La maison à Droite de celle de ma Grand-mère – Michaël Uras

CARNET SARDE

Maison à droite de celle de ma grand-mère est rouge, celle de gauche est bleue. Celle qui se trouve en face de la porte d’entrée est jaune. La nôtre est verte. Traverser la rue, c’est passer par toutes les nuances du spectre. Une plongée dans l’arc-en-ciel. Rien n’est plus coloré que notre espace vital, rien ne semble plus joyeux que notre village. Sauf que les gens ont les cheveux mal coiffés, les dents mal plantées et les habits usés.

J’aime accompagner les vacances par des lectures « locales » pour étoffer la vision d’une touriste de personnages ou de coutumes, donner une épaisseur au voyage. J’ai donc choisi cet ouvrage dans une des listes « Sardaigne » de Babélio je l’ai téléchargé pour éviter le poids du papier dans la valise.

Parce que notre vieux village a une autre particularité. On dessine sur les murs. Des fresques, des caricatures,
des objets, des animaux, rien n’échappe aux pinceaux des artistes. Une sorte de bande dessinée à ciel ouvert,
géante, envahissante.

L’auteur écrit en français, il est d’origine sarde,  comme le narrateur, traducteur qui revient au village pour revoir sa grand-mère qui selon le télégramme reçu vit ses derniers instants.

Bosa et son chateau

La lecture commence donc bien, dans ce village sarde coloré. Je reconnais les maisons peintes, les murales. Les plages où les familles descendent avec les glacières. Tout correspond, les hommes taiseux, les réunions de familles véritables tribus où trônent les anciens. Tout est conforme, trop conforme. Peu de surprises, si une grande : la Nonna n’est pas du tout à l’article de la mort. Le voyage du traducteur va durer plus que prévu. Une amourette se trame… et je m’ennuie. Cette Sardaigne idéalisée vue par celui qui a émigré me paraît bien superficielle. J’attendais quelque chose de plus authentique, de plus proche de la réalité. Où se trouve-t-il ce village coloré? Comment y vivent vraiment les autochtones?

 Les hommes sardes parlent peu, c’est une tradition. Même si l’on naît volubile, les années sur l’île ont tôt fait de
vous le faire comprendre. Parler, c’est manquer de maîtrise. Chaque soir, été comme hiver, durant la promenade, des groupes d’hommes silencieux arpentaient les rues sans dire un seul mot. C’était assez étrange car se retrouver pour ne pas parler me semblait assez incohérent. Enfin, ici, on communiquait différemment. Un peu à la manière des arbres.

Une lecture facile et agréable mais sans vraiment d’intérêt. Lire plutôt les auteurs sardes, il y en a beaucoup!

 

Vers le sud : de Torre del Pozzo à Sant’Antioco

CARNET SARDE

C’est la fête de Saint Antoine de padoue à Fluminimaggiore

161 km par la route principale, nous choisissons un itinéraire plus touristique.

les rizière près d’Oristano

Nous avons évité Oristano en passant par les rizières. Je remarque un verger de grenades en fleur. Nous quittons la SS131 (2×2 voies) à Terralba, grosse bourgade sans intérêt. La SP 126 – route droite dans la plaine – est bordée de jolies montagnes aux crêtes déchiquetées qui culminent au Monte Acuentu à 785 m. Joli dénivelé à quelques kilomètres de la mer.

Guspini

Gustini – San Nicola

Guspini (12.000 ha) est une petite ville ouvrière qui se rappelle l’activité minière de Montevecchio toute proche. On peut visiter la mine désaffectée, nous l’avions fait lors de notre précédent voyage et c’était passionnant.

Du haut de son large escalier San Nicola di Mira (1611) a sa façade crénelée ornée seulement d’une rosace et de colonnettes tronquées autour du portail. Deux têtes de marbre blanc sur des chapiteaux sont assez étranges. Qui figurent-elles ? des nobles espagnols ? Des saints ? un homme entre, se signe, fait une courte prière et retourne à ses occupations, une jeune fille fait de même, lorsque je sors j’en croise un troisième. Je me sens un peu intruse avec mon appareil photo. Je nais qu’une courte visite sans prêter attention aux arcs gothiques cités par le Guide Vert.

De Guspini à Arbus, 5 kilomètres seulement mais une succession de virages impressionnants.

Arbus (6300 ha) est une petite ville en pente raide. Des artisans couteliers sont indiqués ; j’ai renoncé à remplacer le Laguiole de mes 50 ans, le moindre couteau vaut 60€ et je les perds. Arbus semble plus touristique que Gustini.

la route dans la montagne après Arbus

La route SP126 est vraiment spectaculaire avec tous ses tournants dans la chênaie. Après le Passo Bidderi (485m) la route traverse un maquis dense de lentisques et arbousiers avec des falaises et des rochers apparents sur lesquels s’accrochent avec ténacité des oliviers qui font penser à un tableau chinois. La descente continue avec beaucoup de virages.

Fluminimaggiore

Fluminimaggiore fleurie et pavoisée pour la fête

C’est jour de fête à Fluminimaggiore (2900 ha) : 13 juin est la Saint Antoine de Padoue. Nous arrivons après la procession (dommage !) la rue principale est piétonnière pour la fête, fleurie de lys odorants, décorée de nœuds et de rubans et ballons. De nombreux jeunes déambules en costume traditionnel. Tout le monde occupe les terrasses des bars. Les murs des maisons sont peints de murales et une exposition de photos occupe les places disponibles, photos anciennes en noir et blanc, en couleurs pour les photographies d’actualité : femmes indiennes ou manifestation des femmes irakiennes.

