sur la route 1 d’Egilstadir vers Dettyfoss

CARNET ISLANDAIS

Modrudalur : ferme de tourbe

Sur la route circulaire

Mon cahier sur les genoux, je note les variations de paysage  : la lande brune avec des bruyères, des myrtilles brunies, automnale, qui alterne avec des prairies cultivées. La route suit le lit d’une rivière puis monte sur le plateau. Une petite fille blonde, grimpée sur le toit herbu de la bergerie, joue avec les moutons. Le plateau Jökuldalsheid (500 – 600m) couvert de champs de lave, des petits cônes s’alignent dans le brouillard. A la fin de l’âge glaciaire, le glacier a laissé des moraines. L’action des glaciations et des glaciers récents se fait sentir. Volcanisme et glaciers, deux constantes de l’Islande agissent conjointement ou séparément et compliquent les interprétations quand le glacier a laissé des moraines entre les crêtes « vieilles » d’un million d’années. Comme la géologie de l’Islande est neuve !

Modradolur

Dans ce désert quasi-lunaire, une belle piste conduit à la ferme Modrudalur – la ferme « la plus isolée » selon le roadbook, « la plus haute » dans les plateaux selon les panneaux. C’est plutôt un village qu’une ferme avec plusieurs maisons en tourbe aux pignons pointus, des bâtiments agricoles, une église.

On a installé un restaurant dans une maison de tourbe : une excellente soupe d’agneau est bien réchauffante ; j’aurais pu commander une soupe au lait et à la mousse, ou des gaufres. Contrairement à la soupe à l’agneau de Geirland qui était du bouillon clair celle-ci est riche en légumes chou, carottes, céréales. Il y a aussi un magasin qui vend surtout des lainages tricotés ou tissés et un petit musée du volcanisme.

En sortant du restaurant nous croisons des femmes qui portent des gâteaux ainsi que le pasteur qui est une femme. Un bébé pleure. Peut-être un baptême ? On achète une écharpe verte mousseuse.

les cairns

La route 1 est bordée par de grands cairns érigés au temps où il n’y avait pas de route. Un panneau raconte que les habitants de Hölsfjoll étaient appelés « les montagnards ». Pour acheter ce dont ils avaient besoin ils devaient traverser les montagnes pour se rendre sur la côte Nord au port . Dès 1928, il y avait une liaison postale et la construction de la route fut entreprise en 1930 mais la route actuelle n’existe que depuis 1996.

paysage volcanique

Jusqu’au 16ème siècle, cette région était couverte de végétation. Les éruptions sous le glacier Votnajökull en 1477 puis en 1794 ont rendu la contrée déserte.

Une anecdote amusante :le cairn des évêques. En 1166, l’Islande était divisée en deux diocèses ; l’évêque de Skatholt et l’évêque de Holar sont entrés en conflit à cause d’un fermier qui avait fait don de sa ferme aux deux évêques ; pendant que les deux ecclésiastiques négociaient les frontières leur suite construisit deux cairns ;

coulée de lave

Nous passons sur un pont suspendu en ciment un torrent tumultueux, puis une coulée énorme, le sol paraît pavé de dallées énormes arrondies à la surface bombée mais très lisse. Des feuillages orange et dorés se détachent sur la lave noire.

Dettyfoss

Dettyfoss

Un détour sur le champ de lave noire jusqu’aux chutes de Dettyfoss, l’une des plus puissantes d’Islande. Le parking est très en retrait, il faut marcher un bon kilomètre sur des coulées basaltiques spectaculaires à la surface lisse avec des boursouflures, un peu comme la croûte d’un pain ; des prismes forment des marches. Dettyfoss se devine à la vapeur qui monte avant même qu’on ne la découvre. Sa rumeur couvre les conversations des touristes. L’humidité est si marquée que les photographes doivent protéger leur matériel. La rivière charrie des eaux grises chargés de débris des roches arrachés sur son passage moins haute lais plus large. Plus loin sur la même rivière, Selfoss, que je contemple de loin c’est la 4ème cascade de la journée

 

Nuage de cendre – Dominic Cooper

LIRE POUR L’ISLANDE

Nuage de cendre par Cooper

 

 

 

Sombre comme le panache de cendres qui orne la couverture!

Dominic Cooper est écossais mais l’essentiel du récit se déroule en Islande au cours du 18ème siècle en des temps très noirs pour l’Islande :

en 1783 des éruptions volcaniques apocalyptiques couvrent l’Islande de cendre, détruisant les récoltes et provoquent une famine. C’est dans ce pays dévasté que deux représentants de l’autorité coloniale danoise vont s’affronter dans un conflit qui sera jugé par l’assemblée populaire traditionnelle

 

Ce roman se base sur une affaire d’inceste célèbre en Islande. Il se déroule pendant tout le siècle de 1718 à 1788. pendant cette période les Islandais ont vécu les famines, les épidémies de variole, les éruptions cataclysmiques en plus de la rudesse du climat ordinaire et des rigueurs de la colonisation danoise qui prive l’île des ressources du commerce en monopolisant les échanges et envoie des fonctionnaires peu scrupuleux.

