la route des châteaux du Niémen

le Niémen

Le Niémen fait la frontière entre la Lituanie et la Russie(Kaliningrad). J’aurais aimé le suivre de la mer jusqu’à Kaunas.

Ce fleuve fait rêver, références historiques Normandie-Niémen, bien sûr, mais aussi épopée napoléonienne. Le Delta que nous avons découvert hier est tout à fait impressionnant.

De Siluté à Pagegiai ; le fleuve est loin, la route traverse une campagne plate cultivée, des prés fauchés d’autres pleins de fleurs jaunes. A Pagegiai, une route va à Sovestk (anciennement Tilsitt, Napoléon, bien sûr!).  Nous l’empruntons pour voir le Niémen de près et le longer ensuite sur de petites routes qui figurent sur ma carte .Raté ! Le poste frontière est bien avant le pont. On fait demi-tour sous l’œil médusé d’un routier letton qui nous voit couper la ligne blanche (nous avons une plaque d’immatriculation lettone).

De magnifiques tilleuls sont alignés le long de la route. Ici, les églises sont en brique. Pour la première fois depuis longtemps nous voyons des champs de maïs. Les collines bordent le fleuve.

Après Sakinikai, un écriteau marron indique un Parc Naturel à Rambynas. Suivant la piste arrivons sur une colline où sont installés des bancs formant un cercle. Que se passe-t-il donc ici ? Le Guide Lituanie de Giedre Jankevicuité me donne la réponse : ici étaient encore célébrés au 19ème siècle des cérémonies païennes,  plus tard, pendant la période soviétique, on y célébrait la Saint Jean. Un peu plus loin, point de vue : un balcon de bois surplombe le Niémen. Non loin, le cimetière de Bitenai. Retourner à la route, même avec le GPS a été une aventure : l’orage a laissé de grandes flaques qui barrent la piste : passera ou ne passera pas ?

Viesvile

Petite ville précédée de tristes barres HLM vides et d’une usine à l’abandon. Au centre un énorme bâtiment en brique (une école ?) et de nombreuses installations.

Jubarkas,

chapelle du manoir de Jubarkas

Après avoir  traversé de belles forêts. ,à Jubarkas nous trouvons le Niémen et le premier manoir du circuit .  Séparés par une grande pelouse deux manoirs pratiquement identiques se font face : l’un est la demeure des maîtres, l’autre celle des domestiques. Il faut être observateur pour remarquer que l’un d’eux est plus sophistiqué que l’autre. Dans un coin, une charmante église.

Jubarkas possède une belle église gothique en brique à deux clochers.

La ville n’a aucun charme particulier. On s’arrête pour le ravitaillement.

Le château de Panémuné est bien caché et mal indiqué. Le GPS refuse de nous y conduire ; Il faut suivre l’écriteau Pilis, une tour dépasse des arbres et des toits des maisons. Le château est en chantier avec des échafaudages, la route d’accès est éventrée.

Château de Raudonné

Le Château de Raudoné est plus facile à trouver : bâtiments en brique autour d’une cour carrée surmontée d’une haute tour ronde de 33.5m de haut. Seule la tour se visite. De la forteresse initiale et du palais 16ème on ne reconnaît plus rien. Les reconstructions historicistes du 19ème ont fait un ensemble néogothique. Les grands portraits sérigraphiés des anciens maîtres pendus aux fenêtres de la cour ne sont pas du meilleur effet et ôtent tout mystère au château, qui n’a plus rien de mystérieux puisque c’est maintenant un collège< ; je monte à la tour un peu désenchantée. Les toits ont été si bien rénovés qu’ils jureraient sur les photos. Je me contente de la vue sur le Niémen. A côté de ce château refait, une bâtisse est plus intéressante : celle des domestiques. Il y avait également une usine comme dans les autres manoirs déjà visités, demeure d’agréments pour les nobles mais aussi domaine de rapport et implantations industrielles.

Veliuona

C’est un village perché sur des collines, dominé par une église blanche. Sur la place se trouve une statue du duc Gediminas et un point de vue sur le Niémen. Le manoir est en retrait. Belle construction en bois du 19ème siècle précédé d’un fronton classique soutenu par des colonnes blanches. Une dame vend des tickets en pétrissant des colombins. Dans une autre pièce se trouve son tour de poteries qu’elle vend. La potière ne parle ni Anglais, ni Allemand, Russe, oui ! Sur le ticket se trouve l’image des fleurs de tulipier : elle me montre l’arbre magnifique mais défleuri. Les fleurs sont conservées dans des bocaux. On peut voir un intérieur paysan  traditionnel plutôt bric à brac. L’exposition-photo Velinoma 1925, sans prétention, est émouvante : photos de mariage, de classe, de famille.

Belvédère

De très grands bâtiments blancs imitant la Renaissance Italienne (1830-1840) sont dans un état de délabrement avancé. Le parc est devenu une jungle profonde où est caché l’escalier de 365 marches qui descendait au Niémen. Dans le dépliant de l’Office de Tourisme de Jubarkas , on parle de pièces peintes et de beaux parquets ainsi que du mobilier choisi. Mais nous n’avons pas trouvé l’entrée.

Le dernier manoir avant Kaunas à Raudondvaris abrite un musée dédié au compositeur Juozas  Naujalis dont je n’ai jamais entendu parler. Nous avons hâte d’arriver à Kaunas et il pleut !