Le long de la route coule un ruisseau dans la verdure, le moulin à eau abrite un Musée Ethnographique malheureusement fermé le lundi.

A la sortie du village, des panneaux touristiques signale la mine, une cascade et des promenades mais il faut marcher 4 km (et retour) un peu loin pour une journée de route. Des bâtiments industriels sont à l’abandon, témoins du passé minier de la région. On pourrait aussi visiter une grotte. Fluminimaggiore ne manque pas de ressources touristiques !

Temple d’Antas

Temple d’Antas

Le Temple d’Antas se trouverait à 2 km du bourg selon le Guide Vert, en réalité beaucoup plus. Je commence même à m’inquiéter. A-t-on loupé la route ? le site sera-t-il fermé le lundi ? L’embranchement est bien signalé, le portillon est ouvert. Entrée 5€ avec un guide en français, un plan du site et de nombreuses explications. C’est un temple romain. L’inscription sur la frise au-dessus des quatre colonnes permet de le dater et de l’attribuer à Caracalla. Il est dédié au dieu local Sardus Pater Babi . Le premier temple romain d’Auguste (38 av. JC°) était alors délabré. Le petit temple est dans un écrin de verdure qui le met en valeur.

Au pied du temple romain se trouvent les restes du temple punique (Vème siècle av. JC) édifié en l’honneur de Sid Addir Babay. Un rocher sacré servait d’autel. Plus tard, en 300 av. JC, il fut restauré et a restitué des décorations externes, des inscriptions et des objets en or et amulettes égyptisantes.

Un village nuragique (1200 av. JC) est formé de quelques pièces circulaires tandis que la nécropole nuragique se trouve au pied du sanctuaire.

On peut accéder à la carrière romaine à 1 km environ.

Pour étoffer la visite, des panneaux explicatifs décrivent la faune(buses, martre, hermine, couleuvre) et la flore du maquis.

Après Iglesias et Gonnesa nous cherchons une plage et traversons un paysage d’Apocalypse, une décharge recouverte de terre fait une pyramide nue, une faille menace d’écroulement la montagne, des installations industrielles rouillent sur place. Impression étrange.

Sant’Antioco – Cala Lunga

Gîte Cala Lunga

16 heures :  installation au gîte de Cala Lunga. L’appartement qu’on nous destine est à l’étage après une montée d’une dizaine de marches.  Impossible pour Dominique. Nous avions pourtant spécifié qu’elle était handicapée. Heureusement, il y en a un autre disponible en rez de chaussée.

Déception : nous avons payé plus cher qu’à Dolce Luna qui était luxueux. Ici c’est spartiate. Il n’y a ni climatisation, ni WiFi, ni télévision, ni machine à laver le linge, ni même une serpillière ou une éponge pour la vaisselle. Evidemment pas de produits d’entretien. Pas de sel ni poivre. Même pas de sacs poubelles.

Echange de mails plutôt aigres avec le propriétaire à qui je réclame au moins un balai à franges et un allume-gaz et qui met en avant le caractère « naturel » et « écologique » de son gite. Il ne met pas à disposition des détergents nocifs pour l’environnement. Les balais et les éponges sont-ils antiécologiques et nocifs ? pas de réponse. Le voisin qui nous a ouvert le gîte nous donne son briquet pour remplacer l’allume-gaz.

Cala Lunga

Heureusement, à moins d’un kilomètre, se trouve une plage merveilleuse : Cala Lunga au bout d’un petit fjord bleu marine taillé dans le tuf volcanique blanc. Je nage avec délice jusqu’au bout du fjord mais ne me risque pas en haute mer puisque je suis seule. Je fais des allers et retours. « Attention aux méduses ! » me prévient un monsieur avec masque et tuba. Effectivement, j’en rencontre deux. Les piqûres ne sont pas trop méchantes ne laissent pas trop de traces.

Le soir, je reste sur la terrasse jusqu’au lever de la lune, énorme, et assiste au ballet des chauves-souris. Côté moustiques, rien de méchant avec la bougie à la citronnelle

Dimanche : baignades à S’Archittu et Santa Catarina di Pitturini

CARNET SARDE

Santa Catarina di Pitturini

Nous craignons toujours l’affluence des dimanches sur les plages où les Sardes viennent en famille. Pour notre dernier jour à Torre del Pozzo : un dimanche tranquille sans longs trajets en voiture.

Temps idéal pour les baignades, prévu 27°à l’heure la plus chaude.

Santa Catarina di Pitturini

Toute petite station au nord de S’Archittu, si petite que nous l’avions ratée en revenant de Bosa. Le grand parking est traversé par un ruisseau canalisé. Un seul café en bord de plage, un bar sur la route, un restaurant perché sur un rocher, un hôtel avec piscine en haut de la falaise, une tour rond. De l’autre côté de la route, des pavillons modernes, diffus.

les plages de Santa Catarina di Pitturini

Côté plage : une petite plage de sable comprise entre la falaise et le café, puis des galets. Attention ! le sable est un piège, dès qu’on met un pied dans l’eau on trouve de gros galets glissants. Les chaussons sont indispensables. L’avantage avec les galets est que l’eau est plus limpide. Enserrée entre deux falaises, l’anse est abritée, la surface de l’eau lisse, à peine agitée de temps en temps par une légère houle. Je peux y nager comme à la piscine et je ne m’en prive pas. Quelques jeunes sont debout sur des paddles. « On peut louer des canoës pour explorer les grottes » annonce un panneau, mais je ne vois ni canoë, ni loueur.