« Au cours des six premières années après mon retour au pays  il paraît que quelque dix mille personnes sont mortes, simplement de faim. Ensuite le Katla est entré en éruption. Juste sous la glace, ce qui a déclenché des inondations dévastatrices. Et en 1766; l’Hekla s’est lui aussi réveillé entrant dans une phase d’activité qui a duré sans interruption pendant presque deux années entières. »

Le narrateur Gunnar Thordason est un médecin qui tente de rendre un jugement modéré et impartial sur les faits terribles mais embrouillés. Histoire de rivalité entre deux shérifs, l’un islandais l’autre danois, jalousie et vendetta qui se transmet sur deux générations : Jens et Thorsteinn (1717-1740) et Hans et Pétur (1765).  Jens, le danois, alcoolique et exploiteur, Thorsteinn l’Islandais qui tente de coïncer son rival puis à la génération suivante Hans et Pétur se trouve en position similaire. Pétur, lecteur des livres saints, redresseur de torts, mu par une haine sourde et tenace.

La lecture n’est pas toujours aisée, le nombre de personnage, les noms islandais qui se ressemblent, les flash-back et le changement de narrateurs en cours de chapitre sans prévenir ne facilitent pas la compréhension.

Malgré cela, j’ai beaucoup apprécié cet ouvrage qui se déroule dans des endroits que j’ai visités. Les paysages sont magnifiquement décrits dans leur sauvagerie et leur dangers ainsi qui la cruauté des tempêtes, du gel, des congères de neige qui bloquent les personnages dans un huis-clos parfois pénible. On traverse des rivières glaciaires en crue à gué et à cheval, et parfois on se noie. On se perd dans les marais sous un brouillard on disparaît. Les rigueurs des éléments peuvent masquer agressions et meurtres….

Thingvellir

J’ai aussi apprécié les références à l‘Assemblée de Thingvellir, qui se réunit annuellement depuis le 9ème siècle et qui siège encore au 18ème pour juger les procès d’importance. Les femmes exécutées dans la Fosse des Noyades

Sombre, très sombre, vous dis-je!

 

 

Hengifoss & Litlanesfoss, deux cascades près du Lac d’Egilsstadir

CARNET ISLANDAIS

Litlanesfoss et ses prismes

Nous suivons, vers le sud, la rive ouest du lac d’Egilsstadir, Lagarfljot sur la route 931 qui traverse des bois de mélèzes, sapins, peupliers et bouleaux ; mélèzes et bouleaux ont déjà leur tenue automnale. Sous le soleil du matin nous prenons conscience de l’arrivée prématurée de l’automne. Peut-être est-ce normal en Islande après les journées interminables d’été qui ont donné leur comptant de lumière aux végétaux ? Le reboisement date du 20ème siècle et se poursuit encore. La forêt s’étale sur les deux rives du lac qui, sous le soleil du matin, prend un reflet doré.

Hengifoss et Litlanesfoss

Hengifoss

Ces chutes se trouvent a l’extrémité sud du lac ; on ne peut pas louper le grand parking en face du pont. Un escalier de bois permet de monter rapidement, puis on a disposé des planches. Le sentier est bien encadré entre deux cordelettes qu’il ne faut surtout pas franchir, même pour photographier les petites gentianes bleues. La première cascade Litlanesfoss s’élance d’une barre de basalte où les prismes se bousculent en éventail et semblent jaillir en gerbe, le plus bel exemple d’orgues ! Il faut continuer à grimper pour atteindre le cirque de Hengifoss haute cascade dont l’intérêt principal réside dans l’encaissant : alternance de coulées basaltiques noires séparées par des niveaux oxydés rouges ; le rm -600ouge provient de l’altération des scories en argile plus tendre ; les niveaux rouges, en creux soulignent les bancs noirs. A la fin de la grimpette, le sentier boueux devient très glissant. Je me retient aux cordelettes pour garder l’équilibre (protection bien illusoire qui donne confiance).

Sur la route circulaire

Mon cahier sur les genoux, je note les variations de paysage la lande brune avec des bruyères, des myrtilles brunies, automnale, qui alterne avec des prairies cultivées. On suit le lit d’une rivière puis la route monte sur le plateau. Une petite fille blonde, grimpée sur le toit herbu de la bergerie, joue avec les moutons. La route monte sur un plateau Jökuldalsheid (500 – 600m) couvert de champs de lave, des petits cônes s’alignent dans le brouillard. Ala fin de l’âge glaciaire le glacier a laissé des moraines. L’action des glaciations et des glaciers récents se fait sentir. Volcanisme e glaciers, deux constantes de l’Islande agissent conjointement ou séparément et compliquent les interprétations quand le glacier a laissé des moraines entre les crêtes « vieilles » d’un million d’années. Comme la géologie de l’Islande est neuve !

 

Börgarfjördur

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le port le plus septentrional

Le port le plus au nord de la côte est (65°31) 116 habitants, à 70 km au nord d’Egilsstadir.

Sous une pluie battante, par la route 94 qui s’interrompt pour être remplacée par une excellente piste entre deux rangées de crêtes orientées N/S portant des plaques de neige, dans une plaine où s’étalent des fleuves qui construisent un vaste delta.

la cabine du peintre Kjarval

Une maisonnette en planches à peine plus grande qu’une cabine de plage en Normandie fut la résidence d’été du peintre célèbre Kjarval que je découvre sur INTERNET à notre retour et qui me fait regretter de ne pas avoir visité le Musée de Reykjavik.