Sturmai, Vente, Delta du Niemen

 

Sturmai, la maison duj capitaine

De Klaipeda vers le sud

La campagne lituanienne est très différente des paysages que nous venons de quitter en Lettonie ou Estonie. Les forêts sauvages ont disparu ainsi que les grands espaces inhabités. Les villages sont rapprochés, les champs plus petits. De nombreux vergers aux pommiers bien taillés et bien alignés, des fleurs, mais des maisons t moins signées, souvent grisâtres. Et bien sûr, toujours les HLM soviétiques en briques grises.

Dans cette campagne peuplée, faire pipi est un casse-tête, il y a des maisons partout. Peu avant l’arrivée une « aire récréative » est annoncée. Au bord de la lagune, entre les roseaux on peut accéder à l’eau. Deux grandes tables de bois sous des auvents sont disposés pour le pique-nique avec  des balançoires. Une famille lituanienne et ses 4 gentils enfants blonds, fait trempette dans la lagune. Je les rejoins « not too cold ? » demande le père. Comme ils parlent anglais, on leur demande s’ils connaissent Sturmai et notre Hôtel. « c’est tout près à 3 km ! »

Sturmai

hôtel Sturmai

C’est le plus bel hôtel qu’on puisse imaginer : sur le bord de la lagune, une grande bâtisse de briques rouge est coiffée d’un étage de bois gris foncé. Les fenêtres à petits carreaux sont entourées de blanc et de bleu. Le toit de tuile est souligné de bleu. Un peu plus loin, le restaurant est installé dans une longère en bois patiné.

La dame est un peu gênée. Elle nous avait réservé la maisonnette sur le quai du port. Voyant notre âge, elle hésite « il faut monter à la chambre par une échelle ! ». Cette petite maison est faite de deux cubes empilés, celui du haut plus grand que l’autre. Le niveau du bas est en briques , l’étage est en planches. On entre dans la minuscule pièce meublée de deux bancs laqués de blanc avec des accoudoirs bleus encadrant une table ronde. Sur le rebord de la fenêtre, une lampe tempête. L’échelle de meunier mène à l’étage meublé de deux lits, table et table de chevet en pin brut, tapis et couvre-lits beige et vue sur le petit port. La salle de bain est laquée de blanc.  Pour décor, un baromètre et un poster de phare.

On a à peine plus de place que dans une cabine de bateau.

Au restaurant, pas de menu : on choisit son poisson, couché sur un lit de glace. Après pesée, il est cuit dans un grill à forme de poisson dans la cheminée et  servi accompagné de pommes de terre.

Trois bateaux noirs, posés sur la pelouse entre port et lagune, servent de perchoir aux mouettes.

Autour de la grande maison trois barques ont été remplies de terre en guise de jardinières : l’une  d’eux est un potager avec des laitues, du persil, aneth et menthe. Les deux autres contiennent des fleurs. Les girouettes ressemblent à celle de Neringa, de l’autre côté de la lagune : une barque porte un village ou des personnages.  Les tas de bois ronds sont très pittoresques.

Nous resterions volontiers toute l’après midi si nous n’avions pas d’autres visites à notre programme. Ce voyage est un marathon qui nous conduit dans des endroits merveilleux dont nous n’avons pas le loisir de profiter.

Venté

phare de Venté

 

Venté est situé à la pointe du Delta du Niémen. Un phare et une station ornithologique sont installés sur le passage des oiseaux migrateurs. Des filets forment un vaste piège qui permettent de baguer des milliers d’oiseaux. Dans la station une collection d’oiseaux empaillés étiquetés en lituanien, Allemand et anglais. Je n’aime pas trop voir les animaux empaillés. J’ai trouvé dans la maisonnette un livre magnifique résumant les données des comptages concernant chaque espèce migratrice. J’ai eu la surprise d’apprendre que les rouge-gorge et les corbeaux apparaissent dans les comptages avec les mésanges. La distinction entre migrateur et sédentaire s’estompe. Cela dépend vraiment du lieu où on se trouve. Nous avons assisté à l’un de ces comptages à la Pointe de L’Aiguillon. J’avais été impressionnée par le nombre d’oiseaux et par la dextérité des ornithologistes.

Aujourd’hui, une cigogne arpente le pré, grave et solitaire. Quelques mouettes volent, un goéland juvénile dort sur le bord du bassin carré.

Minija

Le guide Vert raconte qu’un canal remplace la rue principale à Minija. Une piste de terre large et plate va de Kintai à Minija, longeant une série de bassins rectangulaires et un canal. Nous sommes dans le Delta du Niémen. Les maisons construites sur la digue ressemblent à celle de Neringa avec les mêmes bordures bleues, les décorations de toit et les planches rouge sang. Nous pensons aux villages du Delta du Danube. Marchons sur le bord herbu du canal. Les maisons ne sont plus habitées par les pêcheurs ou les paysans. Des artistes les ont rénovées ou elles sont aménagées pour les vacanciers. Bateaux promenades, canoë ou bateaux de plaisance permettent d’explorer le Delta. Si nous avions le temps….