Je monte à la tour par deux volées d’escalier bien caché entre les villas. La tour, bien plantée sur son promontoire, ronde et trapue, ne porte pas de date de construction ni de renseignement sur qui l’a fait construire. Après la tour, un sentier en corniche surplombe la falaise. Des langues de roche blanche s’avancent dans la mer très bleue. Calcaire ou tuf volcanique ? Au sol, nombreux indices de volcanisme venant du Montiferru tout proche.

petite centaurée

Comme le smartphone capte bien la 4G , j’herborise et identifie du Limonium en baguette, la Petite Centaurée qui fait des bouquets as et une toute petite giroflée des dunes.

S’Archittu

S’Archittu

Dino Bar pizzeria

Pour donner une note festive au dimanche nous allons au restaurant, ou plutôt à la pizzeria située au bout de la Croisette. Jolie terrasse bien située. Le personnel très aimable nous fait patienter puis nous donne une table très bien située. Le menu est assez étrange : li faut cliquer sur le QR code et lire le menu sur le téléphone.

Ce n’est pas un menu gastronomique on propose même du poisson pané avec des frites ou des salades de la mer avec du surimi. Nous commandons deux pizzas, de belle taille, correctes sans plus. Ce n’est pas une expérience gustative mais une halte bien agréable dans un joli cadre, avec la fraîcheur de la brise de mer et spectacle dans la salle des familles sardes qui viennent avec la grand-mère et les petits enfants sur de grandes tablées. Pour le bruit, c’est volume maximum ! Nous sommes en Italie, on ne va pas demander aux gens de se taire ! On est au restaurant, pas à l’église !

Je retourne à l’arche pour me baigner. L’eau est calme, transparente, fraîche. Je nage sous l’arche, la température baisse quand je passe à l’ombre. Je m’engage dans le petit fjord jusqu’à la mer ouverte où je fais demi-tour parce que cela bouge plus et qu’il n’y a personne. Extraordinaires nuances de vert, de bleu nuit sous l’arche, vert fluo à la sortie, au soleil. Je suis seule à nager mais, sur le rocher, des adolescents plongent en faisant un saut périlleux (pour les plus doués) ou de bruyantes éclaboussades ? Certain ont loué des canoës mais il restent à l’avant de l’arche sauf un couple qui s’y est engagé mais qui reste juste à l’entrée. La plage est bondée à ne plus savoir où planter un nouveau parasol mais je reste seule dans le fjord ; C’est magique !

coucher de soleil vu du gîte

Aristide Maillol – La Quête de l’Harmonie au Musée d’Orsay

Exposition Temporaire jusqu’au 21 Aout 2022

Maillol : jeune fille de profil

Je connaissais le sculpteur des jardins des Tuileries, les petites statuettes de Banyuls, les grands monuments de pierre mais pas du tout le peintre ni le décorateur, céramiste et dessinateur de cartons de tapisseries. L’exposition d’Orsay dévoilent des facettes inconnues de Maillol.

Maillol 1884 – Autoportrait

Avant d’être sculpteur, Aristide Maillol se destinait à la peinture étudie chez Cabanel, admire Puvis de Chavanne et Gauguin. Il peint des portrait de profil sur un fond coloré décoratif, fleurs ou branches de figuier

Maillol 1889 – La Couronne de fleurs

Avec ses amis nabis, il s’intéresse au renouveau de la tapisserie

Carton pour une broderie : le concert

s’essaie à la céramique, on voit une belle fontaine blanche et bleue. L’exposition montre diverses étapes du travail, les dessins, le carton et la tapisserie. C’est d’ailleurs une brodeuse Clotilde qui deviendra son modèle et sa femme.

Danseuse dans le tronc d’un poirier

Sous l’influence de Gauguin il traite le sujet des baigneuses et des lavandières. je suis surprise par la posture acrobatique de la femme très blanche dans La Vague : ayant lu le titre du tableau, je le regarde autrement, je regarde la vague et comprends le mouvement de la baigneuse

Maillol : La Vague

L’exposition présente les sculptures de Maillol entourée des tableaux des nabis : Vuillard et Rodin ont peint des natures mortes avec des statuettes. Maurice Denis fait figurer le buste de Marthe Denis sculpté par Maillol.

Maillol : Léda

Maillol le Catalan

Ripl Ronai : Aristide Maillol

Un film montre Maillol déjà vieux avec une longue barbe blanche dans son environnement de Banyuls, il se promène dans les vignes, discute en catalan avec un berger, dessine des feuilles de figuier…..

Je ne me lasse pas de regarder les petites statuettes d’argile qui me parlent plus que les bronzes pourtant très beaux, trop beaux, ou que les sculptures monumentales.

Maillol : l’Air monument commémorant un accident d’avion

je suis étonnée de voir que pour les commandes de monuments à Debussy, Cezanne  ou Blanqui, Maillol choisit de représenter des corps féminins.

Maillol : l’Action enchaîné monument à Blanqui

La Théologie du sanglier – Gesuino Némus – Actes Sud

CARNET SARDE

Est-ce un roman policier?

Certes, il y a d’abord  un disparu, une femme qui attente à ses jours, un autre disparu, un enfant….Nous suivrons l’enquête que mènent les autorités. Les autorités? Le Maréchal, un gendarme piémontais dans un village de la campagne sarde  est un parfait étranger, il ne parle pas la même langue, se heurte à l’omerta et se trouve plus souvent moqué que de raison.

