Les cris affreux des vanneaux m’ont réveillée. Le muezzin a chanté. Dans l’obscurité j’ai entendu les chiens, le coq. L’électricité est revenue, hoquets puis les pales du ventilo se sont emballées. Je me suis installée sur la table au bout du ponton pour écrire et dessiner. 7h20, le soleil s’est levé derrière le rideau d’arbres. L’eau du Saloum a pris des teintes dorées. Deux pélicans se sont posés. Vol de cormorans. Une agréable brise prolonge la fraîcheur de la nuit. Une pirogue à moteur passe. Des panaches de fumée s’élèvent des villages à l’Ouest. Une journée nouvelle commence !
MarLodj
Nous partons sur une charrette (très haute) vers le village de MarLodj, traversant une étendue sableuse très plate. Il y a une trentaine d’années quand la pluviométrie était satisfaisante, on y cultivait le riz. Un vaste grenier sur pilotis avait été construit à l’écart du village par crainte des incendies. Il reste encore la trace des piquets mais dans un véritable désert. Une homme avec une pelle charge une charrette de sable, 1000CFA le chargement explique le charretier.
Une femme nous propose des souvenirs, on ne peut pas y couper. Nous choisissons un mortier de bois et son pilon, qui nous rappellera les exploits de la veille chez les Sérères.
A l’entrée de MarLodj, dans une niche, une madone, plus loin dans une autre Saint François. Je visite l’église très vaste, en forme de coquille retournée avec des vitraux ; les bancs sont en amphithéâtre autour de l’autel. On me conduit à la Vierge noire.
couscous dans la calebasse
A la sortie 6 minuscules porcelets trottinent dans la rue. Je les suis jusqu’à leur mère attachée dans une concession. Un peu plus loin, au fond d’une ruelle, des femmes préparent le couscous de mil, l’une d’elle tamise la farine dans une vraie calebasse végétale, les autres roulent la farine. Les calebasses ont été rapetassées, recousues (souvenir d’une expo au quai Branly sur les objets réparés).
La charrette m’attend devant l’atelier des peintres en sable ? Un guide local me raconte d’où proviennent les sables colorés : celui-ci, jaune d’une termitière, l’ocre de la latérite de la route, le noir, d’un feu, le blanc de la plage. La colle : de la sève de baobab. Le travail est minutieux. Un petit tableau a nécessité une journée de travail et se vend à 15000CFA.
Arbres sacrés pour les animistes : rônier, fromager et caïlcédrats se sont mélangés
La charrette s’arrête ensuite devant un étrange végétal hybride : trois grands arbres, un rônier, un et un fromager se sont associés. Le fromagé a « avalé » une grosse branche du caïlcédrats qui semble greffé en travers du tronc. Les animistes apportent des offrandes aux esprits de ces trois arbres. Chrétiens et Musulmans respectent ces arbres sacrés, croyance de leurs ancêtres. On débouche sur la place où se trouve le « tamtam téléphonique », grand tambour cylindrique qui sert à annoncer les nouvelles du village. Une grande mosquée borde l’un des côtés de la grande place, en face un dispensaire, au fond un petit marché de légumes. Dans une cour, une dispute conjugale attire les voisins et les passants qui tentent de séparer Monsieur et Madame. Nous quittons le village à travers les fumées des tas de saletés qu’on brûle.
Nous déjeunons de crevettes sautées, riz blanc, sauce aux oignons devant un téléviseur allumé. Une chaîne a dédié ses programmes à la Journée de la Femme, spectacle affligeant de clips où des sénégalaises blanchies et défrisées séduisantes se trémoussent et même cuisinent pendant que le mari se prélasse. Courtes interviews de femmes en vue, chef d’entreprise, chanteuses. Ce n’est pas comme cela que j’imagine le 8 mars ! Je pense aussi à la longue émission sur RFI, écoutée sur la route du Djoudj, où une femme-médecin a décrit les conséquences néfastes du défrisage et de la dépigmentation, cancers, fibromes, anémies…
Il fait très très chaud quand nous parvenons dans le Sine-Saloum avec ses marais salants, ses forêts d’eucalyptus plantés pour lutter contre les infiltrations salées. Avec la construction de barrages et de digues, les eucalyptus devraient contribuer à la valorisation des terres inutilisables.
Terre de Senghor
Je demande à s’arrêter devant le monument à la mémoire de Senghor: une simple stèle avec son portrait et un texte de la préface à « Comme les lamantins viennent boire à la source » , rien de spectaculaire, mais je m’en serais voulue de ne pas avoir marqué un temps pour honorer le Poète-Président comme on l’appelle ici.