L’orage

l'orage s'approche

Le temps d’acheter deux yaourts à la supérette de Kintai, de nuages sont arrivés. Nous avons tout juste le temps d’arriver à Sturmai. Il fait encore beau sur l’Isthme de Courlande mais ici les grosses nuées noires s’amoncellent. Les deux familles parties en bateau à moteur débarquent à la hâte avec leurs beaux gilets de sauvetage bleus. Brusquement le vent se lève, soulève la poussière, secoue les arbres. La surface de l’eau du port est parcourue de ridelettes, sur la lagune des vagues se forment. Les clients attablés dehors au restaurant  se lève emportent leurs  bols de soupe et les verres de bière, puis ressortent et s’alignent le long du restaurant. Chacun attend la pluie qui vient enfin à grand fracas. On hésite à rentrer pour profiter encore du spectacle du déchaînement de la nature. Les oiseaux s’agitent. Des éclairs rayent le ciel. Quand une pluie serrée commence à nous tremper, il est temps de se mette à l’abri. L’orage a coupé l’électricité. Même après la fin de l’averse, le courant ne revient pas. La dame tire un seau de l’eau de la lagune pour terminer son ménage.

au petit matin, les pêcheurs

6 heures, les pêcheurs partent en canot à moteur.

8 heures, ils retirent les poissons de leurs filets. Ils sont jeunes, grands, blonds, un groupe parle fort en Russe. Que nous ne parlions pas Russe, les fait beaucoup rire. Les poissons sont grands, certains ont la forme d’une carpe. D’autres sont allongés.

Au petit déjeuner, on sert le fromage avec du miel, des cornichons malossol, des blinis et de la confiture de myrtilles.

Lituanie : Klaipeda

Vue de Smiltyné, Klaïpeda est étrange, difficilement lisible. Derrière la  rangée de grues étrangement immobiles nous ne voyons ni tours ni clochers annonçant une ville ancienne. Seuls émergent quelques buildings dont deux tours jumelles K et D qui ne semblent ne faire qu’une sous un certain angle alors qu’elles sont séparées. Le château  des chevaliers Porte-Glaive (13ème ) a été détruit au cours de l’histoire. Klaipeda  a souffert des bombardements en 1944, les clochers ont été détruits et les soviétiques ne les ont pas reconstruits.

Les vieux quartiers, en revanche, ont été réhabilités de manière harmonieuse si bien que la promenade dans les maisons à colombages et celles à façades classiques, est très agréable.

le Théâtre de Klaipeda d'où Hitler prononça l'annexion de Memel

Nous garons la voiture rue Turgaus, devant l’Office de Tourisme et suivons l’itinéraire du Guide Vert à partir du théâtre qui a une façade néoclassique blanche. Du balcon Hitler annonça lui-même l’annexion de Memel (nom allemand de Klaipeda).

Ännchen von TharauJuste devant le théâtre une figure plus pacifique : la statue d’Ännchen von Tharau, poème écrit par Simon Dach(1603-1659). Ce poème me rappelle mes cours d’allemand du lycée

 

 

 

 

 

La rue Turgaus est large, elle est bordée de façades classiques.

billet Meme: 50 mark 1922

Le Musée de la Lituanie Mineure se trouve dans une belle maison dans une rue perpendiculaire. L’histoire de Klaipeda commence à la Préhistoire dès 1800av. J.C. : des bijoux de métal et d’ambre ont été retrouvés. En 1237, les Chevaliers Porte-Glaive unis aux Chevalliers Teutoniques, Croisé des bords de la Vistule, s’unirent pour christianiser la région. Les Chevaliers Porte-Glaive construisirent le château de Klaipeda en 1252. Après la Réforme, le Grand Maitre de l’Ordre, Albrecht von Brandeburg a transformé l’état en Dûché de Prusse (1525-1701). L’histoire de Klaipeda est associée à celle de Königsberg ou de Dantzig. Etrangement, de la Lituanie et de l’éveil national au 19ème siècle, il est peu question. C’est une histoire allemande que raconte le Musée de la Petite Lituanie. la salle de numismatique présente des billets en marks de 1922. Une carte de géographie des écoles montre tous les villages avec leur noms allemands Klaipeda/Memel, Smiltyné/Süderspitz, Juodkranté/Schwartzort et Nia/Nidden.

L’ultimatum de Hitler prend un nouvel éclairage. « Mourir pour Dantzig » est connu, l’ultimatum de Memel l’est moins. C’est la présence des sous-marins allemands qui justifia les lourds bombardements russes de 1944.

En 1944, 100 000 à 200 000 Allemands quittèrent la région avec l’évacuation des troupes allemandes. Les opposants furent déportés en Sibérie. Klaipeda devient soviétiques et de nombreux Russe repeuplèrent la ville.

Nous allons à la recherche des maisons à colombages et des jolies façades. L’ancienne poste est très pittoresque. Nous y achetons des timbres que la postière nous vend en Allemand.  Derrière la rivière, la Dane, nous cherchons deux petites sculptures : un chat de granite poli avec une tête en bronze et plus loin une souris.  Nous complétons la visite par un tour en voiture : arrêt à la Poste Centrale Art Nouveau : briques, tours, clochers dragons à l’intérieur des oiseaux messagers au dessus des guichets sculptés.

 

Lituanie :isthme de Courlande

la Baie de l'ambre : Juodkrante

A l’entrée du village de Juodkranté, des figures bizarres en paille de roseau émergent d’un lagon : c’est la Baie de l’Ambre. Les mouettes perchées sur la chèvre et le cheval sont très photogéniques.