Ça suffit, maréchal ! Vous espérez quoi ? À part le fait qu’ils sont de l’Ogliastra ou de la Barbagia… vous
voudriez quoi ? Qu’ils vous disent que c’est leur cousin qui a volé des brebis ? Ici, ils sont tous parents. Au pire,
ils se les volent entre eux, les brebis. À Pâques, ils mangent celles qu’ils ont volées à Noël et à Noël celles qu’ils ont volées à Pâques. Ils s’invitent entre eux, ça leur évite de s’entretuer.

Une chronique villageoise?

Le petit village est presque coupé du monde à l’heure où l’homme pose son pied sur la lune. Ses habitants vivent dans la misère :

Plus que d’omerta, c’était question de misère. Les enterrements coûtaient cher, et un bandit en cavale qui disparaissait sans laisser de trace rendait un double service à sa famille : il alimentait l’espoir qu’il était encore en vie, et, par conséquent la légende de son impunité, véritable rente à durée indéterminée[…] en ne se faisant pas retrouver il permettait aux siens et surtout à l’église de réaliser des économies substantielles….

A Telévras, le médecin est vétérinaire, et le curé Don Cossu sont les notables avec l’instituteur, un propriétaire terrien, le chauffeur de l’autocar….En dehors de la mortalité non élucidée, les évènements les plus notables sont les parties de chasse au sanglier et les soirées à boire le vin local : le cannonau ou d’alcool loccal plus fort le fildeferru. 

Le sanglier est une prière. Avec les chiens c’est un rosaire. Sans chiens, un Te Deum. Sans chiens, de nuit et
illégalement, c’est l’Hosanna. C’était, à peu de chose près, l’incipit du texte contenu dans le cahier noir à liseré rouge, qu’il avait provisoirement intitulé Théologie du sanglier (selon Cossu don Egisto). Une œuvre unique, écrite sous forme de journal intime qui, en d’autres temps, eût été vouée au bûcher.

 

Ce sont donc les écrits de Don Cossu qui ont donné le titre au livre. Don Cossu est un jésuite lettré, humaniste qui essaie de donner une bonne éducation à Matteo, le fils d’un bandit, et véritable prodige, et Gesuino, incapable de s’exprimer à l’oral qui a une vocation d’écrivain.

Baisser le rideau de fer d’un bar à Telévras, sans rien dire à personne, à huit heures du matin, signifiait deux
choses : soit la Russie avait envahi la Sardaigne et il fallait aller festoyer sur la place publique, soit il était arrivé quelque chose de vraiment, de terriblement grave.

J’ai beaucoup ri et j’ai apprécié la couleur locale alors que j’ai lu ce livre en Sardaigne. Les nombreuses phrases en sarde ajoutent encore à la saveur du livre. La construction un peu compliquée avec des sauts dans le temps m’a un peu perturbée, mais pas plus que cela!

Une lecture très dépaysante!

la piana del Milis et Montiferru

CARNET SARDE

Milis la place et le campanile

Guide vert : itinéraire rose p.376-383

De Riola Sardo,  la petite route SP 11 conduit à Narbolia par des oliveraies très bien entretenues.

Energies renouvelables à Narbolia ?

Le long de la route se trouve une véritable centrale électrique : de nombreux panneaux photovoltaïques sont installées sur des grandes serres blanches où rien ne semble pousser. Après des recherches sur Internet, je trouve plusieurs articles citant ces installations CLIC , l’un d’eux (2015) est très critique et parle de cultures d’aloès et de subventions européennes captées par la mafia, un autre plus récent (2019) vante le projet de culture de spiruline (algues) CLIC ; si j’avais eu ces renseignements avant nous aurions arrêté la voiture pour approfondir la question pour visiter ces installations. Une centrale de méthanisation est associée à cette production électrique. De la route nous n’avons rien vu, ou plutôt des mauvaises herbes ; où en est le projet inauguré en 2019 ? la Société LiveGreen serait le producteur de spiruline.

Milis

Milis Palazzo Boyl

Milis est un bourg agricole de 1500 habitants. A 9 heures, sous la belle lumière du matin se montre sous son meilleur jour. Je suis étonnée de la qualité du bâti de la Villa Pernis : longs murs de gros moellons de basalte avec de plus petits pris dans les joints en ciment clair. Les encadrements des portes sont particulièrement soignés ave pierre et brique mêlés pour les souligner.

La place centrale – Piazza Martiri – est très vaste, dallée de belle pierre volcanique.

Un côté est occupé par le grand Palazzo Boyl (XVIIème siècle) qui abrite un Musée des Costumes et des bijoux sardes. Malheureusement fermé. Il aurait fallu prendre rendez-vous et s’adresser « alla Commune » comme me le dit un des habitués du café d’en face.

Au milieu de la place se trouve un monument aux morts « monumental » agrémenté de massifs fleuris.

Milis S. Sebastian rosace

Dans un coin, le grand campanile carré, très haut, moderne (années 50). L’église San Sébastian fur construite autour de 1500 de style gothique catalan. Sa façade est large, assez basse, claire, ornée d’une rosace de trachyte rose. De part et d’autre de la nef, deux travées séparées par des piliers. Surprenant, derrière l’autel très simple, pas d’abside ni de chœur, une simple fenêtre comme celle d’une maison. Saint Sébastien qui a protégé Milis de la Peste est peint au plafond. Etonnant contraste entre cette église blanche et son campanile sombre. Autre sujet d’étonnement : alors que je m’attendais au calme et au recueillement qui règne d’habitude dans une église, des femmes s’affairent en bavardant très fort comme des pies.

Les façades des maisons sont peintes de couleurs intenses : rouge du Palazzo Boyl, jaune face à l’église.

