Coliva : préparation de blé sucré pour les funérailles – Roumanie

PARIS/BUCAREST


 

 

 

 

Cette catégorie de mon blog résulte d’une correspondance avec un fidèle lecteur roumain qui m’envoie souvent des témoignages de la culture roumaine inaccessibles à une touriste. J’ai copié/collé en ajoutant seulement les accents


Ici c’est une courte histoire de la COLIVA et la recette pour le préparer .Coliva est prepare seulement pour faire l’aumone  pour commémorer ceux qui appartiennent à une famille orthodoxe et qui ont quitté ce monde…

. On laisse une partie de coliva et du vin a l’eglise, on donne aussi aux pauvres (la plupart, 99% sont ceux connus en France comme: “réfugies” ou “discriminés” de Roumanie qui connaissent bien ce coutume des Roumains de faire l’aumone et de donner aussi de la nourritue, des vêtements, des souliers, du vin et de l’argent pour commemorer leur morts) qui attend à la sortie de l’église et aux membres de la famille, y compris aux voisins et amis/amies pour manger. Celle/celui qui accepte la coliva ne faut pas dire « Multumes »c(Merci) mais: “Bogdaproste”!, une expression ancienne d’origine slave qui signifie :”Merci , Seigneur!”   Le goût de la coliva est très bon.

Coliva (sl. kolivo, gr. Kollyvon)

C’est une préparation de blé bouilli mélangé avec du sucre (ou miel) avec des noix concassées et décoré avec des bonbons et sucre en poudre fin, qui se donne aux funérailles et les services commémoratifs pour faire l’aumone, la charité, après etre sanctifié par le prêtre a l’église,  pendant le service religieux.
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Signification

Coliva est  fait de blé bouilli, sucré avec du miel ou du sucre, et représente le corps humain de celle/celui qui est mort  car la nourriture principale du corps humain est le  blé  (qui est represente par le pain qu’on mange chaque jour).
C’est aussi une expression materielle de notre foi en l’immortalité et la résurrection, étant preparé à partir de grains de blé, dont le Seigneur lui-même les a presenté comme des symboles de la résurrection  des corps humains: comme le grain de blé , qui doit être enterré dans le sol pour germer et porter du fruit, le corps humain est enterré et pourrit d’abord, pour attendre la résurrection…..

Les sucreries et les ingrédients contenus dans la coliva sont les vertus des saints et de ceux qui sont morts, ou la douceur de la vie éternelle que nous espérons avoir acquis apres la mort.

La balance de coliva (par les successeurs du décédé(e) et par le prêtre – en  effet, c’est un mouvement « up-and-down »)avec les mains pendant le service religieux est, d’une part, l’expression de la connexion spirituelle vive et réelle entre les vivants et les morts, d’autre part, encore un signe de la résurrection, semblable à celui de la Sainte Messe, lorsque les prêtres balancent l’air pendant la lecture du « Credo » quand on  dit les mots «et qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures», en imaginant le tremblement de terre qui a eu lieu à la mort et la résurrection de Jésus-Christ (Matthieu 27, 51).

Recette de coliva

Ingrédients:
1 kg de grains de ble (en Roumanie on achete: “ARPACAS”,- un sorte de ble pre-emballe –  au marche), 1-2 kg de noix; 200-250 g de sucre, le zeste obtenu de 1 ou 2 citrons et de  ½ ou 1 orange, (fruits qui n’ont pas été traités), la cannelle, le rhum ou d’autres essences, sucre en poudre et, éventuellement:  cacao,  bonbons, du miel …

 

Préparation:
Coliva est fait en deux temps:

La première fois est le soir avant d’aller à l’église, lorsque le blé est bouilli, et la deuxième fois c’est  le matin le jour d’être amené comme une offrande à l’église , c’est pourquoi cette préparation finale va durer approx. une heure avant de aller a l’eglise (ca depend de combien de temps il faut pour appliquer les ornements).
• La première fois, le soir:
Le blé est selecte, on enleve la paille et les morceaux brisés de blé( si on achete Arpacas, il n’y a pas besoin de selecter les grains). Puis, lavez le ble(Arpacas) 9 fois à l’eau tiède  (9 correspondant aux 9 groups des anges)  et faire bouillir dans 3 litres d’eau, de préférence dans une poêle en téflon. Le feu ne doit etre tres fort, et quand l’eau commence à bouillir  il faut le reduire. Pendant le process “bouillant” il ne faut pas mélanger avec la cuillère, mais il faut prendre le  pot entre le mains et il faut l’agiter, de sorte que le blé ne colle pas. Gardez le pot au feu  jusqu’à ce que le niveau d’eau a baissé presque complètement, et ajouter un peu de sel et de sucre, mélanger délicatement avec une cuillère en bois. Laissez  pour 5-10 minutes plus jusqu’à ce qu’il n’y ait pas d’eau et de grains de blé est «fleuri». Après tout ca, on transfere le blé dans une casserole et on couvre d’une serviette humide pour eviter la formation d’une cruste.Attention : la serviette doit etre nouveau et lave seulement avec de l’eau simple. Si cette serviette a ete lave avec des detergents modernes, toute l’odeur du detergent va s’impregner dans la coliva!  Toute le soir vous pouvez enlever les coquilles des noix, afin d’avoir une assiette creuse pleine des noix. La moitié d’entre eux doit etre pasee par une machine pour obtenir une sorte de poudre des grains de noix. L’autre moitié des noix sera coupe avec un couteau en petits morceaux. Il est envisagé de garder 10 ou 20 morceaux des noix pour former une croix sur la coliva.