Marsétal
16h, sous une chaleur accablante, nous descendons la valise au port de Ndagandan pour embarquer sur la pirogue qui nous conduit à l’île de MarSetal où nous allons passer la nuit. Nous n’emportons que le nécessaire, les deux autres valises resteront à terre. La traversée dure un quart d’heure. Un ponton nous conduit à une île toute plate. L’hôtel se compose de grandes cases rondes au crépi jaune contenant chacune deux chambres et une terrasse. Les chambres sont vastes, hautes de plafond, bien aérées sous un toit de chaume retenu par un filet et d’épaisses poutres. Le mur est tapissé de paille sur 1.5m, les meubles lourds laqués de bleu. C’est simple et frais avec le ventilo à grandes pales qu’on fait tourner à grande vitesse. Les cases sont dispersées dans le campement arboré. On s’installe sur une table au bout du ponton, dominant l’eau, jouissant de la fraîcheur jusqu’au dîner. Au menu, céleri rémoulade, couscous à la viande de zébu et de la papaye pour dessert.
Au marché de Djourbel, nous achetons deux noix de cola, une blanche et une rouge. La vendeuse a aussi des bâtonnets pour nettoyer les dents. Nous cherchons l’ »immodium local », pour le « rhume des fesses » : le fruit du baobab, séché, écorcé et concassé qui se présente sous forme de petites masses blanches , qu’on dissout dans l’eau (ajouter un pue de sucre pour le goût). Au même étal j’achète de l’hibiscus rouge séché pour faire du bissap 300CFA une mesure pour 5 litres d’eau. Le marché est bien achalandé. Les bouchers vendent de la belle viande, il n’y a même pas de mouches. Le poisson est très frais.
Fleurs d’hibiscus pour le bissap et sachets du fruit de baobab
Après une demi-heure de piste nous atteignons la route de Touba(50km) en passant par Darou Mousty.
Darou Mousty
Touba la sainte
la plus grande mosquée d’Afrique noire (après celle de Casablanca)
Touba est la ville sainte de la confrérie mouride. Il est interdit d’y consommer de l’alcool et de fumer et pour les femmes de porter le pantalon, par ailleurs elles sont dévoilées on n’a pas vu de hidjab encore moins de voile intégral. Toute la ville de Touba s’organise autour de la mosquée géante vers laquelle toutes les rues convergent, mais l’ambiance y est décontractée. Ce vendredi matin un nombre incroyable de charrette se presse dans les rues. Très très peu d ‘automobiles en revanche. Des commerces en tout genre prospèrent le long des rues. En plus de la grande mosquée que nous nous préparons à visiter les mosquées sont très nombreuses, il y en aurait 200.
mosquée de Touba
Le guide nous attend avec des pagnes pour cacher nos pantalons indécents. J’aurais mieux fait de revêtir la tenue africaine traditionnelle qui est pliée dans ma valise parce qu’il fait très chaud, la superposition pantalon-pagne n’est pas très aérée. De plus le pagne est trop long et je marche dessus. Nous faisons le tour de la gigantesque mosquée la 2ème plus grande d’Afrique (après celle de Casablanca) avec ses 5 minarets (pour les 5 piliers de l’Islam) . Le plus haut minaret est carré entouré de deux cylindriques. Plusieurs coupoles sont couvertes de mosaïques. L’esplanade est immense, cernée par des murs à créneaux et des grilles de bronze. Les robinets pour les ablutions sont abrités par de longs bâtiments aux toits à double pente qui seraient sans prétention s’ils n’étaient en marbre de Carrare. Le sol en travertin d’Italie a été mis exprès pour rafraîchir els pieds et ne pas les brûler. Des Marocains ont réalisé les stucs des salles de prière, les tapis sont belges ( ?), les lampes d’albâtre viennent d’Istanbul. Le guide cite la provenance de tous les matériaux, les dates de construction des différents éléments de cette mosquée qui est en chantier depuis sa construction en 1927 quand le 1er khalife a entrepris la construction de l’édifice. Depuis les khalifes se sont succédé, inhumés dans les mausolées sous les coupoles. De ces mausolées s’échappent des chants de « petites chorales » en arabe mais de style très africain, ne ressemblant nullement à ce que nous avons l’habitude d’entendre en Egypte, en Turquie ou dans le Maghreb. La grand prière du Vendredi a lieu à 14h, la mosquée est prête à recevoir les fidèles. Elle est nettoyée. Les tapis belges sont déroulés mais il n’y a encore personne ; On ne pénètre pas dans l’édifice principal, réservé aux musulmans-hommes. Bouba insiste à plusieurs reprises. « la population de Touba est très disciplinée ». Dans la rue, dans la cohue des charrettes cela ne se remarque pas ! En revanche les ordures collectées sont soigneusement brûlées, la ville sainte n’est pas précédée comme les autres agglomérations de terrains vagues pleins de plastiques. Une entrée impressionnante de route à deux fois deux chaussées séparée est conçue pour l’affluence du pèlerinage.