Milis S. Paolo

La petite église romane San Paolo, à l’entrée de la ville, est à moitié incluse dans le cimetière. Construite en deux étapes au XIIème siècle et au XIIIème avec une grande variété de matériaux. Sur la façade une alternance de pierre volcanique sombre et de grès clair et jolies arches romanes. On observe le contraste entre le porche et la façade noire et blanche avec l’abside dans le cimetière très claire. Selon le Guide Vert on aurait pu voir un retable catalan XVIème siècle si l’église avait été ouverte.

Face au cimetière, les beaux vergers d’agrumes sont enfermés derrière un grand mur noir et blanc surmonté d ’arceaux ; un peu plus loin, l’orangeraie Villaflor est précédée d’un grand portail. Les agrumes sont la spécialité de Milis.

La SP11 monte vers Bonacardo par des collines plantées de magnifiques chênes. On y élève des cochons en liberté qui sans doute mangent les glands.

Bonacardo

Bonacardo sanctuaire byzantin

Village (1600 habitants) très en pente qui s’étire le long de la route. Le groupe monumental Ste Marie Bonacardo est composé du sanctuaire de l’église et des ruines du monastère des camaldules. Un parc jouxte les monuments. Le vaste parvis pavé de dalles volcaniques sombres est planté de magnifiques tilleuls. Avec le petit vent il flotte une senteur délicieuse.

Le petit sanctuaire byzantin fut construit sur les ruines d’un établissement thermal romain, il reste une mosaïque et un bassin mais c’est fermé à clé . Au VIIIème/IX -ème siècle on a couvert le bâtiment et édifié la coupole. Non seulement il a traversé les temps mais il est aussi touchant par la variété des matériaux ; il intègre aussi des poteries, de la vaisselle et des briques. Chaque façade est différente. A l’arrière on voit des petits arcs en brique comme dans les églises grecques.

Eglise de Bonacardo

Basilique Santa Maria (XIIème/XIIIème s.)

La Basilique était l’église de l’Abbaye des Camaldules. C’est une grande église, très sobre ; le Guide Vert la qualifie d’austère. La sombre pierre volcanique est taillée avec soin presque sans ornements. La nef est très haute, dépouillée avec de hauts piliers, sur le mur du côté de l’abbaye deux grands arcades sont à peine marquées.

Nous quittons Bonacardo pour Seneghe, petit bourg tranquille (1770 habitants), spécialisé dans l’huile d’olive et l’élevage de bœufs blue rosso fournissant une viande de grande qualité. L’église possède un fronton classique. Les piliers basaltiques accolés à la façade blanche sont originaux. Elle est si grande si large qu’elle parait disproportionnée. En face une belle fontaine est ornée de chevaux de bronze. Je descends la via Pippia très très calme bordée de belles maisons. Ici aussi le mélange des matériaux de construction est remarquable : pierres volcaniques et brique. Les portes sont soignées. La plaquette de la mairie de Seneghe signale les maisons aragonaises.

Santu Lussurgiu

Nous retournons à Bonacardo pour trouver la route qui mène à Santu Lussuregiu et qui s’élève dans le Montiferru qui est un massif volcanique. Nous dominons la plaine. Les cultures verdoyantes d’agrumes et les oliveraies ont disparu remplacés par la forêt de châtaigniers et de yeuses. En ce moment les châtaigniers sont en fleur.

Santu Lussurgiu (2372 ha) est bâti sur l’ancien cratère d’un volcan en amphithéâtre. Il faut chercher le centre du village dans le creux. On s’arrête près d’un jardin public verdoyant à l’ombre ce qui est appréciable parce qu’il est passé 11 heures. Le Musée de la technologie contadine est beaucoup plus petit que je ne l’imaginais (difficile à trouver) et fermé ; il n’ouvre qu’en Juillet et Aout, sur rendez-vous. Lot de consolation : une exposition de photos grand format représentant une course de chevaux Sa carela e’ nanti en costumes.

Nous poursuivons le circuit sur la route de Cuglieri (SP 19) à traves une magnifique forêt de chênes. Pause à l’ombre. De temps en temps un affleurement volcanique est visible : neck ou dyke (filons volcaniques isolés par l’érosion) Le volcanisme est très présent dans le Montiferru quand on est attentif. Il se remarque partout dans les matériaux de construction, les murettes limitant les parcelles, en blocs dispersés. Trachyte ou basalte.

Cuglieri

Cuglieri (2671 ha) se voit de loin, perché sur la colline, dominé par son énorme église blanche à coupole : la Madona delle Neve. A notre arrivée à 13 heures, la ville est bruyante : discussions très animées au café et surtout passage du cortège de voitures ornées de nœuds et rubans d’une noce. Je croise des dizaines de très gros SUV étincelants tandis que je remonte à grand peine la pente, m’effaçant dans l’embrasure des portes. Des femmes en robes longues, des hommes en chemises blanches et cravates, des fillettes endimanchées descendent à pied. Les marches de l’église est couvert de riz. L’autel est très fleuri. Intérieur de ‘léglise peint en crème avec toujours des lustres en cristal. Le panorama vu du parvis est fantastique avec la mer bleu foncé et les villages environnants. Cela aurait été un bel endroit pour le pique-nique mais impossible de monter en voiture avec le cortège qui occupe toute la ville !

Il est bien trop tard pour essayer de visiter les deux musées : Museo dell’olio Zampa et Convento dei Cappuccini.