• La deuxième fois, le matin:

Si la croûte de blé a été formé a la surface il doit etre enlevé. On ajoute les morceaux de noix écrasé, et environ un quart de la quantite qui a ete pasee par une machine pour obtenire une sorte de poudre des grains de noix. On ajoute le zeste de citron. (Vous pouvez également ajouter un zeste cree d’une moitie d’orange). On ajoute aussi le contenu d’une petite bouteille de rhum( qui a seulement quelques mililitres de liquide) (ou une autre saveur/essence) et la poudre de cannelle. Maintenant il faut gouter le contenu et, si pas assez sucré, ajoutez une cuillère à soupe ou deux de miel. La composition entière est pétrie à la main et place sur les assiettes, en on l’arrange /on fait la surface plate. Ajouter le reste du poudre du  noix pour obtanir une couche assez épaisse pour que eviter de mouiller le couche suivant de sucre en poudre fine qui doit etre applique. Le sucre en poudre est applique par une tamis jusqu’à ce qu’il couvre completement la couche des noix . Il faut niveler la surface avec une feuille de papier blanc qui se met dessus et appuyez doucement avec la main. Après obtenir une surface homogene, il faut creer une croix avec des morceaux  de noix ou avec des bonbons ou morceaux de chocolat ou de poudre de de cacao, à l’aide d’un modèle en papier. Si vous préférez, vous pouvez utiliser des bonbons de toute sorte pour décorer .

 


 

Purge de Sofi Oksanen(Estonie)

VOYAGER POUR LIRE/LIRE POUR VOYAGER -LIRE POUR L’ESTONIE


que lire à la veille du départ pour Riga puis Tallinn et Vilnius?

Sur le conseil de Dominique ivredelivres j’ai commencé mon voyage en chambre par Purge de Sofi Oksanen.

Avec un titre pareil on ne s’attend pas à un roman à l’eau de rose! Mais la claque est violente: je n’ai jamais lu un livre qui exhale à ce point la terreur. Dès les premières pages on sent Alliid s’attendre à des catastrophes, exactions, voleurs, volées de pierres. Qu’a-t-elle fait pour mériter cette menace?

L’arrivée de la jeune fille contribue à tendre les menaces. Qui est-elle? qui fuit-elle? (je ne veux pas raconter l’histoire, pas spoiler comme on dirait pour un film).

Retour en arrière dans l’Estonie de 1936 – 1939, dans la jeunesse d’Alliide. C’est l’histoire de l’Estonie qui est racontée avec celle de l’héroïne. Estonie libre de l’entre-deux guerres puis des occupations qui se succèdent à la suite du Pacte germano-soviétique. Enfin de l’installation du stalinisme et de ses déportations /purges, des compromis nécessaires pour ceux qui veulent survivre. Enfin, la nouvelle indépendance de l’Estonie. Nouvelle chasse aux sorcières?

Flash- back en Sibérie, à Vladivostok d’où vient Zara..

Même dans cette histoire de terreur, l’auteur raconte la vie quotidienne, les confitures, les conserves, les champignons ramassés dans la forêt qu’on sent toute proche.

Il n’est nullement obligatoire de se rendre en Estonie pour apprécier ce roman qui est un thriller très bien conduit.





http://www.dailymotion.com/swf/video/xjghqu
Sofi Oksanen – Purge par Librairie_Mollat

Ischitella : arrivée à la Masseria

CARNET DES POUILLES

la masseria giordano


Je me présente à l’interphone, on nous ouvre le cancello électrique. La propriété est boisée avec des chênes et des oliviers magnifiques. Notre logement est situé dans un bâtiment tout en longueur crépi de jaune avec six portes modernes aux persiennes métalliques vert foncé devant une terrasse au carrelage moderne orange, chaises en plastique blanc.

L’accueil est cordial.

La chambre est  très grande: dans une alcôve, un lit « matrimonial » recouvert d’un très beau tissu rayé vert et doré.  Il y a la climatisation et la télé mais pas de frigo et rien pour faire la cuisine. Abasourdie, je sors :

-« où est la cuisine ? »

– »Vous n’aviez pas commandé de cuisine » affirme Giordano avec aplomb.

Je fouille dans mes papiers pour lui montrer les mails que j’ai imprimés. Le seul appartement avec cuisine est occupé jusqu’à lundi, les gens devaient partir samedi, ils ont prolongé…

La demi-pension est à peine plus chère que l’appartement 2×35€ au lieu de 60€ ,mais nous sommes furieuses et déçues. Giordano essaie d’être aimable pour rattraper sa bévue. Il nous propose un coin pour nous dans le frigo du restaurant. Bien sûr, nous pourrons dîner où nous voudrons.