Djourbel
mosquée de Djourbel
A Djourbel nous voyons une autre mosquée plus ancienne et très imposante. C’est de Djourbel que vient le premier khalife fondateur de la secte mouride : cheikh Ahmadou Bamba. Le Mouridisme signifie la voie qui mène vers dieu. Le grand pèlerinage du Magal rassemble trois à quatre millions de croyants sans distinction de race ni d’ethnie. Pendant trois jours ils mangent et sont logés gratuitement. Le mouridisme se distingue aussi par le culte du travail. Bouba nous dit « travailler c’est prier ». Nos livres ajoutent que Touba est une ville franche où toutes sortes de trafics peuvent avoir lieu et que les Guides Spirituels font des affaires florissantes mais notre guide n’aborde pas le sujet. Il affecte une grande tolérance en ce qui concerne les religions et juge bon de ne pas s’étendre là-dessus ; nous n’apprendrons donc rien de plus. Cependant il écoute souvent à la radio des émissions religieuses qui purifient l’âme.
Juste avant d’arriver au campement de Koba, où nous passons la nuit, nous traversons un gros village. Nous sommes arrêtés par un groupe de femmes armées de balais « Setsetal ! » c’est jour de nettoyage au village. On balaie le crottin des chevaux et des ânes et les saletés éventuelles. Cette corvée se déroule dans une ambiance joyeuse. Notre arrivée est prétexte à faire la fête ; elles frappent dans leurs mains et bientôt sur une bassine. Le rythme endiablé mène la danse ; on me met un balai dans les mains. Le 4×4 est entouré de danseuses. Toutes chantent « setsetal » (nettoyage des rues). Bouba filme. Cet épisode n’a duré qu’un quart d’heure mais sera un souvenir inoubliable. Le village est propre comme un sou neuf.
En ville aussi on sacrifie à cette tradition (épisode du crieur de rues). Faute de recyclage, les ordures sont repoussées hors de la ville, livrées au vent qui disperse les sacs plastiques. Il est question de construire une centrale électrique avec ces plastiques pour combustibles. Ainsi valorisés ils seraient ramassés comme la ferraille qui est revendue et ne traine pas. Au marché les femmes ensachent des minuscules doses de tout et n’importe quoi, épices pour la sauce, beurre de karité, graines, sucre….
notre hutte de paille
Le campement de Koba ressemble aux villages des alentours avec leurs cases de pailles et branches et une cuisine extérieure comme au village. Des barrières limitent un corral plus western qu’africain. A y regarder de près, les branches formant les barrières sont en paille : on a gainé les barbelés d’un étui de graminées. Plus loin, un véritable village se détache dans la savane.
Chacune des huttes carrées est construite avec une palissade d’herbe et un toit de chaume. Notre case n’a pas de vraie porte. Un panneau en masque l’ouverture qu’il faut caler en coinçant un bout de bois. Mêm technique pour l’ouverture de la salle de bain à l’arrière, dans une petite cour cimentée à ciel ouvert avec un WC (pas de chasse d’eau, un écriteau nous invite à nous servir du seau sous le robinet) et une douche. Pour le confort, il y a un porte-serviette pliant et une tablette avec un petit miroir. L’eau courante dans la brousse, c’est le luxe intégral ! (on a déjà vu encore plus simple le seau d’eau du puits et l’écuelle comme douche au Bénin). Cette douche est un plaisir inestimable après la si chaude journée ! Sur les bords de l’Atlantique la température oscillait entre 16° et 28°, on a dépassé 35° et peut être atteint 40° à l’ombre.
Deux lits jumeaux sous les moustiquaires, un ventilateur quand le groupe électrogène est en route. Il y a de la lumière mais on a évité de l’allumer de peur d’attirer les moustiques. De moustiques, il n’y en a pas avec cette sécheresse !
Le restaurant-bar est installé sous trois toits de chaume ronds qui se chevauchent. Nous préférons rester à l’air libre. Rafraîchie, dans le soir qui tombe je m’applique à dessiner les huttes. nOus allons à la rencontre du troupeau de zébus qui rentre. Ces bovins aux longues cornes en forme de lyre sont impressionnants de calme et de majesté, ni craintifs ; je n’ai pas peur de les approcher. Une femme vient vers nous. Salutations en français, la conversation n’ira pas plus loin. Dommage si nous ou sétons attardées nous aurions pu assister à la traite. Nous étions tout simplement occupées à faire des images du coucher de soleil. Le coucher du soleil est tout simplement extraordinaire – impression « out of Africa ».
le soir tombe sur la savane
Nos hôtes sont peules, très grands, très beaux. On a l’impression d’être au milieu d’une équipe de basketteurs professionnels, ils sont tous proches des 2m. Quand je leur parle de basket cela les amuse, d’ailleurs, ils en ont joué
Dîner sous les étoiles : Manioc et patate douce, coupés en petits cubes, sont servis en salade, la sauce à la moutarde est servie à part. Brochettes de chevreau délicieuses, oignons et tomates cerises ; nouilles en torsades avec une sauce aux oignons caramélisées. Comme j’ai arrosé es oignons ce matin j’éprouve de la sympathie pour ce bulbe.
Il fait très chaud dans la case. Je reste à l’extérieur le plus longtemps possible. Le ciel est somptueux. Dernier quartier, la lune n’est pas levée et les étoiles sont innombrables. Je m’endors rassurée sous la moustiquaire bien que je n’ai vu ni entendu l’ombre d’un moustique.
