodose Ier et mère de Valentinien. La capitale politique de l’Empire d’Occident est Ravenne . A Rome, règne le pape Celestinet les sénateurs se réunissent encore. Le paganisme résiste encore. La ville se remet du sac d’Alaric (410) et se reconstruit.
Les Barbares ne menacent pas encore l’Italie, si les Burgondes sont installés en Aquitaine, le général Aetius remporte en 428 une victoire à Cologne et à Mayence sur les Francs. D’ailleurs les armées d’Aetius comportaient des barbares des Huns notamment. L’auteur note que :
« comme dans le poème de Kavafis En attendant les Barbares, les membres du clergé de Gaule voyaient dans l’invasion une solution à leurs problèmes »
En 428 Gunderic, roi Vandale, s’empare de Séville. Les Vandales étaient établis en Espagne avant de déferler sur l’Afrique du nord. Ils étaient convertis à l’arianisme.
En Afrique du nord, nous rencontrons Saint Augustin, évêque d’Hippone âgé de 74 ans.
Nous avons ainsi fait un tour de la Méditerranée avant de nous intéresser à l’Egypte où Cyrille, adversaire des Juifs et des païens dirige une véritable milice à Alexandrie. Le christianisme se développe dans les fractions populaires non hellénisées en une église copte. Chenouté abbé des communautés cénobites du Monastère Blanc est un représentant du peuple opprimé. Le Ramasseumet les temples païens sont martelés. mais il reste encore des traces des religions préchrétiennes. Le temple d’Isis à Philae est encore ouvert au culte.
De l’Egypte on passe en Palestine avant de terminer le périple en Perse...
« Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d’autres des notes de violon. Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le cœur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires et que nous ne sommes peut-être ni vivants ni morts. Pourtant, à eux seuls, ils ne suffisent pas et nous nous égarons sur les landes désolées de la vie si nous n’avons rien d’autre que le bois d’un
crayon auquel nous accrocher. »
Entre ciel et terre est le premier tome d’une trilogie. J’avais été soufflée par Le cœur des hommes, lu avant notre voyage en Islande. j’aurais peut être dû lire les trois livres dans l’ordre (je viens de télécharger le tome suivant La Tristesse des Anges )
Dans les fjords du Nord Ouest de l’Islande, au mois de mars, le monde est blanc de neige. Le roman commence dans le Village de Pêcheurs, des baraquements sur une plage où sont posées les barques. Les pêcheurs ont souvent une maison et une famille ailleurs, mais ils logent ensemble avec une cantinière à proximité du rivage. Pétur est le patron de sa barque à six rames. Bardur lit Le Paradis perdu, tellement pénétré par la poésie, il en oublie sa vareuse.
« Il est des poèmes qui changent votre journée, votre nuit, votre vie. Il en est qui vous mènent à l’oubli, vous oubliez votre tristesse, votre désespoir, votre vareuse, le froid s’approche de vous : touché ! dit-il et vous voilà mort. »
la journée est prometteuse, il iront loin chercher le poisson:
« Ils rament et leurs cœurs pompent le sang, distillant en eux le doute sur le poisson et sur la vie, mais aucunement
sur Dieu, non, car sinon, ils oseraient à peine monter sur cette coquille de noix, ce cercueil ouvert, posé à la surface de la mer, bleue en surface, mais noire comme le charbon en dessous. Dans leur esprit, Dieu est absolu. Lui et Pétur sont probablement les seuls êtres pour lesquels Einar éprouve du respect en ce monde, parfois aussi pour Jésus, mais ce respect n’est pas aussi inconditionnel, un homme qui tend l’autre joue ne tiendrait pas longtemps ici, au creux des montagnes…. »
Cette journée de pêche qui tourne au drame est un grand moment de lecture.
« Le bonheur, c’est d’avoir à manger, d’avoir échappé à la tempête, d’avoir enjambé les rouleaux imposants qui mugissent aux abords de la côte, »
La barque est revenue de la tempête chargée du poisson, mais Bardur est revenu gelé.
Le Gamin partageait le lit et la planche de rame avec Bardur ne retournera plus dans la barque et part sous la neige et le vent rendre le livre du Paradis Perdu au Capitaine Kolbeinn
« L’enfer, c’est ne pas savoir si l’on est vivant ou mort. Je vis, tu vis, nous vivons, ils meurent.
