Arrivée à Tunis – notre gîte : Dar Kenza dans la médina

CARNET TUNISIEN, DU NORD AU SUD

arrivée dans la nuit à tunis

L’arrivée à l’aéroport

Les nuages ne se déchirent qu’au-dessus de la Sicile, les îles éoliennes sont éclairées dans la nuit, l’Etna est invisible. L’avion perd de l’altitude dans le noir complet. La côte tunisienne scintille. L’arrivée sur Tunis  est un feu d’artifice.

L’assistance de Dominique nous fait généralement gagner du temps en court-circuitant les queues et les formalités. Ce n’est pas le cas ce soir. Le camion élévateur tarde tellement qu’on fait embarquer les passagers pour Paris tandis que nous sommes encore à l’avant de l’avion. Nos valises ne sont plus sur le tapis roulant,  jetées dans un coin. Samiha s’est lassée de nous attendre à la sortie. Nous la retrouvons au bureau de Camelcar. Elle a pour nous un sac de cadeaux : un petit téléphone tout neuf, un GPS et deux road books reliés, magnifiques.

La voiture est une Renault Symbol (modèle monté en Turquie, hybride de Clio et de Dacia), vaste coffre mais sans essuie-glace arrière. Le GPS est très récalcitrant. Impossible de programmer, l’adresse de Dar Kenza ce qui n’est pas étonnant puisque la rue Tourbet el Bey se trouve dans la médina, mais plus étrange quand il s’agit de la Place du Gouvernement où se trouve un grand parking et de nombreux ministères. Personne n’y arrive, même pas le loueur de voitures. Tout le monde nous assure que nous ne retrouverons jamais dans Tunis. La solution est de faire venir notre hôte en taxi, il nous guidera ensuite.

21 heures passées nous sommes toujours sur le parking de l’aéroport, le ticket du parking buggue en sortie : temps dépassé !

la médina

les arches pour entrer dans la médina
les azrches de la médina la nuit

Sous la direction du propriétaire, le chemin semble simple, tout droit. La place du Gouvernement est monumentale, éclairée. Nous suivons les murs de la médina pour entrer sous un porche avec de belles arcades de pierres. Nous garons la voiture « Place du Château ». Le « château » Dar Hussein est le siège de l’Institut du Patrimoine, un palais 18ème siècle qui fut investit par le commandement militaire français du temps du Protectorat. Au détour du palais nous passons encore sous d’autres arcades, puis dans des rues blanches aux portes bleues, grilles bleues aux fenêtres à entrelacs et petits auvents bleus « Cette partie a été restaurée par des Espagnols » –  dit le propriétaire, un peu plus loin, c’est moins restauré mais des vignes font des tonnelles gracieuses et leurs ombres des arabesques dans la nuit. La rue Tourbet el Bey est une grande rue avec de nombreuses épiceries et gargotes, plus loin elle conduit au souk des femmes. A 21h30, tout est fermé, seuls les chats occupent la rue.

Dar Kenza

Dar Kenza

Notre appartement à Dar Kenza s’ouvre sur un patio blanc et bleu. La grande pièce à vivre  est entre  les deux chambres. Les murs crème sont ornés de tableaux orientalistes avec chevaux, burnous, turbans. Un tapis rouge, des banquettes rouges, un coffre peint. Des arcades se détachent peintes avec une végétation luxuriante de fleurs et fruits. Une bordure de majolique borde une étagère.   Les lits sont dans des alcôves.  L’une d’elle est voûtée séparée de la salle par des majestueux rideaux bordés de glands dorés.  Ses murs, jaune d’or intense. Le lit est posé sur une estrade aux marches carrelées, il est recouvert de rouge vif. En face, l’autre chambre est séparée par une cloison à fenêtres à ferronneries éclairées par des lampes aux abat-jours délicats et une lanterne. Le plafond vert est bas sous une mezzanine communiquant avec la pièce principale par une boiserie ajourée faisant penser à un castelet peint avec les mêmes feuillages que sur le coffre. Ceci confère un bel éclairage au salon.

Dar Kenza alcôve

Une cuisine et une salle d’eau complètent l’appartement dans lequel on pourrait vivre à 6 ou 7.

Notre dîner tardif se compose d’un bol de soupe de lentilles passées, d’escalopes de poulet panées, d’une salade chou et fromage et d’une coupe de grains de grenade.

Nous avons beau être fatiguées du voyage, je ressors faire des photos de nuit dans les rues de la médina.