5heures du matin, un beuglement très proche nous réveille. Un lion ? Non un zébu ! Au lever du jour le troupeau est à quelques mètres du campement.
Nous nous dégourdissons les jambes dans le petit marché de Potou, marché villageois coloré. Sur le bord de la route des dromadaires en liberté broutent la canopée des acacias tandis que les chèvres s’attaquent aux branches basses. Sur un arbre, un toucan (appelé aussi calao) au bec rouge.
Dans la région de Louga que nous traversons, les châteaux d’eau sont nombreux. Louga est le fief de l’ancien président Abdou Diouf qui les a fait construire. Une forte concentration d’animaux se trouve à un abreuvoir : un troupeau de zébus, un autre de dromadaire, des ânes et je ne compte pas les biquettes ni les moutons très nombreux dans la steppe que nous traversons maintenant. En mars la steppe est plutôt désertique, sur le sable il ne pousse rien. A l’hivernage, les paysans cultivent millet et arachide mais les rendements sont faibles. La pluviométrie moyenne de 300 à 400 mm/an est insuffisante. Avant Louga on revoit des baobabs et des haies d’euphorbes. Louga est une grande ville avec une voirie large, un palais de Justice à fronton classique et colonnade et même un palais de milliardaire derrière des murs interminables. On déjeune d’un poulet grillé accompagné de salades et de petits pois dans un restaurant italien décoré avec une sorte de rocaille avec cascade et fontaines (sans eau ce midi, nous sommes les seuls clients).
le campement des Peuls nomades
Bouba avise un campement de peuls nomades : une hutte de paille toute ronde ; il gare la voiture sous un arbre aux longues épines le « dattier du désert » (Balanites aegyptiaca). Il me fait répéter les mots de salutations en Peul qui sonnent un peu comme « nomaden » et m’envoie en éclaireuse. J’avance main tendue vers la jeune femme occupée par la confection du repas. Elle porte un pagne bigarré et un haut échancré. Ses cheveux sont tressés et elle porte de très beaux bijoux en or surtout les boucles d’oreilles. Un de ses fils est grimpé dans l’arbre qui donne de l’ombre, il attache avec une corde un deuxième sac rempli du fruit du dattier du désert en haut d’une branche. Il a été les remplir pour donner un complément de nourriture aux bêtes. Les enfants ont aussi confectionné une balançoire avec une corde et un bâton. Pour se balancer, il plante une badine dans le sol.
En signe d’hospitalité les enfants déploient la natte (des sacs de riz ou d’engrais cousus ensembles) « bismillah » . On se déchausse et on attend. La dame est timide mais surtout occupée à faire cuire le riz sur des braises dans un trou. Quand il est prêt elle pose le plat devant nous. Avec le riz, il y a des légumes, des patates douces, des carottes et de la viande. Je fais (j’essaie) une boulette de riz assaisonné à la tomate et bien gras et j’essaie de manger proprement. Comme il y a du vent qui soulève de la poussière Coumba, la mère, Badara, Mamadou, ses fils et la petite Maïmouna vont manger dans la hutte. On attend sur la natte. Une autre famille installée à proximité nous rejoint, apporte sa natte. La cérémonie du thé peut commencer. Bouba qui est peule traduit. Personne n’a été à l’école et ne parle Français. D’ailleurs ils n’ont pas été à l’école coranique non plus. Ils sont nomades et se déplacent avec les troupeaux. Impossible de scolariser les enfants qui sont déjà des bergers confirmés. Les bœufs sont ailleurs, là où il y a des pâturages. On boit les trois verres de la tradition. La séance photo aura lieu après le 2ème. Dominique a une écharde dans le pied. Bouba essaie de l’attraper avec un coupe-ongle ; comme cela ne marche pas un enfant coupe une longue épine de l’arbre qui servira d’aiguille. Les épines nous jouent un dernier tour : le sachet de sucre est percé au passage et je sème une rivière de cristaux.
rencontre sous les dattier du désert
Il fait chaud, très chaud. Je n’ai pas envie de prendre des notes. La steppe est aride. Parfois il y a des herbes sèches, parfois rien. Des hommes ont capturé des ânes, ils les ont attachés deux par deux et barrent la route avec leurs animaux qu’ils iront vendre au marché. Des épiciers mauritaniens en magnifique costume bleu, tête enturbannée passent assis sur une carriole tirée par des ânes.
Le parc naturel de la Langue de Barbaries’étend des deux côtés du fleuve Sénégal. En face de la Langue de Barbarie, une belle route goudronnée surélevée surplombe des terrains incultes, salés inondés en saison des pluies. Les palétuviers blancs sont de petits arbres (maximum 5m) qui poussent vers le haut et qui ont le même feuillage que le palétuvier rouge rhizophore qui lance ses racines aériennes en arceaux s’enfonçant dans l’eau et se marcottant et atteint plus de 15m de haut.