En 1855 : en draguant le lagon on a trouvé de l’ambre

1860  600 employés s’activent sur 23 machines à vapeur

On a également trouvé de l’ambre avec des figures du Néolithique

colline des cormorans

Nous ratons l’objectif suivant : la colline des sorcières qui se trouve dans le village. Le parking suivant se trouve au pied de l’escalier de l’affût de la colline des cormorans. Cormorans et hérons ont transformé tout le sommet d’une dune boisée en dortoir. Les grands arbres sont morts blanchis par le guano. Les nids occupent les hautes branches. Nous sommes un peu déçues par les cormorans qui n’ont pas leur posture familière, les ailes écartées. Ils sont dispersés dans tous les arbres. J’avais gardé un excellent souvenir de la colonie des cormorans du Parc Forillon en Gaspésie sur une falaise se disputant toutes les anfractuosités habitables à grands coup de becs et à grands cris.

Un panneau m’apprend que :

En 2004 on a compté 2800 cormorans et 450 hérons. Les cormorans reviennent dès février. En mai naissent les premiers poussins. En nourrissant leurs petits, les parents laissent tomber des poissons dont s’emparent hérons et renards. Toute une faune profite des arbres morts : pics noirs, chauve-souris, notamment.

Sur la route un petit renard à la fourrure très claire est écrasé.

Nida

Sahara lituanien

Nous filons à Nida avant la pluie. Cherchons à grand mal à nous garer et le parking de la dune de Parmidis. Une route piétonnière mène à un énorme cadran solaire en granite gris foncé. Cet ouvrage disproportionné, la matière, tout semble déplacé, hors de propos. C’est à proximité du Cadran qu’on observe le « Sahara lituanien ». Je suis un peu déçue. La belle dune de la carte postale est hors de portée. On filme un panoramique commençant à la terre ferme traversant la lagune de Courlande, puis la langue de sable blanc pour terminer sur la foret qui couvre l’isthme jusqu’en Russie.

Je retourne au village de Nida par un sentier dans les pins jalonné de panneaux explicatifs. Les touristes ne sont pas très disciplinés. En revenant d’Estonie, où les espaces auvages étaient immenses et les promeneurs peu nombreux, on avait l’impression d’une nature inviolée. Sur ce territoire étroit, entre deux villes importantes, la pression démographique est beaucoup plus forte, la nature semble menacée. Les règlements des zones protégées sont stricts mais les visiteurs s’échappent dans la dune.

Midi à Nida, les courses chez Maxima (très bien achalandé, produits de luxe), nous achetons au rayon traiteur des escalopes viennoises (porc) et des latkes (beignets de pommes de terres râpées) . Une forte averse nous tient enfermées au parking dans la voiture. On n’ose pas se promener en voiture : trois voitures font la queue attendant qu’on libère une place.

maisons de pêcheurs

Sous une pluie battante, nous allons voir les maisons de pêcheurs aux murs de planches verticales rouges, aux fenêtres blanches et au toit de chaume souligné de bleu marine et surmonté d’une décoration de toit de bois blanc. Les girouettes tricolores, bleu blanc rouges représentent un village porté sur un bateau. Les découpes sont très fines. Les maisons sont entourées de jardins fleuris derrière des barrières basses de bois rouge. Une maison se visite. Le mobilier est propret et gai. Les photos racontent la vie de la famille qui habitait ici jusqu’en 1944 et qui a fui en Allemagne. Nous courrons d’arbre en arbre pour ne pas être complètement trempées.

Thomas Mann a vécu à Nida de 1929 à 1933 et y a rédigé Joseph et ses frères. Je réalise que le nom de l’auteur m’est familier mais que je le connais mal (en dehors de Tonio Kröger et de Mort à Venise) Tellement ignorante que je renonce à visiter sa maison – très belle maison traditionnelle de village.

Pique-nique devant la mer agitée.

Preila  est le village suivant en remontant vers le nord, beaucoup plus tranquille que Nida et bien plus agréable à visiter. Lees « maisons de pêcheurs » sont les mêmes qu’à Nida, elles sont transformées en B&B ou en gîtes pour touristes. Les pêcheurs sont encore là ! Les enseignes Zivis aux poissons dessinés proposent en devanture dans une vitrine des poissons fumés de toute taille, et à tous les prix, suspendus à des tringles. Il y en a même des bizarres ronds à 3litas(1€) On est méfiantes : il doit y avoir plein d’arêtes !

Du parking de la réserve de Nagliu part un sentier traversant une dune morte (par opposition aux dunes mouvantes). Tous descendent le sentier de planches sandales à la main. J’ai vite compris pourquoi : quand les planches sont recouvertes d’une épaisse couche de sable, même avec un dénivelé ridicule, c’est une épreuve de gravir la dune les chaussures remplies de sable. La vue est saisissante au sommet. Les nuages se sont séparés. Il y a un rayon de soleil.

Colline des sorcières

Neringa, la géante

Le parking se trouve en retrait dans le village de Juodkrante. Après quelques marches on rencontre les premières sculptures. Des troncs entiers forment des sortes de totems ou sont posés horizontalement en faisant des bancs. Certaines statues sont de taille humaine ? D’autres ont des proportions monstrueuses. Elles illustrent la légende de Neringa la Géante qui éleva un rempart de sable  pour protéger le château de son fiancé à Venté de l’autre côté de la lagune. Elles racontent aussi des contes de fées avec de vilaines sorcières au nez et au menton  crochus, des géants et des sorciers roulant des yeux et grimaçant. L’esthétique s’apparente à celle des trolls en plastique qu’on vend sur les ferries vers la Scandinavie. Les enfants sont ravis de se faire prendre en photo avec la sorcière ou perchés sur l’accordéon. Les adultes sont plus ridicules à nos yeux.