 

La villa Jasmin – Serge Moati

LIRE POUR LA TUNISIE

Commencé à Tunis.

Serge Moati est une figure familière de la télévision française depuis des décennies.

J’étais curieuse de lire la Villa  Jasmin ,  nom de la villa de ses parents à Tunis.

« Papa, tu n’as pas démérité de cette France-là. Tu as refusé les médaille. moi je t’en fabrique une. C’est ce livre.  Tes ancêtres, Samuel et ses frères, ces juifs de Tunis, fous de France t’entourent ce jour-là, Place de l’Hôtel de Ville. Tes aïeux et tes descendants sont près de toi . je les prends en photo »

C’est une évocation émouvante de ses parents qu’il a perdu très jeune, à peine onze ans.

Serge Moati, le père, était une figure du Tunis de l’avant-guerre, auteur de théâtre, journaliste, socialiste, franc-maçon, puis déporté à Sachshausen, résistant à Paris, héros de la Libération de Paris, le camarade Jasmin, il rencontre De Gaulle (ci-dessus).

Évocation tendre de sa mère. De la vie à Tunis avant-guerre, puis pétainiste et occupée, allemande.

En contraste, un personnage détestable ce collabo Guilbaud, qui a persécuté Moati l’a envoyé en déportation en Allemagne et l’a traqué quand il se cachait, résistant à Paris.

Plus que la douceur de vie à Tunis, c’est une leçon d’histoire, de la Tunisie sous le Protectorat et de la Libération de Paris.

Je n’ai pas eu le temps pendant le court séjour à Tunis de chercher la Villa  Jasmin, existe-t-elle encore?

 

 

La légende de Carthage – Azedine Beschaouch – DECOUVERTES GALLIMARD

LIRE POUR LA TUNISIE

Quelle merveilleuse collection que celle de DÉCOUVERTES GALLIMARD !

Je n’ai jamais été déçue, ni par le texte ni par l’iconographie qui est extraordinaire.

Azedine Beschaouch – directeur de l’Institut national d’art et d’archéologie (1973-1982) et maire- adjoint de Carthage (1975-1990) est le spécialiste de Carthage. De plus, il a construit une ‘légende » passionnante :

le premier chapitre retrace la chronologie de la fondation mythique,  à la civilisation phéniciennes, en passant par les guerres puniques, puis la Carthage romaine, chrétienne avec Saint Augustin, enfin l’épisode des Vandales. les Arabes lui préférèrent Tunis…

Dans le second : « Une mémoire perpétuée….des vestiges disséminés »  on assiste à la redécouverte de Carthage, d’abord par les géographes arabes, au 11ème siècle El Bekri et Idrisi, plus récemment par Chateaubriand et enfin par les archéologues modernes à la fin su 19ème. Cette redécouverte ne fut pas une évidence, un archéologue très sérieux avait même situé Carthage en Algérie!

A la découverte de la métropole punique, énigmes à Carthage est une véritable enquête à énigmes. Les textes racontant Carthage sont ceux des vainqueurs : les Romains. Certes, Polybe était grec mais il était lié à  Scipion et son récit est partial. Sacrifiait-on des enfants au Tophet? Flaubert a raconté le moloch. légende ou vérité historique? Les archéologues proposent d’autres hypothèses. Une autre énigme fut celle de la localisation des ports de Carthage. La puissance des Phéniciens était maritime. Retrouver les ports et reconstituer la marine phénicienne était donc essentiel!

 

Carthage, ville romaine, disputait à Byzance la deuxième place dans l’Empire romain. Un chapitre s’attache à décrire la ville romaine.

La fin de Carthage, fut-elle Vandale (leur nom a mauvaise réputation) ou byzantine, ou arabe?

Comme toujours, dans cette collection, une large place est donnée aux documents littéraires. Michelet, Chateaubriand, Flaubert mais aussi Senghor!

La lecture est passionnante, mais je l’ai souvent interrompue pour aller à l’index des illustrations me renseigner sur tel tableau, telle photographie. On  peut aussi le feuilleter comme un livre d’images!

 

Carthage – Daniel Rondeau

LIRE POUR LA TUNISIE

Dans trois jours nous atterrirons à Tunis, aéroport Tunis-Carthage

J’ai voulu prendre une petite avance sur le voyage avec le livre de Daniel Rondeau dont j’ai adoré Malta Hanina lu au retour d’une quinzaine à Malte. Même démarche : un portrait impressionniste d’une ville, réminiscence de son histoire grâce à de nombreuses lectures érudites que l’auteur fait partager au lecteur.