Ischitella

Ischitella est perchée sur une colline, elle épouse le petit sommet pointu, ce qui lui donne un air de cône blanc qui se voit de loin. A quatre heures, c’est encore la sieste, tout est fermé. Nous faisons un tour dans le Centre Historique. Ce qui me plait le plus, ce sont les portes arrondies et finement ouvragées. Pour le ravitaillement, nous trouvons un petit supermarché. A l’edicola (mot qui m’amuse beaucoup) j’achète une carte du Gargano pour organiser nos excursions.

Un orage a éclaté et lavé à grandes eaux les rues du village et la route mais le soleil est vite revenu.

La plage

La plage est située à une douzaine de kilomètres à Foce di Varano. La petite station balnéaire a l’air ancienne, village de vacances aux basses maisons blanches un peu délavées, des campings, quelques hôtels dans des proportions raisonnables. Les rues qui conduisent à la mer ont des noms de villes : Napoli, Messina,  Palermo, Catania…. Nous découvrons une plage de sable sans installation. Chaque famille est regroupée autour de son parasol. Le public est très familial plutôt pudique : pas de seins nus, pas de strings, les femmes ont souvent une sorte de paréo ou de résille pour cacher le slip échancré.

Il est six heures nous nous installons sans craindre le soleil. L’eau est tiède, il faut aller loin pour avoir de l’eau assez profonde pour nage. Les vagues sont tranquilles.

Quand nous rentrons à la Masseria, nous faisons connaissance avec madame Giordano. Peu au fait de la méprise de son mari et de notre déception, elle refuse sèchement que nous dînions ailleurs que dans la sale à manger ou sur la terrasse. Puis tout s’arrange par magie. Le serveur, tout jeune est très gentil. On lui donne un pourboire, il nous installe sous le chêne devant notre chambre.

Le dîner est gastronomique : bruschetta à l’aubergine, fromage divers et variantes comme antipasti (on embarque le fromage pour le pique-nique de demain). Primi : des pâtes très épaisses et peu cuites avec une délicieuse sauce aux asperges Nous calons devant la viande mais je mange volontiers la pastèque. J’adore cela mais il faut être nombreux pour en entamer une. La nuit tombe, nous écoutons les oiseaux, les clochettes des chèvres, les chiens. Une bonne douzaine de chats nous tiennent compagnie. Il fait si bon que nous rentrons nous coucher à regret.

Foret de l’Ombre

CARNET DES POUILLES

les toits de Monte ant Angelo

 

Le petit déjeuner est italien : capuccino et biscuits secs . Je n’ose pas manger les tartines de gros pain qui me font pourtant très envie.

Le dimanche est un jour redoutable pour les touristes : les autochtones qui connaissent les meilleurs coins occupent les plages et les sites. Dans les églises, la messe. Et l’après midi, tout est fermé ! Nous fuyons donc la plage pour aller explorer la forêt de l’Ombre. C’est une forêt d’altitude protégée par le Parc National du Gargano.

Nous achetons à Vico del Gargano salami et gâteaux. Le village perché, blanc, a des rues intéressantes avec des balcons en avancée et des maisons tarabiscotées. Il faudrait revenir faire des photos ou dessiner ;

Les fameux hêtres sont magnifiques, très hauts. En sous-bois, on trouve aussi du houx et du petit houx. Des panneaux expliquent le travail de conservation du Parc, les différentes associations de végétaux. Ils signalent des ifs millénaires. Tout cela est très bienfait, très pédagogique, un peu trop, peut être ?

Aujourd’hui, Dimanche, la forêt est très fréquentée : dans chaque coin aménagé les grandes tables sont prises d’assaut. Dès dix heures  on a installé des toiles cirées colorées. Pendant que les jeunes se promènent, les grands-mères surveillent leur territoire. Les hommes allument de grands feux. C’est prévu. Une famille a même installé une sono et tout le monde danse. Nous trouvons à grand peine un emplacement pour garer la Panda Bleue (tous les parkings sont pris) et nous engageons sur un itinéraire balisé qui nous mène à un petit lac et à un marché artisanal puis à la Maison du parc.

Le Centre des Visiteurs a pris pour thème l’exploitation du bois. Le petit musée montre des échantillons de toutes les essences, bruts, polis ou vernis. Un village de charbonnier a été reconstitué. Dans un enclos, des daims attendent et réclament des friandises. Cela fait zoo mais qu’importe, les petits sont si mignons ! Pique-nique sur le bord du lac très poissonneux. Les poissons aussi attendent les croûtes de pain et font un spectacle amusant. Malgré la fréquentation du parc, nous rencontrons des animaux  de minuscules grenouilles couleur de feuille morte et de terre et de belles tortues d’eau.

Nous rentrons vers 14H pour une belle sieste. Rien ne presse, les plages sont envahies, les villes désertes.