Ni la technique grossière, ni le parti pris simplet ne nous plaisent. Nous prenons les photos sans conviction. Seul un banc en forme de poisson avec une tête lisse et des arêtes apparentes mais suggérées trouve grâce à mon regard.

Lorsque nous rentrons, le Musée  de la Mer et le Musée de la Nature de Smiltyné sont fermés. Cet auto-tour ne nous permet vraiment pas de nous attarder ; Il faut faire des choix !

Lituanie : Isthme de Courlande, arrivée à Smiltyne

Arrivée à l’hôtel de Smiltyne

la lagune et de l'autre côté Klaipeda

19heures, arrivée sur la presqu’île de Courlande après avoir traversé la lagune sur le bac. Comme la Skoda est immatriculée en Lettonie, le marin s’adresse à nous en Russe. D’ailleurs, depuis un certain temps tout le monde semble vouloir nous parler en Russe. Je n’aurais pas dû écouter les conseils de ceux qui par anti-soviétisme m’ont empêchée d’apprendre le minimum avec les méthodes rapides.

A la sortie du ferry le GPS nous envoie à gauche alors que Smiltynes est fléché à droite. La route file directement vers Nida au sud. Impossible de faire demi-tour avec la ligne blanche continue. Après 5km, on la coupe quand même. L’hôtel est invisible, introuvable.

C’est une bâtisse carrée,coiffée d’un toit à 4 pans de tuiles brunes qui recouvrent les deux étages supérieurs entrecoupés de balcons de bois foncé. Un beau hêtre pourpre, un saule pleureur et un frêne sont alignés. Un talus nous sépare de la digue. Nous voyons de très gros bateaux et les grues vertes ou jaunes des docks de Klaïpeda.  Dîner gastronomique avec le poisson fumé des halles de Liepaja, fondant, un délice.

Le jour tombe, le soleil couchant illumine la coque d’un bateau qui devient doré. De petits nuages mauves flottent. Il est 21h30, le soleil se couche. Est-ce la latitude ou  les jours qui raccourcissent la deuxième partie de Juillet?


Cette journée dans l’isthme de Courlande devait être un des sommets du voyage : hôtel sur place, merveilleusement situé, un site classé par l’UNESCO. La météo en a décidé autrement. Levées avec un ciel voilé nous sommes parties avec les nuages.

On s’acquitte d’un droit d’entrée de 20 Litas au péage. Une seule route parcourt la péninsule pour rejoindre la Russie et Kaliningrad. Les arrêts ne sont possibles que dans des parkings ad hoc. Les cyclistes roulent sur des pistes séparées. Les piétons sont invités à ne pas sortir des sentiers de découverte. Des parkings correspondent aux accès aux plages sur la Baltique.

Palanga : musée de l’Ambre

 

lézard inclus dans l'ambre

Arrivée en Lituanie

Encore 7km d’une piste que le GPS ignore, la route et rapidement la Lituanie. Poste frontière abandonné et changement de revêtement de la chaussée – meilleur. Les grilles vertes signalent l’aéroport de Palanga. La circulation automobile s’intensifie. D’où viennent donc toutes ces voitures ?

Palanga est bondée. Toute une foule déambule. Il y a de nombreux magasins. C’est ici que je change les LAT lettons pour des Litas lituaniens. Ce monde nous rebute comme les attractions : manège, un singe en plastique de 10m de haut vomit ses enfants sur un toboggan gonflable.Les gens déambulent avec des poussettes des matelas pneumatiques, serviettes. Beaucoup de gens sont à vélo.

Au sud de la ville, un magnifique parc : les arbres sont immenses, centenaires, d’essences variées. Le musée de l’Ambre est logé dans le manoir joliment meublé au rez de chaussée.

L’ambre est  la résine fossilisée d’un conifère : Pinus succiniferus (45MA-35MA) de 50m de haut. Au cours du réchauffement climatique Miocène/éocène beaucoup d’ambre a été produite,  ce qui correspond à un état pathologique un état pathologique de Pinus succiniferus. La mer recouvrait alors le Bassin de la Volga, la Russie, la Lituanie, l’Allemagne et le Danemark jusqu’à la Mer du Nord. Les sites d’extraction de l’ambre se situent en Lituanie, Moldavie jusqu’en Italie du Sud, mais l’ambre est répartie sur tous les continents.

Les plus belles inclusions sont des brindilles, des insectes même des lézards. Mes préférées : des blattes incluses dans de l’ambre caramel, un ver blanc dans de l’ambre beaucoup plus foncée, des fourmis et des termites. On présente également les différentes variétés d’ambre pas toujours translucide parfois opaque. Certains blocs sont véritablement énormes.

Une autre salle, présente des trouvailles archéologiques (amulettes) ou seulement anciennes bijoux, boîtes, colliers fume-cigarettes.

plages de Courlande : Bernati, Jurmalciems

Bernati : plage

La route vers Klaïpeda  est directe mais de petits détours permettent de découvrir de belles plages.