La  bibliographie savante sera  à exploiter au retour, il n’est plus temps de courir bibliothèques et libraires. J’emporterai néanmoins l‘Âne d’or d’Apulée, l’Enéide de Virgile, Salambô et le Voyage à Carthage de Flaubert, tous libérés de copyright, donc gratuits sur la liseuse. Téléchargé aussi La Villa Jasmin de Serge Moati. 

Je note un Klee en Tunisie de Duvignaud qui se trouve à la bibliothèque, La lumière de la nuit  de Pietro Citati qui est un auteur que je ne connais pas mais qui a aussi écrit à propos de L’Odyssée et d’Ulysse, La Pensée chatoyante qui me tente. Je ne sais pas si je lirai Saint Augustin ou Ibn’Arabi. Je suis intriguée par l’écrivaine   Beji Hêlé. 

J’aime quand un livre donne des envies de lectures, rien que pour cela, je suis reconnaissante à Daniel Rondeau!

J’aime aussi croiser les ombres des personnages du passé, Rondeau évoque tout d’abord la fondatrice, Alyssa ou Didon? puis Hannibal bien sûr avec l‘incendie de Carthage qui renvoie à l’incendie de Troie, toujours l’Enéide! Il a éveillé ma curiosité avec  Augustin, l’ami invisible qui m’est plus étranger et  Saint Louis « San Luwis ibn Luwis » au tombeau de Sidi Bou Saïd. 

Je crois que je relirai ce court opus(164p) à notre retour. Je ne sais jamais quand lire un livre en relation avec un voyage. Avant ou après?

 

 

la mesure de la dérive – Alexander Maksik

LIRE POUR LA GRECE – EXILS

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne résiste pas à une couverture où figure une église des Cyclades! j’avais déjà noté ce titra à la veille de notre voyage à Santorin.

incipit : 

« Il faisait nuit, à présent.

Jacqueline n’avait rien mangé depuis la barre de chocolat tut aplatie ramassée sur les marches de la pharmacie.

la volonté de Dieu, lui dit sa mère…. »

Il ne s’agit pas de tourisme. Une histoire de migrants, d’exil. De ces naufragés qui s’échouent sur les îles de la Méditerranée?  Contraste entre  le paradis des vacanciers qu’est Santorin et la quête d’un refuge, de quelque chose à manger.

Les clichés véhiculés par la télévision cachent les destins individuels. Jacqueline est libérienne. Ni la pauvreté, ni l’espoir d’un avenir européen ne l’ont jetée sur la plage. Evacués, les préjugés! Jacqueline veut passer pour une étudiante américaine en vacances, et elle donne le change, réussit à cacher la faim, se trouve même un moyen de survie : masseuse sur la plage.

Le premier acte de sa tragédie, n’est pas l’exil. Son histoire est au Libéria. Oubliés, les clichés! Elle n’est pas une « pauvre » africaine lancée par la misère sur les routes…Au contraire, elle a vécu une enfance est une jeunesse dorée dans les arcanes du pouvoir, a étudié à Londres. Les difficultés du quotidiens n’effacent pas son passé dans le Libéria de Charles Taylor, guerre civile, enfants soldats et massacres….

C’est un sujet grave qui contraste avec le cadre solaire de l’île, la beauté des paysages, l’insouciance des vacanciers. J’aurais quand même voulu en apprendre un peu plus sur le Libéria.

 

 

 

Art Afrique à la fondation Louis Vuitton : Etre là (Afrique du Sud)

LE MONDE EN EXPOS

Exposition temporaire du 23 avril 2017 au 4 septembre 2017

je ne me suis décidée à la veille de la clôture de l’exposition ou plutôt des deux expositions Etre là et les Initiés

J’ai été tellement impressionnée par Etre là présentant 3 générations de plasticiens contemporains en Afrique du sud,  que je n’ai même pas fait un tour dans l’autre exposition. C’est souvent comme cela, quand une exposition m’intéresse, je suis tant concentrée à tout voir, prendre des notes, tout lire que je m’épuise et sature et ma curiosité s’émousse.