Le Lac de Lesina – dîner gastronomique

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Selon un article de  Géo,on pourrait observer des oiseaux sur le lac de Lésina et les pêcheurs pourraient nous emmener en barque, plan alléchant!

Nous n’avons aucune idée de la distance,  négligeant la voie rapide, nous prenons des petites routes qui tortillent. Le lac de Varano est visible de loin. C’est une belle étendue d’eau fermée par un cordon littoral l’ isola occupé par une forêt et de nombreux campings. Le lac de Lesina est beaucoup moins grand, on le devine à peine dans le paysage.  La campagne est surtout cultivée de légumes : tomates, pommes de terre, aubergines. La terre est noire. Il se dégage une impression d’abandon. Les belles masserie tombent en ruine. Nous traversons des hameaux fantômes des baraques de ciment qu’on pourrait croire bombardées. Les petits aqueducs en ciment sont aussi à moitié écroulés. En revanche, dans les villages, les immeubles poussent comme des champignons. Nous avons parcouru plus de 70 km quand nous arrivons à Lesina, gros bourg. Les hommes sont assis au café, jouant aux cartes ou, assis sur leur chaise face à la rue. Pas une femme, on se croirait en Grèce. Nous cherchons le lac. Impossible de l’approcher. Nous arrivons dans un quartier tranquille, vieilles maisons, rues dallées de pierres blanches, les gens ont sorti leurs fauteuils dans la rue « Il faut retourner en arrière »

Puisque le lac est inaccessible à Lesina nous suivons les panneaux Marina di Lesina dans une circulation très dense de dimanche à la mer. Immeubles blancs, supermarchés, toboggans aquatiques, villages de vacance, lido de truc, lido de machin, plages payantes, parkings payants…et toujours la foule. Nous avons fait 75km sans voir la mer.

Au retour, nous montons sur la voie rapide que nous ne quittons que pour emprunter la voie littorale sur le cordon dunaire de l’ »isola ».

Enfin la plage ! Tous les baigneurs du dimanche sont partis. La plage est à moi pour ma promenade le long de l’eau et une baignade en eau tiède dans de jolies vagues.

Dîner gastronomique à la masseria

Antipasti de poisson : tronçons de poulpes avec carottes et pommes de terre au vinaigre. Les poulpes sont très tendres.

Bruschetta de tomates délicieuses fermes et sucrées à côté de la petite friture.

Primi :orecchiette, petites oreilles épaisses et fermes faites maison, avec de la sauce tomate et parmesan.

En secundi, poissons décorés d’olives dont on donne de généreux cadeaux aux chats qui nous entourent.

fruits : pastèque et des figues de la Masseria. Je n’en ai jamais mangées de pareilles : robe jaune, intérieur brun, elles ont le goût des figues sèches, très parfumées.

Aigrettes à Foce di Varano, figues et escargots…

CARNETS DES POUILLES

les figues de la masseria giordano

 

Ce matin, il pleut .

Nous faisons nos courses à Foce di Varano et cherchons le sentier qui longe le lac pour l’observation des oiseaux. Nous interrogeons les gens en leur montrant le joli dépliant du Parc avec les photos des spatules et des canards. Personne n’en a entendu parler.

Belle promenade le long du canal à l’affût d’une jolie photo : des filets ou des nasses sont accrochés à des rangées de piquets. J’essaie différents cadrages sans être convaincue. Peut être sous un autre éclairage ? A l’aide de la carte du dépliant, nous trouvons la petite route qui se transforme en piste blanche sur le bord du lac. Les hirondelles sont nombreuses, banals les mouettes et les goélands. Soudain, s’envole une aigrette. Nous avons fixé comme terme à notre promenade un îlot vert. Si nous devons observer des oiseaux, ce sera sur cet îlot.

En effet, quatre aigrettes marchent lentement. Un cormoran est à ajouter à notre tableau de chasse. Sans compter les innombrables libellules grises, jaunes ou rouges, les lézards. Le ciel est dégagé sur la mer, les nuages restent solidement accrochés à la montagne.

Le beau terrain  de la Masseria boisé de chênes imposants est planté d’oliviers, de figuiers et d’autres fruitiers.

Les figuiers ont un tronc épais ils paraissent vieux. Ils ont été taillés pour la cueillette des fruits. Au lieu d’avoir un épais feuillage comme les figuiers sauvages, les feuilles sont disposées en bouquets aérés. Les figues sont jaunes, énormes, très nombreuses avec la peau fine, la chair blanche et souples, les grains dorés, les pépins sont tellement  fins qu’on ne les sent même pas. Des pots contenant des plantes vertes sont suspendus dans l’arbre.

Trois petits noyers sont alignés en face des chambres. Dans l’herbe on a installé les géraniums en pleine terre ainsi que deux aralias et deux cycas. Un peu plus loin, sous un chêne, deux tables où nous avions dîné.