Bernati 

Nous quittons la route principale pour découvrir une plage sauvage  merveilleuse – site protégé Natura2000 – . Un parking, des cheminements dans la dune. Sur la plage, seul artefact : une cabine de bois rudimentaire pour se changer. La plage s’étend à perte de vue. Je marche vers le sud, personne. Impression merveilleuse. Deux tuyaux rouillés émergent du sable au milieu de la plage : un sous marin ensablé sous nos pieds, je gamberge. Il fait chaud 26° L’eau n’est pas froide. Je n’ai pas envie de me baigner Les avertissements du Petit Fûté ont laissé un doute. L’eau serait polluée. Pourtant certaines plages ont obtenu le Pavillon bleu ? qui croire ?

Près du parking, des lilas, des pommiers et un poirier je m’interroge. Poussent- ils sauvages ? Y avait-il autrefois une ferme qui a complètement disparu ?Un peu plus loin, un village de vacance est en voie de désintégration était-ce un village de vacance pour récompenser les travailleurs soviétiques méritants ?

7km  de piste relient Bernati à Jurmalciems dans les champs de colza défleuris et de pommes de terre qu’on récolte à la main. Le village de Jurmalciems est insaisissable : habitat dispersé fermes cachées derrière des haies de lilas, remises à moitié enfouies, remises à moitié enterrées dans une butte de sable. Des panneaux signalent une église baptiste et une église luthérienne –  invisibles. Quelques vieux bateaux ont été hissés sur le sable de la plage. La digue est miniature, un chemin de planche de 60 à80 cm entre deux rails rouillés sur une vingtaine de mètres avec deux bateaux de pêcheurs amarrés , un vert et un rouge. Et toujours cette plage immense, magnifique, pas tout à fait déserte : une fille a planté un parasol, apporté une table. Un couple se baigne à gauche. Une famille arrivera plus tard. C’est tout. Le sable blanc, vierge de tout détritus, pas de mazout non plus.

Les poivrons farcis avec des morceaux de carotte ont un goût de gefillte fisch – excellents – le gâteau est une tresse aux raisins secs et à la cannelle – délicieuse. C’est le meilleur pique-nique des vacances. Les fourmis volantes n’ont pas réussi à la gâcher mais ont fini par nous chasser.

Liepaja : Karosta base navale des Tsars et des soviétiques

Les halles de Liepaja

Les Halles – fin 19ème –  façade briques et pierre, plafond vitré. Les étals sont très bien achalandés : poissons fumés de toute espèce : thon, espadon, maquereaux, harengs et même un carrelet entier fumé. Nous achetons un poisson blanc épais et moelleux ! Espadon ? Ou thon ? La boulangère accepte de couper en deux un gâteau tressé. Plus loin nous achetons des poivrons farcis. Ce sera le meilleur pique-nique des vacances.

les HLM rouillés mais habités de Karosta

Karosta

Karosta est l’ancienne base navale russe. Liepaja était  l’un des rares ports russes libres de glace l’hiver. JP Kauffmann raconte le départ de l’escadre russe en 1904 pour la guerre Russo-Nippone en faisant le tour de l’Afrique.

Pour rejoindre Karosta on longe encore de vieilles usines de briques désaffectées. Un pont métallique enjambe le canal de Karosta. On trouve des barres de 4 ou 5 étages en très mauvais état mais habitées. Des tilleuls magnifiques bordent les rues. Les habitations sont minables mais le cadre est très verdoyant. Une escouade de jardiniers tondent, ratissent, balaient. Jamais vu des effectifs si pléthoriques !

La cathédrale orthodoxe Art Nouveau est surdimensionnée. Nicolas II en a posé la première pierre (brique ?). Au dessus de l’iconostase une fresque 1900 est originale – photographie interdite ! Ce n’est pas la seule interdiction : un panneau porte les pictogrammes habituels, pas de cigarette allumée, pas de téléphone, des vêtements décents….mais d’autres interdictions surprennent : pas d’alcool ! ni de mauvaises pensées ! La détection des mauvaises pensées se fait comment ? Foulards et tissus sont prévus pour les mécréantes.

les bâtiments de la flotte tsariste

Les anciens bâtiments tsaristes tombent en ruine. On a l’impression de traverser une ville-fantôme et pourtant encore habitée. Par qui ? Condensé extrême de ce que nous avons découvert à Liepaja.

Espérant en apprendre plus, j’attendais beaucoup de la visite à la prison de Karosta. Mais je serai bien déçue.

Visite à la prison : appel

Le guide est déguisé en officier fusse, casquette plate ave l’étoile rouge, bottes de cuir et vareuse khaki trop courte, moustache grisonnante. Il nous entraine à grand pas vers une cour et nous aligne derrière une ligne blanche. Appel, les visiteurs se présentent. A mon tour on me demande « vous parlez Russe ? » – « Niet ! ». Cela fait rire tout le monde, c’est plutôt un bon point de ne pas parler Russe ! D’ailleurs le guide traduit très bien en anglais. Cette prison est une prison militaire. En 1905 elle a hébergé des opposants politiques mais depuis 1918 sept armées différentes l’ont utilisée pour incarcérer les soldats désobéissants et les déserteurs : armées du Tsar, allemande, lettone, à nouveau russe allemande, soviétique jusqu’en 1994 pui lettone. La visite a pour but de nous faire revivre quelques minutes la vie de cette prison militaire ; rien à voir avec ce que je recherche.