Cette exposition fait la part belle à la photographie, la vidéo et l’animation, et les installations spectaculaires. L’artiste qui m’a le plus impressionnée est sans aucun doute William Kentridge que j’avais déjà remarqué dans l‘Afrique des routes au Quai Branly et dont une partie de la fresque en papier découpé, fragment de la fresque de Rome Triumph and Laments, occupe la place d’honneur au dessus de la librairie dans le hall. Le bateau et les femmes pleurant un naufrage à Lampedusa donnent le ton. Cette exposition est contemporaine, politique et ouverte sur le monde extérieur, sans concession.

Après avoir suivi encore la fresque de Kentridge on entre dans une installation de Jane Alexander : Infantry with Beast : 27 hommes à tête de lycaon, en ordre de marche derrière un lycaon dans une pièce noire. Le bataillon deJane Alexander est sonorisé par la vidéo d’animation de David Koloane : The Takeover au fusain selon une technique ressemblant à celle de Kentridge en peut être moins abouti. Deux tableaux représentant des canidés rouge orange de Koloane sont aussi effrayants.

On entre dans un univers de violence, où l’homme est un loup pour l’homme.

Dans la salle suivante on assiste à la projection de Notes toward a model Opera de William Kentridge (2015) .

Sur trois écrans sont projetées des animations vidéo qui se complètent mais différentes, des cartes, documents divers constituent le fond, carte de Chine, carte géologique de Normandie, Journal Officiel d’époque rendant compte de la commune de Paris….. Des danseurs affublés de cones, d’armes ou d’uniformes de l’Opéra révolutionnaire chinois exécutent des chorégraphies révolutionnaires inspirées de la gestuelle révolutionnaire chinoise brandissant un drapeau rouge ou un fusil, avec les mouvements corporels de la danse africaine…Des slogans révolutionnaires ou ironiques traversent l’écran sur des pancartes LISTEN TO THE ECHO _ NATIONALISE THE HEAVEN  ou LONG LIFE TO THE SPARROW-LONG LIFE TO MOTHERLAND…..

Une installation de Kemang Wa Lehulere occupe une salle : Dog sleep Manifesto ou Redding of the Greens :  des chiens (décidément c’est un motif récurrent) gardent des valises ouvertes contenant un carré de gazon. Elles symbolisent les terres que les Noirs ont dû quitter lors du déplacement des Noirs 1913.  Un dessin mural géant accompagne les objets et les chiens imitant le tableau noir d’une école.

Des oeuvres d’autres plasticiens se partagent la même salle principalement des textiles. J’ai apprécié les tapisseries de Athi Patra Ruga 

que l’artiste refuse d’encadrer et qui sont en forme de parallélogramme

 

La photographie occupe une grande place dans l’exposition avec David Goldblatt qui témoigne des luttes anciennes comme des plus récentes comme la protestation dees étudiants en 2015 contre la statue de Cecil J. Rhodes qu’on a couvert d’excrément puis déposée.

Zanele Muholi se définit comme photographe activiste visuelle . Un mur est occupé par une série de portraits Faces and phases follow up  où un même personnage est photographié à plusieurs phases de sa construction.

Jody Brand avec des photographies très colorées de grand format donne une visibilité aux agressions dont sont victimes les femmes et représente des homosexuels ou des trans

j’ai aussi été impressionnée par les grands tableaux – photographies ou tableaux? – d’une grande violence de Kudzanai Chiurai qui est un artiste originaire du Zimbabwe mais établi à Pretoria.

D’autres artistes contemporains encore sont présentés qui m’ont peut être moins frappée (ou j’étais fatiguée). J’ai pris un  énorme plaisir à rechercher ensuite sur Internet les biographies et les articles concernant ces artistes tous (sauf Kentridge) nouveaux pour moi.

Trésors de l’Islam en Afrique à l’Institut du Monde Arabe

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 30 juillet 2017

Les expositions viennent par vagues, L’Afrique des Routes au quai Branly ICI, à la fondation Vuitton : Art Afrique le nouvel atelier, à la Villette, un festival 100% Afrique jusqu’au 28 mai, sans parler des manifestations maintenant terminées à la fondation Cartier: Beauté congo (Ici)

Je me suis donc laissé tenter par Les Trésors de l’Islam de Tombouctou à Zanzibar et j’ai été très agréablement surprise. Les expositions de l’IMA  sont toujours passionnantes mais j’avais peur de trouver beaucoup de manuscrits et de Coran que je suis incapable d’apprécier à leur juste valeur (sans doute à cause des manuscrits de Tombouctou). Il y a certes, des manuscrits et des livres précieux dans la première salle qui présete ls sources (Ibn Battûta et René caillé pour les plus connus) des panneaux instructifs sur l’extension de l’Islam à différentes époques, en corrélation avec les routes du commerce de l’or, de l’ivoire et des esclaves des marchands arabes, commerce déjà florissant au Xème et XIème siècle à l’apogée au XIIème siècle.