Les trois dames ramassent des escargots sortis après la pluie.Pour leur parler, je leur montre mon dessin et fait une photo- souvenir puis les invite à venir sur notre terrasse regarder les photos de Naples. On presse des oranges et restons un bon moment à bavarder. La dame est très ouverte, elle commente les photos de Naples qu’elle connaît. Nous parlons de la Masseria. Cette année la saison est très calme. Avant le passage à l’Euro, les Allemands venaient nombreux à cause du change avantageux ? Maintenant, la clientèle allemande a fondu. La dame est tout à fait anti-européenne. Je lui parle des subventions : seuls en profitent les gros. Ses enfants ont bien cherché à obtenir des aides de l’Europe, rien ! Toute l’année la Masseria accueille des clients : l’hiver ce sont les chasseurs

Corniche jusqu’à Vieste – incident à la pompe!

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Les animaux de la ferme m’ont tirée du lit : le coq, les paons font du raffut. Il pleuviote,  le ciel est chargé de nuages.

Route en corniche sous la pluie

9 heures, la pluie tombe plus sérieusement, le ciel est noir d’orage. Rodi Garganico sous une grosse pluie. La longue plage, à moitié aménagée, à moitié libre, paraît plaisante. Si nous voulions louer un parasol ce devrait être ici.

A l’entrée de Peschici la côte est très jolie : des petites criques des falaises blanches, des tours carrées, de jolies oliveraies, des bois de pins. La grande route évite Peschici et coupe par l’intérieur des terres dans les oliviers.

Vieste est  très décriée par le Guide du Routard et Géo. Je m’attendais à des quartiers d’immeubles. Les villages de vacances et  les campings sont plutôt discrets cachés dans les arbres.

On gare la Panda sur le port à l’embarcadère des barques pour la visite des grottes. Nous visitons chaque ruelle en pente avec ses boutiques de souvenirs, de fringues ou de bijoux, ses restaurants.

les ruelles

La ville est construite sur un éperon rocheux, falaise de craie blanche, s’avançant dans la mer entre de jolies plages de sable .Au sommet, le château de Frédéric II, zone militaire. Juste en dessous, la cathédrale qui nous ferme ses porte  : il est midi.

La « pierre amère » rappelle le sac de la ville par le corsaire turc Dragut qui massacra là tous les habitants de Vieste inaptes à être vendus comme esclaves en 1554.

La ville est charmante avec ses escaliers, ses ruelles. Elle est un peu touristique, peut être, mais pas envahie en ce début de Juillet. Hélas le rivage est inaccessible : les villages de vacances en interdisent l’accès. Seuls quelques lidi privés avec restaurants, parasols… sont ouverts moyennant finances. Jusqu’à Peschici, toute cette belle côte convoitée de loin est lotie en plages privées. Encore une fois, je me félicite de l’existence de la loi littorale en France qui bannit ces excès.

 

L’automate de la station service

A Rodi Garganico, il pleut autant que ce matin. De plus, tout est fermé, même la station AGIP, sauf les pompes automatiques. Déjà, l’an dernier, à Volterra, nous avions eu des déboires avec une telle machine. Oublieuse de cette expérience, j’essaie de faire le plein. Il y a bien un vieux gardien assis sur une chaise qui me hèle sans daigner se lever de son siège. Sans méfiance, j’introduis la carte VISA 1er – toute neuve- qui reste coincée. Tout le monde s’en mêle : trois jeunes conseillent de faire le code ce qui fera peut être ressortir la carte. Un monsieur moins jeune suggère « une pinzetta à dépiler les cils ».On  s’énerve et dit que les Italiens sont des cons. Le vieux qui s’est approché a compris, il traduit aux jeunes : elle les a traites de stronzo. On frôle l’incident diplomatique. Les jeunes sont sympas, ils ne se fâchent pas mais persistent dans leur idée. Le vieux se drape dans sa dignité, va s’asseoir sur son siège. Il faut attendre 4 h que le propriétaire de la station service arrive. Je fais le guet devant l’automate pour qu’il n’arrive rien à la carte. Chaque fois qu’une voiture s’approche je fais fuir les clients « la machina è guasta ! » et je raconte l’histoire de la carta blocata. Un monsieur, très comme il faut, parlant très bien français, essaie de nous aider. Lui aussi tient pour la pincette à dépiler. Ce qui est étrange c’est que tous les témoins de l’incident (sauf les trois jeunes) restent à attendre le pompiste. Comme si leur présence était nécessaire. Peut être s’ennuient ils pendant la sieste, nous leur avons fourni un peu de distraction ou alors attendent ils simplement la fin de la pluie ? Enfin le patron arrive, ouvre la machine avec sa clé. Mais la carte ne réapparaît pas. L’intérieur de la machine est plein de rouleaux de papier déroulés, de fils déconnectés. Il semble que personne ne se soit servi de carburant en payant par carte Bleue. D’ailleurs, j’ai eu le loisir d’observer que les italiens introduisaient des billets de 5€ ou  rarement de 10€, jamais de 20 en tout cas ! On finit par retrouver la carte noyée dans la graisse qu’il faudra dissoudre avec de l’essence. Après avoir récupéré la carte on retire 20€ au bancomat pour vérifier que le nettoyage au pétrole ne l’a pas démagnétisée. L’incident est clos, tout du moins, je l’espère !