Mourir est le mouvement absolument blanc, lit-on dans un poème.
L’enfer, c’est d’être mort et de prendre conscience que vous n’avez pas accordé assez d’attention à la vie à l’époque où vous en aviez la possibilité. »
Les pages de la marche dans la tempête de neige sur le plateau, entre vie et mort, entre enfer et poésie sont hallucinantes.
Le Gamin arrive dans la vallée de Tungudalur et s’évanouit à l’entrée dans la buvette du bout du monde.
le port de Höfn
Dans le village, je retrouve les personnages qui apparaissent dans Le Coeur de l’Homme. L’histoire prend alors une autre tournure et quitte le monde de la mer et des poissons. Un moment, je regrette l’âpre poésie des pêcheurs pour cette vie villageoise plus mesquine. La vie du petit port de commerce avec ses capitaines, ses maisons bourgeoises, ses entrepôts sont un autre monde que le gamin va découvrir et qui va lui donner peut être une autre raison de vivre.
Et comme je veux connaître la suite de l’histoire, j’attends de lire la tristesse des Anges
Julie Manet(1878 -1892) était la fille deBerthe Morisot (1841 – 1895) et d’Eugène Manet (1833 -1892) « enfant de l’impressionnisme » elle a servi de modèle à Berthe Morisot,
Berthe Morisot : Au Bord du Lac
bien sûr, mais aussi à Renoir
Renoir : portrait de Julie Manet
A la mort de son père, Stéphane Mallarmé devient son tuteur
Gauguin : Mallarmé et le corbeau de Poe
Avec sa mère comme professeur, Julie peint,
Julie Manet : portrait de Paule Gobillard
« Mariage au Louvre » Julie s’exerce au Louvre à copier les Maîtres, elle y rencontre Ernest Rouart qui deviendra son mari
Rouart d’après Mantegna
Rouart fait également le portrait de Julie
Rouart : Julie peignant
La peinture en héritage : Julie Manet, entourée des maîtres de l’impressionnisme réunit une belle collection. On peut donc admirer de nombreux tableaux Corot, Monet, Degas, maurice Denis, Delacroix, Daumier …
Degas : Saint Valery-sur-SommeC Monet : BordigheraDaumier
Il ne faut surtout pas oublier de monter à l’étage où l’exposition se poursuit. Il y a également de belles icones, des enluminures, vitraux et de belles salle empires
Angel Wagenstein (né en 1922 àPlovdiv, Bulgarie) juif séfarade est l’auteur d’Abraham le Poivrot qui m’avait fait beaucoup rire et qui se déroulait au bord de la Maritza.
Le Pentateuque ou les cinq livres d’Isaac – Sur la vie d’Isaac Jacob Blumenfeld à travers deux guerres mondiales, trois camps de concentration et cinq parties –
traduit du bulgare
Si Lewen : LaParade
Isaac est un tailleur de Kolodetz, de l’ancienne province de Galicie, aujourd’hui en Ukrainenon loin de Lvov. Isaac Brumenfeld fut successivement sujet et soldat de l’Empire Autrichien(jusqu’en 1918), citoyen polonais(jusqu’en 1939 , soviétique jusqu’à l’invasion allemande 1942, allemand (et interné dans deux camps nazis), réfugié en Autriche, interné en Sibérie….
« tout cas, voici le fond de ma pensée : si la demeure de Dieu possédait des fenêtres, il y aurait beau temps que ses carreaux seraient brisés ! »
Cette vie tragique est racontée de manière cocasse, véritable collection de blagues juives, qui me font sourire quand ce n’est pas rire aux éclats. Avec son compère et beau-frère le rabbin Shmuel Bendavid (qui devint Président du club des athées pendant leur période soviétique) ils traversent les épreuves avec débrouillardise et philosophie et surtout un grand humanisme.