A propos du sauvetage des manuscrits de Tombouctou un vidéogramme est présenté dès l’entrée, posant le problème : doit on les retourner à Tombouctou o ils sont encore en danger, à Bamako où le climat humide pose des problèmes de conservation ou à Paris? Selon l’optique sécuritaire, scientifique ou patrimoniale, les réponses sont différentes.

La surprise et la grande richesse de cette exposition est l’abondance de créations artistiques contemporaines ou récentes, colorées très graphiques.

histoire de l’Ethiopie

Dans l’aire Swahilie de Mogadiscio à Zanzibar  les peintures Tingatinga de Tanzanie dans le style d’Eduardo Saidi (1937-1975) racontent l’histoire de Zanzibar avec le commerce des esclaves et de l’ivoire

commerce des esclaves et de l’ivoire

Pour l‘Afrique de l’Ouest, des documents de Théodore Monod n’ont pas de prétentions artistiques mais m’ont émue. Il a découvert en 1964 un chargement aban

donné par une caravane au XIIIème siècle.

Selle et flûte maures

Les fleuves Brûlent  de Mohamed Elbaz est une oeuvre récente (2017) une broderie au fil d’or sur une toile blanche des bassins hydrographiques des grands fleuves africains.

Dialiba Konaté (2010)  raconte la Fabuleuse Histoire du Ghana avec des dessins colorés d’une grande finesse

la Fabuleuse histoire du Ghana
la fabuleuse histoire du Ghana

 

 

 

Une splendide tapisserie d‘Abdoulaye Konaté (2013) dit Non à la Charia!

A l’étage les révoltes mahdistes et le califat de Sokoto racontent une histoire plus récente au 19ème siècle.

Aboubacar Traoré (2016) avec ses grandes photographies couleurs  Inch’Allah dénonce l’endoctrinement par les islamistes

Inch’allah

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maïmouna Guerresi (2011 -2012)

De très belles photographie du pèlerinage en Ethiopie à cheikh Hussein sont l’oeuvre de Ferrante Ferranti (2006-2008)

Une salle est dédiée à l’EXPRESSION DU CULTE

les confréries soufistes sont représentée avec les 7 étendards de la Tijaniyya par Rachid Karaïchi qui explique dans un vidéogramme la symbolique de son oeuvre : bannières de calligraphie.

Réalisées dans les quartiers des artisans des tentes du Caire, les calligraphies noires sur fond blanc sont la réplique inverse du drapeau de Daech,.

Ombre/lumière correspondent à cette utilisation du Noir/blanc.

Une autre confrérie est la Mouridiyya fondée par Cheikh Ahmadou Bamba Mbacke, dont la capitale est à Touba au Sénégal. la figure du cheikh est récurrente au Sénégal sur des supports variés, autocars, boucheries… Cette figure se retrouve sur l’oeuvre de

 

j’ai la surprise de découvrir des masques qui me feraient plus penser à l’animisme. En Côte d’Ivoire  des cérémonies masquées sont liées à l’Islam dans certaines ethnies.

 Le cheval Al-Buraq , la monture du Prophète a inspiré ce groupe de Guinée. Dans ma visite à l’expo du Quai Branly : l’Afrique des routes j’avais vu un objet de même inspiration : la castelet Sibondel

37. Sal et retour vers l’Europe

CAP VERT 2002

la plage de Sal

Le bruissement de la canne à sucre semblable à celui d’une averse sur les feuilles de bananier a remplacé le roulis de la mer de Sao Nicolau ou de Santo Antao. Les volets d‘Alternativa peints en jaune ont une ombre bleue et l’ensemble est étrange. J’avais même cru qu’on avait peint l’envers en bleu.

pensao Alternativa

Ce vent m’inquiète un peu : est-ce que les vagues sont revenues ?
Sal, île du vent, mérite sa réputation.

Après le petit déjeuner, nous fermons les bagages en gardant le strict nécessaire pour la journée de plage qui reste avant de reprendre l’avion.