De retour à la Masseria Giordano, l’appartement s’est libéré. Il est prêt pour nous. Il ne reste plus qu’à déménager et à faire les courses. Nous retournons donc à Foce da Varano pour me baigner et trouvons tout ce qu’il nous faut dans un grand supermarché.

Monte Sant Angelo

CARNET DES POUILLES

Saint Michel, l'Ange

L’histoire de l’Ange

L’Ange,  Saint Michel,   est apparu trois fois au cours de l’époque byzantine.

Au cours des guerres entre Byzance et les Lombards,  à l’évêque de Siponto, apparenté au Basileus de Byzance, il a promis de l’aider à la quatrième heure au cours de la bataille contre les Lombards. A l’heure dite,la terre trembla.

Une autre apparition concerna un taureau qui aimait paître seul. Son maître ne le retrouvant plus, organisa une battue à sa recherche, avec ses gens et ses serfs. Ayant trouvé l’animal, le maître, irrité, lui décocha une flèche. Celle-ci fut déviée par la main de l’Ange et retournée contre le méchant homme.

Toute la petite ville est donc vouée à l’Ange qui veille sur de nombreuses portes, au dessus des églises et des belles demeures. Monte Sant Angelo est un lieu de pèlerinage très fréquenté depuis l’époque byzantine ainsi qu’une étape sur la route des Croisades.

Une église « française »

A l’entrée de l’église San Michele, un homme nous aborde en Anglais puis en Allemand, il nous regarde mieux « Vous êtes italiennes ? »- coup d’œil à notre Guide Bleu – « françaises ». Il a habité à Paris. Il est ravi de nous expliquer en français que c’est une église angevine, donc française, avec ses arcs gothiques. La pierre très blanche est sculptée de bas reliefs très fins.

Crypte

Ce n’est pas une église, seulement une façade d’église : on descend 86 marches pour arriver à la crypte, dans la grotte où se déroule la messe. Nous essayons discrètement d’observer les portes de bronze faites à Constantinople en 1076 et la statue de l’Ange de Sanseverino toute dorée.

Un couloir nous conduit à une deuxième grotte. Sur les murs, des panneaux racontent l’histoire de MonteSantAngelo ainsi que la vie de Jean Paul II.

Nous remontons à la lumière pour photographier le beau campanile octogonal rappelant le château de Castel del Monte de Frédéric II . Justement, ce matin, j’ai lu le texte sur Castel del Monte dans le Voyage en Italie de D Fernandez.

La ville blanche

Nous nous promenons au hasard dans le village, ne manquant pas de visiter San Pietro et Santa Maria Maggiore, deux églises romanes tout à fait originales avec une décoration extérieure en losange et des fresques « de facture » byzantines.

La ville est toute blanche, tout en escaliers aussi ! Des enfants jouent au ballon sur une placette. Les escaliers ont l’avantage d’interdire la ville aux voitures garantissant le calme. Certains quartiers comportent de beaux palais du 17ème et du 18è.D’autres sont construits de plusieurs rangées de maisons identiques et mitoyennes coiffées de toits à double pente couverts de tuiles romaines.

Château

chateau normand - souabe - angevin

Nous terminons la visite par celle du château normand souabe angevin Le grand Frédéric II y installa ses quatre épouses. Manfred, Constance et Violante, ses enfants y naquirent ? C’est de Manfred que Manfredonia tire son nom. Le château devint une prison où furent enfermées Filippa d’Antioche et ses enfants puis Giovanna d’Anjou. Sous la domination aragonaise le château prit l’aspect qu’il a encore maintenant. De 1552 à 1802 il appartint aux Grimaldi. Toute cette série de personnage m’enchante. J’aimerais en apprendre plus surtout sur Frédéric II dont j’ai croisé les pas en Sicile et rencontré fortuitement en lisant Baudolino d’U. Eco, il y a quelques années, il faudrait le relire.

Le château a encore une très belle tour ronde aux murs très épais, un chemin de ronde et les murs d’un donjon rectangulaire. Le noyau le plus antique, la Tour des Géants pentagonale est moins reconnaissable  .La feuille commentant la visite en français parle de domination durazzese – qui sont ils ? Düres, en Albanie est juste en face mais rien de sérieux n’étaye cette hypothèse.

les Daunes

Dans une belle salle décorée d’oriflammes on a installé des vitrines contenant des témoignages archéologiques des premiers habitants du Gargano : les Daunes : poteries, outils et lances de bronze. Ces trouvailles ne sont pas spectaculaires à l’exception d’un très joli cheval en terracotta. Les Daunes élevaient des chevaux. Ici intervient un personnage homérique : Diomède qui est associé, je ne sais comment, aux chevaux. je devrais relire l’Iliade et l’Odyssée. Comme Ulysse, à son retour de Troie, échoue dans la région et mourut aux îles Tremiti où ses compagnons furent transformés en oiseaux ressemblant aux cormorans : les oiseau de Diomède.