Nous pique-niquons devant une curieuse cabine peinte en vert perchée sur une butte qui possède un charmant salon de jardin laqué de jaune ; une éolienne tourne ; un écriteau invite le passant à entrer ; le tout sous l’œil d’une caméra de surveillance. Comme il pleut nous ne sortons pas de la voiture.

Troisième arrêt, le troupeau de moutons occupe la route, pour la première fois nous rencontrons un berger et trois chiens rentrant un troupeau.

La région est plutôt agricole avec des prairies fauchées, quelques fermes et des étendues herbues. Une sorte de désert marron se trouve limité par une plage noire brillante. La baie rectangulaire en U enferme une eau pastel d’un bleu tranquille, étonnante par cette journée si grise. La route qui filait plein nord vire à 90° vers l’Est et aborde une haute montagne le Dyrfjoll (1136 m) ; au col, deux cubes de bois design : WC et abri vitré pour les randonneurs cartes et topo des randonnées et ascension dans le massif.  l’une d’elle conduit à un cirque glaciaire. Sur l’autre versant : le chantier ! On va bitumer la piste ; d’énormes engins sont au travail, les tas de basalte sont concassés sur place.

les plaques de neige

Les sommets rouge oranges, marrons sont tout proches, les plaques de neige n forme de V inversés s’accrochent aux pierriers ;

Le village de Börgarfjördur rassemble quelques maisons quelconques dispersées ; on n’a pas oublié d’installer des WC chauffés, propres, luxe dans ce coin perdu ! En revanche pas d’Internet. Une curieuse butte est signalée à l’attention des visiteurs : ce serait une « cité des elfes et du peuple caché » ; je n’aurais prêté aucune importance à cette cité des elfes si je n’avais pas trouvé des allusions dans le roman Karitas. Cette mythologie est vivante (ou le fut récemment).

les sommets pourpres

L’attraction de Börgarfjördur, c’est la colonie de macareux qui niche dans une baie protégée un peu à l’écart ; les macareux l’ont désertée à la mi-Aout. On nous avait donné un petit espoir qu’il en resterait peut-être. On peut observer des mouettes (peu) et des pétrels fulmar que je confonds avec des goélands. L’observation des oiseaux marins est très bien organisée : grand parking à l’écart, escaliers de bois, affût vitré et chauffé (500ISK à glisser dans une tire-lire).

le fjord et les sommets

On récemment construit un petit port de pêche. « La mer était si mauvaise et la côte n’offrait aucun abri sûr, que les pêcheurs devaient hisser leurs barques à terre. La digue actuelle a été améliorée en 1970 et une dizaine de bateaux pour une pêche locale et respectueuse de l’environnement » assure un panneau. L’endroit est pittoresque, la mer bleu pastel, la falaise anthracite, les bateaux blancs et orange, l’herbe fluo sous des sommets empourprés.

Seyðisfjörður

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le fjord de Seydisfjördur

Au Vinland, on ne sert pas le petit déjeuner ; nous avons un voucher pour le grand Hôtel du Lac à Egilsstadir, hôtel traditionnel de plusieurs étages avec lobby orné avec de vieux skis de bois et d’une décoration soignée, des branches de bouleaux surmontent les rideaux, classieux. Buffet somptueux : épaisses tranches de saumon, pains variés, céréales, skyr présenté dans de jolies verrines, bacon ? pancakes et sirop d’érable…Byzance, nous en profitons bien ; le petit déjeuner est la meilleure expérience gastronomique de la journée.

le lac d’Egilsstadir

La route 93 passe par un bois de mélèzes en tenue déjà automnale puis grimpe dans la montagne. En chemin, nous négligeons une promenade vers une cascade, nous avons hâte d’arriver. Très vite, nous parvenons au col. Le vent est tellement puissant qu’il me fait trébucher avec mon anorak gonflé comme une voile. La vue est extraordinaire : le lac d’Egilsstadir, argenté se faufile entre les chaines de montagne dans d’un gros SUV un écrin boisé, au fond la masse enneigée du Snaefell sort derrière un nuage – dommage pour la photo, il n’y a pas de contraste. Les plaques à neige sur les montagnes voisines, orientées N/S nous rappelle la latitude nordique (65.3°) proche du cercle polaire (66.3°) ; le sommet culmine à 1271 m ; impressions de haute montagne. Un cairn marque l’itinéraire quand la route n’existait pas, il mesure au moins 3 m de haut, épaisseur nécessaire l’hiver quand la neige recouvre tout. Nous découvrons de petits lacs, l’un d’eux est barré d’une digue empierrée. Je ne vois aucune trace d’une centrale électrique, en revanche un panneau parle de dispositifs paravalanches. Des avalanches meutrières ont atteint le village invisible du col mais pourtant très proche. J’ai du mal à comprendre ce dispositif si différent de ce que je connais dans les Alpes. La descente dans cet univers minéral est vertigineuse, heureusement il n’y a pas de circulation, on peut rouler très doucement et utiliser le frein moteur.