Nous nous installons devant les grands hôtels de bungalow et trouvons deux lits de plage et un parasol dans un endroit qu’on vient tout juste d’aménager. Nous sommes seules et personne ne dérangera. Nous avons toute la journée à attendre l’avion sur cette plage animée par les estivants des hôtels, c’est un peu une transition vers l’Europe. On parle plutôt Italien. Les planches à voiles évoluent devant nous faisant des poursuites, presque des régates, curieuses évolutions de Windsurf, sur une planche accroché à une sorte de cerf-volant comme celui des parapentes. Les vagues sont de taille raisonnable, il fait beau, je me baigne… Vers le soir, je pousse la promenade jusqu’au bout de la plage interminable. Des magnifiques voiliers rentrent à Santa Maria.

 

SDF?

Quand le soir tombe, nous sommes un peu SDF et dinons de yaourts sous un réverbère. Il faudra encore attendre de longues heures avant le taxi à 22h, puis dans le hall de l’aéroport. Une escale d’un avion brésilien en provenance de Fortaleza fait diversion. Les Brésiliens s’amusent beaucoup de la fresque, des escudos capverdiens. Pour nous, ils sont exotiques.

Notre avion, Amalia Rodrigues, nous conduira jusqu’à Orly. Il est presque vide, nous avons de la place pour nous installer et dormir.

36. nous quittons San Nicolau retour à Sal

CAP VERT 2002

Adieux à Aquinino

Nous faisons nos adieux à Aquinino, toujours aussi souriant mais discret. Il est dans son bureau avec ses ordinateurs à l’arrière de son magasin général, du nom des Vieux Amis. On y vend vraiment de tout, de l’eau, des légumes, des fruits, mais aussi des baignoires, des rouleaux de linoléum, des sacs de ciment, de la plomberie…
Aquinino et son secrétaire sont sur Internet tandis que la femme rend la monnaie sortie d’un tiroir en bois et inscrit les menus comptes à la main sur un cahier d’écolier.

Je fais des compliments sur les plages. Une restriction, cependant. Les dépôts d’ordures sur la plage de Barril. Justement, en Octobre, les luxembourgeois ont un projet pour nettoyer tout cela. On a bien besoin du Luxembourg !

Révision des paysages, à bord d’un magnifique 4×4 de Toy (notre loueur), décoré de petits drapeaux américains. J’aime toujours repasser plusieurs fois aux endroits visités.

Transfert Sao Nicolau/Sal

Pour changer, l’avion est ponctuel. Dominique a enfin trouvé l’explication des retards à répétition : pour les liaisons inter-îles TACV ne possède que trois ATR. Si un seul est en retard, cela détraque tout le planning des vols. Comme d’habitude, nous prenons nos places à l’avant de l’avion pour avoir plus de place pour les jambes. Pour trente minutes, ce n’est pas indispensable, mais c’est amusant. Ce sont nos places attitrées !

Retour à la modernité

A l’aéroport de Sal, retour à la modernité : un autobus nous fait traverser le tarmac, peut être 100m à parcourir. Les bagages arrivent sur un tapis roulant. Sommes nous encore au Cap Vert ?
Santa Maria est beaucoup plus animée que lorsque nous l’avons quittée : des boutiques ont ouvert leurs portes, tous les  restaurants sont ouverts, les agences immobiliers aussi. La saison touristique bat son plein ! Il fait aussi nettement plus chaud.
Notre chambre à la Pensao Alternativa nous surprend agréablement : vaste, fraîche, grande salle de bain, mobilier simple et clean.
Vers cinq heures, je vais me baigner au ponton. Les vagues ont disparu. La première fois que nous étions venues c’était le jour de la tempête de sable.

Plage

Aujourd’hui l’eau est tiède, limpide. J’ai renoncé aux sandalettes. Quel plaisir de fouler le sable juste tiède. Il est beaucoup plus blanc et plus fin que sur les autres îles. C’est la blancheur qui est surprenante lorsqu’on revient à Sal. On est ébloui par les dunes claires. L’œil s’était habitué à l’ocres rouges et noires des basaltes.

Promenade pieds nus sur toute la longueur de la plage sur le sable mouillé. La vague vient me lécher les orteils.