A l’entrée du village de Gandiol, il y a des marais salants, nappe d’eau saumâtre rose avec des « icebergs » de sel. Les tas de sel coniques sont protégés par des sacs et des branchages.
le champ d’oignon
Dans cette région « inter-dunaire », la nappe phréatique est proche, environ 3m sous la surface du sol et permet des cultures maraîchères. Nous allons visiter un champ d’oignons.
Comme les Sénégalais, j’avance la main tendue : « Salaam aleikoum ! – aleikoum salaam ! ». La suite des salutations se déroule en wolof, Bouba m’a appris ce qu’il faut dire mais j’ai oublié la leçon. « comment ça va ? Ca va bien ! Et la famille ? Et la France…. »
A cette dernière question, nous avons la réponse toute prête sur l’appareil-photo. Nous avons gardé un cliché des bords de Marne sous la neige qui fait toujours son effet. Après les présentations on nous introduit dans le champ. Les femmes ont laissé les claquettes à l’extérieur comme dans une maison ou sur la natte sous l’arbre. Nous gardons les sandales et sommes bien inspirées parce qu’il y a des épines. Les oignons poussent dans de minuscules cuvettes rectangulaires (40cmx60cm environ)séparées par des allées sableuses. Comment ont-elles préparé ces rectangles ? De place en place il y a des puits cimentés. On me donne un seau au bout d’une corde de 4 ou 5m. Au milieu du seau un bâton de bois est disposé en diamètre. On verse deux seaux par rectangle mais il ne s’agit pas de les vider n’importe comment. Il ne faut pas faire un trou par un jet trop brutal au milieu. Adroitement la femme effectue un mouvement tournant que je m’efforce d’imiter. C’est ainsi que se creusent les rectangles. L’engrais : crottes de biquettes dans des sacs. On en met beaucoup. Le désherbage se fait à la main. Il n’y a pas une seule mauvaise herbe dans les plants que j’arrose ; Les femmes nous ont donné des noms sénégalais. Je m’appelle Soukaye et Dominique Khoudia.
engrais bio: crottes de biques
Un jeune garçon est monté au cocotier pour cueillir les noix de coco. On le filme et emporte les noix qu’on a achetées 3000CFA. On en boira le lait ce soir à l’étape. Le cordon inter-dunaire est soigneusement cultivé. Un peu plus loin, on récolte les carottes et les navets. Le long du fleuve est planté un rideau de filaos. Bouba arrête la voiture à l’ombre près d’une plage pour voir l’estuaire du fleuve et l’extrémité de la Langue de Barbarie. Les cactus – figuiers de Barbarie – ont donné leur nom à ce cordon de sable long de plusieurs dizaines de kilomètres et large de quelques centaines de mètres parfois quelques dizaines. Sur le sable, des centaines de petits crabes s’enterrent dans leurs trous à notre arrivée. Certains n’ont qu’une seule grosse pince blanche et l’autre atrophiée marron comme le reste de leur carapace.
Départ prévu pour 9h. Le 4×4 ne démarre plus. Hier soir, il émettait déjà des bruits suspects. Bouba était allé au garage vérifier l’échappement. Ce matin, c’est plus grave. Nous allons devoir rester un jour de plus à Diamarek pour réparer. Cela aurait pu être pire ! L’endroit est charmant. La Langue de Barbarie est une étroite bande de sable coincée entre fleuve et océan. Notre bungalow est très confortable avec vue sur le fleuve face à l’îlot des pélicans . La cuisine est excellente et la piscine magnifique.
Avant-hier la visite de Saint Louis en calèche avait laissé un goût de pressé. Nous faisons bonne figure à ce contretemps, commandons un taxi pour aller en ville et passerons l’après midi à la piscine et dans les environs.
Suivant l’itinéraire proposé dans Lonely Planet, nous partons de la Poste et de la Gouvernance, comme dans la calèche. On emprunte donc la rue Blaise Diagne vers le Nord en s’arrêtant dans les boutiques et les galeries. Dans la première galerie sont exposés des vues de Saint Louis autrefois aux temps des colonies : des cartes postales qu’on peut acheter sous tous les formats. La colonisation était-elle aussi sympathique que la nostalgie veut bien la parer ? Sûrement pas : une carte postale montrant une exécution remet immédiatement les pendules à l’heure.
Sans complexes, nous entrons à l’Hôtel La Résidence pour découvrir le patio pittoresque au décor « du temps des colonies », des affiches des films Coup de torchon et Les Caprices du Fleuve. Une halte bien calme, fraîche et agréable à retenir.
Un panneau rappelle le temps des Signares, ces belles dames noires que les Européens avaient épousées qui étaient les élégantes de l’Afrique.