Seydisfjördur : Gulufoss

Au bas de la pente la cascade Gulufoss se voit de la route. Les photographes japonais sont à l’œuvre : une jeune fille excentrique descend d’un gros SUV portant un volumineux bonnet à pompon avec des lunettes de motocycliste anciennes, une jupe épaisse noire à volants horizontaux sur des leggings : modèle de mode ou compagne du photographe.

les maisons colorées de Seydisfjördur

Seydisfjördur (668 ha) est le terminal des ferries de Smyril Lines reliant les Îles Féroé et le Danemark. Aujourd’hui il n’y a pas d’activité sur le port. Cette liaison a apporté une certaine richesse au village avec de très belles maisons colorées de bonne taille et de belle facture. Le fjord se termine par un petit lac, miroir qui capte les reflets. Nous jouons avec les reflets, des maisons dans le lac, des montagnes dans le fjord. Toutes les belles maisons sont transformées en chambres d’hôtes ou en auberges : l’ancienne Pharmacie bleue très vif, l’ancien Hôpital rouge et vert, jaune l’Auberge de Jeunesse ; même le commissariat est logé dans une élégante maison de bois grise. Tour du lac pour me dégourdir les jambes. Le parcours de statues est plutôt décevant : la statue commémorant l’avalanche est une poutrelle tordue (comme au pied de Skalafell pour les rues).  Une installation sonore m’intéresse : elle se trouve à l’écart du village dans la pente, une grimpette d’un quart d’heure pour découvrir quatre coupoles de ciment qui communiquent. Des chinoises posent pour une photo de groupe. A l’intérieur, pas de son particulier, arrive un groupe de randonneurs qui font des vocalises. Rien d’exceptionnel !

reflets dans le fjord de Seydisfjördur

Après quelques emplettes à Netto, nous reprenons la route d’Egilsstadir. Le temps se gâte, le vent se déchaîne. Dominique se cramponne au volant dans les lacets ; la route étroite surplombe le vide sans la sécurité d’un glissière ou d’un bas-côté, seuls des piquets jaunes balisent le bord de la chaussée ; au col, pas question de sortir, le vent arracherait la portière.

la petite église bleue et les maisons qui se reflètent

les fjords de l’est de Berufjördur à Egilsstadir

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fjord de l’est

La route contourne parfaitement le fjord suivant, très long, très étroit qui contient une dizaine de sites d’aquaculture ; des bateaux équipés de bras articulés sont à proximité des filets ronds. La route monte, descend, fait des virages surprenants et semble butter contre une muraille le Groenafell qu’elle suit au niveau de la mer. Ici, les maisons sont revêtues de tôles imitant les lattes de bois, peintes de blanc, de rouge ou parfois de jaune ; que recouvrent ces tôles ? du bois ? Du ciment ? Dès qu’il y a une aire assez vaste et plate on cultive ces champs d’herbe rectangulaires. A la pointe, un petit phare fait une tache orange.

cygnes

Nous passons Breidavik sans nous arrêter. A la sortie il y a une jolie plage noire. Que faire à la plage alors qu’il fait 11°. Sur un parking, on raconte l’histoire de l’Attaque des pirates le 8 juillet 1627 à Breidalur : la population, prévenue, s’était cachée et les pirates algériens n’ont pu razzier que trois personnes. Le panneau raconte aussi la construction de la route circulaire entreprise en 1962 puis refaite en 2002 . Je me souviens du périple de Karitas tout autour de l’île en bateau alors que la route du nord était barrée par la banquise.

kambanes : une montagne en forme de pyramide

Nous pique-niquons au pied de la curieuse montagne à Kambanes dont la silhouette ressemble à une pyramide à degrés avec un sommet pointu (couches de basalte du volcan Alfafjodur. L’après-midi, le brouillard a disparu le soleil éclaire le rivage tandis que les nuages restent accrochés à la montagne.

Stödvarfjördur

Le petit fjord suivant est moins échancré. Stödvarfjördur –  est le port bien abrité où les pêcheurs français de la Grande Pêche avaient l’habitude de faire relâche.

le jardin de pierres de Petra

A l’entrée du village le jardin de pierres de Petra est une belle visite : collection minéralogique imposante comme jardin fleuri où il fait bon s’arrêter faire une pause. Depuis sa plus tendre enfance Petra a collectionné les roches et les a disposés dans son jardin. Des jaspes colorés voisinent avec des géodes et des cristaux de calcite ou de quartz. Aucune prétention scientifique dans le classement quoique les roches sont déterminées et étiquetées pour les visiteurs curieux disposant de tout leur temps. Cette accumulation est comme un trésor offert pour le plaisir des yeux ; dans des recoins on a installé des sièges, une fontaine murmure, il y a un petit pont, des personnages, une petite cabine…C’est un endroit merveilleux, j’ai autant de plaisir à contempler les fleurs que les roches. Ce jardin est aussi entretenu à la gloire d’une femme passionnée de nature et de montagne. Petite fille, elle entraînait ses amis, mère, ses enfants dans ses récoltes. Elle sut résister quand on lui fit comprendre qu’elle ferait mieux de cuire le pain ou de tricoter.