le paquetage du soldat russe

Nous entrons dans le bâtiment sombre, peint en noir. Dans une salle consacrée à la 2ème guerre mondiale sur un mur est exposé l’équipement allemand avec sac à dos et matériel ad hoc, en face un sac en toile de jute à peine mieux qu’un sac de patates, une corde et une sorte de marmite en fer blanc : l’équipement du soldat russe. Les armes, grenades, mines interessent plus mes compagnons que moi. Le guide raconte qu’après 1945 ; 70 unités étaient  basées à Karosta avec jusqu’à 25 000 soldats et que Karosta était fermée à la vie civile. Pendant 49 ans les mauvais soldats se trouvaient emprisonnés, une moyenne de 5 jour avec rééducation politique et entraînement militaire. Une cellule toute noire était destinée aux fortes têtes. Dans la pièce réservée aux interrogatoires

Ce qui est étrange c’est que cette prison, aujourd’hui, peut faire fonction d’hôtel bon marché (plutôt auberge de jeunesse) Ont-ils vraiment des clients ? Tourisme de l’extrême ? Bêtise ?

Liepaja ville rock

plage de Liepaja après l'orage

Orage

De Kuldiga à Liepaja, sous  la pluie violente nous ne regardons pas le paysage.

Liepaja

Arrivée à Liepaja dans les travaux, route défoncée,  à l’entrée de la ville, des usines gigantesques, un complexe métallurgiques, ont un air fantomatiques. Quelques unités semblent encore ouvertes mais on ne voit ni rougeoiement de fours ni aucun signe d’activité.

Sans crier gare, on passe un canal. Deux hôtels de luxe sont installés dans des docks de briques. On se croirait Rue de Flandres sur le bord du canal de l’Ourcq. « Vous êtes arrivés ! » claironne le GPS devant l’Hôtel Promenade 5* L’adresse est bien celle du voucher mais le nom de l’Hôtel ne correspond pas. 5* c’est trop pour nous !

En allant chercher de l’aide au Hessbürger (mac do local) tout s’éclaire, l’adresse indiquée est à Roja. Que faire ? Téléphoner  à Vilnius ?

Dans le dossier, j’ai une autre adresse Les Sept Sœurs, Eglu8. Le GPS nous emmène dans des rues pavées de gros galets ronds où l’herbe pousse dru dans les interstices. La Skoda se transforme en carriole tirée par un cheval tant il y a de cahots. Eglu est une rue campagnarde avec des maisons de bois basses cachées derrière leur palissade. Une belle maison à étage penche dangereusement, les tourelles sont en train de basculer, les appentis de travers, et le toit est crevé.

Liepaja, rue Eglu

Notre hôtel est la seule maison de brique de la rue Eglu. Dans un autre contexte il aurait belle allure. L’enseigne Seven Sisters dorée est toute neuve mais rien n’indique qu’il s’agit d’un hôtel. La porte ordinaire est verrouillée. J’ai de gros doutes.Une jeune fille en short m’accueille dans un anglais parfait. Deux chambres ont été retenues. Elles sont immenses : trois fenêtres avec des doubles rideaux foncés, de curieux meubles tournicotés noirs et dorés, un lit kingsize, une épaisse moquette. Quelle belle surprise ! Comme je m’étonne de ces dimensions, la jeune femme donne l’explication « vous êtes à Liepaja ! ».

Hôtel 7sisters

 Tour en ville.

D’abord les « boulevards extérieurs », grandes artères répertoriées dans le plan qui nous conduisent au canal et aux hôtels de luxe déjà vus, puis on passe par un centre urbain avec de grands immeubles anciens et on arrive à un parc qui borde la plage. C’est une très belle plage, au sable très blanc, très large. Ce qui retient mon attention, c’est le ciel tourmenté après l’orage. Les bancs de nuages très gris alternent avec un ciel jaune. La plage est orientée à l’ouest, j’avis imaginé un coucher de soleil oubliant qu’en Juillet en Lettonie, le soleil se couche très tard. Au loin, plus au nord, la silhouette de très gros bateaux se profile. Aux abords du parc Jūrmala il y a de très belles villas de bois, je ne résiste pas à photographier celle qui combine un bulbe d’église à un chalet peint en rose. Nous ne trouvons pas la mignonne église orthodoxe peinte en mauve.

Cherchant le Centre-ville, nous débouchons devant un édifice énorme au fronton classique et aux colonnes impressionnantes : l’université. La grande place Rozu Laukum (Rosenplatz) est presque déserte – peut être après la pluie – quelques jeunes gens déambulent. Un clochard, peut être seulement ivrogne, est appréhendé par la police qui lui colle une amende. La Liela iela,la rue la plus fameuse de Liepaja,  résonne de musique Rock. Un guitariste est suspendu, enseigne énorme d’un café moderne aux larges baies vitrées  dominant une place où le monument est une guitare électrique et où des cubes de ciment conservent les empreintes des mains de « célèbres » musiciens de Liepaja.

Liepaja s’est choisi un symbole jeune : le rock. La musique lui portera-t-elle l’élan  que le Musée Guggenheim a apporté à Bilbao ?

L’impression que nous tirons de ce tour de la ville est très mitigée. Liepaja a connu autrefois son heure de gloire : les immeubles Art Nouveau, les villas en témoignent. Témoignage bien fané de la prospérité du port de commerce d’où s’embarquaient les émigrants vers le Nouveau Monde, Halifax et New York avant 1914, Juifs et Russes allant chercher un monde meilleur. Barres soviétiques, probables conséquence du Combinat de Métallurgie entrevu à l‘entrée de la ville.