Dans une ruelle sableuse qui mène au fleuve nous trouvons chez un antiquaire des masques poussiéreux qui ont beaucoup plus de charmes que ceux qui sont rénovés (ou neufs) vernis ou cirés dans les magasins. Son échoppe ressemble plus à un débarras qu’à un magasin d’antiquités. Le vendeur affable, nous présente ses trésors : une pipe sculptée, une pirogue avec ses passagers. « voulez-vous les bijoux des signares ? » . Puis il sort de petits masques : masques-passeports, masques de poche d’une dizaine de cm permettant à un voyageur de se présenter s’il rencontrait des gens d’une ethnie parlant une autre langue. De retour à l’hôtel nous montrerons à Hassan notre trésor. Normalement le nom de l’ethnie est gravé, à la coiffure, il pense qu’il s’agit d’une femme peule. Il nous explique que ces masques vont par deux, l’un pour l’homme, l’autre pour la femme. Le nôtre serait un masque de femme. Tant mieux ! Mais nous nous prenons à regretter de ne pas avoir acheté l’autre que le marchand nous avait proposé.
Le long du fleuve Sénégal, des entrepôts ont été transformés en galeries d’art ou boutiques de luxe sauf l’entrepôt de boissons qui a gardé sa destination première. Pastaga des colonies !
Juste après la grande mosquée, sur l’avenue Jean Mermoz plantée de margousiers (nim). Nous coupons à l’ouest vers les anciens quartiers militaires jusqu’à l’autre bras du Sénégal côté Langue de Barbarie. Le long d’une grande bâtisse, je philosophe sur l’interpénétration de la campagne dans la ville, hier moutons et biquette, poulets de chair et ce matin nous voyons des potagers en pleine ville ! Un panneau coupe court à mes élucubrations : ce sont les potagers des détenus et la bâtisse jaune est la prison. Nous cherchons les tissages Tëss signalés dans nos guides. Je flashe sur un magnifique couvre-lit greige brodé de bleu au point de croix. Hors de prix : 170.000CFA !
Dans la rue Aboubacar Sy, on tambourine : le crieur public, djembé sous le bras, bonnet de laine sur la tête, lunettes de soleil, se plante à un carrefour, harangue la population en wolof et termine son discours par « vendredi matin ! ». On le filme et lui demande ce qui va se passer vendredi matin. Les habitants du quartier sont invités à se présenter pour nettoyer le quartier avant la prière.
Nous allons à pied découvrir les bords du fleuve près de l’hôtel. Quelques palétuviers sont piqués sur le bord. Un héron pêche juste en face de la fenêtre de notre chambre. Un peu plus loin, on cultive des légumes dans un petit jardin. Vanneaux et aigrettes noires. Je dessine la presqu’île colonisée par des pélicans.
Bouba arrive au diner épuisé. Il a passé la journée entière au garage. La voiture est réparée. Au dîner le Thiéboudienne est servi en buffet.
A la sortie de la réserve, une piste poussiéreuse presque invisible relie un village indiqué par un panneau. Après quelques centaines de mètres, une jeune femme enveloppée dans son grand voile orange – le Meufeu – vient à notre rencontre. Adolescente ou fillette ? Elle est en même temps timide et hiératique.
– « Salaam aleikoum ! – aleikoum salaam »
Les présentations sont simples. Bouba lui demande si on peut venir prendre le thé chez elles. C’est oui. Des fillettes apportent une natte verte et des coussins rembourrés en velours vert à l’ombre d’un acacia aux longues épines. On fixe les coins de la natte avec des morceaux de ciments qui trainent. On se déchausse et on s’assied en tailleur ou à genoux. Dominique qui ne peut pas s’asseoir par terre trône sur un bidon. A la suite des petites filles arrive la mère enveloppée dans un meufeu de mousseline marron à motifs de batik. Elle apporte un brasero, deux théières, un plateau avec trois verres et comme c’est encore l’heure du repas un grand plat rond couvert d’un plateau qui contient du riz assaisonné et deux poissons. Moustafa, le petit (3 ans) se charge des ablutions. Dans une cuvette en plastique, il recueille l’eau qu’il a versée avec une « bouilloire » en plastique vert zébré de rose. S’étant lavé les mains, on fait une boulette de riz entre les doigts (je ne suis pas très habile). C’est très bons mais j’ai maintenant les doigts tout gras.
D’autres enfants accourent en plus des filles de notre hôtesse. De grandes filles, enveloppées de mousselines colorées, se sont installées autour de la natte. Les garçons arrivent plus tard. La dame n’est pas d’ici mais de Mauritanie. Elle a 31 ans et cinq enfants.
Comment dire merci ? Ce n’est pas Dieuredieuf – merci en wolof qu’on vient d’apprendre – mais choukran tout simplement.
Les enfants vont à l’école et parlent donc un peu français. Ils se présentent : nom et classe. Le plus petit du CP sort son ardoise. D’un côté les additions, de l’autre les soustractions. 23+3 = ? Il aligne les bâtons à la craie et les compte, un à un. Une fille au très joli voile imprimé, sort son cahier d’arabe. Je prends volontiers une leçon de lecture (j’ai appris les lettres à l’occasion de nos voyages en Egypte). Je compose mon nom avec elle. Puis elle me montre un cahier à grands carreaux où elle a copié des poèmes en français et de la calligraphie arabe. Elle en est très fière parce qu’il n’y a que de très bonnes notes :20/20 et 40/40. L’un des poèmes est l’hymne national sénégalais que tous les enfants chantent en cœur. On filme.