La sieste fait une grosse coupure dans la journée au moins jusqu’à 16 h parfois 17 heures. La journée des touristes est courte : de 10 à 12 ! (Bien sûr, les voyages organisés tiennent compte des horaires, prennent des rendez-vous….et ne perdent pas de temps à chercher d’improbables parkings).

A défaut de visites culturelles :  baignade  à Bosa Marina où la plage est abritée et la profondeur suffisante. Je nage plus d’une heure.

Nous rentrons par les zones incendiées en 2021.

Torre del Pozzo au coucher du soleil

Jean Painlevé – Les pieds dans l’eau – Jeu de Paume des Tuileries

Exposition temporaire jusqu’au 18.09.2022

Une exposition fascinante dans le bestiaire fantastique du littoral, filmé sous l’eau avec cet équipement baroque ou au laboratoire en microphotographie.

puce

J’ai perdu la conscience du temps qui passe en regardant les films de Painlevé : La Pieuvre, Les Daphnies, Le Vampire, L’Oursin, Crevettes…filmés de loin, de près, de très très près, grossis 150.000 fois. Et j’ai découvert des animaux dont je n’avais jamais entendu parler : Aceras, (mollusque)Hyas et Sténorinques(crustacés), j’ai vu se déployer des Spirographes.

Certains films datent de 1929, d’autres sont beaucoup plus récents comme la Transition de phase des cristaux liquides, en couleur, presque de l’art abstrait (d’ailleurs pourquoi ai-je écrit presque)?

Des tirages Noir&Blanc d’une grande beauté, non dépourvus d’humour comme ces pinces de crustacés qui évoquent un profil (il y en a une autre où la pince de homard ressemble à De Gaulle).

J’ai pensé au temps jadis où la sortie du projecteur Super8 en classe déclenchait l’enthousiasme des élèves pas encore saturés d’Instagram et de documentaires animaliers pompeux. Loin des opéras filmés qui hantent les programmes télévision. Du cinéma slow, sobre, mais tellement bien filmé, du soin, de l’humour, de la précision, de l’observation, de la science quoi!

Acera dansant ou Femme à la fraise Renaissance

 

les plages des environs de Torre del Pozzo

CARNET SARDE

S’Archittu : l’arche

Journée ensoleillée mais ventée. La mer est décorée de crêtes blanches quand nous la découvrons ce matin.

S’Archittu

S’Archittu est la station balnéaire à 2 km de Torre del Pozzo. La route longe le littoral puis entre dans S’Archittu. Il faut garer la voiture et gagner la petite promenade lungomare, jolie petite croisette fleurie, dallée avec des boutiques (peu) et des pizzerias au-dessus de la plage. Cette plage est le plus souvent rocheuse avec de petites criques de sable. Aujourd’hui, avec le vent, seuls les surfeurs sont à l’eau. Quelques zodiacs et bateaux à moteur se balancent et même un petit voilier à coque rouge ? Au bout du village, un parking permet d’accéder à une très belle promenade dallée et pavée de galets bordée d’une banquette de pierres volcaniques. De cette allée on voit l’arche blanche qui a donné son nom au village de S’Archittu. Creusée dans une roche d’un blanc éblouissant, elle me rappelle un site analogue à Milos.

Torre del Pozzo vu de s’Archittu

Des agaves se détachent sur la mer. Les vagues s’engouffrent dans l’arche, se fracassent sur les rochers à grand bruit. C’est spectaculaire Deux escaliers descendent à une plage minuscule qu’une famille à elle-seule a colonisée avec un drap de bain et une piscine d’enfants gonflable. D’autres personnes arrivent , ils vont devoir se replier et se tasser !

S’Archittu les vagues sous l’arche

Une plateforme rocheuse fait une banquette, sentier côtier qui relie une autre plage, un homme y est assis à côté de canoës et planches à louer.  La promenade se poursuit aussi en corniche et le sentier arrive sur l’arche elle-même. Je continue sur l’arche blanche, crayeuse ou marneuse ? creusée de cupules dans lesquelles cristallise le sel. D’autres anfractuosités déchirent le rivage. Les vagues s’y précipitent et battent les parois à grand coups de butoir.

Spiaggia di Is Arenas/ Spiaggia La Pineta

Spiaggia Is Arenas

De l’autre côté de Torre del Pozzo, en direction du sud, avant Riola Sardo, la route SS 292 passe devant une très belle pinède en bord de plage. Elle est occupée par deux campings et un condominium. J’avais peur que les campings ne se soient approprié la plage. Mais non !  il existe un parking devant l’entrée du camping et un passage entre la dune et le grillage. Une immense plage de sable fin commence à Torre del Pozzo et se poursuit loin, très loin vers la presqu’île de Sinis. Impossible de se baigner avec les vagues mais je peux marcher très loin les pieds dans l’eau ou sur le sable mouillé. Parfois une vague plus puissante me trempe jusqu’aux cuisses et me fait reculer.

A quelques kilomètres de Riola Sardo, la SP coupe la presque-île de Sinis en passant par de paisibles campagnes : champs moissonnés où paissent les brebis, cultures maraîchères. Au bout de la route Capo Mannu avec plusieurs plages.

Puzzu Idu, à l’arrière d’un bel étang, est la plus organisée. Une digue entre mer et étang est plantée d’une rangée de très hauts palmiers (genre palmiers à sucre). Elle est occupée par des Food trucks et Beach Bars dans des grosses boites métalliques comme des containers. D’autres containers abritent aussi des boutiques, articles de plage, location de surfs, de vélos. C’est très artificiel, très laid. Bien sûr, on aurait pu garer la voiture face à l’étang, tourner le dos à tous ces artefacts, oublier les installations…et j’aurais pu me baigner sur une plage abritée en toute sécurité. Mais vraiment toute cette foire nous dérange !