35. San Nicolau – Monte Gordo Faja et la côte Ouest

CAP VERT 2002

Montée au monte Gordo en 4X4

Le temps est couvert. Lorsqu’on arrive au col avant Cachaço, il fait même carrément frais. La piste du Monte Gordo est très étroite. Au beau milieu devant une maison toute une foule fait du ciment. Ils aplatissent leur tas pour qu’on puisse passer au-dessus. Je me renseigne : « Est ce que la route est carrossable ? ». Une femme regarde le 4×4 et nous rassure. La montée est impressionnante, cela grimpe tout droit pendant un bon moment puis les lacets sont très serrés, des épingles à cheveux. La Suzuki est très vaillante mais comment se comportera t-elle à la descente ? Dominique n’a pas du tout confiance. Une fois engagées, nous n’avons d’ailleurs plus le choix. Nous arrivons à une maison, une grille barre la route. Il faudrait continuer à pied. Une jolie forêt d’eucalyptus et de plantes inédites aurait été bien tentante sans le soucis – que dire, l’angoisse du retour. Qui gâche tout.
D’autant plus que Suzuki refuse de repartir. Que faire ? De toute façon il faudra redescendre. Je pars quelques minutes en exploration. En d’autres circonstances j’aurais été enthousiasmée par la forêt magique avec les mousses et les lichens qui pendent, les cultures soignées dans le cratère. J’aurais cherché les caféiers censés s’y trouver. Mais dans ce matin gris et froid avec la perspective de la panne ou pire encore, je n’ai pas le cœur à herboriser.
Quand je reviens à la maison, Suzuki, refroidie, veut bien redémarrer. Nous faisons une distribution de chewing gum et de crayons aux enfants de la maison forestière, très polis.

Distribution de crayons

LA VOITURE EST MAUVAISE !!

Dominique entame la descente. Je la précède à pied pour dégager la route des passants éventuels, je baragouine « la voiture est mauvaise« . Incrédulité,- « pas de freins »-. J’explique sans doute mal, le mot portugais doit être très différent.
Dominique descend à 5 à l’heure. Les premiers virages, j’ai à peu près confiance. Si elle réussit à maintenir cette allure, cela devrait bien se passer. Ce qui m’inquiète le plus, c’est la grande ligne droite. J’ai peur que la voiture ne s’emballe.
Une vieille avec deux enfants descendent un bidon d’eau sur la tête du petit et de la lessive. Je me gare. Dominique les décharge du bidon et de la lessive. La petite fille est ravie. A un tournant, des hommes maçonnent le parapet, les femmes gâchent le ciment et surtout vont chercher l’eau pour en refaire d’autre. Elles sont 4 avec leurs seaux. J’essaie de les faire pousser, – pas moyen-, elles entourent la voiture. Je recommence : « Carro mau ! Non ! ». Celle qui porte un maillot de foot est catégorique, la voiture est très bien, pour un peu, elle la conduirait elle même. Elles ne comprennent pas pourquoi nous encombrons le passage. Je trouve la solution : « la voiture a chauffé, elle doit refroidir« . Cela, je sais le dire en Portugais, et cette explication leur convient.

Le volcan Montegordo

Heureusement, parce que Dominique, au volant, est sur le point d’exploser. La femme au maillot bleu répète doctement les explications à ses copines. Pour les freins, elle est incrédule. La Suzuki est une bonne voiture.
Dominique maintient la cadence de tortue, tous freins serrés, à pied et à main. Nous sommes presque en bas, il faut encore franchir l’obstacle du tas de ciment (on l’aplatit à nouveau). Imprévu : un âne refuse obstinément de dégager le passage. Un gamin tire de toutes ses forces sur la ficelle, l’âne coince ses sabots, rien à faire, une des maçonnes lui donne des coups de pelle (elle tape sur le harnais, pas sur l’âne). Après l’âne, je monte en voiture, la descente se termine bien mais nous avons besoin de nous refaire. Pause à la chapelle pour être au calme.
La chapelle était très belle sous le soleil, se détachant toute blanche sur le ciel bleu. Aujourd’hui, sur un fond de nuages blancs, elle ne mérite même pas la photo. De plus, il fait froid.

La galerie de l’eau

Dragonnier et >MOnte Gorgo dans le brouillard

A Faja, nous cherchons la galerie qui a permis d’apporter l’eau de la nappe phréatique captive sous une vallée fossile : un tunnel long de plus de 2km. Tout le monde connaît la « galeria » et nous en indique l’entrée près d’une entreprise de menuiserie. Le menuisier lui-même nous guide à la grille cadenassée: Rien à voir : une galerie cimentée avec une arrivée rudimentaire d’air de l’époque du forage. Un responsable parlant très bien le français nous commente l’ouvrage. En cette saison, la nappe est vide, on attend la pluie sur le Monte Gordo pour qu’elle se recharge, alors viendra le délicat travail de fermeture des vannes et de distribution de l’eau d’irrigation.