Pincez tous vos koras, frappez les balafons.
Le lion rouge a rugi.
Le dompteur de la brousse
D’un bond s’est élancé,
Dissipant les ténèbres.
Soleil sur nos terreurs, soleil sur notre espoir.
Debout, frères, voici l’Afrique rassemblée
Refrain :
Fibres de mon cœur vert. Épaule contre épaule, mes plus que frères, O Sénégalais, debout ! Unissons la mer et les sources, unissons la steppe et la forêt ! Salut Afrique mère.
Sénégal toi le fils de l’écume du lion,
Toi surgi de la nuit au galop des chevaux,
Rend-nous, oh ! rends-nous l’honneur de nos ancêtres,
Splendides comme ébène et forts comme le muscle
Nous disons droits – l’épée n’a pas une bavure.
(Refrain) Sénégal, nous faisons nôtre ton grand dessein : Rassembler les poussins à l’abri des milans Pour en faire, de l’est à l’ouest, du nord au sud, Dressé, un même peuple, un peuple sans couture Mais un peuple tourné vers tous les vents du monde.
Pendant ce temps, se déroule la cérémonie du thé. La bouilloire émaillée bleue marine chauffe sur les braises. La petite bouilloire en aluminium sert à mélanger le thé, le sucre et l’eau. Le breuvage passe de la bouilloire bleue au verre et du verre à la bouilloire argentée. La règle de l’hospitalité veut qu’on boive trois verres. Le premier amer comme la mort, le second sucré comme la vie, le troisième encore plus sucré comme l’amour. C’est encore Moustafa qui apporte à chacun son verre.
Entre deux verres : musique. Dominique apprend aux petits une chanson. Facile : la-la-la on claque de la langue, la-la-la- on tape sur ses cuisses. Les enfants adorent claquer de la langue et taper. Re-film ! Enfin, les filles improvisent des percussions sur un bidon en notre honneur. Elles jouent avec leur voile coloré. Chacune l’enroule à sa manière, de façon originale et très séduisante. Elles « minaudent » dit Bouba. Ce dernier m’appelle pour que je sorte de la voiture deux paquets de thé, un kilo de sucre et plein de sachets de gâteaux secs. Je porte le sac d’un air ravi, « choukran » merci de votre accueil.
On n’a pas croisé ni un homme ni un adolescent. Le plus âgé des garçons devait avoir 8 ou 9 ans. Où sont-ils ? Peut-être à Dakar – ou plus loin – peut être aux champs – quoique, ici en cette saison rien ne pousse. La saison des pluies est courte. Sur la piste on rencontre un petit autobus local plein à craquer des hommes qui rentrent au village.
Tanneries
Sur le bord de la route, trois tanneuses raclent des peaux de mouton avec de grands racloirs genre machettes. Les peaux ont trempé dans de grande cuves en ciment ronde, dans une mixture qu’elles appellent « gaz » (solide provenant des cartouches de gaz) et de fiente de poules. Une peau se négocie autour de 1000CFA si elle est grande et sans trous.. Elles portent des gants de caoutchouc. L’une d’elles s’est confectionné une moufle avec un emballage de biscuits. Le mélange corrosif doit être terrible pour la peau. Mais c’est de la tête qu’elles se plaignent à cause du soleil, quémandant de l’aspirine qu’on leur donne volontiers.
Retour à l’Hôtel Diamarek à 17h30 : piscine, 10 allers-retours avant le coucher du soleil. Au dîner blanquette de poulet, champignons et flan de carottes.
8h du matin : retour des pirogues à la queue leu leu. L’équipage est debout , 6-8 hommes sur les petites, 12 à 15 sur les grandes.
On passe le Fleuve Sénégal que l’on suit avant de s’enfoncer dans la campagne. Écoled’Ingénieurs Agronomes: le Sénégal mise beaucoup sur l’agriculture et, surtout la riziculture. Les étudiants de l’Université sont en grève à cause des bourses. Les gendarmes stationnent à proximité.
Des roseaux poussent dans les affluents du fleuve, dont on fait des nattes et des palissades qu’on vend sur la route en gros rouleaux. Sur une colline on cultive des légumes sous serre. La route court sur une digue surélevée, bordée d’acacias. On voit à droite, des rizières, vides. On fait 2 à 3 récoltes par an. Le riz est à la base de la nourriture au Sénégal . Wade avait misé sur l’autosuffisance en riz. Le Sénégal en produit 400.000t mais il en faudrait le double. On plante une rangée de poteaux en ciment pour apporter l’électricité, cela fait plaisir de la voir arriver jusqu’ici.
La piste traverse une zone de Tannes – sols fortement salinisés où il ne pousse rien sauf par endroit des tamaris en buissons. Des canaux (secs aujourd’hui) montre les efforts pour lessiver le sel : on pompe l’eau ou fleuve ou de ses affluents pour récupérer ces terres. A l’hivernage cette piste est inaccessible et le parc est fermé, favorisant la tranquillité des oiseaux qui s’y reproduisent.