« — Qui sortira vainqueur d’après toi, demandai-je, les nôtres ou les autres ? — Qui sont les nôtres ? fit pensivement Shmuel. Et qui sont les autres ? Et qu’importe le vainqueur quand la victoire ressemble à un édredon trop court ? Si tu t’en couvres la poitrine, tes pieds resteront à l’air. Si tu veux avoir les pieds au chaud, ta poitrine restera découverte. Et plus longtemps durera la guerre, plus court sera l’édredon. Si bien qu’en définitive, la victoire ne sera plus capable de réchauffer quiconque. »
La vie quotidienne des juifs du shtetl est décrite de manière vivante. Isaac est tailleur mais l’essentiel de ses commandes est plutôt de retourner un caftan pour lui donner sur l’envers un aspect présentable (sinon neuf) . Ses connaissances des différentes langues parlées à Kolodetz, son Allemand littéraire, le Russe (qui sert surtout pour les jurons), le Polonais, en plus du yiddisch de la vie familiale, lui permet de survivre dans ses tribulations.
Chaque fois que la vie paraît impossible, une nouvelle anecdote (blague juive) va alléger le récit et les digressions sont annoncées parfois de manière plaisante :
« voilà que je suis à nouveau passé par Odessa pour me rendre à Berditchev. »
J’ai recopié tout un florilège d’humour juif, je suis bien tentée de tout coller ici .
Si Lewen : La parade
Ce récit émouvant est un texte humaniste et pour finir , cette citation illustre le sinistre « A CHACUN SON DÛ » des camps de concentration :
« Qu’est-ce qu’un unique et misérable émetteur caché parmi des boulets de coke comparé à la puissance de leur armée ? » « Je vais te dire ce qu’il est : il est l’obstination de l’esclave, il est une provocation envers l’indifférence de l’acier qui donne la mort. Je vais te le dire : il n’est rien et il est tout, un bras d’honneur au Führer, mais aussi un exemple dont l’homme faible a besoin pour croire que le monde peut changer. L’inscription qui surmonte l’entrée de tous les camps de concentration – « À CHACUN SON DÛ » – prendra alors un sens nouveau et deviendra enfin réalité. Amen et shabbat shalom, Itzik ! »
« L’étranger apprend l’art de s’adapter de manière plus approfondie, mais aussi plus douloureuse que celui qui revendique un sentiment d’appartenance »
Georg Simmel, L’Etranger 1908
L’Homme assis à la canne – 1901
« Peu de gens savent que l’artiste n’est jamais devenu français. le 3 avril 1940, Picasso déposa une demande de naturalisation qui lui fut refusée et qu’il ne renouvela jamais.. »
Cette exposition met en scène l’enquête d’Annie Cohen Solal : Un étranger nommé Picasso , Fayard, prix Fémina Essai 2021. La couverture du livre utilise le dossier de Picasso en Préfecture, l’exposition montre des facsimilés géants.
Dossier de Picasso
Cette exposition chronologique s’attache à la problématique de l’Etranger et montre comment Pablo Picasso, âgé de 19 ans, ne parlant pas français a débarqué à Paris à l’Exposition Universelle de 1900 où une de ses œuvres est exposée. Il est hébergé par des catalans anarchistes. On voit les nombreuses lettres que le jeune home échange avec sa mère, elles sont même lues en Espagnol
1900 – lettres en catalan et dessins
pour nous mettre dans l’ambiance dans une petite salle arrondie sont projetées des images de l’Exposition Universelle.
En 1901 Picasso expose à la Galerie Vollard . Le 17 mai paraît une critique élogieuse dans la Presse, le lendemain est établi le premier rapport de police sur la foi de ragots des indics. Picasso est marqué comme anarchiste et ce rapport va le suivre….
Picasso est séduit par l’ambiance des cafés et des baraques foraines, il visite aussi une prison pour femmes
1901- Femme au bonnet
1902 -1903 : 3ème voyage à Paris « la période Galère » si pauvre qu’il ne parvient pas à payer son loyer sans l’aide de Max Jacob. Une sorte de BD « Une histoire simple de Max Jacob » illustre cette amitié. Le carnet d’adresse de Picasso témoigne aussi des relations que le peintre a nouées.