De l’Ange Michel aux oiseaux de Diomède, mythe et histoire s’entrelacent et ce village blanc perché sur son arête est baigné de poésie

La corniche autour du Gargano – piquenique dans la colline

CARNET DES POUILLES


L’épicier de Monte San Angelo

Chez l’épicier qui nous avait si bien guidées, nous sommes prêtes à acheter toute la boutique : du saucisson pour midi, des tomates séchées, des biscuits et le quart d’un casciocavalle, fromage dont le nom prononcé « cachcavalle » m’avait toujours paru mystérieux et exotique. Je situais sa provenance au Moyen Orient et l’imaginais fromage de cheval. C’est un souvenir qui remonte loin dans mon enfance. Il aurait suffi, logiquement que je me souvienne que l’épicier en bas de chez nous Raggi était italien et qu’il était donc normal qu’il vende provolone et casciocavalle. D’ailleurs, longtemps dans notre vocabulaire familial « aller chez l’italien » signifiait aller à l’épicerie où il fallait bien recompter la monnaie- chose que je ne fais pas ici.  Je devrais peut être ? L’épicier de MonteSantAngelo est ravi que son plan nous ait bien dépannées.« Attends je vais te chercher un guide ». Autre coutume sympathique, il arrondit 15€8O à 15€5O quand je cherche la monnaie.

Pique-nique dans la colline


Le coin pique nique est extra : à mi-chemin sur la route qui descend à Mattinata, un chemin de terre mène  à une maison abandonnée. Nous grimpons la colline jusqu’à un trullo à moitié écroulé. La vue est magnifique sur la mer, le port de Manfredonia vers le sud, Mattinata et un petit port vers l’est. Sur des terrasses soignées  poussent des oliviers et des amandiers. Dans le creux de Mattinata un épais tapis d’oliviers très fournis. La colline embaume la menthe, l’origan et le serpolet. Les odeurs sont très prégnantes. Ils est si facile de contempler des images à la télé sur les beaux documentaires de la chaîne Voyage, la cuisine se mondialise…les odeurs sont gage d’authenticité. Rien ne remplacera le parfum tenace des figuiers ou celui, plus rare, du jasmin, des orangers au printemps.

Le ciel s’est couvert. Il tombe même quelques gouttes. Pour la baignade, j’hésite un peu. Non pas qu’il soit impossible de nager sous la pluie. Je n’ai rien contre les plages payantes complètement vides comme aujourd’hui mais il faut quand même y rester un certain temps pour que la dépense soit raisonnable. Avec ce temps incertain, je n’arrive pas à me décider.

corniche autour du Gargano


La route en corniche qui fait le tour du Gargano, monte sur des falaises blanches.  Une jolie plage de galets, toute blanche avec de l’eau transparente de rêve,  emporte toutes mes hésitations. Malgré les écriteaux « Lido azzuro » ou « spiaggia » qui ne disent rien de bon un chemin arrive à  un parking désert gardé par un gentil chien noir. Le tarif indiqué est de 3.5€ mais personne pour le percevoir. Le sentier pour la plage est malaisé mais praticable. Quelques familles sont installées sur des serviettes. Les parasols  sont repliés. C’est idéal. Je sors sandalettes et masque. Pas une vaguelette, eau transparente, je nage le long de la plage vers la falaise de craie blanche.Avec le masque, je nage sans effort. Je suis déçue de voir très peu de poissons. Cela fait une éternité que je n’ai pas eu l’occasion de nager avec un masque,

Le retour par la corniche est très long (78km) mais il est magnifique. Les hautes falaises blanches sont découpées d’aiguilles, de rochers, d’arches, d’îlots et de grottes marines. La forêt de pins très épaisse tapisse le paysage. Peu de construction à part deux hôtels de luxe et quelques pizzerias suspendues.
Nous terminons nos pellicules photos devant les grottes marines avec les grosses boules d’ail en fleur au premier plan.

 

Grottes marines aux environs de Vieste

CARNET DES POUILLES

Les grottes vues du bateau

Un bon petit vent a chassé les nuages du matin. Enfin nous traversons Rodi Gargano sous le soleil ! Nous voyons la route de Rodi à Peschici sous une lumière favorable.

Mirador ( comme on le dirait en Espagne):  sur une pointe est installée une tour carrée ayant fait partie du dispositif de défense espagnol de Pedro de Toledo vers 1550 au moment où la flotte turque (voir l’histoire de la pierre amère de Vieste) (chercher également la date de la bataille de Lépante)

trabuccho

. Sur un promontoire, un trabbuccho, filets quadrangulaires suspendus à des tiges de bois comme les carrelets que l’on voit à Royan. Avec la falaise de craie, la ressemblance est frappante.

 

Peschici, comme Vieste, est un village blanc perché sur une arête rocheuse. Il n’a pas le blanc éclatant des maisons grecques passées au lait de chaux. Le blanc est un peu vieux, un peu sale, patiné de sel sur les maisons des pêcheurs ou sur les palazzi que l’on reconnaît en levant les yeux, à une porte plus finement sculptée, à un balcon reposant sur des volutes baroques

Ruelles en pente et escaliers, nous arrivons au château du IX ème siècle(tout au moins ses fondations) parce qu’il a été détruit par les Vénitiens appelés par le pape Pie IX  contre l’avis de Frédéric II (Encore lui !) Sous ses dehors de modeste village de pêcheurs, Peschici est de noble origine !