Mandriola

En face un petit massif boisé où sont nichées quelques maisons attirent le regard. Des maisons basses entourées de jardins sont sous les pins, un peu plus loin, au bord de l’eau, un bois de mimosas et de genévriers. Un couple âgé a sorti des chaises longues entre leur maison et le rivage. Une digue métallique un peu cabossée entre dans l’eau. Le littoral est rocheux, plein de posidonies, n’incite pas à labaignade amis un vent frais agite les mimosas. Si nous avions l’attirail des Sardes, chaises pliantes et glacière, nous aurions été très bien pour piqueniquer.

Su Pallosu : rochers

Nous traversons le petit cap de Capo Mannu et nous trouvons le site idéal à Su Pallosu : sur un panneau il est précisé Marina di Pallosu – Tonnara. Des rochers spectaculaires sont battus par les vents. Certains portent des pointes acérées, d’autres sont encroûtés d’une couche poreuse ressemblant à une éponge durcie. Un îlot, des cascades s’écoule nt après le passage de la vague. Le spectacle est magnifique. La promenade continue sur les rochers parmi les Hélicrises (immortelles de Corse) bien inodores et les plantes grasses jusqu’à une plage Spiaggia Messalonga, selon la carte. Des tours surveillent le rivage : Torre Scala e Sale, Torre Capo Mannu.

Spiaggia Mari Ermi

Retournons à la SP292 presque jusqu’à Riola Sardo, et traversons à nouveau le Sinis(16 km) le long de l’étang de Cabras, nous aboutissons à un petit port d’où on s’embarquent les bateaux pour l’Ile du Mal de Ventre – aucune colique à craindre, c’est seulement une corruption du  Sarde qui fait allusion aux mauvais vents qui causent des naufrages. Aujourd’hui, hors saison et par gros temps, il n’y a  pas de passage. Deux restaurants, quelques cabanes de roseaux, un parking et une vaste plage de sable blanc qui s’étend sur des kilomètres. Ici encore, je dois renoncer à la baignade : les vagues semblent calmées, un seul rouleau se brise sur la plage. Mais quel reflux, je dois me cramponner pour ne pas être aspirée. D’ailleurs personne ne se baigne.

Barumini : site nuragique

CARNET SARDE

Barumini : Su Nuraxi et le village nuragique

Barumini

L’hôtesse de l’Office de tourisme d’Oristano nous avait conseillé d’y passer une journée. C’est un « incontournable » touristique « patrimoine Mondial de l’Humanité » très – très touristique !

Le « trop touristique » commence au bar : tramezzini infects pour 5€, pas de choix. Puis à la billetterie : 15€ la visite guidée obligatoire. Deux visites partent toutes les 30 minutes, l’une en Anglais, l’autre en Italien. J’ai choisi l’Italien et j’ai bien fait : c’est un tout petit groupe de 7 personnes en Anglais ils sont 30. Le guide est très sympathique, il sollicite les questions et y répond avec gentillesse.

Su nuraxi

Ce nuraghe qui ressemble de loin à une pyramide est un château-fort. Un donjon est flanqué de quatre tours. Le plus grand trésor est le puits. Les hommes des Nuraghes vénéraient l’eau qui était sacrée. L’eau c’est la vie. Le nuraghe a pour fonction (entre autres) e protéger le puits sacré.

Burrumini : les villaes nuragique à la base du nuraghe

Au pied de la forteresse sont installés deux villages nuragiques qui se sont succédé : le plus ancien est de l’âge du Bronze et a laissé des cercles de pierre plutôt sommaires : une grosse pierre pour la cuisine et peu d’autres aménagements. Celui de l’âge de Fer est beaucoup plus sophistiqué avec des séparations de pierre, une arche pour faire une porte, une banquette qui court autour de la salle ronde autour d’une vasque servant peut-être à des cérémonies lustrales. Dans la capanne n°80 on a trouvé une maquette du nuraghe (comme celles exposées à Cabras)

dans la tour

Dans le nuraghe, il faut se faufiler dans d’étroits passages pour découvrir les quatre tours situées aux points cardinaux. La tour nord est intacte. C’est aussi la plus fraîche, on pouvait y conserver du gibier. Comme à Armungia, l’intérieur a la forme de tholos : les pierres se chevauchent de proche en proche pour forme un cône évidé. On a construit un escalier métallique pour explorer la grosse tour centrale. C’est plus facile que de descendre l’escalier intérieur en pierres glissantes. La grande tour était occupée sur trois niveaux. On a retrouvé un morceau de poutre coincé dans les pierres qui a permis de dater au C14.

Dans le billet sont incluses les visites à la Casa Zapata et au Centre Giovanni Lilliu (le découvreur du nuraghe Su Nuraxi.

Casa Zapata

Casa Zapata : chapelle et jardin

La Casa Zapata est dans le centre du village de Barumini. C’est une belle villa du XVIème siècle de style espagnol, blanche avec les encadrements des portes et fenêtre en pierre finement sculptés. Elle fut construite en 1541 par le baron alcade de Cagliari.

Dans les communs, trois expositions :

launeddas

Les launeddas : instrument traditionnel sarde, le plus ancien instrument de musique méditerranéen polyphonique retrouvé sur des statuettes nuragique VIIème/VIIIème siècle. Flûte de roseau simple ou double. On peut en adjoindre une troisième .