« mais qui sont-ils, dis-moi, ces bohémiens, ces gens un peu plus errants que nous-mêmes » Rainer Maria Rilke (1922)
1905 – 4ème voyage : Le Bateau-Lavoir et la rencontre avec Apollinaire. Ses carnets montrent leur fascination pour le cirque qui aboutit au grand tableau des Saltimbanques (à Washington). bienafa malgré eux Apollinaire se trouvent mêlés à des affaires de vol pour la tête ibère de Cerra (qui appartenait au Louvre) et pour le vol de la Joconde.
Saltimbanque (l’original est à Washington)
Les saltimbanques
Guillaume Apollinaire
Dans la plaine les baladins S’éloignent au long des jardins Devant l’huis des auberges grises Par les villages sans églises.
Et les enfants s’en vont devant Les autres suivent en rêvant Chaque arbre fruitier se résigne Quand de très loin ils lui font signe.
Ils ont des poids ronds ou carrés Des tambours, des cerceaux dorés L’ours et le singe, animaux sages Quêtent des sous sur leur passage.
Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
1906-1914 – A la tête de l’Avant-Garde
1909 Sacré Coeur cubiste
Picasso rencontre les Stein et Kahnweiler. Ce dernier assure la promotion de ses œuvres jusqu’à Prague, Moscou et toute l’Europe Centrale. Dans une vidéo on peut écouter Kahnweiler raconter sa rencontre pittoresque avec Picasso et ses rapports avec Braque. une très jolie collection de statuettes africaine rappelle le goût de Picasso pour l’art africain.
1957 portrait de Kahnweiler
Première Guerre mondiale : Derain part à la guerre, Apollinaire s’engage. En 1914, le stock Kahnweiler est mis sous séquestre et 700 œuvres de Picasso seront dispersées à bas prix en 1921
« monsieur l’Inspecteur, je crois utile de vous mettre au courant des agissement du sieur Kahnweiler qui, comme ses si sympathiques compatriotes , s’indigne de savoir que l’Etat Français ose decider de la vente de son stock »
la xénophobie, n’est pas loin et suivra Picasso!
1917 – 1939 – Un artiste dans tous ses états
1920 Polichinelle et Arlequin
Entre Ballets Russes et Aristocratie Française : Picasso devient décorateur pour les Ballets Russes et rencontre Diaghilev, Cocteau, Satie, Stravinsky. Une vidéo nous permet d’entendre Cocteau raconter les Ballets russes avec une étonnante captation de Parade (2008) Il quitte Montmartre et s’installe Rue La Boétie, dans les beaux quartiers.
1921 – la lecture de la Lettre , évocation de l’amitié
Dans l’orbite de l’Internationale Surréaliste il fréquente Breton, Aragon et Eluard tout d’abord et plus tard Dali, Miro et Giacometti.
le peintre et son modèle 1928-1929
En 1934, il s’installe dans une gentilhommière à Boisgeloup ce qui lui permet de s’éloigner de Paris pendant les émeutes xénophobes de 1934.
Minotaure mené par une petite fille
1936 A côté des Républicains espagnols
Picasso est nommé directeur honoraire du Prado puis reçoit la commande pour l’Exposition Internationale où il présente Guernica
1939 – 1944 – La France aux Français
En 1940, la demande de naturalisation est refusée et Picasso se replie à Royan
Royan
« je veux que mes peintures puissent se défendre, résister à l’envahisseur comme si chaque surface était hérissée de lames de rasoir »
1944- 1973 Sur la vague des trente glorieuses
Picasso obtient le statut de « résident privilégié » (renouvelable tous les 10 ans. )
1944 le PCF comme une patrie
Picasso est le dessinateur de la Colombe de la Paix, on le voit au Congrès de la paix en 1949.
les fumées de Vallauris
Il fait ensuite le Choix du Sud et s’installe à Vallauris
la Baie de Cannes
j’ai beaucoup aimé cette exposition tout à fait à sa place dans le musée de l’Immigration.
La Parade est une série de 55 dessins réalisés en 1950 par Si Lewen
publiée sous forme de livre, épuisé réédité en 2016, par Art Spiegelmann .
On peut imaginer le film de cette Parade parade militaire, comme il en fut entre les deux guerres mondiales, avec ses spectateurs curieux, peut-être joyeux où sont présentées les armées de plus en plus menaçantes. De la parade les images montrent la bataille qui se déclenche presque insidieusement, l’arrivée de la mort, jusqu’à la fin, jusqu’à cette image où les deux adversaires s’enlacent et se transpercent de leur lance.