Au marché, l’un des marchands nous fait goûter une pêche délicieuse, mûre à point ; il en remplit un sac pour 3€ aux clients qui nous précèdent. Il me propose des figues, un prix dérisoire si j’emporte la cagette. Je plaisante avec  lui : j’en ai un arbre devant ma maison ! Ce qui est tout à fait vrai ! Je lui demande un demi kilo de haricots verts et un demi kilo de carottes. Il  ramasse tous les haricots qui restent sans les peser et rajoute un panier de champignons qui ne nous sera d’aucune utilité, comme cadeau. Les courses se déroulent dans le flou artistique ou l’arbitraire du commerçant. La transaction la plus simple se termine par un cadeau : un rabais inattendu, une mesure de plus. Le marchand veut faire plaisir au client même si, auparavant il l’a truandé sur le prix ou le poids. Et malheur à celui qui demande le scontrino ! Hier, achetant six cartes à 25 cent et 6 timbres à 60 centimes on nous réclame 6€95 au lieu de 5€10, je demande alors le reçu. Pas de problème le vendeur revient avec un ticket de 1€5o. De toutes les façons les achats de fruits et légumes sont à des prix dérisoires.

vieste

je m’inscrit à l’excursion en bateau dans les grottes en compagnie d’une soixantaine de touristes pendant trois heures dans l’après midi

L’attente à Vieste est agréable: on loue un parasol et des lits (ombrelone et lettini) pour attendre confortablement le  bateau.

La plage la plus proche du port  est presque entièrement vide. Nous choisissons un emplacement près de l’eau. Aucun plagiste ne vient réclamer la location.Pique-nique. Les derniers estivants rentrent déjeuner chez eux. Pourquoi ne paie -t – on pas ? Le plagiste est il en train de déjeuner lui aussi ? N’y a t il pas de plagiste en cette saison ? Sommes nous sur les emplacements d’un hôtel ?

J’embarque sur le Valentina, grosse barque à moteur équipée de nombreux bancs de bois. Arrivée dans les premiers j’ai le choix de la place. Je choisis bâbord. C’est une erreur : à l’aller la meilleure vue sur Vieste est à tribord, au retour je me ferai tremper.

Nous quittons Vieste à petite vitesse contournant le phare, le rocher portant le grand couvent, la ville. Après une belle plage, malheureusement très aménagée, nous retrouvons les falaises blanches. Les petits bancs calcaires sont soulignés de lits de silex le plus souvent continus qui marquent la stratification. Les couches sont généralement horizontales, hachées de failles décalant les bancs. Parfois une série de bancs est repliée en plis contournés. Sur une épaisseur de plusieurs mètres la stratification est disloquée, les silex dispersés, je crois voir des slumpings. Plus haut, la superposition des bancs horizontaux recommence. Dans quelle mer cette craie s’est elle formée ?

Des îlets se détachent de la côte ; l’un d’eux fait penser à une tête, deux îles ressemblent à une tortue.

Le bateau entre dans de très grandes grottes où il peut manœuvrer. Malheureusement, les gens se lèvent, photographient au flash, la croisière perd un peu de sa magie. Le toit de la grotte est une voûte en cloche comme celle d’un fontis. Je pense à enlever les lunettes de soleil : la roche est bleutée reflétant le bleu de la mer sur la paroi.

La promenade le long de la côte est tranquille, je pense à notre croisière depuis Zadar jusqu’à l’île de Cres. Les pins s’accrochent à la haute falaise, ils ont parfois des airs chinois.

Les barques emportant des touristes se font la course entre elles. La Veronica est la plus grosse.


Arrivés à Mattinata, le marin en T-shirt bleu recommande de bien tenir son chapeau, cela va décoiffer. En fait de vent, c’est plutôt de l’écume. Le bateau est soulevé comme un hovercraft. Comme je suis au fond, je suis arrosée d’embruns. Je cache précipitamment l’appareil photo, essuie les lunettes de soleil, peine perdu. Le paysage est éclaboussé d’un jet d’écume.

Nous entrons dans une crique pour la baignade. J’ai cru un moment que la « douche » tenait lieu de bain de mer. Un autre bateau est déjà sur le gravier. La plage de gravillons est prise d’assaut. J’accroche mon t-shirt à mon sac à dos et me précipite à l’eau. Le vent qui agite la mer cause une certaine turbidité, l’eau est moins transparente que la dernière fois. D’ailleurs, j’ai oublié mon masque. En revanche, l’eau de la crique ne bouge pas, pas une vague. Je peux donc nager, faire des longueurs comme à la piscine. Je guette d’un œil mon sac de l’autre le bateau.

Le retour s’effectue dans les embruns, je suis mouillée, peu m’importe d’être douchée en plus !