les bateaux de la Grande Pêche

Le village français, sur le bord du fjord a été restauré. C’est l’ l’Hôtel Foss qui tient le musée. En sortant de voiture, je suis saisie par l’odeur de la morue séchée. Sur les murs de la grande bâtisse grise des explications multilingues et pour une fois en Français raconte la Grande Pêche menée par les pêcheurs de Dunkerque, de Paimpol ou de Saint Malo qui venaient de longs mois pendant près de 400 ans pêcher la morue à l’Est de l’Islande. Cette pêche était une activité périlleuse pendant les longs mois de la campagne certains marins se blessaient d’autres tombaient malades : la France envoyait des bateaux-hôpitaux militaires pour les soigner. En 1896 on construisit un abri hospitalier avec un hôpital, une chapelle et un cimetière ; tous les bâtiments furent laissés à l’abandon et déménagés. Récemment tout a été remonté autour de l’hôtel.

village français

Au rez de chaussée, on voit une chambre d’hôpital, des instruments de chirurgie et la salle d’attente. Des mannequins peuplent la scène. On descend un escalier et on est à bord d’une goélette aménagée avec les couchettes des marins, la petite Vierge et sa lumière comme le contait Pierre Loti dans Pêcheur d’Islande. Une sonorisation fait croire que le bateau est en  mer, on le sent tanguer, on reçoit des paquets de mer. On passe sur le pont où se trouvent les paniers avec les morues qu’on sale, les cordages et les lignes. Les vagues font illusion. En regardant mieux, on voit que dans l’écume blanche sont inscrits les noms des pêcheurs morts en mer ou disparus. Belle représentation ! Un document audiovisuel réalisé avec des photos et des films d’époque anime cette Grande Pêche et raconte la restauration récente du village français.

a bord!

De Fäskrudsfjördur à Egilsstadir , on peut soit emprunter le tunnel (45 minutes), soit faire le tour de la presqu’île et la moitié du fjord de Reydarfjördur sur une piste (1h30). Sommes-nous venues jusqu’ici pour passer par un tunnel ? La dame du musée assure que la piste est bonne mais conseille néanmoins le tunnel.

retour du soleil

Le soleil est radieux, la mer bleue, la petite île qui ressemble à un volcan brille toute illuminée. La piste de terre est tout à fait roulante, montées et descentes sont impressionnantes, on arrive vite à la pointe marquée par un petit phare orange. Un tronçon est goudronné, la piste reprend plate au niveau du fjord. En face on découvre l’usine d’aluminium, un monstre de tôle blanche qui enlaidit la vue.

Nous retrouvons la route circulaire 1, il reste 30 km entre les montagnes d’où descendent d’innombrables cascades, ruisseaux et ruisselets. Une surprise : la neige, d’abord quelques petits névés vers les sommets puis les crêtes se couvrent de grandes plaques blanches. Enfin, nous descendons sur la ville d’Egilsstadir qui paraît plus urbanisée que les ports traversés aujourd’hui malgré seulement 2500 habitants. Un panier fleuri avec des pensées et des choux accueille les visiteurs, le centre commercial et l’office de tourisme sont modernes et brillants. Depuis Reykjavik nous n’avions mas vu d’immeubles, il y a ici 6 tours grises.

Nous franchissons le lac très allongé pour arriver à Vinland – la Guest house où on nous a réservé un studio dans un petit bâtiment vert. L’accueil est sympathique mais la clé dans une boîte à code (j’ai horreur de cela). Tout est parfait : il y a une cuisinette équipée, de la vaisselle, un four à micro-onde, un frigo une bouilloire ; nous allons dîner là : saumon fumé, salade de pommes de terre et skyr, un festin.

 

 

 

 

 

 

Han d’Islande – Victor Hugo

CHALLENGE VICTOR HUGO

 

Entamé dans une série de « LECTURES POUR L’ISLANDE » , j’ai vite compris qu’il n’y avait rien d’islandais dans ce roman de jeunesse de Victor Hugo, sauf peut être le tempérament volcanique et contrasté du bandit, héritier des héros vikings qui ont fondé l’Islande. Han d’Islande se déroule en Norvège au 17ème siècle, et met en scène une révolte des mineurs instrumentalisée par un noble intrigant. 

 

Roman historique, roman romantique, roman fantastique dans l’inspiration de Walter Scott. Fjords et montagnes de Norvège comparables aux lacs écossais!

« C’était un tableau sombre et magnifique que cette vaste nappe d’eau réfléchissant les derniers rayons du jour et les premières étoiles de la nuit dans le cadre de hauts rochers de sapins noirs et de grands chênes. L’aspect du lac, le soir produit quelquefois, à une certaine distance, une singulière illusion d’optique ; c’est comme un abîme prodigieux, perçant le globe de part, laissait voir le ciel à travers la terre. »

C’est tout d’abord un roman d’amour que le jeune Hugo, âgé de 18 ans, pour sa fiancée alors que le reste de l’oeuvre était le fruit d’une imagination débordante alliée à une surprenante documentation:

« il n’y avait qu’une seule chose observée : l’amour de la jeune fille. Ce n’était pas suffisant, à son avis, pour faire un bon roman. Mais c’était plus qu’il n’en fallait pour justifier, à ses yeux, celui qu’il écrivait puisqu’il y contait, chapitre par chapitre, son propre roman d’amour avec Adèle Foucher. Et voilà pourquoi, étant très amoureux, il avait noirci tant de papier »

Pourtant, elle est bien pâle cette Ethel, pure et vierge…reflet d’Adèle, par comparaison aux personnages masculins pleins de fougue, d’audace et parfois de fourberie!