Un troupeau de singes traverse la piste.
au bord du parc, pisciculture et épicerie minuscule
Arrêt devant un petit magasin pas plus grand qu’une cabine de plage en tôle peinte. Notre guide achète du sucre en vrac mis en sachets plastiques, du thé vert, et des dizaines de sachets de petits biscuits. Nous nous dégourdissons les jambes devant une pisciculture et photographions nos premiers oiseaux. Des hirondelles rasent l’eau : elles sont encore ici !
Visite du parc du Djoudj en pirogue
deux pélicans
Canards siffleurs et sarcelles attendaient au débarcadère.
Les guifettes(petites sternes blanches) accompagnent notre pirogue. Les remous du bateau font sortir les petits poissons de la vase qu’elles pêchent dans notre sillage.
Les pélicans gros oiseaux spectaculaires sont les vedettes du parc. Oiseaux grégaires, ils pêchent en groupe, une pêche synchronisée : tous les oiseaux plongent en même temps, tous, pattes et culs en l’air. Leur vol en spirale s’effectue également en groupe. Ils cherchent les courants ascendants. En observant du dessous, la spirale paraît tantôt blanche, tantôt noire, une fusée de feu d’artifice ! Leur nichoir, collectif et bruyant est situé sur une île, où il n’y a pas de prédateur. Le plumage des jeunes est gris. Ils naissent noirs et ne deviennent blancs qu’après quelques années. Les pélicans qui croisent sur l’eau, isolés du groupe, sont vieux ou malades, se distinguent aussi quelques jeunes intrépides. Les envolées en rase-motte au dessus de la pirogue ont ravi photographes et vidéastes. .Comique, ce pélican, qui a pêché un poisson trop gros et qui s’étrangle.
aigle pêcheur
Les rapaces sont aussi fascinants : l’imposant Pyrargue – aigle pêcheur – à tête blanche est posé sur un perchoir. On en observe un planer très haut. Le busard des roseaux est plus petit mais très actif. Il capture des oiseaux en vol. Il provoque la panique chez toutes ses proies éventuelles : martins-pêcheurs, aigrettes blanches ou sarcelles qui décollent avec un ensemble parfait.
Moins spectaculaires – parce que communs chez nous – les hérons et les aigrettes, ils offrent pourtant de merveilleuses rencontres. Le grand héron cendré chasse à ‘affût, il est qualifié de paresseux par le naturaliste qui commente la traversée – un peul aux traits très fins, à la peau claire dont les dreadlocks de rasta sortent d’une casquette volumineuse. On croise aussi un héron pourpre et des petits bihoreaux ainsi que des crabiers mimétiques, blancs en vol et gris debout, se confondant avec les roseaux et les herbes sèches.
spatule
Trois aigrettes sont communes dans le parc : la grande aigrette blanche, l’intermédiaire et la garzette. Les aigrettes européennes ont les pattes noires, les africaines, rouges. Des spatules cherchent leur nourriture en faisant de grands mouvements tournants, le bec ouvert. Avec de bonnes jumelles, quelqu’un remarque qu’elles sont baguées.
On ne rencontrera que de rares cigognes. La cigogne noire qui fera l’objet d’un exercice avec mes 6èmes à la rentrée, est sans doute en route. Les cigognes africaines ont du rouge sur la tête.
Le parc héberge aussi deux espèces d’ibis : des ibis noirs et des ibis sacrés aux ailes bordées de noir. Toujours rigolos : les cormorans perchés sur les arbres qu’ils font mourir avec leur guano. Trois espèces présentes : le grand cormoran, le petit cormoran et un cormoran africain anhinga appelé aussi oiseau-serpent dont le cou très fin ondoie comme un serpent à la surface de l’eau.*
phacochère
Les phacochères, très nombreux, ont aussi leur succès : une laie suivie de 4 marcassins détale, un gros mâle prend son bain de boue. Comme les éléphants et les hippopotames ils craignent le soleil et doivent humidifier leur peau et s’enduire de boue.
S’approchant du bord, on découvre un python endormi, de grande taille, de petits crocodiles et un très gros varan. Les varans sont de gros lézards capable de manger les œufs des pélicans et même ceux des crocodiles.
La Réserve du Djoudj a été vidée de l’habitat humain comme il se doit. Mais on ne peut pas interdire aux zébus qui paissent en liberté de retrouver leurs pâturages traditionnels, les accès à l’eau où ils s’abreuvent et se baignent. Ils évoluent tranquillement parmi les animaux sauvages et nous offrent un beau spectacle. Les paysans propriétaires viennent de temps en temps les chercher ; quand le Parc a besoin de subsides on capture ces animaux domestiques pour les mettre en « fourrière » et le propriétaire paie une amende pour le libérer.
Nous déjeunons à l’Hôtel du Djoudj dans le patio. On nous sert des tomates-cerises, des poissons frits, riz et pastèque. On avait apporté les maillots pour se rafraîchir dans la belle piscine mais il est déjà temps d’entamer la deuxième partie de la journée : la visite chez les Maures