La section historique traite de l’histoire de la maison et surtout des barons qui la possédaient. La dernière descendante a vécu au XX -ème siècle. On voit des lettres, et des documents . Les cartels expliquent les rapports entre la noblesse et les paysans.

Casa Zapata une villa espagnole

La surprise vient de la section archéologique . Les visiteurs sont mis en attente parmi les flûtes et les lettres . La guide nous conduit à la maison. Et, surprise ! On découvre un nuraghe à l’intérieur qui se trouve dans les fondations. Le baron Zapata le savait-il ? Surtout que ce n’est pas une simple tour mais un nuraghe avec quatre tours et une cour extérieure. Etonnant aussi, la pierre n’est pas la même qu’à Su Nuraxi pourtant tout proche. A la Casa Zapata il est construit en pierre claire alors qu’une tour en basalte se trouve à l’extérieur de la villa

Des bronzetti sont aussi exposés : l’un d’eux figure des bateaux, on voit aussi des animaux en bronze, un renard et un sanglier.

Les objets du village nuragique racontent la vie d’alors :  pintaderas en céramique (cercle décoré de motifs géométriques pour la panification.

Du Vert Galant à Aulnay-sous-bois avec le Voyage Métropolitain – (2) Sevran

PARIS/BANLIEUE

le Canal de l’Ourcq

Après avoir passé le canal nous allons piqueniquer à la Poudrerie . Imaginée par Napoléon III, a proximité du Canal de l’Ourcq et de la voie ferrée, éloignée des centres d’habitation à cause des risques d’explosion, elle a été en fonction pendant un siècle de 1873 à 1973. Actuellement, la plupart des bâtiments ont disparu. On peut juste imaginer les 3000 ouvriers qui y travaillaient. Les rails inclus dans les allées pavées ou cimentées rappellent que circulaient des wagonnets et même des trains. Autre souvenir : les mares destinées au refroidissement et les merlons qui protégeaient les autres installation d’une explosion accidentelle : une chanson : La chanson du poudrier rappelle les risques du métier. Un musée est installé dans les bâtiments qui subsistent mais il est fermé.

La promenade en sous-bois nous mène dans des quartiers habités de Sevran. Je reconnais le quartier Montceleux où nous avions été accueillis en 2018. Le maraichage est tenu par Le Jardin Aurore (agriculture biologique distribution circuit court). J’ai le grand plaisir d’apprendre que le projet de méga piscine à vagues qui devait noyer une grande parcelle de terre agricole et peut être les maraichers, est abandonné : pharaonique, inutile, anti-écologique et surtout impossible à mettre en eau en période de sécheresse. victoire du bon sens! Nous grimpons sur la Butte Montceleux d’où on jouit d’un panorama très étendu jusqu’à Paris : Tour Eiffel, Sacré Coeur, La Défense….Observation en musique : un groupe de 5 jeunes hommes répèpaysagte dune chorégraphie pour le mariage de l’un d’eux. C’est très sympathique. 

 

Nous rejoignons enfin le Canal de l’Ourcq espérant un  peu plus d’ombre et de fraîcheur. Mais il y a encore une visite : La Friche Kodak : grand terrain laissé libre à la fermeture des usines Kodak. Libre mais pollué avec tous les métaux et les produits chimiques qu’on imagine pour le développement des photos mais aussi des film radio et des microfilms. Impossible de cultiver quoi que ce soit ou de construire de peur des contamination. On a donc décidé de faire de cette friche un parc ouvert à tous, mais un parc dans lequel les paysagistes et jardiniers n’interviendraient qu’à minima. Expérience pour voir comment la flore et la faune vont reprendre leurs droits. Pour les paysagistes ces paysages ont un nom : le tiers paysage et » les étudiants apprennent à  ne rien faire »

C’estGilles Clément  (paysagiste du jardin Rayol) qui a énoncé ce concept.

Ici aussi, le livre de Marielle Macé  : Nos Cabanes illustre 

« Les noues touchent à ce « tiers paysage » que Gilles Clément a mis en valeur. Ces milieux qui émergent sans
programme et vivent en marge des zones d’aménagement urbain ou d’exploitation agricole, ces fragments du « Jardin planétaire » constitués par l’ensemble discontinu, en liberté, indécidé, et très pluriel, des lieux délaissés (« délaissés urbains », c’est comme cela qu’on les appelle, mais aussi friches, talus, landes, lisières…) qui accueillent une diversité écologique surprenante,

Car le tiers paysage n’est pas exactement quelque chose que l’on aménage, c’est quelque chose que l’on ménage.
Ménager plutôt qu’aménager. Jardiner les possibles, prendre soin de ce qui se tente, partir de ce qui est, en faire cas, le soutenir, l’élargir, le laisser partir, le laisser rêver.

Tiers paysage comme tiers état et pas comme tiers monde, précise Gilles Clément. « Espace n’exprimant ni le pouvoir ni la soumission au pouvoir. »

Et de revenir aux phrases prononcées par l’abbé Sieyès en 1789 :

Qu’est-ce que le tiers état ? – Tout.

Qu’a-t-il été jusqu’à présent? – Rien

Que demande-t-il? A être quelque chose. 

Saules et peupliers prospèrent, pyracanthes aussi (d’où proviennent-Ils) les peupliers du temps de Kodak sont très hauts. On a planté des cerisiers (tuteurs) . pas d’allées tracées, seulement celles que les pas des promeneurs ont piétinées. 

Un beau terrain d’aventure pour les gens de Sevran!

Après la Friche nous retournons sur le Canal pour des explications historiques : c’est son anniversaire quand même!