 

Han d’Islande, personnage fabuleux, monstrueux est précurseur de l’Homme qui rit ou de Quasimodo. Dans cette oeuvre de jeunesse apparaissent les thèmes de l’horreur de la peine de mort, de la révolte des opprimés , les mineurs, qu’Hugo traitera magistralement plus tard. Aussi, goût de la démesure et des décors fantastiques.

Oeuvre de jeunesse, mais déjà un beau Victor Hugo!

 

Vers L’est, de Höfn à Djupivogur

CARNET ISLANDAIS

Départ sous le crachin. Les nuages encore plus bas qu’hier cachent les montagnes mais aussi les glaciers. Juste après Vestrahorn un tunnel traverse l’impressionnante montagne de gabbro – la plus ancienne d’Islande dit-on. Nous ressortons dans la plaine formée par le delta du Lon.  La montagne se reflète dans la lagune, un parfait miroir. Les écharpes de brouillards passent à mi-pente tandis que les sommets sont dégagés. Il semble que nous traversons un désert, seule la Lon Guest-house en contrebas d’un monticule. Lon est une étendue plate et humide. Un peu plus loin, trois fermes sont blotties, les prés sont bien verts, le foin, emballé.

Sur la route, un goéland écrasé, ce n’est pas le premier, nous en avons remarqué souvent ainsi que des goélands bien vivants installés sur le bitume. Ils n’ont pas encore appris que la route appartient aux voitures, danger mortel, ne craignent pas les véhicules et se laissent écraser.

Des ponts enjambent les minces rubans liquides qui se ramifient, se rejoignent, se mêlent pour se séparer à nouveau sur le gravier ou les galets presque noirs. On passe un petit bois de mélèzes et de bouleaux à l’abri de la paroi rocheuse.

La montagnede Vestrahorn se reflète dans la lagune

Sur un parking, un panneau raconte l’histoire des colons venus de Norvège mais aussi d’Irlande, les moines, « papas », ont donné leur nom au village de Papos. Ce panneau pointe aussi l’exode rural et la désertification. Au 19ème siècle il y avait 60 habitants à Baer, en 1921 : 51 en 1966 le village fu totalement abandonné et les maisons transformées en cottages de vacances.

après le phare de Hvalnes la côte est découpée

Le Phare de Hvalnes  est construit à la pointe fermant la Baie de Lon. C’est un petit phare carré orange ; une date 1954, la hauteur 11 m . Les vagues battent la côte rocheuse déchiquetée : l’écume blanche souligne les rochers et les criques. Les montagnes sont en basalte noir, les pierriers, impressionnants ; à droite, les plages, à gauche les pierriers, le long de la route une mince bande herbue, Parfois des tôles protègent la route de chutes de pierres.   La lagune set peuplée de cygnes et d’oies.

Puis la route s’élève à flanc du pierrier formant une corniche spectaculaire au-dessus de ; la côte très découpée.

Les pentes s’adoucissent, deviennent herbeuses, des barres rocheuses ruinées pointent des chicots qui ressortent ici et là dans des prairies sauvages brunes ; autour de Protta les prairies vertes sont cultivées dans des rectangles bien plats séparés par des canaux de drainage. Je n’avais jamais pensé qu’un herbage puisse être cultivé comme des céréales ou autre culture. Les fermes sont très dispersées. La route fait des montagnes russes, en haut de chaque côte on se demande ce qui va surgir. Nous évoquons des souvenirs d’Ecosse. Dans l’herbe s’agitent les touffes de linaigrette.

Djupivogur

djupivogur : l’atelier du scupteur

A la pointe de son long et mince fjord, c’est le premier village d’importance. Nous complétons nos provisions et visitons le petit port dominé par quelques maisons de bois.

Langabud, allongée, peinte en rouge contient un café et un petit musée dédié à des célébrités locales : on peut visiter le bureau avec certains effets personnels et les livres d’ Eysteinn Jonsson, un politicien, ou voir l’atelier de menuisier du sculpteur Ricardur Jonsson dont j’ai bien aimé les objets de bois ciselés : coffrets et pipes et moins les bustes de personnages inconnu de moi. Par une échelle de meunier, je grimpe au grenier où sont entreposés en vrac toutes sortes d’objets de siècle dernier (le 20ème ) des téléphones muraux, la meule d’un rémouleur, des machines à coudre et à tricoter, qui m’ont rappelé Karitas que je suis en train de lire.