Art Spiegelman l’auteur du roman graphique Maus, présente dans une longue vidéo la vie de Si Lewen qui était son ami. Il raconte que Si s’était engagé dans l’armée américaine qui l’a utilisé comme traducteur et l’avait monté sur un camion équipé de haut-parleurs afin de persuader les militaires allemands de quitter le combat. Equipée très dangereuse, puisqu’il était pris pour une cible facile. Après la libération des camps, Si blesssé rentre en Amérique. La Parade est une réponse à sa vision des horreurs de la guerre.
Art Spiegelman
Albert Einsteina écrit à Si Lewen en 1951 :
« je trouve notre oeuvre très impressionnante d’un point de vue purement artistique. En outre, je trouve qu’elle a le réel mérite de combattre les tendances belliqueuse par le biais de l’art. ni les descriptions concrètes, ni les discours intellectuels ne peuvent égaler l’effet psychologique de l’art véritable. On a souvent dit que l’art ne devait se mettre au service d’aucune cause politique ou autre. Je ne suis pas de cet avis. «
Patrick Zachmann est un photographe français né à Choisy-le-Roi en 1955, fils d’un juif polonais et d’une mère séfarade d’origine algérienne.
« Je suis devenu photographe parce que je n’ai pas de mémoire » – ai-je copié au début de l’exposition.
« Est-on juif quand on ignore sa religion et sa culture? »
Pour tenter de répondre à cette question, le photographe va se lancer dans une enquête d’identité.
Il photographie d’abord les Juifs portant l’identité la plus visible, les Loubavitch, porteurs de barbes et de chapeaux, dans leurs réunions et leurs fêtes. En 1981, à Jérusalem au Rassemblement des Rescapés de la Shoah, il fait leur portrait avec leur matricule tatoué. Enfin, il prend pour sujet des Juifs français plus anonymes, plus discrets : les linotypistes du journal yiddisch Naye Press, les commerçants du Sentier dans leurs boutiques, les musiciens, un psychanalyste, des ashkénazes se retrouvant aux Buttes Chaumont, des bals communautaires….
Ce n’est qu’après la publication de son livre Enquête d’identité qu’il abordera avec son père l’histoire familiale, histoire triste puisque ses grands parents furent déportés et sont morts à Auschwitz ; il en fera un film : La mémoire de mon père dont la musique Klezmer accompagne nos pas dans l’exposition.
Les voyages de mémoire conduiront le photojournaliste en Afrique du Sud, à la libération de Mandela, au Chili, sur les traces disparues des victimes de Pinochet, au Rwanda où il fait le portrait des victimes tutsis.
D’impressionnantes photos panoramiques enneigées d’ Auschwitz font face à celle de Drancy où rien ne rappelle le passé.
Bouclant sa quête d’identité, Zachmann fait le voyage à l’envers à la recherche des origines de sa mère en Algérie et au Maroc où il retrouve les lieux et les synagogues, transformées en mosquées. Cette traversée de la Méditerranée est aussi le sujet d’un film Mare Mater où il interroge sa mère mais aussi les mères des migrants, restées au pays tandis que leurs fils ont pris tous les risques dans des traversées dangereuses. Témoignage de la mère, des migrants mais aussi de la séparation douloureuse de la mère et du fils.
Tout à fait pédagogique avec des repères chronologiques très clairs, des cartes si nécessaires, et surtout un récit intégrant les données nombreuses d’une histoire complexe.
Nous feuilletons l’album-photos d’une famille sans rester dans l’anecdote d’un récit familial. Le complexe politique est parfaitement expliqué. Cette histoire est riche, j’en ignorais de nombreux évènements. j’ai retrouvé avec plaisir de nombreux personnages comme Jean Daniel, jacques Derrida, ou Camus.
L’histoire des Juifs d’Algérie s’inscrit aussi dans la lutte pour l’Indépendance de l’Algérie qui est aussi évoquée.
La fin est bien sûr l’exil. L’installation à Sarcelles est graphique (dans le sens de photogénique) .