Faja : jardins

les jardins de Faja

Faja est une véritable oasis avec de jolis jardins des vergers enclos dans des murettes surmontées de claies en bambou. Les papayers sont magnifiques. Certains ont des branches verticales comme les cactus des westerns. Les bananiers sont florissants ainsi que la canne à sucre à la base presque rouge avec des anneaux rapprochés. Des rangs serrés de carottes, de courges, de salades de betteraves sont très bien entretenus, désherbés (il y a même des mauvaises herbes ici !). Je demande à une femme sur le bord de la route avec un sac de mangues où je pourrais acheter des papayes ou des bananes mûres. Elle appelle un jeune homme qui me demande un sac en plastique .

papayer

et disparaît un long moment puis revient avec deux magnifiques papayes orange pour 70$. Nous nous promenons dans les petits sentiers. On se  croirait dans une oasis. Les nuages sont bas, il tombe une sorte de crachin pendant quelques minutes.
Dès que nous passons le col vers Tarrafal, plus un nuage et chaleur accablante. Nous traversons la ville et continuons vers la plage, la route traverse une sorte de plaine caillouteuse très laide, le long de la montagne, des éboulis et des pierriers sans intérêt. Le village de Barril est formé de cubes de ciment le long de la plage. Sur une pointe, un joli petit phare et surprise ! Plus loin, un bosquet d’acacias de belle taille qui donnent une ombre agréable, une plage de sable fin à l’abri des gros rouleaux. Ce serait un endroit idéal si ce n’était une décharge avec des gravats et surtout des centaines de bouteilles de bière entassées. Pour gâcher encore plus cette plage merveilleuse, des pelleteuses viennent chercher du sable. Quel dommage ! Nous pique-niquons sur le bord de l’eau. Le vent rend la chaleur supportable. Je pourrais même me baigner si nous n’avions prévu de continuer l’exploration de la côte Ouest. Dès que nous reprenons la voiture, le paysage devient plus intéressant, les montagnes se rapprochent avec des reliefs imposants et des couleurs variées : cendres noires oxydées en surface orange à jaune, poussière jaune, roches rouges violacées, noires ou grises, mauves de loin. Certaines coulées se débitent en prismes. Un volcan aux pentes couvertes de cendres grises présente trois cratères emboîtés, extrêmement bien préservés. Seules quelques rigoles creusées témoignent de l’érosion, mais de loin le cône est très régulier. Au retour nous remarquerons que du côté de la mer un secteur est effondré.
Les petits acacias forment des buissons secs, ne serait-ce que pour eux. Je prie pour une pluie abondante le mois prochain. Ils semblent à la limite extrême de la sécheresse, seules quelques branches paraissent encore vivantes.

Praia branca perché au bout de la piste

Praia Branca est un très joli village à mi-pente avec des maisons colorées. Comment-peut on habiter un tel désert ?
Après Praia Branca la route pavée devient piste poussiéreuse pavée seulement aux endroits critiques. Le rivage est très découpé et rocheux. La piste contourne un canyon très étroit découpant une coulée noire formant des orgues basaltiques. La piste devient alors scabreuse. Je retiens mon souffle, transpire de peur, conduis en pensée le 4×4 . Quelques fois, on ne devine plus la suite de la route. Il semble qu’elle donne directement sur le vide. Je descends pour voir s’il y a une suite à la piste. Oui, elle continue en pente raide. Dominique, cramponnée au volant, a déjà eu son compte de frayeur. Elle est forcée de continuer. On ne peut pas faire demi-tour. Que se passerait-il si un véhicule survenait en sens inverse ? Ce n’est pas si impossible que cela. Les rochers sont habités, partout on voit des pêcheurs perchés sur les rochers. Comment sont-ils arrivés ? Finalement nous trouvons un espace assez large pour faire demi tour. La falaise en face est vierge. Pas une trace de chemin côtier, seul le roc plongeant quasiment à la verticale dans l’océan. Fin du voyage ? Fin du monde ?

Falaises du bout du monde

Au retour on retient son souffle jusqu’à Praia Branca.