Djupivogur : stone garden le Peuple caché

L’autre « musée » de Djupivogur JFS Handicraft & stone garden est à l’écart : une maison rouge est entourée d’une accumulation de galets, ossements de baleine, minéraux, bois flotté et sculptures naïves. Dans le « jardin de pierres » des galets représentent le « peuple caché » elfes et trolls, en référence à la mythologie nordique ; le plasticien a aussi construit des navires de pierre. Des échantillons colorés rouges ou verts, des fragments d’obsidienne brillent sont alignés dehors. Dans une véranda, des têtes d’orques aux dents redoutables sont suspendues. Avec des bois flottés ou des branchettes de bouleau il a créé des silhouettes fantastiques, des rennes, un traineau. L’artiste traverse le jardin, sur sa casquette il a mis des ailes d’oiseau. Dans ce village perdu, il faut être créatif et se contenter des ressources locales.

Djupivogur : stone garden la cabane de Thor

Eggin : Sur la jetée, 34 œufs de pierre de bonne taille figurent les 34 espèces d’oiseaux islandais. C’est l’œuvre de Sigurður Guðmundsson  plasticien reconnu à l’international. Jaime caresser la pierre lisse. Comme je ne suis pas ornithologiste, je suis incapable de faire la différence entre les différents œufs qui se ressemblent beaucoup ; C’est une belle installation qui s’intègre très bien dans le décor.

 

Le Coeur de l’Homme – jon kalman Stefansson

LIRE POUR L’ISLANDE

Un beau moment de lecture! 

Dépaysement et poésie, à la limite du rêve et de la réalité. Le roman commence avec une terrible tempête de neige d’où émergent les héros engourdis à la limite entre la vue et la mort, perdus, ils sont recueillis et soignés dans un village isolé. Furtive rencontre avec une femme aux cheveux roux intense dont on saisit mal le rôle, mais qui laissera un souvenir tenace et émerveillé.

Qui est donc ce gamin? Recueilli par des femmes singulières dans un port, il joue le messager, portant des lettres d’amour qu’il rédige pour les autres. Il me fait penser, dans un décor tout autre, au jeune homme de Théorème de Pasolini qui séduit et déstabilise toute la famille. Par une simple lettre, il bouleverse la vie d’Andrea qui quitte son mari, Pétur. D’autres lettres porteront des promesses d’amour… Dans cette petite ville isolée,le gamin fait circuler livres et poèmes. Dans cette campagne reculée, il rayonne de culture, butinant le savoir auprès des femmes ou du directeur d’école. Surprenante importance de la musique où l’on voit un orgue voyager par bateau….

Roman onirique, aussi roman réaliste qui raconte des rapports de pouvoir entre la famille de commerçants, la concurrence acharnée entre Fridrik, homme d’affaire prospère et Triggvi « qui transforme le labeur en or », Snorri le marchand failli et ruiné, et surtout la belle Geirthrudur, libre et riche qui tente de faire des affaires dans un monde d’homme qui ne lui pardonne ni son sexe, ni son habileté à manœuvrer. Au village, tout tourne autour du poisson: les  pêcheurs pêchent, on sèche ou sale la morue qu’on exporte. Capitalisme  primitif, où l’on achète, transmet ou vend, des parts dans les bateaux, des droits pour faire sécher la morue.

Passage à la modernité, dans le village traditionnel, le téléphone fait son apparition, puis une pompe et un bateau à vapeur….

Le récit conte aussi bien la vie quotidienne que la beauté de la lumière des nuits d’été, la nature qui se pare de fleurs et de mousses, toujours la poésie!

Un vrai coup de cœur!

Höfn et Vestrahorn

CARNET ISLANDAIS

le port de Höfn

La pluie était prévue de longue date. Un arc en ciel nous accueille au réveil. La lumière crue du matin illumine les montagnes qui deviennent pourpres. Au-dessus de la mer, il fait beau. Eclaircie de coute durée : dès que nous montons en voiture, il commence à pleuvoir. Bruine fine, pas très gênante ;

Ferme Skalafell

Un monument en ciment honore la mémoire de Jon Ericksson, natif de Skalafell (1728-1787) qui étudia au Danemark et en Norvège, devint professeur de Droit, un des Philosophes des Lumières et personnage du Réveil National islandais ; derrière la ferme Skalafell occupée par un hôtel, une promenade au pied du glacier Skalafelljökull m’aurais bien tentée (par beau temps)

Myrar glaciers et zone humide

Parking suivant sur la route circulaire : au sommet d’une butte, un mirador permet d’identifier glaciers et sommets des environs. Pour les sommets, c’est raté ils sont dans le nuage. Trois langues glaciaires descendent de la calotte du Vatnajökull : Skalafelljökull, Heinaberjökull, Flaajökull. Deux d’entre eux descendent en un élégant virage, le troisième semble sortir d’un goulet d’étranglement.

Chacun nourrit un torrent (ou rivière glaciaire) qui ont construit une vaste plaine le Myrar, zone humide, dans laquelle les cours d’eau se divisent en nombreux bras sinueux dont les méandres brillent par contraste avec le fond mat. Selon les explications des panneaux, au gré des inondations, les rivières divaguent et changent de lit ; autrefois les hommes ont cherché à les canaliser à la pelle. Au 20ème siècle les bulldozers ont permis, de construire des ponts de faire passer la route, et de drainer des prairies qu’on a semées pour les enherber. Ces beaux prés fauchés sont parsemés de meules cylindriques emballées dans du plastique blanc ou rose qu’un de nos guides compare à des marshmallows géants.

divagations d’une rivière glaciaire

D’autres délivrent tout un cours de géologie montrant le rôle conjoint des volcans et de la calotte glaciaire qui les recouvre, les mouvements de subsidence sous le poids des roches et des glaces et inversement la remontée de la croûte terrestre quand la calotte glaciaire s’est rétractée et que l’écorce s’est allégée. Malheureusement, sous la pluie fine, je n’ai pas sorti mon cahier pour noter.