Impression de délabrement, d’abandon. Tout s’écaille, se rouille, s’écroule. La moitié de la ville parait vide. Départ des Russes ? Ruine de l’industrie lourde ? Ou de la base navale soviétique ? D’ailleurs, les Russes sont toujours là, les pauvres gens, pas les 4×4 noirs de Jūrmala.

Lipaja ville rock

Liepaja Ville Rock

Ville destroy

Des notes de musique pour guider le visiteur.

Quelle sorte de Rock ? Heavy Metal en l’honneur de la métallurgie. Rock punk destroy pour les maisons croulantes dévastées ? Rock protestataire contre le régime totalitaire, Liepaja était déjà rock avant 1991, dès 1960.

Résilience.

les villes et villages de Courlande

 

 

L'Abava, rivière sauvage de Courlande

matin à Roja

Très joli petit déjeuner : avec du pain perdu au fromage et au lard, une salade de fruit.

Le temps est magnifique, la marée basse a laissé des flaques. En short je vais d’îlot en îlot dans une eau très fraîche observant de beaux ripple-marks.

Quittant la route côtière 128 de Roja à Talsi, nous traversons une campagne assez peuplée, prés et champs cultivés de pois. Les toits des maisons en tôle ondulés sont si moussus qu’on croirait des chaumières. Les cigognes arpentent gravement les prés. A plusieurs reprise nou traversons la rivière Roja qui se jette dans la Baltique à Roja.

Valdemarpils: arrêt devant une très mignonne église cachée sous les arbres. Un panneau raconte l’histoire du bourg   peuplé jusqu’en 1850 de 80%de Juifs ( Guide Vert) mais il est bilingue Letton/Russe!

A un carrefour,  beau moulin est à vendre (affiche en Allemand).

Talsi

Bourg tranquille bâti sur des collines. L’accueil à l’office de tourisme est chaleureux, on nous donne un plan avec un itinéraire historique. Malheureusement lundi est jour de fermeture des musées. Je monte par un  chemin malaisé pavé de très gros pavés pour voir une église. Deux cantonnières blondes joufflues ratissent les feuilles.

–          « parlez- vous Russe ? »  – « niet ! »

La jeune femme rentre au presbytère pour me faire ouvrir l’église. Une stèle en Allemand m’apprend que le pasteur, ami de Mozart a recueilli ses enfants à la mort du compositeur. Ici ???

Le Musée historique (fermé) se trouve dans une maison palladienne bicolore, rose sur le balcon sur un fronton classique avec une colonnade, gris autour.

Stende

Recommandé par le Guide Vert « fleuri », est un village ordinaire  qui respire plutôt la décrépitude que les fleurs avec plein de HLM et deux usines fermées et ses voies ferrées envahies d’herbe.

Un train passe 31 citernes et 27 bennes de charbon, inscriptions en cyrillique.

Sabile

Sabile: la vigne la plus septentrionale du monde!

JP Kauffmann, dans Courlande raconte avec enthousiasme sa visite du vignoble de Sabile, le plus septentrional du monde sur  une colline très en pente.

 

 

 

 

 

 

Nous faisons une curieuse visite : dans un jardin des dizaines de personnages en paille sont habillés et mis en scène avec différents accessoires, et sonorisé, figurant la vie villageoise. L’artiste est une dame très aimable mais russophone Daina Kucere. Une visiteuse joue les interprètes, c’est une rencontre chaleureuse ; Ce n’est pas une exposition temporaire. Daina laisse ses personnages par tous les temps hiver comme été de temps en temps elle les habille de neuf.

Un peu plus loin dans la colline il y a une exposition de sculptures contemporaine « foutage de gueule » !

synagogue de sabile

La synagogue rose sur un jardin est vide, c’est un musée (fermé). Dans le jardin une inscription sur un rocher de granite « Izcor ! »

Les cascades de l’Abava, sont de petits rapides sur une jolie rivière tranquille. Ici aussi, on a aménagé des tables de piquenique. Nous nous installons dans une gloriette ronde qui tourne comme un manège.

Maras Chambers

Ces grottes dans du sable dolomitique au dessus de l’Abava ont un intérêt archéologique. S’y déroulaient des cérémonies chamaniques. Le circuit fléché est une jolie balade un peu sportive d’un peu plus d’une heure.

Il existe d’autres grottes dans le sable qui se visitent. Elles résultent de l’exploitation du sable et les tunnels font plusieurs kilomètres.

Kuldiga

les maisons et els toits de Kuldiga

Jolie ville ancienne tranquille sur le bord de la rivière Venta. Rue Baznica se trouvent de vieilles maisons des marchands 16ème et 18ème , un peu négligées mais d’autant plus charmantes. La petite rue Skolas descend à un petit canal. L’église catholique de la Trinité a de jolis lustres baroques mais elle est très simple, peinte en bleu et blanc, sans torsades ni dorures. Un groupe de maisons coiffées de toits de tuiles qui se chevauchent derrière une cour très fleurie nous a bien plu. Rue Liepaja, la rue commerçante, est bien calme cet après midi. Kuldiga est bien tranquille après l’animation de Pärnu et de Jūrmala. A l’extrémité de la rue, l’église orthodoxe en brique a ses bulbes peints de couleurs vives un peu criardes.

La Venta est une rivière un peu envahie par la végétation. Le pont de brique à plusieurs arches laisse imaginer un cours d’eau beaucoup plus important. Non loin du pont, les chutes n’ont rien de spectaculaires, un mètre seulement.