Hoffell hot tubs

hot tubs

Quelle bonne idée de se baigner dans l’eau chaude sous la pluie dans des piscines naturelles au milieu de nulle part !

Sur la piste 984, à 3km de la route principale, un peu à l’écart, a l’abri d’un piton rocheux 4 hot pots, 4 petites piscines rondes en pleine nature sont déjà occupées par des baigneurs bien rouges – rouges de froid ou de chaud ? J’avais beaucoup aimé la convivialité du jacuzzi au Costa Rica sous la pluie, nous avions passé une après-midi très agréable et cosmopolite sous la pluie. Mais le jacuzzi était plus grand, nous conversions aimablement à 6 ou 8. Tandis qu’ici, ils sont deux par baignoire. Je peux occuper seule le 4ème pot et m’ennuyer ou dois-je tenir la chandelle en rejoignant un couple ? Les bains sont ouverts jusqu’à 21h, on tentera au retour.

Flatey

Nous dépassons la très grande ferme de Flatey juste au moment où les vaches s’échappent en courant de l’étable. Le magnifique bâtiment vitré est-il une étable ou plutôt un restaurant où l’on sert des glaces-maison.

Höfn

La petite ville (1640 ha en 2011) est précédée de nombreux hôtels, certains grands comme le Fosshotel d’autres plus modestes, d’un camping avec des bungalows et d’un golf désert aujourd’hui, bizarre, en général les golfeurs ne craignent pas la pluie. Deux stations-service, un supermarché. Il semble que tout Höfn se soit converti au tourisme la Poste et la Pharmacie s’affichent Guesthouse. La ville a pourtant d’autres occupations : un port tout à fait actif, port de commerce et port de pêche.  La spécialité c’est la langoustine, mais ce n’est pas la saison. La ville s’étale, peu dense c’est vraiment une ville, il y a même 3 ou 4 barres de petits immeubles bas et une galerie marchande où nous ferons des provisions à prix presque raisonnable. Autour du port, des restaurants de poisson, il sort une odeur appétissante ; mais ce n’est pas l’heure.  ISK

L’office de Tourisme, dans une belle maison de bois, présente des d’oiseaux empaillés, de belles photos, des écrans interactifs et une vidéo. Je cherche parmi les oiseaux celui qui ressemble à la nichée croisée hier, perdrix ou lagopède (ce dernier s’appelle aussi perdrix des neiges).

Vestrahorn : la montagne de gabbro dans la brume

Fortes de nos expériences écossaises et irlandaises, nous choisissons d’ignorer la pluie et partons nous promener comme prévu sur la presqu’île de Vestrahorn. Au Café Viking on s’acquitte d’un péage de 900 ISK par personne, pour le prix on nous offre un plan ! Nous garons la voiture sur un parking sableux face à la mer. Ce n’était pas du tout une bonne idée, la voiture est ensablée. Deux japonaises m’aident à pousser, heureusement un viking barbu, chevelu saute de sa jeep (elle aussi garée dans le sable) ; son aide est décisive. On choisira le parking du phare.

graminées et sablenoir

Selon le Guide Vert, Vestrahorn serait « le paradis des photographes avec sa lumière changeante et les reflets des nuages » ; le plafond nuageux est désespérément bas, la lumière définitivement morne et stable, la photographe doit faire preuve de créativité. Les graminées agitées par le vent m’inspirent ainsi que les petites plantes étoilées sur le sable noir. Le cailloutis de roches claires exogène, comme le radar de l’OTAN ainsi que tous les reliquats et déchets de la base militaire : câbles, piliers de béton, pièces mécaniques…J’aurais dû lire les panneaux à l’arrière du café viking ; j’aurais compris que Stokkenes fut une ancienne base britannique pendant la 2ème Guerre Mondiale  puis américaine ; le radar sphérique n’est pas un décor de cinéma. Le péage de la route ne se justifie pas puisque les investissements ont été financés par les militaires. Le Village viking, lui est un décor de cinéma. Les toits couverts d’herbe se fondent dans le paysage, pas l’horrible façade de polystyrène blanche qui défigure le village de planches.

graminées sous le vent et la pluie

Un peu plus loin on passe devant les vestiges d’un ancien village (aucunes explications). L’endroit est habité depuis le 9ème siècle : colonisation par les Vikings et aussi par des moines irlandais. Le site était encor habité au 20ème siècle. Un fac-similé en français m’apprend que les habitants ont sauvé des naufragés français et que le Ministère de la Colonisation leur a offert une médaille.

Déjeuner tardif au Café Viking d’un croque-monsieur. Je renonce aux bains et au restaurant puisque nous avons fait des emplettes. Il faut préparer l‘expédition de demain aux Fjords de l’Est (300 km), classer les photo…